Bonjour toi 😉

J’imagine que tu ne te souviens plus de l’histoire de ce thriller 🧐 Ici tu trouveras tous les chapitres précédents. Nous en étions restés au chapitre 8, voici donc … le 9 😉 .

Chapitre 9

Sophia et Vincenzo accueillaient un nouveau cadavre. Une femme. Habitués à ce genre de réception, ils bavardaient et commentaient la pendaison de crémaillère chez les Faventiny.

— Notre miroir dans l’entrée est bien choisi. Le commandant n’a pas hésité à l’installer rapidement. Je ne savais pas qu’il était aussi bricoleur, remarqua Sophia en recouvrant le corps d’un drap blanc.

— Pourquoi tu lui remets, il va falloir le découper !

— Un peu de respect Vincenzo. Imagine qu’elle nous entende.

— Ne me refais pas ce coup-là ! les morts sont morts, point barre.

— J’sais pas ! Peut-être qu’il y a une vie finalement après.

— Après quoi ?

— Après la vie, idiot !

— Ouais ! la mort. Qu’est-ce qu’on doit s’embêter à dormir tout le temps.

Vincenzo regarda la femme qui avait été salement amochée.

— Elle a sacrément morflé, c’est un carnage. Il lui a réglé son compte. J’espère qu’elle est décédée rapidement.

— Recouvre-là, je te dis, et arrête de jouer au vautour.

— J’adore l’image !

Il éclata de rire et se pencha davantage pour la renifler.

— Au fait, elle est belle la cave du commandant ?

— Pourquoi au fait ? C’est quoi le rapport ?

— Je te vois humer la morte, je pense à Hugo qui en faisant tourner son verre respirait le vin en même temps.

— Il te plait bien le flic, avoue !

— Mais cesse de me taquiner. Donc, cette cave ?

— Il y a effectivement de belles bouteilles.

— Elles doivent coûter du fric pour qu’il faille une clé pour y entrer.

Son collègue la regarda, ahuri.

— Tu m’fais quoi là ! la cave n’a pas de porte. Tu descends l’escalier et tu as tous les rayons devant toi, enfin sur la droite.

— Le commandant est revenu la chercher. Tiens, demande à Coralie, elle arrive.

****

Le commandant Faventiny et ses collègues avaient découvert le corps d’une femme le matin même et celui-ci avait déjà été transporté à l’institut médico-légal.

— Regarde, voilà le mari.

Hugo désignait un homme qui avançait à grands pas vers eux.

— Où est ma femme ?

Faventiny montra sa carte et présenta ses co-équipiers.

— Bonjour monsieur ! Vous êtes ?

— Le docteur Marteau. Frédéric Marteau. Où est ma femme ? Je veux la voir.

— Elle a déjà été transportée à la morgue pour son autopsie.

— Je désire encore la contempler ! Je suis chirurgien, je souhaite la regarder une dernière fois avant qu’elle ne soit découpée en morceaux.

Daniel Faventiny tiqua.

— Vous devriez savoir que les collègues de l’institut médico-légal ne charcutent pas les corps. Où étiez-vous hier soir ?

Le commandant n’avait pas aimé la réaction de Marteau, aussi il ne prit pas les précautions d’usage pour l’interroger.

— De garde à l’hôpital. Vous pourrez vérifier.

— Vous êtes chirurgien plasticien si je ne me trompe. Vous opérez même la nuit ?

— On se connait ?

Frédéric Marteau le fixa d’un air supérieur.

— C’est écrit sur votre plaque à l’entrée.

— Évidemment !

Il soupira et se dirigea vers le bar et saisit la bouteille de whisky.

— Je vous propose quelque chose ?

Les trois hommes se regardèrent. Qui était cet homme pour avaler un verre d’alcool à 8 h du matin ? En offrir ensuite à des flics comme si de rien n’était.

— Ah j’oubliais ! jamais pendant le service !

— Docteur, vous vous entendiez bien avec votre femme ?

— En voilà une question ! Bien sûr !

— Vous ne semblez pourtant pas très accablé !

— J’ai l’habitude de cacher mes émotions avec mon métier.

— Vous ne devez pas côtoyer de grands malades, mais surtout des patients qui veulent changer d’apparence physique.

— Et voilà encore un qui pense que les personnes qui viennent me voir n’ont pas besoin d’aide. Savez-vous ce que c’est que de se sentir moche toute sa vie ?

Les trois hommes contemplèrent Frédéric Marteau qui affichait un visage balafré.

— Vous ne l’aviez pas remarqué ? Je ne vous crois pas. J’ai été brûlé. Voilà. Greffes, encore des greffes… bref ! Vous imaginez pourquoi je comprends mes patients et que je souhaite être présent à leurs côtés quand ils découvrent leur nouvelle physionomie ?

Le commandant n’avait pas envie de s’éterniser sur cet homme qu’il n’appréciait pas.

— Si vous voulez nous suivre, vous pourrez reconnaitre votre femme.

Dans la voiture, Daniel appela Coralie et la prévint de son arrivée. Le corps était visible, les premières constatations annonçaient que l’épouse de Marteau avait été lacérée à coups de couteau puis étranglée. Elle n’était malheureusement pas morte sur le coup.

Coralie venait de découvrir la fiche du cadavre allongé sur la table.

Daniel poussa la porte et entra dans la pièce froide. Il salua Sophia et Vincenzo et adressa un sourire à sa femme. Le chirurgien était derrière lui.

— Si vous souhaitez vous approcher pour reconnaitre votre épouse.

Il accrocha alors le regard de Coralie.

— Bonjour, Frédéric, désolée de te retrouver dans de telles circonstances.

Daniel Faventiny réprima un geste de surprise et demanda.

— Je n’ai donc pas besoin de vous présenter, vous vous connaissez ?

— Bonjour Coralie.

Il se tourna vers le commandant et murmura.

— Nous avons fait nos études ensemble.

Il revint sur Coralie.

— Heureux de te revoir.

Elle leva doucement le drap. Il se pencha.

— C’est Martine, ma femme.

— J’ai quand même quelques questions à vous poser, toubib.

— Daniel, ça peut attendre, je… l’interrompit Coralie.

— Vous vous appelez par vos prénoms ? Vous travaillez ensemble peut-être !

— Faventiny est mon mari.

— Félicitations.

Frédéric Marteau se tourna vers le commandant.

— On se connait aussi.

Il rabaissa le drap sur sa femme et fit demi-tour.

— Je suis à votre disposition quand vous le désirerez, vous savez où me trouver.

Avec désinvolture, il jeta une carte de visite sur un des bureaux et s’en alla.

Coralie et ses collègues ne pipèrent mot. Faventiny réagit brutalement.

— Il se prend pour qui ce mec ! d’où je le connais ?

Il appela Esteban et lui demanda d’aller immédiatement l’interroger à son domicile et avec Hugo chercher des indices dans la maison.

— Mais ça a déjà été fait ce matin non ?

— Certainement pas comme je le voudrais. Hugo et Esteban savent parfaitement comment je bosse. Je compte sur eux pour me trouver ce que je cherche.

— Et que cherches-tu ?

— C’est eux qui vont me le dire.

Coralie haussa les épaules.

— Frédéric Marteau est un gars gentil. Il en bavé quand il était gosse. Tu as vu son visage ?

— Ouais ! et alors ?

Sa femme ne répondit rien. Effectivement, ça n’avait aucun rapport.

Chez Frédéric Marteau

Esteban était un fin limier et Faventiny le savait. Il mit un point d’honneur à fouiller chaque pièce, chaque tiroir. Il poussa toutes les portes. Il était certain qu’une lui résisterait et ce fut le cas. Impossible de la faire bouger. Elle était blindée ou quoi ? Il y avait forcément quelque chose à cacher derrière.

Hugo revint vers lui avec un papier à la main.

— Regarde ce que je viens de trouver sous le tapis du salon.

Méfiez-vous de lui

L’adresse du commandant était écrite en dessous.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

À très vite…

4 réflexions sur “Un héritage empoisonné

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