Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Voici le chapitre 21 de mon thriller. Je me régale autant à le relire et le partager. J’ai l’impression de le découvrir à nouveau 😏.


Chapitre 21

— Qu’est-ce t’as foutu Joseph ?

— Je ne suis pas d’accord avec ton plan.

— Ah ! tu ne vas pas recommencer, c’est qui le boss ?

— Qu’est-ce qu’il t’a fait ce flic ? Hein ? Tu vas me le dire ? Il ne t’a jamais fait de mal quand t’étais gosse. Ne me raconte pas que c’est parce qu’il t’a piqué ta gonzesse, je ne te croirai pas.

— Tu peux pas comprendre.

— Si ! J’y étais moi quand tout le monde se moquait de toi. C’est même moi qui…

— Arrête j’te dis ! Je ne veux plus rien entendre et fous le camp, je vais faire sauter la baraque. Ce serait idiot qu’il t’arrive quelque chose, pense à ta gosse. Karl prendra le relai avec le flic.

— Tu vas déraper, j’te répète !

— C’est pas parce qu’on est amis depuis longtemps que tu dois me dicter ce que je dois faire ! T’étais bien content d’avoir l’argent non ? Ta gamine va vivre, ce serait dommage qu’elle n’ait plus de papa ?

— Je ne veux pas avoir de morts sur la conscience, ça ne faisait pas partie du plan. Il était question d’un jeu, je te l’accorde, tordu.

— Les règles ont changé, voilà tout !

Joseph écrasa sa cigarette.

Sophia Clarky était seule à l’institut médico-légal quand Faventiny débarqua.

— Bonjour Commandant ! Un problème ?

— Bonjour ! Coralie m’a demandé de venir vous chercher. Un corps a été retrouvé au bord d’un lac. Vous pouvez m’accompagner pour la rejoindre ? Je vous emmène.

— Je préviens Vincenzo de mon absence.

Elle bipa son collègue et suivit Faventiny.

— Pourquoi ne m’a-t-elle pas appelée elle-même, Commandant ?

— Elle était occupée.

— Depuis quand vous déplacez-vous vous-même ?

Elle sourit.

— Vous ne pouviez pas envoyer Hugo ?

Il ne répondit pas. Ils arrivaient au bord du lac. Elle n’aperçut pas l’équipe habituelle et aucune voiture n’était stationnée.

— Nous sommes les premiers ? demanda-t-elle surprise

Il stoppa le véhicule, ouvrit la portière et lui ordonna de sortir.

— Vous êtes de mauvaise humeur Commandant ? Pourquoi me parlez-vous comme ça ?

— Tu vas la fermer oui ?

Stupéfaite, elle ne trouva rien à répliquer. Faventiny n’était pas du genre à monter le ton de cette façon, surtout pas avec elle. Il était plutôt du style à respecter les collègues.

— Alors, viens et regarde bien ! Tu vas faire passer un message à ton toubib !

Il la tira brutalement par le bras. Elle faillit s’étaler dans l’herbe, se prit les pieds dans la lanière de sa sacoche. Sa poigne ferme l’empêchait de s’enfuir.

— Tu vois ?

Il la fit mettre à genoux devant un corps. Du bout de sa chaussure, il le retourna. Elle reconnut alors une femme qui ressemblait à fortement à celui qu’elle avait examiné, il y avait quelques jours.

— Quand vous aurez fini de vous foutre de ma gueule ! Tu voix cette femme, elle est morte à cause de vos conneries. Et si vous ne faites pas ce que je veux, il t’arrivera la même chose. Fais passer le message !

Il la lâcha et s’en alla en courant.

Choquée, Sophia essaya avec difficulté de saisir son portable et de biper son collègue.

— Vincenzo ?… Viens, je… le Commandant… il a… tué… une…

— Au… secours… j’ai mal…

Sophia regarda le corps à ses pieds. La femme n’était pas morte. Elle réagit rapidement pour l’aider et tenter de la rassurer. Elle envoya aussi l’adresse de l’endroit où elle se trouvait à son collègue.

Vincenzo montra le message au Commandant et à Coralie. 

— Allons-y immédiatement !

— Mais… Commandant… Sophia disait…

Coralie le stoppa net.

— C’est lui le Commandant Faventiny, Vincenzo. Regarde son chien !

Couché à ses pieds, le museau entre les pattes, Hubert ne bronchait pas. Vincenzo s’inclina.

Esteban et Hugo étaient déjà partis sur les lieux du crime. Ils y trouvèrent une Sophia complètement paniquée. Elle saisit les mains d’Hugo et lui affirma avoir vu Faventiny.

— Il était comme fou ! Il me parlait mal. Il m’a menacée. Il était méchant je t’assure !

Elle s’était mise à le tutoyer. Le policier ne sut quoi répondre, cette histoire devenait vraiment inexplicable. Lui-même ne s’était jamais trouvé face à l’imposteur et il se demandait s’il reconnaitrait son Commandant qu’il côtoyait tous les jours.

Quand Daniel Faventiny arriva sur les lieux, accompagné de Coralie, Sophia se planta devant lui et l’apostropha vertement en lui tapant sur la poitrine de ses poings.

 — Qui me dit que vous êtes Daniel Faventiny ? Vous étiez là tout à l’heure, vêtu de la même façon. Votre voix était identique. Vous m’avez assuré que la prochaine victime serait moi. Vous étiez…

Elle craqua et se mit à pleurer. Vincenzo l’emmena hors de la scène.

Faventiny s’approcha alors de la femme, maintenant allongée sur une civière, une couverture lui tenait chaud. Quand elle reconnut le Commandant, elle hurla :

— C’est… lui… qui m’a fait du mal… Arrêtez-le ! C’est… lui…

— Non, madame, je suis le Commandant Faventiny. Celui qui a tenté de vous assassiner est un imposteur.

Elle ferma les yeux et essaya de saisir ses mains. Daniel revit le même geste qu’avait fait Joseph. Il se laissa faire.

Avec difficulté, elle souleva ses paupières. Elle formula un chut et perdit connaissance.

Coralie la fit aussitôt évacuer avec Vincenzo et Sophia. Elle resta sur les lieux avec ses collègues de la police scientifique afin de relever les empreintes sur le sol.

Daniel lâcha son chien. Hubert partit en courant dans les fourrés.

— C’est du lourd, là Commandant ! S’il se met à tuer des gens en votre nom, les Bœufs-Carottes vont s’en mêler et, je ne parie pas cher de votre matricule.

— Préviens le Procureur, tu es bien avec lui, suggéra Hugo.

— Je ne sais pas comment taire cette histoire. Le corps va arriver à l’hôpital, va être examiné, il va y avoir une enquête, je ne peux pas l’éviter.

— Il n’y a que la victime qui peut assurer que ce n’est pas vous. Il s’agit de Cécilia Joly non ?

— Il faut absolument qu’il la croie morte.

Daniel, à ce moment précis, pensa à celle qui lui avait fait signe de se taire, tout comme Joseph précédemment.

Il répéta le même geste à ses collègues et déclara :

— J’ai un appel, je le prends.

Hugo et Esteban le regardèrent faire semblant de parler à son portable.

— Mauvaise nouvelle, Cécilia Joly est décédée.

Il s’approcha de sa femme pour lui communiquer l’information et en rajouta une couche.

— Dommage, elle aurait pu nous en raconter un peu plus.

Il saisit ensuite son carnet et écrivit Je suis certain qu’il entend tout ce que je dis. Qu’est-ce qu’elles ont mes mains ? Pourquoi Joseph et Cécilia Joly les recouvrent ?

Il montra ses notes à Esteban et Hugo.

— Peut-être qu’elles ont été greffées !

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

En relisant mon thriller, je me demande encore comment tout ça va finir 😂. Je ne te fais pas attendre davantage, voici le chapitre 20.

Chapitre 20

La maison abandonnée ne l’était plus tant que ça depuis que l’équipe de Faventiny l’avait envahie. Le courant était toujours branché, l’eau coulait, ils avaient de la chance. Une demande à la mairie avait été faite pour connaître les propriétaires. Tout était en règle.

Deux bureaux, des téléphones, des ordinateurs étaient installés dans la seule pièce à peu près potable de l’habitation. Elle était orientée de telle façon, et c’était en partie pour cela qu’elle avait été choisie, que de la fenêtre, ils pouvaient apercevoir la maison du Commandant. Une longue-vue avait pris place. Esteban avait déjà remarqué qu’il y avait de la lumière.

Hubert avait même hérité d’un grand tapis sur lequel il s’était allongé, le museau entre les pattes. Il ne dormait pas, il surveillait attentivement les va-et-vient de son maître qui devenait de plus en plus irritable depuis qu’il s’était rendu compte que Coralie ne répondait pas au téléphone.

— Je suis certain qu’il est avec elle.

— Tu nous as raconté qu’il était toujours sur tes talons. As-tu vu tes sbires par ici ? Il t’a bluffé, j’en suis sûr.

— Je ne peux pas prendre ce risque Hugo.

— Ton chien le reconnaitra, et ta femme du coup devinera que c’est toi le bon.

— Arrête de dire le bon. Ce type me fait froid dans le dos. Il me ressemble comme deux gouttes d’eau. Je ne sais pas ce qu’il mijote et surtout ce qu’il veut.

— Coralie bien sûr !

Daniel regarda Hugo et serra les poings.

— Tais-toi ! je vais y aller. Je prends la voiture. Vous gardez mon chien.

— Tu as ton micro ?

— Oui, vérifions une dernière fois.

Coralie fixait l’homme en face d’elle.

— Chérie, tu ne dois pas avoir peur. Je fais juste un essai. Regarde, j’ouvre les portes, tu n’es pas prisonnière. C’est moi, Daniel, ton Daniel.

— Je sais.

— J’imagine que tu as vu l’autre ? Qu’il t’a raconté n’importe quoi, par exemple, qu’il avait un chien qui allait me reconnaitre ? C’est du grand n’importe quoi. Je parie aussi qu’il t’a parlé d’une maison abandonnée où il allait se planquer.

Coralie ne put retenir un froncement de sourcils.

— Ah ! tu vois ! C’est moi chérie ! viens dans mes bras.

Elle hésita.

— Que faut-il que je fasse pour que tu me croies ?

Elle pensa aussitôt au mot magique que le couple employait quand ils étaient ensemble, mais elle se tut.

Soudain, il changea d’expression.

— Je suis désolé, un appel urgent que j’ai oublié de donner. Je vais dans mon bureau.

Surprise, elle le vit disparaitre alors que la voiture de son mari se garait devant le perron.

À nouveau, elle hésita. Elle regarda l’homme qui sortait du véhicule. Elle tenta de se dire que c’était certainement le Commandant, mais le doute s’était insinué en elle. Elle ne bougea pas quand il entra.

— Mais pourquoi tu ne répondais pas au téléphone ? Je m’inquiétais !

Il s’approcha d’elle. Elle recula.

— Coralie, c’est moi !

— Lui aussi le dit.

Sans qu’il comprenne ce qu’il lui arrivait, elle saisit l’arme qu’il avait à sa ceinture. Il se maudit de lui avoir appris comment faire pour se défendre. Elle avait bien retenu la leçon.

Son mari l’entendit alors appeler :

— Daniel ! Viens vite !

Il eut l’intime conviction qu’il allait vivre le pire cauchemar de sa vie. Sa propre femme ne l’avait pas reconnu et surtout ne lui faisait plus confiance.

Son double apparut dans l’embrasure de la cuisine.

— Chérie, mais ?

Il joua la surprise à la perfection.

— Incroyable ! Qui es-tu sale tordu pour me ressembler à ce point ?

Il lui envoya un coup de poing qui le fit chanceler. Il se mit à saigner aussitôt de l’arcade sourcilière. 

— Appelle les collègues Cora, qu’il vienne coffrer ce type.

Toujours tenu en joug par sa femme, Daniel resta muet. Il n’espérait qu’une chose, Esteban le reconnaisse quand il arriverait. Pourvu qu’il ne débarque pas avec Hubert.

Coralie détourna alors l’arme.

— Comment m’as-tu nommée ?

Daniel en profita pour saisir le pistolet, mais l’autre avait été beaucoup plus rapide. Il partit en courant vers l’escalier.

Les deux étages furent franchis à vive allure, Daniel n’avait plus que quelques marches pour le rattraper quand un vertige le surprit. L’uppercut reçu auparavant l’avait sonné. Il s’écroula sur le palier alors que son double entrait dans le bureau et à nouveau le rire sardonique éclata dans les oreilles du Commandant. Il entendit cette fois-ci tu as gagné, mais je suis très mauvais perdant.

Coralie avait appelé Hugo et Esteban qui rappliquaient déjà, Hubert sur les talons.

Elle s’agenouilla auprès de son mari.

— Je suis désolée…

Il lui caressa le visage.

— Pas autant que moi. Je l’ai laissé s’enfuir.

— Commandant ? Vous allez bien ?

Esteban avait du mal à retenir le chien qui grognait et voulait entrer dans le bureau.

— Filons d’ici, tout de suite.

Il saisit sa femme par la main et ils dévalèrent l’escalier quatre à quatre. Ils sortirent en courant, grimpèrent dans la voiture d’Hugo. Esteban suivait dans la sienne avec Hubert qui aboyait comme un fou furieux pour être avec son maître.

Tu vas le payer cher ! Saleté de flic !

Tu as l’air de l’aimer ton clébard ! je vais lui faire sa fête, tu vas comprendre qu’il ne faut pas me défier.

— Vous dites que vous étiez face à lui ? Vous n’avez pas reconnu le Commandant ?

Esteban n’était pas convaincu.

Coralie pleurait.

— Je ne veux pas retourner dans la maison. Allons ailleurs tant que cette histoire n’est pas réglée. J’ai peur Dany.

C’est alors qu’ils entendirent une voiture se garer devant la bicoque. Daniel identifia Joseph.

Comment pouvait-il savoir ? L’homme entra et lui saisit les mains qu’il recouvrit des siennes.

— Partez rapidement d’ici, vous êtes en danger Commandant et votre clébard aussi.

— Mais… vous…

— Peu importe, l’argent ne peut pas tout faire. Je n’ai pas envie d’avoir des morts sur la conscience. Fuyez. Je vous dirais tout demain. Vous apprendrez qui est cet homme qui vous veut du mal. Faites vite, je vous en prie.

— Commandant, nous avons tout installé ici, nous n’allons pas tout démonter.

Joseph contempla les bureaux et ricana.

— Si vous saviez… ça ne sert à rien tout ça. Il est bien plus fort que vous. Allez partez et disparaissez. Je vais me débrouiller.

Faventiny fixa ses mains que Joseph tenait toujours. Il allait poser une question quand l’homme du regard lui fit comprendre de se taire.

Il prit sa femme par le bras et accompagné de ses collègues et du malinois, ils quittèrent les lieux.

Esteban ne put s’empêcher de dire que ça ne lui convenait pas de fuir devant l’ennemi, ce n’était pas le rôle d’un bon policier.

— Avance, on ne fuit pas, on fait ce qu’il faut pour mieux revenir et on sauve nos vies.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

C’est reparti 😉

Je sais que tu l’attendais… voilà un nouvel épisode.. peut-être 2 😂

Chapitre 18

Le psychiatre Antoine Mercy avait noté tout ce qu’avait raconté Cécilia Joly. Il n’avait montré aucun signe de surprise pour ne pas la déstabiliser et l’empêcher de continuer. Il l’avait écoutée jusqu’au bout.

— Vous comprenez qu’il est vraiment malade ?

— Vous devriez en parler à la police, je vous le répète.

— Vous avez promis Docteur.

Il enregistra son dossier et le fit glisser sur une clé USB, puis il l’effaça de son ordinateur. Il la regarda s’en aller ne sachant que faire. Il y a des jours où il regrettait ce que représentait le secret médical.

— Qu’est-ce que c’est que ça ?

Hubert fit sensation à son arrivée au commissariat.

Hugo et Esteban trouvèrent le chien superbe et l’idée du procureur géniale.

— Je n’ai plus qu’à espérer que Coralie soit d’accord.

— Pour l’instant, faites-lui faire le tour du pâté de maisons qu’il prenne ses marques.

— Commandant, Marteau est à l’accueil. Vous pouvez le recevoir ? 

— Emmenez l’animal, qu’il ne le voit pas ici. Je t’appellerai quand il sera parti.

— Pourquoi ne voulez-vous pas qu’il le rencontre ?

— Je préfère qu’il fasse d’abord connaissance avec les gens qu’il doit protéger, travailler et aimer. Par la suite, j’aviserai.

Esteban s’empara de la laisse et sortit par la porte de secours.

— Tu as déjà bossé avec les chiens ?

— Oui, et le Proc. le savait. Va chercher le toubib, je suis curieux d’apprendre ce qu’il va me raconter.

Marteau entra dans le bureau de Faventiny en pays conquis, ce qui eut le don de mettre immédiatement de mauvaise humeur Daniel. Son mal de tête empira. Avec tout ça, il n’avait pas encore pris de médicament.

— Quand comptiez-vous me l’annoncer que la femme assassinée chez moi n’était pas ma compagne, mais sa sœur jumelle ?

Daniel se massa les tempes. Décidément, il avait l’impression d’avoir toujours un métro de retard avec ce toubib. Son mal de tête le rendait nerveux. Marteau s’en aperçut.

— Vous avez une migraine où je me trompe ? J’emporte régulièrement du paracétamol dans ma sacoche, prenez-en un !

Il sortit un cachet de son emballage et le tendit à Faventiny.

— Merci, je le prendrai tout à l’heure. Pour répondre à votre question… je…

Faventiny s’excusa, il devait respirer à l’extérieur.

Frédéric Marteau regarda Hugo.

 — Il n’avait pas l’air bien. Je repasserai. J’imagine que vous n’avez rien à m’annoncer de plus et que sans la présence de votre commandant, vous n’allez pas parler ?

Cortilla hocha la tête. Le chirurgien se leva et le salua.

— À bientôt.

Daniel respirait à fond. Sa migraine à l’air libre se calmait un peu. Il marchait de long en large sur le trottoir face au commissariat. Il vit sortir Marteau. Il ne le sentait pas ce type. Il saisit son portable. Il afficha le numéro de sa femme et appuya sur la touche.

— Excusez-moi vous avez du feu ?

Un homme moustachu le regardait en souriant.

— Désolé, je ne fume pas.

— Vous pouvez me suivre s’il vous plait ?

Faventiny éclata de rire.

— En général, c’est moi qui dis ça. On s’est déjà vus ?

— Ne faites pas d’histoire Commandant et faites comme si nous étions deux amis.

Daniel n’eut pas le temps de saisir son arme. Il avait toujours son téléphone à la main.

— Suivez-moi Faventiny si vous souhaitez rencontrer celui qui vous ressemble tant.

Une voiture s’arrêta près d’eux. L’inconnu le poussa à l’intérieur, le véhicule démarra.

— Daniel ?

Coralie entendait la conversation. Le portable était tombé dans le caniveau. Elle comprit que le moteur accélérait et plus rien.

Affolée, elle appela son bureau.

Esteban rentrait avec le chien.

— Il n’est pas là, le Commandant ?

— Dehors sans doute. Marteau était là, il est au courant que sa femme avait une jumelle et que c’est elle qui a été assassinée.

— Et alors ?

— Rien, le chef avait très mal à la tête, il est sorti prendre l’air.

Hugo saisit le combiné téléphonique tandis que Esteban toujours accompagné du chien partait à la recherche de son supérieur.

— Hugo Cortilla à l’appareil.

Esteban était à peine sur le trottoir que le Malinois se mit à tirer sur sa laisse. Il eut de la peine à le suivre. Ils traversèrent la route à vive allure. Soudain, Hubert se baissa et attrapa dans sa gueule le portable de Faventiny.

Hugo parvenait à l’entrée quand Esteban revenait, le chien Hubert courant devant lui.

Essoufflé, il tendit le téléphone à son collègue.

— C’est… Hubert… qui l’a trouvé… Le Commandant a…

— Été enlevé oui ! Je sais. Sa femme était avec lui en ligne quand c’est arrivé !

Faventiny était assis dans une pièce relativement agréable. L’inconnu qui l’avait embarqué était face à lui.

— Soyez patient Faventiny, vous allez bientôt être mis au parfum.

Daniel pensa qu’il avait de la chance que sa migraine eut disparu. Il devait être au top de ses capacités pour comprendre ce qui allait se passer. La porte s’ouvrit.

— Alors Commandant ? Quelle surprise de se retrouver se trouver face à son double ?

Daniel écarquilla les yeux, stupéfait. L’effet était bluffant. Il avait face à lui son jumeau. La forme du visage, la coupe de cheveux, la tenue identique et la voix, c’était lui. Il avait eu affaire à des tordus dans sa carrière, mais aujourd’hui, il sentit que c’était différent. Il ne fit aucun commentaire et attendit.

— Vous avez perdu votre langue ?

Comme Faventiny ne répondait toujours pas, son double reprit :

— Vous avez raison, c’est moi qui vais vous parler.

Il désigna l’inconnu qui l’avait emmené.

— Je vous présente Joseph, voici Karl et Richard. Mon équipe, JOKARI. Vous avez certainement dû y jouer n’est-ce pas ? Vous lancez la balle, elle revient… bref je ne vais pas vous expliquer les règles. En gros, tout ce que vous ferez, direz, me sera directement commenté, raconté. Ils seront toujours devant, derrière ou autour de vous. Vous ne les apercevrez pas, ils sont très discrets et se fondront dans les décors. Ils seront informés de tout, vous ne devrez alors pas faire de bêtises, sinon… un gage !

Trois hommes de taille et de morphologies différentes se présentèrent à lui.

— Je vous explique. J’adore jouer. Vous avez dû vous rendre compte que votre femme, vos parents, vos équipes n’ont rien vu. Je sais parfaitement tout de vous. Nous allons donc nous interchanger au gré de mes envies. Je dis bien MES envies. Par exemple, vous irez déjeuner avec vos collègues, vous vous absenterez quelques minutes et je prendrais votre place. Ne froncez pas les sourcils, cela va être très amusant. Évidemment, je n’y connais rien en matière de police, alors… peut-être que vos confrères penseront que vous devenez fou… Par contre avec la gent féminine, je me débrouille assez bien… D’accord, vous m’avez compris, rien qu’à voir votre tête. J’ai cru entendre qu’en ce moment vous avez une drôle d’enquête sur les bras, un double qui veut prendre votre place, une femme de chirurgien assassinée…

Chapitre 19

Il éclata de rire.

— À partir de maintenant, nous sommes deux, vous et moi, mais nous ne sommes qu’un pour les autres. Au fait, je suis heureux que votre migraine ait disparu. Ne vous inquiétez pas, ce médicament a fait ses preuves. Toujours muet ?

Faventiny le regarda.

— C’est dans quel but tout ça ?

— Patience commandant ! Ah ! j’oubliais… votre maison… c’était la mienne auparavant. Je la connais par cœur. Vous aviez aimé mon accueil avec vos draps ? Les sels de bain ? Le chauffage ? Vous pouvez chercher, les voisins qui m’avaient aperçu ont disparu… D’ailleurs, votre jardin est un superbe cimetière, la mare également.

Il se frotta les mains.

— Ne vous avisez pas d’aller faire des fouilles… sinon, le gage qui vous tombera dessus, ne vous fera pas plaisir. Pensez à votre femme, vos parents ! Ce serait dommage qu’il leur arrive malheur non ?

Une fois de plus, il éclata de rire. Mais le silence et le sang-froid dont faisait preuve le Commandant commencèrent à l’agacer.

— Vous n’avez toujours rien à me dire ?

— On se connait ? Je vous ai fait coffrer ?

Son double haussa les épaules.

— Peu importe. Maintenant, vous allez repartir tranquillement chez vous. Je vous abandonne le choix d’inventer votre histoire. N’oubliez pas… JOKARI vous surveille.

À nouveau, il laissa éclata sa joie puis il le quitta. Son rire résonnera longtemps à ses oreilles.

Joseph lui fit signe de se lever.

— Allez commandant, je vous ramène.

Hubert sentit l’arrivée de son maître avant qu’il n’apparaisse. Alors que Hugo Cortilla et Esteban Blaviso étaient au téléphone, ils virent démarrer le chien.

— Tout doux mon beau !

Le malinois le léchait heureux de le revoir. Il le reniflait en poussant de légers gémissements.

— Commandant ? Vous nous avez flanqué une de ces frousses !

Ses deux acolytes se précipitèrent vers lui pour lui serrer la main.

— Calmez-vous, je n’étais pas loin.

— Ta femme ! Appelle — là, elle est aux quatre cents coups ! Tiens, ton téléphone, c’est ton chien qui l’a retrouvé dans le caniveau.

Faventiny le prit et le remit dans sa poche.

— C’est dingue comme ta bestiole est folle de toi. Depuis que tu es parti, elle est couchée à nos pieds. Elle t’a senti arriver bien avant nous.

Daniel caressait Hubert. Celui-ci le buvait des yeux.

— Alors Commandant ? On avait envie d’une petite virée comme ça sans nous ?

Esteban riait alors qu’un homme en blouse bleue entrait dans le bureau.

— Ah pardon !

— Depuis quand le ménage est-il fait dans la journée ?

Hugo allait le pousser hors de la pièce quand son supérieur l’arrêta d’un geste.

— Laisse ! Il vient juste vider les poubelles non ?

Il avait reconnu Joseph. Hubert grogna aussitôt, mais Joseph le regarda. Il approcha sa main et le caressa. Le Malinois se tut. Joseph murmura :

— Tu es bien beau toi, ce serait dommage qu’il t’arrive quelque chose. Je veillerai à ce que ça ne soit jamais le cas, tu as ma parole.

Il leva les yeux vers le Commandant.

— Désolé, de vous avoir dérangé. Je reviendrai plus tard.

Il fit demi-tour et ajouta avant de s’en aller pour de bon :

— Je n’aime pas qu’on fasse mal aux animaux.

Daniel le suivit dans le couloir à la grande surprise de ses collègues.

— Joseph ? Que voulez-vous dire ?

Il se retourna et soupira.

— Commandant, faites gaffe. Tant que vous aurez affaire à moi… Enfin… comprenez que je suis le moins méchant des trois. Mais j’ai besoin d’argent, ma gosse doit subir une opération et…

Il se reprit rapidement, mais murmura tellement bas que Faventiny dut se pencher pour entendre.

— Il n’aime pas les chiens, ce serait une catastrophe…

Il s’en alla.

— Depuis quand discutez-vous avec ceux qui font le ménage, Commandant ?

Esteban le regardait surpris, la porte du bureau ouverte.

Daniel haussa les épaules et répondit :

— Etre gentil avec les animaux ça ne peut pas faire de mal, pas vrai ? Ce n’est pas un boulot facile tous les jours.

Il poussa Esteban dans la pièce et tout en continuant de parler écrivit sur un post-it On nous observe, je ne sais pas comment, mais ne parlez pas boulot ou alors rien d’important. Répondez juste à mes questions.

Esteban fit glisser le papier devant Hugo.

— Je vais appeler ma femme pour la rassurer.

****

— Déconne pas Joseph ! Tu connais les ordres. Moi, je n’ai pas d’état d’âme !

Karl, le plus petit des trois, tout en rondeur, fumait une cigarette sur le balcon. Richard le grisonnant à lunettes, hocha la tête.

— Ouais ! Jo pense à ta fille. Il a raison Karl !

— Vous ne trouvez pas complètement tordue cette histoire ?

— Moi je m’en fous ! J’ai besoin de sous, je prends et je ne me pose pas de questions.

— Et si ça vire au vinaigre ?

— Ce ne sera pas de notre faute. Fais ce que le boss a dit. Tu surveilles. Il dérape, tu balances. D’ailleurs, tu ne devrais pas y être ?

— Non, c’est son tour.

— Regarde bien ton planning, sinon… fais gaffe de ne pas te retrouver entre quatre planches !

Coralie était rentrée chez elle et fut surprise de trouver son mari déjà là.

— Comme ça tu es rassurée ma chérie.

— Mais qu’est-ce qu’il s’est passé ?

— Rien de bien important. Un indic qui devait me rendre un service.

Elle se pendit à ses lèvres.

— J’ai eu une de ces frousses !

Il savoura le baiser et la serra plus fort dans ses bras.

— J’ai un truc à régler, je suis dans mon bureau.

Le téléphone de Coralie sonna.

— Chérie, je vais arriver. J’ai une surprise pour toi. Je t’envoie un message quand je suis à l’embranchement pour entrer chez nous. Tu pourras m’y rejoindre ?

Coralie s’essuya la bouche avec dégoût !

— Je te présente Hubert !

Coralie caressa le chien qui la lécha aussitôt.

— Chérie, tu vas bien écouter ce que je vais te dire, sans m’interrompre. Si je t’ai fait venir ici c’est pour que nous ne soyons pas dans la maison avec Hubert. Esteban va arriver le chercher d’ici quelques minutes. Lui et Hugo vont s’installer dans une bicoque abandonnée à côté. Ils seront près de nous en cas de besoin. Non, ne t’affole pas. Nous sommes en train de monter un plan. Tu vas continuer ta vie comme d’habitude comme si de rien n’était. Quoiqu’il se passe, tu restes la même. Je sais, ça va être difficile, mais fais-moi confiance, je t’en prie. Je ne serais jamais loin de toi.

Elle se serra contre lui puis trouva ses lèvres. Comment pouvait-il avoir les mêmes ? Elle sentit la nausée monter. 

Coralie rentra seule chez elle.

— Je t’ai cherchée partout, où étais-tu ?

Elle sourit malgré la peur qui l’envahissait. Elle s’imagina face à un cadavre qu’elle ouvrait et garda son sang-froid.

— J’étais dans le jardin. Je pensais que nous pourrions planter des fleurs. Nous avons la chance d’avoir de l’espace maintenant, profitons-en ! Quand nous étions en appartement, nous ne pouvions pas le faire. Tu es d’accord ?

Elle sursauta quand elle entendit un bruit bizarre.

— N’aie pas peur ma chérie ! Avec ce tordu qui peut entrer et sortir comme il veut dans la maison, j’ai trouvé qu’installer la fermeture automatique des portes était une belle idée.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Parce que c’est Noël, parce que j’ai envie de te faire plaisir, parce que je suis trop gentille, je partage 2 chapitres aujourd’hui 🙂.

Chapitre 16

Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Le rire sardonique résonnait encore à ses oreilles.

— Docteur vous allez bien ?

Le Procureur avait toujours son téléphone à la main et il entendait les appels du Commandant.

— Qu’est-ce qu’il se passe ? Répondez-moi bon sang !

Le magistrat reprit ses esprits et rugit dans l’appareil :

— Où êtes-vous Faventiny ? Rappliquez ici immédiatement.

— Je fais au plus vite !

Dans la voiture, Hugo et Esteban le bombardaient de questions.

— Taisez-vous ! Je ne sais pas ce qui est arrivé. Appelez plutôt un collègue qui vienne nous dépanner illico.

Coralie se tenait face au Procureur.

— Vous avez vu comme moi qu’il lui ressemble !

— Impressionnant ! Je n’ai rien pressenti. Cherchons l’ouverture. C’était par là.

Ils eurent beau fouiller, ils ne trouvèrent rien.

— Il avait une télécommande, j’en suis certain.

— Redescendons dans le salon.

Une fois en bas, elle lui fit signe de se taire et montra les voitures. Ils enfilèrent leur manteau et se retrouvèrent dans celle de Coralie.

— Daniel pense qu’il y a peut-être des micros et des caméras. Il vaut mieux ne pas parler dans la maison.

— Partez de chez vous, vous n’êtes plus en sécurité.

— Je ne comprends pas ce qu’il veut. Il a pris de sacrés risques en se montrant à vous. On dirait qu’il joue.

Le procureur ne répondit pas.

Une voiture de police fonça sur eux et freina brutalement devant le perron. Daniel et ses deux collègues en sortirent comme des pantins de leurs boites.

Daniel ouvrit la portière côté conducteur et saisit les mains de sa femme.

 — Dieu soit loué tu n’as rien !

Il jeta un œil sur le procureur et murmura :

— Claude, vous me croyez maintenant ?

Le magistrat, Claude Darcin, sourit.

— Vous devez être sacrément secoué pour m’appeler par mon prénom !

— Désolé !

— Ne vous excusez pas, je comprends.

Il sortit de la voiture.

— C’est flippant ! Il vous ressemble trait pour trait. Je n’ai pas vu de différence. Il a votre voix. Il est habillé de la même façon que vous. Votre femme également ne s’est rendu compte de rien. Pour vous que s’est-il passé ?

— La voiture a démarré normalement puis s’est arrêtée au bout de quelques mètres. Réservoir vide alors qu’Hugo venait d’en faire le plein.

— C’était donc un coup monté. Ce qui veut dire qu’il savait parfaitement que nous allions nous rendre chez vous.

Coralie sursauta.

— Vous êtes aussi surveillé ? Les micros sont partout ?

— Je vais faire le nécessaire dans nos locaux. Faventiny, faites la même chose au commissariat et envoyez une autre équipe à l’institut médico-légal. Pour chez vous, nous verrons plus tard. Suivant ce que nous allons trouver, nous aviserons. Restez sur vos gardes.

— Pas besoin de me le répéter, monsieur le Procureur.

— Laissez tomber ce titre, continuez de m’appeler Claude. Nous nous connaissons depuis assez longtemps, pas vrai ?

Il posa sa main sur l’épaule du Commandant et rejoignit sa voiture.

— Tenez-moi au courant, je file au tribunal. 

Aucune des équipes ne détecta de micros dans les trois endroits. Par contre, il y avait des caméras, mais c’était tout à fait normal dans ces locaux. Elles cherchèrent alors comment elles étaient reliées. Ils ne trouvèrent rien.

— Ce tordu est vraiment très fort.

— Il vous connait bien Commandant. Vous êtes certain que vous n’avez pas eu dans votre jeunesse un copain qui vous souhaiterait du mal ? Qui voulait vous ressembler ?

— Non !

— Pas de frère jumeau ?

— Pas que je sache. Mes parents me l’auraient dit.

— Peut-être pourriez-vous aller leur demander ? suggéra Esteban.

— Bien sûr, je vais aller les inquiéter avec ça.

— Il faudrait les prévenir. Imaginez qu’il aille les voir ?

— Sait-il où ils habitent ? Mais tu as raison, je vais leur téléphoner, histoire d’avoir de leurs nouvelles. Ils ne seront pas surpris, je les appelle toutes les semaines.

****

Gérard et Anne-Marie Faventiny étaient ravis. Leur fils avait pris le temps de venir leur rendre visite malgré un planning chargé. Ils avaient juste regretté que Coralie ne l’accompagnât pas. Il les avait rassurés en racontant qu’elle était très occupée.

Gérard, ancien colonel de gendarmerie, l’avait questionné sur son travail. Il était fier de son Daniel. Il avait compris qu’il ne veuille rien divulguer de ses enquêtes en cours. Il aurait bien aimé pourtant se replonger pour quelques instants dans cette ambiance de terrain, mais son fils avait été intraitable. Une fois la voiture disparue au bout du chemin, les mains levées en un dernier au revoir, Gérard murmura dans sa moustache :

— Quel fichu caractère !

Anne-Marie qui n’était pas sourde lui tapa sur l’épaule.

— Tu étais pareil à son âge.

— Tu n’as rien trouvé de bizarre toi ?

— Non.

— Il bavardait davantage avant. Il avait toujours une anecdote à raconter. Là, rien.

— Peut-être que ses enquêtes sont sordides et qu’il n’y a pas en rire.

— Justement, c’est le contraire d’habitude, histoire de dédramatiser. Et puis, il aimait me demander conseil.

— Voilà c’est ça ! tu es déçu et jaloux parce qu’il sait se débrouiller tout seul maintenant !

Elle lui sourit.

— Pas du tout Anne-Marie. C’est autre chose. Tu n’as rien remarqué d’autre ?

— Mais non ! Ah ! tu ne vas pas jouer au flic avec lui quand même !

— Pourquoi ne portait-il pas son alliance ? Il n’est pas marié depuis un mois que déjà, il ne la met plus ?

La musique du réveil au clairon résonna.

— Ah quand on parle du loup !

Gérard décrocha le sourire aux lèvres.

— Alors fiston ? Tu as oublié de nous dire quelque chose ?

Anne-Marie faisait des signes désespérés à Gérard pour qu’il branche le micro, ce qu’il faisait automatiquement d’habitude.

Exaspérée, elle s’approcha de lui et se colla à son oreille.

Elle ne comprit rien à ce qu’il baragouinait. Elle arracha le portable des mains de son mari.

— Qu’est-ce que tu racontes mon chéri ? Tu étais là avec nous, il n’y a pas dix minutes. Ton père remarquait justement que tu n’avais pas mis ton alliance. Tu ne l’as pas perdue au moins ?

Le colonel reprit l’appareil en bougonnant.

— Elle a de ces questions ta mère alors que nous avons un sérieux problème. Je me disais bien aussi que tu n’étais pas comme d’habitude. Ne t’inquiète pas, je vais ouvrir l’œil.

****

Voilà ! J’ai testé toutes les personnes qui gravitent autour de toi et personne n’a fait de différence, même pas ta maman. Comme quoi, on raconte qu’elles reconnaissent leur enfant, tu parles ! Elle n’a rien compris, rien senti. Pourtant je l’ai embrassé, je l’ai complimentée sur sa bonne mine comme tu le fais toujours, elle n’y a vu que du feu. Elle était trop contente de me serrer dans ses bras. Et ton père ! Tout colonel qu’il a été, il a bien perdu de son flair. C’en est presque pas drôle et triste. Je veux jouer avec les grands moi, pas avec les secondes divisions. Mon vœu le plus cher est de gagner haut la main avec les meilleurs.

Moi, je suis prêt. Alors on joue ? À nous deux Faventiny !

Chapitre 17

Une semaine plus tard…

Coralie Faventiny reçut un appel de son ami Frédéric Marteau qui souhaitait la voir.

— Tu as des nouvelles ? l’interrogea la jeune femme.

— Ce serait plutôt à moi de te demander, tu ne penses pas ?

Elle devina son sourire.

— Je ne pourrai rien te dire de toute façon et comme je te l’ai déjà dit, ce n’est pas moi qui m’occupe de l’enquête. Je ne suis pas flic !

— Pour répondre à ta question, non, je n’ai rien trouvé chez moi qui pourrait t’aider. Je ne vois pas, de toute manière, qui aurait l’idée de ressembler à ton mari. Je désirais juste bavarder avec toi.

— Viens à la maison, tu parleras avec Daniel.

— Je ne suis pas certain qu’il ait envie de me voir.

— Ça me gêne d’être seule avec toi.

— Pourquoi ? Tu n’es pas libre de rencontrer qui tu veux ? Ne me dis pas qu’il est jaloux ?

Coralie n’aimait pas le ton de la conversation.

— Alors, tu m’appelais juste comme ça ?

— Non, j’ai réfléchi. Est-ce que ton mari avait pensé qu’on pouvait souhaiter s’en prendre à moi ?

— Je te répète que je ne parle pas de ses enquêtes avec lui. Demande-lui Fred ! Je vais devoir t’abandonner, j’ai du travail.

— Tu es fâchée ? Désolé ! Je te laisse.

Il raccrocha. Coralie rangea son portable. Elle appela aussitôt le Commandant.

— Coralie, ne te mêle pas de ça ! Tu ne vas quand même pas m’apprendre mon boulot ?

Il ne semblait pas dans son assiette.

— Tu vas bien ?

— Un mal de crâne qui ne me lâche pas ! Je vais aller à la pharmacie m’acheter du paracétamol.

— Tu couves quelque chose ?

— Ne t’inquiète pas, c’est juste une migraine. Il faut dire qu’avec le jumeau qui rôde autour de moi, je ne suis pas tranquille.

Deux fois en peu de temps, qu’elle se faisait raccrocher au nez. Ce n’était décidément pas sa journée. Vincenzo était en congés et Sophia occupée ailleurs. Elle était seule.

Faventiny saisit son manteau, son arme, et signala à Esteban qu’il voulait prendre l’air.

****

Cécilia Joly était assise face à son psychiatre, le Docteur Antoine Mercy.

— Vous devriez aller parler à la police.

— J’ai peur. Je ne peux pas. Si mon compagnon me voyait. Je n’ose même plus sortir de chez moi.

— Vous venez bien ici !

— Toujours en fin de journée. Je suis certaine de ne pas le croiser.

— Mon cabinet n’est pas à côté de chez lui, ni de l’hôpital où il exerce. Vous ne risquez rien. D’autant plus qu’il ne s’attend pas à vous voir.

— Il me croit morte. Il n’était pas au courant que j’avais une sœur jumelle. Comment faire ? Même au niveau de l’état civil, je suis décédée

— Il vous battait ! Vous auriez déjà dû le signaler.

— Vous connaissez sa réputation ? Jamais, la police aurait avalé mon histoire. Il est le grand chirurgien plasticien Frédéric Marteau.

— Il n’a pas le droit de vous frapper tout grand chirurgien qu’il est !

— Ce que je ne pige pas docteur, c’est pourquoi, les flics disent que c’est Martine sa compagne. Vous croyez qu’il était au courant ?

— Que vous vous étiez échangées ?

Cécilia Joly se tordait les mains. Elle ne savait plus quoi penser. Quand Hugo Cortilla l’avait questionnée, elle n’avait pas compris pourquoi il parlait de sa sœur comme étant la femme de Marteau.

— Je suis certaine qu’il a réalisé que je ne suis pas morte. Il est très fort et dangereux.

— Pourquoi ne voulez-vous pas exposer tout ça au gendarme qui est venu vous interroger ?

— J’ai peur. Mais je dois me confier à quelqu’un. Je ne peux pas garder ça pour moi. C’est trop grave. Vous me jurez que vous ne direz rien ?

— Vous connaissez quand même le secret médical ? Tout ce qui se dit ici ne sort pas de mon bureau.

— Alors, je vais vous raconter et ensuite je disparaitrais. Je sais où me cacher.

****

Le colonel Faventiny était fou de rage.

— Tu te rends compte que ça fait une semaine et nous n’avons rien appris de ce foutu bonhomme qui se fait passer pour notre fils.

Anne-Marie Faventiny, depuis qu’elle avait assimilé la nouvelle, n’en dormait plus. Elle s’en voulait énormément de ne pas avoir senti qu’elle parlait avec un parfait inconnu.

Il l’avait embrassée, elle aussi. Elle s’était blottie dans ses bras et avait respiré son parfum habituel. Elle n’avait qu’une envie, revoir son Daniel, le vrai.

— Gérard, j’ai besoin de bavarder avec lui, de le toucher. Tu peux comprendre ça ?

— Chérie, il doit avoir tellement de travail.

— Je n’imagine même pas ce que peut ressentir Coralie. Tu te rends compte s’il a l’idée de dormir dans son lit ?

Le colonel secoua la tête.

— J’espère qu’il n’ira pas jusque-là.

— Appelle-le, je t’en prie.

— Tu as vu l’heure ? Si ça se trouve, il est sur le terrain. Je vais le déranger. Nous le ferons ce soir. Au pire, nous pourrons parler avec sa femme.

Elle hocha la tête. Il fallait qu’elle s’occupe en attendant.

— Si nous allions prendre l’air tous les deux ?

— Allez, mets ton manteau, et sortons. Tu as raison, ça nous fera du bien.

****

Faventiny se dirigeait vers la pharmacie la plus proche du commissariat quand il reçut un appel de Claude Darcin, le Procureur.

— Faventiny, pouvez-vous me rejoindre au tribunal ? J’ai eu une idée ?

Le Commandant fit demi-tour, son mal de tête attendrait.

— Vous êtes fou, Monsieur.

— Ce chien vous sentira. J’en suis certain. Caressez-le. Regardez, il vous lèche déjà.

Daniel contemplait le Malinois magnifique qui frétillait de plaisir devant lui.

— Je le reconnais. C’est Hubert.

— Vous l’avez sauvé une fois de la noyade, vous vous rappelez ? En tout cas, lui il s’en souvient. Emmenez-le avec vous.

— Il n’appartient à personne ?

— Il est à vous maintenant. Il réagit très bien à deux mots, alors utilisez-les à bon escient. Il saura ce qu’il faut faire, désirez-vous une démonstration ? N’oubliez jamais, commencez toujours votre phrase par Hubert, son prénom. Ensuite, sur le mot que vous choisissez d’employer, vous forcez le ton. Il comprendra. Je vous montre ? Vous devrez en parler à votre femme. Si vous l’expliquez à votre chien, il réalisera qu’elle est aussi sa maitresse et qu’il doit la protéger autant que vous. Prêt ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

Alors que penses-tu de ce nouveau personnage ? Dans toutes mes histoires un animal est présent, c’est très important pour moi 😉.

Bonne lecture et n’hésite pas à me dire en commentaires ce que tu penses de cette histoire et si tu as une idée sur cet horrible individu 😁.

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Et si je partageais le chapitre suivant ? 😏

Chapitre 15

Daniel regarda sa femme. Heureusement qu’il lui en avait parlé, sinon il aurait pensé qu’il devenait fou.

— Coralie, il va falloir faire très attention chez nous. Peut-être y-at-il des micros, des caméras. Je ne peux pas faire venir une équipe sans éveiller les soupçons de ce tordu.

— Tu veux dire qu’il me voit quand je suis dans la salle de bains ? Quand nous sommes ensemble dans notre chambre ?

— Je ne sais pas. La première chose que nous allons faire c’est que tu vas me montrer la pièce où tu étais avec lui.

— Et s’il s’en rend compte ?

— J’imagine qu’il a désiré que tu la connaisses, cela fait partie de son plan diabolique.

— Pourquoi ?

— C’est quelqu’un qui m’en veut, je n’ai pas encore trouvé pourquoi. Le soir où tu étais avec lui, Esteban était dans le parc. Il a aperçu la lumière et vos deux silhouettes. Quand je suis allé le voir, il m’a demandé si j’étais avec toi. Tu connais la réponse.

— C’est pour ça que tu n’es pas monté tout de suite. Mais alors… Il ne m’a pas suivi. Il est donc resté en haut ?

Coralie se mit en colère.

— Tu vas faire quelque chose Daniel ?

— Promets-moi de ne jamais m’oublier et que je t’aime.

— Pourquoi me dis-tu ça ? Tu me fais peur !

— S’il est vraiment très fort, peut-être parviendra-t-il à me prendre de vitesse et que tu croiras être avec moi alors que tu seras avec lui.

— Jamais je ne pourrais te confondre.

— Tu l’as bien fait une fois. Surtout, ne parle jamais de ma signature. C’est bien la seule chose qu’il ne connaît pas.

— Il y a autre chose…

Elle sourit.

— Notre mot magique, nous ne sommes que tous les deux à savoir.

Il lui caressa le visage.

— Peut-être l’avons-nous déjà dit et qu’il l’a entendu.

— Tu m’agaces Dany. Il n’a pas tous tes grains de beauté non plus, j’en suis certaine.

— Il faudrait alors qu’il se déshabille pour que tu comprennes qu’il est l’imposteur ?

Elle baissa la tête.

— J’y pense ! Tu es allergique aux kiwis. Si j’en mets à table et qu’il en mange, je saurais que ce n’est pas toi.

— Écoute Coralie, ce sera plus subtil que ça pour le coincer. Je te demande donc de rester naturelle chez nous et surtout d’agir comme une professionnelle. Pourquoi ne pas nous disputer ? Je partirais de la maison…

— Et tu me laisseras toute seule ?

— Non, mais si nous nous engueulons régulièrement, nous allons faire chambre à part, nous ne nous embrasserons plus, du coup, ça va être compliqué pour lui.

— Essayons !

— Tu ne dis rien à tes collègues, compris !

— S’ils se rendent compte que nous sommes fâchés, ils vont se poser des questions.

— D’accord ! alors nous allons les convoquer au bureau et nous allons monter un plan.

Il caressa tendrement son visage. Elle prit une bouchée de panettone pour lui faire plaisir, elle avait l’appétit coupé.

****

Avec l’argent, c’est tellement facile. Pour quelques billets, les scrupules s’envolent. Certaines personnes n’ont plus rien à perdre, alors qu’elles terminent en prison ou qu’elles se fassent exterminer leur est égal. Elles n’ont souvent plus de famille et personne qui les regrettera.

****

— Bonjour monsieur le Procureur !

— Je vous ai convoqué parce que j’ai un sérieux problème. J’aimerais que vous m’expliquiez ce que vous faisiez chez Frédéric Marteau, le soir du meurtre de sa compagne.

— Ce n’était pas moi, monsieur. La voisine l’a d’ailleurs confirmé. Elle a trouvé qu’il était plus grand.

— Ce n’est pas ce que raconte son mari.

— Son mari ?

— Ne faites pas l’imbécile Faventiny, et cessez de faire le perroquet.

Daniel se tut. Il n’avait pas le souvenir qu’elle avait un homme dans sa vie.

— D’autre part, le chirurgien Marteau a demandé où vous en étiez.

— Vous connaissez bien cet homme ?

— Il a aidé ma femme à un moment difficile. Bref… je souhaiterais lui renvoyer l’ascenseur et régler cette affaire rapidement.

— Nous avons un autre problème dont je ne vous ai pas encore parlé. La compagne de Marteau a une sœur jumelle, Cécilia Joly. Le soir du meurtre, elles se sont échangées parce que Cécilia avait peur du toubib.

— Pardon ? Qu’est-ce que vous me racontez ?

— Martine Joly est morte et Marteau croit que c’est sa concubine, alors que c’est sa frangine.  Rappelez-vous que nous avons trouvé un papier avec mes coordonnées dessus. Cette femme savait quelque chose et c’est pour ça qu’elle a été assassinée. Quelqu’un veut se faire passer pour moi monsieur le Procureur, il est chez moi, il parle avec Coralie.

— Mais vous êtes fou !

— Non, demandez à Coralie. Elle était avec lui dans une pièce que nous n’avons jamais découverte. Il lui a montré un mécanisme, le mur a basculé.

— Vous l’avez vu, vous ?

— Pas encore.

— Très bien, je veux en avoir le cœur net. Convoquez votre femme et allons donc visiter cette fameuse pièce.

— Je vous avais dit Commandant qu’il fallait lui en parler le plus vite possible.

— C’est chose faite. Nous allons résoudre enfin ce problème.

Coralie était déjà sur place. Fébrile, elle n’avait pas osé monter au 2e étage.

Quand elle vit arriver son mari suivi du Procureur, elle se sentit rassurée.

— Bonjour madame Faventiny. Allons ne perdons pas de temps.

Daniel passa devant lui et grimpa les deux étages rapidement. Il entra dans le bureau et s’approcha de la bibliothèque. Coralie contempla les planches vides, toucha le bois, chercha, soupira, et contempla son mari. Elle avoua qu’elle ne retrouvait pas l’endroit.

— Comment ça tu ne t’en souviens pas ma chérie ? Regarde !

Daniel appuya sur un mécanisme que lui seul maîtrisait et la porte s’ouvrit.

— Putain ! Tu as oublié de mettre de l’essence dans la voiture, Hugo ? Qui est le dernier qui s’en est servi ?

— Non Commandant, j’ai fait le plein avant de partir. C’est sûr ! Vous pourrez vérifier. J’ai encore le ticket.

— Merde, ça sent le coup fourré à plein nez ! appelle le Proc. Immédiatement.

Le Procureur fronça les sourcils. Il regarda Coralie qui semblait très surprise. Le portable du magistrat vibra. Il le saisit et se détourna de la porte. Celle-ci se referma Faventiny à l’intérieur. Un rire se fit entendre. Coralie se laissa tomber au sol.

— Monsieur le Procureur ? C’est Faventiny à l’appareil, dites-moi que vous êtes seul avec ma femme ? Allo ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Bien sûr que non je n’ai pas oublié les fans de mon thriller, ce n’est pas parce que c’est le mois de décembre pas vrai ? 😉😊.

Voici donc la suite 😊

Chapitre 14

— Coralie, il faut qu’on se parle.

Faventiny, cette fois ne tergiversait plus, ça devenait trop grave. Ce Frédéric Marteau, il ne le sentait pas. Il allait finalement écouter ses collègues et tout raconter à sa femme.

— Maintenant ? Je suis occupée Daniel !

— C’est urgent.

— Ce soir à la maison ?

— Pas chez nous.

— Retrouve-moi ici alors !

— Non, il y a une petite brasserie face au commissariat.

— Mais enfin, je ne suis déjà pas en avance.

Il aurait pu répondre qu’elle n’aurait pas dû rencontrer son copain le toubib. Il n’en fit rien.

— Je viens te chercher.

Il ne lui laissa pas le temps de répliquer, il raccrocha.

— Vous avez raison Commandant ! il faut agir vite.

— Commandant ? Le docteur Marteau est à l’’accueil, il souhaite vous parler.

Les trois hommes se consultèrent du regard. C’est Hugo qui se sacrifia pour le ramener dans le bureau.

— Vous restez là, je veux que vous entendiez vous aussi ce qu’il va me raconter.

Frédéric Marteau entra et s’approcha main tendue vers Daniel.

— Bonjour commandant, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je n’ai pas beaucoup de temps, j’ai déjà retardé mes rendez-vous de la matinée.

— Que puis-je faire pour vous ? S’il s’agit de votre enquête, je n’ai malheureusement pas de nouveaux indices, à part celui que vous aviez omis de nous signaler. La femme retrouvée assassinée chez vous n’était que votre compagne.

— Je ne venais pas pour ça. Puis-je m’assoir ?

Daniel désigna la chaise face à lui.

— Merci. Je suis très inquiet. Votre épouse, Coralie, a demandé à me rencontrer ce matin.

Faventiny ne bougea pas ni ses collègues.

— Vous n’êtes pas sans savoir que nous étions copains de fac et que nous avons fait nos études de médecine ensemble. Nous nous étions perdus de vue et il a fallu ce meurtre abominable pour que nous nous retrouvions.

— Venons en fait, je vous prie. Vous disiez que vous étiez pressé.

— Coralie m’a raconté que quelqu’un se faisait passer pour vous. Elle m’a demandé de faire des recherches sur d’éventuels patients qui auraient eu envie de changer de visage pour vous ressembler. Elle a ajouté qu’elle était inquiète parce que cette personne s’identifiait beaucoup à vous jusqu’à la voix. Comme j’étais très intéressé par le clonage de l’humain quand nous faisions nos études, elle s’en est rappelé. Je l’ai immédiatement rassurée. Il ne s’agit pas de ça dans votre cas, du moins je ne le pense pas. Je voulais aussi vous dire que ma voisine m’avait signalé qu’un inconnu vous ressemblant était venu chez moi, le soir du meurtre. Elle vous a reconnu lorsque vous êtes passé pour l’enquête. J’imagine que vous allez me dire qu’elle est très curieuse, mais si j’ajoute qu’elle a remarqué qu’il était plus petit que vous, j’ai réfléchi que ça pourrait peut-être rassurer votre femme.

— Votre voisine est bavarde aussi.

— C’est vrai. Elle m’a d’ailleurs averti que vous étiez au courant. Elle vous a fait passer sous le panier de basket.

Il sourit en repensant à ce détail.

— C’est quelqu’un cette bonne femme !

Faventiny et ses collègues restèrent dubitatifs.

— Vous n’en avez pas parlé à ma femme ?

— Si, mais j’ai oublié d’ajouter qu’il était plus petit que vous. J’étais pressé, vous comprenez.

Le silence s’installa. Frédéric Marteau se leva.

— Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Je vais mener une enquête discrète de mon côté et si je trouve quelque chose, je vous appelle.

Il tendit la main à Faventiny qui machinalement lui serra. Deux secondes après, il était parti.

— Qu’en pensez-vous Commandant ?

Esteban regardait son supérieur, les sourcils froncés. Hugo prit la parole.

— J’ai oublié de te dire que ce matin quand j’ai aperçu ta femme, elle ne m’a pas vue. Mais le toubib si ! J’en suis certain.

Faventiny arriva à l’institut médico-légal peu de temps après la visite du médecin. Il avait ainsi une belle entrée en matière.

— Ah commandant ! Vous allez bien ?

Vincenzo lui serra la main et lui indiqua où se trouvait Coralie. Celle-ci enleva sa blouse, ses gants et son masque et le rejoignit avec le sourire.

— C’est vraiment important à ce que je vois.

Elle donna quelques consignes à Sophia et Vincenzo et enfila son manteau.

— Où m’emmènes-tu ?

— Chez Marcello !

Elle soupira d’aise.

Une pizzeria à l’ancienne. Marcello y servait aussi des petits-déjeuners.

— Buongiorno Daniele !

Marcello, habillé d’un tablier blanc à la manière de Tony dans La Belle et le Clochard accueillit le couple avec le sourire jusqu’aux oreilles. Une énorme moustache lui mangeait le visage, mais ses yeux bleus, emplis de malice, parlaient pour lui.

Il ne leur demanda même pas ce qu’ils désiraient et leur apporta deux cappuccinos accompagnés de deux tranches de panettone.

— Et ne me dis pas que tu n’as pas faim, tésoro .

Il envoya un baiser du bout des doigts à Coralie qu’il adorait appeler ma chérie dans sa langue.

— Ici, nous serons tranquilles pour bavarder.

Elle trempa ses lèvres dans la boisson chaude. Comme toujours, la mousse s’y colla. Il ne put s’empêcher de rire.

— Tu voulais m’annoncer quelque chose ?

— Frédéric Marteau est venu me parler. Vous vous êtes rencontrés ce matin ?

Elle posa sa tasse brusquement.

— Heureusement que je lui avais demandé d’être discret.

— Coralie, il y a un homme dans la maison qui se fait passer pour moi.

— Oui ça, je l’avais compris.

— Tu ne l’as jamais vu ?

Elle hésita.

— Alors, l’as-tu déjà rencontré ?

— Un matin.

Il fronça les sourcils.

— Quand ça ?

— Le jour où tu m’as appelée pour me demander où j’étais. Tu étais au téléphone et moi je regardais la voiture s’éloigner. J’avais été surprise que tu ne ranges pas ton arme.

— Tu ne l’as jamais revu ?

— Non.

— Tu es certaine ?

— Mais oui !

— Coralie, tu es bien allée dans une petite pièce au 2e étage ?

— Oui, c’est toi qui l’as découverte.

— Non, ce n’est pas moi. Je ne sais même pas comment on y entre.

— Il y a un mécanisme dans la bibliothèque, je crois.

Elle réalisa alors ce qu’il venait de dire.

— C’était l’autre ? Mais quelle horreur, je ne me suis rendu compte de rien. Imagine qu’il ait voulu m’embrasser ?

— T’es-tu rendu compte de sa taille ?

— Il est pareil que toi, quand j’étais à côté de lui, je n’ai pas vu de différence. Ce n’est pas celui qui a assassiné la femme de Frédéric alors ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

L’angoisse monte …

Chapitre 13

Le lendemain matin, alors que Coralie préparait le café, Daniel demanda sans la regarder.

— Elle est vraiment bien la pièce en haut du 2e étage !

Coralie versa le breuvage noir dans les tasses et répondit :

— Tu as éteint le radiateur ? Nous ne connaissons pas la facture d’électricité qui va nous tomber dessus. Cette maison est certainement un gouffre à chauffer.

Il accusa le coup, mais n’en montra rien. Il y avait bien un homme qui lui ressemblait, qui parlait avec sa femme se faisant passer pour lui, qui habitait avec eux et était à l’affût de leurs moindres gestes. Il avala son café rapidement prétextant des rendez-vous urgents et l’embrassa.

— Attends-moi, je pars en même temps que toi.

Elle mit les mugs dans l’évier, saisit son sac, ses clés de voiture et suivit son mari. Ils se firent un signe de la main au bout du chemin et filèrent chacun de leur côté.

— C’est une histoire de fous, Daniel !

Hugo Cortilla avait écouté avec attention le récit de son commandant.

— Nous avons donc deux affaires sur les bras. Le meurtre de la femme de Marteau et celui qui se fait passer pour moi.

— À ce propos, je vais recevoir sa sœur aujourd’hui, Cécilia Joly. La compagne du chirurgien s’appelait Martine Joly.

— Tu me tiens au courant Hugo. Esteban, nous allons repartir chez moi et nous allons trouver cette pièce. Coralie sait certainement comment y entrer, mais je ne me voyais pas décemment lui demander. Je pourrais ainsi démasquer plus facilement l’imposteur.

— C’est un jeu dangereux commandant. Imaginez qu’elle vous prenne vous, pour le méchant ! Elle n’a pas fait la différence hier soir. Il a donc votre voix, votre physique, il est habillé comme vous. Vous avez affaire à un solide adversaire. Pourquoi, vous ne voulez pas en parler au procureur ?

— Pour qu’il pense que je suis détraqué ?

— Peut-être que ça finira par arriver. Vous ne pourrez plus rien faire, une fois que vous serez derrière les barreaux. Il a quand même fait sortir un cadavre sous votre nom et toute votre équipe n’a rien remarqué. C’est juste votre signature qu’il ne maîtrise pas. 

— Allons chez moi, ouvrons l’œil et arrête de me vouvoyer.

Coralie se stationna à sa place habituelle. Avant de descendre, elle saisit son portable et composa un numéro.

— Docteur Marteau j’écoute !

— Frédéric ? C’est Coralie.

— Quelle bonne surprise ! Vous avez trouvé l’assassin de ma femme et c’est toi qui vas me l’annoncer ?

— Ce n’est pas pour ça que je t’appelle. Il faut que je te parle. Tu es libre pour déjeuner ?

— Aujourd’hui ?

Elle l’entendit remuer des papiers. Il devait certainement consulter son agenda.

— Je ne vais pas pouvoir, mais j’ai un peu de temps avant mes premiers rendez-vous de la matinée. Rejoins-moi au bar en face de l’hôpital.

— C’est d’accord, je te remercie.

Elle repéra son copain de fac rapidement. Il avait commandé un café et tenait sa tasse à la main quand elle parvint jusqu’à lui. Il se leva aussitôt pour la saluer. Ils s’embrassèrent comme au bon vieux temps.

— Comme toujours, un café à la main, tu n’as pas changé.

— Comme tu vois. Alors, raconte-moi ce qui te tracasse, je n’ai pas beaucoup de temps.

— Tu vas toujours à l’essentiel toi !

Elle leva le bras pour appeler le garçon.

— Un chocolat me fera du bien.

Le serveur prit sa commande.

— Fred, il y a un type qui se fait passer pour mon mari. Tu crois que c’est possible de faire un truc pareil ?

Il en lâcha sa tasse et le café se répandit sur la table. Aussitôt, le garçon vint nettoyer et en proposa un autre que Fred accepta.

— Qu’est-ce que tu sous-entends ?

— Je suis certaine que quelqu’un veut se faire passer pour lui. Il a son visage et souhaite lui ressembler. Je me souviens que tu avais la phobie de ça quand nous faisions nos études, que quelqu’un puisse voler l’identité d’une personne en prenant sa tête. Tu riais parce que tu pensais que personne ne t’aurait envié ton physique, mais tu soutenais que l’idée de cloner des humains de cette façon…

— Attends je t’arrête tout de suite. Le clonage, ce n’est pas la même chose. Tu parles juste de l’apparence si j’ai bien compris. Tu en as discuté avec ton flic ?

— Bien sûr que non, je ne veux pas l’inquiéter.

— Tu devrais, c’est grave.

— S’il sait que je suis venue te voir alors qu’il y a une enquête sur toi, il ne va pas apprécier. Je compte sur ta discrétion.

— D’ailleurs, où en est-on ?

— Je ne suis pas dans les confidences. Par contre… pourquoi as-tu fait croire que Martine était ta femme ?

— C’était plus facile que de dire ma compagne. De plus, personne ne m’a rien demandé.

— Fred, arrête tes sarcasmes. Tu as une enquête criminelle sur le dos, il va bien falloir qu’on trouve qui a tué ton amie.

— Justement… il paraît qu’un homme qui ressemble à ton mari est venu chez moi le soir du meurtre, murmura-t-il mi-figue mi-raisin.

Coralie, surprise ne répondit pas. Il ajouta :

— C’est la voisine qui me l’a dit.

— Tu comprends bien que Daniel est visé. Tu pourrais te renseigner parmi tes collègues ? Un inconnu aurait pu demander des choses bizarres comme refaire son visage et…

— J’en vois tous les jours des gens comme ça Coralie. En général, ils viennent avec une photo. Mais promis, je vais voir ça pour toi.

— Tiens-toi à carreau concernant l’enquête. Je sais bien que tu ne serais pas capable de faire de mal à une mouche, moi ! Peut-être as-tu des ennemis et que c’est à toi qu’on en voulait après tout ?

Stupéfait, il la contempla.

— Je n’avais même pas pensé à cette idée. Ton commandant serait d’accord avec cette hypothèse ?

— Nous ne parlons jamais boulot à la maison.

Elle se leva.

— Je m’en vais, tu as du travail et moi aussi. Merci de m’avoir écoutée. Je paie en sortant.

— Laisse, c’est pour moi.

Daniel Faventiny et Esteban Blaviso étaient désappointés. Ils avaient tout essayé pour trouver un éventuel bouton qui délivrerait un passage. Ils avaient fait chou blanc. Le commandant était furieux.

— Incroyable ! Où est donc planquée cette fichue fenêtre ?

— Je ne vois qu’une solution, demander à votre femme. Vous avez tort de vous taire. Cette histoire va tourner mal.

— Pour le choper ce tordu, je n’ai que cette solution.

— Désolé, je ne suis pas d’accord.

— Cherchons encore.

Son portable bipa.

— Oui Hugo !

Le silence s’installa au fur et à mesure que Faventiny écoutait son collègue. Esteban semblait lire sur le visage de Faventiny sa stupéfaction. Quand il rangea son téléphone, il donna un coup de poing sur le mur.

— Commandant ?

— Cécilia Joly est la jumelle de Martine, et c’est elle la véritable compagne de Marteau. Elles s’étaient échangées parce que Cécilia avait peur du toubib. Le problème c’est qu’elle ne veut pas parler et on n’a rien pour l’obliger à le faire, surtout si elle est en danger. Il ne faut surtout pas que le médecin l’apprenne.

— Il y a donc bien un souci avec lui.

— Pas que… Hugo en passant devant l’hôpital ce matin a aperçu Marteau qui sortait du bar d’en face. Ma femme était avec lui.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

À suivre…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

J’ ai cru comprendre que tu étais impatiente de connaître la suite de mon thriller 😉 alors là voilà 😊.

Chapitre 12

Coralie, je sais que tu n’y verras que du feu. J’ai bien potassé mon rôle et cette fois je suis sûr de moi.

L’ambiance était tendue chez les Faventiny. Coralie regardait son mari à la dérobée. Il semblait être normal. Il avait déposé son arme comme d’habitude, l’avait embrassée. Ils parlaient peu du travail quand ils étaient ensemble.

—  Ton enquête avance ?

—  Les voisins n’ont pas aperçu grand-chose. Ah si…

Daniel hésita et finalement ajouta.

—  La plus proche de la maison du toubib a vu un homme le soir de l’agression. Il me ressemblait. Elle a même pensé que c’était moi lorsqu’Esteban l’interrogeait et que je l’attendais à la voiture. Mais quand elle fut face à moi, elle s’est rendu compte que j’étais plus grand.

—  Et comment a-t-elle su ça ?

—  Je ne me suis pas baissée en passant sous le panier de basket.

Daniel rit.

—  Rudement observatrice la voisine. Elle ferait un bon flic.

Coralie ne répondit pas. Elle pensa aussitôt qu’elle n’avait pas fait attention à la taille de l’homme venu chez eux. Elle frissonna.

—  Tu as froid ?

Il s’approcha d’elle pour la serrer dans ses bras. Elle se raidit aussitôt.

—  Désolée, je ne me sens pas en forme ce soir. Je vais aller me coucher. Demain, je dois me lever tôt. Bonne nuit Daniel.

S’il fut surpris, il n’en montra rien et la laissa monter. Il s’installa dans la pièce qui faisait office de bureau et consulta ses mails.

Coralie avait enfilé un pyjama et se démaquillait dans la salle de bains quand Daniel apparut derrière elle dans le miroir.

—  Finalement, tu viens aussi te coucher ? lui demanda-t-elle.

—  Tu m’as inquiété, tu n’es pas malade ?

—  Mais non, je suis fatiguée. Tu ne voulais pas travailler ?

Il s’approcha d’elle et entortilla une mèche de ses cheveux autour de son doigt.

—  Il faut que je te montre quelque chose. Tu sais, la pièce où la porte fait toujours du bruit parce qu’elle claque ? Il y a une autre qu’on ne voit pas, comme un passage secret.

—  Qu’est-ce que tu dis ? Tu penses que quelqu’un peut entrer par cet endroit ?

Coralie n’était pas rassurée. Il l’a prit par la main et l’entraina dans l’escalier.

—  Viens, tu t’en rendras compte par toi-même !

Elle le suivit sans hésitation.

En effet, au deuxième étage, il y avait effectivement une bibliothèque, vide de livres.

—  Regarde !

Il appuya sur un mécanisme qu’il lui montra. Le meuble s’écarta et une pièce agréable et cosy se dévoila.

Coralie stupéfaite n’y entra pas.

—  Comment as-tu trouvé ça ?

—  C’est Esteban et Hugo qui m’ont mis la puce à l’oreille en me parlant de cette porte qui claquait toujours. Ne crains rien, elle est sympa cette pièce.

—  On dirait qu’elle est habitée.

—  Mais non, elle est juste en très bon état. Peut-être que les anciens propriétaires aimaient avoir un coin bien à eux. Depuis la fenêtre, on voit bien ce qu’il se passe à l’extérieur. Regarde !

Coralie entra et se dirigea vers elle. La nuit s’était installée, mais grâce à un beau clair de lune, elle put apercevoir le chemin qui menait à la route et plus loin la mare qui scintillait.

—  Il y fait bon dis-donc !

—  Oui, il y a un radiateur.

—  Nous allons avoir une sacrée facture d’électricité. Si nous ne venons pas ici, il faudra l’éteindre, ça ne sert à rien de chauffer.

—  Tu as raison, je n’y avais pas réfléchi.

—  Je vais me coucher. Tu me rejoins ?

—  Je te suis.

Elle quitta la pièce la première. Arrivée à sa chambre, elle remarqua que la lumière était restée dans le salon. Elle pensa que son mari allait certainement redescendre travailler.

Daniel éteignit son ordinateur et aperçut une lampe dans le parc. Il alla chercher son arme dans l’entrée et sortit sans faire de bruit.

—  Esteban ?

— Ah commandant ! Comment m’avez-vous vu ?

— Tu as allumé ton plafonnier !

— Je ne suis vraiment pas doué pour les planques.

— Qu’est-ce que tu fous ici ?

— Je suis inquiet. Avec Hugo, on s’est dit qu’on pourrait venir surveiller chacun à son tour.

— Vous n’allez pas dormir ? C’est idiot Esteban, je ne risque rien.

— J’ai vu de la lumière là-haut, à la petite fenêtre au dernier étage.

— C’est la pièce que nous avons découverte avec la porte qui claque. Coralie y est peut-être ! Elle est montée.

— Vous y étiez aussi ?

— Pas du tout, j’étais dans mon bureau.

— Je suis certain d’avoir aperçu deux silhouettes.

— Tu as dû rêver !

— Non ! C’est pour ça que j’ai allumé le plafonnier justement, je cherchais mon portable pour vous appeler. Vous devriez aller voir si votre femme est couchée !

— Je ne veux pas l’effrayer.

— Commandant, ça ne vous ressemble pas. Vous êtes un bon flic et normalement vous sentez les embrouilles avant tout le monde. C’est le mariage qui vous a retourné le cerveau ?

S’il ne se comprenait pas l’inquiétude de son collègue, Faventiny aurait éclaté de rire. Il préféra prendre au sérieux sa demande.

— D’accord, je vais voir où est Coralie et je vais faire un tour là-haut. Je te ferais signe de la fenêtre. Tu me répondras par des appels de phares. Tu es rassuré ?

— Ne vous moquez pas de moi.

Faventiny haussa les épaules et repartit en sens inverse.

Il grimpa les marches à vive allure et passa la tête dans leur chambre. Coralie lisait un bouquin, veilleuse allumée.

— Tu ne dors pas ?

— Je t’attendais.

— J’arrive dans quelques minutes.

— Tu as terminé ce que tu devais faire ?

— Oui. Je vérifie un truc et je te rejoins.

Parvenu au deuxième étage, il poussa la porte du bureau. Il jeta un coup d’œil sur la bibliothèque et pensa que les propriétaires précédents devaient aimer lire, vu le nombre d’espaces vides. Il actionna la lumière et s’approcha de la fenêtre. Il fit signe à son collègue dont il apercevait le véhicule.

Au lieu des appels de phare prévus, c’est son portable qui vibra. Il décrocha, surpris.

— Je ne parlais pas de celle-là Commandant !

Faventiny vit Esteban allumer ses codes, puis sortir de la voiture.

— Tu déconnes ?

— Quand je vous disais qu’il y avait un truc bizarre !

— Ne bouge pas, je redescends. Tu m’indiqueras où elle se trouve.

En passant devant leur chambre, il entendit Coralie qui l’appelait.

— Un problème ?

— Je reviens. J’ai oublié d’éteindre en bas.

Il rejoignit son collègue rapidement. Celui-ci tendit le bras et montra du doigt la petite fenêtre pratiquement invisible quand il n’y avait pas de lumière.

Faventiny la découvrit avec surprise.

— Mais d’où vient-elle celle-là ?

— Où vous m’avez fait signe, de là.

Esteban lui désigna.

— L’autre est dans le prolongement. Il y a donc une pièce supplémentaire qui donne dans celle où vous étiez.

— Mais non.

— Je vous assure que si.

— Je deviens fou. Il n’y a qu’une ouverture dans le bureau.

— Je viens avec vous si vous le souhaitez.

— Pas ce soir. Coralie est couchée.

— Commandant, y a truc louche ! laissez-moi y aller.

— Demain, quand ma femme sera partie. Bonne nuit Esteban.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

À suivre…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Quand je relis mes chapitres, je me demande bien comment ça va finir cette histoire, pas toi ? 🧐

Chapitre 11

Coralie était chez elle, seule. Le commandant l’avait prévenue qu’il rentrerait plus tôt que prévu, voire une heure ou deux. Quand elle entendit la voiture, elle fut agréablement surprise. Il avait fait vite.

Occupée dans le bureau, elle termina son rapport et se leva pour l’accueillir. Il était déjà dans la cuisine. Il tendit sa joue. Elle éclata de rire.

— Tu ne m’embrasses pas ?

— Où ai-je l’a tête ! Désolé, je n’ai pas encore déconnecté du travail.

— Je pensais que tu allais revenir plus tard, ce n’est pas ce que tu m’avais dit ?

Il ne répondit pas immédiatement. Il enleva son manteau et alla l’accrocher dans l’entrée.

— Tu ne le mets pas dans le placard ?

— C’est pareil non ?

— Tu as rangé ton arme ? Je ne sais pas, d’habitude, tu as tout un rituel pour la cacher . D’ailleurs, tu n’as jamais voulu que j’apprenne où elle est exactement.

— Je dois vraiment être fatigué, je l’ai oubliée. Je retourne la chercher.

— Tu vas bien mon cœur ?

Il ne répondit pas, reprit son manteau, claqua la porte, laissant sa femme stupéfaite. Son portable vibra à ce moment-là.

Le visage de Daniel s’afficha à l’écran. Elle décrocha.

— Chérie, tu étais au courant que ton pote le toubib n’était pas marié avec le cadavre que tu es en train d’examiner.

Coralie ne sut quoi dire. Elle regardait la voiture de son homme qui disparaissait au coin du chemin.

— Daniel ? C’est toi ?

— Qui veux-tu que ce soit ? Tu es encore au boulot ou tu es déjà rentrée ?

****

Mais quel con ! J’ai failli être démasqué. Je ne sais pas comment je vais rattraper le coup. Il y a vraiment un bug dans la matrice !

Me retrouver face à toi m’a fait perdre tous mes moyens. J’avais l’occasion d’en profiter et j’ai foiré. Je suis trop impatient !

Dans les locaux de la police, Daniel restait perplexe.

— Alors ? Elle savait ?

Hugo et Esteban le regardaient interrogatifs.

— Apparemment non ! Finalement, je ne suis pas certain qu’elle ait eu des nouvelles de cet homme. Vous avez fait des recherches sur le type qui me ressemble et qui est venu chez les Marteau ?

— Oui et on n’a rien trouvé.

— Comment ça ?

— À part la voisine qui en parle, personne d’autre ne l’a vu. Remarque que les maisons ne sont pas orientées de la même façon.

— Pas de caméra de surveillance ?

— Non, rien.

— Sur la défunte ?

— Elle a une sœur. Je l’ai convoquée pour demain. J’ai aussi enquêté à la salle de sports où elle se rendait.

— Et ?

— Fille sans problèmes. Effectivement, la voisine venait souvent avec elle. Par contre, elle restait toujours en manches longues.

— Pour cacher des traces de coup ?

— Le coach qui la suivait lui avait déjà demandé de se mettre à l’aise parce qu’elle se plaignait d’avoir chaud, mais elle affirmait qu’elle préférait se couvrir pour perdre plus de calories.

— Interrogez la voisine. Elle a peut-être remarqué quelque chose. Vu qu’elle est curieuse comme une fouine…

Coralie était montée dans sa voiture et filait au centre médico-légal. Il fallait qu’elle parle à ses amis et collègues. Sophia et Vincenzo surpris la virent débouler dans les locaux à toute allure et passablement perturbée.

— Un problème ?

Vincenzo la regardait tandis que Sophia se rapprochait d’elle. Coralie les interrogea tour à tour.

— Lorsque vous êtes venus à la crémaillère, j’ai entendu avant de rentrer dans la maison que tu faisais remarquer à Daniel qu’heureusement qu’il était parti quand vous étiez arrivés. Je n’ai pas fait attention sur le moment. Tu pensais à quoi ?

Sophia et Vincenzo se regardèrent. Il hésita avant de répondre. Il ne voulait pas trahir le Commandant, mais Sophia réagit aussitôt.

— Nous l’avons croisé sur le chemin.

Vincenzo biaisa.

— Enfin, nous avons cru le croiser. En fait, ce n’était pas lui.

Sophia surprise se tut et le laissa continuer.

— Comment ça, ce n’était pas lui ?

— Nous étions distraits et regardions la mare. Avec le soleil de face, nous avons pensé que c’était le Commandant, mais quand nous lui avons demandé, il nous a répondu que c’était sans doute une erreur. Il parait qu’il arrive souvent que des livreurs se trompent d’adresse.

— Vous ne me cachez rien ? Vous êtes certains ?

— Pourquoi cette question ?

Sophia mal à l’aise se tordait les mains. Elle n’aimait pas mentir, mais Coralie reprenait.

— Il s’est passé un truc bizarre ce matin. Daniel est rentré à la maison. Je ne le trouvais pas comme d’habitude. La preuve en est qu’il ne m’a pas embrassée et avait oublié son arme au travail. Il est donc reparti aussitôt la chercher.

— Ne t’inquiète pas, ça peut arriver.

— Jamais, il ne ferait ça. Bref, ça, c’est une chose. Sauf qu’alors que la voiture filait au bout de l’allée, il m’a appelée des locaux de la police pour me parler boulot. Il ne savait pas si j’étais rentrée, ou encore ici.

Daniel ferma la porte de son bureau et demanda la discrétion absolue à ses deux collègues.

— Je trouve bizarre qu’une voisine pense que j’étais sur les lieux du crime. Une personne qui me ressemble veut me faire porter le chapeau. N’oubliez pas le corps qui avait disparu et qui était chez moi. L’équipe n’a pas remarqué que ce n’était pas moi qui étais venu le chercher. Heureusement que ma signature est très difficile à imiter, sinon j’étais bon pour finir derrière les barreaux et prendre une enquête de la police des polices sur le dos. Nous avons affaire à un malade qui veut se faire passer pour moi. Nous devons le trouver rapidement et je compte sur vous.

D’autre part, Vincenzo Zacchetti, le collègue de Coralie m’a inquiété sérieusement. Je n’en ai pas parlé à ma femme. Elle leur avait donné les clés pour qu’ils viennent voir la déco pour choisir notre cadeau. Ils m’ont croisé sur le chemin et ont été surpris que je ne m’arrête pas pour les saluer. Ce n’était pas moi. Il a ensuite fait allusion à de la musique qui s’est tue quand ils sont entrés. Du jazz.

— C’est grave ce que tu racontes. Tu devrais mettre une équipe de surveillance autour de chez toi.

— Je ne veux pas inquiéter Coralie.

— Quand même ! Imagine qu’il se fasse passer pour toi et qu’elle ne se rende compte de rien ?

Daniel haussa les épaules.

— Il ne prendrait pas ce genre de risques !

— Tu sais des malades, nous en voyons tous les jours, ce n’est pas à toi qu’il faut apprendre ça !

— Je préfère ne rien dire pour l’instant. Ouvrez l’œil, et tenez-moi au courant.

— Tu as tort Daniel ! glissa Hugo. Fais attention ! S’il peut rentrer chez toi comme ça…

— Mais non, c’était sans doute un truc connecté.

— Tu ne disais pas qu’une porte claquait souvent ?

— On sait pourquoi ! on l’a trouvée, c’est celle d’en haut.

— Tu es certain ?

— Mais oui Hugo ! Arrête ta paranoïa.

À suivre

© Isabelle-Marie d’Angèle

A très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

J’ai pensé que j’avais assez trainé comme ça pour vous partager la suite de mon thriller. Voici le chapitre 10 et les précédents sont ici, histoire de vous rafraichir la mémoire 😉

Chapitre 10

Les empreintes de Martine Marteau étaient sur le papier. Elle avait donc écrit ce mot avant de mourir. Voulait-elle en parler ? C’était peut-être pour cette raison qu’elle avait été assassinée. Quel était le rapport ?

Faventiny assis face à ses deux collègues saisit alors son portable.

— D’accord, j’arrive !

Le commandant ne prit pas de gants pour appréhender Frédéric Marteau à l’hôpital.

— Vous allez me suivre, toubib.

— Vous avez trouvé qui a assassiné ma femme ?

— Ce n’est pas le sujet pour l’instant.

— J’ai des rendez-vous.

— Ils attendront.

Institut — médico-légal

— J’espère que les empreintes sont fichées, parce qu’il y en a beaucoup et c’est toujours les mêmes.

— Tu veux dire qu’il n’y avait qu’une personne ?

— C’est évident.

— Je parie pour le mari, dit Vincenzo. Je ne le sens pas ce type.

— Non, ce n’est pas Frédéric Marteau.

— Comment peux-tu en être aussi certaine ?

— Parce que celles que je retrouve partout sur elle sont celles de Martine Marteau.

Sophia en laissa tomber son stylo et Vincenzo siffla entre ses dents.

— Elle se serait suicidée ?

— Ne dis pas de bêtises Vincenzo. Il faut être complètement folle pour se lacérer le visage, le corps et s’étrangler ensuite.

— L’assassin avait sans doute des gants, émit Sophia.

— C’est certain, et c’est bien la seule chose qu’on peut affirmer.

****

— Pouvez-vous me dire docteur ce que vous cachez derrière cette porte ?

— Un bureau.

— Pourquoi avoir mis une fermeture blindée ?

— Il s’agit de recherches, je ne voulais pas que n’importe qui tombe dessus.

— Il suffisait de donner un tour de clé.

— Il y a une femme de ménage qui vient deux fois par semaine. Je ne vous apprendrai pas que ce genre de personnes peut être très curieux. Mais si vous le souhaitez Commandant, je vous ouvre la porte sans problème. Votre équipe de bras cassés n’aura pas besoin de la démolir.

Il glissa la clé dans la serrure.

— Voilà, entrez ! Si vous devez fouiller, faites-le avec ménagement. Ne me perdez pas mes notes.

Esteban et Hugo passèrent devant lui. Rien de bien spécial. Un bureau avec des étagères, des classeurs, un ordinateur.

— Nous embarquons votre portable.

— Faites ! je compte sur votre discrétion.

L’équipe scientifique s’installa dans la pièce afin de relever les empreintes.

— Vous ne trouverez que les miennes, personne n’y vient à part moi.

— C’est ce que nous allons vérifier, docteur. Sortons et laissons-les travailler.

Une fois redescendu dans le salon, Faventiny montra le papier.

— Regardez ce que nous avons découvert ici, sous le canapé.

Frédéric lut ce qui était écrit. Surpris, il leva les yeux vers Daniel.

— De qui parle-t-on ? Cette adresse, je ne la connais pas.

— C’est la mienne.

— Il faut donc que je me méfie de vous ?

Faventiny ne réagit pas.

— C’est vous qui avez tué ma femme ?

Frédéric Marteau restait de marbre tout en accusant le commandant.

— Que dois-je faire ? Appeler la police ? Mais non, elle est déjà là.

Le ton ironique de Marteau faillit faire sortir de ses gonds Faventiny. Esteban le devança.

— Arrêtez vos conneries. Votre femme voulait peut-être parler de vous.

— Qui vous dit que c’est elle qui l’a écrit ?

— Ses empreintes.

— Donc, si je vous suis bien. Elle prétend qu’il faut se méfier de moi et elle ajoute l’adresse du Commandant ?

— Peut-être pour que j’enquête sur vous !

— Pourquoi n’est-elle pas allée vous voir directement ?

— Elle n’en a peut-être pas eu le temps.

— Cessez vos réflexions idiotes Faventiny. Puis-je retourner travailler ?

Ils n’avaient rien pour le retenir davantage.

— Allez-y, mais restez à notre disposition.

— Vous claquerez la porte en sortant. Il ne manquerait plus que je sois cambriolé.

Le chirurgien parti, Faventiny ordonna à ses deux acolytes de refaire une enquête de voisinage.

Esteban et Hugo se dispersèrent.

Daniel grimpa à l’étage et interrogea l’équipe scientifique.

 — Qu’avez-vous trouvé ?

— Rien !

— Des empreintes ?

— Toutes les mêmes !

— Les siennes certainement. Tenez-moi au courant.

Il sortit et s’appuya contre sa voiture. Esteban discutait avec la plus proche voisine. Elle montra du doigt Daniel.

— C’est lui qui était là hier soir !

— C’est le commandant Faventiny, vous devez vous tromper.

— Ah ! c’est un flic ! N’empêche, c’est lui qui est venu, mais ce n’était pas cette voiture.

— Vous avez une idée de l’heure ?

— J’allais regarder ma série. Je dirais 21 h à tout casser, mais vous savez avec les pubs, ça ne commence pas toujours comme c’est prévu.

— Merci madame. Voulez-vous venir rencontrer le Commandant, ainsi vous pourrez nous dire si c’était bien lui ?

— Il ne va pas me faire d’histoires ? Après tout, qu’est-ce que j’en ai à faire moi !

— Pas du tout, au contraire. Si vous pouvez aider pour l’enquête !

Elle suivit Esteban et sans aucune discrétion détailla Daniel. Esteban expliqua la situation à son supérieur.

— Bonjour madame. Commandant Faventiny.

— Bonjour !

— Vous confirmez donc que c’est bien lui qui était chez Madame Marteau ?

— Martine ne s’appelait pas Marteau. Elle n’était pas mariée.

Daniel tiqua.

— Vous êtes certaine ?

— Sûre ! Martine venait souvent bavarder avec moi. Nous faisions en plus de la gym ensemble. Elle n’était pas en couple avec le docteur, c’était juste une copine.

Ceci pouvait expliquer pourquoi le chirurgien ne semblait pas si accablé par sa mort. Daniel reprit :

— Elle habitait ici ?

— Non, mais elle était régulièrement là. Je lui disais que je le trouvais bizarre moi cet homme, mais elle répétait que je me faisais des idées. En tout cas ça bardait hier soir. Surtout quand vous êtes arrivé, vous !

— À l’heure que vous avez indiquée, je ne pouvais pas être ici, madame. J’étais encore au bureau avec deux collègues qui pourront vous le confirmer. Je venais d’être appelé sur une autre affaire.

— Ah ben alors, vous devez avoir un sacré sosie. On raconte que chacun a le sien, le vôtre, il était là hier soir. Mais, maintenant que vous le dites, je n’en suis plus certaine, vous me paraissez plus grand.

— Comment pouvez-vous le savoir ?

Elle se mit à rire.

— Passez sous le panier de basket, là… oui… Allez-y !

Daniel soupira, mais fit ce qu’elle demandait. Instinctivement, il se baissa. La voisine affirma alors :

— C’est bien ce que je pensais, vous n’êtes pas de la même taille. Hier, le bonhomme qui vous ressemblait est passé dessous comme tous les soirs sans se baisser.

— Vous êtes une sacrée observatrice, madame.

— Une vraie curieuse oui ! c’est ce que mon mari me reproche. Pour une fois que ça peut servir.

— Mais vous ne deviez pas regarder votre série ? Si vous étiez devant votre fenêtre, vous risquiez de la rater.

— J’ai une télé dans ma cuisine comme ça je peux préparer les repas sans perdre de temps. J’ai entendu la voiture arriver, j’ai levé la tête. Je lavais les légumes dans l’évier et la fenêtre est au-dessus. Elle donne de ce côté. Tenez, vous n’avez qu’à vérifier.

— Vous reconnaitriez le véhicule ?

— Noir, mais la marque ça !

— Ce n’était pas celui du docteur ?

— Je ne sais pas, il change tout le temps.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…