Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Chez Marie la consigne était celle-ci : je vous invite à faire se rencontrer deux personnages qui ne se sont pas vus depuis 10 ans, en intégrant les mots suivants : sinécure, cuistre, s’esbaudir, nidoreux et tintamarre.

Voici donc ma participation 👇

Rencontre au supermarché

Josette faisait la queue au supermarché. Son caddie était plein à ras bord comme chaque semaine. Certains ne la comprenaient pas et lui rabâchaient que ça ne devait pas être une sinécure de posséder une famille nombreuse. Trois enfants, ce n’était quand même pas la mer à boire, pensait Josette.

Soudain, elle sentit quelqu’un lui taper sur l’épaule. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir Christine, une amie de jeunesse. Enfin, amie, il fallait le dire vite. En quelques secondes, les souvenirs se bousculèrent et défilèrent devant ses yeux.

Christine qui lui piquait tous ses petits copains, cuistre au possible, elle frisait le ridicule quand elle inventait des spectacles de danse pour faire sa vedette sur la musique de Sylvie Vartan.

S’esbaudir sans vergogne devant sa cour, Josette se repassait ça comme si c’était hier.

Alors que Christine affichait son plus beau sourire et lui demandait de ses nouvelles, depuis le temps…

Josette tout en avançant à la suite des clients, se rappelait les coups nidoreux que Christine lui avait infligé. Pourtant, Josette sans doute en rappel de son éducation, répondit de bonne grâce aux questions de son ancienne amie et s’informa de sa santé.

— Je vais bien, mais…

Christine contempla avec envie, le caddie rempli.

— Tu en as de la chance Josette, moi, je vis toute seule.

Elle soupira et reprit :

— Je me rappelle que je n’étais pas sympa avec toi. Tout ce tintamarre que je m’évertuais à produire autour de moi pour qu’on me remarque. Enfin, c’est bien loin tout ça et c’était quand même le bon temps. Je suis heureuse de t’avoir revue.

Ce fut au tour de Josette de passer à la caisse. En déposant ses achats sur le tapis roulant, elle s’entendit demander :

— Veux-tu venir bavarder à la maison ?

En découvrant le visage de Christine s’éclairer, elle balaya d’un coup ses vieux souvenirs et sourit in petto. Sa mère serait ravie, grâce à son éducation, elle faisait une bonne action.

À très vite…

Agenda ironique – mai 2022

Bonjour toi 😉. C’est la première fois que je vais participer à cet agenda ironique proposé sur le site de Photonanie ici. Voici donc ce que j’ai imaginé avec les mots à glisser dans le texte 👇

Photonanie souhaitait également que l’action se passe dans un pays froid, l’Islande éventuellement (mais pas que), et que si le texte se présentait sous forme d’anadiplose, elle serait comblée. Alors, j’ai tenté de relever le défi.

Pourquoi Bertille, Aglaé et Sam n’aiment pas l’Islande
Bonnet sur les oreilles, Bertille avait froid. 
Emmitouflée jusqu’à la toque, elle grelottait. 

Grelottait ? Claquait des dents oui ! 
Ce n’est pas parce qu’elle était fan de Game of Thrones 
Qu’elle devait voir de ses propres yeux, l’Islande. 

L’Islande ! Heureusement qu’elle avait pu emmener
Aglaé et Sam. 

Aglaé et Sam étaient son couple de chats persans. 
Ailurophile, Bertille n’avait pas imaginé une seconde partir 
Sans ses amours. 

Ses amours, parlons-en, ils n’avaient pas apprécié le voyage.
Encore moins de débarquer dans cette maison inconnue. 
Bertille, pour les embarquer avec elle, avait fait des pieds et des mains. 

Des pieds et des mains, ça, on pouvait le dire. 
Elle avait payé la peau des fesses leur transport. 
Elle avait gagné une coquette somme au loto,
Autant en profiter. 

En profiter ! ça commençait mal. 
La maison où elle devait s’installer pour son séjour
Était dans un état indescriptible. 

Indescriptible, c’était le mot ! 
L’ancien propriétaire devait être frappé de syllogomanie. 
Il y en avait partout : des cartons, des cadres photos, des emballages, 
Quel fatras !

Fatras ! À cause de ça, ses chats n’osaient sortir de leurs panières. 
Quel bec à foin, elle était !
Elle aurait dû passer par une agence, 
Plutôt que d’écouter cette Germaine de malheur, 
Qui avait une sœur qui connaissait la fille qui connaissait…

Connaissait qui d’ailleurs ? 
Bertille ouvrit les yeux et pensa aussitôt que ce rêve était une coquecigrue.
Aglaé et Sam ronronnaient près d’elle sur la couette rouge à fleurs,
Eclairée par un rayon de soleil coquin. 

Coquin ? Vous avez dit coquin ? 
Elle saisit son téléphone et appela Alexandre. 
Il décrocha à la première sonnerie. 
— Tu ne m’avais pas parlé d’un voyage en Islande ? Je préférerais un pays plus chaud. 

— Plus chaud ? Que penses-tu de la Thaïlande ? 

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici chez Marie, à partir de l’image ci-dessous, la consigne était simple, écrire sur ce qu’elle nous inspirait. Dans ce genre d’exercice, je suis toujours surprise par l’imagination de chaque participant, aucun texte ne se ressemble et c’est ce que j’aime dans l’atelier d’écriture. Voici donc ma participation 👇.

Toutou a besoin d’exercice et il n’a pas attendu Arthur. De toute façon, il sait bien qu’ils se retrouveront. Il galope la truffe en l’air, au sol, il dresse l’oreille, il écoute. La vie de chien quoi !

Soudain, au détour d’un grand champ, il stoppe son vagabondage. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Quelle drôle de maison ! Elle ressemble étrangement à l’appareil qu’Arthur porte autour du cou perpétuellement. Il se met à aboyer. Cete chose lui fait peur.

Toutou se tait et prend la pause. Il se rappelle que son maître adore le photographier Peut-être que c’est pareil ici ?

Rien ne se passe. Il se tourne, inquiet. Arthur n’est toujours pas là. Toutou s’approche plus près. Est-ce que ce gros rond qui ressemble à une fenêtre en est une ? Il colle son museau et tente de regarder à l’intérieur. Il fait trop sombre, il ne voit pas grand-chose. Il se met debout. Il a dû appuyer sur quelque chose, ça bouge et ça rentre. Il manque de tomber et se rappelle que ce truc fait ça aussi avec Arthur. Il a même entendu dire que c’était pour zoomer.

Il recule et se rend compte que cette drôle de maison a une cheminée qui fume. Incroyable ! Il surveille toujours si Arthur n’arrive pas. Il aimerait bien lui montrer sa découverte.

Le voilà ! Toutou part à sa rencontre en aboyant et tente avec de multiples mimiques de lui expliquer qu’il a trouvé une chose formidable.

— Oh un appareil photo géant !

Toutou comprend que son maître est ravi. Arthur est curieux, il cherche la porte et n’en trouve pas, mais il aperçoit un balcon. Il crie :

— Ohé, il y a quelqu’un ?

L’objectif s’avance. Toutou se couche aux pieds de son maître, mort de trouille. Arthur s’approche et voit avec surprise le boitier s’ouvrir.

— Bienvenue dans mon monde d’images.

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici il était demandé ceci votre personnage se promène, croise une boite à livres, en choisit un et en l’ouvrant lit la phrase suivante « Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit ». A vous d’imaginer la suite…

Voici ma participation 👇

Comme tous les jours, Timothée sortait accompagné de son chien et de sa canne. Le premier tirait pour le faire avancer plus vite et la seconde l’aidait justement à marcher plus vite.

Comme tous les jours, il passait devant la cabine téléphonique rouge qui, parait-il, renfermait des livres. Il ne comprenait pas pourquoi, elle s’appelait pompeusement boîte à livres, alors qu’elle n’était qu’une cabine téléphonique point barre.

Et puis d’abord, à quoi ça servait ces livres ? D’accord, il était assez grognon ce matin Timothée. La faute à sa cafetière tombée en rade qui n’avait pas pu lui servir son café. Il était sorti de chez lui sans rien dans le ventre. Il avait décidé d’aller le prendre au bar. Tiens, justement à côté de cette satanée boite à livres. Ah, mais non, son chien avait choisi de s’y arrêter devant. Non, il ne levait pas la patte, il était trop bien éduqué, mais il poussait la porte de son museau, curieux. Timothée se trouva face à une rangée de livres. Ce n’était pas son truc la lecture, mais il était maniaque et un livre tombé au sol, ouvert, l’agaça. Il le ramassa et machinalement lut les premières phrases Je n’attendais que vous, rendez-vous demain, même heure, même endroit.

Sans s’en rendre compte, il consulta sa montre : 9 heures. Puis, il haussa les épaules, pensa à Patrick Bruel et à sa place des grands hommes et rangea le bouquin.

Son animal le tirait vers l’extérieur, il partit prendre son café.

Le lendemain matin, Timothée, regarda la pendule : 8 heures 45. Toujours la machine en panne. Il chercha la laisse de son chien, sa canne et sortit, se traitant de vieux sot.

8 heures 50. Il n’avançait pas vite le bonhomme. 8 heures 55. Il voyait la cabine rouge qui le narguait, son cœur s’accéléra.

Il ne vit pas la trottinette électrique qui arrivait face à lui, occupé à surveiller la cabine. L’animal prit peur et se mit à courir, Timothée, déséquilibré lâcha la laisse, sa canne le fit trébucher, il s’étala de tout son long sur le trottoir.

— Monsieur ? Répondez-moi, serrez ma main si vous m’entendez.

Timothée ouvrit les yeux.

— C’est vous mon rendez-vous ? demanda-t-il d’une voix chevrotante.

La dame au chignon gris saisit son portable et composa le 15. Il n’allait pas bien ce pauvre homme. Elle le voyait tous les jours passer devant la cabine rouge. Hier, elle avait perdu son livre. Elle venait de le retrouver. Il était 9 heures.

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici la consigne était celle -ci : je vous propose d’écrire un poème ou un récit à partir de la célèbre strophe suivante “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne” en partant sur un style complètement différent de celui du poème initial.

Voici ma participation 👇

Pierre et Louise étaient prêts. Comme chaque année à cette période, ils quittaient la vallée pour grimper dans les alpages.

Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, tout le village entendra les cloches de leur troupeau.

Pour l’heure, ils vérifiaient que leurs bêtes étaient toutes en pleine forme. D’ailleurs, les animaux sentaient qu’ils allaient partir. Une ambiance de fête régnait dans la chèvrerie. Même le berger des Pyrénées savait que bientôt, il serait le gardien de toutes ces bêtes et gare à celle qui dévierait de sa route, il la remettrait dans le droit chemin.

La nuit fut courte et le soleil pointait à peine son nez que déjà les biquettes étaient prêtes. La cheffe, noire et rousse à la barbichette rebelle portait la cloche au cou. Elle annoncerait son passage dans les rues du village. Boule, le chien était à pied d’œuvre, il leur tournait autour afin qu’elles ne s’éloignent pas et restent en troupeau. Une chèvre, c’est curieux, un rien peut lui donner l’envie de quitter la route et de grimper…

Demain, dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne, tout ce petit monde sera dans les montagnes et retrouvera la ferme où pendant quelques mois, chacun vivra au rythme du soleil, des animaux, sans connexion autre que la nature.

À très vite

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😏

Ici les consignes étaient simples : je vous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”.

Voici mon texte 👇

Alice avait décidé de faire un grand nettoyage de printemps.

— Génial ! s’écria Gaspard.

Gaspard, c’était son gamin. Les vacances étant arrivées, il passait son temps dans la bâtisse de campagne avec sa maman. Son père malchanceux était resté en ville pour travailler. Il les rejoindrait pour le week-end.

— Et si on allait au grenier ?

Ça, c’était l’idée lumineuse de Gaspard qui rêvait de fureter là-haut dans les cartons.

Cette maison appartenait à la grand-mère d’Alice, elle n’avait jamais mis les pieds dans les combles.

— On y va ?

Après quelques hésitations, elle le suivit. Elle avait son portable dans sa poche, on ne sait jamais, si elle devait appeler les secours.

Elle poussa la porte. Celle-ci grinça et arracha quelques toiles d’araignées.

Quel fatras ! alors que son fils ne craignait rien et furetait partout, elle, elle avançait précautionneusement.

Quand elle raconterait ça sur son journal, elle pourrait toujours commencer par Un jour, en dépoussiérant le grenier.

— Maman, viens voir !

Qu’est-ce qu’elle était jolie cette table.

— Trop beaux les dessins !

Alice se revit, toute petite, assise sur les genoux de sa grand-mère. C’était son grand-père qui avait poli et peint le bois. Italien de naissance, il avait retracé de mémoire, son village. Alice se souvenait que son aïeule l’appelait la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie. Elle suivit du bout des doigts le tracé des rues. Ici, c’était la fontaine, là l’escalier en pierres qui menait à la mer, là encore, sa propre maison avec le linge accroché aux fenêtres. Un véritable artiste cet homme !

— C’est vrai ? C’est ton grand-père qui a dessiné tout ça !

Gaspar n’en revenait pas, lui qui avait deux mains gauches comme répétait sa maîtresse.

— Il me parlait aussi d’une boîte de nuit… elle puait le whisky rance, c’était son souvenir. Il n’avait pas réussi à la retranscrire. De toute façon, le parfum n’aurait pas pu être dessiné, comme il disait.

Gaspard grimpa sur la table.

— Regarde, je marche dans le village de Grand-Papy.

Alors je l’imaginais se promener là-bas avec lui. Arrivé au bout , il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre ce qui le fit éclater de rire.

— Allez descends, je croyais que nous devions ranger le grenier. Pour l’instant, nous n’avons pas fait grand-chose.

Il sauta au bas de la table et se mit à courir partout. Tous ces cartons donnaient le vertige à Alice, mais son fils n’hésitait pas les ouvrir. Lorsqu’il découvrit les vieux vêtements, il s’en empara.

Soudain, la sonnette de la porte d’entrée retentit. À regret, Alice quitta le grenier et commença à descendre. C’était sans compter sans la vitesse de son gamin qui passa devant elle, habillé de tissus multicolores, ressemblant furieusement à ceux de la Commedia Del Arte.

C’est alors que la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie.

— Surprise !

Gaspard poussa un hurlement de joie.

— C’est papa !

À très vite…

Jeux d’écriture – Les parfums du jardin

Bonjour toi 😏

Ici voici les consignes de la semaine pour ce nouvel atelier d’écriture : rendez-vous au pays des odeurs du jardin. Invitez tous vos sens et faites nous découvrir cette ou ces odeurs qui vous subjuguent, vous entêtent ou celles que vous fuyez !

Voici donc ma participation 👇

Tôt le matin, alors que le soleil est à peine levé et que les oiseaux s’en donnent à cœur joie dans les arbres, elle sort sur la terrasse, son café chaud dans son bol rouge.

Le parfum du breuvage se mêle à celui de la rosée et des fleurs qui s’éveillent doucement. Les mains autour de son mug pour se les réchauffer, elle parcourt les allées de son jardin.

Ici, c’est une rose qui étale sa corolle pourpre et dégage sa fragrance subtile, là c’est l’œillet qui exhale sa senteur poivrée.

Le nez levé, comme une biche qui hume l’air, elle retrouve l’odeur du café torréfié, celle de son enfance, quand elle courait dans le parc. C’est particulier, mais elle l’aime parce qu’elle revoit les hauts marronniers qui se balançaient au gré du vent, parsemant à ses pieds leurs grandes feuilles.

En passant, elle balaye de sa main libre, la lavande, la voilà plongée dans d’autres souvenirs. C’est la Provence qui se rappelle à elle.

Elle touche la sauge rouge puis la menthe, le thym et le romarin, elle sourit. Toutes ces odeurs se mêlent à celle de son café. Un joli bouquet garni.

Il est temps de rentrer et le parfum de pain grillé la cueille sur le pas de la porte. Le petit-déjeuner est prêt.

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici avec cette image, il fallait écrire un texte sous deux angles différents à partir de la photo suivante : une partie sous l’angle de la nature et l’autre sous l’angle des pinces à linge !

Voici donc ma participation :

— Non, mais dites donc, vous ne pouvez pas vous tenir ? Regardez-moi ce bazar ? Pas une pince à linge dans le même sens !

— Moi j’aime bien avoir la tête en bas, glousse la première.

— Et moi, les pieds en l’air, la taquine la seconde.

Le vent s’engouffra dans les feuilles de l’arbre qui abritait la corde. Celles-ci se secouèrent faisant tomber une pluie de pétales de fleurs sur le sol.

— Heureusement que notre patronne a ramassé son linge, il serait beau à l’heure qu’il est, murmura une pince sans rire (😏).

— J’adore quand Éole vient me caresser le bois.

— Toi, la poussa sa jumelle, on le sait que tu en pinces (😉) pour lui.

À nouveau l’arbre se secoua et le vent vint secouer la corde qui se balança à qui mieux mieux.

Le ciel bleu invitait à la promenade. Il faisait beau et la température printanière mettait de la musique dans les cœurs et aussi sur la corde à linge à en écouter le babillement des petits morceaux de bois. Elles tentaient désespérément de former une portée musicale.

Une branche basse de l’arbre s’entortilla autour de la corde et la lâcha d’un coup.

Les pinces s’envolèrent et retombèrent légèrement secouées, toujours cramponnées à leur corde.

— Encore crièrent-elles en chœur, ravies de ce nouveau jeu.

Malheureusement, elles aperçurent la patronne avec son panier. Fini de rigoler, elles devaient faire leur travail et pincer ces jolis draps pour qu’ils ne s’envolent pas. Même si parfois, elles leur faisaient mal, ils ne s’en plaignaient pas. Ils avaient bien trop peur de s’envoler au loin.

Le vent gonfla comme une voile le linge qui s’étalait peu à peu, multicolore. Il détourna pourtant son souffle afin que les pétales ne viennent pas s’écraser dessus. Une palombe cachée à l’intérieur de l’arbre tentait de se faire toute petite. Elle couvait depuis quelques jours et n’avait pas l’intention de perdre sa production.

Jeux d’écriture #7

Bonjour toi 😏

Ici chez Marie nouvelle proposition d’écriture. Je dois commencer mon texte par J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de

Voici donc ma participation 👇

J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de..

Je mâchonnais mon crayon. Tu parles d’un sujet ! D’abord je n’ai pas envie d’être pigiste dans un journal raté. Si par hasard, je le devenais, ce ne serait certainement pas pour un journal raté. Et voilà ! Tu fais encore ta bêcheuse ! J’entends déjà les ricanements de ma meilleure amie.

N’empêche qu’elle me fait rire cette phrase. Je regarde les copines qui sont à fond sur leur copie et je pense que si le journal est raté, la cervelle de ceux qui le lisent ne doit pas valoir tripette.

J’avais lu un truc qui racontait l’invasion d’insectes qui se nourrissaient de papier. Voilà, j’ai trouvé le début : j’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle des poux des livres.

Je les imaginais bien se régaler de toutes ces mauvaises nouvelles. Exit les virus, avalée la guerre, digérée la hausse du gasoil, disparu le chômage. Malheureusement, ils ne verront pas la différence avec les articles vantant la générosité des restaus du cœur, de la croix rouge. Ils ne participeront pas à la fête des voisins, de la musique et n’y comprendront rien à la hausse du SMIC.

C’est bien beau tout ça, mais je ne vais jamais remplir une copie double avec mes grignoteurs de bouquins.

Plus sérieusement… Et si je rajoutais un mot comme : lorsque j’étais…

— Vous risquez le hors sujet mademoiselle !

Je sursautais. Le prof me regardait au-dessus de ses lunettes.

— Ça ne se verra même pas.

— Que lisez-vous ici ?

Il me montrait la phrase qui me narguait depuis un bon quart d’heure.

— J’ai compris.

Il continua son chemin, les mains croisées dans le dos.

Je repris mon stylo et la mort dans l’âme écrivis :

J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de mon grand-père. Il le savait bien qu’il ne valait rien ce journal mais comme j’y travaillais, il faisait semblant de trouver les articles formidables. Il attendait chaque semaine que je lui raconte en avant-première ce que j’allais proposer au rédacteur en chef et vérifiais ensuite sur le papier si tous les mots avaient bien été transcrits.

Je l’aimais bien mon grand-père.

À très vite…

Jeux d’écriture – #6

Bonjour toi 😉

Ici un atelier d’écriture est proposé avec la photo ci-dessous et la citation à inclure dans le texte Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Voici ma participation :

Lisa détestait l’anglais, mais elle aimait bien son prof. Il avait un accent qui la faisait fondre. Et ses yeux ! D’un bleu lagon à tomber ! Il était américain, elle en était sûre. Un jour il l’emmènerait avec lui, elle en était persuadée. Elle fixait par la fenêtre le mur d’en face ou les mots French Kiss s’étalaient en rouge et blanc.

— Ferme la bouche ! Tu ressembles à une carpe.

Mariette, sa meilleure amie lui filait un coup de coude.

— Tu vas nous faire repérer.

Lisa sourit. Elle ne demandait que ça de se faire repérer par Dylan. Dylan et Lisa, ça sonnait bien.

— Je tenais à vous prévenir que la semaine prochaine, vous aurez un remplaçant.

— Quoi ?

Lisa se leva d’un bond à la surprise générale. Mariette la tira en arrière pour qu’elle se rassoie. Son professeur haussa les sourcils.

— Je n’avais pas réalisé que vous étiez aussi assidue en anglais ? Je pensais même au vu de vos notes que nous n’en aviez rien à faire. Mais rassurez-vous, ajouta-t-il devant la mine renfrognée de la collégienne, mon collègue est très compétent.

Lisa baissa la tête et ne répondit pas. La sonnerie retentit et la classe se vida rapidement. Mariette tenta d’emmener son amie, mais celle-ci lui fit signe de partir sans elle. Elle traina pour ranger ses affaires et s’approcha de son professeur.

— Vous rentrez dans votre pays ?

Il leva la tête et contempla la jeune fille.

— Je prends quelques jours pour retrouver ma femme qui va accoucher.

Devant la mine déconfite de son élève, il précisa :

— C’est ringard je sais, mais elle me manque et comme disait le dramaturge espagnol Félix Lope De Vega, Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Sans elle, je suis complètement à l’ouest. C’est comme ça que vous dites n’est-ce pas ?

Il boucla son cartable et l’invita à sortir. Elle osa le retenir par la manche et débita d’une traite :

— Moi, ce sera la fin de ma vie quand vous serez parti.

Elle s’enfuit en courant.