Marie-Sophie et Saverio

Bonjour toi 😉

Si tu as suivi Marie-Sophie, tu as dû te rendre compte qu’il manquait un personnage … Le voici, Saverio, l’homme qui tient le café sur la place. Te rappelles-tu ? Avant qu’elle ne déménage, Marie-Sophie et Charles allaient chez Clovis…(Cette partie de tarot était sur mon autre blog, je te mets le lien ici . Je le rapatrierai rapidement).

S’il y a bien un truc qui me manque ici, c’est le café de Clovis. Il me connaissait depuis que j’étais toute petite et j’avais appris à jouer au tarot chez lui. Pépé Charles y retrouvait ses copains et souvent je l’accompagnais.

Aujourd’hui que je suis bien installée et que Charles est maintenant à demeure dans la chaumière avec Célestine, je vais lui en dire deux mots. Ses partenaires de jeux ne lui manquent-ils pas ? Sa maison est en vente et il ne semble avoir aucun regret.

Charles est dans le jardin, je ne serai pas allée loin pour lui parler.

— Comment vas-tu petite ?

Il m’embrasse. Pépé Charles se parfume tous les jours. Je ne sais pas qu’elle est son eau de toilette, mais je suis certaine qu’elle sera toujours liée à lui, un mélange de senteurs boisées que j’aime beaucoup.

J’attaque bille en tête.

— Dis-moi, tu ne vas plus jouer au tarot ? Tes amis ne te font pas défaut ? Ils ont dû être tristes que tu les abandonnes non ?

Il se gratte la tête.

— Figure-toi que j’en ai trouvé d’autres ici.

Stupéfaite, j’ouvre la bouche et la referme. Décidément, il m’étonnera toujours. Qui a dit que les seniors avaient du mal à s’adapter et qu’ils n’aimaient pas le changement ?

— Ne fais pas cette tête ! Je ne suis pas comme toi, une vraie sauvage. Viens donc chez Saverio.

— Qui est-ce ?

Il éclate de rire.

— Je te reconnais bien là. C’est le propriétaire du bar sur la place. Je te l’accorde, c’est petit, mais il a ses habitués. Figure-toi que tous les vendredis soir, ils se retrouvent pour jouer.

— Sérieux ? Et tu as réussi à t’intégrer ?

— Pas facile les Basques pour entrer dans leur groupe, mais grâce à Morgan, j’ai fait connaissance. Et puis Archibald y passe souvent chez Saverio, il a même proposé de lui faire des sandwichs pour le déjeuner.

Devant ma mine ahurie, Charles pose sa main sur mon épaule.

— Viens avec moi, je vais te présenter si tu veux. Nous pourrions faire une partie ensemble vendredi soir, il suffit de trouver d’autres participants.

— Morgan joue ?

— Demande-lui.

Depuis qu’il a osé poser ses lèvres sur les miennes, je l’évite. Du coup, il ne sait plus comment se comporter avec moi et ça nous met dans une ambiance pesante. Je n’ai pas osé en parler à Mélusine de peur qu’elle m’enguirlande copieusement. Depuis le temps qu’elle me tarabuste pour que je me décide. Elle est marrante, elle ! Elle a bien fait un bébé toute seule !

— Vous êtes fâchés ?

Charles me fixe et attend une réponse. Pas question que je me débine, il insistera.

— Non !

— Tu m’en diras tant. Peux-tu m’expliquer alors pourquoi il a perdu son sourire et qu’il ne passe plus par le jardin pour venir te voir ?

— Il m’a embrassé.

— Quoi ? Et tu ne m’as rien raconté ?

Je n’ai pas entendu Mélusine arriver. Elle me prend dans ses bras et me félicite.

— Enfin tu t’es décidée, ce n’est pas trop tôt.

Je baisse les yeux et murmure.

— Ce n’est pas tout à fait ça.

Elle m’interroge du regard et je tape en touche.

— Plus tard. Connais-tu le bar de Saverio ?

— Pas du tout.

— Alors les filles, je vous y emmène.

Mélusine me glisse à l’oreille que je ne perds rien pour attendre et que je devrais tout lui révéler en détail.

Effectivement, c’est petit, mais sympa. Un homme à la moustache fournie, le béret sur la tête nous accueille avec le sourire.

— Depuis le temps que j’entends parler de vous, je suis ravi de faire votre connaissance. Faut pas croire ce qu’on raconte sur les Basques, c’est vrai que parfois, on passe pour des sauvages parce qu’on aime bien être en nous, mais nous savons aussi recevoir les nouveaux.

Il me tend la main par-dessus le comptoir. Saverio est grand et mince. Son sourire atteint ses yeux foncés.

— Qu’est-ce que je vous sers ? Un café ?

— Je préférerai un chocolat, c’est possible, murmurais-je.

— Mais oui ma p’tite dame. Et vous ? Vous êtes Mélusine, François m’a parlé de vous.

Mélusine rougit. Y aurait-il anguille sous roche avec le papa d’Héloïse ? C’est fou comme ça va vite chez les autres. J’ai l’impression de mettre des plombes à m’habituer à tout.

— Alors comme ça, c’est vous, la petite amie de Morgan.

Éberluée, je ne sus quoi répondre. Ce n’était même pas une question.

— Ah ! vous êtes là ?

Archibald entra dans le café et salua Saverio. Il m’embrassa ainsi que Mélusine, puis serra la main de Charles.

Avait-il entendu la réflexion du barman ? En tout cas, il n’en montra rien.

— Serais-tu partant pour jouer avec nous vendredi soir au tarot ?

Saverio, mine réjouie, se frotta les mains.

— Sérieux ? Vous jouez ? Si nous avons assez de monde, nous pourrons peut-être aller rencontrer les équipes de Biarritz. Je vous préviens, ils sont forts et raflent tous les prix.

— Pas si vite, déclare pépé Charles. Nous sommes trois, Archi ?

— Morgan sera partant, j’en suis sûr. Et toi, Mélusine ?

Elle acquiesça. Elle demanderait à Célestine de garder Enzo. Une fois de plus, je n’ai rien décidé et je me retrouve à jouer au tarot dans un bar que je ne connais pas.

— Tenez, votre chocolat !

Je grimpe sur le tabouret et pose mes coudes sur le comptoir. Archibald en profite pour commander un café et s’installer à côté de moi. Mélusine repart récupérer Enzo qui est chez Héloïse, tiens donc. Quant à Charles, il apostrophe Archibald :

— Demande à la petite ce qui la tracasse, moi j’ai à faire.

J’essaie d’imaginer de quoi il parle et ce qu’il peut bien avoir à faire. Saverio pose la tasse de café devant Archibald et nous abandonne.

— Tu me racontes ?

— Ils avancent bien tes travaux ? As-tu arrêté une date pour l’ouverture ?

Mon ami éclate de rire.

— MarieSophe, s’il te plait, ne joue pas à ça avec moi.

— Dis-moi pourquoi tu n’as pas de petite copine.

Son rire s’éteint et il tourne sa cuillère dans son café alors qu’il n’a pas mis de sucre, sans me regarder.

Saverio revient vers nous.

— Je vous garderai une table pour vendredi soir.

Il me regarde et me sourit.

— Revenez ici quand vous voulez Marie-Sophie.

Archibald dit :

— Tu l’as mis dans ta poche comme à chaque fois que tu apparais. Il n’y a vraiment que toi pour ne pas te rendre compte de l’effet que tu as sur les gens.

— Tu n’as pas répondu à ma question. Depuis le temps que je te connais, je ne t’ai jamais vu avec une fille.

— Ni toi avec un garçon, je te rappelle.

Il me regarde et je suis heureuse de retrouver son sourire.

— Je ne veux pas dire que c’est à cause de toi MarieSophe, tu le sais bien. Nous ne serons jamais amoureux, je préfère de loin notre amitié. Je serais toujours là pour toi, n’oublie jamais. Pour répondre à ta question, je n’ai pas encore trouvé celle qui pourra m’accompagner. C’est tout. Je te laisse, l’ouverture c’est dans une quinzaine. Tu as pensé à ce que je t’ai demandé ?

Ah oui tenir sa boulangerie et vendre son pain.

— Je te signale que Mélusine voulait aussi que je l’aide pour les activités des petits.

— Ce n’est pas tous les jours qu’elle aura besoin de toi. Nous nous arrangerons.

Il termine son café, m’embrasse sur les cheveux et m’abandonne.

Comme s’il n’attendait que ça, Saverio se plante devant moi et se met à parler doucement.

— Je connais Morgan depuis longtemps et quand vous êtes apparue dans sa vie, un été, il s’est métamorphosé du jour au lendemain. Un matin, il est venu avaler son café avant de faire son marché et il m’a glissé à l’oreille Je crois que je l’ai enfin trouvée. Je l’ai retenu par le bras alors qu’il s’enfuyait déjà et lui ai demandé de quoi il voulait parler. Il m’a répondu d’un ton laconique tu comprendras quand tu la verras.

J’en oublie de boire mon chocolat, c’est plutôt les paroles de Saverio que je bois.

— Quand vous êtes entrée dans mon bar tout à l’heure, il avait raison, vous êtes celle qu’il attendait.

Il enlève ma tasse et m’en verse un autre.

— Celui-là sera chaud.

À très vite…

Marie-Sophie, entre les deux son cœur balance

Bonjour toi 😉

Je partage avec toi la suite de Marie-Sophie.

Je n’en reviens toujours pas. Archibald a dégoté un four à pain à bois et le local qu’il est en train de remettre en état. La boulangerie qui va ouvrir fait la une de la gazette. Les habitants sont ravis de ne plus avoir de kilomètres à faire pour avoir leur baguette fraîche.

Il n’y avait pas eu de repreneur lorsque le propriétaire était parti à la retraite. Pourtant, il avait publié une annonce sur TF1et SOS village, mais ça n’avait pas trouvé grâce aux yeux de quelqu’un. Finalement, ça tombe bien pour Archibald. Celui-ci remet tout à neuf et il arrive avec toutes ses idées. J’espère de tout mon cœur que ça va marcher. Mon ami n’est pas basque et parfois, ce n’est pas facile de s’intégrer. Archibald pourra compter sur Morgan, connu comme le loup blanc.

Le boulanger, Gérard, est venu lui donner un coup de main et discuter avec lui. Il est en admiration devant Archibald qu’il trouve bien courageux. Jamais, il n’aurait pensé qu’il aurait pu quitter une affaire qui marche pour s’installer dans un endroit, certes sympathique, mais dont il ignore les coutumes et les habitudes.

Il a assuré à mon ami qu’il lui ferait sa publicité. Il était apprécié de ses clients, il pouvait compter sur lui pour parler de lui à des kilomètres à la ronde. L’expression m’a fait rire parce que pendant des kilomètres, il y a des prés verts et des vaches.

Archibald ne compte pas s’arrêter là, il a décidé plus tard de faire aussi une tournée pour les habitants qui ne pourraient pas se déplacer. Il y a un certain nombre de personnes âgées ici. Pépé Charles a approuvé cette idée. Il lui a même dit qu’il pouvait compter sur lui pour conduire son camion. Je ne savais pas que Charles avait son permis pour ce genre de véhicule. Il parait que le B ça suffit s’il ne pèse pas plus de 3,5 t. Je pensais juste à une fourgonnette, mais Archibald parlait d’un Food truck.

Mélusine a aussi réussi à convaincre d’autres mamans de se retrouver avec leurs enfants non scolarisés. Elle a fait la connaissance de Madeleine et Julia. Toutes deux ont une petite Juliette pour la première et un Alexandre de l’âge d’Enzo pour la seconde. François, lui, est seul pour élever sa petite Héloïse.

Pour l’instant, c’est la mairie qui met à leur disposition une salle. J’y suis allée faire un tour, elle est bien tristounette cette pièce. Avec Mélusine, nous avons demandé au maire s’il était possible de la repeindre avec des couleurs plus gaies. Il a refusé ! Elle peut servir à d’autres associations.

François qui tient une maison et table d’hôtes a proposé que ça se fasse chez lui une fois par semaine. La pièce qu’il offre est très cosy avec une petite banquette vieux rose et des rideaux assortis aux fenêtres, le mur en lambris réchauffe le tout. Quand nous y sommes allées, Mélusine et moi, nous avons été frappées toutes les deux par l’ambiance zen qui y régnait. C’est un endroit parfait pour les enfants.

Aujourd’hui, j’accompagne Morgan au marché. Il vend régulièrement son miel et les légumes qu’il cultive dans son jardin. Je charge les cagettes dans sa camionnette et en me retournant, je me trouve face à lui et contre lui.

Je ne sais toujours pas ce que je ressens pour lui et Archibald qui s’installe ici n’arrange rien. Je crois que je les aime tous les deux, certainement pas de la même façon, mais je ne veux pas faire de peine ni à l’un ni à l’autre.

Morgan me relève le menton et plonge ses yeux dans les miens. Sans crier gare, il pose ses lèvres sur les miennes. Puis, il repart chercher la dernière cagette de légumes. Ce fut tellement rapide que j’ai pensé avoir rêvé. Je reste plantée devant le coffre ouvert. C’est lorsque je le vois revenir que je me bouge.

— On y va ?

Morgan s’installe au volant et démarre. Je grimpe à côté de lui et je ne peux m’empêcher de lui demander :

— Pourquoi tu as fait ça ?

— J’en avais envie depuis longtemps et si je ne fais rien, tu ne vas rien tenter. Tu m’en veux ?

Je suis tellement surprise par sa réponse que je ne sais pas quoi dire. Est-ce que je lui en veux ? Un peu quand même. De quoi se mêle-t-il ?

Je lui jette un regard en coin. Il fixe la route.

— C’est vrai quoi ! ajoute-t-il.

Je n’ose pas lui demander ce qui est vrai. Me voilà bien.

Nous arrivons sur la place du marché et j’aperçois Archibald devant son local qui commence à prendre une belle allure. Son enseigne Au fournil d’Archi écrit sur une baguette en fer forgé, style girouette, lui ressemble, simple et efficace.

Dès qu’il nous aperçoit, il vient à notre rencontre. Suis-je amoureuse de mon meilleur ami ?

Amis pour la vie

Bonjour toi 😉

Voici la suite de Marie-Sophie. L’histoire prend un tour inattendu.

Je n’arrive pas à y imaginer qu’Archibald puisse penser quitter son village et venir habiter ici. Je suis certaine que ça fait trop de bonheur d’un coup et que je vais le payer un jour ou l’autre.

Je suis installée dans ma nouvelle maison avec ma meilleure amie et mon filleul. Pépé Charles fait des aller-retour et amène petit à petit son bric-à-brac. Lui qui a toujours revendiqué sa liberté, le voilà souvent acoquiné avec Célestine. Trop de joie d’un coup, j’ai la frousse que tout s’écroule.

J’agace tout le monde avec mon pessimisme et le pire c’est que je m’en rends compte. Bien sûr, j’ai payé le prix fort en perdant mes parents d’un coup, mais ça ne veut pas dire que c’est fini, que je ne vais plus avoir de catastrophes qui vont me tomber dessus. La vie, c’est comme ça, un coup c’est tout beau et le lendemain c’est la grisaille.

La petite chaumière comme je l’appelais, prend petit à petit une tout autre allure. Le chien de Charles fait ami-ami avec celui de Morgan, ainsi que son chat. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment Célestine, la dame si distinguée du château, va vivre ici dans un 100 m2 avec Charles en plus.

J’ai eu le malheur de faire cette réflexion à haute voix et son rire cristallin en cascade m’a remis en place.

— Mais enfin Marie-Sophie, comment m’imaginiez-vous ? Le château appartenait à mon mari décédé. Je n’ai jamais été une châtelaine. Demandez donc à Morgan.

Je ne m’y suis pas risquée. Mélusine m’a glissé à l’oreille que j’avais trop d’idées bien arrêtées.

Archibald est revenu. Il faut que je lui parle. Dès son arrivée, il vient m’embrasser et me serre dans ses bras.

— Attends un peu toi ! Tu me caches des trucs et je veux savoir quoi !

Il se met à rire.

— Moi, te cacher des choses ? Comment oserais-je ?

Je le bouscule. Il rit de plus belle. Mélusine à son tour arrive dans la cuisine et le taquine, Enzo se jette contre lui. Son parrain l’attrape et le fait tournoyer. Le petit garçon pousse des cris de joie.

S’il n’était pas mon meilleur ami, je craquerais bien pour Archibald. Il est beau, il est gentil, il…

— À quoi tu penses ?

Il est devant moi et me fixe.

— Je me disais que si tu n’étais pas mon meilleur ami, tu pourrais devenir mon amoureux.

Il s’étrangle alors que Mélusine éclate de rire.

— C’est quoi un namoureux ? demande Enzo toujours dans les bras de son parrain.

— C’est quelqu’un qu’on aime beaucoup, répond sa mère.

— Alors tu es mon namoureux et toi aussi et toi aussi.

Enzo nous désigne tour à tour puis descend des bras d’Archibald. Le petit bonhomme me regarde et demande innocemment ?

— Morgan aussi est ton namoureux ?

Évidemment, c’est à moment là qu’il arrive. Je rougis comme une pivoine alors que le chenapan se pend au cou du nouveau venu. Il clame :

— Tu veux être le namoureux de marraine ?

— On dit amoureux, le reprend Morgan, le plus sérieusement du monde.

— Alors tu veux être amoureux de MarieSophe ?

Mélusine est morte de rire, Archibald lui serre la main et moi… je remue la tête dans tous les sens et lève les yeux au ciel. Mais je n’en oublie pas pour autant ma requête et redemande le plus sérieusement du monde :

— Alors Archi, il parait que tu vas t’installer ici ?

Mélusine et Morgan lèvent les mains en faisant non de la tête. Je les apostrophe :

— Quoi ? C’est un secret.

— En fait…

Archibald se rapproche de moi, m’entoure les épaules et se fait cajoleur. Je n’aime pas ça du tout, ça sent l’entourloupe à plein nez.

— Peut-être… mais il faudrait que tu acceptes de vendre le pain.

Stupéfaite, j’ouvre mes yeux en grand, mais ne dis rien. J’attends.

Archibald se lance.

— Il y a un local à louer au village et comme il n’y a pas de boulangerie…

— Et ton matériel ? Tu n’as rien ici.

— Je vais me renseigner t’inquiète. Mais si je me lance, je veux que tu fasses partie de l’aventure. Tu ne vas pas rester sans rien faire, avec Mélusine on a pensé que ce serait chouette que tu sois derrière le comptoir.

— Moi vendeuse ? Je n’ai jamais fait ça !

— Et alors, tu débrouilleras très bien, dit Mélusine.

— D’autant plus que lorsque tu faisais les marchés avec moi, tout se passait bien.

Morgan me regarde, le sourire en coin.

— Tu es d’accord ? demande Archibald plein d’espoir.

Il ressemble à un gamin devant un cadeau de Noël.

— Tu vas abandonner tout ce que tu as créé pour tout recommencer ici ?

— Je le laisse à mon employé. Ce n’est pas comme si je vendais tout. Et puis, si je ne le fais pas aujourd’hui, je ne le ferais jamais.

— Tu fais ça pour moi ?

Je ne peux pas y croire. Il doit y avoir une autre raison. Pourtant, il acquiesce.

— Oui je n’arrive pas à me faire à l’idée d’être séparé de Mélusine et toi. Et puis, il y a Enzo maintenant. J’ai envie de le voir grandir ce petit bonhomme.

— Où vas-tu habiter ?

Ma maison est vaste, la vie en communauté ne me dérange pas, ce serait trop beau si Archibald venait avec nous.

Il élude la question.

— Je vais y réfléchir, une chose à la fois.

Revoilà les trois mousquetaires. Mélusine tend la main, Archibald la saisit et prend la mienne. Morgan nous regarde alors que Enzo tape des mains.

À très vite…

Des projets pour Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

L’histoire de Marie-Sophie continue pour mon plus grand bonheur à moi 😉

Je ne pensais pas que mon déménagement se passerait si bien et aussi vite. Chaque objet a trouvé sa place et j’ai l’impression que cette maison m’attendait et était faite pour moi.

Mélusine et Enzo semblent être du même avis. Ils se sont adaptés à cette nouvelle vie sans problème. Mon amie s’est rapidement créé un réseau sa boutique en ligne. Je suis scotchée par son humeur joyeuse et sa capacité à envisager toujours la vie du bon côté.

Au village, il n’y a pas de crèche, il faut parcourir une dizaine de kilomètres. Elle aimerait qu’Enzo connaisse d’autres enfants, alors elle s’est renseignée à la mairie pour savoir si des mamans étaient dans le même cas. Elle a eu la chance de trouver trois familles, dont un papa célibataire et veuf. Lorsque j’ai souri à cette nouvelle, elle a aussitôt levé la main :

— Stop MarieSophe ! Pas de plan sur la comète. Je suis très bien toute seule.

J’ai tiré un trait sur mes lèvres. Morgan est arrivé à ce moment-là et Mélusine lui a demandé s’il connaissait ces familles.

— Tout le monde se côtoie ici, tu sais.

Mélusine me regarde.

— Tu as bien une formation pour t’occuper des enfants, MarieSophe ?

— Oui, mais si tu penses à créer une petite structure d’accueil, il va te falloir d’autres agréments et…

— On pourrait juste se rencontrer une fois par semaine pour démarrer.

— Pourquoi ne pas faire une association alors ? Suggère Morgan.

— Avec les statuts et tout le tintouin ? Commençons d’abord par voir comment ça se passe. J’ai le nom des familles et leurs coordonnées.

— Tu les trouveras facilement, ils travaillent chez eux. Ici, Madeleine a un métier à tisser, son mari est potier. François tient une table d’hôtes et c’est lui qui cuisine. Je crois qu’il a engagé une assistante maternelle pour son gamin. Julia et Gérard gavent des canards. Je pense qu’Enzo est le plus jeune de tous ces enfants. Je peux te conduire chez eux si tu veux quand tu l’auras décidé.

Mélusine se tourne à nouveau vers moi.

— Tu leur proposeras des petites activités ?

Je hausse les épaules.

— Mais oui je trouverais bien de quoi les amuser. Les enfants, ça a toujours été mon truc.

— Alors je m’occupe de tout ça. Dès que j’ai besoin de toi, je t’appelle.

Elle disparait.

— Tu veux un café ?

Le tutoiement entre Morgan et moi est venu naturellement. Nous nous voyons tous les jours, c’est lui qui passe chez nous. Je n’ai pas encore osé faire la même chose alors que Mélusine et Enzo ne se gênent pas.

Il accepte.

— J’ai peut-être un truc pour Archibald !

Surprise, je l’interroge du regard.

— Le boulanger du village voisin va prendre sa retraite. C’est lui qui nous livre ici.

— Archibald ne quittera jamais sa boutique. Il a tout créé de ses mains. Il a formé son personnel. Il connait tout le monde, il ne va pas tout recommencer.

Morgan sourit et ne répond pas.

— Quoi ? Tu sais quelque chose ?

Vous complotez tous les deux derrière mon dos ?

Morgan éclate de rire, pose sa tasse.

— Merci pour le café. Je vais au village. Tu n’as besoin de rien ?

Je fais non de la tête.

Il s’en va.

— Quand vas-tu te décider à lui dire que tu en pinces pour lui MarieSophe ?

Mélusine, Enzo dans les bras, me regarde malicieusement.

J’élude la question et lui réponds par une autre :

— Tu es courant de ce que mijote Archibald ?

À très vite…

Marie-Sophie s’installe

Bonjour toi 😉

Je partage la suite de Marie-Sophie…

Le camion de déménagement est reparti et mes meubles ont pris leur place. La maison est spacieuse et je m’y sens bien. J’ai l’impression immédiate que j’ai trouvé mon chez-moi.

Morgan est venu nous aider. Il m’a saluée comme si de rien n’était et que nous nous étions quittés la veille. Enzo et lui ont fait ami-ami aussitôt. Mélusine l’a embrassé puis s’est affairée à ranger son bazar dans la pièce qu’elle s’était choisie.

Je me pose et regarde autour de moi. Morgan s’approche. Il avait apporté du miel. La fenêtre de la cuisine est ouverte et j’entends les oiseaux chanter. Le parfum de la nature m’envahit.

— Je fais chauffer de l’eau pour un thé ? Tu as ça dans tes placards ?

Mélusine qui apparait comme par magie ouvre une porte et lui désigne la boite. Il s’active sans dire un mot.

Mon amie s’approche de moi, son fils dans les bras. Il suce sa tétine et ne va pas tarder à s’endormir.

— Tu as tout ce qu’il te faut pour sa chambre, m’inquiétais-je ?

— Du moment qu’il a son doudou, tout va bien, me rassura-t-elle.

— Tu ne regrettes rien ?

— Du tout.

— Même pas Archibald ?

Elle éluda la question et répondit :

— Je vais coucher Enzo.

J’entendis l’eau qui tremblotait dans la bouilloire, Morgan qui attrapait les mugs et touillait le miel. Je ne le regardais pas, mais tous les bruits me parvenaient comme au ralenti. Je le sentis s’approcher de moi. Je me tournais vers lui, il me tendit ma tasse.

— Nous fêterons votre arrivée plus dignement plus tard.

Toujours ce vouvoiement qui mettait une barrière entre nous. Ses yeux ne me lâchaient pas.

— Merci.

Mélusine revenait. Elle prit le mug préparé pour elle sur la table et se joignit à nous. C’est ainsi que nous découvrirent Célestine et Charles.

— Alors ?

Charles s’approcha de moi et m’embrassa.

— Bien installée ?

Il fixa sur la tasse et haussa les sourcils.

— De l’eau chaude ? Tu n’as rien de mieux à offrir mon garçon ?

Morgan sourit.

— Plus tard.

Mais Charles ne voulut rien savoir. Il se tourna vers Célestine.

— Vous ne dites rien à votre fils ? Vous n’êtes pas d’accord ?

Ils m’attendrissaient tous les deux. Elle distinguée dans sa robe parme et ses petites chaussures assorties, lui avec sa salopette en jeans et sa chemise à carreaux. J’entendis pour la première fois sa voix, douce comme une caresse.

— Morgan ?

Je contemplais la mère et le fils et je compris en un instant l’amour qui les unissait et le respect qu’ils avaient l’un pour l’autre.

Il s’inclina, s’excusa et repartit vers sa maison.

— Ne t’inquiète pas, petite, il n’a pas loin à aller.

Charles avait posé sa main sur mon épaule. Mélusine s’approcha de moi et passa un bras autour de ma taille. C’est alors qu’un bruit de voiture retentit.

J’entendis Morgan parler. Je sentis que Charles pressait davantage mon épaule et Mélusine se dégager puis me prendre la main. Morgan n’était pas seul, il discutait avec quelqu’un.

Je les vis apparaitre tous les deux au fond de mon jardin, ils poussèrent le portail en bois.

— Regardez qui j’ai trouvé !

Archibald tout sourire me tendait les bras.

— Tu n’as quand même pas imaginé que tu allais partir sans m’embrasser ?

Stupéfaite, je me laissais câliner par mon meilleur ami.

— Alors ? On l’a boit, cette bouteille. Tu as bien des verres quelque part, petite ?

A très vite…

Marie-Sophie, Un nouveau départ (suite)

Bonjour toi 😉

Je suis certaine que tu attendais la suite de Marie-Sophie 😉. La voici 👇

Effectivement, Morgan était le fils de Célestine. Comment aurais-je pu le savoir ?

Alors Marie-Sophie, comme dirait Mélusine Si tu avais demandé son nom de famille, tu aurais fait le rapprochement.

Et bien non ma vieille, je ne l’aurais pas fait, tout simplement parce que je ne connaissais pas le nom de Célestine, l’amie de pépé Charles.

Je me suis trouvée bête et je suis restée un long moment la feuille à la main. Lorsque j’ai enfin réalisé, j’ai couru retrouver Charles qui m’a accueillie d’un sévère Tu en as mis du temps !

J’ai roumégué et j’ai même eu le culot de lui demander pourquoi il ne m’avait rien dit. Il a haussé les épaules et a répondu À ton avis ?

Je suis repartie tête basse chez moi et j’ai appelé Mélusine. Mon amie s’est esclaffée. Elle était au courant. J’ai imaginé qu’Archibald était au parfum lui aussi et ça m’a été confirmé rapidement par Mélusine qui m’a avoué que tous les deux s’en voulaient de me cacher ça. J’étais vraiment mal apparemment !

Résultat des courses, tout s’est enchainé très vite. La maison de mes parents s’est vendue illico presto et j’ai commencé à réfléchir. Oui ça m’arrive.

Je ne pouvais pas rester à côté et voir de nouvelles personnes envahir l’endroit où j’avais grandi était au-dessus de mes forces. C’est encore Mélusine qui m’a soufflé l’idée de partir rejoindre Morgan. J’ai rétorqué aussitôt :

— Tu en as de bonnes toi ! ça ne te ferait rien que je m’en aille toute seule, que je t’abandonne Enzo et toi. Quant à Archibald tu y as pensé ? Nous n’avons jamais été séparés nous trois.

Sa réponse m’avait scotchée.

— Qui te dit que je ne veux pas partir avec toi ? Tu n’as qu’un mot à prononcer et j’emballe mes rubans, mes tissus et mes boutons et je te suis. Enzo sera ravi. Il ne va pas encore à l’école, il se créera des copains n’importe où.

— Mais tes clients ?

— Je m’en ferais d’autres.

Elle balaya d’un revers de main toutes mes réflexions.

— Alors ?

Voilà comment je me retrouve aujourd’hui à terminer ma valise. Ma maison est vide. Je regarde avec mélancolie mes pièces démunies. Qu’est-ce que ça résonne ! Il n’y a plus que les murs, l’âme de la bâtisse s’en va avec moi.

C’est Morgan qui a trouvé l’endroit de mes rêves. Caché derrière la sienne, je ne l’avais jamais vu, mais lui, il savait que c’était à vendre et en bon état. Quelques coups de peinture et un rafraichissement global des pièces suffiraient pour que je puisse m’installer rapidement.

Je n’ai pas compris comment Mélusine s’était débrouillée, mais elle a réussi à garder sa clientèle d’ici. Avec les réseaux sociaux et sa boutique en ligne, elle a déjà préparé le terrain. Bien sûr, ses habituées ont tiré un peu la tête, parce qu’elles ne pourront plus venir bavarder avec elle, mais Mélusine a su les rassurer. Elles papoteraient autrement et ce ne serait pas vraiment du virtuel puisqu’elles se connaissaient.

Là où le bât blesse, c’est Archibald. Il a accueilli la nouvelle sans broncher. Il perd pourtant ses deux amies d’un coup ainsi que son filleul. Si Mélusine pouvait facilement vendre ses tissus en ligne, je voyais mal Archibald faire de même avec son pain.

Quant à Charles, il est ravi de la situation parce qu’il va lui aussi, quitter sa maison et venir habiter avec Célestine dans la petite chaumière que Morgan gardait comme chambre d’hôtes.

Il s’est séparé de son bric-à-brac sans un remords. Le fait de me suivre lui fait tellement chaud au cœur qu’il balaie lui aussi d’un revers de main tout ce qu’il a vécu dans sa maison. Je l’admire. À son âge, il repart à zéro et sans aucun état d’âme. Je ne sais pas s’il m’aurait suivie si Célestine était restée ici. Je n’ai pas osé lui poser la question. J’imagine quand même assez mal la chaumière envahie par Charles et son bricolage. J’espère sincèrement qu’il s’adaptera facilement et qu’il ne regrettra pas son choix.

Parfois, je me dis que tout ça est trop beau pour être vrai. J’ai quand même payé le prix fort. Je n’ai plus de travail et je me demande comment je vais faire. J’aurais pu garder le télétravail, mais mon chef souhaitait que je passe au moins deux jours par semaine au bureau. La séparation s’est toutefois bien déroulée, mais je me retrouve sans boulot, sans mari, sans enfant à plus de trente ans.

Mélusine, avec son optimisme à rude épreuve, me serine que Morgan n’attend qu’un mot de moi pour qu’il devienne mon homme. Je ne suis pas prête parce qu’il y a un truc dont je ne vous ai pas parlé, c’est Gabriel. Il serait ravi d’être comparé à un truc.

J’ai le cœur en vrac quand j’y pense. Il habite toujours en face de chez moi. Lorsqu’il a appris que maison était en vente, il a accouru, catastrophé.

Quand je repense à ce moment, j’en ai encore le cœur qui bat la chamade. Il m’avait prise aussitôt dans ses bras et m’avait murmuré à l’oreille qu’il m’aimait. Sa bouche s’était égarée sur mes lèvres et moi, je ne savais plus quoi faire. Pourquoi me disait-il ça maintenant ? Pourquoi l’avais-je laissé faire ? Parce que sa bouche était douce, que son parfum m’enivrait, et que… j’avoue, ça me faisait du bien. Enfin, un homme m’aimait, moi, Marie-Sophie.

Je n’en ai parlé à personne. Mélusine et Archibald ne savent rien. Gabriel a promis qu’il viendrait me rendre visite et qu’il attendrait le temps qu’il faudrait. Je n’ai pas eu le courage de le détromper, mais au moment où il me disait ça, j’ai revu le visage de Morgan. Je me suis détestée aussitôt. J’aurais dû lui avouer, mais je me suis tue. Pourquoi ? L’idée que Morgan ne souhaitait pas construire sa vie avec moi m’a effleurée et… qu’ai-je imaginé alors ? Que j’avais Gabriel en réserve. Je ne suis pas fière de moi.

— Tu es prête ?

Mélusine et Enzo m’attendent. Tout à mes pensées, je ne les ai pas entendus arriver. Mon filleul se jette dans mes bras. Je ferme ma valise. Le camion de déménagement est déjà en route. Ce soir, je serais dans ma nouvelle maison. Archibald n’est pas venu nous dire au revoir.

À très vite…

Marie-Sophie, un nouveau départ

Bonjour toi 😉

Je te propose aujourd’hui la suite de Marie-Sophie. N’hésite pas à te replonger dans son histoire ici, tu as le dernier épisode.

Il s’en est passé des choses depuis le jour où Mélusine m’a appris qu’elle était enceinte d’un petit Enzo.

Je contemple la photo du bébé que je range soigneusement dans ma valise. Déjà un an ! Il galope le petit père. J’en suis complètement dingue de ce gamin et il me le rend bien.

Je me penche à la fenêtre et regarde le camion de déménagement qui s’arrête devant l’ancienne maison de mes parents.

Ils m’ont quittée tous les deux dans un accident de voiture. C’était juste avant la naissance de mon filleul. Si bien que j’ai oscillé entre tristesse et joie pendant des mois. J’ai mis du temps à accepter que je ne les verrai plus jamais, que maman ne débarquerait plus dans ma cuisine pour m’inviter à venir déjeuner chez eux. Je ne l’entendrais plus me faire des réflexions sur mon célibat prolongé. Que j’ai pu la détester quand elle me faisait la morale !

Aujourd’hui, j’aimerais bien qu’elle arrive et qu’elle me fasse remarquer qu’ils n’étaient plus tout jeunes et qu’ils souhaiteraient bien connaître leur petit garçon ou petite fille avant qu’ils ne soient trop vieux pour pouvoir s’en occuper. Là où vous êtes, vous devez bien rigoler. Vous ne l’auriez pas connu de toute façon, je suis toujours célibataire.

La vente de leur maison avec tout ce que ça implique m’a détruite. Même si mes amis ont tout fait pour m’aider, m’épauler et m’accompagner dans cette douleur intolérable, j’ai sombré.

Je suis devenue un zombie qui travaillait en visioconférence.

Heureusement, Enzo est né et grâce à lui, j’ai remonté la pente. Mélusine me l’amenait régulièrement chez moi et je me suis prise au jeu de ce bébé qui me faisait des sourires, baragouinait des areu à tout va. Je lui avais fait découvrir le chocolat. J’avais éclaté de rire quand il avait grimacé au départ, puis il avait rattrapé ma main pour en avoir davantage. Mélusine me faisait les gros yeux, mais elle me voyait tellement heureuse face à son fils qui me redonnait le sourire, qu’elle m’a juste dit de ne pas abuser.

Je n’aurais jamais cru que la vie pouvait me faire autant de cadeaux.

Un jour que Charles était dans ma cuisine (il était venu comme à son habitude partager avec moi son déjeuner qui avait mijoté toute la matinée) il m’annonça que Célestine, la dame qu’il voyait régulièrement le dimanche après la messe, partait rejoindre son fils au Pays basque pour quelque temps. Charles allait l’accompagner.

Stupéfaite, j’avais bégayé alors que nous terminions notre café.

— Tu vas quitter ta maison ? Toi ?

Il avait souri et avait posé ses coudes sur ma table.

— Oui ma petite ! Je t’ai répété des millions de fois qu’il fallait profiter de la vie et saisir le bonheur dès qu’il se présentait.

Je n’ai pas compris ce qu’il voulait me dire.

— Tu m’abandonnes en fait ?

Il haussa les épaules.

— Ce n’est que quelques jours et j’emmène mon chien.

Il se tut quelques instants et me regardant droit dans les yeux, il dit :

— Le fils de Célestine a de la place. Il a des animaux et s’occupe même des abeilles. Je crois qu’il a une vache et des biquettes. Alors, un chien de plus ne fera pas la différence.

— Et ta Célestine aime les bêtes ? Son fils n’est pas comme elle apparemment. Il n’a jamais habité dans son château ? Ce n’est peut-être pas son truc, je rajoutais, pensive.

— Détrompe-toi, il est déjà venu, il y a quelque temps. Il s’est même attardé chez moi. Nous avons fait connaissance.

— Je ne l’ai jamais vu.

Charles ne répondit pas et se leva. Alors qu’il avait ouvert la porte, il se retourna vers moi, fouilla dans ses poches, posa sur l’étagère près de lui, une publicité et sans rien dire de plus s’en alla.

Intriguée, je saisis la feuille et n’en crus pas mes yeux. J’avais face à moi, le visage de Morgan. C’était lui le fils de Célestine ?

La suite, la semaine prochaine 😂.

see you soonish
À très vite…

La maison de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉. C’est vendredi et c’est le jour du bavardage avec mes personnages.

Tu te souviens du jour où Marie-Sophie était venue m’interrompre et me demander de lui laisser la place ? Tu peux le relire si tu veux ici, histoire de te rafraichir la mémoire 😉.

Marie-Sophie n’était pas contente de la maison que je lui avais choisie. Elle préférait quitter sa ville et s’installer non loin de Morgan.

— Regarde un peu, Marie-Sophie, ce que j’ai trouvé pour écrire la suite.

Pour le coup, je lui ai coupé le sifflet. Je ne sais pas si c’est parce qu’elle aime ou si c’est parce qu’elle ne s’y attendait pas.

En tout cas, ma plume adore ce beau décor et je sais déjà les histoires qui vont en découler, même si auparavant, Marie-Sophie va devoir quitter ses amis…

— Qu’en dis-tu ? Pourquoi te caches-tu ?

Elle ne me répond pas. C’est plutôt un monologue que je fais finalement.

— Normal, c’est toi l’auteur.

Elle accepte enfin de me répondre.

— Oui, j’aime bien cette maison, le jardin et la cuisine. Tu m’as gâtée. Je me demande bien ce qu’il va m’arriver comme aventure. Tu sais quand même que je ne veux pas laisser Charles tout seul. Il est âgé et n’a personne pour s’occuper de lui.

— Faux, il a Célestine qu’il rencontre tous les dimanches. Tu ne devineras jamais qui est-elle vraiment. Et pourquoi Charles ne restera pas seul très longtemps.

— Tu ne veux pas m’en dire plus ? s’impatiente Marie-Sophie.

— Non, laisse-moi écrire l’histoire. Je te connais, tu vas venir mettre ton grain de sel et je vais encore devoir changer mes plans.

— Pas la peine de faire ta charmeuse… Je ne dirai rien. D’ailleurs, tu en sais assez pour aujourd’hui.

Voilà comment je procède pour stimuler mon imagination pour planter le décor chez mes personnages.

Qu’en penses-tu ? N’est-elle pas belle la nouvelle maison de Marie-Sophie ?

Je te retrouve bientôt pour la suite de Marie-Sophie.

you got it boss
A très vite…

Bavardages

Bonjour toi 😉

Il m’est arrivé un truc bizarre aujourd’hui. Figure-toi qu’un de mes personnages, en l’occurrence Marie-Sophie, s’est mise à bavarder avec moi et j’avoue, j’en ai pris pour mon grade.

Petit rappel : Marie-Sophie a la trentaine. Elle est rouquine, a des tâches de rousseur, est assistante de direction dans un centre de formation.

— Pourquoi tu ne parles plus de moi ?

La question me prend par surprise et je me demande qui me parle.

— Ce n’est pas la peine de faire celle qui ne comprend pas, m’apostrophe-t-elle. Donne-moi la parole dans ton blog, j’en ai des choses à dire.

Je me demande bien ce qu’elle va vous raconter mais je la laisse faire.

— Pourquoi tu ne dis pas que je n’ai plus mes parents (ça commence fort ! ). Tu n’en parles presque jamais dans mes histoires. Tu racontes qu’il habitent à côté de chez moi et puis d’un coup, ils sont partis en voyage. Pourquoi n’as-tu pas dit qu’ils étaient morts ? C’est trop difficile à écrire ?

Je reste sans voix. Je n’aime pas parler de la mort dans mes histoires et…

— Faux ! Dans l’histoire de Muguette, tu as bien fait mourir son père quand elle était toute petite. D’ailleurs, la scène est très bien écrite et m’a arraché des larmes soit dit en passant.

C’est qu’elle n’est pas contente Marie-Sophie, je pourrais croire qu’elle existe vraiment.

— Mais j’existe. Tu m’as créée. Je parle, je respire, je mange, je dors, j’aime aussi. D’ailleurs, parlons-en de mes amours (aie ! je le sens mal et j’ai bien envie de me boucher les oreilles) et ne fais pas cette tête. Pourquoi me fais-tu tomber amoureuse d’un médecin ? Je préfère et de loin, celui qui vit à la campagne avec son miel et ses abeilles. D’ailleurs, je ne sais pas si tu t’es rendu compte que j’avais tout quitté sur un coup de tête parce que ça ne me convenait pas du tout. J’ai été ravie de voir que tu n’effaçais rien et continuais dans ce sens. N’est-ce pas ce que tu aimes toi aussi ? Ne triche pas, je te connais bien plus que tu ne le crois. Pourquoi m’inventes-tu une histoire que tu n’aimes pas vraiment ? Avoue que c’est plus facile de m’installer à la campagne, avec des vaches, un chien, dans une maison très cosy, où je ferai du télétravail, à moins que tu aies la merveilleuse idée de me trouver un autre travail.

Moi, qui ne comprend rien !

Me serais-je complètement trompée en écrivant l’histoire de Marie-Sophie ? Me serais-je laissée tentée par une histoire facile mais qui ne ressemble pas du tout à ce qu’elle vit vraiment ? L’aurai-je trop édulcorée ? Aurais-je trop mis de romance à l’eau de rose ?

Marie-Sophie contente de moi !

— Ah tu commences à comprendre ce que je veux ? (J’opine du chef même si je ne suis pas certaine qu’elle me voit, parce que mine de rien, Marie-Sophie est dans ma tête, hein, tu l’avais bien compris, c’est un truc de fou !). Alors tu vas m’arranger mon histoire et me faire une maison comme j’aime, je te donnerais mes idées ne t’inquiète pas, (évidemment, elle a capté mon haussement de sourcils) et fais en sorte que je quitte l’endroit où j’habite.

Moi, en mode incompréhension.

Je pense alors à ses amis, au grand-père qui…

— Tu ne vas abandonner personne, je sais que tu as déjà une idée pour que mes amis ne me quittent pas. Je compte sur toi. Après tout, c’est toi l’auteur.

Et Pfff Marie-Sophie m’a quittée. Je suis allée chercher le cahier qui lui est destiné et j’ai commencé à noter mes idées. Je vois très bien sa nouvelle maison et elle avait raison concernant son voisin, Charles, qu’elle voit comme son grand-père, je sais bien qu’elle ne l’abandonnera pas.

Concernant ses amis, j’ai bien une petite idée pour son amie Mélusine mais pour Archibald, ça va être plus compliqué.

Je te retrouve avec l’histoire de Marie-Sophie dans un prochain article.

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À très vite

Voeux

Bonjour Vous ! Moi c’est Muguette, Mug pour les intimes 😉Bonne année à vous les amis et croquez la vie comme moi !

Bonjour ! moi, c’est Marie-Sophie, MarieSophe pour les amis. Je vous souhaite que du bonheur pour 2021 et à moi de belles aventures !

Moi c’est La Plume 😊 Belle Année à vous 💖 Amour, santé, bonheur, joie, sourires 😊.

Bon mois de janvier aussi 😊 que vais-je écrire sur lui ? 😉

A bientôt …😍