Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

Pour célébrer ce mois de mai, je partage ces Haïkus de ma composition.

Cerisiers en fleurs
Seul un banc abandonné
Parfum entêtant

Beauté d'un jardin
Un portail de bois ouvert
Au loin la maison

Brouette fleurie
Parfums et couleurs mêlés
Je suis apaisée
La glycine en fleurs
Marguerites en bouquets
Fleurs rouges Amour


© Isabelle-Marie d’Angèle - Mai 2022

À très vite…

Je dis Poésie – Mai

Bonjour toi 😉.

Une fois de plus, j’ai griffonné quelques vers pour saluer le mois de Mai qui pour une fois sous ma plume s’est rebiffé 😉.

Salut, joli mois de Mai
Alors, on fait ce qu’il te plait ? 
Ah non, ça ne va pas recommencer
Avec ce En mai, fais ce qu’il te plait !
J’en ai assez !

Mai se rebiffe !
C’est comme une gifle.
Est-ce lui qui renifle ? 
Sûr que c’est pas le merle qui siffle
Mai est agressif.

Il a décidé
De faire ce qu’il lui plait. 
Ah ça ne va pas recommencer
Cesser de, les choses me dicter,
Vous me faites pleurer. 

Assez de ce soleil
Qui vous fait une couleur de miel. 
Regardez les abeilles
Mai ou pas Mai traditionnel
Elles restent opérationnelles. 

Mais, joli mois de mai
Je te connais,
Tu ne peux pas abandonner
Après toi, arrive l’été
Et les beaux jours tu promets. 

Ne fais pas ta mauvaise tête
Même si ton cœur n’est pas à la fête
Mène l’enquête
Pas de tempête,
Mai, tu es la vedette. 

Pars à la conquête
Mets ta Jacquette
Fais des claquettes
Et des courbettes
Bonjour Mai Starlette. 

Ça y est, tu as gagné
Je suis à tes pieds
Foi de Mai,
Ne viens pas grogner
Ni frissonner.

Je fais ce que je peux
Pas toujours ce que je veux
Pour t’en mettre plein les yeux
Avec un ciel pas toujours bleu
Essaie de rester joyeux. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Mai 2022)




À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

J’aime beaucoup Alphonse de Lamartine (1790 – 1869), je partage aujourd’hui Le moulin au printemps .

Le chaume et la mousse
Verdissent les toits
La colombe y glousse,
L’hirondelle y boit.

Le bras d’un platane
Et le lierre épais
Couvrent la cabane
D’une ombre de paix.

La rosée en pluie
Brille à tout rameau
Le rayon essuie
La poussière d’eau .

Le vent qui secoue
Les vergers flottants,
Fait de notre joue
Neiger le printemps.

Sous la feuille morte,
Le brun rossignol
Niche vers la porte,
Au niveau du sol.

L’enfant qui se penche
Voit dans le jasmin
Ses œufs sur la branche
Et retient sa main.


Et toi aimes-tu ce poète ?

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😏

C’est le jour de la poésie, clin d’œil à toutes les Odette dont c’était la fête… hier 😉.

Aujourd’hui, c’est sa fête 
À Odette.
J’enfile ma salopette
Branche mes oreillettes
C’est la fête
Chez Odette. 

Nous partons en goguette
Jouer aux coquettes
Avec ma jolie Casquette,
Vissée sur la tête, 
Je souhaite à Odette
Une belle fête. 

C’est parti pour la guinguette
Retrouvons les copinettes
Pierrette et Mariette
Et poussons la chansonnette
C’est la fête
Saperlipopette !

Ne fais pas la tête
C’est ta fête Odette,
Oublie ce pickpocket
Dans sa fourgonnette
Cet homme malhonnête
Qui te rend tristounette. 

Un jour, à ta maisonnette
Il viendra, foi de Paulette
T’apporter des gaufrettes
Et des savonnettes
Pour ta fête 
Ma belle Odette. 

Oublie cette historiette
Ce n’est pas ta fête 
C’était hier Odette
J’avoue, c’est bête 
Si j’avais mis mes lunettes
Saperlipopette !

Anselme, bonne Fête
C’est toi le pickpocket ?
L’ami d’Odette
Dont c’était hier la fête
Au fait, aimes-tu les coquillettes ? 
Elle adore ça Odette !

© Isabelle-Marie d’Angèle 
À très vite…

Jeudi Poésie

Bonjour toi 😏

Je te partage un poème qui parle de mon nouveau roman qui sera publié le 27 avril. J’ai jeté ces mots sur le papier et voilà ce que ça donne 😊.

Pendant quarante-cinq jours
J’ai écrit, relu et corrigé
Une romance encore et toujours
Terminée et bientôt publiée.

Au départ, un titre 
C’est à cause de la clé.
Je suis mon propre arbitre,
J’ai préféré en changer. 

Bientôt, je vous le dévoilerai
Ainsi que la couverture,
Et vous l’admirerez,
Elle est simple sans fioritures. 

Le résumé a changé,
Mais l’histoire est la même, 
Elle est retravaillée
Vous retrouverez Cléo et Arsène.

Au fil des chapitres, 
Se dévoilent des secrets
C’est de la dynamite !
Ils doivent exploser. 

Retenez le vingt-sept avril,
Date à laquelle
Même en espadrille,
Arrive la bonne nouvelle.


Ce nouveau roman
Version numérique, il paraîtra.
Ce sera alors le moment 
De lui tendre les bras.

Viendra la version papier
C’est ça l’autoédition
Seule à tout gérer
Avec mes crayons. 

Le plaisir d’écrire 
Ne me quitte pas. 
Ça vous fait sourire ? 
Une nouvelle histoire déjà ? 

Vous la connaissez celle-là,
Je vous l’ai partagée.
Elle n’en est qu’à ses premiers pas
Mais elle m’a happée et me plait. 

© Isabelle-Marie d’Angèle-Avril 2022.


À très vite…

Avril poésie

Bonjour toi 😏 je partage avec toi, une poésie écrite main levée.

Chez Ma ici le sujet de la semaine était Ne te découvre pas d’un fil. Je me suis amusée à prendre en photos mes bobines de fil et j’ai bafouillé une poésie.

Quel joyeux drille
Ce mois d’avril. 
Il annonce le printemps
Même si on claque des dents.

Ne te découvre pas d’un fil, 
C’est l’adage d’avril. 
Il a bien raison
Restons près du tison. 

Pourtant, les oiseaux chantent
Regarde pointer la menthe,
Et les boutons de Pivoine
Font la joie d’Antoine. 

C’est le mois d’Avril, 
On danse le quadrille. 
Il annonce l’été
Finies les contrariétés. 

Pour illustrer mon image,
Pas besoin de maquillage.
Ces bobines de fil
Représentent bien Avril. 

Ne te découvre pas,
Tu vas attraper froid.
N’oublie pas qu’en Avril
En fraîcheur, il est habile. 


© Isabelle-Marie d’Angèle – avril 2022

À très vite…

Jeudi Poésie

Bonjour toi 😉

Je partage avec toi un poème de Félix Arvers (1806-1850) poète et dramaturge français. Un poème écrit comme une histoire.

Ce qui peut arriver à tout le monde – Félix Arvers (Mes heures perdues -1833)

I

J'ai toujours voulu voir du pays, et la vie
Que mène un voyageur m'a toujours fait envie.
Je me suis dit cent fois qu'un demi-siècle entier
Dans le même logis, dans le même quartier ;
Que dix ans de travail, dix ans de patience
A lire les docteurs et creuser leur science,
Ne valent pas six mois par voie et par chemin,
Six mois de vie errante, un bâton à la main.
— Eh bien ! me voici prêt, ma valise est remplie ;
Où vais-je ! — En Italie. — Ah, fi donc ! l'Italie !
Voyage de badauds, de beaux fils à gants blancs.
Qui vont là par ennui, par ton, comme à Coblentz,
En poste, au grand galop, traversant Rome entière,
Et regardent ton ciel, Naples, par la portière.
— Mais ce que je veux, moi, voir avant de mourir,
Où je veux à souhait rêver, chanter, courir.
C'est l'Espagne, ô mon cœur ! c'est l'hôtesse des Maures,
Avec ses orangers et ses frais sycomores,
Ses fleuves, ses rochers à pic, et ses sentiers
Où s'entendent, la nuit, les chants des muletiers ;
L'Espagne d'autrefois, seul débris qui surnage
Du colosse englouti qui fut le moyen âge ;
L'Espagne et ses couvents, et ses vieilles cités
Toutes ceintes de murs que l'âge a respectés ;
Madrid. Léon, Burgos, Grenade et cette ville
Si belle, qu'il n'en est qu'une au monde. Séville !
La ville des amants, la ville des jaloux,
Fière du beau printemps de son ciel andalou,
Qui, sous ses longs arceaux de blanches colonnades,
S'endort comme une vierge, au bruit des sérénades.
Jusqu'à tant que pour moi le jour se soit levé
Où je pourrai te voir et baiser ton pavé,
Séville ! c'est au sein de cette autre patrie
Que je veux, mes amis, mettre, ma rêverie ;
C'est là que j'enverrai mon âme et chercherai
De doux récits d'amour que je vous redirai.

II

A Séville autrefois (pour la date il n'importe),
Près du Guadalquivir, la chronique rapporte
Qu'une dame vivait, qui passait saintement
Ses jours dans la prière et le recueillement :
Ses charmes avaient su captiver la tendresse
De l'alcade, et c'était, comme on dit, sa maîtresse ;
Ce qui n'empêchait pas que son nom fût cité
Comme un exemple à tous d'austère piété.
Car elle méditait souvent les évangiles,
Jeûnait exactement quatre-temps et vigiles.
Communiait à Pâque, et croyait fermement
Que c'est péché mortel d'avoir plus d'un amant
A la fois. Ainsi donc, en personne discrète.
Elle vivait au fond d'une obscure retraite,
Toute seule et n'ayant de gens dans sa maison
Qu'une duègne au-delà de l'arrière-saison,
Qu'on disait avoir eu, quand elle était jolie.
Ses erreurs de jeunesse, et ses jours de folie.
Voyant venir les ans, et les amans partir,
En femme raisonnable elle avait cru sentir
Qu'en son âme, un beau jour, était soudain venue
Une vocation jusqu'alors inconnue ;
Au monde, qui fuyait, elle avait dit adieu,
Et pour ses vieux péchés s'était vouée à Dieu.

Une fois, au milieu d'une de ces soirées
Que prodigue le ciel à ces douces contrées,
Le bras nonchalamment jeté sur son chevet,
Paquita (c'est le nom de la dame) rêvait :
Son œil s'était voilé, silencieux et triste ;
Et tout près d'elle, au pied du lit, sa camériste
Disait dévotement, un rosaire à la main,
Ses prières du soir dans le rite romain.
Voici que dans la rue, au pied de la fenêtre,
Un bruit se fit entendre ; elle crut reconnaître
Un pas d'homme, prêta l'oreille ; en ce moment
Une voix s'éleva qui chantait doucement :

« Merveille de l'Andalousie.
Étoile qu'un ange a choisie
Entre celles du firmament,
Ne me fuis pas ainsi ; demeure,
Si tu ne veux pas que je meure
De désespoir, en te nommant !

J'ai visité les Asturies,
Aguilar aux plaines fleuries,
Tordesillas aux vieux manoirs :
J'ai parcouru les deux Castilles.
Et j'ai bien vu sous les mantilles
De grands yeux et des sourcils noirs :

Mais, ô lumière de ma vie,
Dans Barcelone ou Ségovie,
Dans Gérone au ciel embaumé,
Dans la Navarre ou la Galice,
Je n'ai rien vu qui ne pâlisse
Devant les yeux qui m’ont charmé ! »

Quand la nuit est bien noire, et que toute la terre,
Comme de son manteau, se voile de mystère,
Vous est-il arrivé parfois, tout en rêvant,
D'ouïr des sons lointains apportés par le vent ?
Comme alors la musique est plus douce ! Il vous semble
Que le ciel a des voix qui se parlent ensemble,
Et que ce sont les saints qui commencent en chœur
Des chants qu'une autre voix achève dans le cœur.
— A ces sons imprévus, tout émue et saisie,
La dame osa lever un coin de jalousie
Avec précaution, et juste pour pouvoir
Découvrir qui c'était, mais sans se laisser voir.
En ce moment la lune éclatante et sereine
Parut au front des cieux comme une souveraine ;
A ses pâles rayons un regard avait lui,
Elle le reconnut, et dit : « C'est encor lui ! »
C'était don Gabriel, que par toute la ville
On disait le plus beau cavalier de Séville ;
Bien fait, de belle taille et de bonne façon ;
Intrépide écuyer et ferme sur l'arçon,
Guidant son andalou avec grâce et souplesse,
Et de plus gentilhomme et de haute noblesse ;
Ce que sachant très bien, et comme, en s'en allant,
Son bonhomme de père avait eu le talent
De lui laisser comptant ce qu'il faut de richesses
Pour payer la vertu de plus de cent duchesses,
Il allait tête haute, en homme intelligent
Du prix de la noblesse unie avec l'argent.
Mais quand le temps d'aimer, car enfin, quoi qu'on dit,
Il faut tous en passer par cette maladie,
Qui plus tôt, qui plus tard ; quand ce temps fut venu,
Et qu'un trouble arriva jusqu'alors inconnu,
Soudain il devint sombre : au fond de sa pensée
Une image de femme un jour était passée ;
Il la cherchait partout. Seul, il venait s'asseoir
Sous les arbres touffus d'Alameda, le soir.
A cette heure d'amour où la terre embrasée
Voit son sein rafraîchir sous des pleurs de rosée.
Un jour qu'il était là, triste, allant sans savoir
Où se portaient ses pas, et regardant sans voir,
Une femme passa : vision imprévue.
Qu'il reconnut soudain sans l'avoir jamais vue !
C'était la Paquita : c'était elle ! elle avait
Ces yeux qu'il lui voyait, la nuit, quand il rêvait.
Le souris, la démarche et la taille inclinée
De l'apparition qu'il avait devinée.
Il est de ces moments qui décident des jours
D'un homme ! Depuis lors il la suivait toujours,
Partout, et c'était lui dont la voix douce et tendre
Avait trouvé les chants qu'elle venait d'entendre.

III

Comment don Gabriel se fit aimer, comment
Il entra dans ce cœur tout plein d'un autre amant,
Je n'en parlerai pas, lecteur, ne sachant guère,
Depuis qu'on fait l'amour, de chose plus vulgaire ;
Donc, je vous en fais grâce, et dirai seulement,
Pour vous faire arriver plus vite au dénouement.
Que la dame à son tour. — car il n'est pas possible
Que femme à tant d'amour garde une âme insensible,
— Après avoir en vain rappelé sa vertu.
Avoir prié longtemps, et longtemps combattu.
N'y pouvant plus tenir, sans doute, et dominée
Par ce pouvoir secret qu'on nomme destinée,
Ne se contraignit plus, et cessa d'écouter
Un reste de remords qui voulait l'arrêter :
Si bien qu'un beau matin, au détour d'une allée,
Gabriel vit venir une duègne voilée,
D'un air mystérieux l'aborder en chemin,
Regarder autour d'elle, et lui prendre la main
En disant : « Une sage et discrète personne,
Que l'on ne peut nommer ici, mais qu'on soupçonne
Vous être bien connue et vous toucher de près,
Mon noble cavalier, me charge tout exprès
De vous faire savoir que toute la soirée
Elle reste au logis, et serait honorée
De pouvoir vous apprendre, elle-même, combien
A votre seigneurie elle voudrait de bien. »

Banquiers, agents de change, épiciers et notaires,
Percepteurs, contrôleurs, sous-chefs de ministères
Boutiquiers, électeurs, vous tous, grands et petits.
Dans les soins d'ici-bas lourdement abrutis,
N'est-il pas vrai pourtant que, dans cette matière,
Où s'agite en tous sens votre existence entière.
Vous n'avez pu flétrir votre âme, et la fermer
Si bien, qu'il n'y demeure un souvenir d'aimer ?
Oh ! qui ne s'est, au moins une fois dans sa vie,
D'une extase d'amour senti l'âme ravie !
Quel cœur, si desséché qu'il soit, et si glacé,
Vers un monde nouveau ne s'est point élancé ?
Quel homme n'a pas vu s'élever dans les nues
Des chœurs mystérieux de vierges demi-nues ;
Et lorsqu'il a senti tressaillir une main,
Et qu'une voix aimée a dit tout bas : « Demain »,
Oh ! qui n'a pas connu cette fièvre brûlante,
Ces imprécations à l'aiguille trop lente,
Et cette impatience à ne pouvoir tenir
En place, et comme un jour a de mal à finir !
— Hélas ! pourquoi faut-il que le ciel nous envie
Ces instants de bonheur, si rares dans la vie,
Et qu'une heure d'amour, trop prompte à s'effacer,
Soit si longue à venir, et si courte à passer !

Après un jour, après un siècle entier d'attente,
Gabriel, l'œil en feu, la gorge haletante,
Arrive ; on l'attendait. Il la vit, — et pensa
Mourir dans le baiser dont elle l'embrassa.

IV

La nature parfois a d'étranges mystères !

V

Derrière le satin des rideaux solitaires
Que s'est-il donc passé d'inouï ? Je ne sais :
On entend des soupirs péniblement poussés.
Et soudain Paquita s'écriant : « Honte et rage !
Sainte mère de Dieu ! c'est ainsi qu'on m'outrage !
Quoi ! ces yeux, cette bouche et cette gorge-là,
N'ont de ce beau seigneur obtenu que cela !
Il vient dire qu'il m'aime ! et quand je m'abandonne
Aux serments qu'il me fait, grand Dieu ! que je me donne,
Que je risque pour lui mon âme, et je la mets
En passe d'être un jour damnée à tout jamais,
'Voilà ma récompense ! Ah ! pour que tu réveilles
Ce corps tout épuisé de luxure et de veilles,
Ma pauvre Paquita, tu n'es pas belle assez !
Car, ne m'abusez pas, maintenant je le sais.
Sorti d'un autre lit, vous venez dans le nôtre
Porter des bras meurtris sous les baisers d'une autre :
Elle doit s'estimer heureuse, Dieu merci.
De vous avoir pu mettre en l'état que voici.
Celle-là ! car sans doute elle est belle, et je pense
Qu'elle est femme à valoir qu'on se mette en dépense !
Je voudrais la connaître, et lui demanderais
De m'enseigner un peu ses merveilleux secrets.
Au moins, vous n'avez pas si peu d'intelligence
De croire que ceci restera sans vengeance.
Mon illustre seigneur ! Ah ! l'aimable roué !
Vous apprendrez à qui vous vous êtes joué !
Çà, vite en bas du lit, qu'on s'habille, et qu'on sorte !
Certes, j'espère bien vous traiter de la sorte
Que vous me connaissiez, et de quel châtiment
La Paquita punit l'outrage d'un amant ! »

Elle parlait ainsi lorsque, tout effarée,
La suivante accourut : « A la porte d'entrée,
L'alcade et trois amis, qu'il amenait souper,
Dit-elle, sont en bas qui viennent de frapper !
— Bien ! dit la Paquita ; c'est le ciel qui l'envoie !
— Ah ! señora ! pour vous, gardez que l'on me voie !
— Au contraire, dit l'autre. Allez ouvrir ! merci.
Mon Dieu ; je t'appelais, Vengeance ; te voici ! »
Et sitôt que la duègne en bas fut descendue,
La dame de crier : « A moi ! je suis perdue !
Au viol ! je me meurs ! au secours ! au secours !
Au meurtre ! à l'assassin ! Ah ! mon seigneur, accours ! »
Tout en disant cela, furieuse, éperdue,
Au cou de Gabriel elle s'était pendue.
Le serrait avec rage, et semblait repousser
Ses deux bras qu'elle avait contraints à l'embrasser ;
Et lui, troublé, la tête encor tout étourdie,
Se prêtait à ce jeu d'horrible comédie,
Sans deviner, hélas ! que, pour son châtiment,
C'était faire un prétexte et servir d'instrument !

L'alcade cependant, à ces cris de détresse,
Accourt en toute hâte auprès de sa maîtresse :
« Seigneur ! c'est le bon Dieu qui vous amène ici ;
Vengez-vous, vengez-moi ! Cet homme que voici,
Pour me déshonorer, ce soir, dans ma demeure...
— Femme, n'achevez pas, dit l'alcade ; qu'il meure !
— Qu'il meure ; reprit-elle. — Oui ; mais je ne veux pas
Lui taire de ma main un si noble trépas ;
Çà, messieurs, qu'on l'emmène, et que chacun pâlisse
En sachant à la fois le crime et le supplice ! »
Gabriel, cependant, s'étant un peu remis.
Tenta de résister ; mais pour quatre ennemis,
Hélas ! il était seul, et sa valeur trompée
Demanda vainement secours à son épée ;
Elle s'était brisée en sa main : il fallut
Se rendre, et se soumettre à tout ce qu'on voulut.

Devant la haute cour on instruisit l'affaire ;
Le procès alla vite, et quoi que pussent faire
Ses amis, ses parents et leur vaste crédit.
Qu'au promoteur fiscal don Gabriel eût dit :
« C'est un horrible piège où l'on veut me surprendre.
Un crime ! je suis noble, et je dois vous apprendre,
Seigneur, qu'on n'a jamais trouvé dans ma maison
De rouille sur l'épée ou de tache au blason !
Seigneur, c'est cette femme elle-même, j'en jure
Par ce Christ qui m'entend et punit le parjure.
Qui m'avait introduit dans son appartement ;
Et comment voulez-vous qu'à pareille heure ?... — Il ment !
Disait la Paquita ; d'ailleurs la chose est claire.
J'ai mes témoins : il faut une peine exemplaire.
Car je vous l'ai promis, et qu'un juste trépas
Me venge d'un affront que vous n'ignorez pas ! »

VI

Or, s'il faut maintenant, lecteur, qu'on vous apprenne —
La fin de tout ceci, par la cour souveraine
Il fut jugé coupable à l'unanimité ;
Et comme il était noble, il fut décapité.


À très vite…

Jeudi poésie

Bonjour toi 😉

Théophile Gautier sait trouver les mots pour saluer le printemps. Je te laisse en sa compagnie, il en parle bien mieux que moi.

Premier sourire de Printemps

Tandis qu’à leurs œuvres perverses
Les hommes courent haletants,
Mars qui rit, malgré les averses,
Prépare en secret le printemps.

Pour les petites pâquerettes,
Sournoisement lorsque tout dort,
II repasse des collerettes
Et cisèle des boutons-d’or.

Dans le verger et dans la vigne,
II s’en va, furtif perruquier,
Avec une houppe de cygne,
Poudrer à frimas l’amandier.

La nature au lit se repose ;
Lui, descend au jardin désert
Et lace les boutons de rose
Dans leur corset de velours vert.

Tout en composant des solfèges
Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
II sème aux prés les perce-neige
Et les violettes au bois.

Sur le cresson de la fontaine
Où le cerf boit, l’oreille au guet,
De sa main cachée il égrène
Les grelots d’argent du muguet.

Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
II met la fraise au teint vermeil,
Et te tresse un chapeau de feuilles
Pour te garantir du soleil.

Puis, lorsque sa besogne est faite,
Et que son règne va finir,
Au seuil d’avril tournant la tête,
II dit : « Printemps, tu peux venir ! »




J’aime le printemps, c’est le renouveau. La nature s’éveille et tout recommence. Et toi, quelle est ta saison préférée ?

À très vite…

Jeudi poésie

Bonjour toi 😉

Cette photo est la mienne. Elle m’a inspiré le poème qui suit.

En promenade

En promenade, la fillette
Toute guillerette
Abandonne ses grands-parents,
Assis sur un banc. 

Ils contemplent le fleuve
Où quelques oiseaux s’abreuvent. 

Elle les laisse tranquille
Et telle une anguille
Part à la cueillette
Parmi l’herbe et les fleurettes. 

Accroupie dans la prairie, 
De ses petites mains aguerries 
Elle amasse herbe et sable
Et façonne, imperturbable. 

Fière de son travail, 
Bombant le poitrail
Elle montre son œuvre
Ils applaudissent tant qu’ils peuvent. 

Sur le banc, l’œuvre abandonnée, 
Un brin, inachevée,
Reste, par le vent, caressée. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Mars 2022).
À très vite…

Jeudi Poésie – Charles Guérin (1873-1907)

Bonjour toi 😉

Je te retrouve avec le jeudi poésie. J’ai choisi un poème de saison.

Mars. Un oiseau, fauvette ou grive, je ne sais,
Chante amoureusement dans les feuilles nouvelles,
Et, transi de rosée encore, sèche ses ailes
Au soleil dans le jeune azur et le vent frais.

Les rosiers déterrés poussent des bourgeons roses.
L'orme a verdi, l'air est rayé de moucherons,
Et le vaste jardin sonore où nous errons
Nous salue au sortir de ses métamorphoses.

Là, dans l'ombre, pendue à d'invisibles fils,
Une goutte d'eau ronde et limpide étincelle
Et cette perle, o bien-aimée, a pour jumelle
Une larme qui point et brille entre vos cils.

Vous pleurez, contre moi tendrement inclinée,
Paie, vaincue enfin par la sûre douceur
Que la nature emploie à vous fondre le cœur,
Et tout entière offerte à votre destinée.

Vous pleurez, sans vouloir m'entendre, infiniment,
De vous sentir si faible en face de vous-même,
Et, pauvre être docile à l'homme qui vous aime,
Le baiser qui nous lie accroît votre tourment.

De ma bouche pourtant la vôtre se détache ;
Votre regard troublé me fuit, et, non moins prompt,
Rougissant d'une honte heureuse, votre front
Se creuse un nid obscur dans mon sein et s'y cache.

Vous restez là, confuse, à vous plaindre tout bas
Alors, ô gémissante et craintive colombe,
J'attire votre tête ardente qui retombe,
Et je l'étreins avec orgueil entre mes bras.

Et vous levez les yeux sur moi puis, pour me plaire,
Votre visage, encore malgré vous convulsif,
D'un arrière-sourire incertain et pensif
Et pareil aux premiers soleils de l'an, s'éclaire.

Charles Guérin (1873-1907)




À très vite…