Feel Good : C’est à cause de la clé

Cadeau ! 2 chapitres aujourd’hui ! 😊

Chapitre 6

Cléo décida de retrouver Sidonie, mais elle vit qu’il y avait du monde et comprit que son amie ne serait pas disponible. Elle se sentit alors complètement abandonnée. Elle se dirigea à pas lents vers son coin fétiche, isolé, derrière des rochers, où les vagues lui léchaient les pieds. Le bruit de l’eau la calma rapidement. Elle contempla le va-et-vient de la mer et son regard se perdit au loin.

Elle sursauta quand elle comprit que quelqu’un s’asseyait à côté d’elle sur le sable.

— Moi aussi, quand j’ai besoin de réfléchir, je la cherche pour qu’elle me réconforte. Rien que de l’admirer, je suis apaisé.

Arsène Maestro se tut. Cléo ne dit rien. Elle sentit son parfum et sa présence la rassura. Pourquoi pensa-t-elle aussitôt qu’avec lui, elle ne risquait rien ?

— Vous allez salir votre costume !

Il haussa les épaules.

— C’est vrai que vous devez en avoir des placards entiers.

Il rit.

— Ce n’est pas faux !

Il ne la regardait toujours pas.

— Je parie que si je vous demande de venir vous baigner avec moi, vous allez me répondre que vous n’avez pas de maillot.

— Chiche !

Elle se leva, quitta ses sandales, enleva sa robe jaune citron et apparut dans son une pièce, noir. Elle ne l’attendit pas et courut dans la mer. Elle se mit à nager. Elle adorait ça depuis toute petite. Elle aurait aimé être une sirène. Évidemment, ça n’existait pas. Elle plongea et quand elle sortit la tête hors de l’eau, elle s’aperçut qu’il la rejoignait d’un crawl puissant et impeccable. Arrivé à sa hauteur, il demanda, les yeux plissés, gênés par les gouttelettes et le soleil :

— Alors ?

— Sérieux ? Vous avez abandonné votre costume sur le sable ?

— Surtout, ne le dites à personne. Les journalistes s’en donneraient à cœur joie.

— Motus et bouche cousue. On fait la course ? Vous voyez le rocher là-bas ? On y va, le premier arrivé de nous deux, grimpe dessus. D’accord ?

Elle n’attendit pas la réponse et s’élança. Il la suivit. Ils arrivèrent ensemble.

— Pour votre âge, vous vous débrouillez vachement bien !

Elle se hissa sur la pierre. Il la rejoignit aussitôt.

— Vous n’êtes même pas essoufflé, remarqua-t-elle admirative.

— Pour mener la vie que j’ai choisie, je dois m’entretenir. Je fais du sport tous les jours et j’avoue que la natation est mon hobby, je n’ai donc aucun mérite.

— Vous devez avoir souvent les caméras tournées vers vous, ça ne vous gêne pas ?

— C’est plutôt moi qui tourne la caméra, vous savez !

— Vous dites Silence on tourne ?

— Évidemment ! pour qu’il n’y ait plus de bruit. Sur un plateau, il y a toujours des bavardages intempestifs. J’avoue, je ne suis pas un tendre quand ça ne va pas comme je le souhaite. Mais en général, mes équipes ne me trouvent pas trop difficile à vivre. Vous pourrez demander à Brune, elle me connait bien.

— Déjà directrice de casting, elle doit être super douée ! j’imagine qu’elle a le même âge que moi ! J’ai vingt-cinq ans !

— Elle est dans le métier depuis toute petite. Elle n’a pas encore tous les diplômes, mais elle travaille en binôme avec ma collaboratrice qui, elle, s’occupe du recrutement depuis des années. Effectivement, elle a votre âge. C’est ma fille.

Stupéfaite, elle demanda, un brin agacée.

— Pourquoi ne pas me l’avoir dit plus tôt ?

— Quelle importance ?

— En fait, tout ça était un coup monté, j’avais raison.

Cléo se tordit les cheveux et les enroula sur la nuque. Elle saisit son élastique autour du poignet pour les attacher en un chignon lâche.

— Non, ce n’était pas prémédité du tout. Mais j’avoue que le coup de la blonde, c’est parce que nous avons jeté un œil sur les réseaux sociaux pour vous connaître un peu mieux.

Elle se braqua aussitôt et voulut se lever. Il la retint et la regarda dans les yeux. Le vert et le gris se rencontrèrent.

— Votre copine n’était au courant de rien.

— Ce n’est pas ma copine.

— Peu importe. Je vous dis la vérité. Il n’y avait rien de prémédité dans tout ça.

— Et le texte ? Ça ressemblait quand même beaucoup à ce que j’ai vécu, non ?

Il ne répondit pas.

— Alors ? C’est bien ce que je pensais.

— Vous vous trompez. Je devais être certain que vous étiez bien l’héroïne de mon film et pour cela, je devais voir comment vous réagissiez quand vous étiez émue, touchée, triste, en colère… J’ai été servi ! en quelques secondes, toute cette palette de sentiments a défilé sur votre visage. C’est Claudio qui a écrit le texte. Je ne suis pas un tricheur. Je ne veux pas vous faire de mal. Croyez-moi Cléo, vous avez un bel avenir devant vous ! Faites-moi confiance !

— Hum ! Confiance ? C’est un mot que je n’aime plus, murmura-t-elle de sa voix voilée.

Elle entoura de ses bras ses genoux et regarda au loin. Soudain, elle frissonna.

— Et si nous repartions, suggéra-t-il ? Je vous offre un chocolat chaud à l’arrivée.

Elle ne l’attendit pas et plongea.

Ils s’ébrouèrent ensemble sur la plage. Ils n’avaient pas de serviette. Elle rit.

— Alors monsieur le réalisateur ? Vous allez enfiler votre costume sur votre peau mouillée ?

Il ne répondit pas et passa sa chemise sur son torse nu, musclé. Il roula son pantalon et sa veste et la contempla. Elle le regardait bouche bée.

— Donc ? On le prend ce chocolat ? Fermez la bouche, vous allez gober une mouche !

Il partit devant. Elle mit sa robe sur son maillot et le suivit.

Vraiment étonnant ce type, pensa-t-elle !

Chapitre 7

Dans le train qui l’emmenait, Cléo laissait son esprit vagabonder. Le cœur en déroute, elle avait finalement accepté de tenir le rôle que lui proposait Maestro. Elle ne savait pas ce qui lui avait fait le plus de mal, le ouf échappé des lèvres de Martin ou l’impression que Sidonie soufflait elle-aussi, comme si, elle était de trop, toujours dans leurs pattes.

Quant à ses parents, elle les avait étudiés, surveillé leurs réactions, et à part le plaisir sincère dans les yeux de sa mère, elle avait compris qu’ils se réjouissaient pour elle. Son père avait même ajouté que son chef, quand il apprendrait qu’il avait affaire à la vedette du film du célèbre réalisateur, il ne jouerait plus au malin avec elle. Il lui avait répété qu’elle devait prendre confiance en elle, qu’elle reviendrait grandie de cette expérience. Elle en doutait, mais elle avait fait comme si !

En regardant défiler les paysages, elle pensait qu’elle n’en était pas encore là. Elle se demandait encore si elle ne descendrait pas au prochain arrêt pour aller se cacher. Mais où ? Elle était toute seule ? Pas de frère et sœur, plus d’amis. Elle soupira à nouveau.

Arsène lui avait donné le script. Elle l’avait dans son sac. Elle n’avait pas osé le lire. Deux jours plus tôt, Arsène, Claudio et Brune, l’avaient invitée à diner avec eux. Elle n’avait pas été très à l’aise. Elle se rappelait encore sa conversation avec Brune.

— Pourquoi, tu ne m’as pas dit que tu étais sa fille ?

Cléo l’avait attaquée de front. Elle agissait souvent ainsi quand elle se sentait humiliée et blessée avec agressivité.

— Tu ne me l’as pas demandé !

— Un peu facile non ? Surtout que tu m’as mis du monsieur Maestro plein la vue.

— C’est toujours comme ça dans le travail. Je ne veux pas qu’on croit que je suis arrivée là grâce à lui. Ce n’est pas simple d’être la Fille de.

Évidemment, elle n’avait pas pensé à cet aspect des choses. Elle les avait regardés et un sentiment étrange l’avait envahie qu’elle préférait ne pas analyser pour l’instant.

Elle saisit le script et le feuilleta. Subjuguée, elle comprit qu’elle allait jouer en costume. En quelques pages, elle prenait des années. L’idée de se voir avec quarante piges de plus la fit sourire. Elle allait interpréter Ludivine jeune et vieille. Finalement, pourquoi pas ! Qui allait endosser le rôle du personnage masculin ?

La gare de Bergerac se profila et elle descendit sur le quai. Brune l’attendait et lui fit signe. Cléo respira mieux. Elle ne serait pas seule pour faire son entrée dans ce monde inconnu.

— Tu as fait bon voyage ?

— Oui !

— Stressée ?

— Un peu !

Les réponses laconiques de Cléo agacèrent Brune.

— C’est quoi le problème ?

Cléo posa son sac et croisa les bras.

— Tu ne me parles pas comme ça.

— Tu as peur et c’est normal, mais tu verras tout se passera bien.

— Si tu le dis.

Elle reprit son bagage et suivit la jeune fille.

— L’endroit où l’on tourne est magique. Tu vas faire connaissance avec toute l’équipe : maquilleurs, styliste, coiffeur, cameramen, et les comédiens bien sûr. Mon père les a prévenus que tu étais toute nouvelle. Tu sais, il cocoone un peu tout son monde, mais il aime le travail bien fait. Je t’explique comment ça va se passer, tu vas avoir ton texte à apprendre et les scènes que tu devras tourner. Si tout va bien, dans un mois, tout est dans la boîte. Le film pourrait sortir pour les fêtes de fin d’année. Tu reprendras ta petite vie tranquille jusqu’à la promotion qui débutera quelques semaines avant. Mais ne t’inquiète pas, tu vas avoir ton planning et même… tiens-toi bien… une loge rien que pour toi, étant donné que tu es l’héroïne.

Clé sentit le mal de tête monter.

— Monsieur Maestro compte sur toi.

— Voilà que tu recommences, tu ne peux pas dire mon père ?

Cléo agacée, ferma les yeux. Elle aurait voulu être sur la plage et ne penser à rien. Pourquoi a-t-il fallu qu’il perde ces foutues clés ce client ! De plus, elle ne devait pas être présente ce jour-là, elle avait changé ses horaires avec Françoise. Si elle avait su ! ça tournait en boucle ! les clés, Noé, les bijoux volés.

— À quoi penses-tu ? J’espère que tu te rends compte de la chance que tu as. Des tas de filles de ton âge aimeraient être à ta place.

Cléo ne répondit pas. Elle commençait déjà à en avoir ras le bol aussi de Brune, un peu donneuse de leçons sur les bords.

Elles parvinrent devant une belle bâtisse située dans un grand parc arboré et fleuri. Brune, l’entraina voir son père. Arsène parlait avec un homme quand Cléo arriva à sa hauteur. Elle se sentit rougir et un filet de sueur froide coula le long de son dos. Pierre Niney en personne était face à elle. Il l’accueillit gentiment.

— Alors c’est toi la nouvelle recrue d’Arsène ?

Il la prit dans ses bras. Stupéfaite et complètement abasourdie, elle eut du mal à réaliser que c’était bien lui, récompensé par un césar pour son rôle d’Yves Saint Laurent quila serrait contre lui.

Elle plaqua un sourire sur ses lèvres et émit un bonjour du bout des lèvres. L’acteur se détourna d’elle et la laissa seule avec Maestro.

— Je ne me sens pas bien !

Le cœur en vrac, elle luttait pour retenir ses larmes. Trop de stress, elle ne gérait pas. Arsène la saisit rapidement par la main et l’emmena auprès de sa directrice de casting en titre, Marjorie, amie de longue date. Il lui murmura à l’oreille de s’occuper d’elle avec douceur et s’en fut retrouver son équipe. Il commençait à se demander s’il avait fait le bon choix. Il espérait sincèrement qu’il ne s’était pas trompé.

Marjorie, brune à lunettes, un peu ronde, débordante d’énergie, en jeans et basquets, la prit aussitôt sous son aile.

— Ne t’inquiète pas Cléo. C’est toujours comme ça la première fois. Tout va bien se passer. Je vais te présenter à ton coiffeur et ta maquilleuse, tout de suite, tu te sentiras mieux.

Un blond décoloré à la mèche rebelle apparut.

— Oh ma chérie, quelles jolies boucles ! j’en suis jaloux !

Il la prit dans ses bras et lui plaqua deux bises sur les joues. Très tactile, il lui tint les mains, la fit tourner sur elle-même.

— Tu es magnifique ! Je comprends le chef ! Tu es celle qu’il cherchait, tu vas cartonner ma bichette !

Marjorie lui murmura qu’il ne fallait pas qu’elle soit surprise. Tonio terminait toujours ses phrases avec un surnom affectueux.

— Tu n’as pas de souci à te faire, Tonio aime les hommes. Je te présente Clémentine, ta maquilleuse.

Elle lui fit penser immédiatement à Sidonie, elle était aussi grande qu’elle. Parsemée de taches de rousseur, elle mit à l’aise aussitôt Cléo en lui racontant qu’elle avait regardé le soleil à travers une passoire. Elle éclata de rire et Cléo ne put s’empêcher de faire de même.

La porte s’ouvrit à la volée. Un homme entra et Cléo resta pétrifiée. Elle avait devant elle son ami de toujours, Ulysse Dernhomes celui qu’elle n’avait plus le droit de voir parce que son père ne l’aimait pas à cause de ses arrière-grands-parents qui pendant la guerre les auraient soi-disant dénoncés.

À suivre…

Mots d’enfants

Bonjour amis d’ici 😊

C’est lundi et je n’aime pas le lundi voir ici, alors j’ai décidé de mettre de la bonne humeur le lundi.

Quoi de mieux que de faire parler les enfants, de capter des mots qu’ils sont les seuls à trouver.

Je vous offre un petit florilège que j’ai glané ici et là 😉.

Moi non plus ! 😂
En voilà une bonne question !
Regarde maman, le chien il a 4 oreilles ! 😂 Entendu cet été ! trop mignon ces enfants !

À très vite …

Feel good : C’est à cause de la clé

Chapitre 5

Arsène et Claudio avaient fait appel à leur équipe pour que le matériel soit installé dans le jardin de Cléo. L’école n’étant pas encore terminée, ses parents travaillaient, elle était seule. Elle ne leur avait rien dit. Elle espérait qu’il ne reviendrait pas de la journée.

Elle consulta son texte. Quelques lignes à retenir ne lui faisaient pas peur. Claudio lui avait préparé en quelques minutes. Ce n’était pas ce qui était prévu, mais il voulait connaitre les réactions de la jeune femme devant les mots écrits. S’il ne s’était pas trompé, elle allait crever l’écran.

Pourquoi tu m’as fait ça ? Je te faisais confiance, tu étais ma meilleure amie ! Aller raconter des inepties sur moi, tu le savais que ce n’était pas vrai. En fait, tu es jalouse, tu l’as toujours été et moi je n’ai rien vu.

Un jour, je t’avais dit…

Alors que la caméra filmait, Cléo s’interrompit. Elle renifla. De sa voix cassée par l’émotion, elle cracha :

— En fait, vous êtes pareil ! Vous avez lu les réseaux sociaux et vous allez vous en servir…

Elle renifla de plus belle, s’essuya les yeux pour ne pas montrer ses larmes, se redressa et déversa sa tristesse pendant que la caméra tournait.

— Quelle conne ! Je suis vraiment trop poire, j’y ai cru. C’était un coup monté, j’en étais sûre et je suis tombée dans le panneau comme une gourde. De toute façon, personne ne m’aime et tout le monde se moque de moi. Avouez-le que vous saviez que Guilaine Latin était ma pire ennemie, et que vous avez fait exprès de me dire que vous alliez la choisir et moi…

Elle hoqueta, la voix voilée encore davantage.

— Je suis pathétique ! mon intuition ne me trompe jamais, j’ai cru que pour une fois… oh laissez tomber.

Elle se leva, bouscula Brune et Claudio et s’enfuit, en larmes et furieuse d’avoir craqué.

Arsène coupa la caméra et murmura :

— C’est bon pour moi ! Vas-y Brune, je te fais confiance. Mais surtout… ne la casse pas davantage.

Brune ne la trouva pas. L’équipe remballa le matériel sans un mot. L’émotion de la jeune femme les avait retournés.

— Tu vois ! dit Claudio doucement, je ne me suis pas trompé. Cette fille est superbe.

Arsène ne répondit pas. Brune revenait bredouille. Cléa avait disparu. C’est alors que Pierre et Margareth Rose apparurent. Aussitôt, Arsène prit les devants et expliqua pourquoi ils étaient là.

— Cléo a accepté de tourner pour vous ? demanda Margareth. Je suis ravie.

Arsène la contempla. Cléo lui ressemblait, elle avait hérité de la couleur flamme de sa mère. Mais, il décela une étincelle dans les yeux de celle-ci qu’il n’avait pas vue chez Cléo.

— Avec mon scénariste, que voici (il présenta Claudio), nous avons repéré votre fille devant l’hôtel où elle travaille. Je vous rassure, elle n’a pas accepté immédiatement. Il a fallu tout l’art de persuasion de Brune, pour qu’elle veuille bien nous amener chez vous.

Monsieur et Madame Rose serrèrent les mains des deux hommes. Brune restait discrète derrière son père. Margareth reprit.

— Ma fille est très…

— Vous avez bien eu raison de la secouer, l’interrompit son mari. Je serais très heureux qu’elle s’émancipe un peu et qu’elle ne tourne pas en rond ici avec ses amis. Elle a vingt-cinq ans, que diable !

— Où est-elle ?

— Justement…

Arsène se tut.

— Je parie qu’elle s’est enfuie ! ça ne m’étonne pas d’elle, remarqua Pierre. En tout cas, vous avez mon accord, même si vous n’en avez pas besoin. Je suis certain qu’elle vous a fait le coup du père très papa poule, super protecteur, et tout le tintouin.

Arsène hocha la tête, mais ne répondit pas. Il ne voulait pas trahir Cléo.

— Je vous laisse ma carte, je repars demain. J’aimerais vraiment qu’elle accepte de participer à cette aventure. N’hésitez pas à m’appeler à n’importe quelle heure. Si vous n’arrivez pas à me joindre, un message suffira.

Le matériel remballé, la pièce avait repris son allure normale. Chacun salua les propriétaires et quitta les lieux.

Cléo était partie retrouver Martin. Il tenait un magasin de vélos qu’il réparait et qu’il louait pendant la saison. Dès qu’il la vit, en larmes, il abandonna ce qu’il faisait pour la serrer dans ses bras. Ils se connaissaient depuis la primaire. Cléo n’avait plus guère de secrets pour lui et sa sœur. Elle ne pouvait se passer d’eux plus d’une journée. C’était bien ce qui inquiétait Martin qui ne savait pas encore comment il allait lui annoncer qu’il avait une petite amie avec qui il pensait fonder une famille. Elle s’appelait Lucie et rêvait de s’installer avec lui. La boutique de cycles fonctionnait bien, Lucie souhaitait en tenir la comptabilité. D’autre part, elle était propriétaire d’une chambre d’hôtes qu’elle proposait et qui marchait bien. Le jeune couple était prêt. Mais Martin, hésitait, parce qu’il ne voulait pas rendre malheureuse Cléo.

Pour l’heure, il tentait de suivre ce qu’elle racontait et qui l’avait mise dans cet état.

— Je ne comprends rien, Cléo.

— C’est à cause de Guilaine.

Il fronça les sourcils. 

— Qu’est-ce qu’elle t’a fait ? Tu ne penses pas que tu pourrais tourner la page ? C’était il y a dix ans.

— Oui, mais tu vois, elle a failli avoir le rôle.

— Il ne t’intéressait pas, tu l’as assez répété !

— Je ne voulais pas qu’elle l’obtienne.

— Tout va bien alors ! Donc pourquoi tu pleures ?

— Parce que je me suis fait avoir !

— Encore ? Tu n’es pas le centre du monde, tu sais ! Pour une fois, tu ne peux pas croire à ta chance à toi ? Imagine que ce qu’il t’arrive c’est vraiment pour toi ? Cesse de jouer à la persécutée.

— Je ne vois pas pourquoi quelque chose de bien m’arriverait ! J’ai la poisse tout le temps ! Regarde où j’en suis à cause de cette foutue clé !

— Putain, Cléo, tu es belle, intelligente. Tu es adorable, pourquoi penser que tu es nulle ? Tu te fais des nœuds au cerveau pour rien.

— J’ai bien foiré mon poste à l’hôtel !

— Tu sais ce que j’en dis moi ? Tu aurais pu te défendre, ouvrir ta gueule un peu ! Tu veux toujours aider tout le monde pour qu’on t’aime, mais ça ne marche pas comme ça ! Noé t’a remercié de lui avoir sauvé sa place ? Non. Il s’est excusé ? Non. Merde Cléo ! Je te rappelle que tu as vingt-cinq piges ! Vis ta vie !

Elle le regarda, surprise.

— Mais qu’est-ce que tu as ? Toi aussi tu vas me lâcher ?

— Et voilà que ça recommence ! Cléo, tu es fatigante.

— Tu m’as souvent dit que je pouvais débarquer à l’improviste, que tu serais toujours là pour moi.

Il soupira.

— Oui, Cléo, c’est vrai.

— Alors ? Tu es comme un grand frère pour moi.

Ils ne virent pas arriver Lucie. Quand Martin s’en aperçut, son regard s’attendrit aussitôt et Cléo tourna la tête.

— Bonjour !

Cléo toisa la nouvelle venue. Une brunette, cheveux courts, casquette vissée sur le crâne, allure sportive. Elle fixa à nouveau Martin. En un quart de seconde, elle comprit.

Elle fit demi-tour et disparut. La fuite, c’était vraiment tout ce qu’elle savait faire.

À suivre …

Moodboard = Planche d’humeur

Participer à un wordcamp c’est apprendre plein de choses notamment ce mot : Moodboard. Traduisez planche d’humeur. En clair, posez tout qui vous passe par la tête pour créer l’ambiance, l’atmosphère de votre roman.

Je le faisais évidemment, en prenant des notes, en cherchant des illustrations. Je partage mon cahier avec mes notes prises au vol, les idées, le début de l’histoire, la recherche des prénoms, leur physique, leur âge.

Voilà aujourd’hui ce que j’ai préparé pour le visuel qui va m’accompagner pour toute l’histoire et je l’enrichirai au fur et à mesure. Avouez qu’il a un peu plus d’allure ! 😊

L’application Cupidonetmoi.com est représentée en fond avec son écran qui défile. On aperçoit Rosalie, et l’idée du marché du village, de la ferme, et de mes deux héros est bien présente.

Je vous présente maintenant le cahier qui va accueillir toute l’histoire de Cupidonetmoi.com jusqu’à son déroulement, c’est à dire, jusqu’à la publication, la mise en page, la recherche de la couverture, les propositions de correction… 45 jours intenses ! Je vous dis !

À très vite …

Confitures d’été

Bonjour amis d’ici 😊

Le parfum des confitures ça vous parle ? Celui des prunes en particulier, la prune d’ente ici ! Celui qui embaume toute la maison et qui rappelle tous les souvenirs.

Souvenirs souvenirs ! chantait Johnny Hallyday. Ils fleurissent dès que ce parfum m’envahit. La cueillette tout d’abord, sous un soleil de plomb, avec les copines. Le fruit juteux dont le jus dégouline sur le menton quand je le goûte. Méfiez-vous de la prune dégustée chaude au soleil sur l’arbre, elle peut vous surprendre ! 😉. Puis la prune coupée en deux, dénoyautée pour la faire cuire.

Ces souvenirs me ramènent des années en arrière. La nostalgie s’installe teintée de mélancolie.

Et le bruit ? Le glougloutement, les bulles, l’écume. La cuisson tout un art. La surveiller pour ne pas qu’elle accroche. Remuer les fruits en faisant des 8 pour bien mélanger les fruits et pour pas qu’elle brûle au fond. Je répète ce que disait maman.

Ce parfum encore qui envahit la maison, même si vous la faites cuire dehors, qui change lorsque la confiture est presque prête. La goûter pour voir si elle est cuite, sur une assiette froide. Faire un trait au milieu, la cuisson est parfaite si ça ne se rejoint pas.

La mise en pots :

Belle provision pour l’hiver jusqu’à l’année prochaine. Elle accompagnera le fromage (un régal), le petit-déjeuner sur le pain frais, le quatre-quarts , le yaourt nature, le goûter des enfants. Je suis certaine que vous avez d’autres idées.

J’avoue, c’est ma préférée. Même si celle de Mirabelles faite aussi cette année est excellente.

Et vous ? Aimez-vous les confitures ? Les faites-vous ?

À très vite…

Feel good : C’est à cause de la clé

Chapitre 4

Le lendemain matin, Pierre et Margareth Rose furent surpris de découvrir leur fille dans sa robe jaune citron en train de préparer le petit-déjeuner.

— Ton planning a changé ? demanda sa mère.

— Non, je suis en vacances.

Ses parents se regardèrent.

— J’ai fait une connerie, le chef de la réception, m’a mis au frais pendant trois semaines. Je ferais toute la saison sans congés, avec lui. Charmant ! Tout ça à cause de Noé.

Elle leur raconta en détail ce qu’il s’était passé.

— Surtout papa, tu ne t’en mêles pas ! Si j’avais su… fichue clé ! J’y suis pour rien en plus !

— Que vas-tu faire ? Partir un peu ?

— Je vais aider Sidonie à la Paillotte, gratis évidemment !

Son père grommela.

— Sidonie et Martin ! Les jumeaux ! S’il leur prenait l’envie de s’en aller, je me demande ce que tu deviendrais, ma chérie.

Cléo baissa les yeux. C’est tout à fait ce que lui avait dit la veille au soir Martin. Tous, commençaient à lui taper sur le haricot, à répéter qu’il fallait qu’elle s’envole. Nom d’une pipe, c’était sa vie, elle en faisait ce qu’elle voulait.

Quand Sidonie vit débarquer la jolie brune aux cheveux longs sur la plage, elle lui fit un signe de tête. Lorsqu’elle remarqua qu’elle parlait avec le réalisateur rencontré la veille, elle se posa des questions mais ils arrivèrent à son comptoir et elle leur fit son plus beau sourire.

— Je vous sers quelque chose ? Un café ? Un chocolat chaud ? Vous êtes bien matinal, monsieur Maestro.

— Je vous présente ma fille, Brune. Votre amie n’est pas là ?

— Elle travaille à cette heure-ci.

Arsène se fit discret. Il n’était pas censé savoir que Cléo était mise à pied. Le portable de Sidonie sonna. La musique de Jusqu’ici tout va bien de Gims retentit.

— Cléo ? Tu n’es pas au boulot ?

Brune et son père s’éloignèrent vers la plage.

— J’ai fait des recherches papa, comme tu me l’as demandé. J’ai peut-être trouvé un truc. J’attends de la rencontrer et je te donnerai mon avis.

Sidonie ne l’avait pas prévenue que Maestro était là. Aussi quand Cléo apparut devant elle, elle fronça les sourcils parce qu’elle aperçut Brune et Arsène.

— Encore vous ?

Sidonie haussa les épaules et affirma qu’ils venaient d’arriver. Elle ne présenta pas Brune. Celle-ci s’approcha d’elle et tendit la main.

— Bonjour, je suis la directrice de casting de Monsieur Maestro. Il m’a parlé de vous. Je suis heureuse de faire votre connaissance.

Sidonie ne fit aucune remarque. Cléo, prise par surprise, serra la main de la jeune femme qui devait avoir au moins le même âge qu’elle. Elle l’envia aussitôt, la trouva très jolie, et… très sympathique. Ses cheveux longs volants au vent, son sourire franc, ses yeux violets, tout en elle lui plut et lui inspira confiance. Pourtant, elle resta sur la défensive parce que le réalisateur était là. Elle sentit le coup fourré à plein nez. L’air de sainte nitouche de Sidonie ne lui disait rien qui vaille non plus.

Arsène comprit qu’une fois de plus sa fille avait fait mouche. Elle avait un don pour mettre à l’aise les gens dès leur première rencontre. Brune était inoubliable. Elle tenait ça de sa mère, disparue à sa naissance. L’accouchement avait mal tourné et Arsène s’était retrouvé veuf et seul à élever le nourrisson, il y avait vingt-cinq ans. Il n’avait que vingt ans, sa carrière était loin de celle qu’elle était aujourd’hui, mais il s’était accroché pour son Brune. Aidé par ses parents, il avait travaillé dur et il était fier de ce qu’il était devenu. Sa fille était la prunelle de ses yeux.

— Alors ? Intéressée ? Tu t’appelles Cléo c’est ça ? Moi, c’est Brune.

La rouquine ne répondit pas. Évidemment, elle avait un prénom top. Elle pensa in petto qu’heureusement qu’elle n’était pas blonde. Elle sourit à cette idée.

— Sais-tu que Cléo veut dire Gloire et célébrité ? Les Cléo sont débordantes d’énergie, tu vois c’est un signe.

Stupéfaite, Cléo réagit.

— Elle est bien bonne celle-là !

— Je parie que ça aurait tout changé pas vrai ?

Brune se tourna vers Sidonie.

— Tu nous sers un chocolat chaud ? Cléo ?

— Sido fait ça très bien. Sidonie est mon amie. Elle me connait mieux que personne.

— Enchantée Sidonie. Alors si vous êtes copines, tu vas pouvoir la décider à venir passer un bout d’essai. Tu sais ce que je peux te proposer ? Pourquoi pas le faire ici, dans ton univers ?

Arsène trouva l’idée excellente. La jeune femme serait certainement plus à l’aise. Mais Cléo ne fut pas de cet avis.

— Non, je ne suis pas une comédienne. Laisse tomber ! être regardée par le monde entier et me faire critiquer, non merci ! Et pour ta gouverne, je n’ai rien d’une célébrité.

— Je suis d’accord, répondit à sa grande surprise Brune. Ce n’est jamais agréable, mais tu sais, passer à côté d’une opportunité peut aussi amener les remarques de ton entourage, par exemple s’il pense que tu as raté quelque chose. Finalement, il vaut mieux se faire critiquer pour une bonne raison, tu ne crois pas ?

Cléo éclata de rire.

— Tu es forte toi ! Pour retourner la situation et mon cerveau par-dessus le marché, tu es la reine, mais ça ne marche pas. Je n’ai pas envie.

— Même pas pour gagner de l’argent ?

— Même pas !

— Alors je n’insiste pas. C’est dommage… on le boit ce chocolat chaud ?

Cléo trempa ses lèvres dans le breuvage mousseux et demanda à Sidonie si elle pouvait venir l’aider à la paillote sans rémunération évidemment. Brune ne fit aucune remarque, mais se tourna vers Arsène et Claudio et les interrogea :

— Vous apercevez la fille là-bas ? La blonde bouclée ?

Cléo, à la dérobée, suivit le doigt de Brune et se figea. Guilaine Latin. Sidonie fit de même et baissa la tête pour cacher son sourire. Bien joué, pensa-t-elle !

— Je l’ai repérée en arrivant. Nous pourrions peut-être aller la voir et lui proposer de faire un bout d’essai.

Brune se leva, remercia Sidonie pour le chocolat et tendit sa joue à Cléo.

— Désolée, je ne peux pas rester plus longtemps. Monsieur Maestro cherche depuis des semaines son héroïne, je vais tenter ma chance avec la blonde.

Cléo murmura, le nez dans son mug.

— Elle va dire oui, c’est sûr !

Brune se retourna vers elle.

— Tu la connais ?

— Ouais !

Cléo leva les yeux et regarda son amie.

— Hein, Sido qu’on la connait ?

Elle opina de la tête.

— Si tu veux une garce pour le rôle, tu as tapé dans le mille.

Arsène se toussota, salua Cléo et Sidonie.

— Brune ?

Cléo posa son mug.

— Attendez !

Brune et le réalisateur s’arrêtèrent. Sidonie retint son souffle.

— C’est quoi le texte ? Pour rigoler, j’essaye. Après tout, si vous cherchez le genre de la blondasse qui arrive, je peux peut-être tenter le coup.

Elle marchait en effet vers eux. Cléo frissonna, une sueur froide coulait sous ses bras. Arsène et Brune sourirent.

— Où vous sentez-vous le plus à l’aise ?

— Chez moi ! Venez !

Cléo ne perdit pas de temps, Guilaine Latin l’avait repérée, elle accélérait le pas. Brune et Arsène lui tournaient maintenant le dos. Cléo en profita pour les entrainer.

À suivre…

Avant – Après

Bonjour amis d’ici 😊

Ils étaient deux garçons et une fille, 
Ils écoutaient de la musique. 
Ils riaient, pas encore de béquille,
Et l'allure dynamique. 
Ils buvaient du coca
Et chantaient blablabla. 

Pas de soucis en tête
L'avenir devant eux. 
Ils ne pensaient qu'à la fête
Ils étaient heureux. 

Les années ont passé
La vie ne les a pas séparés.

Ils sont toujours deux garçons une fille
Ou plutôt deux hommes et une femme.
Ont-ils le vague à l'âme ? 
Ils ne s'en font pas pour des vétilles. 

Ils n'écoutent plus de la musique
Elle les rend mélancoliques. 
Ils n'entendent plus bien
C'est eux les doyens.

Ils préfèrent donner les graines aux oiseaux,
Ça ne fatigue pas leurs cerveaux. 

Le banc n'a pas changé lui ! 
Les années ne l'ont pas détruit. 
Eux, ils ont juste vieilli !
C'est la vie !


Feel good : C’est à cause de la clé

Chapitre 3

Allongée sur son lit, Cléo regardait le plafond. Elle n’avait pas du tout envie de quitter sa maison et de se lancer dans un projet aussi fou. Elle avait peur des caméras, de ce qu’on pourrait raconter sur elle. Elle était certaine que ses parents, s’ils apprenaient la nouvelle, seraient ravis. Depuis le temps que son père la tannait pour qu’elle prenne son envol. Lorsqu’elle avait trouvé ce poste à l’hôtel qui venait d’ouvrir, elle avait remercié le ciel de ne pas devoir partir. Elle était casanière Cléo, elle n’avait pas l’âme vagabonde. Les souvenirs revenaient à la surface. Elle soupira. Cette mauvaise copine qui lui avait fait tant de mal, elle ne pouvait pas l’oublier. Alors, se remettre au-devant de la scène, elle ne s’en sentait pas le courage. Elle avait quinze ans, comme disait son père, c’était du passé tout ça ! Pourtant, la blessure ne s’était jamais refermée.

Ses parents ne devaient pas apprendre que le réalisateur était en ville. Comment l’éviter le lendemain quand elle prendrait son poste ?

Arsène regardait par la fenêtre un verre à la main.

— Que penses-tu de cette fille ? Tu te rends compte qu’elle ne s’est pas présentée elle-même ? Je connais son prénom grâce à ce garçon d’étage. Cléo ? c’est original !

Claudio rejoignit son ami.

— J’ai eu une idée ! Si j’écrivais sur elle ? Je ne suis pas certain que ce soit son père le problème. Si c’était elle qui n’avait pas envie tout simplement ?

— Tu rigoles ? N’importe quelle femme à sa place aurait signé immédiatement.

— Pas son genre, crois-moi ! Tu devrais appeler ta fille. Comme directrice de casting, je suis sûr qu’elle penserait la même chose. Elle a le physique, mais pas le caractère.

— Je dois donc abandonner ?

— Ce n’est pas ce que je dis et ce n’est pas à moi de te donner des ordres, suis ton instinct.

— C’est toi qui l’as repérée. Moi, finalement, je suis d’accord avec toi, mais si c’est pour m’attirer des problèmes, j’hésite. Je ne fais pas dans le social, si elle ne veut pas, tant pis.

Surpris, Claudio fixa son ami dans les yeux.

— Qu’est-ce qu’il t’arrive ? Ce n’est pas dans tes habitudes de changer d’avis aussi vite ?

— Je dois réfléchir. Je la regarderais travailler… de loin, sans qu’elle nous voie.

— Pas facile ! elle est à la réception, je te rappelle.

— On se débrouillera. Cherche un peu si elle a un profil Instagram. Je l’enverrai à Brune. Ma fille saura me dire si je fais fausse route. Depuis que Marjorie l’a prise sous son aile, elle fait des progrès à une vitesse grand V. Claudio posa son verre puis saisit son téléphone.

— J’irais bien piquer une tête dans la piscine. Pas toi ?

— Pourquoi pas ? Alors tu as trouvé ?

— Hey, attends ! je note le code du Wifi. Il n’y a pas le feu, si ?

— Depuis le temps que je cherche…

— Tu n’es plus à un jour près ! remarqua son ami.

— Le temps c’est de l’argent, tu le sais bien.

— Pas à moi Arsène, je te connais trop bien.

Une fois connecté, Claudio fit défiler les images.

— Tu as bien dit qu’elle s’appelait Cléo Rose ?

— Peut-être a-t-elle un surnom ?

Devant le silence de son ami, il s’approcha.

— Regarde et écoute !

Une vidéo se mit en route après les pubs habituelles.

La voix de Cléo emplit toute la suite. Les deux hommes se turent religieusement. Elle chantait l’hymne à l’amour d’Édith Piaf.

— Elle date de quand cette vidéo ?

— Dix ans !

— Et depuis ?

— Rien !

— Son compte Instagram ?

— Rien ! pas de Facebook, ni Tweeter, rien ! Le nom de sa famille est connu, comme elle nous l’a raconté. Mais rien sur elle. J’ai eu de la chance de découvrir cette pépite. Elle a été likée un nombre incalculable de fois, regarde ! Elle est toujours d’actualité et les commentaires sont bons. Je te l’avais dit qu’il y avait un truc pas clair chez cette fille.

— J’appelle Brune, ensuite je te rejoins à la piscine. Mais je te préviens Claudio, si je subodore une embrouille, je cherche quelqu’un d’autre.

Le scénariste acquiesça et ouvrit son sac de voyage pour prendre son maillot. 

Cléo, surprise de découvrir le numéro de son chef s’afficher sur son écran, sentit son cœur s’emballer. Elle décrocha les mains moites. L’appel ne dura que quelques secondes. Il voulait la voir immédiatement. Il savait qu’elle habitait à côté, il en profitait. Elle quitta sa tenue de plage pour un pantalon blanc avec un tee-shirt assorti à son bandanas vert qu’elle garda. Il était l’heure de diner, ses parents allaient se mettre à table quand elle passa devant eux. Son père hocha la tête.

— Je fais vite leur promit-elle, ne m’attendez pas.

— Oui, monsieur, j’ai abandonné mon poste quelques minutes. Le client avait perdu ses clés et…

— Vous ne devez jamais quitter la réception, mademoiselle Rose. Savez-vous ce qu’il s’est passé pendant que vous étiez à l’extérieur ?

— Non, monsieur !

Cléo sentait le rouge farder ses joues et la sueur froide couler le long de son dos.

— Quelqu’un est monté dans les étages après avoir subtilisé la clé d’une chambre d’un de nos clients. Il a pu entrer, fouiller, et s’emparer des bijoux de valeur.

— Je suis désolée. Mais…

Cléo n’osa pas dénoncer Noé qui aurait dû être son poste. Elle se mordit la langue jusqu’au sang pour ne rien dire. Il arrivait justement.

— Je vous prie de m’excuser monsieur. Mademoiselle Rose est venue parce que… J’ai dû aller aux toilettes, une envie…

Le chef de la réception l’interrompit.

— Vous savez, vous aussi, que vous ne devez pas quitter l’entrée. Je vais devoir prendre des sanctions. Vous, il désigna le portier, je veux bien passer sur votre négligence parce que vous faites partie de la maison depuis longtemps. Mais vous, mademoiselle Rose, vous avez intégré notre équipe grâce au relations de votre père dans la ville, mais je ne peux tolérer une telle erreur de votre part. Je vous demanderais donc de poser trois semaines de congés. Vous reviendrez pendant la pleine saison. Je veillerai personnellement à ce que vos plannings correspondent avec les miens. Je vous aurais à l’œil. Une autre bêtise de ce genre et c’est la porte. Vous pouvez disposer et profitez bien de vos vacances. Vous aurez besoin de toutes vos forces quand vous réintégrerez votre place.

Cléo pesta et ses deux émeraudes fusillèrent Noé. Il la regarda et s’excusa platement, il tourna les talons rapidement, bien content de s’en être sorti à bon compte. La saison estivale était particulièrement lourde à gérer et même s’il plaignait sa collègue, il ne se retourna pas. Elle le suivit, mais devant l’attitude de son chef qui la surveillait, elle stoppa nette sa course ! Elle quitta l’hôtel, furieuse, et heurta son ami Martin.

— Cléo ? Qu’est-ce que tu fais ici ?

Elle lui raconta tout.

— Mais c’est génial ! Tu vas pouvoir aller tourner ton bout d’essai !

Elle haussa les épaules.

— Tu peux toujours rêver.

Arsène Maestro rejoignit Claudio qui l’attendait au bar. Il avait tout entendu, immobile sur la dernière marche des escaliers qui menaient à sa chambre. Un sourire s’épanouit sur ses lèvres.

À suivre…

Acrostiche

Isabelle-Marie d’Angèle

Bonjour amis d’ici,

Je partage cet acrostiche pour le fun, histoire de détendre un peu ma plume qui carbure depuis ce matin.

I nimitable       ça c'est vrai ! 😂
S ociable          évidemment !
A gaçante         Il paraît !
B isounours      c'est mon monde à moi, hélas ! 
E fficace            obligée ! 
L ibre                 je déteste les contraintes !
L oyale              gare à ceux qui trichent !
E clectique        tous les goûts sont dans la nature

M achiavelique  j'adore ce mot ! 😂
A mbitieuse       accrocher la lune ? pas quand même ! 
R ouspèteuse     j'avoue ! ma seconde nature !
I ndomptable     comme ma crinière !
E mmerdeuse     tout va ensemble, faut pas rêver ! 

D ébrouillarde    ça dépend pour quoi ! 
A moureuse        depuis longtemps du même homme !  la chance ! 
N aturelle            pas assez à mon goût !
G affeuse             sans commentaire !
E loquente           ouais ! 😂
L impide              comme le nez au milieu de la figure !
E conome            si c'est vrai ! 

À très vite …

Lundi : Présentation du projet Wordcamp

Bonjour amis d’ici 😊

Le wordcamp est officiellement commencé avec la présentation du projet.

Les grandes questions Où en êtes-vous de votre écriture, réécriture, comment avez-vous travaillé sur votre roman pendant ces derniers mois me cueillent dès que j’allume l’ordinateur.

Mes chapitres s’enchaînent, la motivation et l’inspiration sont bien présentes.

L’équipe que nous formons,(10), s’appelle Les Plumes d’automne. Nous avons choisi ensemble ce nom, un bel exemple de solidarité et de travail d’équipe.

Nous avons chacun des romans différents, nous arrivons avec nos doutes, nos questions, nos disponibilités pas toujours évidentes, nos peurs de ne pas être à la hauteur et de ne pas y arriver dans les temps. C’est là que le groupe se soude et s’aide en se répétant de ne jamais douter, de croire en soi, et d’aller au bout de ce projet.

À très vite…