MaLou et Millie

Bonjour toi 😉

Comme c’est mercredi, revoilou MaLou et Millie. Une phrase piquée au vol qui a donné lieu à ce petit texte trop mignon (enfin je trouve 😏). J’ai repris une illustration qui me plait beaucoup. Je trouve que c’est tout à fait Millie. Je sais que normalement il n’y a pas de chat et MaLou n’a pas les cheveux blancs mais bon 😂 si je savais dessiner, je ferais tout ce que je veux 😂. Tout n’est pas parfait dans ce monde n’est-ce pas ? 😂

MaLou préparait le repas. Millie n’était pas loin comme toujours dans ces moments-là. Elle s’amusait avec le chien, regardait sans la regarder la télé, enfin c’était ce que pensait MaLou.

Alors qu’elle apportait les plats sur la table et appelait Millie, celle-ci lui demanda :

— Pourquoi tu ne joues pas au loto ?

Surprise MaLou répondit qu’elle ne gagnait jamais de toute façon, ça ne servait à rien de dépenser de l’argent pour rien. Millie prit alors son air de conspiratrice et lui affirma que là, elle était certaine qu’elle gagnerait le gros lot.

— Et pourquoi en es-tu si sûre ? demanda MaLou en riant.

— Parce que les numéros viennent d’être tirés à la télé. Je les ai notés pour toi, vas-y MaLou, vite, joue !

MaLou regarda sa petite-fille et ne réagit pas tout de suite, de peur de lui faire de la peine, voire même de la vexer.

— Ben quoi, pourquoi tu restes plantée sans rien dire ? Tu le savais pas que les numéros étaient tirés ? C’est pour ça que tu gagnes jamais. Mais aujourd’hui, je suis là MaLou et grâce à moi, tu vas être riche.

— Tu sais quoi Millie ? Tu es adorable, mais je crois que c’est encore fichu pour cette fois. Tu veux que je te dise un secret ? Les numéros sont tirés après que tout le monde ait joué et je me suis fait avoir, tu vois, je n’ai pas été assez rapide.

— Ouais ! Tu peux me le dire que j’ai rien compris.

Millie se mit à rire.

— Je me disais bien que c’était trop facile et qu’il y avait un truc qui collait pas. Et puis… comme tu sais toujours tout MaLou, si c’était comme ça que ça marchait, tu aurais gagné depuis longtemps.

Tout est dit ! (j’adore quand il paraît que MaLou sait toujours tout 😂 et que l’admiration dans les yeux de Millie brille, que du bonheur !).

© Isabelle -Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

L’atelier d’écriture chez Marie ici est relancé et j’avoue qu’il n’est pas facile ce nouveau défi. En voici l’intitulé : je vous invite à écrire de la poésie en prose (Ce genre se caractérise par sa brièveté, une apparente simplicité mais une densité bien réelle, une unité thématique, un jeu sur les images et une recherche de musicalité), sur le thème de l’odorat. Pas facile n’est-il pas vrai ?

Je me lance 😉

Lui, Elle et son parfum

Un parfum discret l’enveloppa. Il le reconnaitrait et La reconnaitrait. 
Un mélange de rose, une touche de cerise noire, il le et La respirait. 
Une histoire d’Amour entre Lui et Elle. 
Elle l’avait découvert par hasard et ne l’avait jamais quitté. Lui ou son parfum ? 
Subtil, ce parfum l’enivrait autant que Lui. 
Posé délicatement au creux de ses seins, il s’exhalait à chaque battement de cœur. 
Mélange de gourmandises de fruits rouges il la sublimait. Elle le savait et Lui, 
Il ne pouvait s’en détacher. Il savait qu’elle était là avant même de la voir. 
Indissociables, Lui ne pouvait l’imaginer sans lui. 
Une histoire d’Amour à trois, Lui, Elle et son parfum.


© Isabelle-Marie d’Angèle (Septembre 2022)




À très vite…

La cavale d’Alex

Bonjour toi 😉

Jour des enfants 💖

Alex venait d’emménager. Le camion était reparti et il regardait tous les cartons qui envahissaient le nouvel espace qu’il ne connaissait pas encore. Ses parents, pas trop disponibles, lui avaient fait comprendre gentiment qu’il devait les laisser tranquilles, alors il errait seul au hasard. Elles étaient vides et froides. Seuls les meubles bien connus déjà installés le rassuraient : ici, le bahut de la cuisine, là, la banquette du salon où il se nichait dans les bras de maman d’habitude.

Il grimpa l’escalier pour découvrir sa chambre. Son lit était arrivé et ses jouets aussi. Ses parents avaient recréé en premier son coin à lui pour qu’il ne se sente pas trop dépaysé, mais Alex avait le cœur gros, il était tout seul. Enfin, pas tout à fait, Zébra son doudou lui faisait de l’œil depuis la couette. Il le serra contre lui.

Soudain, une musique extérieure vint lui taquiner les oreilles. Il s’approcha de la fenêtre et s’y s’accouda. Il remarqua une énorme bâtisse style château comme dans ses livres de chevalier de l’autre côté de la haie. Elle l’appelait cette maison ! Curieux, il quitta sa chambre abandonnant Zébra, à cinq ans il était grand. Ils’aventura dans le jardin.

La haie était haute, aucun moyen de regarder au-dessus. Alors il se baissa. Ce n’était pas mieux.

Il avança à quatre pattes pour chercher un trou qui lui permettrait de voir ce qu’il se passait derrière. Il réussit à y enfourner la tête et se trouva nez à nez avec une truffe humide. Un coup de langue bleue lui balaya la figure. Alex se recula, surpris. Il aperçut alors deux pattes qui grattaient à toute vitesse. Un chemin se dessina. Le petit garçon le suivit et passa sous la haie. Il découvrit son nouvel ami qui remuait la queue de plaisir. Un superbe Chow-chow le regardait avec des yeux remplis d’amour. Alex enfouit ses mains dans la tête de lion toute douce. Il n’avait jamais vu un tel animal. Quand celui-ci se coucha à ses pieds, il n’hésita pas, il grimpa sur son dos. Comme s’il n’attendait que ça, le chien se leva calmement et tous deux, ils partirent à la découverte du jardin.

Fleurs à profusion multicolores, allées parsemées de jolis cailloux rosés, Alex se croyait le chef de ce royaume. Il regrettait son costume de chevalier, c’est sûr qu’avec son épée et son bouclier, il aurait été magnifique.

— Charlot ? Charlot ? 

Une petite voix inquiète appelait. Le chien dressa les oreilles et démarra brutalement. Alex se cramponna à la crinière pour ne pas tomber. Il faillit éclater de rire parce que ça devenait très excitant cette histoire, mais en même temps il avait la trouille.

S’ensuivit alors une course effrénée à travers les pelouses qui stoppa net aux pieds d’une brunette en larmes devant le perron de la grande bâtisse. Alex passa par-dessus la tête de l’animal et s’écrasa à plat ventre. Vexé et un peu étourdi par la chute il resta au sol.

— Tu t’es fait mal ?

Le chien, du museau, bousculait le gamin pour qu’il se relève. Alex se mit debout, regarda ses genoux écorchés et ravala ses larmes. Il n’allait pas pleurer devant une fille quand même !

— T’as mal ? La fillette désignait ses genoux.

— Non.

— Comment tu t’appelles ? Moi c’est Rose.

— Alex.

— Bonjour Alex.

Elle l’embrassa sur la joue.

— T’as plus mal ? Maman me fait toujours ça, elle dit que c’est un bisou magique.

Ils avaient les mêmes mamans, lui aussi y avait droit quand il avait du chagrin. Il regarda mieux la fillette : deux couettes avec des élastiques roses, des yeux bleus…

— J’ai quatre ans, et toi ?

Elle n’attendit pas la réponse et se blottit contre son chien.

— Tu as fait connaissance avec Charlot ? Il est beau hein ? Il n’est rien que pour moi, mais je veux bien le partager avec toi. T’habites où ? Moi, ça ne fait pas longtemps que je suis arrivée ici. Mon papa, il voyage beaucoup et ma maman est triste quand il n’est pas là, alors il lui a acheté une grande maison avec des fleurs pour qu’elle le soit moins.

Alex commençait à ressentir des picotements aux genoux. Il baissa la tête et vit le sang couler. Il eut du mal à retenir ses larmes.

— Pourquoi tu pleures ?

Rose de sa petite main les essuya.

— Viens, maman va te soigner.

Pris de panique à l’idée qu’on lui pschit un truc qui pique, Alex refusa.

— Non ça va, je vais repartir.

Aussitôt, Charlot qui avait compris la demande du gamin, s’allongea pour qu’Alex puisse grimper sur son dos, Rose fit de même et passa ses mains autour de la taille de son nouveau compagnon. Le Chow-chow se mit en route, au pas. Arrivé devant la haie, Charlot s’allongea à nouveau et les enfants purent descendre. Alex fit une dernière caresse à l’animal et regarda Rose :

— Je vais passer dessous, ma maison est de l’autre côté, je viens d’emménager.

— Je peux venir avec toi ?

— Et ton chien, tu vas le laisser tout seul ?

— Non, il me suit partout.

Alex hésita, ses parents ne voulaient pas d’animal chez eux, mais peut-être qu’ils seraient trop occupés pour s’en rendre compte.

— D’accord, tu me suis.

Il passa le premier et se retrouva dans son jardin qui lui parut bien petit. Rien n’avait changé à part papa qui lui faisait de grands signes et accourait vers lui la mine sévère.

— Où étais-tu passé Alex ? Combien de fois faudra-t-il te dire de nous avertir quand tu pars dans tes excursions bizarres.

— J’étais juste de l’autre côté. Je te présente Rose et son chien, Charlot.

Les bras croisés et le regard fixé sur lui, son père l’interrogea :

— Tu recommences Alex ?

Le petit garçon se retourna et ne vit personne. Il se baissa pour montrer le trou dans la haie, Charlot n’avait peut-être pas pu passer. Rien. Il contempla ses genoux et soupira.

— Pardon, papa, je ne le ferai plus.

La tête basse, il repartit vers la maison, grimpa l’escalier et s’enferma dans sa chambre. Zébra l’attendait sagement sur son lit. Il regarda par la fenêtre. Rose lui faisait signe et Charlot aboyait joyeusement en sautant autour d’elle. Il entendit son père crier :

— J’espère que ce chien ne va pas faire ce bruit toute la journée !

Charlot se tut aussitôt et Rose envoya un baiser du bout des doigts à Alex.

Mais ça, c’était de l’autre côté.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022)

À très vite…

Histoire de couteaux et de fourchettes

Bonjour toi 😉

J’aime faire parler les objets alors j’ai imaginé ce que peuvent se raconter les couteaux et les fourchettes dans un tiroir. Pour corser un peu le travail d’écriture, j’ai lancé le jukebox qui m’a dressé quelques titres et je les ai insérés dans l’histoire.

Voici la playlist : Ne me quitte pas (Jacques Brel) – La recette (Slimane) – Ce soir (Amir) – Ps Je t’aime (Christophe Willem) – Sans moi (La Zarra) – Elle danse encore (Shym) – C’est bon (Emma Peters) – Coup de vieux (Bigflo et Oli). – On a pris le temps (grands corps malade) – Message personnel (Françoise Hardy) – Laisse aller (Claudio Capéo) – Encore et encore (Francis Cabrel) – C’est ma vie (Adamo).

Voici l’histoire 👇

– Je m’ennuie, soupire P’titedent

– Elle danse encore, répond en baillant L’Éplucheur, tu n’es pas près de sortir de ton tiroir, Laisse aller.

Il en avait assez d’éplucher encore et encore. Parfois les légumes étaient moches et flétris alors il s’échinait pour rien. Elle suivait pourtant la recette, mais elle n’était vraiment pas douée et souvent parce qu’elle était très occupée, elle oubliait ses carottes et patates dans un coin.

– On n’est pas bien tous les deux murmura L’Éplucheur en se rapprochant de P’titedent. Le tiroir est bien rangé et…

– Pas si bien que ça, rit P’tite dent, qu’est-ce que tu fais dans ma rangée ? Tu ne devrais pas être avec tes potes ?

– Elle s’est encore trompée et puis je ne les aime pas trop les autres, trop pointus parfois ils me piquent quant à CoupePain avec ses dents de requin, il fait le malin.

– Tu as pris Un coup de vieux l’ami, clama Opinel du fin fond de l’armoire, tu radotes. Un jour Elle va te mettre à la poubelle. Avec un peu de chance, tu seras recyclé.

– Parle pour toi, regarde où elle t’a fourré, rugit L’Éplucheur.

– Je suis avec le Laguiole tandis que toi, allez avoue, t’es où ? Nulle part. En fait, tu n’as pas ta place ici. Je me demande où elle t’a dégoté d’ailleurs, Elle qui est fan de couteaux. Tu ne ressembles à rien, tu es tout petit et racorni.

L’Éplucheur se regarda. Effectivement, il n’avait aucun poinçon qui attestait sa notoriété. P’titedent se rapprocha.

– Ne les écoute pas, ils font les malins parce qu’ils sont jaloux.

– N’empêche, tu pars souvent Sans moi et à chaque fois, je crie dans ma tête Ne me quitte pas mais tu t’en moques.

– Est-ce ma faute si Lui, préfère son Opinel ?

– Ouais, mais tu fais ta belle, d’ailleurs, tu te maries avec tous, toi ! Tandis que moi, je sers pour éplucher les carottes, les pommes de terre… Je ne suis jamais astiqué. Toi, tu brilles comme les autres.

– Et c’est reparti ronchonna Opinel. On n’est pas de la même classe que veux-tu que je te dise ! On a pris le temps de te l’expliquer quand même !

– Vous faîtes les malins, mais s’il n’était pas là, réagit p’tite dent, vous ne sortiriez pas beaucoup de votre tiroir. Il faut bien que les légumes soient déshabillés pour que vous puissiez entrer en action.

– Regarde-la protéger son amoureux, ricana Opinel, c’est un vrai message personnel que tu lui envoies là ! Comme s’il ne pouvait pas se défendre tout seul.

L’Éplucheur commençait à s’agacer. La musique s’était arrêtée. Il entendit qu’Elle s’approchait de l’armoire en chantonnant. La lumière se fit d’un coup et le tiroir fut tiré d’un coup sec, ils se cognèrent les uns contre les autres mettant ainsi la pagaille.

L’Éplucheur se retrouva collé contre P’titedent qui murmura :

— Ps Je t’aime.

Il l’entendit à peine, il fut enlevé dans les airs et se retrouva près d’une feuille de papier journal et de quelques courgettes. Saisi par une main adroite, il se mit à chantonner en épluchant : C’est bon de faire ce travail, si je n’étais pas là, qui le ferait ? Les autres couteaux ne savaient pas faire comme moi.

Les pelures des légumes tombaient régulières et L’Éplucheur se sentait fier. Bien sûr, il n’était jamais à l’honneur sur la table décorée, il n’accompagnait jamais P’titedent et il restait souvent sur l’évier, attendant qu’on le nettoie avant d’être rangé alors que les autres partaient. C’est ma vie pensa-t-il et finalement il en était fier.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Voici revenu l’atelier d’écriture de Marie ici et la consigne était celle-ci : Je vous propose d’écrire un texte à partir de la phrase d’introduction suivante: “On ne lui connaissait pas de nom mais dans le village les rumeurs allaient bon train…”

Voici mon texte 👇

Ambre

Phil se souvenait encore de la gamine qui s’était plantée devant lui un matin.

— Comment tu t’appelles ?

— J’sais pas !

Une larme coulait et comme Phil était passionné par les pierres, il choisit de l’appeler Ambre, peut-être aussi parce que ses yeux noyés avaient cette couleur.

Elle tenait serré contre elle un doudou en forme de cœur rouge.

— Tu viens d’où ?

— J’sais pas.

Phil décida de la prendre sous son aile, il était certain que Marius accepterait de l’héberger.

Quand on est gosse, on croit que tout est possible. Lorsqu’il vit la tête de son père à la vue de la petite accrochée à sa main, il sentit que ça n’allait pas marcher comme sur des roulettes, mais il lui fit confiance et il eut raison.

Papa Marius accueillit sa protégée comme si elle était sa fille. Il était comme ça Marius, il faisait fi de toutes les lois. Il s’en moquait même. Cette gamine avait besoin d’aide, il lui en apporterait.

Il évalua son âge en un clin d’œil et appela Joséphine. Elle débarqua avec des coupons de tissus et des vêtements qui pourraient faire l’affaire, le temps qu’elle lui couse les siens.

Aux habitants du village, il clama que son fils l’avait trouvée et qu’il n’allait pas la laisser sans manger et toute nue. Il fit passer son ami médecin qui l’ausculta sous toutes les coutures. La gamine allait bien à part cette amnésie qui la privait de ses souvenirs. Marius n’écouta que son cœur et accepta le prénom d’Ambre choisi par Phil.

L’instit était un copain d’enfance, il prit la petite nouvelle dans l’unique classe qui faisait tous les niveaux. Phil lui fit une place à côté de lui et lui prêta ses crayons, en attendant qu’elle ait sa trousse bien à elle.

C’était un tout petit village, alors comme on ne connaissait pas le nom de la gamine, les rumeurs allaient bon train, on parlait d’un abandon comme on abandonnait un chien à une affaire sordide dont elle avait été témoin.

Comment Marius fit-il pour que Ambre ne soit jamais ennuyée, c’est un grand mystère. Elle alla au collège puis au lycée et désormais, elle portait le nom de Marius.

Elle fit des études d’infirmière alors que Phil voulait être médecin, là aussi, comment Marius eut droit aux bourses pour les deux gamins, mystère.

Une fois son diplôme en poche, elle s’installa là où elle avait été trouvée en tant que libérale et Phil ouvrit un cabinet médical à côté de l’école.

Aujourd’hui le village s’est agrandi et à part Marius et son ami l’instituteur, peu d’habitants se souviennent qu’elle n’avait pas de nom et que les rumeurs sur son compte allaient bon train.

D’ailleurs, il n’y a pas de plaque pour annoncer qu’une infirmière est au village, pas la peine, le bouche à oreilles fonctionne très bien pour dire que si t’as besoin de soins, il y a Ambre qui fait ça très bien.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Léon, Oscar, et les panneaux

Bonjour toi 😉.

T’étais-tu déjà posé la question pourquoi les panneaux savaient ? Mais savaient quoi ? Léon et Oscar ont compris eux !

Léon et Oscar, deux lascars de six ans, copains depuis la maternelle, voisins de surcroit et ayant déjà fait pas mal de bêtises ensemble, ont fait leur entrée en primaire et sont fiers de savoir lire ou à peu près.

En promenade avec leurs parents respectifs, ils s’amusaient à déchiffrer les panneaux d’affichage et les signalisations diverses.

Léon, le premier arrivé devant l’un d’eux, s’arrêta tout excité. Il cria à son compère qui courait derrière lui les joues cramoisies et essoufflé :

– Tu as vu le panneau, il est super intelligent, il sait qu’on est là !

– Pourquoi ?

Oscar reprenait son souffle.

– C’est écrit : vous… êtes… ici.

Léon déchiffrait mot à mot et il était fier de lire la phrase en entier.

– Vous êtes ici !

Oscar ne comprenait pas comment un panneau pouvait savoir qu’il était là. Il le contourna, s’accroupit, le toucha, et repartit à toute vitesse vers ses parents qui s’étaient attardés.

– Papa, maman, le panneau, il est drôlement fort, il sait qu’on est là !

– Ce n’est pas la peine de hurler Oscar, commenta son père en souriant, mais voyons voir ce panneau !

– Dépêche-toi.

Oscar attrapa sa main et l’entraîna.

– Ne cours pas si vite, il ne va pas s’envoler ton panneau.

Maman préféra rester sur place avec les parents de Léon. Celui-ci était campé devant le tableau d’affichage.

– Vous êtes ici !

– C’est vrai que vous êtes là, dit papa, parfait.

– Comment il le sait ?

– Mystère !

Papa fit un clin d’œil à son fils.

– Allez les garçons, on continue.

Les voilà repartis gambadant de plus belle et Papa attendit les retardataires surveillant du coin de l’œil les deux gamins.

– Regarde un autre !

Oscar et Léon n’en revenaient pas. Vous êtes ici les narguait à nouveau.

– On est suivi, c’est sûr !

Ils se retournèrent, inquiets.

– Personne ! Tu sais quoi Léon, tu vas retourner à l’autre panneau et tu me diras ce qui est écrit.

Le voilà qui détala, dépassa ses parents interloqués et se planta devant.

– Vous êtes ici ! hurla Léon.

Oscar le rejoignit.

– On va demander à papa et maman si sur l’autre c’est encore écrit.

Ils repartirent en sens inverse, interrompant les adultes en grande conversation.

– Dis papa, tu veux pas aller voir sur le panneau là-bas, si c’est écrit vous êtes ici et…

– Léon, combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas nous interrompre !

– Mais c’est important, vite, il faut que tu ailles voir le panneau ! S’te-plait !

Les parents des deux compères se regardèrent en riant et acceptèrent de jouer le jeu, ils allongèrent donc le pas et se retrouvèrent devant un panneau qui indiquait effectivement vous êtes ici.

Léon et Oscar plus loin, leur faisaient de grands signes et hurlaient à qui mieux mieux :

– Nous aussi, c’est écrit vous êtes ici !

– Vous allez vous casser la voix à crier comme ça !

Un vieux monsieur appuyé sur sa canne, les contemplait sourcils froncés.

– Bien sûr que vous êtes ici, vous faites assez de bruit pour qu’on s’en rende compte vous avez même affolé mon chien !

Les deux petits n’étaient pas rassurés, mais Oscar plus bravache que son copain relèva le menton, frondeur.

– Et comment qu’il peut le savoir le panneau qu’on est là ?

– Parce que je lui ai dit !

Le papy toujours appuyé sur sa canne, les regarda dans les yeux. Oscar imperturbable continua :

– Ah oui, et à l’autre panneau aussi, tu lui as dit  ?

C’est à ce moment-là que leurs parents les rejoignirent. Ils’excusèrent auprès de l’inconnu du bavardage des deux garçonnets.

– Vous devriez leur expliquer.

– Quoi donc ? demanda le papa d’Oscar

– Que c’est moi qui renseigne les panneaux.

– Pardon ?

– Oui, dit Oscar, c’est lui tu vois, qui leur dit vous êtes ici, c’est gentil quand même, comme ça on n’est pas perdu ! Toi qui répète toujours de faire attention de ne pas se perdre, ben tu vois, le monsieur lui, il le dit au panneau.

Les parents sourirent avec indulgence, se demandant déjà, comment ils allaient expliquer à leurs garnements, que ce n’était pas tout à fait vrai cette histoire, mais Léon plus pragmatique interrogea :

– Tu fais comment avec ta canne, pour aller assez vite pour prévenir les panneaux ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022)

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Marie-Sophie continue de nous raconter sa vie au fil des jours…Je te présente les personnages tels que je les imagine 👇 et je te rappelle que tu peux trouver ici tout Marie-Sophie.

— Tu ne crois pas que tu vas un peu vite ?

Mélusine, assise face à moi dans la cuisine, nous buvons toutes deux notre premier café. Enzo dormait encore, il était tôt. Nous aimions bien nous retrouver alors que le jour pointait à peine. La fenêtre était ouverte et nous entendions au loin les cloches des vaches et des brebis qui attendaient leur départ pour le pré.

Mélusine, le nez dans son mug, leva les yeux vers moi. Elle en avait de la chance, mon amie, toujours jolie, même le matin au réveil, alors que moi, les cheveux étaient en bataille, elle, on dirait qu’elle sortait d’une gravure de mode.

— Quoi ? aboya-t-elle.

J’éclatai de rire. Sa mauvaise humeur avant le café restait légendaire.

— Je pensais justement que tu étais adorable.

Elle haussa les épaules et posa sa tasse.

— Tu n’as pas répondu à ma question MarieSophe. Cette… comment l’appelles-tu déjà ?

— Cybèle.

— Tu parles d’un nom ! Bref, je n’imagine pas du tout Archibald avec elle.

Jamais je n’aurais cru que ce serait Mélusine qui verrait ça d’un mauvais œil qu’enfin notre ami se case. Elle se resservit du café et m’en proposa. Je refusai.

— Je suis certaine qu’il va se passer quelque chose entre eux.

— Entre qui et qui ?

Nous n’avions pas entendu Morgan arriver. Il se pencha vers moi pour me piquer un baiser sur les lèvres. Jamais je ne me ferai à la manière qu’il a de se déplacer aussi discrètement. Je lui proposai du café qu’il accepta en souriant. Il ouvrit la porte du placard pour sortir sa tasse favorite. Quand il était là, j’avais l’impression que la pièce se rapetissait, il en imposait Morgan ! Il s’assit et m’invita à le rejoindre sur ses genoux. Mélusine murmura :

— Vous êtes mignons tous les deux. La belle et la bête !

Alors que je ne savais pas comment réagir, Morgan éclata de rire et Mélusine fit de même.

— Je parie que vous parliez de Cybèle Iraola, reprit Morgan, une fois leur crise d’hilarité terminée.

— MarieSophe pense qu’il se passe quelque chose entre Archibald et elle.

Il reposa sa tasse et tout en me caressant les cheveux répondit :

— Avant que ça n’arrive, il coulera de l’eau sous les ponts.

— Et pourquoi donc ?

— Archibald n’est pas basque, grommela-t-il.

— Et ?

Mélusine plongea son nez dans son mug, je suis certaine de l’avoir vu sourire comme si elle était ravie.

Morgan me poussa gentiment et se leva éludant la question.

— Je vais au marché et je vais en profiter pour acheter le pain. D’ailleurs, tu n’y vas pas aujourd’hui MarieSophe, à la boulangerie ?

Mélusine et moi haussâmes les sourcils en même temps.

— Ah d’accord c’est à moi d’être derrière le comptoir ?

Il rit.

— Alors à plus tard !

À nouveau, il m’embrassa et s’en fut par le jardin. Mélusine se leva et lava son mug. Elle se tourna ensuite vers moi.

— Je suis très heureuse pour toi, il est vraiment gentil Morgan. J’imagine que tu ne penses toujours pas t’installer chez lui ?

— Je viens d’emménager… à moins que tu veuilles la maison pour toi toute seule, lui glissais-je en lui faisant un clin d’œil.

— Pas du tout !

— Peut-être as-tu d’autres projets ?

Je voulais la faire réagir et l’inviter à se confier, mais elle répondit en soupirant :

— Si tu penses à François, tu fais fausse route. Décidément, c’est à croire que tu as vraiment envie de nous caser Archi et moi. Ce n’est pas parce que tu as trouvé chaussure à ton pied qu’il faut que cela soit pareil pour nous.

Je la rattrapais par le bras alors qu’elle allait m’abandonner dans la cuisine.

— Mélusine, excuse-moi si j’ai été indiscrète ou maladroite.

Elle me saisit la main.

— MarieSophe, je crois que je ne suis pas prête à laisser un homme entrer dans notre vie à Enzo et moi. Nous ne sommes pas bien comme ça ? Et je pense que pour Archibald c’est pareil.

Je dressai l’oreille. Saurait-elle quelque chose qui m’aurait échappé.

— Vous en avez parlé ?

— Pas besoin. Archi est dans son truc, il n’a pas la tête pour autre chose.

— Oui, mais ça peut changer.

— Enfin, MarieSophe qu’est-ce qu’il t’arrive ? Je vais me doucher et réveiller Enzo et nous partirons pour la crèche, c’est notre tour d’animer la matinée.

Elle a raison, pourquoi me suis-je mis ça dans la tête ? Je me secouai, après tout, ça ne me regardait pas.

Le village n’était pas grand, il avait l’avantage que nous pouvions nous déplacer à pied. Il y avait du monde à la boulangerie. Je fis signe à Morgan qui avait la côte derrière le comptoir, je reconnus son rire et sa voix. Il semblait très à l’aise avec chacun. Je remarquai qu’il y avait des gens des communes voisines. J’étais heureuse pour Archibald. Mélusine tenait la main d’Enzo et celui-ci ne put s’empêcher de lui échapper pour aller embrasser son parrain. Il commençait à être connu ce gamin et son arrivée dans la boutique ne passa pas inaperçue. Poli, il dit bonjour et s’empressa de passer derrière pour retrouver Archibald.

Évidemment, celui-ci nous rejoignit après avoir serré les mains des clients qui maintenant lui faisaient confiance.

Il nous embrassa, nous demanda des nouvelles, ce qui nous fit rire car nous nous voyions tous les jours, nous habitions ensemble.

— À ce soir.

Il repartait déjà abandonnant Enzo qui tenait une poche de croissants tout chauds.

— Il a dit que c’était pour les autres enfants.

Quand nous arrivâmes chez François qui nous accueillait avec un grand sourire, nous eûmes la surprise d’y trouver Cybèle.

— Je crois que vous vous connaissez, s’empressa d’annoncer le père d’Héloïse. Cybèle Iraola et son fils Bixente.

Médusées, Mélusine et moi saluâmes la jeune femme et découvrîmes son gamin en fauteuil roulant.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

J’adore les foulards, les petits, les grands, les XXL… alors l’idée m’est venue de le mettre à l’honneur via la poésie 😉

Le foulard fou

Choisi ce matin-là
Il égaillerait sa mine tristounette.
Au fond d’un tiroir, il se trouvait là
Assorti à sa chemisette. 

Les bras levés face à la glace,
Elle tentait de le nouer.
Inutile de se voiler la face, 
Ce chenapan glissait. 

Rattrapé, autour de son front
Elle l’enroula.
Taquin, sur ses yeux il glissa. 
Elle souffla et tint bon. 

Elle ne voyait plus rien,
Il glissa autour de son cou,
Qu’il était cabotin
Ce foulard fou.

Rageuse, elle tira d’un coup sec
Toussa et faillit s’étrangler.
Par-dessus sa tête, pas de break
Elle le fit voler. 

Toute ébouriffée à présent,
Elle avait l’air malin. 
De ses couleurs vives, la narguant
Il pendait, accroché à sa main. 

Enfin, tête en bas
Sur sa nuque le nouant
Elle le maîtrisa
Et sourit à pleines dents.

De bonheur, elle claqua des doigts
Ouvrit la porte, son voisin salua !
C’est alors qu’un vent coquin s’engouffra
Et délivra le foulard qui s’envola. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).
À très vite…

C’est la rentrée !

Bonjour toi 😉

Septembre te voici ! J’espère qu’il fera moins chaud 😉. En tout cas, je ne sais pas toi, mais le mois qui s’annonce et cette nouvelle saison me plait bien. Toutes ces couleurs qui apparaissent tous les jours me remplissent de bonheur. Ces nouveaux parfums qui me parviennent me font chaud au cœur même si l’été s’en va peu à peu.

Bon ce n’est pas tout ça, je souhaite à tous, une belle rentrée et à ce sujet je t’ai écrit une bafouille 😉et j’en profite pour te remercier pour tes gentils messages pour me souhaiter un bon retour. Maintenant, je n’ai plus qu’à… je t’ai promis plein de surprises…😂 allez c’est parti.

La rentrée

J’ai préparé mes cahiers
J’ai rangé mon maillot, 
J’ai sorti mes stylos
Et mon jeans rayé. 

Retrouver mes copines
Perdues de vue depuis deux mois
Nous avons toutes bonne mine
Et le cœur en émoi. 

Les petits pleurent
Ils ne veulent pas lâcher Maman.
Moi je regarde l’heure
La rentrée c’est maintenant. 

Le parfum est toujours le même
Celui de la rentrée
Je m’assois près de Marlène
J’ai le cœur en berne. 

Finies les vacances
Le sable chaud et les interminables soirées.
J’en ai bien conscience 
La rentrée, c’est commencé. 

Par la fenêtre
Mon regard s’évade
Arrête Arrête
Cette sérénade. 

Les vacances sont finies
Je contemple le tableau
Adieu le Bikini
Nouvel emploi du temps pas rigolo. 

Math Français
Sciences histoire-géo
L’aiguille s’est arrêtée
La rentrée c’est pas cadeau. 

Haut les cœurs,
Nouvelle année
 À écrire et le bonheur
Pointera son nez. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Septembre 2022).
À très vite…

Petit Paul et le recyclage

Bonjour toi 😉

C’est mercredi et Petit Paul a une question, je te laisse avec lui et son papa.

Petit Paul regarde son papa installer les différentes poubelles : jaune pour le plastique, verte pour le verre, bleue pour le carton.

— Et tu trouves ça joli toi ?

Petit Paul, les mains derrière le dos, est planté devant cet étalage.

— En plus, il t’en manque.

Son père qui trouve aussi que ce tri sélectif dans le cellier prend une place pas possible réplique aussitôt :

— Celle des ordures ménagères est dans la cuisine sous l’évier.

— Je ne te parle pas de celle-là ! Moi, je la verrais bien rose.

Papa hausse les sourcils. Qu’est-ce que son fils a encore dans la tête.

— Ben oui, vu qu’on recycle tout, pourquoi ne pas le faire avec les animaux quand ils sont morts. Ils pourraient bien avoir une deuxième vie non ? Regarde, ils font bien la pub pour un grille-pain, la dame qui pleure parce qu’elle ne peut plus s’en servir, elle est malheureuse quand elle le porte dans la poubelle écosystème. C’est pareil… moi j’aurais bien aimé que mon chat ait été recyclé.

Devant le silence de son père qui ne s’attendait pas à ça, il continue.

— Peut-être qu’il l’est, mais autrement. Tu t’en souviens de la pub ?

— Heu…

— Fais un effort papa. Elle l’a reconnu dans une bouilloire.

Un grille-pain en bouilloire, soit ! Le papa de Petit Paul n’imagine pas le chat Léo recyclé en…

— Peut-être qu’il est recyclé en souris.

Papa a du mal à se retenir de rire. Imaginer le gros chat de gouttière en souris, alors là !

— C’est pas drôle. Je l’aimais bien mon chat. Si j’avais une poubelle rose, j’y mettrais les photos de ce qui disparait et peut-être que… c’est comme ma boîte à bisous. Tu sais, quand toi ou maman venez me dire bonsoir avant que je m’endorme, j’enferme les bisous dans ma boîte, comme ça, quand j’en ai envie, j’ouvre ma boîte et je fais comme si vous étiez avec moi, ça m’a bien servi à l’école.

Papa serre la main de son petit garçon.

— Alors, tu crois que tu vas en trouver une de poubelle rose ?

— Tu sais Petit Paul, je ne suis pas certain que…

— Il faut y croire papa, moi j’y crois. Léo peut être recyclé.

— En souris ?

Petit Paul fait un clin d’œil à son père.

— Ou en chat.

Papa ébouriffe les cheveux de son gamin et éclate de rire.

— Bien joué ! C’est tout ce que tu as trouvé pour me demander d’avoir un autre chat ?

Petit Paul ne répond pas. Il se gratte la tête signe de réflexion chez ce petit bonhomme.

— C’est dommage qu’on ne puisse pas le faire avec les humains. Tu t’en rends compte que ça…

— Petit Paul que dirais-tu d’aller retrouver maman ?

— Ouais, mais on reprendra cette conversation, hein, papa ?

Le plus tard possible, mon bonhomme pense son père. N’empêche, une poubelle rose… il sourit, si c’était si facile…

© Isabelle -Marie d’Angèle (Août 2022)

À très vite…