Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Et si je partageais le chapitre suivant ? 😏

Chapitre 15

Daniel regarda sa femme. Heureusement qu’il lui en avait parlé, sinon il aurait pensé qu’il devenait fou.

— Coralie, il va falloir faire très attention chez nous. Peut-être y-at-il des micros, des caméras. Je ne peux pas faire venir une équipe sans éveiller les soupçons de ce tordu.

— Tu veux dire qu’il me voit quand je suis dans la salle de bains ? Quand nous sommes ensemble dans notre chambre ?

— Je ne sais pas. La première chose que nous allons faire c’est que tu vas me montrer la pièce où tu étais avec lui.

— Et s’il s’en rend compte ?

— J’imagine qu’il a désiré que tu la connaisses, cela fait partie de son plan diabolique.

— Pourquoi ?

— C’est quelqu’un qui m’en veut, je n’ai pas encore trouvé pourquoi. Le soir où tu étais avec lui, Esteban était dans le parc. Il a aperçu la lumière et vos deux silhouettes. Quand je suis allé le voir, il m’a demandé si j’étais avec toi. Tu connais la réponse.

— C’est pour ça que tu n’es pas monté tout de suite. Mais alors… Il ne m’a pas suivi. Il est donc resté en haut ?

Coralie se mit en colère.

— Tu vas faire quelque chose Daniel ?

— Promets-moi de ne jamais m’oublier et que je t’aime.

— Pourquoi me dis-tu ça ? Tu me fais peur !

— S’il est vraiment très fort, peut-être parviendra-t-il à me prendre de vitesse et que tu croiras être avec moi alors que tu seras avec lui.

— Jamais je ne pourrais te confondre.

— Tu l’as bien fait une fois. Surtout, ne parle jamais de ma signature. C’est bien la seule chose qu’il ne connaît pas.

— Il y a autre chose…

Elle sourit.

— Notre mot magique, nous ne sommes que tous les deux à savoir.

Il lui caressa le visage.

— Peut-être l’avons-nous déjà dit et qu’il l’a entendu.

— Tu m’agaces Dany. Il n’a pas tous tes grains de beauté non plus, j’en suis certaine.

— Il faudrait alors qu’il se déshabille pour que tu comprennes qu’il est l’imposteur ?

Elle baissa la tête.

— J’y pense ! Tu es allergique aux kiwis. Si j’en mets à table et qu’il en mange, je saurais que ce n’est pas toi.

— Écoute Coralie, ce sera plus subtil que ça pour le coincer. Je te demande donc de rester naturelle chez nous et surtout d’agir comme une professionnelle. Pourquoi ne pas nous disputer ? Je partirais de la maison…

— Et tu me laisseras toute seule ?

— Non, mais si nous nous engueulons régulièrement, nous allons faire chambre à part, nous ne nous embrasserons plus, du coup, ça va être compliqué pour lui.

— Essayons !

— Tu ne dis rien à tes collègues, compris !

— S’ils se rendent compte que nous sommes fâchés, ils vont se poser des questions.

— D’accord ! alors nous allons les convoquer au bureau et nous allons monter un plan.

Il caressa tendrement son visage. Elle prit une bouchée de panettone pour lui faire plaisir, elle avait l’appétit coupé.

****

Avec l’argent, c’est tellement facile. Pour quelques billets, les scrupules s’envolent. Certaines personnes n’ont plus rien à perdre, alors qu’elles terminent en prison ou qu’elles se fassent exterminer leur est égal. Elles n’ont souvent plus de famille et personne qui les regrettera.

****

— Bonjour monsieur le Procureur !

— Je vous ai convoqué parce que j’ai un sérieux problème. J’aimerais que vous m’expliquiez ce que vous faisiez chez Frédéric Marteau, le soir du meurtre de sa compagne.

— Ce n’était pas moi, monsieur. La voisine l’a d’ailleurs confirmé. Elle a trouvé qu’il était plus grand.

— Ce n’est pas ce que raconte son mari.

— Son mari ?

— Ne faites pas l’imbécile Faventiny, et cessez de faire le perroquet.

Daniel se tut. Il n’avait pas le souvenir qu’elle avait un homme dans sa vie.

— D’autre part, le chirurgien Marteau a demandé où vous en étiez.

— Vous connaissez bien cet homme ?

— Il a aidé ma femme à un moment difficile. Bref… je souhaiterais lui renvoyer l’ascenseur et régler cette affaire rapidement.

— Nous avons un autre problème dont je ne vous ai pas encore parlé. La compagne de Marteau a une sœur jumelle, Cécilia Joly. Le soir du meurtre, elles se sont échangées parce que Cécilia avait peur du toubib.

— Pardon ? Qu’est-ce que vous me racontez ?

— Martine Joly est morte et Marteau croit que c’est sa concubine, alors que c’est sa frangine.  Rappelez-vous que nous avons trouvé un papier avec mes coordonnées dessus. Cette femme savait quelque chose et c’est pour ça qu’elle a été assassinée. Quelqu’un veut se faire passer pour moi monsieur le Procureur, il est chez moi, il parle avec Coralie.

— Mais vous êtes fou !

— Non, demandez à Coralie. Elle était avec lui dans une pièce que nous n’avons jamais découverte. Il lui a montré un mécanisme, le mur a basculé.

— Vous l’avez vu, vous ?

— Pas encore.

— Très bien, je veux en avoir le cœur net. Convoquez votre femme et allons donc visiter cette fameuse pièce.

— Je vous avais dit Commandant qu’il fallait lui en parler le plus vite possible.

— C’est chose faite. Nous allons résoudre enfin ce problème.

Coralie était déjà sur place. Fébrile, elle n’avait pas osé monter au 2e étage.

Quand elle vit arriver son mari suivi du Procureur, elle se sentit rassurée.

— Bonjour madame Faventiny. Allons ne perdons pas de temps.

Daniel passa devant lui et grimpa les deux étages rapidement. Il entra dans le bureau et s’approcha de la bibliothèque. Coralie contempla les planches vides, toucha le bois, chercha, soupira, et contempla son mari. Elle avoua qu’elle ne retrouvait pas l’endroit.

— Comment ça tu ne t’en souviens pas ma chérie ? Regarde !

Daniel appuya sur un mécanisme que lui seul maîtrisait et la porte s’ouvrit.

— Putain ! Tu as oublié de mettre de l’essence dans la voiture, Hugo ? Qui est le dernier qui s’en est servi ?

— Non Commandant, j’ai fait le plein avant de partir. C’est sûr ! Vous pourrez vérifier. J’ai encore le ticket.

— Merde, ça sent le coup fourré à plein nez ! appelle le Proc. Immédiatement.

Le Procureur fronça les sourcils. Il regarda Coralie qui semblait très surprise. Le portable du magistrat vibra. Il le saisit et se détourna de la porte. Celle-ci se referma Faventiny à l’intérieur. Un rire se fit entendre. Coralie se laissa tomber au sol.

— Monsieur le Procureur ? C’est Faventiny à l’appareil, dites-moi que vous êtes seul avec ma femme ? Allo ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Bien sûr que non je n’ai pas oublié les fans de mon thriller, ce n’est pas parce que c’est le mois de décembre pas vrai ? 😉😊.

Voici donc la suite 😊

Chapitre 14

— Coralie, il faut qu’on se parle.

Faventiny, cette fois ne tergiversait plus, ça devenait trop grave. Ce Frédéric Marteau, il ne le sentait pas. Il allait finalement écouter ses collègues et tout raconter à sa femme.

— Maintenant ? Je suis occupée Daniel !

— C’est urgent.

— Ce soir à la maison ?

— Pas chez nous.

— Retrouve-moi ici alors !

— Non, il y a une petite brasserie face au commissariat.

— Mais enfin, je ne suis déjà pas en avance.

Il aurait pu répondre qu’elle n’aurait pas dû rencontrer son copain le toubib. Il n’en fit rien.

— Je viens te chercher.

Il ne lui laissa pas le temps de répliquer, il raccrocha.

— Vous avez raison Commandant ! il faut agir vite.

— Commandant ? Le docteur Marteau est à l’’accueil, il souhaite vous parler.

Les trois hommes se consultèrent du regard. C’est Hugo qui se sacrifia pour le ramener dans le bureau.

— Vous restez là, je veux que vous entendiez vous aussi ce qu’il va me raconter.

Frédéric Marteau entra et s’approcha main tendue vers Daniel.

— Bonjour commandant, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je n’ai pas beaucoup de temps, j’ai déjà retardé mes rendez-vous de la matinée.

— Que puis-je faire pour vous ? S’il s’agit de votre enquête, je n’ai malheureusement pas de nouveaux indices, à part celui que vous aviez omis de nous signaler. La femme retrouvée assassinée chez vous n’était que votre compagne.

— Je ne venais pas pour ça. Puis-je m’assoir ?

Daniel désigna la chaise face à lui.

— Merci. Je suis très inquiet. Votre épouse, Coralie, a demandé à me rencontrer ce matin.

Faventiny ne bougea pas ni ses collègues.

— Vous n’êtes pas sans savoir que nous étions copains de fac et que nous avons fait nos études de médecine ensemble. Nous nous étions perdus de vue et il a fallu ce meurtre abominable pour que nous nous retrouvions.

— Venons en fait, je vous prie. Vous disiez que vous étiez pressé.

— Coralie m’a raconté que quelqu’un se faisait passer pour vous. Elle m’a demandé de faire des recherches sur d’éventuels patients qui auraient eu envie de changer de visage pour vous ressembler. Elle a ajouté qu’elle était inquiète parce que cette personne s’identifiait beaucoup à vous jusqu’à la voix. Comme j’étais très intéressé par le clonage de l’humain quand nous faisions nos études, elle s’en est rappelé. Je l’ai immédiatement rassurée. Il ne s’agit pas de ça dans votre cas, du moins je ne le pense pas. Je voulais aussi vous dire que ma voisine m’avait signalé qu’un inconnu vous ressemblant était venu chez moi, le soir du meurtre. Elle vous a reconnu lorsque vous êtes passé pour l’enquête. J’imagine que vous allez me dire qu’elle est très curieuse, mais si j’ajoute qu’elle a remarqué qu’il était plus petit que vous, j’ai réfléchi que ça pourrait peut-être rassurer votre femme.

— Votre voisine est bavarde aussi.

— C’est vrai. Elle m’a d’ailleurs averti que vous étiez au courant. Elle vous a fait passer sous le panier de basket.

Il sourit en repensant à ce détail.

— C’est quelqu’un cette bonne femme !

Faventiny et ses collègues restèrent dubitatifs.

— Vous n’en avez pas parlé à ma femme ?

— Si, mais j’ai oublié d’ajouter qu’il était plus petit que vous. J’étais pressé, vous comprenez.

Le silence s’installa. Frédéric Marteau se leva.

— Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. Je vais mener une enquête discrète de mon côté et si je trouve quelque chose, je vous appelle.

Il tendit la main à Faventiny qui machinalement lui serra. Deux secondes après, il était parti.

— Qu’en pensez-vous Commandant ?

Esteban regardait son supérieur, les sourcils froncés. Hugo prit la parole.

— J’ai oublié de te dire que ce matin quand j’ai aperçu ta femme, elle ne m’a pas vue. Mais le toubib si ! J’en suis certain.

Faventiny arriva à l’institut médico-légal peu de temps après la visite du médecin. Il avait ainsi une belle entrée en matière.

— Ah commandant ! Vous allez bien ?

Vincenzo lui serra la main et lui indiqua où se trouvait Coralie. Celle-ci enleva sa blouse, ses gants et son masque et le rejoignit avec le sourire.

— C’est vraiment important à ce que je vois.

Elle donna quelques consignes à Sophia et Vincenzo et enfila son manteau.

— Où m’emmènes-tu ?

— Chez Marcello !

Elle soupira d’aise.

Une pizzeria à l’ancienne. Marcello y servait aussi des petits-déjeuners.

— Buongiorno Daniele !

Marcello, habillé d’un tablier blanc à la manière de Tony dans La Belle et le Clochard accueillit le couple avec le sourire jusqu’aux oreilles. Une énorme moustache lui mangeait le visage, mais ses yeux bleus, emplis de malice, parlaient pour lui.

Il ne leur demanda même pas ce qu’ils désiraient et leur apporta deux cappuccinos accompagnés de deux tranches de panettone.

— Et ne me dis pas que tu n’as pas faim, tésoro .

Il envoya un baiser du bout des doigts à Coralie qu’il adorait appeler ma chérie dans sa langue.

— Ici, nous serons tranquilles pour bavarder.

Elle trempa ses lèvres dans la boisson chaude. Comme toujours, la mousse s’y colla. Il ne put s’empêcher de rire.

— Tu voulais m’annoncer quelque chose ?

— Frédéric Marteau est venu me parler. Vous vous êtes rencontrés ce matin ?

Elle posa sa tasse brusquement.

— Heureusement que je lui avais demandé d’être discret.

— Coralie, il y a un homme dans la maison qui se fait passer pour moi.

— Oui ça, je l’avais compris.

— Tu ne l’as jamais vu ?

Elle hésita.

— Alors, l’as-tu déjà rencontré ?

— Un matin.

Il fronça les sourcils.

— Quand ça ?

— Le jour où tu m’as appelée pour me demander où j’étais. Tu étais au téléphone et moi je regardais la voiture s’éloigner. J’avais été surprise que tu ne ranges pas ton arme.

— Tu ne l’as jamais revu ?

— Non.

— Tu es certaine ?

— Mais oui !

— Coralie, tu es bien allée dans une petite pièce au 2e étage ?

— Oui, c’est toi qui l’as découverte.

— Non, ce n’est pas moi. Je ne sais même pas comment on y entre.

— Il y a un mécanisme dans la bibliothèque, je crois.

Elle réalisa alors ce qu’il venait de dire.

— C’était l’autre ? Mais quelle horreur, je ne me suis rendu compte de rien. Imagine qu’il ait voulu m’embrasser ?

— T’es-tu rendu compte de sa taille ?

— Il est pareil que toi, quand j’étais à côté de lui, je n’ai pas vu de différence. Ce n’est pas celui qui a assassiné la femme de Frédéric alors ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

L’angoisse monte …

Chapitre 13

Le lendemain matin, alors que Coralie préparait le café, Daniel demanda sans la regarder.

— Elle est vraiment bien la pièce en haut du 2e étage !

Coralie versa le breuvage noir dans les tasses et répondit :

— Tu as éteint le radiateur ? Nous ne connaissons pas la facture d’électricité qui va nous tomber dessus. Cette maison est certainement un gouffre à chauffer.

Il accusa le coup, mais n’en montra rien. Il y avait bien un homme qui lui ressemblait, qui parlait avec sa femme se faisant passer pour lui, qui habitait avec eux et était à l’affût de leurs moindres gestes. Il avala son café rapidement prétextant des rendez-vous urgents et l’embrassa.

— Attends-moi, je pars en même temps que toi.

Elle mit les mugs dans l’évier, saisit son sac, ses clés de voiture et suivit son mari. Ils se firent un signe de la main au bout du chemin et filèrent chacun de leur côté.

— C’est une histoire de fous, Daniel !

Hugo Cortilla avait écouté avec attention le récit de son commandant.

— Nous avons donc deux affaires sur les bras. Le meurtre de la femme de Marteau et celui qui se fait passer pour moi.

— À ce propos, je vais recevoir sa sœur aujourd’hui, Cécilia Joly. La compagne du chirurgien s’appelait Martine Joly.

— Tu me tiens au courant Hugo. Esteban, nous allons repartir chez moi et nous allons trouver cette pièce. Coralie sait certainement comment y entrer, mais je ne me voyais pas décemment lui demander. Je pourrais ainsi démasquer plus facilement l’imposteur.

— C’est un jeu dangereux commandant. Imaginez qu’elle vous prenne vous, pour le méchant ! Elle n’a pas fait la différence hier soir. Il a donc votre voix, votre physique, il est habillé comme vous. Vous avez affaire à un solide adversaire. Pourquoi, vous ne voulez pas en parler au procureur ?

— Pour qu’il pense que je suis détraqué ?

— Peut-être que ça finira par arriver. Vous ne pourrez plus rien faire, une fois que vous serez derrière les barreaux. Il a quand même fait sortir un cadavre sous votre nom et toute votre équipe n’a rien remarqué. C’est juste votre signature qu’il ne maîtrise pas. 

— Allons chez moi, ouvrons l’œil et arrête de me vouvoyer.

Coralie se stationna à sa place habituelle. Avant de descendre, elle saisit son portable et composa un numéro.

— Docteur Marteau j’écoute !

— Frédéric ? C’est Coralie.

— Quelle bonne surprise ! Vous avez trouvé l’assassin de ma femme et c’est toi qui vas me l’annoncer ?

— Ce n’est pas pour ça que je t’appelle. Il faut que je te parle. Tu es libre pour déjeuner ?

— Aujourd’hui ?

Elle l’entendit remuer des papiers. Il devait certainement consulter son agenda.

— Je ne vais pas pouvoir, mais j’ai un peu de temps avant mes premiers rendez-vous de la matinée. Rejoins-moi au bar en face de l’hôpital.

— C’est d’accord, je te remercie.

Elle repéra son copain de fac rapidement. Il avait commandé un café et tenait sa tasse à la main quand elle parvint jusqu’à lui. Il se leva aussitôt pour la saluer. Ils s’embrassèrent comme au bon vieux temps.

— Comme toujours, un café à la main, tu n’as pas changé.

— Comme tu vois. Alors, raconte-moi ce qui te tracasse, je n’ai pas beaucoup de temps.

— Tu vas toujours à l’essentiel toi !

Elle leva le bras pour appeler le garçon.

— Un chocolat me fera du bien.

Le serveur prit sa commande.

— Fred, il y a un type qui se fait passer pour mon mari. Tu crois que c’est possible de faire un truc pareil ?

Il en lâcha sa tasse et le café se répandit sur la table. Aussitôt, le garçon vint nettoyer et en proposa un autre que Fred accepta.

— Qu’est-ce que tu sous-entends ?

— Je suis certaine que quelqu’un veut se faire passer pour lui. Il a son visage et souhaite lui ressembler. Je me souviens que tu avais la phobie de ça quand nous faisions nos études, que quelqu’un puisse voler l’identité d’une personne en prenant sa tête. Tu riais parce que tu pensais que personne ne t’aurait envié ton physique, mais tu soutenais que l’idée de cloner des humains de cette façon…

— Attends je t’arrête tout de suite. Le clonage, ce n’est pas la même chose. Tu parles juste de l’apparence si j’ai bien compris. Tu en as discuté avec ton flic ?

— Bien sûr que non, je ne veux pas l’inquiéter.

— Tu devrais, c’est grave.

— S’il sait que je suis venue te voir alors qu’il y a une enquête sur toi, il ne va pas apprécier. Je compte sur ta discrétion.

— D’ailleurs, où en est-on ?

— Je ne suis pas dans les confidences. Par contre… pourquoi as-tu fait croire que Martine était ta femme ?

— C’était plus facile que de dire ma compagne. De plus, personne ne m’a rien demandé.

— Fred, arrête tes sarcasmes. Tu as une enquête criminelle sur le dos, il va bien falloir qu’on trouve qui a tué ton amie.

— Justement… il paraît qu’un homme qui ressemble à ton mari est venu chez moi le soir du meurtre, murmura-t-il mi-figue mi-raisin.

Coralie, surprise ne répondit pas. Il ajouta :

— C’est la voisine qui me l’a dit.

— Tu comprends bien que Daniel est visé. Tu pourrais te renseigner parmi tes collègues ? Un inconnu aurait pu demander des choses bizarres comme refaire son visage et…

— J’en vois tous les jours des gens comme ça Coralie. En général, ils viennent avec une photo. Mais promis, je vais voir ça pour toi.

— Tiens-toi à carreau concernant l’enquête. Je sais bien que tu ne serais pas capable de faire de mal à une mouche, moi ! Peut-être as-tu des ennemis et que c’est à toi qu’on en voulait après tout ?

Stupéfait, il la contempla.

— Je n’avais même pas pensé à cette idée. Ton commandant serait d’accord avec cette hypothèse ?

— Nous ne parlons jamais boulot à la maison.

Elle se leva.

— Je m’en vais, tu as du travail et moi aussi. Merci de m’avoir écoutée. Je paie en sortant.

— Laisse, c’est pour moi.

Daniel Faventiny et Esteban Blaviso étaient désappointés. Ils avaient tout essayé pour trouver un éventuel bouton qui délivrerait un passage. Ils avaient fait chou blanc. Le commandant était furieux.

— Incroyable ! Où est donc planquée cette fichue fenêtre ?

— Je ne vois qu’une solution, demander à votre femme. Vous avez tort de vous taire. Cette histoire va tourner mal.

— Pour le choper ce tordu, je n’ai que cette solution.

— Désolé, je ne suis pas d’accord.

— Cherchons encore.

Son portable bipa.

— Oui Hugo !

Le silence s’installa au fur et à mesure que Faventiny écoutait son collègue. Esteban semblait lire sur le visage de Faventiny sa stupéfaction. Quand il rangea son téléphone, il donna un coup de poing sur le mur.

— Commandant ?

— Cécilia Joly est la jumelle de Martine, et c’est elle la véritable compagne de Marteau. Elles s’étaient échangées parce que Cécilia avait peur du toubib. Le problème c’est qu’elle ne veut pas parler et on n’a rien pour l’obliger à le faire, surtout si elle est en danger. Il ne faut surtout pas que le médecin l’apprenne.

— Il y a donc bien un souci avec lui.

— Pas que… Hugo en passant devant l’hôpital ce matin a aperçu Marteau qui sortait du bar d’en face. Ma femme était avec lui.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

À suivre…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

J’ ai cru comprendre que tu étais impatiente de connaître la suite de mon thriller 😉 alors là voilà 😊.

Chapitre 12

Coralie, je sais que tu n’y verras que du feu. J’ai bien potassé mon rôle et cette fois je suis sûr de moi.

L’ambiance était tendue chez les Faventiny. Coralie regardait son mari à la dérobée. Il semblait être normal. Il avait déposé son arme comme d’habitude, l’avait embrassée. Ils parlaient peu du travail quand ils étaient ensemble.

—  Ton enquête avance ?

—  Les voisins n’ont pas aperçu grand-chose. Ah si…

Daniel hésita et finalement ajouta.

—  La plus proche de la maison du toubib a vu un homme le soir de l’agression. Il me ressemblait. Elle a même pensé que c’était moi lorsqu’Esteban l’interrogeait et que je l’attendais à la voiture. Mais quand elle fut face à moi, elle s’est rendu compte que j’étais plus grand.

—  Et comment a-t-elle su ça ?

—  Je ne me suis pas baissée en passant sous le panier de basket.

Daniel rit.

—  Rudement observatrice la voisine. Elle ferait un bon flic.

Coralie ne répondit pas. Elle pensa aussitôt qu’elle n’avait pas fait attention à la taille de l’homme venu chez eux. Elle frissonna.

—  Tu as froid ?

Il s’approcha d’elle pour la serrer dans ses bras. Elle se raidit aussitôt.

—  Désolée, je ne me sens pas en forme ce soir. Je vais aller me coucher. Demain, je dois me lever tôt. Bonne nuit Daniel.

S’il fut surpris, il n’en montra rien et la laissa monter. Il s’installa dans la pièce qui faisait office de bureau et consulta ses mails.

Coralie avait enfilé un pyjama et se démaquillait dans la salle de bains quand Daniel apparut derrière elle dans le miroir.

—  Finalement, tu viens aussi te coucher ? lui demanda-t-elle.

—  Tu m’as inquiété, tu n’es pas malade ?

—  Mais non, je suis fatiguée. Tu ne voulais pas travailler ?

Il s’approcha d’elle et entortilla une mèche de ses cheveux autour de son doigt.

—  Il faut que je te montre quelque chose. Tu sais, la pièce où la porte fait toujours du bruit parce qu’elle claque ? Il y a une autre qu’on ne voit pas, comme un passage secret.

—  Qu’est-ce que tu dis ? Tu penses que quelqu’un peut entrer par cet endroit ?

Coralie n’était pas rassurée. Il l’a prit par la main et l’entraina dans l’escalier.

—  Viens, tu t’en rendras compte par toi-même !

Elle le suivit sans hésitation.

En effet, au deuxième étage, il y avait effectivement une bibliothèque, vide de livres.

—  Regarde !

Il appuya sur un mécanisme qu’il lui montra. Le meuble s’écarta et une pièce agréable et cosy se dévoila.

Coralie stupéfaite n’y entra pas.

—  Comment as-tu trouvé ça ?

—  C’est Esteban et Hugo qui m’ont mis la puce à l’oreille en me parlant de cette porte qui claquait toujours. Ne crains rien, elle est sympa cette pièce.

—  On dirait qu’elle est habitée.

—  Mais non, elle est juste en très bon état. Peut-être que les anciens propriétaires aimaient avoir un coin bien à eux. Depuis la fenêtre, on voit bien ce qu’il se passe à l’extérieur. Regarde !

Coralie entra et se dirigea vers elle. La nuit s’était installée, mais grâce à un beau clair de lune, elle put apercevoir le chemin qui menait à la route et plus loin la mare qui scintillait.

—  Il y fait bon dis-donc !

—  Oui, il y a un radiateur.

—  Nous allons avoir une sacrée facture d’électricité. Si nous ne venons pas ici, il faudra l’éteindre, ça ne sert à rien de chauffer.

—  Tu as raison, je n’y avais pas réfléchi.

—  Je vais me coucher. Tu me rejoins ?

—  Je te suis.

Elle quitta la pièce la première. Arrivée à sa chambre, elle remarqua que la lumière était restée dans le salon. Elle pensa que son mari allait certainement redescendre travailler.

Daniel éteignit son ordinateur et aperçut une lampe dans le parc. Il alla chercher son arme dans l’entrée et sortit sans faire de bruit.

—  Esteban ?

— Ah commandant ! Comment m’avez-vous vu ?

— Tu as allumé ton plafonnier !

— Je ne suis vraiment pas doué pour les planques.

— Qu’est-ce que tu fous ici ?

— Je suis inquiet. Avec Hugo, on s’est dit qu’on pourrait venir surveiller chacun à son tour.

— Vous n’allez pas dormir ? C’est idiot Esteban, je ne risque rien.

— J’ai vu de la lumière là-haut, à la petite fenêtre au dernier étage.

— C’est la pièce que nous avons découverte avec la porte qui claque. Coralie y est peut-être ! Elle est montée.

— Vous y étiez aussi ?

— Pas du tout, j’étais dans mon bureau.

— Je suis certain d’avoir aperçu deux silhouettes.

— Tu as dû rêver !

— Non ! C’est pour ça que j’ai allumé le plafonnier justement, je cherchais mon portable pour vous appeler. Vous devriez aller voir si votre femme est couchée !

— Je ne veux pas l’effrayer.

— Commandant, ça ne vous ressemble pas. Vous êtes un bon flic et normalement vous sentez les embrouilles avant tout le monde. C’est le mariage qui vous a retourné le cerveau ?

S’il ne se comprenait pas l’inquiétude de son collègue, Faventiny aurait éclaté de rire. Il préféra prendre au sérieux sa demande.

— D’accord, je vais voir où est Coralie et je vais faire un tour là-haut. Je te ferais signe de la fenêtre. Tu me répondras par des appels de phares. Tu es rassuré ?

— Ne vous moquez pas de moi.

Faventiny haussa les épaules et repartit en sens inverse.

Il grimpa les marches à vive allure et passa la tête dans leur chambre. Coralie lisait un bouquin, veilleuse allumée.

— Tu ne dors pas ?

— Je t’attendais.

— J’arrive dans quelques minutes.

— Tu as terminé ce que tu devais faire ?

— Oui. Je vérifie un truc et je te rejoins.

Parvenu au deuxième étage, il poussa la porte du bureau. Il jeta un coup d’œil sur la bibliothèque et pensa que les propriétaires précédents devaient aimer lire, vu le nombre d’espaces vides. Il actionna la lumière et s’approcha de la fenêtre. Il fit signe à son collègue dont il apercevait le véhicule.

Au lieu des appels de phare prévus, c’est son portable qui vibra. Il décrocha, surpris.

— Je ne parlais pas de celle-là Commandant !

Faventiny vit Esteban allumer ses codes, puis sortir de la voiture.

— Tu déconnes ?

— Quand je vous disais qu’il y avait un truc bizarre !

— Ne bouge pas, je redescends. Tu m’indiqueras où elle se trouve.

En passant devant leur chambre, il entendit Coralie qui l’appelait.

— Un problème ?

— Je reviens. J’ai oublié d’éteindre en bas.

Il rejoignit son collègue rapidement. Celui-ci tendit le bras et montra du doigt la petite fenêtre pratiquement invisible quand il n’y avait pas de lumière.

Faventiny la découvrit avec surprise.

— Mais d’où vient-elle celle-là ?

— Où vous m’avez fait signe, de là.

Esteban lui désigna.

— L’autre est dans le prolongement. Il y a donc une pièce supplémentaire qui donne dans celle où vous étiez.

— Mais non.

— Je vous assure que si.

— Je deviens fou. Il n’y a qu’une ouverture dans le bureau.

— Je viens avec vous si vous le souhaitez.

— Pas ce soir. Coralie est couchée.

— Commandant, y a truc louche ! laissez-moi y aller.

— Demain, quand ma femme sera partie. Bonne nuit Esteban.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

À suivre…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

J’ai pensé que j’avais assez trainé comme ça pour vous partager la suite de mon thriller. Voici le chapitre 10 et les précédents sont ici, histoire de vous rafraichir la mémoire 😉

Chapitre 10

Les empreintes de Martine Marteau étaient sur le papier. Elle avait donc écrit ce mot avant de mourir. Voulait-elle en parler ? C’était peut-être pour cette raison qu’elle avait été assassinée. Quel était le rapport ?

Faventiny assis face à ses deux collègues saisit alors son portable.

— D’accord, j’arrive !

Le commandant ne prit pas de gants pour appréhender Frédéric Marteau à l’hôpital.

— Vous allez me suivre, toubib.

— Vous avez trouvé qui a assassiné ma femme ?

— Ce n’est pas le sujet pour l’instant.

— J’ai des rendez-vous.

— Ils attendront.

Institut — médico-légal

— J’espère que les empreintes sont fichées, parce qu’il y en a beaucoup et c’est toujours les mêmes.

— Tu veux dire qu’il n’y avait qu’une personne ?

— C’est évident.

— Je parie pour le mari, dit Vincenzo. Je ne le sens pas ce type.

— Non, ce n’est pas Frédéric Marteau.

— Comment peux-tu en être aussi certaine ?

— Parce que celles que je retrouve partout sur elle sont celles de Martine Marteau.

Sophia en laissa tomber son stylo et Vincenzo siffla entre ses dents.

— Elle se serait suicidée ?

— Ne dis pas de bêtises Vincenzo. Il faut être complètement folle pour se lacérer le visage, le corps et s’étrangler ensuite.

— L’assassin avait sans doute des gants, émit Sophia.

— C’est certain, et c’est bien la seule chose qu’on peut affirmer.

****

— Pouvez-vous me dire docteur ce que vous cachez derrière cette porte ?

— Un bureau.

— Pourquoi avoir mis une fermeture blindée ?

— Il s’agit de recherches, je ne voulais pas que n’importe qui tombe dessus.

— Il suffisait de donner un tour de clé.

— Il y a une femme de ménage qui vient deux fois par semaine. Je ne vous apprendrai pas que ce genre de personnes peut être très curieux. Mais si vous le souhaitez Commandant, je vous ouvre la porte sans problème. Votre équipe de bras cassés n’aura pas besoin de la démolir.

Il glissa la clé dans la serrure.

— Voilà, entrez ! Si vous devez fouiller, faites-le avec ménagement. Ne me perdez pas mes notes.

Esteban et Hugo passèrent devant lui. Rien de bien spécial. Un bureau avec des étagères, des classeurs, un ordinateur.

— Nous embarquons votre portable.

— Faites ! je compte sur votre discrétion.

L’équipe scientifique s’installa dans la pièce afin de relever les empreintes.

— Vous ne trouverez que les miennes, personne n’y vient à part moi.

— C’est ce que nous allons vérifier, docteur. Sortons et laissons-les travailler.

Une fois redescendu dans le salon, Faventiny montra le papier.

— Regardez ce que nous avons découvert ici, sous le canapé.

Frédéric lut ce qui était écrit. Surpris, il leva les yeux vers Daniel.

— De qui parle-t-on ? Cette adresse, je ne la connais pas.

— C’est la mienne.

— Il faut donc que je me méfie de vous ?

Faventiny ne réagit pas.

— C’est vous qui avez tué ma femme ?

Frédéric Marteau restait de marbre tout en accusant le commandant.

— Que dois-je faire ? Appeler la police ? Mais non, elle est déjà là.

Le ton ironique de Marteau faillit faire sortir de ses gonds Faventiny. Esteban le devança.

— Arrêtez vos conneries. Votre femme voulait peut-être parler de vous.

— Qui vous dit que c’est elle qui l’a écrit ?

— Ses empreintes.

— Donc, si je vous suis bien. Elle prétend qu’il faut se méfier de moi et elle ajoute l’adresse du Commandant ?

— Peut-être pour que j’enquête sur vous !

— Pourquoi n’est-elle pas allée vous voir directement ?

— Elle n’en a peut-être pas eu le temps.

— Cessez vos réflexions idiotes Faventiny. Puis-je retourner travailler ?

Ils n’avaient rien pour le retenir davantage.

— Allez-y, mais restez à notre disposition.

— Vous claquerez la porte en sortant. Il ne manquerait plus que je sois cambriolé.

Le chirurgien parti, Faventiny ordonna à ses deux acolytes de refaire une enquête de voisinage.

Esteban et Hugo se dispersèrent.

Daniel grimpa à l’étage et interrogea l’équipe scientifique.

 — Qu’avez-vous trouvé ?

— Rien !

— Des empreintes ?

— Toutes les mêmes !

— Les siennes certainement. Tenez-moi au courant.

Il sortit et s’appuya contre sa voiture. Esteban discutait avec la plus proche voisine. Elle montra du doigt Daniel.

— C’est lui qui était là hier soir !

— C’est le commandant Faventiny, vous devez vous tromper.

— Ah ! c’est un flic ! N’empêche, c’est lui qui est venu, mais ce n’était pas cette voiture.

— Vous avez une idée de l’heure ?

— J’allais regarder ma série. Je dirais 21 h à tout casser, mais vous savez avec les pubs, ça ne commence pas toujours comme c’est prévu.

— Merci madame. Voulez-vous venir rencontrer le Commandant, ainsi vous pourrez nous dire si c’était bien lui ?

— Il ne va pas me faire d’histoires ? Après tout, qu’est-ce que j’en ai à faire moi !

— Pas du tout, au contraire. Si vous pouvez aider pour l’enquête !

Elle suivit Esteban et sans aucune discrétion détailla Daniel. Esteban expliqua la situation à son supérieur.

— Bonjour madame. Commandant Faventiny.

— Bonjour !

— Vous confirmez donc que c’est bien lui qui était chez Madame Marteau ?

— Martine ne s’appelait pas Marteau. Elle n’était pas mariée.

Daniel tiqua.

— Vous êtes certaine ?

— Sûre ! Martine venait souvent bavarder avec moi. Nous faisions en plus de la gym ensemble. Elle n’était pas en couple avec le docteur, c’était juste une copine.

Ceci pouvait expliquer pourquoi le chirurgien ne semblait pas si accablé par sa mort. Daniel reprit :

— Elle habitait ici ?

— Non, mais elle était régulièrement là. Je lui disais que je le trouvais bizarre moi cet homme, mais elle répétait que je me faisais des idées. En tout cas ça bardait hier soir. Surtout quand vous êtes arrivé, vous !

— À l’heure que vous avez indiquée, je ne pouvais pas être ici, madame. J’étais encore au bureau avec deux collègues qui pourront vous le confirmer. Je venais d’être appelé sur une autre affaire.

— Ah ben alors, vous devez avoir un sacré sosie. On raconte que chacun a le sien, le vôtre, il était là hier soir. Mais, maintenant que vous le dites, je n’en suis plus certaine, vous me paraissez plus grand.

— Comment pouvez-vous le savoir ?

Elle se mit à rire.

— Passez sous le panier de basket, là… oui… Allez-y !

Daniel soupira, mais fit ce qu’elle demandait. Instinctivement, il se baissa. La voisine affirma alors :

— C’est bien ce que je pensais, vous n’êtes pas de la même taille. Hier, le bonhomme qui vous ressemblait est passé dessous comme tous les soirs sans se baisser.

— Vous êtes une sacrée observatrice, madame.

— Une vraie curieuse oui ! c’est ce que mon mari me reproche. Pour une fois que ça peut servir.

— Mais vous ne deviez pas regarder votre série ? Si vous étiez devant votre fenêtre, vous risquiez de la rater.

— J’ai une télé dans ma cuisine comme ça je peux préparer les repas sans perdre de temps. J’ai entendu la voiture arriver, j’ai levé la tête. Je lavais les légumes dans l’évier et la fenêtre est au-dessus. Elle donne de ce côté. Tenez, vous n’avez qu’à vérifier.

— Vous reconnaitriez le véhicule ?

— Noir, mais la marque ça !

— Ce n’était pas celui du docteur ?

— Je ne sais pas, il change tout le temps.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

J’imagine que tu ne te souviens plus de l’histoire de ce thriller 🧐 Ici tu trouveras tous les chapitres précédents. Nous en étions restés au chapitre 8, voici donc … le 9 😉 .

Chapitre 9

Sophia et Vincenzo accueillaient un nouveau cadavre. Une femme. Habitués à ce genre de réception, ils bavardaient et commentaient la pendaison de crémaillère chez les Faventiny.

— Notre miroir dans l’entrée est bien choisi. Le commandant n’a pas hésité à l’installer rapidement. Je ne savais pas qu’il était aussi bricoleur, remarqua Sophia en recouvrant le corps d’un drap blanc.

— Pourquoi tu lui remets, il va falloir le découper !

— Un peu de respect Vincenzo. Imagine qu’elle nous entende.

— Ne me refais pas ce coup-là ! les morts sont morts, point barre.

— J’sais pas ! Peut-être qu’il y a une vie finalement après.

— Après quoi ?

— Après la vie, idiot !

— Ouais ! la mort. Qu’est-ce qu’on doit s’embêter à dormir tout le temps.

Vincenzo regarda la femme qui avait été salement amochée.

— Elle a sacrément morflé, c’est un carnage. Il lui a réglé son compte. J’espère qu’elle est décédée rapidement.

— Recouvre-là, je te dis, et arrête de jouer au vautour.

— J’adore l’image !

Il éclata de rire et se pencha davantage pour la renifler.

— Au fait, elle est belle la cave du commandant ?

— Pourquoi au fait ? C’est quoi le rapport ?

— Je te vois humer la morte, je pense à Hugo qui en faisant tourner son verre respirait le vin en même temps.

— Il te plait bien le flic, avoue !

— Mais cesse de me taquiner. Donc, cette cave ?

— Il y a effectivement de belles bouteilles.

— Elles doivent coûter du fric pour qu’il faille une clé pour y entrer.

Son collègue la regarda, ahuri.

— Tu m’fais quoi là ! la cave n’a pas de porte. Tu descends l’escalier et tu as tous les rayons devant toi, enfin sur la droite.

— Le commandant est revenu la chercher. Tiens, demande à Coralie, elle arrive.

****

Le commandant Faventiny et ses collègues avaient découvert le corps d’une femme le matin même et celui-ci avait déjà été transporté à l’institut médico-légal.

— Regarde, voilà le mari.

Hugo désignait un homme qui avançait à grands pas vers eux.

— Où est ma femme ?

Faventiny montra sa carte et présenta ses co-équipiers.

— Bonjour monsieur ! Vous êtes ?

— Le docteur Marteau. Frédéric Marteau. Où est ma femme ? Je veux la voir.

— Elle a déjà été transportée à la morgue pour son autopsie.

— Je désire encore la contempler ! Je suis chirurgien, je souhaite la regarder une dernière fois avant qu’elle ne soit découpée en morceaux.

Daniel Faventiny tiqua.

— Vous devriez savoir que les collègues de l’institut médico-légal ne charcutent pas les corps. Où étiez-vous hier soir ?

Le commandant n’avait pas aimé la réaction de Marteau, aussi il ne prit pas les précautions d’usage pour l’interroger.

— De garde à l’hôpital. Vous pourrez vérifier.

— Vous êtes chirurgien plasticien si je ne me trompe. Vous opérez même la nuit ?

— On se connait ?

Frédéric Marteau le fixa d’un air supérieur.

— C’est écrit sur votre plaque à l’entrée.

— Évidemment !

Il soupira et se dirigea vers le bar et saisit la bouteille de whisky.

— Je vous propose quelque chose ?

Les trois hommes se regardèrent. Qui était cet homme pour avaler un verre d’alcool à 8 h du matin ? En offrir ensuite à des flics comme si de rien n’était.

— Ah j’oubliais ! jamais pendant le service !

— Docteur, vous vous entendiez bien avec votre femme ?

— En voilà une question ! Bien sûr !

— Vous ne semblez pourtant pas très accablé !

— J’ai l’habitude de cacher mes émotions avec mon métier.

— Vous ne devez pas côtoyer de grands malades, mais surtout des patients qui veulent changer d’apparence physique.

— Et voilà encore un qui pense que les personnes qui viennent me voir n’ont pas besoin d’aide. Savez-vous ce que c’est que de se sentir moche toute sa vie ?

Les trois hommes contemplèrent Frédéric Marteau qui affichait un visage balafré.

— Vous ne l’aviez pas remarqué ? Je ne vous crois pas. J’ai été brûlé. Voilà. Greffes, encore des greffes… bref ! Vous imaginez pourquoi je comprends mes patients et que je souhaite être présent à leurs côtés quand ils découvrent leur nouvelle physionomie ?

Le commandant n’avait pas envie de s’éterniser sur cet homme qu’il n’appréciait pas.

— Si vous voulez nous suivre, vous pourrez reconnaitre votre femme.

Dans la voiture, Daniel appela Coralie et la prévint de son arrivée. Le corps était visible, les premières constatations annonçaient que l’épouse de Marteau avait été lacérée à coups de couteau puis étranglée. Elle n’était malheureusement pas morte sur le coup.

Coralie venait de découvrir la fiche du cadavre allongé sur la table.

Daniel poussa la porte et entra dans la pièce froide. Il salua Sophia et Vincenzo et adressa un sourire à sa femme. Le chirurgien était derrière lui.

— Si vous souhaitez vous approcher pour reconnaitre votre épouse.

Il accrocha alors le regard de Coralie.

— Bonjour, Frédéric, désolée de te retrouver dans de telles circonstances.

Daniel Faventiny réprima un geste de surprise et demanda.

— Je n’ai donc pas besoin de vous présenter, vous vous connaissez ?

— Bonjour Coralie.

Il se tourna vers le commandant et murmura.

— Nous avons fait nos études ensemble.

Il revint sur Coralie.

— Heureux de te revoir.

Elle leva doucement le drap. Il se pencha.

— C’est Martine, ma femme.

— J’ai quand même quelques questions à vous poser, toubib.

— Daniel, ça peut attendre, je… l’interrompit Coralie.

— Vous vous appelez par vos prénoms ? Vous travaillez ensemble peut-être !

— Faventiny est mon mari.

— Félicitations.

Frédéric Marteau se tourna vers le commandant.

— On se connait aussi.

Il rabaissa le drap sur sa femme et fit demi-tour.

— Je suis à votre disposition quand vous le désirerez, vous savez où me trouver.

Avec désinvolture, il jeta une carte de visite sur un des bureaux et s’en alla.

Coralie et ses collègues ne pipèrent mot. Faventiny réagit brutalement.

— Il se prend pour qui ce mec ! d’où je le connais ?

Il appela Esteban et lui demanda d’aller immédiatement l’interroger à son domicile et avec Hugo chercher des indices dans la maison.

— Mais ça a déjà été fait ce matin non ?

— Certainement pas comme je le voudrais. Hugo et Esteban savent parfaitement comment je bosse. Je compte sur eux pour me trouver ce que je cherche.

— Et que cherches-tu ?

— C’est eux qui vont me le dire.

Coralie haussa les épaules.

— Frédéric Marteau est un gars gentil. Il en bavé quand il était gosse. Tu as vu son visage ?

— Ouais ! et alors ?

Sa femme ne répondit rien. Effectivement, ça n’avait aucun rapport.

Chez Frédéric Marteau

Esteban était un fin limier et Faventiny le savait. Il mit un point d’honneur à fouiller chaque pièce, chaque tiroir. Il poussa toutes les portes. Il était certain qu’une lui résisterait et ce fut le cas. Impossible de la faire bouger. Elle était blindée ou quoi ? Il y avait forcément quelque chose à cacher derrière.

Hugo revint vers lui avec un papier à la main.

— Regarde ce que je viens de trouver sous le tapis du salon.

Méfiez-vous de lui

L’adresse du commandant était écrite en dessous.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

À très vite…

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

Ma petite sorcière a emmené Samy dans son monde…

Quel bel oiseau ! Samy en aigle royal était magnifique. J’enfourchai mon balai, Arthus grimpa devant moi. Je donnai le départ et nous primes notre envol ensemble.

Que dire sinon que je retrouvai avec joie mes paysages qui m’avaient manqué. Je ne m’en rendais pas compte, mais finalement, mon monde faisait partie de moi et je ne pouvais pas m’en passer très longtemps.

Nous défilâmes devant Dame Lune qui me fit un clin d’œil en me reconnaissant. Elle fut stupéfaite en voyant l’aigle me suivre de si près, mais elle se laissa contempler avec plaisir. Elle était un brin vaniteuse pour ne pas accepter qu’on la regarde.

Je piquai vers les cascades évitant d’éveiller tous les elfes et fées qui devaient sommeiller. Nous ne dérangeâmes personne, seuls les parfums environnants surpris par notre visite nous envoyèrent leur fragrance.

Nous nous posâmes sur un pont dont la lumière rosée m’avait toujours impressionnée. Je pensai y découvrir Harow, c’est là qu’il habitait.

Il devait dormir profondément, je ne l’aperçus point. Légèrement déçue parce que j’aurai voulu le présenter à Samy, nous reprîmes notre envol et… un cri me paralysa. Jamais, je n’aurai pu imaginer qu’un aigle puisse se promener lui aussi.

Samy fit du sur place en découvrant face à elle un superbe vautour de la même race qu’elle. Un mâle qui surprenant mon amie pour la première fois se mit à lui tourner autour et à lui faire sa cour. De parades en cris stridents, il était magnifique. Incroyable, il était tomber raide dingue de Samy. Quelle histoire !

Je riais intérieurement. Pauvre bête qui n’avait pas réalisé qu’elle avait en face d’elle, une mortelle et non pas un aigle royal comme elle le pressentait.

Évidemment, le caractère frondeur de Samy prit le dessus, elle se laissa planer à côté de son nouveau copain. Tous deux volaient très haut dans le ciel étoilé et la lune était le seul témoin de leur jeu. Ils passaient et repassaient devant elle en imprimant sur l’astre leur ombre.

Je les surveillai du coin de l’œil espérant que Samy n’avait pas oublié qu’elle devait être rentrée avant le lever du soleil, sinon elle resterait ici à tout jamais. Ce n’était jamais arrivé qu’un mortel vienne jusqu’ici, je ne savais pas du tout quel sort pouvait l’attendre.

Soudain, les deux aigles se posèrent. Commença alors une parade amoureuse du beau mâle. Je ne pouvais pas laisser faire ça, il serait bien trop malheureux quand il comprendrait qu’il s’était fait avoir.

— Samy ?

Je l’interpelai à voix basse. Pas question de réveiller tout le monde. Nous aurions l’air malins et je n’avais pas envie de subir la colère de mon père.

Mon ami faisait la sourde oreille. Je n’avais pas d’autre solution que de la transformer rapidement pour qu’elle rentre chez elle, mais j’aurais aimé pouvoir lui dire au revoir et ne pas la quitter aussi brusquement. C’était trop bête, je n’avais pas pensé à ça.

Enfin, elle cessa de faire sa belle et s’approcha de moi. Le mâle, surpris, resta loin de ma portée.

C’est alors que la prêtresse Isaulya m’apparut.

— Bon retour parmi nous Elsbeth.

Je m’inclinai devant elle. Elle avait beau être ma mère, ici, pas question de ne pas respecter les règles.

Elle me releva gentiment et me serra contre elle.

— Je vois que ton amie a fait connaissance avec Senu.

La sorcière tendit le bras et celui-ci vint se poser sur lui. Incroyable !

— Alors comment trouvez-vous notre monde Samy ?

Je me tournai vers mon amie et la découvris en chair et en os.

— Mais…

— Chut ! N’aie pas peur, ton amie pourra repartir dès que le soleil se lèvera… et mon cadeau pour toi, c’est qu’elle pourra également revenir quand elle le souhaitera. Senu ira la chercher.

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À suivre…

À suivre…

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

Je partage avec toi la suite de l’histoire de ma petite sorcière. C’est bientôt la fin…

Il fut très difficile de faire comprendre à Samy qu’elle devait attendre le retour de la pleine lune.

— Toi qui es sorcière tu peux bien avancer le temps, grognait-elle sans interruption.

— C’est interdit de changer le cours de la vie. Tu imagines le bazar que ça provoquerait ?

— Combien de jours devrais-je attendre ?

— Un mois, la pleine lune vient juste de se terminer.

Samy se laissa tomber sur mon lit en soufflant comme un bœuf.

— C’est trop long, jamais je ne tiendrai jusque là.

— Dans mon monde, on dit que la patience s’apprend patiemment.

— Ouais, ben ton monde, j’en ai rien à faire.

Samy faisait la tête. Pour la distraire, je me suis mise à concocter des recettes. Même le glouglou des mixtures ne l’a fit pas sourire. Arthus s’employa pourtant à la faire rire en sautant sur son ventre, puis sur sa tête pour jouer avec ses boucles. Rien n’y fit.

— Quel oiseau choisiras-tu ?

J’avais réussi à lui faire lever le nez.

— L’aigle royal, c’est trop beau.

Alors j’eus une idée. Je sortis mon miroir magique. Intéressée, Samy s’approcha de moi et regarda par-dessus mon épaule. Si elle ne pouvait pas encore aller dans mon monde, celui-ci pouvait venir à elle. Le superbe animal apparut et s’envola majestueusement. Il offrit à mon amie les plus beaux paysages de mon paradis.

Samy émerveillée les découvrait avec bonheur.

— Je vais voir tout ça, murmura-t-elle, les larmes aux yeux.

Je hochais la tête.

— Maintenant, tu vas pouvoir patienter quelques jours. Nous allons aller en cours normalement et ça ne te semblera pas trop long.

Elle avait retrouvé le sourire et moi je me faisais la promesse de lui rendre ces quelques semaines faciles à vivre.

Ce ne fut pas difficile de remplir ma mission. Ayant tous mes pouvoirs, je croisais régulièrement et habilement mes doigts pour que les cours soient les plus intéressants. Même les professeurs gardaient leur bonne humeur. Il faut dire que les bonnes notes pleuvaient et qu’ils étaient ravis de voir que leurs élèves apprenaient correctement leurs leçons. Je n’osais pas imaginer ce qui allait se passer quand je devrai rentrer chez moi.

Un matin, je retrouvais notre prof de math devant le collège. J’avoue qu’il était beaucoup moins grincheux depuis que je m’étais occupée de son sort, mais ce jour-là, il semblait désappointé.

— Ça ne va pas monsieur ?

Samy qui arrivait toute guillerette s’arrêta près de nous.

— Ah ! voilà les inséparables.

Il n’était pas le seul à nous appeler ainsi. Il est vrai que Samy et moi étions tout le temps ensemble.

Il se grattait la tête en parcourant une lettre qu’il venait de recevoir. Je réussis à la lire sans qu’il s’en rende compte, un jeu d’enfant pour moi. Les vacances allaient commencer et il devait avoir son petit-fils chez lui. Malheureusement, celui-ci était malade. Grincheux allait donc se retrouver tout seul. Je lus dans ses pensées qu’il ne le voyait pas souvent et que les retrouvailles, du coup, allaient être repoussées aux calendes grecques.

— Si, tout va bien.

Nous passâmes notre chemin et arrivâmes au collège avant lui. J’entendis son portable sonner, je souris. J’étais certaine qu’il aurait à nouveau son entrain quand nous l’aurions en cours.

Enfin, le jour tant attendu s’annonça. Samy avait bien attendu que sa maman soit endormie (je l’avais aidée pour que mon amie puisse profiter le plus longtemps possible de son périple) pour faire le mur et s’échapper par la fenêtre de sa chambre pour me rejoindre.

— Toujours d’accord pour l’aigle royal ?

Elle hocha la tête pleine d’appréhension et au moment où elle me vit lever les bras, elle suspendit mon geste.

— Attends ! Et toi tu vas être avec moi ? C’est mieux à deux, hein ? Tu ne vas pas me laisser toute seule ?

Je n’avais pas osé lui dire que si j’allais chez moi, je ne pourrais pas revenir avec elle. Elle garderait ce souvenir comme un joli rêve, mais moi… elle m’oublierait, c’était la règle.

Elle posa sa main sur mon bras.

— Je sais qu’après tu ne pourras plus être avec moi… je l’ai vu. Mais, je te promets que je ne t’oublierai pas Elsbeth Isobel et si je ne pense pas à te le dire, sois certaine que mes moments passés avec toi ont été les plus beaux de ma vie.

Je refoulai mes larmes et levai les bras. J’avais revêtu ma robe de sorcière et pris quelques centimètres, Arthus était en habit de fête également avec son chapeau sur la tête, il s’approcha de moi.

— Prête ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À très vite…

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

L’histoire de ma petite sorcière continue et je prends un malin plaisir à écrire ses aventures.

— Ceci a assez duré !

Un grand vent bouscula les rideaux, Arthus mit sa patte sur ses yeux.

Allons bon, après mon père, ma mère, la prêtresse Isaulya ! Je découvris une Samy émerveillée devant la beauté de la sorcière.

— Je peux toucher ?

Sans attendre la réponse, Samy s’approcha d’elle et passa ses doigts dans la cascade de cheveux bouclés.

— Vous êtes trop… magnifique ! Elle en a de la chance Elsbeth Isobel !

— Apparemment pas tant que ça, sourit la sorcière.

Elle me tendit la main et Samy s’écria :

— Oh, je te vois, tout est redevenu normal !

— Cette plaisanterie devait cesser, reprit ma mère. De toute façon, je n’étais pas d’accord avec cette punition stupide qui ne pouvait t’attirer que des ennuis. La belle affaire si tu lui avais fait peur avec la panthère, elle ne lui aurait pas fait mal et il ne se serait souvenu de rien. Il faut toujours que ton père en fasse des caisses !

Elle me prit dans ses bras et m’ébouriffa les cheveux. Samy nous fixait avec envie.

— Vous vous ressemblez trop !

Je contemplai ma mère qui avait revêtu son chapeau noir assorti à sa robe de satin. C’est vrai qu’elle était belle. Elle reprit :

— Comme je ne peux pas annuler le sort que ton père t’a jeté, je peux toutefois le rendre plus supportable. Tu pourras étre désormais vue par ton amie et seulement par elle. Terminés ces bavardages par écrit. Non, mais à quelle ère vit-on ?

Isaulya soupira en se passant la main sur le front. Elle me regarda et d’un claquement de doigts, elle changea ma tenue.

— Et puis habille-toi plus correctement ma chérie !

Je me retrouvai d’un coup vêtue en sage petite écolière. Samy pouffa et ne put s’empêcher de remarquer que ça ne m’allait pas du tout.

— Ah ! vous trouvez ?

Stupéfaite d’être vouvoyée par Isaulya, elle rougit.

— Et comme ça ?

Elles rirent toutes les deux, complices. La plaisanterie commençait à m’agacer. Je me changeai toute seule et fis comprendre à ma mère qu’elle ne se mêle plus de rien. Arthus vint alors me rejoindre en miaulant.

— Nous sommes bien d’accord Elsbeth, tu ne t’égares pas trop dans tes délires. J’accepte que tu t’amuses un peu, mais qu’il n’y ait aucun dégât ? Tu m’as bien comprise ?

— Du coup pour la panthère, l’interrompit Samy qui ne perdait pas le nord, Elsbeth Isobel pourra me transformer ?

— Seulement la nuit de pleine lune, ce n’est pas négociable. De plus, vous ferez attention de ne pas vous faire piéger. Il deviendrait très compliqué de venir vous délivrer si vous étiez alors enfermée dans un zoo, voire au pire, euthanasiée.

La prêtresse rit en voyant la tête de mon amie.

— Je plaisante bien sûr, je vous surveillerai. Promettez-moi quand même de ne vous promener que la nuit.

Samy mit ses doigts en V sous ses yeux. À nouveau, la sorcière éclata de rire, et celui-ci, cristallin résonna dans toute la maison, faisant vibrer les vitres.

— Quel cliché ! Enfin, je vois que vous connaissez nos anciennes méthodes. Elle est amusante ta copine !

Ensuite, elle s’approcha de Samy et murmura :

— Vous n’aviez pas envie de découvrir notre monde ?

Extasiée, celle-ci joignit les mains en supplication.

— Vous allez m’emmener ?

— Pas du tout, je vais laisser le soin à Elsbeth de vous transformer en oiseau, celui qu’il vous plaira, ainsi Elsbeth pourra vous présenter notre domaine. C’est toujours plus beau vu d’en haut.

— Je ne sais pas si j’en aurai le pouvoir, glissais-je inquiète.

— Bien sûr que tu le peux, tu n’es pas ma fille pour rien. Je ne fais rien à moitié Elsbeth, si je peux adoucir la punition de ton père, je peux faire plus aussi. Ah ! j’oubliais… Ton chat a récupéré une voix normale.

Elle posa ses lèvres sur mon front, ébouriffa une dernière fois mes cheveux et disparut dans un revers de robe, nous laissant son parfum, en souvenir de son passage.

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À suivre …

À très vite…

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

Prête pour la suite ?

Je n’allais pas rester enfermée toute la journée, je décidai d’aller au collège. Je pouvais arriver en retard, personne ne me verrait de toute façon.

Arthus miaula et sauta sur un de mes grimoires. Il s’installa sur la page de garde dédicacée par mon parrain. Je l’avais reçu à ma naissance par le sorcier Elldalf, un grand ami de mon père.

Je ne comprenais pas pourquoi Arthus s’allongeait de tout son long sur cette page. Je partis en claquant la porte.

J’avais consulté auparavant mon emploi du temps, je savais en quelle classe je devais me rendre. Je m’installai à côté de Samy, la place était libre. Cours de français, je notai tout et emmagasinai les informations que je connaissais déjà, mais autant continuer à m’instruire.

Samy avait dû attraper un virus, elle ne cessait pas de renifler. Les mortels sont souvent malades, dans mon monde, à part les mauvais sorts jetés entre nous, je ne savais pas ce que ça faisait d’éternuer et d’avoir le nez qui coule.

Le cours était terminé, je trainais pour ranger mes affaires quand Samy s’approcha de moi à me toucher et chuchota :

— Tu es là Elsbeth Isobel ?

Comment savait-elle que j’étais assise près d’elle ? Mystère !

— J’ai reconnu ton parfum. En plus de mes dons particuliers, j’ai aussi un odorat très développé.

Elle n’était donc pas malade, elle me reniflait tout simplement. Malheureusement, je ne pouvais pas lui répondre.

Elle rangea ses affaires et m’invita à la suivre tout en continuant de chuchoter.

— On va en cours d’histoire Géo et ensuite c’est la cantine. Si tu veux, je zappe et on se retrouve chez moi. Ma mère n’est pas là.

Je refusai qu’elle ne prenne pas son déjeuner, mais comment lui dire ? Samy, jamais à court d’idée ajouta :

— Éloigne-toi si tu n’es pas d’accord, je ne sentirai plus ton parfum et j’aurai compris. Je vais te poser les questions et tu me répondras de cette manière.

Sceptique et en même temps heureuse de pouvoir communiquer, je fis ce qu’elle me demandait, je reculai de quelques pas. Samy reprit :

— Okay ! je vais déjeuner. On se retrouvera  pour les cours et après, tu viendras chez moi. De toute façon, personne ne te voit, alors si ma mère est rentrée, ce n’est pas grave.

À la maison, Arthus m’attendait. Je me penchai sur mes grimoires tout en lui racontant ma matinée et l’idée géniale de mon amie. Il se frotta contre moi et de nouveau il s’enroula sur la page de garde du livre de mon parrain.

— Il te plait tant que ça ce grimoire ?

Je riais en le caressant.

— Si tu as quelque chose à me dire, parle !

Il fit non de la tête.

— Tu as perdu ce pouvoir ?

À nouveau, il tourna la tête dans tous les sens.

— Je dois trouver toute seule, c’est ça ?

Il me lécha le bout du nez.

Je haussai les sourcils. Arthus était un chat sorcier à la botte de mon père, je le savais, mais souvent il détournait les ordres à sa façon. Il s’était déjà fait punir sans gravité aussi je ne comprenais pas pourquoi, aujourd’hui, il respectait les consignes. Peut-être qu’il connaissait la teneur de la colère de Straurius et qu’il n’avait pas envie qu’il la mette à exécution.

Je lisais dans tous les sens la dédicace de mon parrain, rien d’exceptionnel.

À la grande sorcière que tu vas devenir…

Je feuilletai le grimoire, mais je ne trouvai rien qui puisse m’aider à sortir de mon guêpier. De toute façon, Straurius était bien trop fort pour qu’un petit don puisse annuler le sien.

Après les cours, je suivis donc Samy chez elle. Nous n’étions que toutes les deux, elle m’invita dans sa chambre. C’était assez rigolo, elle parlait toute seule. Quelqu’un nous aurait vues, il se serait demandé si nous avions toute notre tête.

Elle s’assit à son bureau et moi j’en profitai pour regarder la pièce où elle dormait. Une vraie fille, du rose partout. Je ne l’imaginais pas du tout comme ça, je la trouvai même plutôt garçon manqué. Des poupées Barby, des vêtements de toutes sortes. Je n’en revenais pas. Curieuse, j’aurais bien aimé en savoir davantage sur ses goûts qui ne correspondaient pas du tout à l’image qu’elle rendait au collège.

— Je parie que tu te demandes pourquoi cette chambre est comme ça ? C’est ma mère ! Je te jure que lorsque je serai plus grande, je change toute la déco. J’ai réussi quand même à ce qu’elle accepte que je mette des jeans, parce que regarde un peu dans mon armoire.

Elle se leva et ouvrit la penderie.

Je devais avoir les yeux exorbités. Des robes, des jupes et des petits pulls col Claudine étaient accrochés. Du bleu marine, du blanc, du rose, du jaune pâle.

Samy aujourd’hui était en pantalon déchiré avec un sweatshirt, une casquette de base-ball vissée sur la tête. Rien à voir avec ce qu’il y avait dans l’armoire.

— C’est la faute à ma sœur ça !

J’aurais bien aimé lui demander où elle était sa frangine. Frustrée, je me laissai tomber sur la chaise face à son bureau et saisis sans m’en rendre compte un stylo. Je griffonnai sur une feuille qui trainait là, et, stupéfaite, je regardai apparaître mes mots.

Samy les vit aussi et se mit à gambader dans sa chambre comme un pantin.

— C’est merveilleux, on va pouvoir communiquer et tu vas m’expliquer ce qui t’est arrivé.

Je me rappelai alors ce qu’avait voulu me faire comprendre mon chat. Mon parrain à ma naissance m’avait fait cadeau en plus du grimoire de ce don. Il m’avait expliqué que si un jour, j’étais en galère, je pourrai toujours me débrouiller de cette façon et comme un cadeau fait par un sorcier ne peut pas disparaitre, mon père n’avait pas pu l’annuler. Arthus le savait et désespérément, il avait tenté d’attirer mon attention.

En quelques mots, je racontai ma punition.

— Mais c’est encore mieux, tu vas pouvoir m’aider sans qu’on s’en aperçoive.

Je n’étais pas certaine de regagner mes galons en faisant ce qu’elle me demandait, à moi de faire les bons choix. En tout cas, je n’étais plus seule.

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À suivre…

A très vite…