Jeux des questions

Bonjour toi 😉

C’est chez Marlabis ici que j’ai trouvé ces questions. Va y faire un tour, tu y trouveras tout un tas de choses sympathiques.

Je me lance 😂

1-Pour quelles raisons tu réponds à mes questions ?

En voilà une question qu’elle est bonne. Je me le demande encore 😉, j’en avais envie tout simplement.

2- Vous écoutez quoi en ce moment ?

Juste à l’instant, c’est Jenifer : les choses simples.

3- C’est quoi le dernier truc que tu as mangé ?

Un carré de chocolat avec mon café.

4- Comment vas-tu en vérité ?

Bien je pense. J’ai parfois le moral en berne mais je m’évertue pour qu’il ne le reste pas longtemps. Je sais que le cerveau aime les choses négatives alors je lui en propose des positives.

5- Une femme : Plutôt pantalon ou jupe ?

Les deux mon général 😂. Le pantalon l’hiver et la jupe l’été.

Un Homme, plutôt kilt ou bermuda ? Pour les hommes, le kilt ? bof ! Le bermuda oui mais pas à fleurs 😁. Après, un homme en costume m’a toujours fait rêver avec la chemise ouverte pas de cravate. (Dans mes histoires, les hommes sont souvent ainsi 😂).

6- Pourquoi les chats passent-ils leur temps à sortir ou rentrer ?

Je pose la même question pour les toutous. Je ne sais pas, ils ont certainement des trucs à faire. Peut-être que nous aussi, sans nous en rendre compte nous faisons pareil, on se lève, on se rassoit, on se relève pour aller chercher un truc. Fais attention, je suis certaine qu’ils nous imitent.

7- Quelle est ta lecture du moment ? Tout l’monde peut y répondre à sa guise.

Sans regrets de Françoise Bourdin. C’est son tout dernier puisqu’elle nous a quittés. Le titre m’interpelle du coup.

8- Notez le 1er mot qui vous vient à l’esprit quand on vous dit : maison, terre, pluie.

Parfum. La nature qui vient de recevoir une belle averse sent divinement bon.

9- Quand vous êtes-vous senti pour la 1ère fois dans la peau d’un adulte ?

Que je n’aime pas cette question. Je n’ai pourtant pas le syndrome de Peter Pan, mais je ne sais pas si je suis vraiment une adulte alors que j’ai 3 grands enfants. Peut-être que j’ai eu l’impression de le devenir quand je me suis mariée, j’avais 18 ans. Après la vie se charge de te rappeler à l’ordre. Je crois que le pire est arrivé quand j’ai perdu mes parents à neuf mois d’intervalle. Là oui, j’ai compris que la vie me jouait un drôle de tour.  

10 -Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée hier ?

Attends, qu’est- ce que j’ai fait hier ? Ah oui, c’était une journée pourrie, il n’arrivait que des trucs pas rigolos. Il doit bien y avoir un truc pourtant qui soit chouette… Ben oui, le sourire de mon homme bien sûr.

Voilà, j’ai répondu à toutes les questions. Si tu as envie de faire de même, n’hésite pas et va chez ici

À très vite..

Héloïse veut faire du vélo

Bonjour toi 😉

Mercredi, jour des enfants, c’est avec plaisir que je retrouve mes petits personnages Héloïse et Stefano.

Héloïse aimerait bien faire du vélo. Stefano voulait lui prêter le sien.

— Non, j’en veux pas, c’est un de garçon.

Stefano haussa les épaules, il ne voyait pas la différence.

– Il est bleu.

— Ne me dis pas que tu en veux un rose ?

Joe qui avait entendu la conversation intervint :

— Il y a longtemps que c’est fini cette histoire, du rose pour les filles et du bleu pour les garçons.

— C’est pas vrai. Mes copines, elles ont des vélos roses.

Papa Joe fronça les sourcils et Charlie qui passait par là éclata de rire.

— Héloïse, je t’ai bien vu jouer au foot pas plus tard qu’hier. C’est pourtant un jeu de garçons non ?

La petite fille ouvrit de grands yeux et brava sa mère.

— C’est pas pareil, il y a des équipes de filles dans le football.

— Et ? insista Papa Joe.

— Ben… je veux un vélo rose voilà.

Joe et Charlie rirent de concert. Stefano y ajouta son grain de sel.

— Dis plutôt que tu préfères avoir un vélo neuf à toi que d’avoir le mien trop petit pour moi.

Héloïse se dandina d’un pied sur l’autre. Elle était démasquée. Charlie lui proposa :

— Nous ne savions pas que tu avais envie de faire du vélo, tu n’en avais jamais parlé, ce qu’on peut faire c’est que tu essaies sur celui de Stefano et si ça te plait et que tu débrouilles, promis, tu pourrais choisir celui dont tu rêves.

— Le vélo de mon fils est en très bon état, ajouta Joe qui ne trouvait pas utile d’en acheter un nouveau qui dans un an serait devenu trop petit. Il préférait attendre, mais il se tut.

Héloïse accepta du bout des lèvres. Joe vérifia la selle et l’ajusta à la taille de la fillette. Elle n’était jamais montée sur une bicyclette aussi papa Joe remarqua :

— Je crois me rappeler où sont rangées les petites roues, ça serait plus facile pour commencer.

Héloïse n’était pas d’accord, elle voulait être une grande tout de suite. Pour montrer qu’elle savait faire et surtout qu’elle pourrait avoir rapidement un vélo bien à elle, elle grimpa sur l’engin. Charlie tenta de lui tenir la selle et d’avancer avec elle, de peur qu’elle tombât n’ayant peut-être pas encore l’équilibre, mais Héloïse donna un gros coup de pédale et la voilà partie.

Surpris, Stefano qui avait failli être renversé se recula en criant alors que Papa Joe et Charlie, ébahis, contemplèrent Héloïse, très fière d’elle qui s’échappait par le portail.

Surpris, Stefano qui avait failli être renversé se recula en criant alors que Papa Joe et Charlie, ébahis, contemplèrent Héloïse, très fière d’elle qui s’échappait par le portail.

Affolée, Charlie se mit à courir derrière elle. Il ne passait pas souvent des voitures sur ce chemin, mais il suffisait que Mathurin rentrât avec son tracteur et c’était l’accident, mais Héloïse revint toute guillerette. Elle posa pied à terre et afiirma à Stefano.

— Je ne l’ai même pas abimé, il roule super vite. Merci.

Elle se tourna vers Papa Joe et sa maman.

— Alors, on y va quand choisir mon vélo ?

Charlie fronça les sourcils, sa fille la regardait d’un air frondeur qui ne lui plut pas.

— On a le temps et tu serais gentille de nous parler sur un autre ton s’il te plait. Ce vélo, comme tu l’as dit toi-même, fonctionne très bien. Il peut faire l’affaire pour quelques jours, histoire de voir comment tu te comportes avec lui. D’ailleurs, ce serait bien que dès que serons tous disponibles, nous partions faire une promenade ensemble, ce serait l’occasion de t’inculquer quelques règles du Code de la route. Tu n’as pas été très prudente de sortit ainsi sans regarder.

Héloïse baissa la tête. Elle n’avouera pas qu’elle n’avait jamais fait de vélo de sa vie.

— Je te parle, Héloïse.

Papa Joe voudrait intervenir, ce n’était pas non plus une catastrophe, mais le ton qu’avait employé Charlie le stoppa dans son élan. C’était une histoire entre ses deux femmes et il sentait qu’il ne devait pas s’en mêler. Le regard de Charlie quand elle fixait sa gamine, il l’avait déjà vu, il le mettait toujours mal à l’aise comme si elle détenait un pouvoir particulier.

— Pardon maman.

Stefano se gratta la tête, il avait la même mimique que son père. Décidément, c’était à n’y rien comprendre avec les filles. Il était pourtant certain qu’Héloïse n’avait jamais fait de vélo.

Il en fut encore plus convaincu quand celle-ci passa devant lui et lui fit un clin d’œil.

© Isabelle-Marie d’Angèle (Mai 2023).

À très vite…

J’aime un voyou au grand cœur

Bonjour toi 😉

Voici le chapitre 8. Il va te falloir un peu de patience pour connaitre la suite, je suis à flux tendu comme qui dirait l’autre 😂.

Chapitre 8



J’étais à peine descendue de ma moto que Luc Grégoras se garait devant chez moi. Je le regardais venir vers moi, tout sourire, un carton de la pâtisserie qu’il affectionnait à la main. Le médecin légiste, vêtu d’une veste, d’une chemise noire et d’un jeans, n’avait pas la même allure que lorsqu’il était affublé de sa combinaison blanche. Il était bel homme et sa joie de me voir ne faisait aucun doute. Il était amoureux, ça crevait les yeux.

Il déposa la gourmandise sur ma table de la terrasse et me prit dans ses bras.

— Déjà debout ? Tu es allée te promener en moto ?

Et le voilà avec ses questions. Il était bien gentil Luc, mais il m’embarrassait. Il attendait ma réponse. J’éludai en l’entrainant dans la maison. Pistole arrivait tout heureux de me retrouver, mais lorsqu’il aperçut Luc, il s’arcbouta et fit demi-tour. Mon chat n’aimait pas le légiste, allez savoir pourquoi.

— Tu ne regardes pas ce que j’ai apporté de la pâtisserie ?

Déçu, Luc enlevait son blouson et l’accrochait au porte-manteau.

— Tu as laissé la boîte dehors !

Il alla la rechercher alors que moi, j’appelais Kawas. C’était lui qui m’avait envoyé le message tout à l’heure. J’en profitais pour lui donner le numéro de la plaque d’immatriculation que j’avais gardé en mémoire.

Luc qui revenait m’apostropha alors que je raccrochais.

— Tu es en repos si je ne me trompe ?

— Écoute Luc, il y a encore eu un vol ce matin, je vais aller au commissariat. J’ai des choses à vérifier. Je suis désolée.

Mais il me retint par le bras.

— Angèle, je pensais que nous pourrions passer une journée tranquille tous les deux.

Je ne le laissai pas finir, me dégageai rapidement et l’invitai à repartir. Je n’avais pas envie de le retrouver chez moi à patienter. Nous n’étions pas un couple.

Je récupérai mon arme enfermée dans la bibliothèque et l’attendis pour qu’il sorte avec moi lui signifiant que je ne voulais pas qu’il reste à la maison.

Il haussa les sourcils, mais ne dit rien. Il reprit son blouson et se dirigea vers sa voiture sans me regarder.

Théo avait trouvé à qui appartenait le véhicule quand je le rejoignis dans mon bureau. Je m’attelais aussi au fichier des personnes susceptibles de correspondre à celles que j’avais aperçues. Évidemment, les deux hommes entrevus le matin dans la forêt n’en faisaient pas partie.

Je racontai tout au capitaine.

— Je suis certaine que Destrée sait quelque chose, mais il n’est pas mêlé à l’histoire. Peut-être du chantage ?

— J’ai la vidéo du braquage.

Je me penchai sur l’écran.

— C’est un copycat. On veut faire porter le chapeau à ce Robin des Bois. Quelqu’un se sert de lui pour faire ces vols. Je parie que c’est pour ça qu’il a dû grimper à son mur d’escalade et avoir son accident. Blessé, il ne pourrait rien faire.

— Un peu léger ton histoire.

— Je vais retourner chez Destrée.

— Je t’accompagne.

— Ce n’est pas officiel.

— Tu n’es pas de garde, je te rappelle, moi si. C’est moi qui mènerai l’interrogatoire et nous visionnerons l’enregistrement.

S’il fut surpris de voir débarquer la voiture de police, François n’en montra rien. Il avait troqué son jogging contre un pantalon noir et un tee-shirt blanc. Tuck ravi de me retrouver posa ses pattes sur mes épaules. Il fallut que son maître le rappelle à l’ordre sèchement pour qu’il m’abandonne tout penaud, la queue basse. Le capitaine Kawas le salua, lui expliqua le but de notre visite et lança l’enregistrement.

Je me tenais en retrait afin de capter la réaction de mon ami d’enfance. À la vue de la vidéo, je repérai aussitôt son sourire et sa réponse claqua :

— Des amateurs !

— Tu les connais ?

Je le regardai dans les yeux. Le capitaine s’en mêla :

— Si vous savez quelque chose, il est de votre devoir de nous le dire.

— Ces personnes ne sont pas des férus d’escalade ni d’arcs. Ils ont tenté de ressembler à ce voleur, c’est tout.

— Lequel ? demanda Kawas.

— Celui de la banque.

— Pourquoi pensez-vous que ce n’est pas le même ? insista mon collègue.

François se mit à rire.

— Vous êtes venu faire une enquête en fait ! Vous avez une commission rogatoire ?

Il se tourna vers moi.

— Angèle ? Je suis suspecté de quelque chose ? Si c’est le cas, j’ai besoin d’un avocat ?

Je calmai le jeu aussitôt.

— Mais non François, tes réponses nous ont surpris. Tu es tellement sûr de toi.

Je tentai de l’alerter, mais mon collègue fut plus rapide que moi. Il s’approcha de Destrée.

— Écoutez-moi, je ne veux pas que le commandant, sous prétexte que vous êtes son ami d’enfance soit dans une situation très inconfortable. Alors, si vous savez quelque chose dites-le.

— C’est simple, j’ai lu la vidéo du premier vol à la banque et ce n’est pas comparable, vous aviez affaire à un archer professionnel. Pas ici. Vous n’avez qu’à regarder la position de l’arme et la manière dont il tire les flèches. En plus, c’est un montage, c’est impossible qu’il ait réussi à atteindre sa cible.

— Vous pensez à un client en particulier ?

Je sentis l’hésitation imperceptible de François et je souris intérieurement quand il répondit :

— Non, je ne vois pas.

Kawas le remercia et lui rappela que s’il se souvenait de quelque chose, il pouvait passer au commissariat.

Je suivis mon collègue quand François m’attrapa par la main.

— Puis-je venir chez toi, ce soir ?

Je hochais la tête. Comme nous avions échangé nos numéros le matin même, j’en profitais, pour lui envoyer mon adresse.

Il était 19 heures quand je vis s’arrêter sa voiture devant chez moi. Il apportait une bouteille de vin blanc.

Je lui ouvris la porte et Pistole se faufila entre nos jambes. Il se mit à miauler et à ronronner contre celles de François. Surprise par cet accueil, je ne réalisai pas tout de suite que mon ami l’avait pris dans ses bras, le caressait puis l’installait sur son épaule. Pistole frottait sa tête contre la sienne. On pourrait penser qu’ils se connaissaient depuis toujours.

— Alors comme ça, tu es Pistole !

Il entra chez moi et pourquoi ai-je eu l’impression immédiate qu’il était à sa place. Il posa la bouteille sur la table basse du salon et se tourna vers moi.

— Merci pour ce matin, tu n’as rien dit.

Il me caressa la joue.

— Angèle, je ne veux pas que tu aies des soucis à cause de moi, je vais te raconter la vérité. Tu agiras en conséquence. Mais auparavant, j’ai une chose à faire.

Il s’approcha et ses yeux me sondèrent, sa main sur ma nuque m’attira lentement vers lui. Il ne sentit aucune résistance de ma part alors il posa délicatement ses lèvres sur les miennes. C’était doux comme une caresse. Ses yeux n’avaient pas quitté les miens. Quand il se recula, immédiatement un manque m’envahit.

— C’est moi le Robin des Bois dont tout le monde parle. Mais je ne suis pas un voleur. Je ne veux que la justice, moi. Les deux hommes que tu as vus ce matin, c’est eux qui me font chanter. Ils ont compris que c’était moi l’auteur des braquages, mais eux, ils veulent garder l’argent. Si je n’avais pas été blessé, c’est moi qui aurais commis ce vol et l’aurait redistribué. Je n’agis jamais au hasard, mais eux ne pensent qu’à l’argent et je dois les prévenir à chaque fois que je prépare un holdup. Je n’étais pas d’accord tu penses bien, alors ils m’ont obligé à grimper et ont agi à ma place. Je savais que j’allais tomber mais je savais aussi comment ne pas trop me faire mal.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

J’aime un voyou au grand cœur

Bonjour toi 😉

Je te propose de découvrir le chapitre 7. J’ai écrit le chapitre 10, tu vois je n’ai pas beaucoup d’avance 😏😁.

Chapitre 7

Je saisis le parapheur et lus rapidement la note avant d’apposer mes initiales.

— Figurez-vous que votre chef et moi, nous nous connaissons depuis longtemps, mais nous n’avions pas fait le rapprochement. Moi si, mais pas Angèle, raconta François.

Kawas se tourna vers moi, interrogatif. Je n’avais qu’une envie, envoyer au diable ce François Destrée.

Je maugréai en lui rendant le courrier :

— Je ne l’avais pas revu depuis plus de vingt ans, normal que je ne le reconnaisse pas.

Mais François n’en resta pas là.

— Je sais qu’elle s’entraine régulièrement et qu’elle est fan de tree climbing, j’ai pensé qu’elle pouvait s’occuper de mon chien qui va manquer d’exercice.

Je repoussai brutalement mon fauteuil à roulettes qui alla s’écraser contre le mur et lui indiquai la porte.

Kawas demanda :

— C’est quoi le tree climbing ?

— Traduisez qu’elle grimpe aux arbres ! Elle adorait ça quand elle avait neuf ans, apparemment, elle n’a pas oublié.

Il se leva alors que je l’invitai à sortir de mon bureau avant que je l’engueule sans façon.

Tuck en passant près de moi, me lécha la main ce qui eut le don de faire dire à Paco.

— Tu vois, il t’a adoptée. Je t’emmènerai dans les bois que nous connaissons bien.

Il salua le capitaine et sans attendre ma réponse, il s’en alla suivi de son chien. Je claquai la porte, déclenchant le fou rire de mon collègue.

— Raconte !

J’eus l’envie de lui dire d’aller se faire foutre. N’avait-il pas du travail en retard ? Je savais qu’il avait horreur de l’administratif, mais je m’assis face à lui et lui débitai, sans m’étaler, mes vacances avec cet homme.

— Tu l’appelais Paco ?

— Ouais et franchement, je trouve que ça lui allait mieux que ce François Destrée pompeux. Si ça me permet d’en apprendre davantage sur lui, je vais en profiter.

Théo Kawas appuya ses coudes sur mon bureau et me fixa droit dans les yeux.

— Que feras-tu au cas où tu comprends qu’il est ce Robin des Bois moderne ?

— Je le coffrerai, évidemment !

Je n’avais pas baissé mon regard, ma voix n’avait pas tremblé. Théo se redressa et m’avertit :

— J’espère bien. Tu as gagné la confiance de tes hommes ici, tu ne vas pas tout foutre en l’air pour des souvenirs d’enfance.

Il se leva et la main sur la poignée de porte, il se retourna et lança :

— Comment a-t-il su pour ton entrainement dans les arbres ? Je n’étais même pas au courant.

— Sans doute a-t-il lu l’article dans le journal.

— Fais gaffe, Angèle, s’il fait des recherches sur toi c’est qu’il a une idée derrière la tête.

Le bruit de ma moto avait alerté le chien qui aboyait derrière la porte-fenêtre. Tuck, debout sur ses pattes arrière, me regardait en grattant nerveusement la vitre. Soudain, il quitta son poste et François m’accueillit devant l’entrée en jogging noir. Tuck, à ses pieds ne bougeait plus.

— Je savais bien que tu viendrais.

Je n’avais même pas hésité. L’envie de courir avec un chien m’avait toujours tenté. Malheureusement avec Pistole, impossible d’avoir les deux animaux. Il était bien trop exclusif. Ce chat, je devrais plutôt dire ce bébé, je l’avais récupéré dans une poubelle. Ses miaulements m’avaient alertée alors que je passais devant. Depuis son sauvetage, il me vouait un amour inconditionnel.

J’enlevai mon casque et ma chevelure s’écroula. Je l’attachai aussitôt avec le chouchou qui ne quittait jamais mon poignet.

— Je te préférai quand ils étaient détachés, dit François en s’approchant.

Sans façon, il posa sa main sur mon épaule et m’embrassa sur les deux joues. Je captai immédiatement son parfum d’Eau Sauvage de Dior et les souvenirs affluèrent.

Ce matin-là, Paco avait renversé le flacon de son grand-père. Quand nous nous étions retrouvés, je m’étais moquée de lui, parce qu’il sentait la cocotte comme je disais. Furieux, il était reparti et j’avais dû courir après pour m’excuser.

— Salut François !

Tuck s’approcha et me lécha les mains.

— Si Pistole savait ça, il me ferait la gueule toute la journée.

François haussa les sourcils. Je le taquinai :

— Tu n’as pas fait de recherches sur Pistole ? Il est mon chat persan.

Il ne répondit pas et m’entraîna à l’intérieur.

— Où puis-je me changer ?

Il m’indiqua la salle de bains. En bon flic que je suis, je ne pus m’empêcher de balayer du regard la pièce qui ne m’apprit rien, si ce n’était que le propriétaire aimait l’ordre et la propreté. Tout était nickel chez lui.

Une fois prête, François m’entraîna dans la forêt proche de chez lui. Tuck connaissait les lieux, il gambadait devant nous. Soudain, il stoppa et aboya furieusement. Deux hommes s’approchèrent accompagnés de l’animal, ils saluèrent mon ami. Je ressentis aussitôt son raidissement.

— Salut Destrée. J’avais bien reconnu ton chien. Bonjour Madame.

Ils ne s’arrêtèrent pas et poursuivirent leur chemin. François n’avait pas répondu à leur bonjour, il tenait Tuck par son collier qui grognait sourdement.

Mon instinct de flic me dictait de l’interroger, mais tel que je le connaissais, il éluderait mes questions. Je gardai le sourire et préférai ne faire aucune réflexion.

Grâce à ma mémoire visuelle, je saurai les reconnaitre. D’autant plus, que j’avais repéré un véhicule garé dans une allée, machinalement sa plaque d’immatriculation s’était enregistrée dans ma tête.

François parla à l’oreille de son chien. Celui-ci s’approcha de moi et s’assit.

— Tu n’as plus qu’à lui donner l’ordre de te suivre. Il t’écoutera, courra avec toi et s’adaptera à ton rythme. Si tu veux, pour démarrer, tu prends ce chemin, je t’attendrai à la sortie de l’autre côté. Il y a un petit parcours de santé, j’y serai.

Je commençai mon jogging et j’eus l’agréable surprise de sentir Tuck sur mes talons. J’accélérai l’allure et le chien fit de même. Finalement, il se mit à côté de moi. La sensation d’avoir l’animal à mon écoute était grisante. Il y a quelques années, j’aurais pu suivre une formation dans la police et avoir un Berger allemand, je n’avais pas voulu de peur de trop m’y attacher et qu’il lui arrive un accident. Aujourd’hui, quand je vois Tuck m’accompagner, je le regrettais, c’était un régal.

Nous retrouvâmes François comme il l’avait dit. Tuck se coucha aux pieds de son maître. C’est alors que mon portable professionnel bipa. Je n’étais pas de garde, mais je devais toujours être joignable. Légèrement essoufflée, je pris l’appel et fronçai aussitôt les sourcils. J’observai François qui caressait son chien. Je le voyais grimacer quand il se penchait vers lui, ses côtes cassées devaient le faire souffrir.

Lorsque je raccrochai, il m’interrogea du regard.

— Un problème ?

— À toi de me le dire.

Je le contemplai les bras croisés.

— Un nouveau braquage vient d’avoir lieu à la banque. Promets-moi que tu n’as pas prémédité ça pendant que je courrais avec toi ?

Je compris immédiatement qu’il n’était pas au courant. Il n’avait jamais su mentir quand il était gamin et sa colère, certes fugace, qui était passée dans ses yeux, m’apprit aussi qu’il avait prévu que ce genre de choses arriverait.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

La cabane d’Héloïse et Stefano

Bonjour toi 😉

Journée des enfants, je te laisse avec mes petits héros Héloïse et Stefano. Parfois au détour d’une phrase, la vérité sort de la bouche des enfants 😉😊.

C’était le grand jour, Papa Joe construisait la cabane de Stefano et Héloïse.

Les gamins s’étaient levés de bonne heure, pas de grasse matinée alors que c’était mercredi. Le petit déjeuner avait été avalé à une vitesse grand V. Charlie n’eut même pas de réflexions à faire, les mains étaient lavées, les bouches essuyées, les bols portés sur le lave-vaisselle et la table débarrassée. Joe fit un clin d’œil amusé à sa moitié d’un air de dire que si c’était tous les jours comme ça, ce serait merveilleux.

— Nous sommes prêts.

Héloïse en salopette, casquette sur la tête l’attendait de pied ferme avec un papier à la main. Elle lui tendit et du haut de ses six ans, elle interrogea Joe sérieusement :

— Tu vas suivre mon plan hein ? Je t’ai tout écrit là.

Elle indiqua sur sa feuille les différents dessins. Joe saisit ce qui ressemblait à un plan. Effectivement, une cabane était bien représentée. Il fronça les sourcils.

— Il n’était pas question qu’elle soit installée en haut d’un arbre.

Charlie s’approcha et posa son menton sur l’épaule du grand gaillard. Elle bouscula son chapeau pour mieux voir. Joe avait tout l’air d’un cow-boy même le matin de bonne heure.

Elle murmura :

— Ce serait dangereux non ?

Héloïse montra l’escalier.

— Ah parce qu’en plus, il faut faire des marches ? demanda Joe.

— Comment veux-tu qu’on y monte sinon ?

Les yeux grands ouverts de la gamine le fixaient. Il se sentit idiot d’avoir posé la question.

Stefano regarda son père en haussant les épaules d’un air de dire qu’il n’y était pour rien.

Charlie interrogea la fillette :

— Sur quel arbre avez-vous imaginé cette cabane ?

Les enfants se tournèrent l’un vers l’autre. Ils avaient de ces questions les adultes. N’empêche qu’ils n’y avaient pas réfléchi.

— Ok, j’apporte tout le matériel et on voit ensemble ce qu’on peut faire, proposa Joe qui n’avait quand même pas que ça à faire.

Charlie leur emboita le pas. Elle devait y mettre son grain de sel. C’était elle qui s’était occupée de l’achat du bois malgré les dires de son homme qui ne cessait de répéter qu’elle ne trouverait pas ce qu’il fallait. Pourtant, il la laissa faire. Charlie était la reine du bricolage, il avait déjà remarqué qu’elle avait des doigts de fée et que tout ce qu’elle touchait s’arrangeait sur l’heure.

Les enfants aidèrent Joe à porter les planches sur la remorque du tracteur. Il y déposa son énorme boîte à outils. Héloïse adorait la regarder. Elle lui faisait penser au grand sac de Mary Poppins en moins joli. Joe en sortait tout un tas d’objets qui servait tous à quelque chose. Quand il fouillait à l’intérieur, ça faisait un drôle de bruit et il n’en fallait pas plus pour que la petite fille s’imagine une histoire. Elle se demanda si Dame Tournevis et Seigneur Marteau étaient réveillés.

Ils grimpèrent à côté du siège, Charlie marchait à côté d’eux, accompagnée du chien Texas qui gambadait autour d’elle.

Héloïse désigna le platane qui trônait au milieu du pré peu éloigné de la maison.

— Là, papa Joe, la cabane sera bien.

Il fronça les sourcils. Il n’avait pas pensé à cet arbre, il le regarda mieux en s’approchant. Il n’avait jamais remarqué ses branches qui s’élançaient vers le ciel de cette façon.

— Tu vois, tu fais une échelle et hop !

Il grommela :

— Y a qu’à évidemment. Avec ton crayon, c’est toujours facile.

Mais, il arrêta son tracteur et descendit en sifflotant. Héloïse et Stefano sautèrent de l’engin très excités.

Heureusement que Charlie était avec eux, le travail avançait vite et la cabane prenait forme. Joe ne comprenait pas tout et surtout pas comment les enfants avaient de telles facilités pour emboiter les planches les unes aux autres. Charlie lui dit que le vendeur lui avait vanté ce matériau et qu’il était fait exprès pour le montage rapide de ce genre de construction.

Depuis que Charlie était entrée dans sa vie, Joe s’interrogeait tous les jours sur les dons qu’elle développait. Certes, elle était douée mais quand même ! Cartésien comme il l’était, des choses incompréhensibles pour lui le titillaient souvent, mais devant le sourire angélique de Charlie et son regard limpide, il baissait les armes et abandonnait la partie qu’il savait perdue d’avance.

La cabane était terminée… dans l’arbre. Joe n’en revenait pas. Charlie avait insisté pour la monter et la consolider au milieu du platane qui semblait s’écarter au fur et à mesure que l’habitation des enfants s’installait. Ne restait que l’échelle de corde à accrocher.

— Ah et il ne faudra pas oublier les poubelles pour le tri, dit Héloïse d’une voix ferme. Le Maître à l’école nous a bien expliqué.

— Ben voyons, et je vais les trouver où ? grogna Joe.

— Ne fais pas ton hérisson, répondit calmement Charlie. Regarde, j’avais prévu.

Elle montra les boites avec des couvercles de différentes couleurs. Elle désigna, la jaune pour le plastique, la verte pour les ordures, la bleue pour le carton, et le composteur pour les épluchures.

— Mais ?

Joe souleva son chapeau pour se gratter la tête et demanda :

— Parce que tu crois que les enfants vont manger ici et avoir besoin de toutes ces poubelles.

— C’est pour faire comme une vraie maison, lui répondit avec aplomb Héloïse.

— CQFD, ajouta Stefano.

— Merci Papa Joe.

Héloïse planta deux grosses bises sonores sur ses joues puis elle tapa des mains.

Elle regarda Joe accrocher l’échelle de corde, puis elle le vit retourner à son tracteur. Curieuse, elle le suivit.

— Oh, une balançoire !

Elle ne put réprimer sa joie et se mit à tourner comme une toupie, les bras écartés, pendant que Joe installait à une autre branche la balançoire. Il vérifia la solidité et invita les enfants à l’essayer. Stefano s’y assit le premier et s’élança. Héloïse en admiration le regardait, ébahie.

— Tu me pousseras au début, je ne sais pas trop faire encore.

Joe entoura les épaules de Charlie et tous deux contemplèrent les gamins dont les joues rouges et les yeux brillants exprimaient leur bonheur.

C’est alors qu’ils entendirent le camion poubelle s’arrêter devant la maison. Héloïse le regarda et dit :

— Bientôt, ils ne vont plus avoir de travail, on leur fait tout le boulot.

Et Joe ajouta in petto et en plus on paie plus cher ! Charlie lui fila un coup de coude pour le faire taire. Il sourit mais il n’en pensait pas moins.

© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2023).

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Quand je relis le journal de Marie-Sophie, je me rends compte que depuis mars, je n’avais rien publié. C’était pourtant écrit. Je l’ai remanié et ajouté des choses. J’aime bien Marie-Sophie, avec elle, les pages de sa vie se tournent comme un livre 😊.

— Comment ça tu as embrassé Archibald ?

La lumière était allumée dans la cuisine de Morgan et comme j’en avais ras le bol de cette situation, j’avais frappé à la porte et dès qu’il m’avait ouvert je lui avais annoncé la nouvelle.

Il me regardait avec des yeux ronds et réitéra sa question.

— Tu as bien entendu, j’en ai assez que tu m’ignores. Je ne te crois plus, avoue que tu ne m’aimes plus, ce sera plus facile pour moi.

— Pourquoi viens-tu me dire ça ? Que veux-tu que ça me fasse ?

Je n’en revenais pas. L’accident l’avait complètement changé.

— Sérieusement Morgan, tu apprends que j’attends un enfant de toi, tu continues à faire comme si de rien n’était et…

Il gronda :

— Je ne te laisserai pas tomber pour élever cet enfant, même je le reconnaitrai. Comment faut-il que je te le dise que je ne me souviens de rien et que tu ne me rappelles rien ?

— Tu sais quoi Morgan, je n’ai pas besoin de toi, je me débrouillerai toute seule. Je ne te demanderai plus rien. Désolée de t’avoir dérangé.

Je tournais les talons et m’enfuis en courant.

Mélusine me vit débouler dans la cuisine, la rage au ventre. Je persiflai :

— Plus jamais, je ne veux lui parler. Tu te rends compte de ce qu’il vient de me dire ?

Je lui racontais tout. Archibald arriva au moment où je lui où je disais que je l’avais embrassé. Mélusine chercha le regard de notre ami, il fit non de la tête en soupirant et passa devant nous pour aller se doucher.

— Mais ? Parle Mélusine, tu me comprends au moins ?

— À propos de quoi ou de qui ?

Je soufflais et ne répondis pas. J’en avais assez de toutes ces histoires. Je changeai de sujet en racontant l’offre de Cybèle.

Soudain, j’eus mal au ventre et me pliais en deux. Affolée, Mélusine appela Archibald. Ils n’hésitèrent pas une seconde, l’un me prit dans ses bras et m’emmena dans sa voiture, l’autre conduisit Enzo chez pépé Charles.

— Je vous retrouve à l’hôpital cria Mélusine.

Je fixais Archibald, les dents serrées, il ne quittait pas la route du regard. Elle ne me parut jamais aussi longue. J’avais peur de perdre mon bébé. J’étais certaine que c’était à cause de Morgan que tout ça m’arrivait, il ne voulait plus vivre parce que son papa ne se souvenait pas de lui. Ma décision était prise, je l’aimerais pour deux. Exit Morgan !

Archibald appela Gabriel. Il était de garde comme souvent, il vint aussitôt à notre rencontre et je fus emmenée rapidement pour faire une échographie. Archibald m’accompagna. Il ne lâcha pas main pendant tout le trajet.

C’était un petit garçon et je l’avais perdu.

Même si le médecin m’affirmait que je pourrais en avoir d’autres, même s’il me disait que c’était la nature qui en avait décidé ainsi, pour moi, c’était parce que Morgan ne me reconnaissait plus.

C’est Archibald qui lui annonça la nouvelle puis à pépé Charles. Celui-ci se précipita aussitôt pour me serrer dans ses bras. Cela fit le tour du village en moins de temps qu’il n’en fut pour le dire.

Je sus par Archibald que Saverio avait passé un sacré savon à Morgan. Il n’avait pas mâché ses mots et lui avait affirmé qu’il avait tout foutu en l’air. Mais était-ce sa faute ? Il avait eu un accident, un point c’est tout. Seulement, le choc lui fit revenir la mémoire et Archibald me raconta que Morgan s’était effondré dans le bar de son ami.

C’est par écrit qu’il s’excusa, il ne se sentait pas le courage de me parler en face. Il s’éloignait pour quelque temps. Sa mère ne savait pas où il était parti, mais moi j’étais certaine qu’elle s’en doutait, elle respecterait le vœu de son fils, elle se tairait. Dans sa lettre, il me demandait de prendre soin de son chien, son chat, ses deux vaches, ses biquettes et si je voulais, je pouvais aussi continuer à faire les marchés, mais je n’étais pas obligée. Je pouvais abandonner son activité de bouquets de fleurs séchées si je ne m’en sentais pas capable. Il se rappelait qu’il m’aimait, mais il écrivait qu’il était trop tard et qu’il ne savait pas comment faire pour réparer ce qu’il avait cassé. Dans ses mots, j’entendais sa voix, je le voyais me dire les yeux dans les yeux, qu’il était très malheureux. Je l’imaginais dans ma cuisine, les bras ballants, me contempler et se taire. Il était comme ça Morgan, tout était dans le regard. Il me répétait qu’il m’aimait et qu’il m’aimerait toujours, mais que je devais l’oublier. Lorsqu’il reviendrait, c’est qu’il aurait accepté que nous puissions être amis.

Alors la vie continua sans lui. Les jours passèrent, les semaines puis les mois. J’organisais mon temps entre la boulangerie, les marchés, les animaux de Morgan. J’avais appris à traire les chèvres, il n’en avait que trois heureusement. C’est François qui s’investit pour fabriquer quelques fromages que j’allais vendre sur le marché. Morgan, notait tout dans un cahier. François suivit les recettes à la lettre. C’était du bricolage, mais je tenais à ce que les affaires de Morgan continuent sans lui et qu’il retrouve tout en bon état quand il reviendrait. Je récoltais le miel alors qu’il y avait quelque temps, j’avais une peur bleue des abeilles. Pour ses vaches, heureusement, il fallait juste les conduire au pré. Elles ne produisaient pas de lait. Au début, elles meuglaient à fendre l’âme, Morgan leur manquait, j’en étais certaine. Alors, je me suis mise à leur parler quand je les sortais de leur étable, je faisais de même en allant les rechercher. Le chien, dont je ne me souvenais plus le nom et personne ne sut me le dire, faisait son travail avec elles. Il accepta de dormir chez moi, je l’appelais en le sifflant. Je lui aurai bien donné le nom de Morgan, mais Archibald m’en dissuada. Le chat, très indépendant, mangeait les croquettes, mais il faisait sa vie, il avait tellement l’habitude de venir dans mon jardin qu’il ne remarqua pas l’absence de son maître, je tentais de m’en persuader. C’est Mélusine qui se prit au jeu des bouquets de fleurs séchées. Manuelle, comme elle l’était, ce fut pour elle un jeu d’enfants. Elle me remplaçait à la boulangerie lorsque je faisais le marché. Aussi le jour où Cybèle revint me voir avec son idée de food truck, je lui avouai que je l’avais complètement oubliée.

Mais Archibald, lui, n’avait pas laissé tomber l’affaire et il avait même bien organisé un planning. Quand j’entendis Cybèle tout me présenter, j’en restais sur le cul. Pourquoi ne pas vendre les fromages de chèvre et le miel dans le food truck ? Archibald avait élaboré des recettes de sandwich avec un nouveau pain. Pourquoi ne pas décorer le camion avec les bouquets ? Quelle entreprise ! Ils avaient pensé à tout.

Morgan était parti et la vie continuait sans lui. J’avais perdu un bébé, je n’étais pas la seule, c’était arrivé à bien d’autres femmes. J’en ai fait mon deuil. Archibald et Mélusine m’entouraient de toute leur amitié et Enzo, mon petit filleul, me comblait de câlins, il portait maintenant le nom de Gabriel. Je savais bien quand celui-ci venait le voir, qu’il recherchait aussi ma présence, mais je ne pouvais pas lui donner ce qu’il voulait. Mon cœur n’était capable d’offrir que de l’amitié. En étais-je vraiment certaine ?

Lorsque je contemplais Mélusine qui baissait peu à peu sa garde avec François, je me demandais quand moi, j’aurai la chance d’avoir ainsi un homme qui prendrait soin de moi ? Je l’avais eu, mais je n’avais pas su saisir le bonheur pourtant à portée de ma main. Peut-être que Morgan n’était pas celui qui m’était destiné. J’avais cette idée dans la tête quand Archibald déboula dans la cuisine.

© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2023).

À très vite…

Jeudi Poésie

Bonjour toi 😉

Coup de cœur en découvrant chez Christine ici la vache Rosalie de mon histoire Cupidonetmoi.com 😉.

Le texte s’est imposé de lui-même, merci Christine 💖.

Comment suis-je arrivée ici ? 
Se demande Rosalie, la vache chérie
De mes héros Léandre et Léonie 
Sortie tout droit d’un livre par moi écrit. 

Peinte et joliment décorée par une blogueuse amie
Elle est fière la Rosalie. 
Elle habite un village du midi.

Léandre est son patron chéri
Et Léonie est sa chérie à lui. 
C’est Cupidon l’application qui les a réunis
Tout comme moi, ils ont fabriqué un petit.

Moi la vache Rosalie, 
Avec ma couronne fleurie,
Je suis ravie d’apparaitre ici. 


© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2023).


À très vite…

Héloïse et Stefano

Bonjour toi 😉

C’est mercredi et pourquoi pas laisser parler mes petits héros, Héloïse et Stefano. Comme quoi, une question anodine peut en amener une autre 🙄.

Stefano et Héloïse ont grandi. Il approchait les sept ans alors qu’elle avoisinait les six. Comme c’était mercredi, ils revenaient ensemble à pied de l’école. Ce n’était pas loin, ils bavardaient en partageant leurs secrets.

Héloïse n’hésitait jamais à demander l’aide de son petit compagnon.

— Tu pourras me faire réciter ma poésie ?

Elle n’était pas sûre d’elle. Elle apprenait vite, mais elle craignait souvent que sa mémoire flanchât.

La conversation prit un tour inattendu.

— Et puis tu sais ma copine Tina, elle est tombée.

— Oui, et, c’est grave ?

— Elle a des bleus partout. Elle m’a dit qu’elle n’avait même pas pleuré.

— Elle est tombée comment ?

— Des escaliers.

Stefano regarda sa sœur d’adoption.

— Tu parles bien de Tina, celle qui habite dans les nouvelles maisons ?

— Mais oui, pourquoi tu demandes ça ?

— Pour rien.

Ils arrivèrent chez eux et la bonne odeur de cuisine les cueillit aussitôt. Joe était justement en train de se laver les mains et Charlie, le tablier autour de la taille, tendit sa joue. Texas, le terre neuve leur fit la fête.

— Mathurin a proposé que vous alliez voir votre poulain Célestin cet après-midi.

Joe regarde les deux enfants en s’installant à table.

— Vous vous êtes lavé les mains ?

Charlie ne transigeait pas, pour le repas, chaque menotte devait être propre. Les gamins le savaient.

Ils s’assirent et la jeune femme apporta la soupe de légumes sur la table.

— J’aime pas ça ! ronchonna Héloïse.

Charlie lui en versa tout de même une louche dans son assiette et Joe y alla de sa petite phrase toute faite :

— Il faut que tu manges pour devenir grande.

— Maman n’a pas dû en manger beaucoup, elle ne t’arrive même pas aux épaules.

— C’est parce que je suis très grand.

— Et que je n’ai pas mis mes talons.

Tout le monde éclata de rire, sauf Héloïse qui regarda d’un drôle le liquide verdâtre devant elle.

— C’est à quoi ?

— Haricots verts, courgettes et…

— Je déteste les haricots verts.

Charlie soupira. Sa fille faisait la difficile en ce moment. Stefano, avait déjà terminé.

— Elle est très bonne ta soupe. Tu devrais la goûter Héloïse.

Elle accepta de tremper ses lèvres.

— Alors ?

— Hum, ça va.

— Tina est tombée des escaliers et a des bleus partout, déclara Stefano.

— T’étais pas obligé de le dire, rouspéta Héloïse. C’est ma copine. C’est à moi de le dire.

Charlie et Joe se regardèrent.

— Tina ? Ton amie qui vient de déménager dans les nouvelles maisons ?

— Pourquoi tu demandes ça ? Stefano aussi a fait pareil tout à l’heure.

Charlie enleva les assiettes creuses, ainsi que celle de sa fille qui l’avait terminée, et apporta le gratin de macaronis.

Les deux enfants applaudirent. Elle les servit en les prévenant que c’était chaud, qu’ils fassent attention de ne pas se brûler. La bouche pleine de pâtes et de fromage qui filait, Héloïse reprit oubliant les recommandations de Charlie.

— Même qu’elle n’a pas pleuré. Pourtant, elle en a beaucoup de bleus. Moi, j’aurais pleuré, c’est sûr !

— Elle les a montrés à ta maîtresse ? l’interrogea Charlie oubliant de la réprimander.

— Ben non, y a qu’à moi qu’elle l’a dit. C’est pas un secret, alors, je vous le raconte.

— Tu les as vus aujourd’hui seulement ?

— Mais non ! ça fait longtemps. Elle tombe souvent en fait.

Stefano regarda son père.

— Je croyais qu’il n’y avait pas d’escaliers dans ces maisons-là.

— Dis aussi qu’elle ment !

Héloïse se mit à pleurer.

— T’es méchant Stefano. Elle raconte pas des histoires ma copine. Même qu’elle raconte que son papa, il la frapperait si elle mentait.

— Nous te croyons ma chérie.

Charlie lui passa la main dans les cheveux et soupira. Décidément…

Une fois la table débarrassée, la vaisselle dans la machine et les enfants partis dans la salle de jeux, Charlie demanda à Joe.

— Tu sais parfaitement comme moi que cette petite est brutalisée par son père non ?

— Hum !

— Et alors ? On laisse faire ?

Joe soupira.

— Tu veux que j’en parle à la femme de Mathurin, elle est assistante sociale.

— Joséphine ? Oui, c’est vrai. Elle est au centre d’action sociale. Mais…

Charlie se détourna. Joe savait bien à quoi elle pensait.

Dans la salle de jeux, Héloïse discutait avec sa poupée. Stefano lisait.

— Pourquoi tu me fais mal ?

— Je ne te fais pas mal, je te frappe parce que tu as fait des bêtises.

— Oui, mais tu me fais mal.

Stefano leva la tête.

— Mais pourquoi tu fais ça à ta Barbie, Héloïse ?

— C’est pas grave, il faut bien, elle n’est pas sage. Tu sais, mais tu ne le répètes pas, mon papa, il faisait ça à maman. Elle croit que je le sais pas, mais j’ai tout vu. C’est pour ça qu’on est là. Elle avait peur qu’il me fasse du mal. Heureusement que ton papa, il n’est pas comme ça, et tu as bien de la chance !

Stefano resta muet. Héloïse n’avait pas l’air perturbé. Depuis qu’elle était arrivée avec Charlie, elle n’avait jamais fait allusion à cette histoire. La petite fille leva la tête et sourit :

— Tu voudras qu’on se marie quand on sera grands ?

— Tu as de ces questions Héloïse ! Comment veux-tu que je le sache ?

— Moi j’en suis certaine. Et toi ?

— Bah si tu en as envie.

— Sérieux ?

Héloïse lui sauta au cou.

— Viens, on va le dire à maman et papa Joe.

— Attends, il n’y a pas urgence !

— Ça veut dire quoi urgence ? C’est quand on va à l’hôpital ? Mais je ne suis pas malade.

— Non, Héloïse, ça veut dire que ce n’est pas pressé de les prévenir tout de suite.

— Pressé comme un citron ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Moi, je veux le dire à maman.

Elle se leva et dévala l’escalier, faillit rater une marche, et fut cueillie par Joe qui la rattrapa de justesse.

— Combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas courir dans les escaliers ?

Joe avait pris sa grosse voix.

— Je voulais dire quelque chose d’urgent à maman même si c’est pas pressé comme un citron. Mais je peux le dire à toi aussi. Avec Stefano on va se marier.

Le gamin qui descendait regarda son père. Celui-ci faillit éclater de rire devant la mine penaude de son fils.

— Félicitations les enfants ! Vous avez choisi une date ?

Héloïse répondit très sérieusement :

— Tu as de ces questions papa Joe ! Comment veux-tu que je le sache ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2023).

À très vite…

J’aime un voyou au grand coeur

Bonjour toi 😉

Il semble que ces nouveaux héros te plaisent 😊, tu m’en vois ravie 😊et en même temps, tu me mets la pression 😏,parce que je t’ai prévenu, je ne sais pas du tout où mes personnages vont m’embarquer 🙈 (tu remarques l’émoji ? j’avance les yeux fermés 🤣)et j’espère que ça va tenir la route, je fais confiance à ma plume 🤪.

Voici donc le chapitre 6 👇

Chapitre 6



Kawas m’attendait dans mon bureau et il capta aussitôt ma mauvaise humeur. Il me tendit un café et me demanda :

—  Comment va Destrée ?

—  Deux côtes cassées.

Je m’assis et posai mes jambes sur le bureau. Théo prit place en face de moi et contempla mes santiags.

Je sirotai le breuvage noir les yeux dans le vague. Je réfléchissais à Paco. Comment diable allais-je me sortir de ce guêpier. Il avait raison finalement après tout, si je ne savais rien.

—  À quoi penses-tu ?

Je sursautai ce qui fit rire le capitaine. Je repris mon sang-froid. Hors de question que mon collègue se doute de quelque chose.

—  Qu’il faudrait mettre un agent devant sa porte. Imagine que le meurtrier veuille recommencer ?

Il me fixa et me demanda mi-figue mi-raisin :

—  Tu y crois vraiment ?

J’enlevai mes pieds du bureau, jetai le gobelet en plastique dans la poubelle et répondis sèchement :

—  Je ne peux pas faire comme s’il ne s’était rien passé.

—  Nous sommes en sous-effectif, dois-je te le rappeler ?

—  Il ne va pas rester longtemps hospitalisé.

—  Et ? Tu vas le faire suivre ?

—  Bon Kawas qu’est-ce que tu essaies de me dire ? Tu m’énerves !

—  Tu sais parfaitement que c’est un coup monté cette histoire, Destrée avait certainement en face de lui celui qui voulait qu’il se casse la figure. C’était un règlement de comptes pour ses vols, point !

Il fit le tour de mon bureau et se planta devant moi.

—  Et tu l’as compris immédiatement. Tu n’as plus qu’à coffrer Destrée maintenant et l’affaire est terminée. Mais… tu ne veux pas, parce qu’il te plait bien ce Robin des Bois moderne. Je me trompe ?

Je fulminai et refusai la vérité.

—  Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu fais bien vite le raccourci parce qu’il tire à l’arc et qu’il est un champion d’escalade et…

—  Et qu’il est un grand défenseur des bois et des forêts. Je te fais marcher Angèle et tu cours ce matin. Je te connais, si tu savais quelque chose, tu ferais le nécessaire. Tu es bien trop droite dans tes bottes ! Alors que faisons-nous commandant ?

François Destrée quitta l’hôpital rapidement et rentra chez lui. Jordan était venu le chercher.

—  Ne t’inquiète pas pour moi, dit-il à son collègue, ce n’est pas ces deux côtes cassées qui vont m’obliger à me terrer à la maison. J’ai des réunions et des rendez-vous.

—  Tu vas te tenir tranquille maintenant ?

—  Jusqu’à nouvel ordre, je te le promets.

Jordan le salua et le laissa seul.

François alluma son ordinateur et fit une recherche sur Merlin. Elle était fan de moto, ça, il le savait. Elle n’avait que de bons états de service, il s’en doutait. Il fouilla un peu plus dans sa vie. Apparemment, elle n’avait pas d’homme et même si ce n’était pas ce qu’il cherchait en premier lieu, il était content. Il fit défiler les informations et trouva enfin ce qu’il voulait et ça, elle s’était bien cachée de lui en parler.

Il se laissa aller contre le dossier de son fauteuil ce qui lui arracha une grimace de douleur. Aussitôt Tuck, son berger australien d’une trentaine de kilos, vint poser son museau sur ses cuisses.

— Tout doux mon beau ! Je ne suis pas près de galoper avec toi et ça va te manquer ! Mais je sais qui pourrait s’occuper de toi en attendant que je puisse le faire.

Tuck le regardait de ses yeux bleus. Âgé d’un an, François l’avait dressé comme il le souhaitait et n’avait jamais cédé à la facilité. Ils couraient ensemble dans les bois, l’animal patientait au pied des arbres quand il grimpait. Il lui arrivait même de tenir la corde. Très affectueux et intelligent, il avait vite compris que son maître était un grand sportif et un amoureux de la nature. En général, Jordan était avec eux et il surveillait Tuck afin qu’il ne mette pas en danger François. Quand celui-ci descendait en rappel et qu’il atterrissait à ses pieds, ses léchouilles étaient une vraie partie de plaisir pour tous les deux.

— On va se balader ? J’ai quelqu’un à te présenter ?

Aussitôt Tuck partit en courant chercher sa laisse. Toujours pendue au même endroit, il savait la trouver. Il sauta pour la décrocher et la rapporta fièrement à son maître.

Un braquage dans une pharmacie, c’était tout ce que j’avais à me mettre sous la dent. Alors, quand je vis apparaître dans le hall de mon commissariat, mon ami d’enfance, je m’avançai vers lui heureuse de pouvoir me changer les idées. Un superbe berger australien tricolore l’accompagnait. Je caressai le chien qui me regardait avec ses yeux bleus magnifiques.

— Je te présente Tuck.

Je ne pus m’empêcher de penser à Frère Tuck dans Robin des Bois. Décidément, Paco alias François Destrée avait beaucoup d’humour.

Kawas nous aperçut et vint le saluer. Il en profita pour lui demander si ses côtes ne le faisaient pas trop souffrir.

— J’avoue que tenir la laisse de mon chien n’est pas une mince affaire, mais Tuck a compris.

— Tuck ?

Le capitaine éclata de rire.

— Où avez-vous trouvé un nom pareil ?

Apparemment mon collègue n’avait pas fait le rapprochement avec Robin des Bois et c’était tant mieux.

J’entrainai mon ami dans mon bureau avec Tuck et je l’apostrophai.

— Tu ne peux pas débarquer ici comme ça ! Je n’ai pas envie que mon équipe sache que nous nous connaissons ?

— Pourquoi ?

J’avais oublié que Paco avait horreur de la dissimulation.  

— Je ne vois pas où est le problème. Tu as honte de dire que gamins, nous avons passé des vacances ensemble ? Il y a prescription non ? Le fait d’être flic t’empêche d’avoir une vie privée ?

Avec vingt-cinq ans de plus, il était resté le même. Il ne transigeait sur rien. Il ne me laissa pas répondre et attaqua bille en tête.

— J’ai besoin de toi Angèle. Je ne vais pas pouvoir faire courir mon chien pendant quelque temps. Peux-tu t’en occuper ?

Il s’était assis face à mon bureau sans que je l’y invite. Son animal s’était couché à ses pieds.

Je baissai les stores, signe que je ne voulais pas être dérangée. Kawas allait me poser des questions, je n’avais pas l’habitude d’agir ainsi. Depuis que Paco était revenu dans ma vie, je faisais tout de travers.

Je pris le temps de faire le tour de mon bureau pour m’asseoir en face de lui. Il se mit à rire.

— Ce n’est pas la peine de t’agiter comme ça, Angèle, je sais parfaitement que ma venue te dérange. Tu t’en moques de tes collègues et tu es leur commandant, ils n’ont rien à dire.

Je sentis la moutarde me monter au nez. Comme lorsque nous étions gamins, il avait le don de me faire sortir de mes gonds. Il reprit :

— Je ne te demande pas grand-chose, juste de courir avec lui une heure par jour. Ce sera ton entrainement quotidien, voilà tout. Tu dois bien garder la forme ?

Il me regardait droit dans les yeux.

— Tu crois que je n’ai que ça à faire ?

— Le week-end approche, tu travailles ?

Je faillis répondre que ça ne le concernait pas quand Kawas frappa à ma porte. Il entra sans attendre.

— Désolée de vous déranger commandant, j’ai besoin d’une signature.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

J’aime un voyou au grand cœur

Bonjour toi 😉

Le thriller Un héritage empoisonné est terminé, tu peux le trouver ici où tu auras l’intégral . Te souviens-tu de mon histoire du voyou au grand cœur ? Tu retrouveras les 4 premiers chapitres ici. Je te propose de continuer leur histoire. C’est un challenge pour moi, mais j’aime les défis d’écriture parce qu’il est loin d’être terminé et surtout, je n’en connais pas l’issue 😂.

Alors c’est parti, je te propose donc le chapitre 5. J’ai écrit 9 chapitres qui ont l’air de tenir la route, j’ai fait quelques modifications. N’hésite pas à me dire ce que tu en penses.

Je te fais ci-dessous un récap des personnages en images.

Angèle Merlin, commandant
Son chat Pistole

Paco alias François Destrée
Son chien Tuck

Chapitre 5

Je me réveillai en sursaut et repoussai brutalement le bras de Luc qui reposait sur moi. Il avait débarqué la veille au soir, je n’avais pas eu le courage de le mettre dehors.

Le message de Kawas m’avertissait que Destrée avait eu un accident d’escalade.

Je m’habillai rapidement et le moteur de ma moto rugit. Je stoppai devant la salle de sport alors que l’ambulance l’emmenait déjà. Son collègue, Jordan Calamine répétait en boucle que ça devait arriver.

Je m’approchai de lui et lui demandai pourquoi il avait cette intuition. Il se tut aussitôt et bougonna :

— Faut pas m’écouter, je radote parfois. C’est que je l’aime bien ce gamin, je le connais depuis des années.

Kawas vint à ma rencontre et me glissa à l’oreille qu’il ne s’agissait pas d’un accident. Je m’éloignai pour l’interroger.

— François Destrée s’en serait rendu compte si sa corde avait été endommagée non ?

— Ce n’est pas elle, c’est le mousqueton.

— C’est robuste ces machins-là !

— À croire que celui-là était défectueux.

Je restai dubitative. L’habitué s’en serait aperçu. Je rejoignis Calamine.

— Excusez-moi, c’est vous qui préparez le matériel ?

— D’habitude oui.

Il se tordait les mains, il n’était pas à l’aise et ses yeux me fuyaient.

— Pas aujourd’hui ?

— Il ne m’avait pas prévenu qu’il viendrait s’entrainer. Nous nous étions engueulés hier.

Il baissa la tête. Il s’en voulait, c’était évident. Il reprit en me regardant droit dans les yeux.

— Je ne comprends pas qu’il ne se soit aperçu de rien. Il est tellement maniaque avec ses affaires. De plus, je ne les reconnais pas. Ce n’est pas celles qu’il utilise.

— Je crois que le mieux est de l’interroger, il pourra certainement nous expliquer les raisons de son choix.

L’homme haussa les épaules puis il reprit.

— Heureusement qu’il n’avait pas décidé de s’entrainer dans la forêt. La chute aurait pu être bien plus grave.

Je lui demandai de rester à notre disposition et l’invitai à rentrer chez lui. Nous n’avions plus besoin de lui.

— Savez-vous où ils l’ont emmené ? J’aimerais aller le voir.

Mon collègue lui donna les informations souhaitées et nous le regardâmes s’en aller la tête basse et les épaules voutées.

— Dès que ce sera possible, nous irons nous aussi l’interroger.

Un message de mon médecin légiste abandonné dans mon lit apparut et je compris qu’il n’était pas content de se retrouver tout seul chez moi. Je rangeai mon portable et n’y pensai plus.

François Destrée avait repris connaissance et il s’en tirait avec deux côtes cassées. Jordan était près de lui et lui racontait que la commandant Merlin l’avait interrogé.

— Je m’en doute et elle ne va pas tarder à rappliquer ici.

— Qu’est-ce que tu vas lui dire ?

— Rien ! C’était un accident.

— Tu sais bien que ce n’est pas vrai.

— Si j’avais vérifié mon équipement comme je le fais d’habitude, je l’aurais vu que ce mousqueton était bizarre. Je raconterai que je n’ai pas fait attention.

— Arrête François, elle ne te croira pas. Tu es fou d’escalade, jamais tu ne prendrais le risque d’avoir un matériel défectueux.

— Mais si elle me croira. Je sais être convaincant quand il le faut. Rentre chez toi et oublie tout ça.

— C’est facile, maugréa le pauvre homme.

Pourtant il s’en alla sans se retourner et croisa Merlin qui venait aux nouvelles. Elle n’avait pas perdu de temps. Il voulut l’intercepter pour lui conseiller de prendre soin de François parce que peut-être il était danger, mais il pensa qu’elle se moquerait de lui. Il lui fit alors un signe de tête et lui indiqua le numéro de sa chambre.

François la vit entrer et même si ses côtes cassées le faisaient souffrir, il afficha un léger sourire.

— Ce n’était pas la peine de vous déplacer, commandant.

Dans un lit d’hôpital, il était toujours aussi craquant.

— Je fais mon boulot. J’imagine que vous savez que votre matériel était défectueux et que quelqu’un souhaitait qu’il vous arrive un accident ?

Je le regardais afficher le même sourire. Je plissai les yeux et je me revis à neuf ans face à ce garçon qui me narguait avec ce rictus moqueur.

— Paco ?

Il sursauta, haussa les sourcils et murmura :

— Ah quand même, tu m’as enfin reconnu ? Moi, depuis le premier jour où tu es apparue dans mon bureau, j’ai su qui tu étais. Comment vas-tu depuis le temps ?

Cela faisait vingt-cinq ans que je n’avais pas eu de ses nouvelles, mais force est de constater que je n’avais jamais oublié mes vacances avec lui. Pourtant, je n’avais pas fait le rapprochement immédiatement avec ce gamin, amoureux des arbres et des forêts.

Je grondais :

— Ne me dis pas que c’est toi le Robin des Bois moderne dont tout le monde parle !

— Je ne te le dis pas.

Toujours ce sourire narquois sur ses lèvres. Je n’avais plus neuf ans et s’il m’agaçait à l’époque, aujourd’hui c’est un tout autre sentiment qui m’envahissait.

— Paco, tu…

— François, s’il te plait ! Paco c’est du passé.

— Quelqu’un t’en veut, tu le sais n’est-ce pas ?

— Mais non, c’est une erreur de débutant que j’ai commise.

J’éclatais de rire.

— Pas à moi François, tu n’as rien d’un débutant.

Il tenta de se redresser et grimaça.

— De toute façon, je ne suis pas près de regrimper, je ne risque rien.

— Tu peux m’expliquer ?

— Quoi ? Que je ne supporte pas qu’on abatte des arbres ?

— Tu sais que je suis commandant de police ?

— C’est ce que tu voulais faire. Souviens-toi quand on jouait aux gendarmes et aux voleurs, c’était moi le voleur, dit-il en riant.

— Je te courais après, je t’attrapais et te mettais en prison, lui rappelais-je.

— C’est parce que je me laissais faire, juste pour sentir tes mains sur les miennes.

Je secouais la tête.

— Pas de ça avec moi François, je suis flic, t’as oublié ?

— Et alors ? Tu vas m’enfermer ? Qu’est-ce que j’ai fait de mal à part prendre l’argent à ceux qui en ont trop et le redistribuer à ceux qui n’en ont pas assez ?

— Tu n’as pas le droit de faire ça et tu le sais très bien.

— Fais comme si tu n’étais pas au courant.

Je soupirai, alors il saisit ma main.

— Angèle, s’il te plait !

Ses yeux me fixèrent et tout comme à neuf ans, je me revis lui pardonner toutes ces bêtises comme lorsqu’il jetait des clous sous les roues des voitures sous prétexte que les propriétaires avaient laissé leur reste de pique-nique dans les bois.

Je tentais de gagner du temps.

— En attendant, une enquête va être ouverte. Quelqu’un a essayé de te tuer.

Il haussa les épaules.

— N’exagère pas, celui qui a fait ça souhaitait me faire peur, c’est tout. Il savait que je m’en sortirais.

— Pourquoi n’as-tu pas vérifié ton matériel ?

— Laisse tomber Angèle.

Le ton de sa voix m’alerta.

— Ne me dis pas que tu connais qui t’a fait ça !

— Je ne te le dis pas.

Une fois de plus, son regard enjôleur me chopa et je m’y laissais prendre.

— Tu ne souffres pas trop ?

— J’aime quand tu te préoccupes de moi.

Qu’il m’agaçait cet homme et j’étais furieuse parce que je sentais bien qu’un sentiment bizarre m’envahissait. Je n’avais pas l’envie d’y succomber.

Je quittai sa chambre.

À suivre

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite