Jeux d’écriture #7

Bonjour toi 😏

Ici chez Marie nouvelle proposition d’écriture. Je dois commencer mon texte par J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de

Voici donc ma participation 👇

J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de..

Je mâchonnais mon crayon. Tu parles d’un sujet ! D’abord je n’ai pas envie d’être pigiste dans un journal raté. Si par hasard, je le devenais, ce ne serait certainement pas pour un journal raté. Et voilà ! Tu fais encore ta bêcheuse ! J’entends déjà les ricanements de ma meilleure amie.

N’empêche qu’elle me fait rire cette phrase. Je regarde les copines qui sont à fond sur leur copie et je pense que si le journal est raté, la cervelle de ceux qui le lisent ne doit pas valoir tripette.

J’avais lu un truc qui racontait l’invasion d’insectes qui se nourrissaient de papier. Voilà, j’ai trouvé le début : j’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle des poux des livres.

Je les imaginais bien se régaler de toutes ces mauvaises nouvelles. Exit les virus, avalée la guerre, digérée la hausse du gasoil, disparu le chômage. Malheureusement, ils ne verront pas la différence avec les articles vantant la générosité des restaus du cœur, de la croix rouge. Ils ne participeront pas à la fête des voisins, de la musique et n’y comprendront rien à la hausse du SMIC.

C’est bien beau tout ça, mais je ne vais jamais remplir une copie double avec mes grignoteurs de bouquins.

Plus sérieusement… Et si je rajoutais un mot comme : lorsque j’étais…

— Vous risquez le hors sujet mademoiselle !

Je sursautais. Le prof me regardait au-dessus de ses lunettes.

— Ça ne se verra même pas.

— Que lisez-vous ici ?

Il me montrait la phrase qui me narguait depuis un bon quart d’heure.

— J’ai compris.

Il continua son chemin, les mains croisées dans le dos.

Je repris mon stylo et la mort dans l’âme écrivis :

J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de mon grand-père. Il le savait bien qu’il ne valait rien ce journal mais comme j’y travaillais, il faisait semblant de trouver les articles formidables. Il attendait chaque semaine que je lui raconte en avant-première ce que j’allais proposer au rédacteur en chef et vérifiais ensuite sur le papier si tous les mots avaient bien été transcrits.

Je l’aimais bien mon grand-père.

À très vite…

Les enfants au jardin

Bonjour toi 😉

C’est le jour des enfants et c’est aussi le printemps au jardin. Ils adorent ça les enfants ! Et nous aussi !

Dès qu’il fait beau (ils n’attendent pas le printemps pour ça, je suis d’accord), ils sortent. Quelle joie de courir dans l’herbe, en tee-shirt sans manteau ni bonnet. Moi-même, dès qu’il y a un rayon de soleil, j’en profite. Rappelle-toi, n’as-tu pas créé ton jardin quand tu étais haut comme trois pommes ? N’as-tu pas attendu que les graines germent ? Ne serais-tu pas resté accoudé à côté croyant qu’elles allaient grandir d’un coup ? Combien d’arrosoirs portais-tu ? Pauvres graines parfois noyées 😉. Mais quelle victoire quand tu pouvais cueillir les fleurs. Je me rappelle ne pas avoir été patiente et d’avoir ramassé les bulbes de tulipe. Il n’y avait que les feuilles. J’ai dû me rendre compte de ma bêtise et pour ne pas me faire disputer, je les ai replantés … à l’envers 😂. Je ne me souviens plus pourquoi j’avais eu cette idée, mais par contre, papa qui m’a appelée pour me demander de rendre des comptes, ça je m’en souviens 😁.

N’as-tu pas aussi grimpé aux arbres er regardé d’en haut ce qui se passait en bas ? N’as-tu pas construit une cabane où tu pouvais aller te cacher ?

Et y inviter tes amis ?

Je n’avais pas de cabane mais un immense jardin où je pouvais me cacher, flâner, me raconter des histoires, cueillir les cerises quand c’était la saison et plus tard les pommes. J’allais les grignoter dans ma chambre en lisant Alice. Ces petites pommes rouges acidulées et rose à l’intérieur, je ne les ai jamais retrouvées dans le commerce. Elles n’étaient pas faciles à éplucher, maman en faisait de la compote.

Lycéenne, j’y recevais les copains. Nous y faisions du vélo. J’avoue, mon jardin était grand. Je n’ai plus le même aujourd’hui, il ressemble plus à un jardin de Barbie comme je l’appelle 😉 mais comme dit Monsieur, je n’ai plus vingt ans pour m’en occuper. Mais si mon chéri, mais avec quelques années autour 😊.

Et toi ? Avais-tu un jardin ? Une cabane ?

À très vite…

Jeux d’écriture – #6

Bonjour toi 😉

Ici un atelier d’écriture est proposé avec la photo ci-dessous et la citation à inclure dans le texte Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Voici ma participation :

Lisa détestait l’anglais, mais elle aimait bien son prof. Il avait un accent qui la faisait fondre. Et ses yeux ! D’un bleu lagon à tomber ! Il était américain, elle en était sûre. Un jour il l’emmènerait avec lui, elle en était persuadée. Elle fixait par la fenêtre le mur d’en face ou les mots French Kiss s’étalaient en rouge et blanc.

— Ferme la bouche ! Tu ressembles à une carpe.

Mariette, sa meilleure amie lui filait un coup de coude.

— Tu vas nous faire repérer.

Lisa sourit. Elle ne demandait que ça de se faire repérer par Dylan. Dylan et Lisa, ça sonnait bien.

— Je tenais à vous prévenir que la semaine prochaine, vous aurez un remplaçant.

— Quoi ?

Lisa se leva d’un bond à la surprise générale. Mariette la tira en arrière pour qu’elle se rassoie. Son professeur haussa les sourcils.

— Je n’avais pas réalisé que vous étiez aussi assidue en anglais ? Je pensais même au vu de vos notes que nous n’en aviez rien à faire. Mais rassurez-vous, ajouta-t-il devant la mine renfrognée de la collégienne, mon collègue est très compétent.

Lisa baissa la tête et ne répondit pas. La sonnerie retentit et la classe se vida rapidement. Mariette tenta d’emmener son amie, mais celle-ci lui fit signe de partir sans elle. Elle traina pour ranger ses affaires et s’approcha de son professeur.

— Vous rentrez dans votre pays ?

Il leva la tête et contempla la jeune fille.

— Je prends quelques jours pour retrouver ma femme qui va accoucher.

Devant la mine déconfite de son élève, il précisa :

— C’est ringard je sais, mais elle me manque et comme disait le dramaturge espagnol Félix Lope De Vega, Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Sans elle, je suis complètement à l’ouest. C’est comme ça que vous dites n’est-ce pas ?

Il boucla son cartable et l’invita à sortir. Elle osa le retenir par la manche et débita d’une traite :

— Moi, ce sera la fin de ma vie quand vous serez parti.

Elle s’enfuit en courant.

Bavardages sur Petit Paul

Bonjour toi 😉

As-tu remarqué que les héros de nos livres ne vieillissent pas toujours ?

Que ce soit chez Sylvain et Sylvette, chez Alice, le club des 5 ou le clan des 7, les héros ont toujours le même âge. Quelle chance que le temps n’ait pas de prise sur eux. Peut-être devrais-je devenir un personnage récurrent de roman pour ne pas vieillir 😂. Fantômette ne prend pas une ride, elle a environ neuf ans comme ses lectrices. J’imagine que lorsque ses adeptes grandissent, elles passent à autre chose.

Les superhéros ne changent pas et même s’il leur arrive de multiples aventures, ils s’en remettent souvent et meurent rarement (même si… je dis ça je ne dis rien).

Si tu t’intéresses à l’âge d’Hercule Poirot, tu vas t’y perdre 😉.

Tout ça pour en venir à mon personnage Petit Paul.

Lorsque je l’ai créé, il avait 5 ans. Il a toujours 5 ans.

Pourquoi ? Parce que j’aime comme il parle à cet âge-là. Il pose des questions, il bavarde avec ses parents avec ses mots à lui et il n’a pas sa langue dans sa poche.

Extrait :

– Dis papa, c’est quoi le printemps ? C’est quand qu’il arrive ? Il vient en voiture ?

Papa sourit et répond patiemment :

– C’est une saison. Tu sais, comme l’hiver. Tu connais les autres saisons ?

– C’est quoi les saisons ?

Papa soupire. Tellement fort que Petit Paul a l’impression que les feuilles de l’arbre ont bougé. Il se met à rire.

– Pourquoi tu ris ?

– T’as fait bouger les feuilles en soufflant. Alors c’est quoi le printemps ?

– Je t’ai répondu, une saison, comme l’hiver, l’automne et…

– C’est quoi l’automne ?

– Quand les feuilles tombent et que la nature change de couleur.

– Pourquoi elle change de couleur ?

– Parce que c’est l’automne.

Papa se rend compte que sa réponse ne répond pas à la question. Il reprend :

– Il y a aussi l’été comme saison, tu sais quand il fait chaud et que tu vas dans la piscine.

– Alors le printemps, ce n’est pas quelqu’un ?

– Quelqu’un ?

– Toi et maman vous me dites d’attendre le printemps dehors, je croyais que c’était comme quand tu me disais d’aller attendre Papy et Mamy, j’attendais au portail, mais en fait, il n’y a personne qui va venir. Je pouvais attendre longtemps moi !

– Le printemps c’est la nature qui change. Tu entends ?

– J’entends rien.

– Écoute mieux, tu n’entends pas les oiseaux ? Le merle siffle, il fait ses vocalises.

– C’est quoi des vocalises ?

– C’est quand il chante sur plusieurs tons. Regarde les fleurs qui sortent de terre c’est un peu comme quelqu’un qui arrive. Quand j’ai planté les bulbes…

– C’est quoi les bulbes ?

– Attends, laisse-moi finir, et je te montrerai. Je disais, quand j’ai planté les bulbes en automne, j’ai attendu longtemps, et tu vois ma patience est récompensée, elles sortent de terre parce que ça va être le printemps, elles, elles le savent. Tu vois là, les fleurs jaunes ? Ceux sont les jonquilles et celles avec de l’orange, les narcisses,

– Et celles-là, les roses et violettes ?

– Les jacinthes. Respire leur parfum. Tu aimes ?

Petit Paul prit sa respiration et mit son nez dans les fleurs. Il éternua et éclata de rire.

– Et puis, le printemps c’est aussi, l’herbe qui pousse sur les pelouses regarde, je vais devoir passer la tondeuse. La nature se réveille petit à petit. Les oiseaux font leur nid. Regarde les tourterelles, écoute-les roucouler. Les arbres se couvrent de fleurs petit à petit, le forsythia est tout jaune et le seringa se remplume, regarde, il devient tout vert et là tu vois, il y a les bourgeons qui donneront des fleurs.

Tout en parlant, Papa montre à son petit garçon les arbustes fleuris, les oiseaux posés sur la margelle du puits, puis il respire à pleins poumons les bras levés vers le ciel et dit :

– Tu le sens ce printemps qui arrive ? Dans l’air ce n’est pas pareil…

Petit Paul est sceptique. Il respire lui aussi les bras levés et ne sent pas trop la différence avec hier, mais il ne veut pas faire de peine à son papa qui a l’air si content de lui. D’un coup, il lève le nez et dit :

– Hum ! Tu crois que c’est le printemps cette odeur ?

Papa sourit.

– Non, ça je crois que c’est le gâteau au chocolat de maman.

– C’est à n’importe quelle saison le gâteau au chocolat !

– Peut-être qu’elle veut fêter le printemps à sa manière. As-tu compris ce que c’est le printemps ?

– Oui, c’est une… saison… comme l’hiver, l’été, l’automne. Et on le voit parce que les arbres remettent des feuilles, que les fleurs sortent de la terre et que les oiseaux chantent.

– Tu es un champion !

– Dis c’est quoi les bulbes ?

Un jour, j’ai décidé de le faire rencontrer Muguette, l’héroïne de mon premier livre. Mes deux personnages ont fait connaissance en bavardant sur un banc en automne. Il n’avait toujours pas sa langue dans sa poche et n’a pas hésité à faire la morale à Muguette. Celle-ci ayant elle aussi un fort caractère, elle s’est laissée embobiner par ce petit bonhomme qui levait la tête pour la regarder.

Extrait :

– Pourquoi tu parles toute seule ?

Muguette se retourna et ne vit personne.

– J’ai bien entendu parler quand même, je deviens folle, maugréa-t-elle.

– Non, je suis là. Baisse les yeux, tu me verras. Je suis plus petit que toi.

Un petit garçon la fixait. Chapeau sur la tête, les bras dans le dos, il ne baissait pas les yeux.

– Tu parles toute seule, je t’ai entendu. Tu disais que tu avais froid. Tu sais, c’est normal, l’été est fini. Regarde, j’ai un chapeau.

Muguette regardait ce petit bout d’homme qui ne la lâchait pas des yeux.

– Tu as perdu tes parents ?

– D’abord on dit bonjour, mon papa m’a dit que c’était la première chose à dire quand on parlait avec quelqu’un.

– Il n’a pas dit aussi de ne pas parler à des inconnus ? siffla Muguette

– T’es en colère ?

Le problème c’est que Petit Paul dans l’histoire de Muguette va être obligé de grandir…

Et toi qu’en penses-tu de ces personnages qui ne grandissent pas ? As-tu un avis sur la question ?

À très vite…

Jeux d’écriture – Les fées et le printemps

Bonjour toi 😉

Ici chez Marie, un nouvel atelier d’écriture avec ces mots à placer dans l’ordre : euphorie, menthe, cassette, plan, hydratation, secours, reprographie, filtration, fontaine, nuage.

Voici donc ma participation :

C’était l’euphorie au pays des fées. Installées dans leur jardin, leur royaume invisible pour l’homme, l’une sur une corolle de fleurs, l’autre sur une branche de tilleul, elles humaient l’odeur de menthe qui se dégageait du massif.

Le printemps se profilait et il était l’heure de découvrir la cassette.

La reine, Titiana, de sa baguette, l’ouvrit. Comme chaque année, chacune savait qu’elles devraient suivre le plan bien établi depuis la nuit des temps.

Les plus curieuses Margot et Flora se penchèrent sur la feuille rose. Mélusine et Viviane pouffèrent comme d’habitude. Elles parièrent entre elles que la première chose qu’elles devraient surveiller et réguler était la bonne hydratation des graines, des fleurs, du terrain, blablabla.

Titiana les regarda et leur intima d’un coup de baguette sur leurs ailes de se tenir à carreau.

— Au secours, fit mine de crier Mélusine en se secouant.

Devant l’air offusqué de Titiana et le coup de coude de Viviane, elle se tint coite et baissa la tête. Ce n’était pas le moment de la ramener, elle pourrait être mise à pied et devoir rester enfermée dans son bocal. Elle se rappelait qu’elle n’était pas à prendre avec des pincettes quand il s’agissait du règlement.

Pour la première fois de l’histoire, une reprographie de la nature apparut.

— Il faut bien être à la page, remarqua la reine.

Toutes les fées battirent des ailes, joyeuses. Elles applaudirent devant ce qu’elles découvraient.

— Vous savez bien mes amies, que la nature n’en peut plus de tous ces déchets qui se déposent partout. Même l’eau en a perdu de sa pureté cristalline. Aussi, pour la première fois, nous allons devoir procéder à sa filtration.

Toutes soupirèrent. Elles le voyaient bien que personne ne faisait plus attention à Dame Nature. Celle-ci était d’ailleurs venue se plaindre à maintes reprises, notamment quand elle comprit que la fontaine de vie s’essoufflait. Elles avaient réussi à la remettre à peu près d’aplomb, mais elle restait fragile. Un rien pouvait la faire basculer…

Mais les fées étaient optimistes et travailleuses, elles veilleraient comme toujours. C’était le moment de recevoir de la main de la reine toute l’énergie suffisante pour tenir toute la saison avant l’approche de l’été. Elles baissèrent la tête et un nuage de poudre de fée s’abattit sur elles. Elles s’ébrouèrent en secouant leurs ailes, éclatèrent de rire et s’envolèrent chacune pour être à leur poste.

À très vite…

Jeudi poésie

Bonjour toi 😉

Cette photo est la mienne. Elle m’a inspiré le poème qui suit.

En promenade

En promenade, la fillette
Toute guillerette
Abandonne ses grands-parents,
Assis sur un banc. 

Ils contemplent le fleuve
Où quelques oiseaux s’abreuvent. 

Elle les laisse tranquille
Et telle une anguille
Part à la cueillette
Parmi l’herbe et les fleurettes. 

Accroupie dans la prairie, 
De ses petites mains aguerries 
Elle amasse herbe et sable
Et façonne, imperturbable. 

Fière de son travail, 
Bombant le poitrail
Elle montre son œuvre
Ils applaudissent tant qu’ils peuvent. 

Sur le banc, l’œuvre abandonnée, 
Un brin, inachevée,
Reste, par le vent, caressée. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Mars 2022).
À très vite…

Marie-Sophie s’installe

Bonjour toi 😉

Je partage la suite de Marie-Sophie…

Le camion de déménagement est reparti et mes meubles ont pris leur place. La maison est spacieuse et je m’y sens bien. J’ai l’impression immédiate que j’ai trouvé mon chez-moi.

Morgan est venu nous aider. Il m’a saluée comme si de rien n’était et que nous nous étions quittés la veille. Enzo et lui ont fait ami-ami aussitôt. Mélusine l’a embrassé puis s’est affairée à ranger son bazar dans la pièce qu’elle s’était choisie.

Je me pose et regarde autour de moi. Morgan s’approche. Il avait apporté du miel. La fenêtre de la cuisine est ouverte et j’entends les oiseaux chanter. Le parfum de la nature m’envahit.

— Je fais chauffer de l’eau pour un thé ? Tu as ça dans tes placards ?

Mélusine qui apparait comme par magie ouvre une porte et lui désigne la boite. Il s’active sans dire un mot.

Mon amie s’approche de moi, son fils dans les bras. Il suce sa tétine et ne va pas tarder à s’endormir.

— Tu as tout ce qu’il te faut pour sa chambre, m’inquiétais-je ?

— Du moment qu’il a son doudou, tout va bien, me rassura-t-elle.

— Tu ne regrettes rien ?

— Du tout.

— Même pas Archibald ?

Elle éluda la question et répondit :

— Je vais coucher Enzo.

J’entendis l’eau qui tremblotait dans la bouilloire, Morgan qui attrapait les mugs et touillait le miel. Je ne le regardais pas, mais tous les bruits me parvenaient comme au ralenti. Je le sentis s’approcher de moi. Je me tournais vers lui, il me tendit ma tasse.

— Nous fêterons votre arrivée plus dignement plus tard.

Toujours ce vouvoiement qui mettait une barrière entre nous. Ses yeux ne me lâchaient pas.

— Merci.

Mélusine revenait. Elle prit le mug préparé pour elle sur la table et se joignit à nous. C’est ainsi que nous découvrirent Célestine et Charles.

— Alors ?

Charles s’approcha de moi et m’embrassa.

— Bien installée ?

Il fixa sur la tasse et haussa les sourcils.

— De l’eau chaude ? Tu n’as rien de mieux à offrir mon garçon ?

Morgan sourit.

— Plus tard.

Mais Charles ne voulut rien savoir. Il se tourna vers Célestine.

— Vous ne dites rien à votre fils ? Vous n’êtes pas d’accord ?

Ils m’attendrissaient tous les deux. Elle distinguée dans sa robe parme et ses petites chaussures assorties, lui avec sa salopette en jeans et sa chemise à carreaux. J’entendis pour la première fois sa voix, douce comme une caresse.

— Morgan ?

Je contemplais la mère et le fils et je compris en un instant l’amour qui les unissait et le respect qu’ils avaient l’un pour l’autre.

Il s’inclina, s’excusa et repartit vers sa maison.

— Ne t’inquiète pas, petite, il n’a pas loin à aller.

Charles avait posé sa main sur mon épaule. Mélusine s’approcha de moi et passa un bras autour de ma taille. C’est alors qu’un bruit de voiture retentit.

J’entendis Morgan parler. Je sentis que Charles pressait davantage mon épaule et Mélusine se dégager puis me prendre la main. Morgan n’était pas seul, il discutait avec quelqu’un.

Je les vis apparaitre tous les deux au fond de mon jardin, ils poussèrent le portail en bois.

— Regardez qui j’ai trouvé !

Archibald tout sourire me tendait les bras.

— Tu n’as quand même pas imaginé que tu allais partir sans m’embrasser ?

Stupéfaite, je me laissais câliner par mon meilleur ami.

— Alors ? On l’a boit, cette bouteille. Tu as bien des verres quelque part, petite ?

A très vite…

Atelier écriture 2022 #4

Bonjour toi 😉

Je participe à l’atelier d’écriture de Marie ici . Que m’inspire cette image ?

Jules contemplait ses chaussures. Il n’osait pas rentrer chez lui. Il craignait de se faire gronder. Il savait bien qu’il n’aurait pas dû racler le bout de ses pieds sur le béton, maman ne cessait de lui répéter que ça les abîmait. Elle n’allait pas lui en acheter une paire toutes les semaines.

Mais c’était tellement chouette de faire de la trottinette. Quand elle allait vite, il adorait freiner et laisser trainer ses pieds. Oui, mais voilà, ses chaussures n’appréciaient pas du tout le sort qu’il leur réservait.

En plus, il les aimait ses baskets rouges. Bien sûr, elles avaient perdu un peu de leur couleur éclatante, mais quand même ! Il était le seul de la classe à en posséder de cette couleur. C’était lui qui les avait repérées dans le magasin.

Maman l’avait prévenu qu’elles ne résisteraient pas au régime qu’il leur imposerait. Elles n’étaient pas assez solides. Il avait insisté et promis sur la tête de son doudou qu’il ferait attention. Oui, mais ça, c’était il y a deux semaines.

Aujourd’hui, il restait planté devant la route à traverser pour rentrer chez lui. Il avait peur de se faire disputer et aussi… de perdre son doudou. Ne dit-on pas qu’en promettant sur la tête de quelqu’un, qu’il lui arrivait malheur si la promesse n’était pas respectée ?

Tête basse, il soupira.

— Jules ?

Surpris, il leva la tête et découvrit sa grand-mère.

— Bonjour mon chéri. Tu m’attendais ? Je parie que tu es pressé d’aller faire du shopping avec moi comme je te l’avais promis. Dis-moi qu’est-ce qu’il te ferait plaisir ?

À ton avis que va demander Jules ?

À très vite…

Bonjour Mars

Bonjour toi 😉

Aujourd’hui, pas de suite de Marie-Sophie, c’est le mois de mars qui est à l’honneur.

Ce matin, en ouvrant ma fenêtre, j’ai respiré et j’ai senti que c’était le mois des poètes. Verlaine est né un 30 mars. À Metz, chaque année à cette date, sa statue s’habille.

Nous sommes le 1er mars et j’ai l’impression que les fleurs le savaient. Hier encore (tiens ça me rappelle une chanson 😉) elles n’exhalaient pas ce même parfum.

C’est fou comme l’esprit fait vite le raccourci. C’est le mois de mars, et même s’il est celui des giboulées, c’est le mois du printemps.

Qui dit printemps, dit renouveau et réveil de la nature. Les arbres se garnissent de feuilles alors que d’autres fleurissent. Les oiseaux font leur nid, le merle siffle.

Dans la maison, l’envie d’ouvrir en grand et longtemps les fenêtres, histoire de changer l’air de l’hiver se fait sentir.

Je suis allée à la pêche aux dictons ou proverbes, ils sont nombreux 😊je vous en ai choisis quelques-uns :

Mars est un mois élégant, il se met sur son trente-et-un.

Si les rivières débordent en mars, elles déborderont tous les mois de l’année.

Quand il gèle en mars, il gèle autant de fois en mai.

Pour la dame et le cavalier, violettes de février ; pour les catins et les paillards, violettes du mois de mars. (elles sont fleuries dans mon jardin depuis février 😉).

C’est dans le mois de mars que tente de s’ouvrir l’anémone sauvage aux corolles tremblantes (Alfred de Musset).

Le 6 mars, à la sainte Colette, commence à chanter l’alouette.

De Saint-Jean de Dieu (08/03) à Saint-Grégoire (12.03), vents et giboulées font notre désespoir.

Quand mars se déguise en été, avril prend ses habits fourrés.

Bienvenue à toi Mars 2022 et apporte-nous du bonheur, de l’amour (beaucoup, nous en avons besoin), de l’espoir et de la joie.

J’aime beaucoup le mois de mars et toi ?

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Tu l’as bien compris, j’aime me promener au fil des blogs et je découvre l’atelier d’écriture de la bulle atmosphérique ici .

Avec les mots vacances, soupape, discours, horloge, soupir, zone, accumuler, procession, candeur, rente et l’ajout de 5 mots ayant pour terminaison – aire, j’ai inventé une petite histoire. J’ai corsé la chose en les mettant dans l’ordre de suggestion. Voici ce que ça donne 👎

Aglaé et Casimir partaient en vacances. Ils chargeaient avec méthode la voiture. Tout était classé comme dans Tetris. Rien ne dépassait et chacun tirait un point d’honneur à être le meilleur. Ils n’étaient pas adversaires, non, plutôt exemplaires.

Les jumeaux, Alex et Aline, les regardaient avec admiration.

— Papa c’est quand qu’on part ?

Casimir pour les faire patienter, se mit au volant et tourna la clé de contact. Rien.

Consternés, ils se regardèrent en silence. Aglaé murmura.

— Je parie que c’est la soupape de sécurité, le garagiste t’avait prévenu. Mais tu as voulu en faire uneaffaire personnelle. Tu as décidé toi-même que tu allais réparer ça tout seul. Nous voilà bien.

— Du coup, on sera quand même à la mer pour mon anniversaire ? demanda Aline, remplie d’espoir.

Casimir se lança dans un discours dont il avait le secret pour se disculper. Sa femme et les enfants jetèrent un œil discrètement sur l’horloge du tableau de bord et lâchèrent en même temps un soupir de lassitude. Il parla de sa zone de confort qu’il avait voulu quitter. Il expliqua qu’il ne désirait pas accumuler les factures en allant encore chez le réparateur. En procession devant lui, femme et enfants l’écoutaient religieusement un sourire aux lèvres.

Ils connaissaient par cœur ce discours qu’il récitait toujours avec candeur quand il était en faute. En attendant, l’heure tournait et les envies de baignade au bord de la mer s’éloignaient à vue d’œil.

Aglaé prit le taureau par les cornes et appela leur sauveur. Malheureusement, en plein inventaire, il ne put les dépanner.

Ils s’assirent en rond devant le véhicule. Puis Casimir se tapa le front de sa main.

— Et si je demandais de l’aide à Tante Agathe ? Sa voiture toute neuve dort dans son garage depuis belle lurette. J’ai refusé qu’elle me verse une rente, ce serait extraordinaire qu’elle me fasse faux bond. Ils se levèrent en même temps. Les enfants reprirent du poil de la bête et Aline se projeta immédiatement dans les vagues bleues.

À très vite…