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  • Lulu et la cueillette de champignons

    13 avril 2022
    J’ai quelque chose à vous dire, Jour des enfants

    Bonjour toi 😏

    Je n’ai pas oublié que c’est mercredi, le jour des enfants. Je partage avec toi, une petite histoire écrite, il y a quelques temps…

    Quand Lulu ouvre les yeux ce matin-là, il est tout excité. C’est aujourd’hui qu’il va faire la cueillette des champignons avec son grand-père. Au début, il pensait qu’il allait ramasser des pommes. En effet, il avait bien regardé son livre Gaston le hérisson qu’il connaissait par cœur, et Gaston avait un panier rempli de ces beaux fruits rouges, mais Papy avait décrété que c’était la saison des cèpes et qu’il fallait réapprovisionner la réserve de Mamy.

    Le gamin n’y connait rien en champignons encore moins en cèpes. Pourtant, fort de son savoir grâce à Gaston, il est plein d’espoir pour garnir son panier presque aussi grand que lui.

    Après un solide petit déjeuner (lait au chocolat et deux tartines de confiture), Papy disant qu’il devait prendre des forces parce qu’il allait beaucoup marcher, il enfile ses bottes, son bonnet et son manteau à capuche parce qu’il fait frais dans la forêt (il en sait des choses Papy).

    Enfin prêt, il saisit la main à son grand-père, envoie un bisou à sa grand-mère et tout guilleret il attend le top départ.

    C’est le silence dans les bois qui l’impressionne tout d’abord. Bien sûr, de temps en temps il entend un oiseau piailler. Papy donne son nom. Admiratif, Lulu ne pipe mot. Comment il peut savoir Papy que c’est le rougequeue noir qui émet ce chant ? Il lui a demandé ses papiers ? Lulu en reste baba. Et le parfum ! il le respire à pleins poumons, ça sent tellement bon dans les bois !

    — Tu as perdu ta langue ?

    Le gamin sursaute pris en flagrant délit de rêvasseries. Son grand-père le contemple en souriant. Il tient un bâton à la main et délicatement soulève les feuilles. Le miracle surgit devant les yeux ébahis de son petit-fils.

    — Regarde !

    Lulu aperçoit un chapeau couleur marron clair. Il demande :

    — C’est quoi ?

    — Un champignon pardi ! Lulu réveille-toi, rappelle-moi pourquoi on est là ? Donne-moi le panier et vois comment je fais pour le ramasser.

    Lulu fixe son papy qui sort son couteau de sa poche et coupedélicatement la queue du cèpe, l’époussette avec son mouchoir et le range au fond de la panière.

    — Le premier d’une grande cueillette ! se réjouit-il.

    Lulu ne dit rien. Il regarde le champignon et essaie désespérément de se rappeler si Gaston le Hérisson en avait trouvé de pareils, mais il a beau chercher dans sa mémoire, ils n’étaient pas de cette couleur, ils étaient rouges à pois blancs et bien plus énormes que celui-là. Le voilà bien ! Et si son grand-père se trompait. Malheur ! Lulu a entendu des trucs horribles sur les champignons venimeux qui peuvent faire mourir, c’est comme les vipères c’est dangereux. Il n’ose pas le dire à son papy qui sait tellement de choses, il va le vexer c’est certain ! Il reste immobile et ses yeux se garnissent de larmes.

    Son grand-père ne se rend compte de rien, il avance doucement et petit à petit son panier se remplit. On dirait que les champignons grandissent devant lui. Lulu n’en revient pas, c’est la catastrophe. Et sa grand-mère qui va en faire des conserves, on va tous mourir c’est sûr ! il sent déjà son ventre se serrer. Pourtant il ne l’a pas touché, non, car il sait aussi qu’on peut devenir tout bleu si on est empoisonné. Il court après son papy et essaie de regarder ses mains. Il a l’air en pleine forme et il siffle, très fier de lui.

    — Écoute la fauvette ! oh regarde, un rouge-gorge, ne fais pas de bruit !

    Lulu ne comprend pas comment son grand-père qui reconnaît tous les oiseaux, n’est pas au courant qu’il est train de ramasser des champignons empoisonnés.

    Lulu réfléchit et trouve la solution : il va détourner son attention puis il renversera tout. Tant pis, s’il se fait gronder, c’est toujours mieux que de tous mourir.

    — Dis Papy, comment tu sais tous les noms des oiseaux ?

    — J’ai appris avec mon papa quand j’étais petit ! Comme toi, je le suivais dans les bois. Fais attention Lulu, tu vas renverser le panier. Quel maladroit !

    Son grand-père se baissa pour ramasser les champignons, mais son petit-fils plus rapide que lui, donna un coup de pied dedans et pire, se mit à écraser les belles têtes à la couleur marron clair !

    — Sacrebleu ! tonna le vieil homme, rouge de colère.

    Il attrapa le bras de Lulu pour le retenir.

    — Je ne veux pas que tu meures, criait Lulu.

    De grosses larmes à présent coulaient sur ses joues et les bras ballants, il restait face à son papy qui le regardait d’un air furieux. Toute la récolte était fichue, c’était malin, lui qui se vantait toujours devant ses copains de connaître les meilleurs endroits, il allait rentrer les mains vides. Mais le cri de son petit-fils et ses larmes qui n’arrêtaient pas de dégringoler sur ses joues l’interpelèrent.

    — Viens t’asseoir sur mes genoux, et raconte-moi.

    Lulu s’approcha de son papy qui faisait de la place sur une souche d’arbre.

    — C’est dans mon livre… hoquetait le petit garçon.

    — Qu’est-ce qu’il raconte ?

    — C’est Gaston…

    Papy était perdu. Qui était Gaston ?

    — Tu sais bien Gaston le hérisson, reprenait Lulu.

    — Ah oui évidemment !

    Il fit celui qui comprenait ne voulant pas passer pour un nul aux yeux de son petit-fils.

    — Ben, ses champignons sont rouges à pois blancs et plus grands que les tiens. Toi, c’est des venimeux.

    — Vénéneux Lulu, on dit vénéneux.

    — C’est pareil ! toi, tu vas empoisonner Mamy et mes parents, puis toi, et moi je n’ai pas envie qu’on meure tous et qu’on devienne tout bleu…

    Lulu se remit à pleurer plus fort.

    Papy se retint de rire. Ah il aurait dû savoir que Lulu allait se documenter avant de venir avec lui, mais avec ses livres à lui.

    — Je te remercie Lulu de m’avoir évité de passer l’arme à gauche. Il faudra que tu me fasses rencontrer ton Gaston.

    — Vrai, tu n’es pas fâché ?

    Lulu reprenait du poil de la bête et redressait la tête.

    — Je ne savais pas comment te le dire, toi qui connais tout Papy, quand même, t’allais faire une grosse bêtise, heureusement que j’étais là. Tu as rudement bien fait de m’emmener, hein ? Ah et Gaston, ben tu ne peux pas le rencontrer, c’est dans mon livre. Tu sais pas tout en fait, Papy, mais c’est pas grave, je vais t’apprendre.

    — Dis Papy, ça veut dire quoi, passer l’arme à gauche ?

    © Isabelle-Marie d’Angèle

    À très vite…
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  • J’aime un voyou au grand cœur

    12 avril 2022
    J’ai quelque chose à vous dire, J’aime un voyou au grand coeur

    Bonjour toi 😏

    Pas de Marie-Sophie aujourd’hui, je partage avec toi une nouvelle histoire qui participe à un nouveau concours. Tu vas faire connaissance avec deux nouveaux personnages, Paco et Angèle. Pourquoi cette illustration ? J’adore titiller votre curiosité…

    Chapitre 1

    Août 1991 — quelque part en France, un coin de campagne.

    Paco surveillait la route. Il vivait avec son grand-père depuis l’âge de huit ans. Ses parents avaient eu un accident de voiture, ils étaient morts tous les deux. Il n’avait pas eu le temps de leur dire au revoir. Il avait douze ans.

    La chambre d’hôtes que son grand-père tenait était réputée au village et dans les alentours. Paco était curieux de connaitre les nouveaux arrivants. Les précédents étaient nuls, des Parisiens. Rien que leur accent lui avait mis le cœur à l’envers. Si ce n’était que ça ! Rien qu’à voir la voiture qu’ils avaient, Paco savait qu’ils gagnaient bien leur vie et qu’ils allaient le faire savoir. Le gamin n’aimait pas du tout ce genre de personnages, imbus de leurs personnes. Son grand-père avait bien tenté de lui faire entendre raison, mais Paco avait décrété qu’ils n’étaient pas intéressants et il s’était fait rare pendant leur séjour.

    D’ordinaire, il aimait bien aider son grand-père. Il préparait avec lui les petits-déjeuners et menait la conversation avec les clients. Il proposait les sites à visiter et même d’être leur guide s’ils en avaient envie. C’est ainsi qu’il se faisait son argent de poche. Agréable à regarder, toujours de bonne humeur, les clients aimaient bien son bavardage. Il connaissait le village et ses alentours comme sa poche, il était connu des habitants comme le loup blanc.

    Perché sur le tilleul, il entendit la voiture avant qu’elle ne surgisse au bout du chemin. Il se pencha davantage et l’aperçut enfin. Une Clio rouge. Il pensa aussitôt que ces hôtes-là allaient lui plaire. Et quand il vit surgir de l’arrière, un lutin aux longs cheveux qui avait un rire en cascade, il sourit.

    Angèle leva la tête. Intriguée par le bruissement des feuilles du tilleul, elle se demandait s’il n’y avait pas quelqu’un. Alors que ses parents étaient accueillis par un monsieur aux cheveux blancs, elle se posta sous l’arbre gigantesque.

    — Ce n’est pas la peine de te cacher, je t’ai vu.

    Elle n’hésita pas une seconde. Même si elle n’était pas très grande, elle était agile. Elle attrapa la première branche à sa portée et comme un petit singe, elle se hissa dessus et se trouva face à face avec le garçon aux cheveux mi-longs, aux yeux rieurs.

    — Moi c’est Angèle et toi ?

    Elle n’avait pas froid aux yeux la gamine. Il sut à ce moment précis qu’il ne l’oublierait jamais. Il grava dans son esprit son minois de souris et murmura :

    — Paco.

    — Tu te caches souvent ?

    — Tout le temps pour surveiller les clients de mon grand-père.

    — Pourquoi ? Tu as peur qu’ils lui fassent du mal ?

    Surpris par la question, il ne répondit pas.

    — Du coup, tu me trouves comment ?

    Il rougit. Elle éclata de rire.

    — Ben oui, tu nous surveilles. On te plait ? Tu as vu mon père et ma mère.

    Il haussa les épaules et sauta en bas de l’arbre. Elle siffla d’admiration. C’était haut quand même.

    Il la regarda d’un air goguenard.

    — Alors ? Tu as peur ?

    — Tu parles !

    Elle sauta et s’écroula sur le gravier.

    — Tu t’es fait mal ?

    Il voulut la relever. Vexée, elle le fit toute seule.

    — Ce n’est pas parce que je suis une fille que je vais pleurnicher. Je suis une guerrière moi !

    Il sourit. Décidément, cette gamine lui plaisait. Il ne comprit pas pourquoi son cœur battait la chamade et pourquoi il avait envie qu’elle reste longtemps en vacances chez son grand-père.

    Dis-moi si tu aimes cette nouvelle histoire. Je pense que la suite te surprendra…Je ne t’ai pas mis le résumé exprès pour attiser ta curiosité 😄.

    À très vite…
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  • Jeux d’écriture – Les parfums du jardin

    8 avril 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😏

    Ici voici les consignes de la semaine pour ce nouvel atelier d’écriture : rendez-vous au pays des odeurs du jardin. Invitez tous vos sens et faites nous découvrir cette ou ces odeurs qui vous subjuguent, vous entêtent ou celles que vous fuyez !

    Voici donc ma participation 👇

    Tôt le matin, alors que le soleil est à peine levé et que les oiseaux s’en donnent à cœur joie dans les arbres, elle sort sur la terrasse, son café chaud dans son bol rouge.

    Le parfum du breuvage se mêle à celui de la rosée et des fleurs qui s’éveillent doucement. Les mains autour de son mug pour se les réchauffer, elle parcourt les allées de son jardin.

    Ici, c’est une rose qui étale sa corolle pourpre et dégage sa fragrance subtile, là c’est l’œillet qui exhale sa senteur poivrée.

    Le nez levé, comme une biche qui hume l’air, elle retrouve l’odeur du café torréfié, celle de son enfance, quand elle courait dans le parc. C’est particulier, mais elle l’aime parce qu’elle revoit les hauts marronniers qui se balançaient au gré du vent, parsemant à ses pieds leurs grandes feuilles.

    En passant, elle balaye de sa main libre, la lavande, la voilà plongée dans d’autres souvenirs. C’est la Provence qui se rappelle à elle.

    Elle touche la sauge rouge puis la menthe, le thym et le romarin, elle sourit. Toutes ces odeurs se mêlent à celle de son café. Un joli bouquet garni.

    Il est temps de rentrer et le parfum de pain grillé la cueille sur le pas de la porte. Le petit-déjeuner est prêt.

    À très vite…

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  • Avril poésie

    7 avril 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😏 je partage avec toi, une poésie écrite main levée.

    Chez Ma ici le sujet de la semaine était Ne te découvre pas d’un fil. Je me suis amusée à prendre en photos mes bobines de fil et j’ai bafouillé une poésie.

    Quel joyeux drille
    Ce mois d’avril. 
    Il annonce le printemps
    Même si on claque des dents.
    
    Ne te découvre pas d’un fil, 
    C’est l’adage d’avril. 
    Il a bien raison
    Restons près du tison. 
    
    Pourtant, les oiseaux chantent
    Regarde pointer la menthe,
    Et les boutons de Pivoine
    Font la joie d’Antoine. 
    
    C’est le mois d’Avril, 
    On danse le quadrille. 
    Il annonce l’été
    Finies les contrariétés. 
    
    Pour illustrer mon image,
    Pas besoin de maquillage.
    Ces bobines de fil
    Représentent bien Avril. 
    
    Ne te découvre pas,
    Tu vas attraper froid.
    N’oublie pas qu’en Avril
    En fraîcheur, il est habile. 
    
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle – avril 2022
    
    
    À très vite…
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  • Amis pour la vie

    5 avril 2022
    Marie-Sophie

    Bonjour toi 😉

    Voici la suite de Marie-Sophie. L’histoire prend un tour inattendu.

    Je n’arrive pas à y imaginer qu’Archibald puisse penser quitter son village et venir habiter ici. Je suis certaine que ça fait trop de bonheur d’un coup et que je vais le payer un jour ou l’autre.

    Je suis installée dans ma nouvelle maison avec ma meilleure amie et mon filleul. Pépé Charles fait des aller-retour et amène petit à petit son bric-à-brac. Lui qui a toujours revendiqué sa liberté, le voilà souvent acoquiné avec Célestine. Trop de joie d’un coup, j’ai la frousse que tout s’écroule.

    J’agace tout le monde avec mon pessimisme et le pire c’est que je m’en rends compte. Bien sûr, j’ai payé le prix fort en perdant mes parents d’un coup, mais ça ne veut pas dire que c’est fini, que je ne vais plus avoir de catastrophes qui vont me tomber dessus. La vie, c’est comme ça, un coup c’est tout beau et le lendemain c’est la grisaille.

    La petite chaumière comme je l’appelais, prend petit à petit une tout autre allure. Le chien de Charles fait ami-ami avec celui de Morgan, ainsi que son chat. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment Célestine, la dame si distinguée du château, va vivre ici dans un 100 m2 avec Charles en plus.

    J’ai eu le malheur de faire cette réflexion à haute voix et son rire cristallin en cascade m’a remis en place.

    — Mais enfin Marie-Sophie, comment m’imaginiez-vous ? Le château appartenait à mon mari décédé. Je n’ai jamais été une châtelaine. Demandez donc à Morgan.

    Je ne m’y suis pas risquée. Mélusine m’a glissé à l’oreille que j’avais trop d’idées bien arrêtées.

    Archibald est revenu. Il faut que je lui parle. Dès son arrivée, il vient m’embrasser et me serre dans ses bras.

    — Attends un peu toi ! Tu me caches des trucs et je veux savoir quoi !

    Il se met à rire.

    — Moi, te cacher des choses ? Comment oserais-je ?

    Je le bouscule. Il rit de plus belle. Mélusine à son tour arrive dans la cuisine et le taquine, Enzo se jette contre lui. Son parrain l’attrape et le fait tournoyer. Le petit garçon pousse des cris de joie.

    S’il n’était pas mon meilleur ami, je craquerais bien pour Archibald. Il est beau, il est gentil, il…

    — À quoi tu penses ?

    Il est devant moi et me fixe.

    — Je me disais que si tu n’étais pas mon meilleur ami, tu pourrais devenir mon amoureux.

    Il s’étrangle alors que Mélusine éclate de rire.

    — C’est quoi un namoureux ? demande Enzo toujours dans les bras de son parrain.

    — C’est quelqu’un qu’on aime beaucoup, répond sa mère.

    — Alors tu es mon namoureux et toi aussi et toi aussi.

    Enzo nous désigne tour à tour puis descend des bras d’Archibald. Le petit bonhomme me regarde et demande innocemment ?

    — Morgan aussi est ton namoureux ?

    Évidemment, c’est à moment là qu’il arrive. Je rougis comme une pivoine alors que le chenapan se pend au cou du nouveau venu. Il clame :

    — Tu veux être le namoureux de marraine ?

    — On dit amoureux, le reprend Morgan, le plus sérieusement du monde.

    — Alors tu veux être amoureux de MarieSophe ?

    Mélusine est morte de rire, Archibald lui serre la main et moi… je remue la tête dans tous les sens et lève les yeux au ciel. Mais je n’en oublie pas pour autant ma requête et redemande le plus sérieusement du monde :

    — Alors Archi, il parait que tu vas t’installer ici ?

    Mélusine et Morgan lèvent les mains en faisant non de la tête. Je les apostrophe :

    — Quoi ? C’est un secret.

    — En fait…

    Archibald se rapproche de moi, m’entoure les épaules et se fait cajoleur. Je n’aime pas ça du tout, ça sent l’entourloupe à plein nez.

    — Peut-être… mais il faudrait que tu acceptes de vendre le pain.

    Stupéfaite, j’ouvre mes yeux en grand, mais ne dis rien. J’attends.

    Archibald se lance.

    — Il y a un local à louer au village et comme il n’y a pas de boulangerie…

    — Et ton matériel ? Tu n’as rien ici.

    — Je vais me renseigner t’inquiète. Mais si je me lance, je veux que tu fasses partie de l’aventure. Tu ne vas pas rester sans rien faire, avec Mélusine on a pensé que ce serait chouette que tu sois derrière le comptoir.

    — Moi vendeuse ? Je n’ai jamais fait ça !

    — Et alors, tu débrouilleras très bien, dit Mélusine.

    — D’autant plus que lorsque tu faisais les marchés avec moi, tout se passait bien.

    Morgan me regarde, le sourire en coin.

    — Tu es d’accord ? demande Archibald plein d’espoir.

    Il ressemble à un gamin devant un cadeau de Noël.

    — Tu vas abandonner tout ce que tu as créé pour tout recommencer ici ?

    — Je le laisse à mon employé. Ce n’est pas comme si je vendais tout. Et puis, si je ne le fais pas aujourd’hui, je ne le ferais jamais.

    — Tu fais ça pour moi ?

    Je ne peux pas y croire. Il doit y avoir une autre raison. Pourtant, il acquiesce.

    — Oui je n’arrive pas à me faire à l’idée d’être séparé de Mélusine et toi. Et puis, il y a Enzo maintenant. J’ai envie de le voir grandir ce petit bonhomme.

    — Où vas-tu habiter ?

    Ma maison est vaste, la vie en communauté ne me dérange pas, ce serait trop beau si Archibald venait avec nous.

    Il élude la question.

    — Je vais y réfléchir, une chose à la fois.

    Revoilà les trois mousquetaires. Mélusine tend la main, Archibald la saisit et prend la mienne. Morgan nous regarde alors que Enzo tape des mains.

    À très vite…

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  • Jeux d’écriture

    1 avril 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Ici avec cette image, il fallait écrire un texte sous deux angles différents à partir de la photo suivante : une partie sous l’angle de la nature et l’autre sous l’angle des pinces à linge !

    Voici donc ma participation :

    — Non, mais dites donc, vous ne pouvez pas vous tenir ? Regardez-moi ce bazar ? Pas une pince à linge dans le même sens !

    — Moi j’aime bien avoir la tête en bas, glousse la première.

    — Et moi, les pieds en l’air, la taquine la seconde.

    Le vent s’engouffra dans les feuilles de l’arbre qui abritait la corde. Celles-ci se secouèrent faisant tomber une pluie de pétales de fleurs sur le sol.

    — Heureusement que notre patronne a ramassé son linge, il serait beau à l’heure qu’il est, murmura une pince sans rire (😏).

    — J’adore quand Éole vient me caresser le bois.

    — Toi, la poussa sa jumelle, on le sait que tu en pinces (😉) pour lui.

    À nouveau l’arbre se secoua et le vent vint secouer la corde qui se balança à qui mieux mieux.

    Le ciel bleu invitait à la promenade. Il faisait beau et la température printanière mettait de la musique dans les cœurs et aussi sur la corde à linge à en écouter le babillement des petits morceaux de bois. Elles tentaient désespérément de former une portée musicale.

    Une branche basse de l’arbre s’entortilla autour de la corde et la lâcha d’un coup.

    Les pinces s’envolèrent et retombèrent légèrement secouées, toujours cramponnées à leur corde.

    — Encore crièrent-elles en chœur, ravies de ce nouveau jeu.

    Malheureusement, elles aperçurent la patronne avec son panier. Fini de rigoler, elles devaient faire leur travail et pincer ces jolis draps pour qu’ils ne s’envolent pas. Même si parfois, elles leur faisaient mal, ils ne s’en plaignaient pas. Ils avaient bien trop peur de s’envoler au loin.

    Le vent gonfla comme une voile le linge qui s’étalait peu à peu, multicolore. Il détourna pourtant son souffle afin que les pétales ne viennent pas s’écraser dessus. Une palombe cachée à l’intérieur de l’arbre tentait de se faire toute petite. Elle couvait depuis quelques jours et n’avait pas l’intention de perdre sa production.

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  • Des projets pour Marie-Sophie

    29 mars 2022
    Marie-Sophie

    Bonjour toi 😉

    L’histoire de Marie-Sophie continue pour mon plus grand bonheur à moi 😉

    Je ne pensais pas que mon déménagement se passerait si bien et aussi vite. Chaque objet a trouvé sa place et j’ai l’impression que cette maison m’attendait et était faite pour moi.

    Mélusine et Enzo semblent être du même avis. Ils se sont adaptés à cette nouvelle vie sans problème. Mon amie s’est rapidement créé un réseau sa boutique en ligne. Je suis scotchée par son humeur joyeuse et sa capacité à envisager toujours la vie du bon côté.

    Au village, il n’y a pas de crèche, il faut parcourir une dizaine de kilomètres. Elle aimerait qu’Enzo connaisse d’autres enfants, alors elle s’est renseignée à la mairie pour savoir si des mamans étaient dans le même cas. Elle a eu la chance de trouver trois familles, dont un papa célibataire et veuf. Lorsque j’ai souri à cette nouvelle, elle a aussitôt levé la main :

    — Stop MarieSophe ! Pas de plan sur la comète. Je suis très bien toute seule.

    J’ai tiré un trait sur mes lèvres. Morgan est arrivé à ce moment-là et Mélusine lui a demandé s’il connaissait ces familles.

    — Tout le monde se côtoie ici, tu sais.

    Mélusine me regarde.

    — Tu as bien une formation pour t’occuper des enfants, MarieSophe ?

    — Oui, mais si tu penses à créer une petite structure d’accueil, il va te falloir d’autres agréments et…

    — On pourrait juste se rencontrer une fois par semaine pour démarrer.

    — Pourquoi ne pas faire une association alors ? Suggère Morgan.

    — Avec les statuts et tout le tintouin ? Commençons d’abord par voir comment ça se passe. J’ai le nom des familles et leurs coordonnées.

    — Tu les trouveras facilement, ils travaillent chez eux. Ici, Madeleine a un métier à tisser, son mari est potier. François tient une table d’hôtes et c’est lui qui cuisine. Je crois qu’il a engagé une assistante maternelle pour son gamin. Julia et Gérard gavent des canards. Je pense qu’Enzo est le plus jeune de tous ces enfants. Je peux te conduire chez eux si tu veux quand tu l’auras décidé.

    Mélusine se tourne à nouveau vers moi.

    — Tu leur proposeras des petites activités ?

    Je hausse les épaules.

    — Mais oui je trouverais bien de quoi les amuser. Les enfants, ça a toujours été mon truc.

    — Alors je m’occupe de tout ça. Dès que j’ai besoin de toi, je t’appelle.

    Elle disparait.

    — Tu veux un café ?

    Le tutoiement entre Morgan et moi est venu naturellement. Nous nous voyons tous les jours, c’est lui qui passe chez nous. Je n’ai pas encore osé faire la même chose alors que Mélusine et Enzo ne se gênent pas.

    Il accepte.

    — J’ai peut-être un truc pour Archibald !

    Surprise, je l’interroge du regard.

    — Le boulanger du village voisin va prendre sa retraite. C’est lui qui nous livre ici.

    — Archibald ne quittera jamais sa boutique. Il a tout créé de ses mains. Il a formé son personnel. Il connait tout le monde, il ne va pas tout recommencer.

    Morgan sourit et ne répond pas.

    — Quoi ? Tu sais quelque chose ?

    Vous complotez tous les deux derrière mon dos ?

    Morgan éclate de rire, pose sa tasse.

    — Merci pour le café. Je vais au village. Tu n’as besoin de rien ?

    Je fais non de la tête.

    Il s’en va.

    — Quand vas-tu te décider à lui dire que tu en pinces pour lui MarieSophe ?

    Mélusine, Enzo dans les bras, me regarde malicieusement.

    J’élude la question et lui réponds par une autre :

    — Tu es courant de ce que mijote Archibald ?

    À très vite…

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  • Jeux d’écriture #7

    24 mars 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😏

    Ici chez Marie nouvelle proposition d’écriture. Je dois commencer mon texte par J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de…

    Voici donc ma participation 👇

    J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de..

    Je mâchonnais mon crayon. Tu parles d’un sujet ! D’abord je n’ai pas envie d’être pigiste dans un journal raté. Si par hasard, je le devenais, ce ne serait certainement pas pour un journal raté. Et voilà ! Tu fais encore ta bêcheuse ! J’entends déjà les ricanements de ma meilleure amie.

    N’empêche qu’elle me fait rire cette phrase. Je regarde les copines qui sont à fond sur leur copie et je pense que si le journal est raté, la cervelle de ceux qui le lisent ne doit pas valoir tripette.

    J’avais lu un truc qui racontait l’invasion d’insectes qui se nourrissaient de papier. Voilà, j’ai trouvé le début : j’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle des poux des livres.

    Je les imaginais bien se régaler de toutes ces mauvaises nouvelles. Exit les virus, avalée la guerre, digérée la hausse du gasoil, disparu le chômage. Malheureusement, ils ne verront pas la différence avec les articles vantant la générosité des restaus du cœur, de la croix rouge. Ils ne participeront pas à la fête des voisins, de la musique et n’y comprendront rien à la hausse du SMIC.

    C’est bien beau tout ça, mais je ne vais jamais remplir une copie double avec mes grignoteurs de bouquins.

    Plus sérieusement… Et si je rajoutais un mot comme : lorsque j’étais…

    — Vous risquez le hors sujet mademoiselle !

    Je sursautais. Le prof me regardait au-dessus de ses lunettes.

    — Ça ne se verra même pas.

    — Que lisez-vous ici ?

    Il me montrait la phrase qui me narguait depuis un bon quart d’heure.

    — J’ai compris.

    Il continua son chemin, les mains croisées dans le dos.

    Je repris mon stylo et la mort dans l’âme écrivis :

    J’étais pigiste dans un journal raté qui nourrissait la cervelle de mon grand-père. Il le savait bien qu’il ne valait rien ce journal mais comme j’y travaillais, il faisait semblant de trouver les articles formidables. Il attendait chaque semaine que je lui raconte en avant-première ce que j’allais proposer au rédacteur en chef et vérifiais ensuite sur le papier si tous les mots avaient bien été transcrits.

    Je l’aimais bien mon grand-père.

    À très vite…
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  • Les enfants au jardin

    23 mars 2022
    Jour des enfants

    Bonjour toi 😉

    C’est le jour des enfants et c’est aussi le printemps au jardin. Ils adorent ça les enfants ! Et nous aussi !

    Dès qu’il fait beau (ils n’attendent pas le printemps pour ça, je suis d’accord), ils sortent. Quelle joie de courir dans l’herbe, en tee-shirt sans manteau ni bonnet. Moi-même, dès qu’il y a un rayon de soleil, j’en profite. Rappelle-toi, n’as-tu pas créé ton jardin quand tu étais haut comme trois pommes ? N’as-tu pas attendu que les graines germent ? Ne serais-tu pas resté accoudé à côté croyant qu’elles allaient grandir d’un coup ? Combien d’arrosoirs portais-tu ? Pauvres graines parfois noyées 😉. Mais quelle victoire quand tu pouvais cueillir les fleurs. Je me rappelle ne pas avoir été patiente et d’avoir ramassé les bulbes de tulipe. Il n’y avait que les feuilles. J’ai dû me rendre compte de ma bêtise et pour ne pas me faire disputer, je les ai replantés … à l’envers 😂. Je ne me souviens plus pourquoi j’avais eu cette idée, mais par contre, papa qui m’a appelée pour me demander de rendre des comptes, ça je m’en souviens 😁.

    N’as-tu pas aussi grimpé aux arbres er regardé d’en haut ce qui se passait en bas ? N’as-tu pas construit une cabane où tu pouvais aller te cacher ?

    Et y inviter tes amis ?

    Je n’avais pas de cabane mais un immense jardin où je pouvais me cacher, flâner, me raconter des histoires, cueillir les cerises quand c’était la saison et plus tard les pommes. J’allais les grignoter dans ma chambre en lisant Alice. Ces petites pommes rouges acidulées et rose à l’intérieur, je ne les ai jamais retrouvées dans le commerce. Elles n’étaient pas faciles à éplucher, maman en faisait de la compote.

    Lycéenne, j’y recevais les copains. Nous y faisions du vélo. J’avoue, mon jardin était grand. Je n’ai plus le même aujourd’hui, il ressemble plus à un jardin de Barbie comme je l’appelle 😉 mais comme dit Monsieur, je n’ai plus vingt ans pour m’en occuper. Mais si mon chéri, mais avec quelques années autour 😊.

    Et toi ? Avais-tu un jardin ? Une cabane ?

    À très vite…
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  • Jeux d’écriture – #6

    22 mars 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Ici un atelier d’écriture est proposé avec la photo ci-dessous et la citation à inclure dans le texte Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Voici ma participation :

    Lisa détestait l’anglais, mais elle aimait bien son prof. Il avait un accent qui la faisait fondre. Et ses yeux ! D’un bleu lagon à tomber ! Il était américain, elle en était sûre. Un jour il l’emmènerait avec lui, elle en était persuadée. Elle fixait par la fenêtre le mur d’en face ou les mots French Kiss s’étalaient en rouge et blanc.

    — Ferme la bouche ! Tu ressembles à une carpe.

    Mariette, sa meilleure amie lui filait un coup de coude.

    — Tu vas nous faire repérer.

    Lisa sourit. Elle ne demandait que ça de se faire repérer par Dylan. Dylan et Lisa, ça sonnait bien.

    — Je tenais à vous prévenir que la semaine prochaine, vous aurez un remplaçant.

    — Quoi ?

    Lisa se leva d’un bond à la surprise générale. Mariette la tira en arrière pour qu’elle se rassoie. Son professeur haussa les sourcils.

    — Je n’avais pas réalisé que vous étiez aussi assidue en anglais ? Je pensais même au vu de vos notes que nous n’en aviez rien à faire. Mais rassurez-vous, ajouta-t-il devant la mine renfrognée de la collégienne, mon collègue est très compétent.

    Lisa baissa la tête et ne répondit pas. La sonnerie retentit et la classe se vida rapidement. Mariette tenta d’emmener son amie, mais celle-ci lui fit signe de partir sans elle. Elle traina pour ranger ses affaires et s’approcha de son professeur.

    — Vous rentrez dans votre pays ?

    Il leva la tête et contempla la jeune fille.

    — Je prends quelques jours pour retrouver ma femme qui va accoucher.

    Devant la mine déconfite de son élève, il précisa :

    — C’est ringard je sais, mais elle me manque et comme disait le dramaturge espagnol Félix Lope De Vega, Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Sans elle, je suis complètement à l’ouest. C’est comme ça que vous dites n’est-ce pas ?

    Il boucla son cartable et l’invita à sortir. Elle osa le retenir par la manche et débita d’une traite :

    — Moi, ce sera la fin de ma vie quand vous serez parti.

    Elle s’enfuit en courant.

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