J’aime un voyou au grand coeur

Bonjour toi 😏

Je te propose la suite de ma nouvelle histoire, elle semble t’avoir plu alors je continue.

Chapitre 2

Janvier 2021

Quel sale temps. Je relevai le col de mon blouson. Je balançai à bout de bras mon casque et j’écoutai avec plaisir résonner sur le bitume les talons de mes santiags.

— Bonjour Commandant !

Le policier de garde me salua et je lui répondis d’un sourire et d’un signe de tête. Je jetais un œil sur la main courante.

— Rien à signaler. La nuit a été calme. Je vous prépare un café ?

— Merci, il aura au moins le mérite de me réchauffer à défaut d’être bon. Vous me l’apportez dans mon bureau s’il vous plait ?

J’enlevai mon bonnet, saisis l’élastique autour de mon poignet. En un tour de main, un chignon lâche apparut.

— Votre café commandant.

— Merci Joe.

J’allumai mon ordinateur et fis défiler mes mails. Mon portable vibra.

— Putain, encore un vol ! m’écriais-je.

Le capitaine Kawas entra à ce moment-là. Il emplit tout l’espace en un instant. Son mètre 90 et ses 90 kilos lui valaient le respect des collègues. Judoka émérite, il ne fallait pas lui chercher des histoires. Il m’avait accueillie avec plaisir. Avoir une femme qui dirigeait le commissariat ne l’avait absolument pas dérangé. Il y avait maintenant cinq ans que je l’avais intégré.

Angèle Merlin, commandant de police, je dirigeai une équipe majoritairement constituée d’hommes. J’avais dû me faire respecter immédiatement et instaurer un climat de confiance soumis parfois à rude épreuve. Je pouvais affirmer aujourd’hui que ma brigade m’appréciait.

Il arrivait souvent qu’on me prenne pour un homme. C’est la faute de ma voix grave, elle instaurait le doute et j’avoue, j’en abusais, surtout au téléphone avec les personnes qui ne me connaissaient pas. Je signais parfois, Angel Merlin, omettant sciemment le e. Aucun de mes gars ne m’avait jamais vue habillée autrement qu’en jeans, chemise et blouson. Je me permettais quand j’avais le temps et que j’y pensais, un trait de khôl noir pour souligner mon regard noisette et j’osais un léger rouge à lèvres qui disparaissait rapidement à cause du café que j’ingurgitais au long de la journée. Chaussée de santiags, il ne me manquait que les éperons et un canasson pour ressembler à un cow-boy. D’ailleurs, j’avais surpris mes collègues me surnommer ainsi, je ne m’en offusquais pas, au contraire j’aimais ça et je le prenais pour une marque d’amitié voire une sorte de respect. Au lieu d’un cheval, je chevauchais une moto. C’est rapide et efficace pour me faufiler entre les voitures.

— Tu râles déjà de si bon matin, demanda Théo Kawas, soufflant sur son café.

— Ce satané voleur appelé le nouveau Robin des Bois a encore frappé. Il se prend pour Arrow ou quoi !

— C’est qui Arrow ?

— J’oubliais, tu ne regardes jamais la télé. C’est un super héros archet et masqué.

— Archet ?

Je bousculai mon collègue.

— Un qui tire à l’arc quoi !

— Voilà ! parle-moi français.

Il éclata de rire.

— Tu me fais marcher, c’est ça ?

Il ne me répondit pas et pesta contre le café qui était dégueulasse et trop chaud.

— Je n’arrive pas à comprendre, repris-je, il entre dans l’établissement comme un client ordinaire. Il n’y a jamais de braquage.

— Pourquoi parle-t-on d’un archet alors ?

Je tournai l’écran de mon ordinateur et d’un clic démarrai la vidéo.

— C’est celle de la banque. Regarde la salle des coffres.

Kawas se pencha et découvrit un homme masqué armé d’un arc qui d’une flèche déverrouillait la serrure. Il se servait, refermait le coffre et ressortait, comme si de rien n’était. Il en profitait pour faire un signe à la caméra.

— Il se moque de nous ! Il est doué quand même !

— Il est certain de ne pas être pris. C’est un comble.

— Comment arrive-t-il avec son arc sans être remarqué ?

— Et comment en repart-il ?

— Quel est le client qui à ton avis est capable de faire ça ?

Tous deux, nous fîmes défiler les images : une femme avec un enfant dans les bras, un vieux monsieur appuyé sur une canne, une Mamy cramponnée à son déambulateur.

Kawas siffla et maugréa :

— Il n’y a que des handicapés dans cette ville ? Ceux qui travaillent ne viennent pas à la banque ?

— Putain, t’as raison. Je parie que les caméras sont truquées.

Le commissaire Caroit entra dans mon bureau, me salua ainsi que le capitaine. Proche de la retraite, il décomptait les semaines qui le libéreraient de ses obligations. Mais, c’était un bon flic qui avait fait ses preuves et il ne voulait pas partir sur une affaire en cours, aussi l’histoire abracadabrante de ces vols l’agaçait au plus haut point. Il me bouscula.

— J’espère que vous avez une piste, ce rigolo nous mène par le bout du nez et je n’aime pas ça. Élucidez-moi cette enquête rapidement. C’est une petite ville ici, il n’y a qu’un établissement bancaire, ça ne devrait pas poser de problèmes.

Je haussai les épaules.

— C’est tout ce que ça vous fait ? maugréa mon supérieur.

— Je vais aller y faire un tour et rencontrer le directeur, je vous fais mon rapport dans la journée, commissaire.

— Je préfère ça. Kawas, accompagnez-là.

— C’est une enquête de routine, pas besoin de garde-chiourme, ripostais-je aussitôt.

Je sortis en claquant la porte, furieuse. Parfois, il me rappelait que j’étais une femme.

Je saisis mon casque et enfourchai ma moto. Elle rugit. Je souris en pensant que le commissaire pesterait dans son bureau en entendant le bruit.

Je levai la tête et le remarquai à la fenêtre. Banco ! Je le saluai en riant et m’engageai sur la route.

François Destrée écoutait son collaborateur qui lui racontait pour la énième fois le vol de la salle des coffres.

Jordan Calamine avoisinait les soixante ans et il n’avait jamais vu ça depuis qu’il travaillait dans cet établissement. Il connaissait François depuis une bonne quinzaine d’années et leur complicité était telle qu’il ne comprenait pas pourquoi son directeur ne prenait pas cette affaire au sérieux.

— C’est une blague, Jordan.

— Mais comment pouvez-vous en être si sûr ? L’argent a quand même été dérobé et le propriétaire va être furieux.

— Rappelez-moi son nom ?

— Je sais que vous ne l’aimez pas, c’est le maire de la commune.

Un message sur son téléphone l’avertit que le commandant Merlin souhaitait lui parler.

— La police ! Vous voyez Jordan, tout va rentrer dans l’ordre. Elle va faire son travail et tout ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir.

François le poussa gentiment vers la sortie et accueillit le nouveau venu.

Il éclata de rire et s’excusa aussitôt.

— Désolé, je m’imaginais déjà avoir affaire à un homme moustachu avec un imperméable grisonnant.

Il détailla sans vergogne Merlin et nota immédiatement, les jambes fines sous le jeans moulant, la poitrine généreuse qui se découvrait grâce au blouson et à la chemise entrouverts.

— Satisfait ? maugréais-je en le fixant dans les yeux. Pour qui se prenait ce mec ? pensai-je in petto.

Je compris tout de suite que ma voix rauque l’avait surpris. J’eus envie de m’amuser. Je dégageai mon holster où dormait mon arme et posai mon pied sur la chaise. Nonchalamment, je m’accoudai sur mon genou et toujours en ne le quittant pas du regard, je l’interrogeai :

— Alors, monsieur le directeur, racontez-moi un peu ce qui vous arrive.

…..

À très vite…

N’hésite pas à me dire ce que tu en penses 😊 Bonne lecture.

Une clé pour son cœur

Bonjour toi 😏

Comme c’est lundi lecture, je te propose mon nouveau roman qui sortira le 27 avril. Voici le résumé et la couverture.

À 25 ans, Cléo habite toujours chez ses parents et se complait dans sa petite vie tranquille. Casanière, elle aime profiter des moments qu’elle passe auprès de ses proches. Un jour, alors qu’elle prend son poste de réceptionniste dans le petit hôtel touristique où elle travaille, elle se retrouve en pleine rue à chercher la clé perdue d’un client.

C’est alors que passe la voiture d’Arsène Maestro, réalisateur connu et médiatisé. En quête de l’héroïne pour son prochain film, il sillonne les routes et remarque cette rouquine qui dégage une fragilité qui le bouleverse et le séduit. Acceptera-t-il de s’embarquer avec elle dans une histoire aussi improbable qu’inattendue ?

De quiproquos en situations rocambolesques, Cléo et Arsène vont dérouler tambour battant le film qui va changer leur vie.

Une clé perdue peut-elle redistribuer les rôles ?

Alors qu’en penses-tu ?

N’oublie pas le 27 avril sur toutes les librairies en ligne 💖

À très vite …

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😏

Ici les consignes étaient simples : je vous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”.

Voici mon texte 👇

Alice avait décidé de faire un grand nettoyage de printemps.

— Génial ! s’écria Gaspard.

Gaspard, c’était son gamin. Les vacances étant arrivées, il passait son temps dans la bâtisse de campagne avec sa maman. Son père malchanceux était resté en ville pour travailler. Il les rejoindrait pour le week-end.

— Et si on allait au grenier ?

Ça, c’était l’idée lumineuse de Gaspard qui rêvait de fureter là-haut dans les cartons.

Cette maison appartenait à la grand-mère d’Alice, elle n’avait jamais mis les pieds dans les combles.

— On y va ?

Après quelques hésitations, elle le suivit. Elle avait son portable dans sa poche, on ne sait jamais, si elle devait appeler les secours.

Elle poussa la porte. Celle-ci grinça et arracha quelques toiles d’araignées.

Quel fatras ! alors que son fils ne craignait rien et furetait partout, elle, elle avançait précautionneusement.

Quand elle raconterait ça sur son journal, elle pourrait toujours commencer par Un jour, en dépoussiérant le grenier.

— Maman, viens voir !

Qu’est-ce qu’elle était jolie cette table.

— Trop beaux les dessins !

Alice se revit, toute petite, assise sur les genoux de sa grand-mère. C’était son grand-père qui avait poli et peint le bois. Italien de naissance, il avait retracé de mémoire, son village. Alice se souvenait que son aïeule l’appelait la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie. Elle suivit du bout des doigts le tracé des rues. Ici, c’était la fontaine, là l’escalier en pierres qui menait à la mer, là encore, sa propre maison avec le linge accroché aux fenêtres. Un véritable artiste cet homme !

— C’est vrai ? C’est ton grand-père qui a dessiné tout ça !

Gaspar n’en revenait pas, lui qui avait deux mains gauches comme répétait sa maîtresse.

— Il me parlait aussi d’une boîte de nuit… elle puait le whisky rance, c’était son souvenir. Il n’avait pas réussi à la retranscrire. De toute façon, le parfum n’aurait pas pu être dessiné, comme il disait.

Gaspard grimpa sur la table.

— Regarde, je marche dans le village de Grand-Papy.

Alors je l’imaginais se promener là-bas avec lui. Arrivé au bout , il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre ce qui le fit éclater de rire.

— Allez descends, je croyais que nous devions ranger le grenier. Pour l’instant, nous n’avons pas fait grand-chose.

Il sauta au bas de la table et se mit à courir partout. Tous ces cartons donnaient le vertige à Alice, mais son fils n’hésitait pas les ouvrir. Lorsqu’il découvrit les vieux vêtements, il s’en empara.

Soudain, la sonnette de la porte d’entrée retentit. À regret, Alice quitta le grenier et commença à descendre. C’était sans compter sans la vitesse de son gamin qui passa devant elle, habillé de tissus multicolores, ressemblant furieusement à ceux de la Commedia Del Arte.

C’est alors que la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie.

— Surprise !

Gaspard poussa un hurlement de joie.

— C’est papa !

À très vite…

Jeudi Poésie

Bonjour toi 😏

Je te partage un poème qui parle de mon nouveau roman qui sera publié le 27 avril. J’ai jeté ces mots sur le papier et voilà ce que ça donne 😊.

Pendant quarante-cinq jours
J’ai écrit, relu et corrigé
Une romance encore et toujours
Terminée et bientôt publiée.

Au départ, un titre 
C’est à cause de la clé.
Je suis mon propre arbitre,
J’ai préféré en changer. 

Bientôt, je vous le dévoilerai
Ainsi que la couverture,
Et vous l’admirerez,
Elle est simple sans fioritures. 

Le résumé a changé,
Mais l’histoire est la même, 
Elle est retravaillée
Vous retrouverez Cléo et Arsène.

Au fil des chapitres, 
Se dévoilent des secrets
C’est de la dynamite !
Ils doivent exploser. 

Retenez le vingt-sept avril,
Date à laquelle
Même en espadrille,
Arrive la bonne nouvelle.


Ce nouveau roman
Version numérique, il paraîtra.
Ce sera alors le moment 
De lui tendre les bras.

Viendra la version papier
C’est ça l’autoédition
Seule à tout gérer
Avec mes crayons. 

Le plaisir d’écrire 
Ne me quitte pas. 
Ça vous fait sourire ? 
Une nouvelle histoire déjà ? 

Vous la connaissez celle-là,
Je vous l’ai partagée.
Elle n’en est qu’à ses premiers pas
Mais elle m’a happée et me plait. 

© Isabelle-Marie d’Angèle-Avril 2022.


À très vite…

Lulu et la cueillette de champignons

Bonjour toi 😏

Je n’ai pas oublié que c’est mercredi, le jour des enfants. Je partage avec toi, une petite histoire écrite, il y a quelques temps…

Quand Lulu ouvre les yeux ce matin-là, il est tout excité. C’est aujourd’hui qu’il va faire la cueillette des champignons avec son grand-père. Au début, il pensait qu’il allait ramasser des pommes. En effet, il avait bien regardé son livre Gaston le hérisson qu’il connaissait par cœur, et Gaston avait un panier rempli de ces beaux fruits rouges, mais Papy avait décrété que c’était la saison des cèpes et qu’il fallait réapprovisionner la réserve de Mamy.

Le gamin n’y connait rien en champignons encore moins en cèpes. Pourtant, fort de son savoir grâce à Gaston, il est plein d’espoir pour garnir son panier presque aussi grand que lui.

Après un solide petit déjeuner (lait au chocolat et deux tartines de confiture), Papy disant qu’il devait prendre des forces parce qu’il allait beaucoup marcher, il enfile ses bottes, son bonnet et son manteau à capuche parce qu’il fait frais dans la forêt (il en sait des choses Papy).

Enfin prêt, il saisit la main à son grand-père, envoie un bisou à sa grand-mère et tout guilleret il attend le top départ.

C’est le silence dans les bois qui l’impressionne tout d’abord. Bien sûr, de temps en temps il entend un oiseau piailler. Papy donne son nom. Admiratif, Lulu ne pipe mot. Comment il peut savoir Papy que c’est le rougequeue noir qui émet ce chant ? Il lui a demandé ses papiers ? Lulu en reste baba. Et le parfum ! il le respire à pleins poumons, ça sent tellement bon dans les bois !

— Tu as perdu ta langue ?

Le gamin sursaute pris en flagrant délit de rêvasseries. Son grand-père le contemple en souriant. Il tient un bâton à la main et délicatement soulève les feuilles. Le miracle surgit devant les yeux ébahis de son petit-fils.

— Regarde !

Lulu aperçoit un chapeau couleur marron clair. Il demande :

— C’est quoi ?

— Un champignon pardi ! Lulu réveille-toi, rappelle-moi pourquoi on est là ? Donne-moi le panier et vois comment je fais pour le ramasser.

Lulu fixe son papy qui sort son couteau de sa poche et coupedélicatement la queue du cèpe, l’époussette avec son mouchoir et le range au fond de la panière.

— Le premier d’une grande cueillette ! se réjouit-il.

Lulu ne dit rien. Il regarde le champignon et essaie désespérément de se rappeler si Gaston le Hérisson en avait trouvé de pareils, mais il a beau chercher dans sa mémoire, ils n’étaient pas de cette couleur, ils étaient rouges à pois blancs et bien plus énormes que celui-là. Le voilà bien ! Et si son grand-père se trompait. Malheur ! Lulu a entendu des trucs horribles sur les champignons venimeux qui peuvent faire mourir, c’est comme les vipères c’est dangereux. Il n’ose pas le dire à son papy qui sait tellement de choses, il va le vexer c’est certain ! Il reste immobile et ses yeux se garnissent de larmes.

Son grand-père ne se rend compte de rien, il avance doucement et petit à petit son panier se remplit. On dirait que les champignons grandissent devant lui. Lulu n’en revient pas, c’est la catastrophe. Et sa grand-mère qui va en faire des conserves, on va tous mourir c’est sûr ! il sent déjà son ventre se serrer. Pourtant il ne l’a pas touché, non, car il sait aussi qu’on peut devenir tout bleu si on est empoisonné. Il court après son papy et essaie de regarder ses mains. Il a l’air en pleine forme et il siffle, très fier de lui.

— Écoute la fauvette ! oh regarde, un rouge-gorge, ne fais pas de bruit !

Lulu ne comprend pas comment son grand-père qui reconnaît tous les oiseaux, n’est pas au courant qu’il est train de ramasser des champignons empoisonnés.

Lulu réfléchit et trouve la solution : il va détourner son attention puis il renversera tout. Tant pis, s’il se fait gronder, c’est toujours mieux que de tous mourir.

— Dis Papy, comment tu sais tous les noms des oiseaux ?

— J’ai appris avec mon papa quand j’étais petit ! Comme toi, je le suivais dans les bois. Fais attention Lulu, tu vas renverser le panier. Quel maladroit !

Son grand-père se baissa pour ramasser les champignons, mais son petit-fils plus rapide que lui, donna un coup de pied dedans et pire, se mit à écraser les belles têtes à la couleur marron clair !

— Sacrebleu ! tonna le vieil homme, rouge de colère.

Il attrapa le bras de Lulu pour le retenir.

— Je ne veux pas que tu meures, criait Lulu.

De grosses larmes à présent coulaient sur ses joues et les bras ballants, il restait face à son papy qui le regardait d’un air furieux. Toute la récolte était fichue, c’était malin, lui qui se vantait toujours devant ses copains de connaître les meilleurs endroits, il allait rentrer les mains vides. Mais le cri de son petit-fils et ses larmes qui n’arrêtaient pas de dégringoler sur ses joues l’interpelèrent.

— Viens t’asseoir sur mes genoux, et raconte-moi.

Lulu s’approcha de son papy qui faisait de la place sur une souche d’arbre.

— C’est dans mon livre… hoquetait le petit garçon.

— Qu’est-ce qu’il raconte ?

— C’est Gaston

Papy était perdu. Qui était Gaston ?

— Tu sais bien Gaston le hérisson, reprenait Lulu.

— Ah oui évidemment !

Il fit celui qui comprenait ne voulant pas passer pour un nul aux yeux de son petit-fils.

— Ben, ses champignons sont rouges à pois blancs et plus grands que les tiens. Toi, c’est des venimeux.

— Vénéneux Lulu, on dit vénéneux.

— C’est pareil ! toi, tu vas empoisonner Mamy et mes parents, puis toi, et moi je n’ai pas envie qu’on meure tous et qu’on devienne tout bleu…

Lulu se remit à pleurer plus fort.

Papy se retint de rire. Ah il aurait dû savoir que Lulu allait se documenter avant de venir avec lui, mais avec ses livres à lui.

— Je te remercie Lulu de m’avoir évité de passer l’arme à gauche. Il faudra que tu me fasses rencontrer ton Gaston.

— Vrai, tu n’es pas fâché ?

Lulu reprenait du poil de la bête et redressait la tête.

— Je ne savais pas comment te le dire, toi qui connais tout Papy, quand même, t’allais faire une grosse bêtise, heureusement que j’étais là. Tu as rudement bien fait de m’emmener, hein ? Ah et Gaston, ben tu ne peux pas le rencontrer, c’est dans mon livre. Tu sais pas tout en fait, Papy, mais c’est pas grave, je vais t’apprendre.

— Dis Papy, ça veut dire quoi, passer l’arme à gauche ?

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

J’aime un voyou au grand cœur

Bonjour toi 😏

Pas de Marie-Sophie aujourd’hui, je partage avec toi une nouvelle histoire qui participe à un nouveau concours. Tu vas faire connaissance avec deux nouveaux personnages, Paco et Angèle. Pourquoi cette illustration ? J’adore titiller votre curiosité…

Chapitre 1

Août 1991 — quelque part en France, un coin de campagne.

Paco surveillait la route. Il vivait avec son grand-père depuis l’âge de huit ans. Ses parents avaient eu un accident de voiture, ils étaient morts tous les deux. Il n’avait pas eu le temps de leur dire au revoir. Il avait douze ans.

La chambre d’hôtes que son grand-père tenait était réputée au village et dans les alentours. Paco était curieux de connaitre les nouveaux arrivants. Les précédents étaient nuls, des Parisiens. Rien que leur accent lui avait mis le cœur à l’envers. Si ce n’était que ça ! Rien qu’à voir la voiture qu’ils avaient, Paco savait qu’ils gagnaient bien leur vie et qu’ils allaient le faire savoir. Le gamin n’aimait pas du tout ce genre de personnages, imbus de leurs personnes. Son grand-père avait bien tenté de lui faire entendre raison, mais Paco avait décrété qu’ils n’étaient pas intéressants et il s’était fait rare pendant leur séjour.

D’ordinaire, il aimait bien aider son grand-père. Il préparait avec lui les petits-déjeuners et menait la conversation avec les clients. Il proposait les sites à visiter et même d’être leur guide s’ils en avaient envie. C’est ainsi qu’il se faisait son argent de poche. Agréable à regarder, toujours de bonne humeur, les clients aimaient bien son bavardage. Il connaissait le village et ses alentours comme sa poche, il était connu des habitants comme le loup blanc.

Perché sur le tilleul, il entendit la voiture avant qu’elle ne surgisse au bout du chemin. Il se pencha davantage et l’aperçut enfin. Une Clio rouge. Il pensa aussitôt que ces hôtes-là allaient lui plaire. Et quand il vit surgir de l’arrière, un lutin aux longs cheveux qui avait un rire en cascade, il sourit.

Angèle leva la tête. Intriguée par le bruissement des feuilles du tilleul, elle se demandait s’il n’y avait pas quelqu’un. Alors que ses parents étaient accueillis par un monsieur aux cheveux blancs, elle se posta sous l’arbre gigantesque.

— Ce n’est pas la peine de te cacher, je t’ai vu.

Elle n’hésita pas une seconde. Même si elle n’était pas très grande, elle était agile. Elle attrapa la première branche à sa portée et comme un petit singe, elle se hissa dessus et se trouva face à face avec le garçon aux cheveux mi-longs, aux yeux rieurs.

— Moi c’est Angèle et toi ?

Elle n’avait pas froid aux yeux la gamine. Il sut à ce moment précis qu’il ne l’oublierait jamais. Il grava dans son esprit son minois de souris et murmura :

— Paco.

— Tu te caches souvent ?

— Tout le temps pour surveiller les clients de mon grand-père.

— Pourquoi ? Tu as peur qu’ils lui fassent du mal ?

Surpris par la question, il ne répondit pas.

— Du coup, tu me trouves comment ?

Il rougit. Elle éclata de rire.

— Ben oui, tu nous surveilles. On te plait ? Tu as vu mon père et ma mère.

Il haussa les épaules et sauta en bas de l’arbre. Elle siffla d’admiration. C’était haut quand même.

Il la regarda d’un air goguenard.

— Alors ? Tu as peur ?

— Tu parles !

Elle sauta et s’écroula sur le gravier.

— Tu t’es fait mal ?

Il voulut la relever. Vexée, elle le fit toute seule.

— Ce n’est pas parce que je suis une fille que je vais pleurnicher. Je suis une guerrière moi !

Il sourit. Décidément, cette gamine lui plaisait. Il ne comprit pas pourquoi son cœur battait la chamade et pourquoi il avait envie qu’elle reste longtemps en vacances chez son grand-père.

Dis-moi si tu aimes cette nouvelle histoire. Je pense que la suite te surprendra…Je ne t’ai pas mis le résumé exprès pour attiser ta curiosité 😄.

À très vite…

Jeux d’écriture – Les parfums du jardin

Bonjour toi 😏

Ici voici les consignes de la semaine pour ce nouvel atelier d’écriture : rendez-vous au pays des odeurs du jardin. Invitez tous vos sens et faites nous découvrir cette ou ces odeurs qui vous subjuguent, vous entêtent ou celles que vous fuyez !

Voici donc ma participation 👇

Tôt le matin, alors que le soleil est à peine levé et que les oiseaux s’en donnent à cœur joie dans les arbres, elle sort sur la terrasse, son café chaud dans son bol rouge.

Le parfum du breuvage se mêle à celui de la rosée et des fleurs qui s’éveillent doucement. Les mains autour de son mug pour se les réchauffer, elle parcourt les allées de son jardin.

Ici, c’est une rose qui étale sa corolle pourpre et dégage sa fragrance subtile, là c’est l’œillet qui exhale sa senteur poivrée.

Le nez levé, comme une biche qui hume l’air, elle retrouve l’odeur du café torréfié, celle de son enfance, quand elle courait dans le parc. C’est particulier, mais elle l’aime parce qu’elle revoit les hauts marronniers qui se balançaient au gré du vent, parsemant à ses pieds leurs grandes feuilles.

En passant, elle balaye de sa main libre, la lavande, la voilà plongée dans d’autres souvenirs. C’est la Provence qui se rappelle à elle.

Elle touche la sauge rouge puis la menthe, le thym et le romarin, elle sourit. Toutes ces odeurs se mêlent à celle de son café. Un joli bouquet garni.

Il est temps de rentrer et le parfum de pain grillé la cueille sur le pas de la porte. Le petit-déjeuner est prêt.

À très vite…

Avril poésie

Bonjour toi 😏 je partage avec toi, une poésie écrite main levée.

Chez Ma ici le sujet de la semaine était Ne te découvre pas d’un fil. Je me suis amusée à prendre en photos mes bobines de fil et j’ai bafouillé une poésie.

Quel joyeux drille
Ce mois d’avril. 
Il annonce le printemps
Même si on claque des dents.

Ne te découvre pas d’un fil, 
C’est l’adage d’avril. 
Il a bien raison
Restons près du tison. 

Pourtant, les oiseaux chantent
Regarde pointer la menthe,
Et les boutons de Pivoine
Font la joie d’Antoine. 

C’est le mois d’Avril, 
On danse le quadrille. 
Il annonce l’été
Finies les contrariétés. 

Pour illustrer mon image,
Pas besoin de maquillage.
Ces bobines de fil
Représentent bien Avril. 

Ne te découvre pas,
Tu vas attraper froid.
N’oublie pas qu’en Avril
En fraîcheur, il est habile. 


© Isabelle-Marie d’Angèle – avril 2022

À très vite…

Amis pour la vie

Bonjour toi 😉

Voici la suite de Marie-Sophie. L’histoire prend un tour inattendu.

Je n’arrive pas à y imaginer qu’Archibald puisse penser quitter son village et venir habiter ici. Je suis certaine que ça fait trop de bonheur d’un coup et que je vais le payer un jour ou l’autre.

Je suis installée dans ma nouvelle maison avec ma meilleure amie et mon filleul. Pépé Charles fait des aller-retour et amène petit à petit son bric-à-brac. Lui qui a toujours revendiqué sa liberté, le voilà souvent acoquiné avec Célestine. Trop de joie d’un coup, j’ai la frousse que tout s’écroule.

J’agace tout le monde avec mon pessimisme et le pire c’est que je m’en rends compte. Bien sûr, j’ai payé le prix fort en perdant mes parents d’un coup, mais ça ne veut pas dire que c’est fini, que je ne vais plus avoir de catastrophes qui vont me tomber dessus. La vie, c’est comme ça, un coup c’est tout beau et le lendemain c’est la grisaille.

La petite chaumière comme je l’appelais, prend petit à petit une tout autre allure. Le chien de Charles fait ami-ami avec celui de Morgan, ainsi que son chat. Je n’arrive toujours pas à comprendre comment Célestine, la dame si distinguée du château, va vivre ici dans un 100 m2 avec Charles en plus.

J’ai eu le malheur de faire cette réflexion à haute voix et son rire cristallin en cascade m’a remis en place.

— Mais enfin Marie-Sophie, comment m’imaginiez-vous ? Le château appartenait à mon mari décédé. Je n’ai jamais été une châtelaine. Demandez donc à Morgan.

Je ne m’y suis pas risquée. Mélusine m’a glissé à l’oreille que j’avais trop d’idées bien arrêtées.

Archibald est revenu. Il faut que je lui parle. Dès son arrivée, il vient m’embrasser et me serre dans ses bras.

— Attends un peu toi ! Tu me caches des trucs et je veux savoir quoi !

Il se met à rire.

— Moi, te cacher des choses ? Comment oserais-je ?

Je le bouscule. Il rit de plus belle. Mélusine à son tour arrive dans la cuisine et le taquine, Enzo se jette contre lui. Son parrain l’attrape et le fait tournoyer. Le petit garçon pousse des cris de joie.

S’il n’était pas mon meilleur ami, je craquerais bien pour Archibald. Il est beau, il est gentil, il…

— À quoi tu penses ?

Il est devant moi et me fixe.

— Je me disais que si tu n’étais pas mon meilleur ami, tu pourrais devenir mon amoureux.

Il s’étrangle alors que Mélusine éclate de rire.

— C’est quoi un namoureux ? demande Enzo toujours dans les bras de son parrain.

— C’est quelqu’un qu’on aime beaucoup, répond sa mère.

— Alors tu es mon namoureux et toi aussi et toi aussi.

Enzo nous désigne tour à tour puis descend des bras d’Archibald. Le petit bonhomme me regarde et demande innocemment ?

— Morgan aussi est ton namoureux ?

Évidemment, c’est à moment là qu’il arrive. Je rougis comme une pivoine alors que le chenapan se pend au cou du nouveau venu. Il clame :

— Tu veux être le namoureux de marraine ?

— On dit amoureux, le reprend Morgan, le plus sérieusement du monde.

— Alors tu veux être amoureux de MarieSophe ?

Mélusine est morte de rire, Archibald lui serre la main et moi… je remue la tête dans tous les sens et lève les yeux au ciel. Mais je n’en oublie pas pour autant ma requête et redemande le plus sérieusement du monde :

— Alors Archi, il parait que tu vas t’installer ici ?

Mélusine et Morgan lèvent les mains en faisant non de la tête. Je les apostrophe :

— Quoi ? C’est un secret.

— En fait…

Archibald se rapproche de moi, m’entoure les épaules et se fait cajoleur. Je n’aime pas ça du tout, ça sent l’entourloupe à plein nez.

— Peut-être… mais il faudrait que tu acceptes de vendre le pain.

Stupéfaite, j’ouvre mes yeux en grand, mais ne dis rien. J’attends.

Archibald se lance.

— Il y a un local à louer au village et comme il n’y a pas de boulangerie…

— Et ton matériel ? Tu n’as rien ici.

— Je vais me renseigner t’inquiète. Mais si je me lance, je veux que tu fasses partie de l’aventure. Tu ne vas pas rester sans rien faire, avec Mélusine on a pensé que ce serait chouette que tu sois derrière le comptoir.

— Moi vendeuse ? Je n’ai jamais fait ça !

— Et alors, tu débrouilleras très bien, dit Mélusine.

— D’autant plus que lorsque tu faisais les marchés avec moi, tout se passait bien.

Morgan me regarde, le sourire en coin.

— Tu es d’accord ? demande Archibald plein d’espoir.

Il ressemble à un gamin devant un cadeau de Noël.

— Tu vas abandonner tout ce que tu as créé pour tout recommencer ici ?

— Je le laisse à mon employé. Ce n’est pas comme si je vendais tout. Et puis, si je ne le fais pas aujourd’hui, je ne le ferais jamais.

— Tu fais ça pour moi ?

Je ne peux pas y croire. Il doit y avoir une autre raison. Pourtant, il acquiesce.

— Oui je n’arrive pas à me faire à l’idée d’être séparé de Mélusine et toi. Et puis, il y a Enzo maintenant. J’ai envie de le voir grandir ce petit bonhomme.

— Où vas-tu habiter ?

Ma maison est vaste, la vie en communauté ne me dérange pas, ce serait trop beau si Archibald venait avec nous.

Il élude la question.

— Je vais y réfléchir, une chose à la fois.

Revoilà les trois mousquetaires. Mélusine tend la main, Archibald la saisit et prend la mienne. Morgan nous regarde alors que Enzo tape des mains.

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici avec cette image, il fallait écrire un texte sous deux angles différents à partir de la photo suivante : une partie sous l’angle de la nature et l’autre sous l’angle des pinces à linge !

Voici donc ma participation :

— Non, mais dites donc, vous ne pouvez pas vous tenir ? Regardez-moi ce bazar ? Pas une pince à linge dans le même sens !

— Moi j’aime bien avoir la tête en bas, glousse la première.

— Et moi, les pieds en l’air, la taquine la seconde.

Le vent s’engouffra dans les feuilles de l’arbre qui abritait la corde. Celles-ci se secouèrent faisant tomber une pluie de pétales de fleurs sur le sol.

— Heureusement que notre patronne a ramassé son linge, il serait beau à l’heure qu’il est, murmura une pince sans rire (😏).

— J’adore quand Éole vient me caresser le bois.

— Toi, la poussa sa jumelle, on le sait que tu en pinces (😉) pour lui.

À nouveau l’arbre se secoua et le vent vint secouer la corde qui se balança à qui mieux mieux.

Le ciel bleu invitait à la promenade. Il faisait beau et la température printanière mettait de la musique dans les cœurs et aussi sur la corde à linge à en écouter le babillement des petits morceaux de bois. Elles tentaient désespérément de former une portée musicale.

Une branche basse de l’arbre s’entortilla autour de la corde et la lâcha d’un coup.

Les pinces s’envolèrent et retombèrent légèrement secouées, toujours cramponnées à leur corde.

— Encore crièrent-elles en chœur, ravies de ce nouveau jeu.

Malheureusement, elles aperçurent la patronne avec son panier. Fini de rigoler, elles devaient faire leur travail et pincer ces jolis draps pour qu’ils ne s’envolent pas. Même si parfois, elles leur faisaient mal, ils ne s’en plaignaient pas. Ils avaient bien trop peur de s’envoler au loin.

Le vent gonfla comme une voile le linge qui s’étalait peu à peu, multicolore. Il détourna pourtant son souffle afin que les pétales ne viennent pas s’écraser dessus. Une palombe cachée à l’intérieur de l’arbre tentait de se faire toute petite. Elle couvait depuis quelques jours et n’avait pas l’intention de perdre sa production.