Ici il était demandé ceci votre personnage se promène, croise une boite à livres, en choisit un et en l’ouvrant lit la phrase suivante « Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit ». A vous d’imaginer la suite…
Voici ma participation 👇
Comme tous les jours, Timothée sortait accompagné de son chien et de sa canne. Le premier tirait pour le faire avancer plus vite et la seconde l’aidait justement à marcher plus vite.
Comme tous les jours, il passait devant la cabine téléphonique rouge qui, parait-il, renfermait des livres. Il ne comprenait pas pourquoi, elle s’appelait pompeusement boîte à livres, alors qu’elle n’était qu’une cabine téléphonique point barre.
Et puis d’abord, à quoi ça servait ces livres ? D’accord, il était assez grognon ce matin Timothée. La faute à sa cafetière tombée en rade qui n’avait pas pu lui servir son café. Il était sorti de chez lui sans rien dans le ventre. Il avait décidé d’aller le prendre au bar. Tiens, justement à côté de cette satanée boite à livres. Ah, mais non, son chien avait choisi de s’y arrêter devant. Non, il ne levait pas la patte, il était trop bien éduqué, mais il poussait la porte de son museau, curieux. Timothée se trouva face à une rangée de livres. Ce n’était pas son truc la lecture, mais il était maniaque et un livre tombé au sol, ouvert, l’agaça. Il le ramassa et machinalement lut les premières phrases Je n’attendais que vous, rendez-vous demain, même heure, même endroit.
Sans s’en rendre compte, il consulta sa montre : 9 heures. Puis, il haussa les épaules, pensa à Patrick Bruel et à sa place des grands hommes et rangea le bouquin.
Son animal le tirait vers l’extérieur, il partit prendre son café.
Le lendemain matin, Timothée, regarda la pendule : 8 heures 45. Toujours la machine en panne. Il chercha la laisse de son chien, sa canne et sortit, se traitant de vieux sot.
8 heures 50. Il n’avançait pas vite le bonhomme. 8 heures 55. Il voyait la cabine rouge qui le narguait, son cœur s’accéléra.
Il ne vit pas la trottinette électrique qui arrivait face à lui, occupé à surveiller la cabine. L’animal prit peur et se mit à courir, Timothée, déséquilibré lâcha la laisse, sa canne le fit trébucher, il s’étala de tout son long sur le trottoir.
— Monsieur ? Répondez-moi, serrez ma main si vous m’entendez.
Timothée ouvrit les yeux.
— C’est vous mon rendez-vous ? demanda-t-il d’une voix chevrotante.
La dame au chignon gris saisit son portable et composa le 15. Il n’allait pas bien ce pauvre homme. Elle le voyait tous les jours passer devant la cabine rouge. Hier, elle avait perdu son livre. Elle venait de le retrouver. Il était 9 heures.
Comme c’est le jour des enfants, je partage ici une conversation d’une grand-mère avec sa petite-fille.
C’est un jour où Mélie et sa grand-mère ont une grande conversation.
— MaLou, tu jouais à quoi à l’école quand tu étais petite ?
Il faut qu’elle réfléchisse, c’était il y a quelques années quand même.
— À la corde à sauter, à l’élastique et aussi à la marelle.
— On ne peut pas jouer à la corde à sauter et à l’élastique, râle Mélie. De toute façon, on n’a pas le droit de les amener et puis c’est les CP (traduis les petits) qui les ont, c’est l’école qui leur donne. À la marelle, il y a trop de monde dans la cour, alors c’est interdit.
MaLou en rajoute, histoire de faire bisquer sa petite-fille
— Nous apportions les nôtres de cordes, tu penses bien que nous pouvions les comparer. La mienne était jolie, les poignées étaient en bois bleu. (Quelle mémoire cette MaLou).
Mélie fait la moue.
— Trop de chance parce que nous les cordes à sauter avec les manches en bois, les garçons se fouettent entre eux, alors interdit aussi.
MaLou est stupéfaite mais ne dit rien. Drôle d’époque ! Mélie qui a vu la tête de sa grand-mère la rassure aussitôt :
— Pas à moi bien sûr !
MaLou demande :
— Raconte-moi, à quoi joues-tu alors ?
— On parle.
— De quoi ?
— Bah de tout, des animaux et de ce qu’on a fait pendant le week-end.
C’est bien triste, pense MaLou. Elle se souvient qu’elle aimait bien le facteur n’est pas passé. Elle l’avoue à Mélie.
— Moi je voudrais bien, mais mes copines me disent que c’est pour les bébés. Dis MaLou, tu mangeais à la cantine toi ?
— Non ma poulette.
Mélie ouvre de grands yeux, comment est-ce possible ? Mais elle est contente pour sa grand-mère et lui dit à sa manière.
— Tant mieux pour toi parce que c’est pas bon et c’est toujours froid. Mais pourquoi tu n’y allais pas ? ajoute la curieuse.
— Je rentrais chez moi, j’avais le temps.
Mélie insiste.
— Jamais, jamais, tu n’y as mangé ?
MaLou sourit.
— Tu sais quoi ? Quand je suis allée au lycée non plus et pourtant j’y ai fait toute ma scolarité de la 6e à la Terminale. À ton avis, pourquoi ?
Devant le mutisme de sa petite-fille, MaLou avoue :
— J’avais en face de chez moi, le lycée.
Alors là, Mélie n’en revient pas et pense aussitôt :
— Pour le coup, tu n’étais pas obligée de te lever de bonne heure.
— C’est vrai, mais tu sais, j’entendais la sonnerie résonner toutes les heures, il y avait les bouchons devant la maison à chaque entrée et à chaque sortie. Et puis franchement, avoir le lycée face à ma fenêtre tous les jours, ce n’était pas rigolo.
— Oui, mais quand même ! Tu voyais toutes tes copines arriver alors ?
— Et les copains. Ils venaient même mettre leur vélo chez moi. Je dois t’avouer un truc ma chérie, le fait de ne pas être comme les autres, de ne pas manger à la cantine et de pouvoir bavarder avec les copains, ce n’est pas toujours facile non plus. J’aurais bien aimé aller au lycée avec ma belle bicyclette, moi.
Mélie ne lâche rien, elle a vraiment décidé d’en savoir plus sa grand-mère.
— Tu faisais quoi en sport ?
Mélie est en primaire, MaLou se creuse la tête. À son époque, le sport dans la cour, c’était surtout le ballon prisonnier.
— Nous aussi ! Et Harry Potter.
C’est autour de MaLou d’ouvrir de grands yeux. Sa petite-fille lui explique :
— C’est un jeu de ballon, celui qui est touché, sort du jeu. Il ne pourra y rentrer que lorsque celui qui l’a touché sort, en fait, je ne suis pas sûre du nom.
MaLou ne peut s’empêcher de demander :
— C’est du sport ça ?
— Ben oui !
Devant l’air sceptique de sa grand-mère, Mélie ajoute fière d’elle :
— On fait aussi du badminton.
Elle est rassurée, MaLou sourit, c’est du vrai sport ça.
— Je cours aussi.
— Tu fais de la course ?
— Non c’est pas ça, c’est en fait pour savoir à quelle vitesse on court.
À regarder la tête de sa grand-mère, Mélie préfère abandonner le sujet et passer à autre chose.
— On joue à ton jeu sur ton téléphone ?
Il faut bien l’avouer, MaLou là, elle déchire, même si parfois, c’est elle Mélie qui l’aide juste un peu, parce qu’elle y voit un peu mieux ou qu’elle plus rapide ?
Je n’en reviens toujours pas. Archibald a dégoté un four à pain à bois et le local qu’il est en train de remettre en état. La boulangerie qui va ouvrir fait la une de la gazette. Les habitants sont ravis de ne plus avoir de kilomètres à faire pour avoir leur baguette fraîche.
Il n’y avait pas eu de repreneur lorsque le propriétaire était parti à la retraite. Pourtant, il avait publié une annonce sur TF1et SOS village, mais ça n’avait pas trouvé grâce aux yeux de quelqu’un. Finalement, ça tombe bien pour Archibald. Celui-ci remet tout à neuf et il arrive avec toutes ses idées. J’espère de tout mon cœur que ça va marcher. Mon ami n’est pas basque et parfois, ce n’est pas facile de s’intégrer. Archibald pourra compter sur Morgan, connu comme le loup blanc.
Le boulanger, Gérard, est venu lui donner un coup de main et discuter avec lui. Il est en admiration devant Archibald qu’il trouve bien courageux. Jamais, il n’aurait pensé qu’il aurait pu quitter une affaire qui marche pour s’installer dans un endroit, certes sympathique, mais dont il ignore les coutumes et les habitudes.
Il a assuré à mon ami qu’il lui ferait sa publicité. Il était apprécié de ses clients, il pouvait compter sur lui pour parler de lui à des kilomètres à la ronde. L’expression m’a fait rire parce que pendant des kilomètres, il y a des prés verts et des vaches.
Archibald ne compte pas s’arrêter là, il a décidé plus tard de faire aussi une tournée pour les habitants qui ne pourraient pas se déplacer. Il y a un certain nombre de personnes âgées ici. Pépé Charles a approuvé cette idée. Il lui a même dit qu’il pouvait compter sur lui pour conduire son camion. Je ne savais pas que Charles avait son permis pour ce genre de véhicule. Il parait que le B ça suffit s’il ne pèse pas plus de 3,5 t. Je pensais juste à une fourgonnette, mais Archibald parlait d’un Food truck.
Mélusine a aussi réussi à convaincre d’autres mamans de se retrouver avec leurs enfants non scolarisés. Elle a fait la connaissance de Madeleine et Julia. Toutes deux ont une petite Juliette pour la première et un Alexandre de l’âge d’Enzo pour la seconde. François, lui, est seul pour élever sa petite Héloïse.
Pour l’instant, c’est la mairie qui met à leur disposition une salle. J’y suis allée faire un tour, elle est bien tristounette cette pièce. Avec Mélusine, nous avons demandé au maire s’il était possible de la repeindre avec des couleurs plus gaies. Il a refusé ! Elle peut servir à d’autres associations.
François qui tient une maison et table d’hôtes a proposé que ça se fasse chez lui une fois par semaine. La pièce qu’il offre est très cosy avec une petite banquette vieux rose et des rideaux assortis aux fenêtres, le mur en lambris réchauffe le tout. Quand nous y sommes allées, Mélusine et moi, nous avons été frappées toutes les deux par l’ambiance zen qui y régnait. C’est un endroit parfait pour les enfants.
Aujourd’hui, j’accompagne Morgan au marché. Il vend régulièrement son miel et les légumes qu’il cultive dans son jardin. Je charge les cagettes dans sa camionnette et en me retournant, je me trouve face à lui et contre lui.
Je ne sais toujours pas ce que je ressens pour lui et Archibald qui s’installe ici n’arrange rien. Je crois que je les aime tous les deux, certainement pas de la même façon, mais je ne veux pas faire de peine ni à l’un ni à l’autre.
Morgan me relève le menton et plonge ses yeux dans les miens. Sans crier gare, il pose ses lèvres sur les miennes. Puis, il repart chercher la dernière cagette de légumes. Ce fut tellement rapide que j’ai pensé avoir rêvé. Je reste plantée devant le coffre ouvert. C’est lorsque je le vois revenir que je me bouge.
— On y va ?
Morgan s’installe au volant et démarre. Je grimpe à côté de lui et je ne peux m’empêcher de lui demander :
— Pourquoi tu as fait ça ?
— J’en avais envie depuis longtemps et si je ne fais rien, tu ne vas rien tenter. Tu m’en veux ?
Je suis tellement surprise par sa réponse que je ne sais pas quoi dire. Est-ce que je lui en veux ? Un peu quand même. De quoi se mêle-t-il ?
Je lui jette un regard en coin. Il fixe la route.
— C’est vrai quoi ! ajoute-t-il.
Je n’ose pas lui demander ce qui est vrai. Me voilà bien.
Nous arrivons sur la place du marché et j’aperçois Archibald devant son local qui commence à prendre une belle allure. Son enseigne Au fournil d’Archi écrit sur une baguette en fer forgé, style girouette, lui ressemble, simple et efficace.
Dès qu’il nous aperçoit, il vient à notre rencontre. Suis-je amoureuse de mon meilleur ami ?
Ici la consigne était celle -ci : je vous propose d’écrire un poème ou un récit à partir de la célèbre strophe suivante “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne” en partant sur un style complètement différent de celui du poème initial.
Voici ma participation 👇
Pierre et Louise étaient prêts. Comme chaque année à cette période, ils quittaient la vallée pour grimper dans les alpages.
Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne, tout le village entendra les cloches de leur troupeau.
Pour l’heure, ils vérifiaient que leurs bêtes étaient toutes en pleine forme. D’ailleurs, les animaux sentaient qu’ils allaient partir. Une ambiance de fête régnait dans la chèvrerie. Même le berger des Pyrénées savait que bientôt, il serait le gardien de toutes ces bêtes et gare à celle qui dévierait de sa route, il la remettrait dans le droit chemin.
La nuit fut courte et le soleil pointait à peine son nez que déjà les biquettes étaient prêtes. La cheffe, noire et rousse à la barbichette rebelle portait la cloche au cou. Elle annoncerait son passage dans les rues du village. Boule, le chien était à pied d’œuvre, il leur tournait autour afin qu’elles ne s’éloignent pas et restent en troupeau. Une chèvre, c’est curieux, un rien peut lui donner l’envie de quitter la route et de grimper…
Demain, dès l’aube à l’heure où blanchit la campagne, tout ce petit monde sera dans les montagnes et retrouvera la ferme où pendant quelques mois, chacun vivra au rythme du soleil, des animaux, sans connexion autre que la nature.
Je te propose la suite de ma nouvelle histoire, elle semble t’avoir plu alors je continue.
Chapitre 2
Janvier 2021
Quel sale temps. Je relevai le col de mon blouson. Je balançai à bout de bras mon casque et j’écoutai avec plaisir résonner sur le bitume les talons de mes santiags.
— Bonjour Commandant !
Le policier de garde me salua et je lui répondis d’un sourire et d’un signe de tête. Je jetais un œil sur la main courante.
— Rien à signaler. La nuit a été calme. Je vous prépare un café ?
— Merci, il aura au moins le mérite de me réchauffer à défaut d’être bon. Vous me l’apportez dans mon bureau s’il vous plait ?
J’enlevai mon bonnet, saisis l’élastique autour de mon poignet. En un tour de main, un chignon lâche apparut.
— Votre café commandant.
— Merci Joe.
J’allumai mon ordinateur et fis défiler mes mails. Mon portable vibra.
— Putain, encore un vol ! m’écriais-je.
Le capitaine Kawas entra à ce moment-là. Il emplit tout l’espace en un instant. Son mètre 90 et ses 90 kilos lui valaient le respect des collègues. Judoka émérite, il ne fallait pas lui chercher des histoires. Il m’avait accueillie avec plaisir. Avoir une femme qui dirigeait le commissariat ne l’avait absolument pas dérangé. Il y avait maintenant cinq ans que je l’avais intégré.
Angèle Merlin, commandant de police, je dirigeai une équipe majoritairement constituée d’hommes. J’avais dû me faire respecter immédiatement et instaurer un climat de confiance soumis parfois à rude épreuve. Je pouvais affirmer aujourd’hui que ma brigade m’appréciait.
Il arrivait souvent qu’on me prenne pour un homme. C’est la faute de ma voix grave, elle instaurait le doute et j’avoue, j’en abusais, surtout au téléphone avec les personnes qui ne me connaissaient pas. Je signais parfois, Angel Merlin, omettant sciemment le e. Aucun de mes gars ne m’avait jamais vue habillée autrement qu’en jeans, chemise et blouson. Je me permettais quand j’avais le temps et que j’y pensais, un trait de khôl noir pour souligner mon regard noisette et j’osais un léger rouge à lèvres qui disparaissait rapidement à cause du café que j’ingurgitais au long de la journée. Chaussée de santiags, il ne me manquait que les éperons et un canasson pour ressembler à un cow-boy. D’ailleurs, j’avais surpris mes collègues me surnommer ainsi, je ne m’en offusquais pas, au contraire j’aimais ça et je le prenais pour une marque d’amitié voire une sorte de respect. Au lieu d’un cheval, je chevauchais une moto. C’est rapide et efficace pour me faufiler entre les voitures.
— Tu râles déjà de si bon matin, demanda Théo Kawas, soufflant sur son café.
— Ce satané voleur appelé le nouveau Robin des Bois a encore frappé. Il se prend pour Arrow ou quoi !
— C’est qui Arrow ?
— J’oubliais, tu ne regardes jamais la télé. C’est un super héros archet et masqué.
— Archet ?
Je bousculai mon collègue.
— Un qui tire à l’arc quoi !
— Voilà ! parle-moi français.
Il éclata de rire.
— Tu me fais marcher, c’est ça ?
Il ne me répondit pas et pesta contre le café qui était dégueulasse et trop chaud.
— Je n’arrive pas à comprendre, repris-je, il entre dans l’établissement comme un client ordinaire. Il n’y a jamais de braquage.
— Pourquoi parle-t-on d’un archet alors ?
Je tournai l’écran de mon ordinateur et d’un clic démarrai la vidéo.
— C’est celle de la banque. Regarde la salle des coffres.
Kawas se pencha et découvrit un homme masqué armé d’un arc qui d’une flèche déverrouillait la serrure. Il se servait, refermait le coffre et ressortait, comme si de rien n’était. Il en profitait pour faire un signe à la caméra.
— Il se moque de nous ! Il est doué quand même !
— Il est certain de ne pas être pris. C’est un comble.
— Comment arrive-t-il avec son arc sans être remarqué ?
— Et comment en repart-il ?
— Quel est le client qui à ton avis est capable de faire ça ?
Tous deux, nous fîmes défiler les images : une femme avec un enfant dans les bras, un vieux monsieur appuyé sur une canne, une Mamy cramponnée à son déambulateur.
Kawas siffla et maugréa :
— Il n’y a que des handicapés dans cette ville ? Ceux qui travaillent ne viennent pas à la banque ?
— Putain, t’as raison. Je parie que les caméras sont truquées.
Le commissaire Caroit entra dans mon bureau, me salua ainsi que le capitaine. Proche de la retraite, il décomptait les semaines qui le libéreraient de ses obligations. Mais, c’était un bon flic qui avait fait ses preuves et il ne voulait pas partir sur une affaire en cours, aussi l’histoire abracadabrante de ces vols l’agaçait au plus haut point. Il me bouscula.
— J’espère que vous avez une piste, ce rigolo nous mène par le bout du nez et je n’aime pas ça. Élucidez-moi cette enquête rapidement. C’est une petite ville ici, il n’y a qu’un établissement bancaire, ça ne devrait pas poser de problèmes.
Je haussai les épaules.
— C’est tout ce que ça vous fait ? maugréa mon supérieur.
— Je vais aller y faire un tour et rencontrer le directeur, je vous fais mon rapport dans la journée, commissaire.
— Je préfère ça. Kawas, accompagnez-là.
— C’est une enquête de routine, pas besoin de garde-chiourme, ripostais-je aussitôt.
Je sortis en claquant la porte, furieuse. Parfois, il me rappelait que j’étais une femme.
Je saisis mon casque et enfourchai ma moto. Elle rugit. Je souris en pensant que le commissaire pesterait dans son bureau en entendant le bruit.
Je levai la tête et le remarquai à la fenêtre. Banco ! Je le saluai en riant et m’engageai sur la route.
François Destrée écoutait son collaborateur qui lui racontait pour la énième fois le vol de la salle des coffres.
Jordan Calamine avoisinait les soixante ans et il n’avait jamais vu ça depuis qu’il travaillait dans cet établissement. Il connaissait François depuis une bonne quinzaine d’années et leur complicité était telle qu’il ne comprenait pas pourquoi son directeur ne prenait pas cette affaire au sérieux.
— C’est une blague, Jordan.
— Mais comment pouvez-vous en être si sûr ? L’argent a quand même été dérobé et le propriétaire va être furieux.
— Rappelez-moi son nom ?
— Je sais que vous ne l’aimez pas, c’est le maire de la commune.
Un message sur son téléphone l’avertit que le commandant Merlin souhaitait lui parler.
— La police ! Vous voyez Jordan, tout va rentrer dans l’ordre. Elle va faire son travail et tout ça ne sera plus qu’un mauvais souvenir.
François le poussa gentiment vers la sortie et accueillit le nouveau venu.
Il éclata de rire et s’excusa aussitôt.
— Désolé, je m’imaginais déjà avoir affaire à un homme moustachu avec un imperméable grisonnant.
Il détailla sans vergogne Merlin et nota immédiatement, les jambes fines sous le jeans moulant, la poitrine généreuse qui se découvrait grâce au blouson et à la chemise entrouverts.
— Satisfait ? maugréais-je en le fixant dans les yeux. Pour qui se prenait ce mec ? pensai-je in petto.
Je compris tout de suite que ma voix rauque l’avait surpris. J’eus envie de m’amuser. Je dégageai mon holster où dormait mon arme et posai mon pied sur la chaise. Nonchalamment, je m’accoudai sur mon genou et toujours en ne le quittant pas du regard, je l’interrogeai :
— Alors, monsieur le directeur, racontez-moi un peu ce qui vous arrive.
…..
À très vite…
N’hésite pas à me dire ce que tu en penses 😊 Bonne lecture.
Comme c’est lundi lecture, je te propose mon nouveau roman qui sortira le 27 avril. Voici le résumé et la couverture.
À 25 ans, Cléo habite toujours chez ses parents et se complait dans sa petite vie tranquille. Casanière, elle aime profiter des moments qu’elle passe auprès de ses proches. Un jour, alors qu’elle prend son poste de réceptionniste dans le petit hôtel touristique où elle travaille, elle se retrouve en pleine rue à chercher la clé perdue d’un client.
C’est alors que passe la voiture d’Arsène Maestro, réalisateur connu et médiatisé. En quête de l’héroïne pour son prochain film, il sillonne les routes et remarque cette rouquine qui dégage une fragilité qui le bouleverse et le séduit. Acceptera-t-il de s’embarquer avec elle dans une histoire aussi improbable qu’inattendue ?
De quiproquos en situations rocambolesques, Cléo et Arsène vont dérouler tambour battant le film qui va changer leur vie.
Une clé perdue peut-elle redistribuer les rôles ?
Alors qu’en penses-tu ?
N’oublie pas le 27 avril sur toutes les librairies en ligne 💖
Ici les consignes étaient simples : je vous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”.
Voici mon texte 👇
Alice avait décidé de faire un grand nettoyage de printemps.
— Génial ! s’écria Gaspard.
Gaspard, c’était son gamin. Les vacances étant arrivées, il passait son temps dans la bâtisse de campagne avec sa maman. Son père malchanceux était resté en ville pour travailler. Il les rejoindrait pour le week-end.
— Et si on allait au grenier ?
Ça, c’était l’idée lumineuse de Gaspard qui rêvait de fureter là-haut dans les cartons.
Cette maison appartenait à la grand-mère d’Alice, elle n’avait jamais mis les pieds dans les combles.
— On y va ?
Après quelques hésitations, elle le suivit. Elle avait son portable dans sa poche, on ne sait jamais, si elle devait appeler les secours.
Elle poussa la porte. Celle-ci grinça et arracha quelques toiles d’araignées.
Quel fatras ! alors que son fils ne craignait rien et furetait partout, elle, elle avançait précautionneusement.
Quand elle raconterait ça sur son journal, elle pourrait toujours commencer par Un jour, en dépoussiérant le grenier.
— Maman, viens voir !
Qu’est-ce qu’elle était jolie cette table.
— Trop beaux les dessins !
Alice se revit, toute petite, assise sur les genoux de sa grand-mère. C’était son grand-père qui avait poli et peint le bois. Italien de naissance, il avait retracé de mémoire, son village. Alice se souvenait que son aïeule l’appelait la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie. Elle suivit du bout des doigts le tracé des rues. Ici, c’était la fontaine, là l’escalier en pierres qui menait à la mer, là encore, sa propre maison avec le linge accroché aux fenêtres. Un véritable artiste cet homme !
— C’est vrai ? C’est ton grand-père qui a dessiné tout ça !
Gaspar n’en revenait pas, lui qui avait deux mains gauches comme répétait sa maîtresse.
— Il me parlait aussi d’une boîte de nuit… elle puait le whisky rance, c’était son souvenir. Il n’avait pas réussi à la retranscrire. De toute façon, le parfum n’aurait pas pu être dessiné, comme il disait.
Gaspard grimpa sur la table.
— Regarde, je marche dans le village de Grand-Papy.
Alors je l’imaginais se promener là-bas avec lui. Arrivé au bout , il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre ce qui le fit éclater de rire.
— Allez descends, je croyais que nous devions ranger le grenier. Pour l’instant, nous n’avons pas fait grand-chose.
Il sauta au bas de la table et se mit à courir partout. Tous ces cartons donnaient le vertige à Alice, mais son fils n’hésitait pas les ouvrir. Lorsqu’il découvrit les vieux vêtements, il s’en empara.
Soudain, la sonnette de la porte d’entrée retentit. À regret, Alice quitta le grenier et commença à descendre. C’était sans compter sans la vitesse de son gamin qui passa devant elle, habillé de tissus multicolores, ressemblant furieusement à ceux de la Commedia Del Arte.
C’est alors que la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie.