Le téléphone de Coralie sonna. Elle ne reconnut pas le numéro. Elle décrocha. C’était une femme à l’appareil. Elle ne comprit pas immédiatement ce qu’elle lui disait, elle semblait paniquée et ses propos étaient incohérents.
— S’il vous plait, aidez-moi… Il m’a vue… Je suis en danger… Votre mari… il veut le tuer. Vous devez me croire.
— Allo ? Qui est à l’appareil ?
— Cécilia Joly.
— Qui vous a vue ? De qui parlez-vous ?
— Il va venir me chercher, on va l’écouter, il est médecin. Je vous en prie, aidez-moi.
— J’arrive et je préviens la police.
Coralie raccrocha et appela aussitôt Esteban ou Hugo. Ce fut le deuxième qui répondit. Hugo lui intima fermement de rester là où elle était. Accompagné d’Esteban, il partit à la clinique où se reposait la compagne de Frédéric Marteau.
Choquée, Coralie retrouva Sophia et Vincenzo.
— Pauvre femme, j’espère qu’il ne lui arrivera rien, s’exclama Sophia.
— De qui parlait-elle ? demanda Coralie.
Ils dirent en même temps :
— De ton copain le chirurgien.
Coralie réfuta leur réponse.
— Impossible, Fred n’est pas un meurtrier.
Ses deux collègues haussèrent les épaules et ne firent aucune objection.
— Tu vas raconter ça au commandant ?
— À quoi ça sert Sophia, il ne se souvient de rien. Il ne sait pas même qui elle est.
La jeune femme et Vincenzo se concertèrent du regard. Coralie les examina se donner des coups de coude comme s’ils avaient envie de lui dire quelque chose.
— Cessez de tergiverser, s’agaça leur supérieure, parlez-moi.
Vincenzo se lança.
— Ne te fâche pas, mais Sophia et moi, nous croyons que le commandant n’a pas perdu la mémoire.
Coralie haussa les sourcils.
— Ce serait bien en effet, malheureusement, ce n’est pas le cas.
Elle leur tourna le dos pour rejoindre son bureau et se planter devant son ordinateur.
— Pourquoi nous fuis-tu, Coralie ? Tu ne nous fais pas confiance ?
Le téléphone sonna au bon moment. Ses collègues l’abandonnèrent à regret.
Esteban et Hugo arrivèrent rapidement à la clinique. Ils trouvèrent Cécilia Joly, en proie à une crise d’angoisse. Elle fut pourtant soulagée de les voir. Aussitôt, elle montra son sac. Hugo lui apporta. Elle le saisit et chercha à l’intérieur. Elle tendit un carnet rouge à Hugo. Il eut juste le temps de le mettre dans sa poche que la porte s’ouvrait à la volée.
— Cécilia ?
La jeune femme sursauta. Les policiers regardèrent le chirurgien sans faire un geste.
— Bonjour messieurs.
Il était accompagné d’une infirmière.
— Je ne voulais pas le croire quand on m’a dit que tu étais ici ma chérie !
— Je ne suis plus ta chérie. Je sais ce que tu m’as fait.
Il se tourna vers l’infirmière. Elle lui tendit une seringue.
— Si vous pouviez sortir messieurs.
Hugo et Esteban refusèrent de bouger.
— Nous venions chercher madame Joly, nous avons un mandat d’amener. Le procureur Claude Darcin désirait l’interroger et comme nous avons appris qu’elle était apte à nous parler et pouvait à répondre à nos questions, nous l’emmenions à son bureau. Pouvez- vous nous suivre, madame.
— Montrez-moi votre papier ? Je doute que ma patiente soit capable de faire quoi que ce soit, n’est-ce pas Cécilia ?
Il la tenait fermement par le bras et la fixait. Elle se mit à trembler et à balbutier qu’elle était d’accord pour partir avec les policiers.
— Tu n’es pas en état ma chérie.
Il se tourna vers Hugo et Esteban.
— Vous reviendrez, messieurs, ma compagne est avant tout une malade et elle doit se reposer.
Il fit signe à l’infirmière pour qu’elle l’aide à se recoucher dans son lit. Les deux hommes n’insistèrent pas. Esteban intercepta le regard affolé de Cécilia Joly qui l’enjoignait de ne pas la laisser.
Une fois dans le couloir, Hugo appela le procureur pour l’informer de la situation. Il décida qu’un policier serait de garde devant la porte et qu’elle ne pourrait pas sortir sans autorisation. Elle était un témoin.
Dans leur voiture, Hugo et Esteban n’étaient pas tranquilles. Le regard affolé de Cécilia Joly leur avait fait comprendre qu’elle avait peur de son compagnon.
— Partons d’ici, nous découvrirons ce qu’il y a dans le carnet au commissariat.
Juliette Tomys avait gardé ce que lui avait apporté son amie et l’avait mis dans un sac plastique. Elle décida de le porter à la police. Cette histoire allait trop loin, elle ne voulait pas avoir d’ennuis.
Elle avait mal dormi surtout que son chien ne cessait de grogner comme s’il sentait un danger rôder autour de sa maîtresse.
Elle se leva tôt, avala un café et sortit sa voiture. Son sac en plastique était au fond de sa besace. Elle n’était pas rassurée, surtout qu’elle voyait son voisin faire de même. Elle monta dans son véhicule sans le regarder et démarra en vitesse.
À l’accueil du commissariat, elle demanda à parler au commandant Faventiny. À sa grande surprise, il vint en personne, accompagné de ses deux acolytes.
— Vous avez retrouvé votre mémoire ?
Il se tourna vers Hugo, interrogatif. Celui-ci répondit à sa place.
— Non, il ne se souvient pas de vous, madame Tomys. Suivez-nous, vous avez quelque chose de plus à apporter à l’enquête ?
Une fois dans le bureau, elle saisit son sac et balança la poche plastique. Esteban l’ouvrit et recula d’un pas, écœuré.
— C’est pas beau à voir, je sais !
Hugo s’approcha à son tour. Il faillit vomir. Quand vint le tour de Daniel, Esteban le retint par le bras.
— Attendez commandant, vous allez être surpris !
Il se pencha et saisit ce qu’il restait de son visage. Il le souleva, le regarda sans aucune émotion.
— Il ressemble bien à celui qui m’avait séquestré. Où l’avez-vous trouvé ?
— C’est une amie qui fait le ménage à l’hôpital qui me l’a rapporté. Il était sous le bureau du chirurgien Frédéric Marteau.
Daniel Faventiny resta de marbre. Ses collègues admiraient sa maîtrise. Hugo était encore pâle à faire peur. Le commandant reprenait.
— Je n’ai pas retrouvé la mémoire. Rappelez-moi qui vous êtes ?
— Juliette Tomys, la voisine de Marteau. Je vous avais dit qu’un homme qui vous ressemblait était venu le soir du meurtre de sa compagne, enfin sa sœur jumelle. J’ai même cru que c’était vous, mais vous étiez plus grand.
Daniel hocha la tête.
— Quand ma copine m’a ramené ça, j’ai pensé que ça vous intéresserait. Mais si vous ne vous souvenez de rien, pfff !
Elle haussa les épaules et se laissa tomber sur une chaise.
— Je ne vous dis pas comme j’ai mal dormi. Mon chien n’arrêtait pas de grogner. J’avais la frousse comme si ce masque me mettait en danger.
— Nous allons l’analyser. Les traces d’ADN doivent être dessus. Nous allons enfin savoir qui voulait tant me ressembler.
Même si c’est la journée mondiale du sommeil 🥱😴, je ne vais pas m’endormir sur mes lauriers. La fin du thriller approche, je partage donc un nouveau chapitre. Non, non, on ne se recouche pas 😂
Chapitre 30
Daniel Faventiny accompagné de son malinois partit en promenade. L’animal l’entraîna à plusieurs kilomètres de chez lui. Le commandant avait emporté un sac à dos et avait prévenu qu’il sortait prendre l’air. Même s’ils étaient inquiets, ses parents ne firent aucune remarque. Daniel leur avait montré qu’il avait son portable. Il était donc joignable à tout moment.
Le colonel le regarda disparaître au bout de l’allée. Sa femme posa son menton sur son épaule et soupira.
— Tu sais ce que je crois Anne-Marie ? murmura Gérard Faventiny, c’est que notre fils a parfaitement recouvré la mémoire voire même qu’il ne l’a jamais perdue.
Son épouse se recula pour mieux le contempler.
— Il ne nous mettrait jamais dans le doute comme ça !
— Pour les besoins de l’enquête, si évidemment. J’aurais fait la même chose. Tu n’as pas remarqué comment il regarde Coralie ? Et surtout comment, elle, elle vit cette amnésie ? Elle ne semble pas inquiète du tout, pas malheureuse. Elle ne cherche pas à stimuler sa mémoire parce qu’elle sait que c’est inutile. Sois rassurée, ma chérie, ton fils a toute sa tête.
Anne-Marie soupira et se blottit à nouveau dans les bras de son mari.
— Je suis déçue qu’il ne nous fasse pas confiance.
— Ce n’est pas une question de confiance, c’est de la prudence tout simplement.
— Si tu es sûr de ça, alors tant mieux.
— Cette affaire doit être résolue, Anne-Marie.
Juliette Tomys buvait le café tranquillement, postée à son carreau. Elle regardait son voisin qui montait dans sa voiture comme chaque jour. Il partait à l’hôpital. Soudain, elle aperçut son amie Corinne Vitrail qui s’arrêtait devant chez elle. Lorsqu’elle descendit de son scooter, le médecin baissa la glace. Juliette entrebâilla sa fenêtre pour écouter. Corinne enlevait son casque quand elle se rendit compte que Frédéric Marteau la fixait. Surprise de le trouver là, elle s’approcha du véhicule.
— Bonjour Docteur. Vous habitez ici ?
— Il paraît. Et vous ?
Le ton froid et coupant employé la stoppa net dans son élan d’expliquer qui elle venait voir.
— Pas du tout, je fais d’autres ménages pour arrondir mes fins de mois. J’ai garé mon engin sur le trottoir, mais je crois que je me suis trompée d’adresse.
Elle fit mine de chercher sur son téléphone, remit son casque et enfourcha son scooter.
— C’est bien ce que je pensais ! Désolée, je suis déjà en retard. À bientôt docteur, bonne journée.
Elle démarra alors que Frédéric Marteau remontait sa glace, et s’en allait. Elle fit le tour du pâté de maisons, vérifia qu’il avait bien disparu et revint chez Juliette Tomys. Celle-ci vint à sa rencontre, ouvrit le portail et l’invita à mettre son scooter dans son garage.
— Il n’avait pas l’air de bon poil. Je pensais qu’il était déjà parti. C’est la première fois que je le croise ici.
Corinne entra à la suite de Juliette et posa son sac sur la table.
— Tu désires un café ?
Juliette lui en versait une tasse.
— Oui je veux bien. Quand tu me racontais tes histoires avec ta copine qui s’est fait assassiner, je ne voulais pas le croire qu’il pouvait être aussi bizarre. Mais comme je l’ai vu ce matin, je comprends mieux. Ce n’est pas le même homme.
— Qu’est-ce qui t’amène ? Tu ne viens jamais si tôt d’habitude, c’est pour ça d’ailleurs que tu l’as croisé.
— Il faut que je te parle d’un truc et tu me diras si ça a un lien avec ce que tu me racontais.
Frédéric Marteau entra dans son bureau après avoir salué ses collègues et sa secrétaire. Il avait mal dormi. Lorsqu’il était rentré chez lui la veille, il n’avait eu de cesse de penser qu’il avait oublié quelque chose d’important. Ses absences lui reprenaient. Le stress et l’alcool ne faisaient pas bon ménage avec son traitement et il avait forcé la dose de neuroleptiques pour pouvoir être au top avec Faventiny. Évidemment, il avait droit aux effets secondaires, surtout qu’il avait bu pour oublier sa défaite. Il devait avoir une sale tête parce que ses collègues l’avaient regardé bizarrement.
Il jeta un œil sur son agenda et laissa échapper un soupir de soulagement. Il avait devant lui une heure avant son premier rendez-vous.
Il se planta devant le miroir et tenta de se remémorer la scène d’hier. Il se revoyait arracher son visage. Il s’était déchiqueté. Qu’en avait-il fait ? Il vérifia sa poubelle et ne trouva rien. Il se baissa pour inspecter sous son bureau.
— Bordel ! la femme de ménage est passée.
Il repensa alors à Corinne devant chez sa voisine. Elle lui avait raconté une histoire à dormir debout, il en était certain. Une simple coïncidence ? Il n’y croyait pas. Il ne l’avait jamais vu dans son quartier. Elle avait paru surprise de le voir là et ne pas savoir qu’il y habitait. Ce soir, il irait questionner Juliette Tomys. Elle pourrait peut-être le renseigner, elle qui était toujours au courant de tout. Après tout, elle s’était peut-être vraiment trompée d’adresse.
Daniel reconnut immédiatement la maison où il avait été séquestré la première fois. Son chien à ses pieds, lui léchait les mains.
— Tu m’avais suivi jusqu’ici ?
Le regarde empli d’amour ne le lâchait pas. Daniel s’accroupit pour le caresser. Il entendit alors une voiture stopper devant la bâtisse. Il se baissa davantage pour ne pas être aperçu. Deux hommes qu’il connaissaient bien descendirent du véhicule : Karl et Richard.
Ils entrèrent dans la maison. Daniel hésita. Il remarqua un voisin sans doute, qui venait dans sa direction. Il allait emprunter le même sentier que lui certainement. Daniel fit mine de refaire son lacet et se leva quand il arriva face à lui. Hubert ne broncha pas. Ils se firent un signe de tête. L’inconnu chaussé de bottines de randonnées et d’un bâton de marche le dépassa lorsque Daniel l’interpella.
— Excusez-moi monsieur ?
Il s’arrêta et se tourna vers lui. Il mit sa main à son chapeau pour le saluer. Daniel reprit :
— J’ai certainement dû me tromper. Cette maison est bien à vendre ? Je ne la pensais pas si éloignée de tout.
L’homme répondit :
— Ce serait bien si elle changeait de propriétaire, le médecin qui l’occupe est spécial comme les personnes qui viennent chez lui. C’est pas que je veux faire ma mauvaise langue, il peut recevoir n’importe qui vu qu’il est docteur. À mon avis, c’est des zinzins de la tête ! Alors, si la baraque est à vendre, je serais bien content et croyez-moi, il n’ y aura pas que moi. Le quartier est sympa et la boulangerie n’est pas loin.
Heureux de bavarder, Daniel ne parvenait pas à en placer une. Il réussit quand même à l’interroger de nouveau.
— Vous connaissez peut-être le nom du propriétaire ?
— Pour sûr ! C’est le chirurgien de la plastique, Marteau qu’il s’appelle. Je ne lui ferais pas confiance avec un nom pareil, enfin moi ce que j’en dis, mais je bavarde, je bavarde, je n’arriverais jamais à faire mon nombre de pas. Bien le bonjour, monsieur, et bonne chance pour votre recherche.
Pourquoi cette question ? Millie a montré son cahier d’écrivain à MaLou, oui c’est comme ça qu’il s’appelle son cahier de production d’écrits.
Millie a dû y répondre, dire pourquoi et ce qu’elle imaginerait là-bas.
MaLou feuillette et parcourt les mots de Millie et en oublie de répondre à la question. Elle est rapidement rappelée à l’ordre.
— C’est vrai que t’es jamais montée en avion, alors une fusée !
Éclats de rire des deux protagonistes.
— Oui imagine un peu la trouille que j’aurais.
— D’accord, mais fais comme si tu y allais.
MaLou imagine le paysage lunaire qui ne l’inspire pas du tout. Millie reprend :
— Tu pourrais en écrire des choses.
— Ah oui ? Avec ma combinaison de cosmonaute et mon crayon qui s’envolerait dans l’univers ?
MaLou imagine la scène et se met à rire aussitôt imitée par Millie.
— Ce serait trop drôle !
— Pauvre crayon perdu à jamais. Il tournerait en rond sans jamais plus pouvoir écrire un mot. Franchement Millie, même avec beaucoup d’imagination, je n’arrive pas à me projeter aussi loin.
— Ce serait extraordinaire quand même ! Surtout quand on reviendra et qu’on racontera tout ce qu’on a vu.
Millie en parle comme d’un voyage tout à fait normal en voiture ou en train, en avion ou en bateau.
— Après tout, ce n’est qu’une fusée.
— C’est vrai ça ! Pense un peu, il n’y aurait pas d’embouteillage là-haut.
— Je verrais les étoiles de près, peut-être que je pourrais en décrocher une.
— Alors là, je ne sais pas trop, je crois que plus on s’approche, plus elles s’éloignent.
— Si tu ne viens pas, je te verrais d’en haut, tu serais toute petite.
— Pour le coup, oui, je serai minuscule, peut-être que tu ne me reconnaitras même pas. Tu sais quoi ? Je crois que ce qui me plairait bien sur la lune, c’est qu’on ne pèse pas lourd et qu’on marche en sautant.
— Tu crois qu’on pourrait se donner la main ?
— Bien sûr, mais avec nos combinaisons, ce ne serait pas trop pratique.
— Tu saurais la conduire toi, la fusée ?
— Heu… Déjà que je me perds quand les panneaux changent de place alors…
Je ne sais pas si tu as remarqué, je suis fan des émojis 😉.
Je sais, parmi vous, il y en a certainement qui déteste ça. Je suis d’accord, parfois, ils ne reflètent pas vraiment le sentiment que je veux faire passer 😁. Par exemple, tu comprends quoi avec celui-là ? 😁. Tout simplement, le sourire forcé, tu sais celui qu’on te demande de faire sur la photo 😂. Par contre celui-là, c’est un véritable éclat de rire.
Tu as les émojis qui reflètent les sentiments et que j’emploie souvent pour faire passer un message. Je les décrypte avec toi pour qu’on soit bien d’accord.
🙂 le sourire.
😉 le clin d’oeil (je l’aime bien celui-là, c’est d’ailleurs lui qui te salue tous les jours).
🥴 Je l’utilise quand je n’ai pas compris un truc, que c’est compliqué, que j’ai fait une bêtise (😂) qu’il m’est arrivé quelque chose. C’est un peu dans les dessins animés, quand tu t’es pris une porte 😂, tu vois l’image ?
😏 Il veut dire, bof, moyen, clin d’œil en te disant Ouais.
🙄Quand ça ne va pas, que je ne comprends pas, que je ne suis pas d’accord. Imagine, tu lèves les yeux au ciel en soupirant.
😤 Colère. Ils apparaissent dans mes billets d’humeur ou dans mes coups de gueule.
😱Oh la la, c’est la panique.
🤗 Félicitations, bravo (pas trop difficile 😃).
😌 Triste.
😣 Pas content.
Passons maintenant aux évènement exceptionnels 😉.
💐 C’est le printemps, je t’offre un bouquet. Je peux aussi le faire pour un anniversaire.
💖Quand je te souhaite une bonne journée et plein de belles choses positives. Je ne te dis pas que tu as tout mon amour quand même 😂 faut pas rêver non plus 😁.
Ensuite, tu as ceux qui parlent d’eux-mêmes suivant le sujet : ☂🌹🌼🎶🌞🐕🦺.
Je te rappelle les consignes de cet agenda ironique concocté par Moi 😏.
L’histoire se passera dans un champ avec des fleurs, des plantes, des mauvaises herbes mais vous choisirez celles qui piquent, qui grattent, qui puent, qui dévorent ceux qui s’approchent trop près, à vous les chardons, les orties, les plantes carnivores, et celles qui n’existent pas encore, mais que vous allez inventer au gré de votre fantaisie. Je ne vous impose qu’une fleurLE PISSENLIT et vous en ferez ce que vous voulez. Ah j’oubliais, il aura une valise, il adore voyager.
Pensez à mettre une pendule, un réveil, une horloge, c’est vous qui décidez du moment que ça donne l’heure.
Vous avez le choix d’écrire en vers, en prose, un récit, un poème, un dialogue, pas un roman de 500 pages hein, une suffira amplement.
Dans tous les cas, amusez-vous et glissez-moi les mots graine, sauvage et corolle.
Voici ma participation :
Le rêve du pissenlit
Monsieur Pissenlit en avait ras le bol de tous ces sauvages qui l’arrachaient à la terre sans lui demander son avis. Et puis quelle idée de lui souffler dessus, il allait finir par s’enrhumer et ça ce n’était pas envisageable.
Il saisit sa toute petite valise et se glissa dans sa corolle jaune. C’était son plus bel habit de soirée et pour lui plaire, il devait le revêtir. Il venait juste de se transformer et ses graines se disséminaient un peu partout, mais foi de pissenlit, il n’en avait que faire de Dame Nature, il renfila en vitesse ses pétales dorés.
Monsieur Pissenlit était amoureux et dans le champ d’herbes folles où il habitait, ELLE ne risquait pas de le voir. Il était bien trop petit, caché par les laiterons qui lui ressemblaient, mais qui n’étaient pas de sa famille, du moins il l’espérait, parce qu’ils piquaient quand on les touchait. Il le savait bien, lui qui s’y frottait régulièrement à cause du vent qui lui balançait de ces rafales.
Les colchiques, certes jolis lui avaient donné la colique, quels poisons ! Ils n’arrêtaient pas de lui faire les yeux doux quand il avait son beau costume, mais dès sa transformation, exit le pissenlit. Ah ! ils pouvaient faire les fiers dans les pelouses ! Pourtant lui aussi avait son heure de gloire avec son jaune dispersé aux quatre coins des prairies. ELLE ne se risquerait pas à les ramasser ceux-là !
Allez courage, il devait la rejoindre. Rien qu’à regarder le pré de chardons à traverser, il en avait le tournis. Sa montre gousset ne donnait plus l’heure depuis le jour où les gens avaient décidé de l’avancer ou la reculer selon les saisons (in petto, il pensait que de toute façon, lui, il poursuivait son cycle de vie, une heure en plus ou en moins n’y changeait rien), mais il n’en avait pas besoin. C’était à peu de chose près son heure pour faire sa cueillette, il n’y avait qu’à contempler le ciel.
Il rêvait à elle depuis l’instant où il avait découvert qu’il pouvait faire avec elle un excellent smoothie. Détox qu’ils l’appelaient cette boisson…
Il l’avait aperçue au détour d’une fenêtre, elle était posée dans un compotier et le narguait avec sa superbe teinte orangée. C’est avec elle qu’il devait se mélanger.
Il devait à tout prix être sur sa route quand ELLE passerait avec son panier. ELLE, c’était la femme qui concoctait des mixtures avec les plantes. Les mauvaises langues racontaient qu’elle était sorcière, lui, il n’y croyait pas du tout. Rien qu’à l’idée d’être malaxée avec sa belle, il sentait une douce chaleur l’envahir. Le pissenlit et l’orange, quel magnifique mariage de couleurs et de vitamines.
La voilà ! Elle balançait allégrement sa panière en osier, sa jupe fleurie voletait et ses cheveux attachés en un chignon décoiffé n’en faisaient qu’à leur tête.
— Tu es bien joli toi !
Paniqué un peu quand même, il sentit qu’il s’élevait dans les airs puis posé délicatement dans le fond de la corbeille… à côté d’autres comme lui.
Il avait complètement oublié qu’il était tout petit et qu’il allait devoir partager son orange. Mais quelle surprise, elles aussi étaient plusieurs ! Soupirant d’aise, il se laissa bercer par le doux mouvement du cabas qui se balançait au rythme des pas de la dame.
Je remercie déjà les participants qui ont répondu présent et qui m’ont agréablement surprise avec leurs histoires toutes aussi jolies les unes que les autres, toutes différentes et c’est ça qui est magnifique, toutes émouvantes.
Allez donc les découvrir, vous aurez déjà une petite idée 😉
Quelle est cette étrange chose ramenée de dessous le bureau…
Chapitre 29
Est-il vraiment amnésique ?
Il tournait en rond comme un lion dans sa cage. Il l’avait eu en face de lui ; son plan machiavélique devait fonctionner et voilà qu’il avait tout oublié. Tout ça pour rien ?
Il pouvait le remplacer comme il voulait, ce con s’en ficherait bien maintenant. Il n’avait même pas réagi quand il lui avait raconté que Marteau avait été l’amant de sa femme. Il n’avait pas tiqué lorsqu’il lui avait désigné Sophia Clarky comme étant sa femme. Karl le surveillait pendant ses examens médicaux et il avait bien fait son rapport, Faventiny n’avait reconnu ni Coralie ni son collègue.
Il était pourtant certain qu’il n’avait pas abusé des médocs, mais Faventiny les avait mal supportés. Comment savoir quand il allait retrouver la mémoire ? L’histoire devenait trop dangereuse pour lui. Ce qui, au départ, n’était qu’un jeu, devenait un fiasco. Il désirait se rendre compte s’il était possible de changer de visage, une expérience oui c’est ça, une expérience, c’est toujours ce qu’il pourrait raconter s’il était démasqué ce qui en soi était parfaitement improbable.
Et Coralie ? Finalement, Joseph avait raison. Il poursuivait une chimère. Jamais, elle ne tomberait amoureuse de lui, même avec la tête de son mari. Quel imbécile !
Il se regarda dans la glace. Il avait vraiment bien travaillé, chaque trait représentait le commandant. Il s’approcha un peu plus et toucha son visage sur le miroir. Il en fit le contour.
— Je suis beau Faventiny ! Je te ressemble ! Mais je ne suis pas toi, même si j’y ai cru. J’aurais tant souhaité qu’on m’aime ! Ce n’était qu’un rêve ! j’espérais réussir cette opération, je ne te voulais pas de mal Daniel, juste être toi quelques instants, quelques heures, quelques semaines, quelques mois. Rien ne devait se dérouler comme ça. Je vous offrais à tous les deux cette maison pour vous espionner et imaginer être toi. Quand vous étiez absents, je comptais passer de pièce en pièce et faire comme si… Mais je me suis pris au jeu et j’ai tout foutu en l’air. D’abord, ce cadavre dérobé était une très mauvaise idée. Puis te kidnapper pour te parler face à face. Je voulais jouer, devenir toi, et j’y ai cru. Coralie ne m’avait pas reconnu et j’ai pu lui voler un baiser. J’en ressens encore le goût sur mes lèvres. Mais tout a foiré parce que tu as pris ce chien qui lui, n’a pas été berné. Il m’a complètement déstabilisé. J’en ai toujours eu peur depuis que j’ai eu une jambe déchiquetée. Joseph que je connaissais depuis mon adolescence m’avait prévenu. On s’est engueulé plusieurs fois et finalement j’ai été obligé de le supprimer. Pauvre gosse qui n’a plus son père. Quel abruti ! Je ne suis pas un assassin. D’accord, les personnes trop curieuses, je les élimine, elles sont gênantes et je n’aime pas ceux qui m’embarrassent. Je ne fais rien de mal, je détruis ce qui n’a plus lieu d’être.
Il colla sa joue sur le miroir glacé et laissa ses larmes couler. Il commença à se cogner le front de plus en plus fort. Il se mit à saigner. Il se regarda et arracha son visage qui partit en lambeaux. Des années de travail pour rien ! Sa plus belle réussite au panier.
— Adieu Faventiny ! Tu as gagné, j’abandonne.
Il ouvrit son tiroir et contempla le pistolet qui y sommeillait à côté d’une alliance. Celle de Faventiny. Une fabrication d’exception quand il y repensait. Il le referma. Il lui avait dérobé pendant qu’il dormait. Il savait qu’il la gardait dans sa poche. Cet imbécile ne risquait pas de s’en apercevoir.
Quelqu’un frappa. Il se regarda une dernière fois dans le miroir, poussa du pied sous son bureau les restes du visage du commandant et cria :
— Entrez !
Une jeune femme passa la tête à la porte. Surprise, elle demanda :
— Vous allez bien docteur ? Votre premier rendez-vous est arrivé, je vous laisse son dossier.
Seuls Esteban, Hugo et Coralie savaient que Daniel jouait la comédie. Il n’avait pas voulu mettre dans la confidence ses parents. Il connaissait trop sa mère qui ne pourrait s’empêcher de le serrer trop dans ses bras ou de faire une gaffe. Quant à son père, il préférait le tenir à l’écart.
La vie était difficile. Le Commandant sans cesse sur le qui-vive gérait la situation assez bien. Ce qui n’était pas le cas du colonel et de sa femme. Il ne pouvait pas retourner travailler. Il ne pouvait pas embrasser sa femme. Il ne dormait pas avec elle, il craignait d’être surveillé. Il avait parfaitement reconnu Karl à l’hôpital. Aussi, ses collègues bossaient en sous-marin au bureau. Faventiny passait beaucoup de temps avec son chien pendant que Coralie était à l’institut médico-légal.
Hugo et Esteban n’avaient pas parlé du carnet à leur supérieur. Ils venaient d’apprendre que Cécilia Joly allait beaucoup mieux et qu’elle pourrait bientôt partir en maison de convalescence. Ils se rendirent à la clinique où elle était installée.
Elle les reçut assise dans son lit.
— Le commandant Faventiny ne vous a pas accompagné ? s’enquit-elle aussitôt.
— Il a un problème de santé et se repose, répondit Hugo.
Elle fronça les sourcils.
— J’ai entendu les infirmières qui discutaient entre elles. Saviez-vous que le docteur Marteau faisait aussi des visites ici ? Heureusement qu’il n’a pas découvert que j’étais là.
Les deux policiers se concertèrent du regard.
— Il pense que vous êtes morte. Vous sortez bientôt, vous ne risquez plus rien.
— Je voulais parler à votre commandant. Serait-il possible qu’il vienne me voir ?
— Si Frédéric Marteau se déplace ici, ce n’est pas souhaitable. Nous avons une question à vous poser. Votre voisine nous a dit que vous possédiez un carnet et…
Cécilia Joly s’agita dans son lit.
— Elle est trop bavarde.
— Au contraire, elle nous est d’un grand secours. Vous êtes protégée et…
— Bien sûr que non, je ne le suis pas, puisque que mon ex vient ici. Depuis que je l’ai appris, je ne dors plus. Je sais qui est le double de votre commandant.
Une infirmière entra à ce moment les invitant à sortir. Hugo et Esteban voulurent attendre dans le couloir, mais elle leur fit comprendre qu’ils devraient revenir plus tard. Exaspérés, ils s’inclinèrent.
— Je peux nettoyer votre bureau, docteur ?
La femme de service avec son chariot l’interrogeait du regard.
— Faites… Corinne, lisant son prénom sur le badge accroché à sa blouse, je rentre chez moi.
Il saisit son ordinateur, salua l’équipe de nuit dans la salle de repos en leur souhaitant bon courage.
Comme d’habitude, elle épousseta les surfaces, vida la poubelle et armée de son balai à plat, commença à laver le sol en faisant des huit. Lorsqu’elle passa sous le bureau, elle ramena une étrange chose.
Je crois qu’un jour je vais me perdre dans mes histoires 😂 et ce serait rigolo. Imagine un peu que mon thriller pique les personnages de Marie-Sophie et vice-versa ? 😂.
J’ai hésité aujourd’hui à publier … Le thriller ? Marie-Sophie ? Plouf plouf 😂.
Qui c’est qui à gagné ?
Archibald et Mélusine n’avaient pas manqué de me demander comment avait réagi Morgan. Nous étions tous les trois affalés dans le canapé du salon. Enzo était couché. J’avais tenté de minimiser la situation, mais Archibald ne cessait de m’interroger.
— Comment t’en es-tu sorti hein ? Tu as expliqué que tu ne voulais pas emménager avec lui parce que tu préférais ton indépendance ou plutôt parce que tu avais la trouille ? Et pour le bébé, qu’as-tu dit ?
Il ne me laissait pas en placer une et il continuait sur sa lancée.
— Évidemment qu’il l’a mal pris ! une nouvelle pareille ! Tu sais ce que je crois ? C’est qu’il ne retrouvera la mémoire que lorsque votre histoire à tous les deux sera réglée.
Je regardais Mélusine qui tentait de calmer notre ami.
— Tu exagères Archi ! Et qu’entends-tu pas régler leur histoire ?
— Non, mais regardez-vous toutes les deux ! Vous ne vous rendez pas compte comment vous pouvez mettre les hommes malheureux. Toi (il désigna Mélusine), tu as François qui se meurt d’amour pour toi et il n’y a vraiment que toi pour ne pas t’en apercevoir et toi, il me montra du doigt, tu as Gabriel qui te tourne autour et qui est même venu te rejoindre puis Morgan qui est fou de toi depuis longtemps et tu le laisses mijoter. Vous ne valez pas mieux l’une que l’autre.
— Oh, ça va, tu n’es pas mal non plus, réagissons-nous en même temps. Le célibataire endurci qui…
Il nous coupa brutalement.
— Peut-être que celle que j’aime n’a toujours rien compris ou n’est pas faite pour moi.
Nous le dévisageons, incrédules. Mélusine tenta une question :
— Mais, tu ne nous as jamais rien dit qui laissait présager que tu pensais à quelqu’un.
Il haussa les épaules et répondit :
— Ce n’est pas le sujet.
Nous restâmes silencieux. Nous étions pourtant très liés tous les trois et jamais nous n’avions senti qu’il aimait une jeune femme. Quelle amie étais-je donc ?
Mélusine s’approcha de lui, mais il se rebiffa aussitôt.
— Laisse tomber !
Puis il me regarda et dit :
— Que comptes-tu faire ? Fuir encore une fois ? D’ailleurs, tu ne nous as jamais raconté pourquoi tu étais partie et que tu avais atterri ici.
C’était vrai et ils ne m’avaient jamais posé de questions. Apparemment, c’était le jour des confidences, mais comment avouer ça ! Archibald insista.
— Alors ? Si ça trouve c’est pour ça que tu n’arrives pas à te lancer dans une histoire avec Morgan. Quelque chose bloque quelque part, j’en suis certain.
Il se leva et proposa de nous faire une infusion.
— Réfléchis pendant ce temps-là.
Nous le suivîmes à la cuisine et pendant qu’il remplissait la bouilloire et qu’il nous tournait le dos, je racontais.
— Je crois que Gabriel ne me laissait pas indifférente, mais une jeune femme avec un gamin a débarqué chez lui, j’ai pensé que c’était son fils et je me suis enfuie.
Mélusine manqua s’étrangler alors qu’Archibald jetait des feuilles de tilleul dans la théière. Aucun des deux ne pipèrent mot. Il installa trois mugs sur un plateau et emmena le tout au salon où nous le suivîmes en silence.
Il murmura :
— J’imagine que tu ne sais toujours pas qui est cette femme ? Tu ne lui as jamais posé la question ?
Je ne répondis pas.
— Tu vois Marie-Sophie, si tu n’avais pas fui comme tu en as l’habitude, tu aurais appris que cette inconnue était sa sœur et que le gamin son neveu. Charles le savait, mais il n’a pas eu le temps de te le dire, le lendemain tu étais partie. Imagine un peu si tu étais restée, peut-être que vous seriez un couple avec Gabriel et que Mélusine n’aurait jamais eu l’idée de lui demander d’être le père d’Enzo. Encore un qui a eu le cœur brisé à cause de toi.
— Tu étais amoureuse de lui ? murmura Mélusine, si j’avais su ça…
Elle s’interrompit et se versa l’infusion.
— Sa sœur ?
Je bloquai sur la révélation.
— Eh oui ma grande ! ça change quelque chose aujourd’hui ?
Archibald me regarda et soupira.
— Finalement, il vaut mieux que Morgan ne se souvienne pas de toi, il serait trop malheureux.
Il se servit une tasse de tilleul.
— Je vais me coucher, je me lève tôt demain. Bonne nuit les filles !
Mélusine sirotait son infusion les yeux dans le vague. Je ne savais plus quoi dire. Pourquoi avais-je l’impression d’avoir tout gâché ?
— Tu es amoureuse de Gabriel, Mélusine ?
Sa réponse fusa aussitôt.
— Jamais, je n’ai eu de sentiments pour lui. Mais toi si ! Je m’en veux, tu ne peux pas savoir à quel point.
Je détestais les triangles amoureux dans les romans, c’était trop compliqué. Ironie du sort, je me trouvais en plein dedans. Entre l’un qui avait demandé sa mutation pour se rapprocher de moi et l’autre qui ne se souvenait pas de moi, j’étais bien ! Pour couronner le tout, j’attendais un bébé du deuxième.
Je regardais Mélusine et lui dit :
— Tu sais quoi ? Laissons le temps faire son œuvre. Les examens d’aujourd’hui ont révélé que tout allait bien alors je vais profiter de ma grossesse. Et puis ne t’en fais pas, ce qui est passé appartient au passé. Bonne nuit Mélusine.
Je l’embrassais et regagnais ma chambre. Postée à ma fenêtre, je remarquai que la lumière brillait encore chez Morgan.
Faventiny a perdu la mémoire ! il ne manquait plus que ça !
Chapitre 28
Hubert, le malinois, grimpa à toute vitesse l’escalier et se planta devant la porte du bureau. Il gémit, se mit debout, et comme personne ne lui répondait, il aboya de plus en plus fort, grattant de toutes ses forces contre le battant.
Coralie appela son chien. Il descendit à toute allure et remonta aussitôt tout en se retournant, pour l’inviter à la suivre.
Le colonel Gérard Faventiny se pointa en bas des marches.
— Qu’est-ce qu’il a ?
— On dirait qu’il veut me montrer quelque chose.
— Suivons-le alors.
Il lui emboita le pas. Le chien, heureux qu’ils aient enfin compris, les emmena devant le bureau au 2e étage et recommença son manège.
Coralie lui ouvrit la porte. Il y entra en trombe et gratta le fond de la bibliothèque.
— Ton maître est derrière ?
Elle appela son mari de plus en plus fort.
— Mais qu’est-ce que tu fais Coralie ?
— Il y a une autre pièce, mais je ne sais pas comment y aller, Hubert doit sentir Daniel.
— Mais qu’est-ce que tu racontes ?
Coralie saisit son téléphone et appela Esteban. Elle lui expliqua la situation, puis dit à son beau-père après avoir raccroché :
— J’y suis entrée avec le double de Daniel croyant que c’était lui. Il doit avoir une télécommande, j’ai eu beau chercher ici dans les étagères, je n’ai pas pu retrouver le mécanisme.
— Laisse-moi faire.
Gérard se colla contre les étagères, passa ses mains doucement et soudain le mur bascula.
Le chien le bouscula et entra dans la pièce.
— Vous êtes merveilleux Gérard.
Ils le suivirent ensemble et ne virent personne. Hubert gémissait et posait son museau sur le fauteuil face au bureau.
— Il était là, j’en suis certaine, regardez son chien.
Le colonel chercha un indice qui pourrait l’aiguiller, mais ne trouva rien. Ils entendirent une cavalcade dans l’escalier et les deux collègues de Daniel apparurent dans l’encadrement de la porte.
— Vous avez réussi à l’ouvrir ?
— C’est mon beau-père ! Voyez Hubert, Daniel devait être ici, j’en suis sûre.
— C’est une histoire de fous. Si près de nous et nous n’avons rien remarqué.
Coralie s’approcha de la fenêtre.
— S’il était là, il a dû forcément nous laisser quelque chose. Cherche mon chien.
Hubert posa son museau sur le bureau. Un verre le narguait.
— N’y touchez pas, dit Esteban, faisons-le analyser, nous saurons si le commandant était ici.
— Faventiny ? Réveillez-vous !
Daniel ouvrit les yeux d’un coup. Il se trouvait face à Frédéric Marteau. Seul.
— Je vais prévenir Coralie, elle doit être morte d’inquiétude. Quelqu’un m’a appelé et m’a demandé de venir vous chercher dans une voiture. J’ai cru à une blague, mais quand la personne m’a dit de ne pas alerter la police, je n’ai pas réfléchi plus loin.
Le commandant ne répondit pas, l’esprit encore embrumé.
— Je vais vous examiner avant de prévenir votre femme. Si je devais vous garder ici, je ne voudrais pas lui faire de fausse joie.
— Qui êtes-vous ?
Le chirurgien surpris, l’interrogea.
— Frédéric Marteau.
Daniel se leva brusquement et se pencha vers lui, attrapant le col de sa blouse blanche.
— L’autre taré m’a appris que vous aviez été l’amant de ma femme. C’est vrai ?
— Qui ? Mais de quoi parlez-vous ?
— J’ai perdu la mémoire, mais je me souviens de ce que mon double m’a raconté. D’ailleurs où est-il ?
— Mais qui ? Je ne comprends rien à ce que vous dites. Vous êtes amnésique ? Depuis quand ?
— En voilà une bonne question ! Je viens de vous informer que j’ai perdu la mémoire et triple buse, vous me demandez depuis quand ? Vous avez fait l’école du rire ou celle de la médecine ?
Marteau ne releva pas l’allusion et lui apprit qu’il s’appelait Daniel Faventiny et qu’il était commandant à la brigade criminelle.
— Coralie est votre femme. Nous étions effectivement amis de fac, mais nous n’avons jamais été amants. Vous avez vu ma tête ?
Daniel ne répondit pas. Il reprit :
— Vous étiez donc avec votre double ? C’est lui qui vous avait séquestré ?
— Séquestré ?
— Oui, vous avez été enlevé. Votre famille et vos collègues vous cherchent partout. Ils vont être heureux de vous retrouver. Je vais quand même vous faire passer un scanner et j’appelle votre femme.
L’infirmier qui emmenait Daniel était Karl, l’un deux sbires qu’il avait rencontrés. Alors qu’il poussait le fauteuil roulant dans le couloir, ils se trouvèrent nez à nez avec Esteban et Coralie.
— Daniel ?
— Commandant ? Comment vous sentez-vous ?
Esteban regarda mieux le soignant. Il était certain de l’avoir déjà vu. Il leur demandait d’ailleurs de les laisser avancer. Ils se reculèrent.
Frédéric Marteau ouvrit la porte de son bureau à ce moment.
— Ne t’inquiète pas Coralie, ton mari va passer un scanner. J’aurais les résultats rapidement et si tout va bien, il repartira avec vous.
— Vous pouvez m’expliquer qui est le type avec le commandant ?
Esteban venait de se souvenir que l’homme était un repris de justice qu’il avait vu en compagnie du chirurgien et qu’il avait pris en photo.
— Un infirmier sans doute. Pourquoi ?
Esteban ne répondit pas et Coralie en profita pour interroger son ancien copain de fac.
— Raconte-moi ! Comment est-il arrivé ici.
Marteau répéta ce qu’il avait appris au commandant.
— Il a perdu la mémoire, c’est pour ça qu’il passe cet examen. Apparemment, il était avec son double. Il ne vous reste plus qu’à attendre.
Daniel revint une heure plus tard avec les résultats qu’il tendit au chirurgien.
— Tout m’a l’air parfait. Je vous laisse rentrer chez vous, mais vous devrez vous faire suivre. Je vous donne l’adresse d’un confrère.
Coralie saisit la main de son mari. Il la retira. Marteau qui avait vu le geste, tenta de réconforter son amie.
— Il ne se souvient pas de toi.
Daniel prit la parole.
— L’autre débile m’a montré une femme qui était la mienne quand j’étais dans le bureau. Ce n’était pas vous. En fait, vous pouvez me raconter n’importe quoi.
— Quel bureau ? demanda Coralie.
— Il paraît que c’est chez moi.
— Hubert l’avait bien senti. Tu étais là.
— Qui est Hubert ?
— Ton chien !
— Alors comme ça vous êtes ma femme ? Bella !
Coralie le regarda. Leurs yeux se trouvèrent et ne se lâchèrent pas pendant deux secondes. Il baissa la tête le premier.
— Je ne vous retiens pas plus longtemps.
Daniel suivit sa femme et son collègue. Ils montèrent dans la voiture. Le portable de Coralie était resté sur le siège passager. Il s’en empara et écrivit :
Il veut jouer ? On va jouer ! et je vais gagner !
Le message lu par Coralie et Esteban, il l’effaça.