Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Quelle est cette étrange chose ramenée de dessous le bureau…

Chapitre 29

Est-il vraiment amnésique ?

Il tournait en rond comme un lion dans sa cage. Il l’avait eu en face de lui ; son plan machiavélique devait fonctionner et voilà qu’il avait tout oublié. Tout ça pour rien ?

Il pouvait le remplacer comme il voulait, ce con s’en ficherait bien maintenant. Il n’avait même pas réagi quand il lui avait raconté que Marteau avait été l’amant de sa femme. Il n’avait pas tiqué lorsqu’il lui avait désigné Sophia Clarky comme étant sa femme. Karl le surveillait pendant ses examens médicaux et il avait bien fait son rapport, Faventiny n’avait reconnu ni Coralie ni son collègue.

Il était pourtant certain qu’il n’avait pas abusé des médocs, mais Faventiny les avait mal supportés. Comment savoir quand il allait retrouver la mémoire ? L’histoire devenait trop dangereuse pour lui. Ce qui, au départ, n’était qu’un jeu, devenait un fiasco. Il désirait se rendre compte s’il était possible de changer de visage, une expérience oui c’est ça, une expérience, c’est toujours ce qu’il pourrait raconter s’il était démasqué ce qui en soi était parfaitement improbable.

Et Coralie ? Finalement, Joseph avait raison. Il poursuivait une chimère. Jamais, elle ne tomberait amoureuse de lui, même avec la tête de son mari. Quel imbécile !

Il se regarda dans la glace. Il avait vraiment bien travaillé, chaque trait représentait le commandant. Il s’approcha un peu plus et toucha son visage sur le miroir. Il en fit le contour.

— Je suis beau Faventiny ! Je te ressemble ! Mais je ne suis pas toi, même si j’y ai cru. J’aurais tant souhaité qu’on m’aime ! Ce n’était qu’un rêve ! j’espérais réussir cette opération, je ne te voulais pas de mal Daniel, juste être toi quelques instants, quelques heures, quelques semaines, quelques mois. Rien ne devait se dérouler comme ça. Je vous offrais à tous les deux cette maison pour vous espionner et imaginer être toi. Quand vous étiez absents, je comptais passer de pièce en pièce et faire comme si… Mais je me suis pris au jeu et j’ai tout foutu en l’air. D’abord, ce cadavre dérobé était une très mauvaise idée. Puis te kidnapper pour te parler face à face. Je voulais jouer, devenir toi, et j’y ai cru. Coralie ne m’avait pas reconnu et j’ai pu lui voler un baiser. J’en ressens encore le goût sur mes lèvres. Mais tout a foiré parce que tu as pris ce chien qui lui, n’a pas été berné. Il m’a complètement déstabilisé. J’en ai toujours eu peur depuis que j’ai eu une jambe déchiquetée. Joseph que je connaissais depuis mon adolescence m’avait prévenu. On s’est engueulé plusieurs fois et finalement j’ai été obligé de le supprimer. Pauvre gosse qui n’a plus son père. Quel abruti ! Je ne suis pas un assassin. D’accord, les personnes trop curieuses, je les élimine, elles sont gênantes et je n’aime pas ceux qui m’embarrassent. Je ne fais rien de mal, je détruis ce qui n’a plus lieu d’être.

Il colla sa joue sur le miroir glacé et laissa ses larmes couler. Il commença à se cogner le front de plus en plus fort. Il se mit à saigner. Il se regarda et arracha son visage qui partit en lambeaux. Des années de travail pour rien ! Sa plus belle réussite au panier.

— Adieu Faventiny ! Tu as gagné, j’abandonne.

Il ouvrit son tiroir et contempla le pistolet qui y sommeillait à côté d’une alliance. Celle de Faventiny. Une fabrication d’exception quand il y repensait. Il le referma. Il lui avait dérobé pendant qu’il dormait. Il savait qu’il la gardait dans sa poche. Cet imbécile ne risquait pas de s’en apercevoir.

Quelqu’un frappa. Il se regarda une dernière fois dans le miroir, poussa du pied sous son bureau les restes du visage du commandant et cria :

— Entrez !

Une jeune femme passa la tête à la porte. Surprise, elle demanda :

— Vous allez bien docteur ? Votre premier rendez-vous est arrivé, je vous laisse son dossier.

Seuls Esteban, Hugo et Coralie savaient que Daniel jouait la comédie. Il n’avait pas voulu mettre dans la confidence ses parents. Il connaissait trop sa mère qui ne pourrait s’empêcher de le serrer trop dans ses bras ou de faire une gaffe. Quant à son père, il préférait le tenir à l’écart.

La vie était difficile. Le Commandant sans cesse sur le qui-vive gérait la situation assez bien. Ce qui n’était pas le cas du colonel et de sa femme. Il ne pouvait pas retourner travailler. Il ne pouvait pas embrasser sa femme. Il ne dormait pas avec elle, il craignait d’être surveillé. Il avait parfaitement reconnu Karl à l’hôpital. Aussi, ses collègues bossaient en sous-marin au bureau. Faventiny passait beaucoup de temps avec son chien pendant que Coralie était à l’institut médico-légal.

Hugo et Esteban n’avaient pas parlé du carnet à leur supérieur. Ils venaient d’apprendre que Cécilia Joly allait beaucoup mieux et qu’elle pourrait bientôt partir en maison de convalescence. Ils se rendirent à la clinique où elle était installée.

Elle les reçut assise dans son lit.

— Le commandant Faventiny ne vous a pas accompagné ? s’enquit-elle aussitôt.

— Il a un problème de santé et se repose, répondit Hugo.

Elle fronça les sourcils.

— J’ai entendu les infirmières qui discutaient entre elles. Saviez-vous que le docteur Marteau faisait aussi des visites ici ? Heureusement qu’il n’a pas découvert que j’étais là.

Les deux policiers se concertèrent du regard.

— Il pense que vous êtes morte. Vous sortez bientôt, vous ne risquez plus rien.

— Je voulais parler à votre commandant. Serait-il possible qu’il vienne me voir ?

— Si Frédéric Marteau se déplace ici, ce n’est pas souhaitable. Nous avons une question à vous poser. Votre voisine nous a dit que vous possédiez un carnet et…

Cécilia Joly s’agita dans son lit.

— Elle est trop bavarde.

— Au contraire, elle nous est d’un grand secours. Vous êtes protégée et…

— Bien sûr que non, je ne le suis pas, puisque que mon ex vient ici. Depuis que je l’ai appris, je ne dors plus. Je sais qui est le double de votre commandant.

Une infirmière entra à ce moment les invitant à sortir. Hugo et Esteban voulurent attendre dans le couloir, mais elle leur fit comprendre qu’ils devraient revenir plus tard. Exaspérés, ils s’inclinèrent.

— Je peux nettoyer votre bureau, docteur ?

La femme de service avec son chariot l’interrogeait du regard.

— Faites… Corinne, lisant son prénom sur le badge accroché à sa blouse, je rentre chez moi.

Il saisit son ordinateur, salua l’équipe de nuit dans la salle de repos en leur souhaitant bon courage.

Comme d’habitude, elle épousseta les surfaces, vida la poubelle et armée de son balai à plat, commença à laver le sol en faisant des huit. Lorsqu’elle passa sous le bureau, elle ramena une étrange chose.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Je crois qu’un jour je vais me perdre dans mes histoires 😂 et ce serait rigolo. Imagine un peu que mon thriller pique les personnages de Marie-Sophie et vice-versa ? 😂.

J’ai hésité aujourd’hui à publier … Le thriller ? Marie-Sophie ? Plouf plouf 😂.

Qui c’est qui à gagné ?

Archibald et Mélusine n’avaient pas manqué de me demander comment avait réagi Morgan. Nous étions tous les trois affalés dans le canapé du salon. Enzo était couché. J’avais tenté de minimiser la situation, mais Archibald ne cessait de m’interroger.

—  Comment t’en es-tu sorti hein ? Tu as expliqué que tu ne voulais pas emménager avec lui parce que tu préférais ton indépendance ou plutôt parce que tu avais la trouille ? Et pour le bébé, qu’as-tu dit ?

Il ne me laissait pas en placer une et il continuait sur sa lancée.

—  Évidemment qu’il l’a mal pris ! une nouvelle pareille ! Tu sais ce que je crois ? C’est qu’il ne retrouvera la mémoire que lorsque votre histoire à tous les deux sera réglée.

Je regardais Mélusine qui tentait de calmer notre ami.

—  Tu exagères Archi ! Et qu’entends-tu pas régler leur histoire ?

—  Non, mais regardez-vous toutes les deux ! Vous ne vous rendez pas compte comment vous pouvez mettre les hommes malheureux. Toi (il désigna Mélusine), tu as François qui se meurt d’amour pour toi et il n’y a vraiment que toi pour ne pas t’en apercevoir et toi, il me montra du doigt, tu as Gabriel qui te tourne autour et qui est même venu te rejoindre puis Morgan qui est fou de toi depuis longtemps et tu le laisses mijoter. Vous ne valez pas mieux l’une que l’autre.

—  Oh, ça va, tu n’es pas mal non plus, réagissons-nous en même temps. Le célibataire endurci qui…

Il nous coupa brutalement.

—  Peut-être que celle que j’aime n’a toujours rien compris ou n’est pas faite pour moi.

Nous le dévisageons, incrédules. Mélusine tenta une question :

—  Mais, tu ne nous as jamais rien dit qui laissait présager que tu pensais à quelqu’un.

Il haussa les épaules et répondit :

—  Ce n’est pas le sujet.

Nous restâmes silencieux. Nous étions pourtant très liés tous les trois et jamais nous n’avions senti qu’il aimait une jeune femme. Quelle amie étais-je donc ?

Mélusine s’approcha de lui, mais il se rebiffa aussitôt.

—  Laisse tomber !

Puis il me regarda et dit :

— Que comptes-tu faire ? Fuir encore une fois ? D’ailleurs, tu ne nous as jamais raconté pourquoi tu étais partie et que tu avais atterri ici.

C’était vrai et ils ne m’avaient jamais posé de questions. Apparemment, c’était le jour des confidences, mais comment avouer ça ! Archibald insista.

—  Alors ? Si ça trouve c’est pour ça que tu n’arrives pas à te lancer dans une histoire avec Morgan. Quelque chose bloque quelque part, j’en suis certain.

Il se leva et proposa de nous faire une infusion.

—  Réfléchis pendant ce temps-là.

Nous le suivîmes à la cuisine et pendant qu’il remplissait la bouilloire et qu’il nous tournait le dos, je racontais.

—  Je crois que Gabriel ne me laissait pas indifférente, mais une jeune femme avec un gamin a débarqué chez lui, j’ai pensé que c’était son fils et je me suis enfuie.

Mélusine manqua s’étrangler alors qu’Archibald jetait des feuilles de tilleul dans la théière. Aucun des deux ne pipèrent mot. Il installa trois mugs sur un plateau et emmena le tout au salon où nous le suivîmes en silence.

Il murmura :

—  J’imagine que tu ne sais toujours pas qui est cette femme ? Tu ne lui as jamais posé la question ?

Je ne répondis pas.

—  Tu vois Marie-Sophie, si tu n’avais pas fui comme tu en as l’habitude, tu aurais appris que cette inconnue était sa sœur et que le gamin son neveu. Charles le savait, mais il n’a pas eu le temps de te le dire, le lendemain tu étais partie. Imagine un peu si tu étais restée, peut-être que vous seriez un couple avec Gabriel et que Mélusine n’aurait jamais eu l’idée de lui demander d’être le père d’Enzo. Encore un qui a eu le cœur brisé à cause de toi.

—  Tu étais amoureuse de lui ? murmura Mélusine, si j’avais su ça…

Elle s’interrompit et se versa l’infusion.

—  Sa sœur ?

Je bloquai sur la révélation.

—  Eh oui ma grande ! ça change quelque chose aujourd’hui ?

Archibald me regarda et soupira.

—  Finalement, il vaut mieux que Morgan ne se souvienne pas de toi, il serait trop malheureux.

Il se servit une tasse de tilleul.

—  Je vais me coucher, je me lève tôt demain. Bonne nuit les filles !

Mélusine sirotait son infusion les yeux dans le vague. Je ne savais plus quoi dire. Pourquoi avais-je l’impression d’avoir tout gâché ?

—  Tu es amoureuse de Gabriel, Mélusine ?

Sa réponse fusa aussitôt.

—  Jamais, je n’ai eu de sentiments pour lui. Mais toi si ! Je m’en veux, tu ne peux pas savoir à quel point.

Je détestais les triangles amoureux dans les romans, c’était trop compliqué. Ironie du sort, je me trouvais en plein dedans. Entre l’un qui avait demandé sa mutation pour se rapprocher de moi et l’autre qui ne se souvenait pas de moi, j’étais bien ! Pour couronner le tout, j’attendais un bébé du deuxième.

Je regardais Mélusine et lui dit :

—  Tu sais quoi ? Laissons le temps faire son œuvre. Les examens d’aujourd’hui ont révélé que tout allait bien alors je vais profiter de ma grossesse. Et puis ne t’en fais pas, ce qui est passé appartient au passé. Bonne nuit Mélusine.

Je l’embrassais et regagnais ma chambre. Postée à ma fenêtre, je remarquai que la lumière brillait encore chez Morgan.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2023).

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Faventiny a perdu la mémoire ! il ne manquait plus que ça !

Chapitre 28

Hubert, le malinois, grimpa à toute vitesse l’escalier et se planta devant la porte du bureau. Il gémit, se mit debout, et comme personne ne lui répondait, il aboya de plus en plus fort, grattant de toutes ses forces contre le battant.

Coralie appela son chien. Il descendit à toute allure et remonta aussitôt tout en se retournant, pour l’inviter à la suivre.

Le colonel Gérard Faventiny se pointa en bas des marches.

— Qu’est-ce qu’il a ?

— On dirait qu’il veut me montrer quelque chose.

— Suivons-le alors.

Il lui emboita le pas. Le chien, heureux qu’ils aient enfin compris, les emmena devant le bureau au 2e étage et recommença son manège.

Coralie lui ouvrit la porte. Il y entra en trombe et gratta le fond de la bibliothèque.

— Ton maître est derrière ?

Elle appela son mari de plus en plus fort.

— Mais qu’est-ce que tu fais Coralie ?

— Il y a une autre pièce, mais je ne sais pas comment y aller, Hubert doit sentir Daniel.

— Mais qu’est-ce que tu racontes ?

Coralie saisit son téléphone et appela Esteban. Elle lui expliqua la situation, puis dit à son beau-père après avoir raccroché :

— J’y suis entrée avec le double de Daniel croyant que c’était lui. Il doit avoir une télécommande, j’ai eu beau chercher ici dans les étagères, je n’ai pas pu retrouver le mécanisme.

— Laisse-moi faire.

Gérard se colla contre les étagères, passa ses mains doucement et soudain le mur bascula.

Le chien le bouscula et entra dans la pièce.

— Vous êtes merveilleux Gérard.

Ils le suivirent ensemble et ne virent personne. Hubert gémissait et posait son museau sur le fauteuil face au bureau.

— Il était là, j’en suis certaine, regardez son chien.

Le colonel chercha un indice qui pourrait l’aiguiller, mais ne trouva rien. Ils entendirent une cavalcade dans l’escalier et les deux collègues de Daniel apparurent dans l’encadrement de la porte.

— Vous avez réussi à l’ouvrir ?

— C’est mon beau-père ! Voyez Hubert, Daniel devait être ici, j’en suis sûre.

— C’est une histoire de fous. Si près de nous et nous n’avons rien remarqué.

Coralie s’approcha de la fenêtre.

— S’il était là, il a dû forcément nous laisser quelque chose. Cherche mon chien.

Hubert posa son museau sur le bureau. Un verre le narguait.

— N’y touchez pas, dit Esteban, faisons-le analyser, nous saurons si le commandant était ici.

— Faventiny ? Réveillez-vous !

Daniel ouvrit les yeux d’un coup. Il se trouvait face à Frédéric Marteau. Seul.

— Je vais prévenir Coralie, elle doit être morte d’inquiétude. Quelqu’un m’a appelé et m’a demandé de venir vous chercher dans une voiture. J’ai cru à une blague, mais quand la personne m’a dit de ne pas alerter la police, je n’ai pas réfléchi plus loin.

Le commandant ne répondit pas, l’esprit encore embrumé.

— Je vais vous examiner avant de prévenir votre femme. Si je devais vous garder ici, je ne voudrais pas lui faire de fausse joie.

— Qui êtes-vous ?

Le chirurgien surpris, l’interrogea.

— Frédéric Marteau.

Daniel se leva brusquement et se pencha vers lui, attrapant le col de sa blouse blanche.

— L’autre taré m’a appris que vous aviez été l’amant de ma femme. C’est vrai ?

— Qui ? Mais de quoi parlez-vous ?

— J’ai perdu la mémoire, mais je me souviens de ce que mon double m’a raconté. D’ailleurs où est-il ?

— Mais qui ? Je ne comprends rien à ce que vous dites. Vous êtes amnésique ? Depuis quand ?

— En voilà une bonne question ! Je viens de vous informer que j’ai perdu la mémoire et triple buse, vous me demandez depuis quand ? Vous avez fait l’école du rire ou celle de la médecine ?

Marteau ne releva pas l’allusion et lui apprit qu’il s’appelait Daniel Faventiny et qu’il était commandant à la brigade criminelle.

— Coralie est votre femme. Nous étions effectivement amis de fac, mais nous n’avons jamais été amants. Vous avez vu ma tête ?

Daniel ne répondit pas. Il reprit :

— Vous étiez donc avec votre double ? C’est lui qui vous avait séquestré ?

— Séquestré ?

— Oui, vous avez été enlevé. Votre famille et vos collègues vous cherchent partout. Ils vont être heureux de vous retrouver. Je vais quand même vous faire passer un scanner et j’appelle votre femme.

L’infirmier qui emmenait Daniel était Karl, l’un deux sbires qu’il avait rencontrés. Alors qu’il poussait le fauteuil roulant dans le couloir, ils se trouvèrent nez à nez avec Esteban et Coralie.

— Daniel ?

— Commandant ? Comment vous sentez-vous ?

Esteban regarda mieux le soignant. Il était certain de l’avoir déjà vu. Il leur demandait d’ailleurs de les laisser avancer. Ils se reculèrent.

Frédéric Marteau ouvrit la porte de son bureau à ce moment.

— Ne t’inquiète pas Coralie, ton mari va passer un scanner. J’aurais les résultats rapidement et si tout va bien, il repartira avec vous.

— Vous pouvez m’expliquer qui est le type avec le commandant ?

Esteban venait de se souvenir que l’homme était un repris de justice qu’il avait vu en compagnie du chirurgien et qu’il avait pris en photo.

— Un infirmier sans doute. Pourquoi ?

Esteban ne répondit pas et Coralie en profita pour interroger son ancien copain de fac.

— Raconte-moi ! Comment est-il arrivé ici.

Marteau répéta ce qu’il avait appris au commandant.

— Il a perdu la mémoire, c’est pour ça qu’il passe cet examen. Apparemment, il était avec son double. Il ne vous reste plus qu’à attendre.

Daniel revint une heure plus tard avec les résultats qu’il tendit au chirurgien.

— Tout m’a l’air parfait. Je vous laisse rentrer chez vous, mais vous devrez vous faire suivre. Je vous donne l’adresse d’un confrère.

Coralie saisit la main de son mari. Il la retira. Marteau qui avait vu le geste, tenta de réconforter son amie.

— Il ne se souvient pas de toi.

Daniel prit la parole.

— L’autre débile m’a montré une femme qui était la mienne quand j’étais dans le bureau. Ce n’était pas vous. En fait, vous pouvez me raconter n’importe quoi.

— Quel bureau ? demanda Coralie.

— Il paraît que c’est chez moi.

— Hubert l’avait bien senti. Tu étais là.

— Qui est Hubert ?

— Ton chien !

— Alors comme ça vous êtes ma femme ? Bella !

Coralie le regarda. Leurs yeux se trouvèrent et ne se lâchèrent pas pendant deux secondes. Il baissa la tête le premier.

— Je ne vous retiens pas plus longtemps.

Daniel suivit sa femme et son collègue. Ils montèrent dans la voiture. Le portable de Coralie était resté sur le siège passager. Il s’en empara et écrivit :

Il veut jouer ? On va jouer ! et je vais gagner !

Le message lu par Coralie et Esteban, il l’effaça.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Agenda ironique de Mars

Bonjour toi 😉

Pour l’agenda ironique de Mars, je ne sais pas comment c’est arrivé, mais il parait que c’est chez moi que ça se passe, vu que le compère Toulopéra qui l’a déjà fait me laisse carte blanche. Merci pour votre confiance, mais est-elle méritée ? 😂 Vous m’avez choisie alors on va jouer.

Vu que c’est le mois de mars, ça vous le savez, que c’est le mois du printemps, vous le savez aussi, que c’est le changement d’heure, ah vous aviez oublié ? D’ailleurs, vous avancez ou vous reculez d’une heure ? À vous de me le dire et vous avez le droit de vous tromper dans l’histoire que vous allez me raconter.

Mais quelle histoire ? Elle se passera dans un champ avec des fleurs, des plantes, des mauvaises herbes (après les légumes v’la les fleurs), mais vous choisirez celles qui piquent, qui grattent, qui puent, qui dévorent ceux qui s’approchent trop près, à vous les chardons, les orties, les plantes carnivores, et celles qui n’existent pas encore, mais que vous allez inventer au gré de votre fantaisie. Je ne vous impose qu’une fleur le pissenlit et vous en ferez ce que vous voulez. Ah j’oubliais, il aura une valise, il adore voyager.

Pensez à mettre une pendule, un réveil, une horloge, c’est vous qui décidez du moment que ça donne l’heure.

Bien sûr, vous avez le choix d’écrire en vers, en prose, un récit, un poème, un dialogue, pas un roman de 500 pages hein, une suffira amplement 🙂. Dans tous les cas, amusez-vous et glissez-moi les mots graine, sauvage et corolle.

Je vous laisse jusqu’au 28 mars pour rendre les copies, dans les commentaires ci-dessous avec votre lien, ensuite viendra l’heure du vote jusqu’au 30 mars. Le 31 mars résultats et envoi de l’agenda chez celui ou celui qui aura été choisi.

Je récapitule :

Amusez-vous bien. Au plaisir de vous lire 😉🙂.

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Maries-Sophie continue de nous raconter ses déboires.

Les jours défilaient, je dirais même les semaines et j’allais bientôt atteindre le 3e mois de grossesse. Je faisais bonne figure à la boulangerie, mais j’eus vite compris que les habitants savaient que Morgan ne se souvenait pas de moi à leurs regards compatissants. Jamais, ils n’avaient osé m’aborder franchement, mais je voyais bien à leurs sourires et leurs soupirs en prenant leur pain qu’ils étaient de tout cœur avec moi.

Le plus malheureux était Saverio qui chaque matin en venant chercher sa commande me suppliait d’être patiente. Il m’affirmait qu’il n’était pas le seul à parler de moi à Morgan, il tentait de lui raviver sa mémoire en lui racontant des anecdotes nous concernant, mais rien n’y faisait.

J’appris par lui que Morgan était suivi par un psychiatre, qu’il s’y rendait régulièrement et qu’à chaque fois il allait s’accouder à son bar. Il se rendait bien compte que quelque chose clochait quand mon nom était cité chez le médecin.

Gabriel me réconfortait d’autant plus que la date de la première échographie approchait. Archibald et Mélusine s’étaient évidemment proposés pour m’accompagner.

C’était justement aujourd’hui. Fébrile, je me préparais. J’allais peut-être connaître le sexe de mon bébé même si Gabriel m’avait dit que c’était un peu tôt. Mélusine me racontait comment ça s’était passé pour elle. Archibald était avec elle. Je m’en voulais encore d’avoir été absente pour elle. Elle assurait que tout ça, c’était oublié.

Je sirotais mon café devant la fenêtre de la cuisine quand je vis apparaître dans le jardin comme avant, Morgan.

Le cœur battant, je posais ma tasse sur l’évier et lui ouvrais la porte.

— Je vous dérange peut-être ? Vous alliez partir ?

Je bégayais.

— Heu… non. Je… tu veux bien me tutoyer, le vous me stresse.

Il hocha la tête.

— Tu as une minute ?

Je jetai un coup d’œil au coucou accroché au-dessus de la table. Archibald n’allait pas tarder, il prendrait au passage Mélusine qui laissait Enzo chez François.

Morgan entra dans la cuisine. Il y était si souvent avant son accident que ça me faisait tout drôle.

— Tu me sers un café ?

Machinalement, il s’approcha du placard pour saisir sa tasse comme il le faisait habituellement. Je retins mon souffle. Il se tourna vers moi.

— C’est là ?

Il ouvrit la porte et prit son mug sans aucune hésitation. Je n’osais faire un geste. Il se servit comme s’il était chez lui.

— Mon psychiatre me préconise de te voir souvent. Il dit qu’il y a un blocage, il ne le comprend pas. Saverio ne cesse de me raconter tout ce que nous faisions ensemble, il m’affirme que je n’ai pas arrêté de lui dire que tu étais la femme de ma vie.

Morgan débitait ces mots sans me regarder et soudain il se tourna vers moi.

— Pourquoi je ne m’en souviens pas ?

Il soupira.

À cet instant précis, ma décision fut prise.

— Excuse-moi, j’ai un coup de fil à passer. Es-tu libre là tout de suite ?

Je n’attendis pas sa réponse et appelai Archibald.

— Tu allais partir ? demanda Morgan en déposant son mug sur l’évier.

— Oui et tu vas m’accompagner. J’ai quelque chose à te montrer, peut-être que ça t’aidera à te souvenir.

Je m’installai au volant et Morgan s’assit côté passager. Le trajet jusqu’à l’hôpital se fit dans le silence, mais quand il reconnut l’endroit, il se tourna vers moi et je sentis son inquiétude.

— Tu es malade ?

Je lui souris sans répondre. Ensemble, nous nous dirigeâmes à l’accueil.

Nous n’attendîmes pas longtemps. La gynécologue nous invitâmes à entrer.

— Comment allez-vous, madame Delully ? Ravie de vous rencontrer, monsieur.

Morgan lui fit un signe de tête. Il avait dû réaliser que nous étions dans un service typiquement féminin, à regarder les patientes qui affichaient toutes un ventre plus ou moins rebondi.

Elle nous proposa de passer dans la pièce adjacente cachée par un paravent, je m’allongeai sur la table. Morgan me suivit.

Quand il vit qu’elle me soulevait le pull et qu’elle étalait du gel sur mon ventre, il haussa les sourcils.

La gynécologue mit certainement ça sur le compte de l’anxiété, elle ne fit aucun commentaire.

Dès qu’elle commença l’examen, nous entendîmes immédiatement le battement régulier du petit cœur de notre bébé. Mes yeux se remplirent de larmes et je fixai Morgan qui ne lâchait pas du regard l’appareil, alors que le médecin affirmait que le fœtus était en pleine forme, il n’y en avait qu’un, nous dit-elle en souriant. Je n’écoutais rien, je surveillai la réaction de Morgan.

C’est alors qu’elle nous demanda :

— Souhaitez-vous connaître le sexe de votre enfant ?

Ce fut Morgan qui répondit.

— Vous pouvez déjà le voir ?

Elle rit.

— C’est un bébé bien constitué, j’ai l’impression que vous approchez des quatre mois. Il faudra revérifier les dates de vos dernières règles madame. Alors, je vous l’annonce ou vous préférez avoir la surprise ?

Morgan me regarda, il sourit et je pensai retrouver enfin le Morgan d’avant.

— C’est toi qui décides…

Il se pencha vers moi et murmura à mon oreille :

— Je ne me souviens de rien, tu me l’avais dit ? Comment ai-je pu oublier une nouvelle de cette importance ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (février 2023)

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Hum ! ça se complique sérieusement…

Chapitre 27

La brave femme les regardait vaguement inquiète, puis elle leur sourit.

— Ne vous faites pas de souci, je sais me défendre. Martine m’a raconté que tout grand chirurgien qu’il est, il a une peur bleue des chiens. Alors…

Elle siffla et un doberman accourut et se coucha à ses pieds.

— J’ai suivi une formation pour l’éduquer. Il m’obéit au doigt et à l’œil et croyez-moi, personne ne me fera de mal. Et si je ne peux plus lui donner d’ordre parce que je suis blessée ou autre, il connait ce qu’il doit faire. Il file à la police. Personne ne sait que j’ai un chien. J’ai un grand jardin, il s’y ébat tant qu’il peut et n’aboie jamais.

Elle lui fit signe et il rentra immédiatement chez elle.

Stupéfaits, Hugo et Esteban regardèrent l’animal s’enfuir sans se retourner. Hugo reprit la parole.

— Ce carnet, l’avez-vous ?

— Hélas non ! Martine le gardait toujours avec elle. Elle ne voulait pas qu’il tombe entre les pattes du docteur.

— Vous nous avez été d’un grand secours, madame Tomys, merci beaucoup.

— Si je me souviens d’autre chose, je vous appellerai.

Ils la saluèrent et rentrèrent au commissariat.

— Il faut à tout prix mettre la main sur ce fichu carnet.

— Esteban, je ne vois qu’une solution. Nous devons rencontrer Cécilia Joly. Son sac devait être avec elle quand elle a été agressée. Elle l’avait peut-être glissé à l’intérieur.

Daniel Faventiny entendit le déclic. Il referma rapidement l’ordinateur et se planta devant la fenêtre.

Le mur bougea et une porte s’ouvrit. Son double apparut devant lui. Faventiny ne broncha pas.

— Bonjour Commandant. Je vois que vous avez compris que vous étiez revenu chez vous.

Il ne répondit pas.

— Vous êtes fâché ? Pourtant je vous ai apporté votre petit déjeuner préféré que j’ai préparé dans votre cuisine. Votre femme est partie, je peux en profiter.

Daniel tourna vers lui un visage indéchiffrable. Les mains derrière le dos, il contemplait son double sans qu’aucun muscle trahisse ce qu’il ressentait.

— Peut-être avez-vous regardé l’ordinateur que je vous ai mis à disposition ? Vous comprenez donc maintenant pourquoi tout ce qui se passait chez vous, j’étais au parfum ? Je vous l’ai déjà dit, je connais cette maison comme ma poche.

Toujours pas de réponse. Faventiny s’était retourné vers le jardin. Son double s’approcha de lui et posa sa main sur son épaule.

— À quoi jouez-vous ? Vous savez pourtant que je suis plus fort que vous, je…

Faventiny l’interrompit sans le regarder.

— Je ne comprends pas qui vous êtes et ce que je fais ici. Je ne me rappelle même plus quel est mon nom. Tout ce que vous venez de me raconter est du charabia pour moi.

— Allons commandant, ne jouez pas à ça avec moi, vous savez bien que…

Daniel se tourna vers lui et l’attrapa brusquement par les épaules.

— Je vous dis que je ne me rappelle pas qui je suis et ce que je fais là. Pourquoi me donnez-vous ce titre ? Je ne connais pas mon nom.

Surpris, son double saisit son portable et le mit en mode selfie. Les deux visages identiques apparurent à l’écran.

— Vous êtes mon frère jumeau ? Pourquoi me vouvoyez-vous alors ?

Daniel se prit la tête dans les mains et gémit.

— Je me suis réveillé ici, mais je ne sais même pas où je suis. J’ai effectivement tenté de regarder l’appareil qui est sur le bureau dans l’espoir d’y découvrir quelque chose qui me renseignerait, mais je n’y ai vu que des pièces inconnues. Vous dites que c’est ma maison ? Pourquoi suis-je enfermé ? Et qui êtes-vous pour me ressembler autant ? Vous avez aussi parlé de ma femme, je suis marié ? Avec qui ? Elle doit se faire du souci si j’ai été enlevé.

— C’est bien tenté Faventiny, mais je ne vous crois pas une seconde.

— C’est donc mon nom ?

Son double hésita. Aurait-il eu la main lourde sur les médicaments qu’il lui administrait depuis quelques jours ? Si le commandant était réellement amnésique, l’histoire devenait véritablement amusante, mais compliquait sérieusement ses plans. Il changea de tactique pour le sonder.

— Oui, vous êtes Daniel Faventiny commandant à la brigade criminelle et vous êtes marié à Coralie Apalberto depuis peu. Elle est médecin légiste.

— Moi, un flic !

Faventiny haussa les épaules et ajouta :

— Pourquoi pas ? Mais vous pouvez me raconter n’importe quoi, je n’ai aucune preuve. Qu’est-ce que je fais ici ? Vous êtes un ancien détenu que j’ai coffré et vous vous vengez c’est ça ? Et pourquoi me ressemblez-vous autant ? C’est flippant. On est de la même famille ?

À nouveau, il regarda par la fenêtre. Le silence s’installa. Son double s’approcha de lui et fixa le jardin comme lui. Soudain, une voiture arriva.

— Tenez voilà votre femme.

L’inconnu à l’affut d’une réaction de Faventiny en fut pour ses frais. Aucun signe de reconnaissance n’apparut sur son visage. Sophia Clarky descendit du véhicule.

Faventiny dit sans aucune émotion.

— Jolie ! mais elle n’éveille rien en moi.

Son double ne répondit pas et continua de regarder le commandant. Coralie, à son tour, en sortit. Un autre véhicule suivait, le colonel et sa femme en descendirent. Il sembla à Daniel que sa mère avait pris dix ans d’un coup, mais aucun muscle de son visage ne bougea, même lorsqu’il reconnut Coralie.

— Eux ? Qui sont-ils ?

Il désignait ses parents du menton.

— Je ne sais pas.

— Vous allez me dire pourquoi je suis ici ?

— Je vais d’abord vous emmener à l’hôpital pour vous faire examiner. Je connais quelqu’un, vous aussi d’ailleurs. Il s’agit de Frédéric Marteau, un chirurgien plasticien.

Daniel éclata de rire.

— Vous vous fichez de moi ? Avec un nom pareil, chirurgien ? Complètement marteau le type !

Son double serra les poings et ne douta plus une seconde que Faventiny avait certainement perdu la mémoire. Il assena le coup final pour être sûr de ne pas se tromper.

— Il était l’ancien amant de votre femme. Ils sont amis aujourd’hui. Ils ont fait leurs études ensemble.

Il ne réagit pas.

— Vous ne vous rappelez vraiment pas ?

— Pourquoi j’inventerais ?

— Vous n’avez pas l’air de quelqu’un d’amnésique.

— Ah ? comment devrais-je être ?

— Stressé, Angoissé. Quand je suis entré, vous n’avez pas semblé surpris.

— Je suis assommé parce que j’ai mal à la tête, j’ai des vertiges, je ne comprends rien et vous me demandez d’être surpris ? C’est trop pour moi.

Il se laissa tomber sur le fauteuil.

— Écoutez, vous aurez toutes les réponses à vos questions bientôt, en attendant, vous devez vous reposer, peut-être que la mémoire vous reviendra. Je vous offre à boire ?

Faventiny se leva et saisit le verre qu’il lui tendait et l’avala d’un trait. L’inconnu le retint quand il chancela.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Où se trouve Daniel Faventiny ? De quel carnet s’agit-il ? Que de questions encore sans réponse 😁…

Chapitre 26

Hugo Cortilla et Esteban Blaviso contemplaient avec stupeur les deux visages affichés. Les deux hommes qu’ils avaient surpris en grande conversation avec Frédéric Marteau avaient tous deux fait de la prison.

— Convoquons-les ! dit aussitôt Esteban

— Sous quel prétexte ?

Hugo regarda son collègue.

— Nous n’avons aucun motif pour les faire venir ici et comment leur expliquer que nous les avons pris en photo ?

Le colonel Faventiny qui entrait dans leur bureau entendit la dernière phrase.

— Il y a des moments où il faut tricher avec les règles. Inventer un banal contrôle de police par exemple. Je ne vais pas vous apprendre votre boulot, les gars !

Les deux hommes contemplèrent le père de leur commandant.

— Nous allons tout reprendre depuis le début, proposa Hugo. Il y a certainement un détail qui nous a échappé.

— On ne peut pas dire mieux, grommela le colonel. Mais vous allez encore perdre du temps. À la base, pourquoi mon fils et ma belle-fille ont-ils hérité de cette maison ? Il faut chercher de ce côté. Ensuite, pourquoi la copine de Marteau a-t-elle été assassinée ? En fait, vous n’avez rien fait. Vous ne savez rien. Vous êtes des triples buses.

Le colonel Faventiny était très en colère. Hugo, vexé, se tut. Esteban, lui, se rebiffa aussitôt.

— Vous êtes dur Colonel ! Le commandant on l’aime bien, on a toujours fait ce qu’il nous disait et…

— C’est justement ça le problème l’ami, il n’est plus là, il a besoin de votre aide, alors bougez-vous. Je ne le répéterai pas deux fois.

Il sortit en claquant la porte.

— Il a raison Esteban ! Il faut qu’on se bouge le cul !

Daniel se leva d’un bond et faillit se casser la figure. Debout trop vite, un vertige le saisit. Il posa ses mains sur le bord du bureau près de la fenêtre et regarda dehors. Il n’en crut pas ses yeux, il était chez lui, dans la fameuse pièce dont il ne connaissait pas le mécanisme pour y entrer.

Il n’entendait rien. Sa femme devait être partie. Son regard accrocha un ordinateur portable installé sur le bureau. Il l’ouvrit aussitôt. L’écran s’alluma sur toutes les pièces de la maison. Daniel comprit qu’il y avait des caméras partout chez lui.

Féru d’informatique il tenta tous les programmes pour se connecter à son bureau et prévenir ses collègues. Verrouillé, il ne put rien en tirer. Il s’attaqua tout de même au système. Il devait réussir à établir une liaison avec le commissariat. Il soupira. La tâche promettait d’être ardue.

Esteban et Hugo se retrouvèrent devant la propriété de Marteau. Ils sonnèrent chez la voisine. Elle ne tarda pas à leur ouvrir. Ils avaient enregistré son nom sur la boîte aux lettres.

— Police ! Bonjour madame. Vous êtes Juliette Tomys ?

Ils montrèrent leurs cartes en se présentant.

— Oui c’est bien moi.

— Nous aimerions vous poser encore quelques questions.

— Je vous reconnais. Mais je vous ai déjà tout dit.

— Vous saviez que la compagne de votre voisin avait une sœur jumelle ?

Surprise, elle ouvrit la bouche et la referma aussitôt.

— Heu… non !

— Vous êtes certaine ?

— C’est-à-dire… Martine ne me l’a jamais affirmé, mais je la trouvais bizarre parfois, comme si elle avait oublié des choses. Évidemment, si elles venaient chacune à leur tour ici… Je me suis bien fait avoir. Laquelle était donc la compagne du docteur ?

— Cécilia Joly.

— Elle s’appelait ainsi ? J’ai toujours dit Martine.

Esteban reprit la parole en sortant son carnet.

— Vous m’aviez raconté la dernière fois que l’homme qui ressemblait au commandant était plus petit et que comme tous les soirs, il passait sous le panier de basket. Vous pensiez à votre voisin ?

— Le docteur Marteau passe en effet en dessous sans le toucher, mais je n’ai pas dit que c’était lui le soir du meurtre. L’inconnu que j’ai vu ressemblait à votre commandant, mais comme je vous l’ai fait remarquer, il était plus petit. 

— C’était la première fois que vous aperceviez cet homme chez le chirurgien ?

— Non !

Les deux policiers se concertèrent du regard.

— Il discutait avec Marteau ?

— Je ne les ai jamais vus ensemble.

— Votre amie parlait avec lui ?

— Je ne sais pas. Quand il venait, il n’y avait personne dans la maison. Martine ou l’autre, je ne sais plus, ne vivait pas avec lui. Le docteur n’est pas quelqu’un de facile.

— Qu’est-ce qui vous fait dire ça madame ? demanda Hugo.

— Quand ils recevaient ses amis, il montait le ton.

— Ses amis ?

— Oui, trois hommes. Un d’ailleurs, était plus proche du docteur, ils devaient se connaître depuis longtemps. Une fois, dans le jardin… Oui, nos jardins ne sont séparés que par une haie et parfois, j’entends quand j’ai la fenêtre ouverte, ils se disputaient. L’ami le prévenait qu’il devait penser à autre chose, que c’était du passé. Le médecin n’était pas d’accord et lui disait de se mêler de ses affaires.

Hugo saisit son portable et afficha les photos de Joseph, Karl et Richard, les trois hommes qui tournaient autour du chirurgien. Il le tendit à Juliette Tomys.

— Oui, c’est ça. Celui-là, en montrant Joseph, est celui dont je vous parlais. Il était souvent avec le docteur. Mais j’y pense, reprit Juliette, pourquoi ne pas lui demander à la jumelle de Martine ? Elle sait peut-être quelque chose, elles devaient être proches les sœurs non ?

Les policiers ne répondirent pas, ne voulant pas dévoiler qu’elle avait été attaquée.

— Pourvu qu’il ne lui arrive rien, dit encore la voisine décidément très bavarde. Il était au courant que sa compagne ce n’était pas toujours la même ? Parce que s’il s’en était rendu compte, elle passerait un sale quart d’heure. Ce n’est pas un tendre, vous savez !

— Autre chose madame, votre amie ne vous aurait pas parlé d’une maison que le docteur aurait eue avant d’habiter ici ?

— Vous pensez à celle où tous les voisins disparaissaient mystérieusement ?

Esteban et Hugo ne bronchèrent pas. Juliette Tomys était une mine de renseignements à elle toute seule. Ils n’osèrent pas l’interrompre quand elle enchaina.

— C’est Martine qui me l’a raconté. Figurez-vous que le docteur parle en dormant. Évidemment, elle ne lui en jamais fait la remarque. Elle a d’abord cru que c’était des rêves, au début ça la faisait rire. Au fur et à mesure, ils devinrent habituels, et elle se réveillait parce qu’il parlait fort. Alors, elle a tout noté.

— Pardon ? réagirent en même temps les deux policiers.

— Ben oui, pour ne rien oublier. Elle écrivait tout ce qu’il racontait. Elle pensait que peut-être un jour, elle pourrait s’en servir.

— Dans quel but ? demanda Hugo.

— S’il la faisait chanter. Quand je vous disais que ce n’était pas un gentil !

— Madame Tomys, votre voisin savait-il que sa compagne venait vous parler régulièrement ?

— Pourquoi, vous croyez que je suis aussi en danger ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Faventiny est-il toujours porté disparu ? Son chien Hubert l’a-t-il retrouvé ? Voici le chapitre 25, il te donnera quelques indices 😁.

Chapitre 25

Esteban et Hugo faisaient une patrouille de routine. Ce n’est pas parce que le Commandant Faventiny avait disparu que toutes les affaires en cours s’arrêtaient. Bien sûr qu’ils auraient préféré s’occuper de retrouver leur supérieur, mais malheureusement ils n’avaient pas leur mot à dire.

Soudain, Esteban qui parcourait du regard les trottoirs s’écria :

— Arrête-toi Hugo ! Ce n’est pas Hubert là-bas !

Il mit aussitôt les warnings et ils sortirent de la voiture en courant. Esteban eut peine à reconnaître l’animal. Pourtant, dès que le chien l’aperçut, il s’avança doucement vers lui. Il était à bout de forces. Esteban l’attrapa par son collier et le caressa.

— Que t’est-il arrivé ? Tu es dans un sale état et tu dois avoir faim.

Hugo ouvrit la porte arrière de la voiture et aida Hubert à grimper dedans. Il se coucha et ferma les yeux.

— On l’amène voir Coralie et on avise après !

— Oui, il est épuisé.

L’arrivée du Malinois à l’institut médico-légal fit sensation. Esteban le portait dans ses bras. Dès qu’il aperçut sa maîtresse, il dressa les oreilles.

Elle lui mit aussitôt un bol d’eau à disposition.

— On a bien de la viande fraîche ici, mais je doute que ça te plaise ! dit Vincenzo.

— Quel nul ! répliqua Sophia. Il faut aller acheter des croquettes. J’y vais si tu veux Coralie.

Elle n’attendit pas la réponse et partit en courant.

— Où l’avez-vous aperçu ? demanda Coralie, le museau du chien posé sur ses genoux.

— Près de l’hôpital.

— Que faisait-il là-bas ?

— Patientons ! Il va reprendre ses forces, et là nous verrons bien.

Daniel Faventiny, enfermé depuis une semaine, commençait à trouver le temps long. Pourtant, il n’avait pas à se plaindre. Il avait de la nourriture à satiété, sa blessure à l’épaule avait été soignée d’une main de maître, mais il ne se souvenait de rien. Il soupçonnait ses ravisseurs de le droguer.

La pièce où il était séquestré était agréable. Il y avait une fenêtre qui donnait sur un parc magnifique et une salle de bains était attenante.

Sa mémoire était défaillante et il perdait la notion du temps. Il n’avait pas l’heure. Son portable avait disparu. Il tentait de se repérer à la lumière du jour. Mais il avait la fâcheuse impression de dormir beaucoup et alors qu’il se croyait le matin quand il ouvrait les yeux, il voyait peu à peu la nuit envahir sa chambre. Il ne parlait à personne. Ses plateaux étaient apportés pendant qu’il sommeillait et des vêtements propres l’attendaient toujours posés au même endroit, sur une chaise près de la porte.

Il avait trouvé dans la salle de bains son eau de toilette et des serviettes comme chez lui.

Son gel douche et son shampoing étaient les mêmes également.

Celui qui l’avait enfermé le connaissait parfaitement. La nourriture variée était celle qu’il aimait avec ses plats préférés et les tenues ressemblaient beaucoup à celles qu’il portait. Daniel était de plus en plus troublé et il tentait de passer le plus longtemps possible sous le jet froid pour se rafraichir les idées.

Ce matin-là, il décida de rester scotché à la fenêtre. Peut-être apercevrait-il quelque chose qui le mettrait sur la voie de l’endroit où il se cachait. Il vit la voiture. Un homme montait dedans. Il ne réussit pas à voir de qui il s’agissait. Il allait quitter son poste d’observation quand il le reconnut. Son chien ! Hubert l’avait trouvé. Il eut les larmes aux yeux lorsqu’il se rendit compte qu’il avait perdu de sa superbe et qu’il suivait le véhicule avec difficulté. Pauvre bête !

Coralie occupée n’avait pu prendre soin d’Hubert. De plus, un animal n’était pas admis dans les locaux. Sophia accompagnée d’Hugo étaient partis chez elle. Tous deux avaient tenté de lui redonner fière allure. Ils l’avaient douché et avaient ri ensemble. Il n’avait pas apprécié et s’ébrouait sans cesse. Il avait repris du poil de la bête grâce à la rasade de croquettes dispensée par Sophia.

Maintenant qu’il était redevenu à peu près normal, Hubert grattait sans cesse à la porte. Il voulait sortit et gémissait.

— Je suis certain qu’il va nous emmener voir son maître, dit Hugo.  

— Qu’est-ce qu’on fait alors ?

— Je vais le ramener au commissariat. Le procureur est dans les locaux. Il dira ce qu’il faut faire. Je n’ai pas de formation avec les chiens. S’il m’échappait, j’aurais l’air malin, déjà que je n’ai pas de laisse !

— Appelez-le, le Proc !

Mais son portable sonna. C’était Esteban qui venait aux nouvelles.

La conversation terminée, Hugo confirma qu’il allait ramener Hubert au commissariat.

C’était sans compter sur l’esprit vif du chien qui dès qu’il comprit qu’il allait partir, leur échappa une fois la porte ouverte.

Sophia et Hugo tentèrent de le rappeler, mais c’était peine perdue. Hugo entraina sa compagne vers son véhicule, ils sautèrent dans la voiture et suivirent Hubert comme il pouvait. L’animal était intelligent. Il ralentit sa course. La langue pendante, il les attendit devant l’hôpital.

Hugo bipa Esteban. Le commandant Faventiny serait-il hospitalisé ? Blessé ? Quand Coralie apprit la nouvelle, elle joignit son ami Frédéric Marteau. Peut-être saurait-il quelque chose ? Elle fut déçue, son mari n’était pas inscrit sur les registres.

Elle refit le numéro de ses collègues. Esteban l’avait au téléphone quand il l’interrompit.

— Votre ami s’en va et… Mais…

— Quoi ? Que se passe-t-il ?

Coralie s’impatientait. Sa frustration augmenta d’un cran quand Esteban lui raccrocha au nez après lui avoir dit qu’il la rappellerait.

— Regarde le chien !

— Et le chirurgien ! il cherche quelqu’un !

— Heureusement pour nous, il ne peut pas nous voir et Hubert s’est planqué dès qu’il l’a aperçu.

— Il a sorti son portable !

Stupéfaits, les deux policiers regardèrent les deux hommes s’approcher de Marteau. Hugo s’empressa de les prendre en photo. Leurs visages étaient bien visibles. Peut-être étaient-ils fichés ?

— Je te parie qu’ils cherchent le chien !

— Où est-il d’ailleurs ?

Hugo entendit alors un bruit suspect contre la portière. C’était Hubert qui avait fait le tour sans se faire voir. Il lui ouvrit.

Esteban en profita pour rappeler Coralie.

— Avez-vous parlé d’Hubert à votre ami ?

— Évidemment, pourquoi ?

— Alors, je crois qu’il est impliqué dans l’enlèvement du Commandant.

Quand Faventiny père apprit l’affaire, il entra dans une rage folle devant la lenteur de réaction des policiers.

— Mais qu’attendez-vous pour intervenir !

Le Procureur dut faire preuve de prudence pour canaliser la fougue du colonel qui entendait bien retrouver son fils dès le soir même.

— Je vous en prie, nous ne savons pas si c’est bien lui qui cache Daniel.

— Je suis certain que le chien le sait, lui !

— Nous n’avons rien pour arrêter Marteau ! Avec un bon avocat, il sera dehors immédiatement.

Daniel Faventiny luttait pour ne pas s’endormir. En vain !

Quand il rouvrit les yeux, il ne reconnut pas la pièce où il s’était couché.

À suivre

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Alors oui, c’est la Saint-Valentin 💖, oui je suis romantique et fan de romance et tout et tout 😉, mais je suis aussi une sacrée nana qui n’a pas toujours envie de faire comme tout le monde et d’être en décalé.

L’histoire de Marie-Sophie continue mais ce n’est pas de ma faute si ce n’est pas la fête des amoureux dans sa vie 😂

Morgan était rentré chez lui, mais je ne le reconnaissais pas. Il y eut cette réflexion lancée à Gabriel quand j’étais venue le chercher. Alors que je m’approchais de lui pour l’embrasser, il s’était reculé et avait tancé le médecin :

– Pourquoi me dis-tu que je suis avec cette… dame (il me désigna du menton) alors que tu en pinces pour elle, ça saute aux yeux. Je ne suis pas idiot.

Sans lui laisser le temps de répondre, il m’apostropha et j’eus du mal à reconnaitre sa voix, tellement elle était grinçante.

– Et vous ? Pourquoi me faire croire que nous habitons ensemble alors que je n’en ai absolument aucun souvenir ? Par contre, je sais parfaitement que toi, toubib, tu es amoureux d’elle.

Il se leva tranquillement, refusant qu’on l’aide alors que je voyais bien qu’il avait la tête qui tournait, il chancelait légèrement, il demanda où était Saverio.

La voix du barman résonna derrière moi, j’ignorais qu’il l’avait appelé.

– Désolé Marie-Sophie, me glissa-t-il à l’oreille, c’est moi qui le ramène, il n’a pas voulu que ce soit quelqu’un d’autre.

Agacée, j’apostrophai Morgan d’un ton que j’espérais ferme :

– De toute façon, ta maison est au bout de mon jardin, nous nous verrons régulièrement. Et ne raconte pas de bêtises, il n’y a absolument rien entre Gabriel et moi. S’il te plait abandonne cette façon de parler avec moi, je ne te reconnais plus.

– Alors nous sommes deux !

Il passa devant moi, adressant un signe de tête à Gabriel qui lui tendit des papiers et l’invita à se rendre à l’accueil pour les formalités de sortie. Il quitta la chambre sans un regard vers moi.

La colère grondait et je courus derrière lui alors que Gabriel tentait de me retenir. J’attrapai Morgan par l’épaule, l’obligeait à se retourner, et d’une voix tremblante que j’eus du mal à maîtriser, je débitai :

– Sais-tu que j’ai quitté ma maison pour toi ? Mes amis m’ont suivie, Archibald a repris sa boulangerie, Mélusine son activité de couturière. Même Pépé Charles a tout vendu pour nous rejoindre. Ne me raconte pas qu’il voulait être auprès de ta mère, c’est aussi parce qu’il souhaitait que nous soyons réunis. D’accord, nous ne vivons pas sous le même toit, mais nous partageons tellement de choses. Tu m’as aidé pour la maison, tu as tout fait pour qu’Archibald s’intègre dans le village. Nous sommes heureux tous ensemble, ne me dis pas que tu ne te souviens de rien. Si c’est le cas… alors je repartirai et tu te retrouveras tout seul comme un con. J’attends que tu me le dises en face Morgan ! Un jour, tu risqueras de regretter ton choix.

Je le lâchai, passai devant lui et lui criai :

– Tu me trouveras à la boulangerie, je vais reprendre mon poste chez Archibald. Il m’avait laissé ma journée pour que je puisse m’occuper de toi, mais comme tu n’as pas besoin de moi, je m’en vais.

Je filai vers la sortie sans me retourner. Il ne devait pas voir combien j’étais malheureuse et que les larmes emplissaient mes yeux.

J’entendis Saverio m’appeler. Je savais qu’il craignait que je ne fasse une bêtise, mais maintenant que j’avais un bébé dans le ventre, je ne le mettrai en danger pour rien au monde.

Gabriel me rattrapa et me dit que la mémoire de Morgan allait lui revenir, que je devais être patiente. Je haussai les épaules et sortis de l’hôpital.

Je passai tout d’abord chez moi où je retrouvai Mélusine entourée de ses coupons de tissus multicolores. Elle s’était installée dans une pièce qu’elle avait aménagée à son goût. Je lui racontai tout. Elle me prit dans ses bras, mais je me dégageai en lui disant que ça ne se passerait pas comme ça, s’il me rejetait, je repartais n’importe où, mais jamais il ne saurait qu’il avait un gamin. Aussitôt, Mélusine m’affirma qu’elle me suivrait et que nous élèverions nos enfants seules, nous ne serions pas les premières mères célibataires dans ce cas-là. Elle m’assura qu’elle n’avait aucune attache et que sa boutique en ligne, qu’elle soit ici ou ailleurs n’avait aucune importance. Elle ajouta tout de même que si la mémoire de Morgan était défaillante c’était peut-être parce que je devrais lui parler du bébé et enfin m’installer avec lui. Aurait-il senti un danger avec Gabriel ?

– Je te dis ça, mais je ne dis rien, je suis très mal placée pour te donner des conseils, et elle me fit un clin d’œil.

Je me changeai et repartis à pied vers la boulangerie. C’était pépé Charles qui était derrière le comptoir. Il tenait la conversation aux clients et la file s’allongeait jusque sur le trottoir. Dès qu’il m’aperçut, il lança à la cantonade qu’il abandonnait son poste, mais qu’on pouvait le retrouver au bar de Saverio pour continuer de bavarder autour d’un café.

Aussitôt, tous m’interrogèrent sur la santé de Morgan. Je les rassurai en affirmant qu’il allait bien et je commençai à distribuer des baguettes et des pains en tout genre à tour de bras.

Archibald vint aux nouvelles quand la boutique fut vide.

– Heureusement que tu es arrivée, j’ai bien cru que tout le village allait s’installer ici. Je peux préparer une autre fournée, il ne reste plus rien.

Il me demanda comment ça s’était passé avec Morgan. Je lui racontais tout et ajoutais comme à Mélusine que je n’hésiterais pas à partir.

Archibald me sidéra par sa réponse :

– Je trouve le food truck de mes rêves et je te suis. Nous sillonnerons les routes, une fois que nous aurons dégoté une grande maison pour nous tous, parce qu’avec les deux gamins, il nous faut un pied à terre pour qu’ils puissent aller à l’école.

– Tu es sérieux ? Tout ce que tu as créé ici, tu l’abandonnerais ?

– Sans hésiter, sans toi MarieSophe, je ne peux pas respirer. Mélusine et toi, vous êtes ma famille. Il y a maintenant Enzo et puis le petit bout là…

Il posa sa main sur mon ventre. Les larmes me montèrent aux yeux instantanément. Archibald ferait un excellent papa si Morgan ne se souvenait pas de moi.

Quand nous rentrâmes le soir à la maison, il n’y avait que Mélusine et Enzo et quatre couverts installés sur la table. Morgan n’était pas là, mon amie ne l’avait pas vu. Il y avait pourtant de la lumière chez lui.

© Isabelle-Marie d’Angèle (février 2023).

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Où a donc disparu le chien de Faventiny ? 🧐

Chapitre 24

— Une semaine que mon fils a disparu et vous n’avez pas la moindre piste ?

Le colonel Gérard Faventiny marchait de long en large dans le bureau du Procureur.

—  Enfin, Monsieur le Procureur, ce n’est pas sérieux ?

—  Les fouilles dans la maison n’ont rien donné. Nous n’avons pas retrouvé le chien. Aucun indice.

—  Avez-vous inspecté du côté du Docteur Marteau ? Je ne le sens pas cet homme  !

— Les collègues de Daniel avaient trouvé un article le concernant, mais ce qui aurait pu nous intéresser à disparu.

—  Vous êtes en train de me dire que celui que nous recherchons a toujours une avance sur vous ? Ne me faites pas rire, ce n’est pas la première fois que vous devez avoir affaire à ce genre de situation. Des tordus, il en existe depuis la nuit des temps. Reprenons cette enquête depuis le début voulez-vous ? Cette maison d’où vient-elle ? Personne de notre famille ni de celle de ma belle-fille ne s’est manifesté, cet héritage est le départ de tout.

Le Procureur n’aimait pas recevoir des ordres, mais le Colonel à la retraite, réputé pour sa pugnacité et son œil de lynx avait raison, il dut l’admettre. Cette affaire n’avait pas été menée comme il fallait.

—  Convoquez-moi les deux acolytes de mon fils.

—  Enfin Colonel, puis-je me permettre de vous rappeler que vous êtes à la retraite et que…

— Il s’agit de mon fils là ! s’emporta Faventiny père. Je me fous de la hiérarchie, de l’administration, de ma retraite, je vais régler cette enquête et coffrer cet individu qui se fait passer pour Daniel que vous le vouliez ou non ? Compris ? Appelez le Directeur général et exposez-lui la situation, je suis certain qu’il acceptera que je travaille avec vous.

Hugo Cortilla et Esteban Blaviso, quoiqu’en pense le colonel Faventiny, n’avaient pas chômé. Ils étaient retournés à l’hôpital pour interroger Cécilia Joly. Elle avait repris connaissance, mais malheureusement, sa mémoire était parfois défaillante. Elle parlait souvent du Docteur Marteau qu’elle appelait Frédéric. Selon elle, c’était un bon médecin et ses patients l’appréciaient. Esteban avait tenté de la faire parler du jour où elle avait été attaquée, elle fermait alors les yeux et se taisait. Un nom pourtant revenait régulièrement, Merci.

Les deux policiers avaient tout d’abord pensé que la victime les remerciait de leur aide. Mais remis dans son contexte, Hugo avait penché davantage pour un nom. Ils avaient épluché son emploi du temps et avaient noté qu’elle était suivie par un psychiatre. Quand ils découvrirent son nom, Antoine MERCY, ils décidèrent d’aller lui rendre une petite visite. Ils eurent la mauvaise surprise d’apprendre qu’il était en congé.

— Tu ne trouves pas aberrant que tous les indices, les uns après les autres, disparaissent ? Nous n’avons rien à nous mettre sous la dent, gémit Esteban.

— Tentons de refaire une enquête de voisinage autour de la maison. Il y a bien quelqu’un qui va se souvenir de quelque chose.

— Allons-y, mais je n’y crois plus.

— Esteban, ce métier m’a appris qu’il ne fallait jamais lâcher. Il y a toujours une explication, ou un tout petit quelque chose que nous n’avons pas vu.

Dès la disparition du Commandant, Coralie avait choisi de dormir dans son bureau à l’institut médico-légal. Sophia lui proposa aussitôt de l’accueillir chez elle.

Mais, une fois la maison fouillée entièrement et n’ayant révélé rien de suspect, Coralie voulut y retourner. Il fut décidé avec l’accord du Procureur que Coralie ainsi que les collègues de Daniel s’y installent. La bâtisse était assez grande pour recevoir toute l’équipe. Quelle ne fut pas sa surprise quand elle vit débarquer ses beaux-parents. Le colonel retraité comptait bien mener à bien cette affaire et mettre un point d’honneur à retrouver son fils rapidement. Anne-Marie suivait également. Coralie se sentit aussitôt épaulée et rassurée. Elle se faisait beaucoup de souci pour son mari. Elle ne connaissait pas l’étendue de sa blessure. Quand elle était couchée, elle se rappelait encore qu’elle avait failli soigner l’autre. Heureusement que le malinois avait bien fait son boulot. Elle aurait tant aimé le retrouver ce chien. Elle était certaine qu’il cherchait son maître et qu’il allait lui ramener.

Hubert faisait attention de ne pas se faire prendre. Il se méfiait de l’être humain comme de la peste. Il ne faisait confiance qu’à Daniel. L’autre qui se faisait passer pour lui, il allait lui régler son compte dès qu’il le pourrait. Il avait suivi la voiture, son flair ne l’avait pas trompé. Il était bien arrivé où se trouvait son véritable maître. Il l’avait vu être descendu du véhicule. Il ne s’était pas montré, il avait bien compris que l’autre ne l’aimait pas. Depuis plusieurs jours, il montait la garde. Son pelage devenait gris et sale, sa fourrure commençait à le démanger, il avait déniché de quoi boire. Pour la nourriture, il s’était débrouillé comme il avait pu. Il pensait à son maître. Malheureusement, il sentait que ses forces déclinaient s’il ne mangeait pas. Il allait falloir qu’il retrouve sa maîtresse. Ensuite, il ramènerait l’homme qui l’avait éduqué, ici.

Soudain, il dressa l’oreille, l’autre sortait. Il l’avait senti, mais… il ne le reconnut pas. Il avait changé de visage, pourtant c’était son odeur, il en était certain. Il s’ébroua. Il fallait qu’il le suive. À contrecœur, il abandonna l’endroit où vivait son maître.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…