Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Les jours passaient et mon ventre s’arrondissait. Je me sentais en pleine forme et avec mon poste à la boulangerie d’Archibald, ça passait vite.

Morgan passait de temps en temps pour prendre de mes nouvelles. C’était fou comme ça me faisait bizarre qu’il me traite juste comme une amie, alors que je portais son enfant. Sa mémoire lui faisait toujours défaut enfin juste en ce qui me concernait. J’en venais à me demander si ça ne l’arrangeait pas finalement. Nos rapports étaient comme lorsque je l’avais rencontré la première fois et que j’avais séjourné dans la petite maison où habite maintenant Charles.

Du coup, je passais beaucoup de temps avec mes amis, Enzo et… Gabriel.

J’en parlais justement avec Mélusine. Elle me disait que finalement c’était peut-être ça qui ferait réagir Morgan, un peu de jalousie ne lui ferait pas de mal. Jamais ne laisser deux femmes se lancer dans ce genre d’aventures.

Alors que Gabriel et moi discutions souvent ensemble, Mélusine se rapprochait de François au plus grand bonheur de celui-ci qui commençait à croire que peut-être son rêve le plus cher allait se réaliser.

Je voyais aussi revenir plus souvent Cybèle. Elle s’arrangeait toujours pour venir en fin de matinée ou fin d’après-midi pour que nous puissions discuter. Ce midi-là, elle me proposa de déjeuner avec elle chez Saverio. Surprise et curieuse, j’acceptais.

Elle choisit une table au fond de la salle après avoir salué un bon nombre d’habitués. Elle était connue Cybèle. Saverio vint prendre de mes nouvelles tout en notant la commande. Pas un mot sur Morgan.

Cybèle n’attendit pas longtemps pour m’expliquer le pourquoi de son invitation.

— Je ne vais pas pouvoir m’occuper du foodtruck comme Archibald le souhaitait.

— Mais pourquoi ne pas lui dire vous-même ?

— Parce que je souhaitais vous dire quelque chose…

— Je croyais que nous tutoyions, lui glissais-je en souriant.

— Pardonne-moi quand je suis stressée, j’ai un peu tendance à oublier. Je vais partir avec mon fils… son père… oui il y a un papa qui vit aux Etats-Unis nous propose de le rejoindre.

Naïve, je croyais qu’elle vivait seule, c’était ce que j’avais cru comprendre quand Morgan m’avait mise en garde quand je pensais que Archibald et elle…

— Ah c’est donc pour ça que toi et Archibald…

Elle m’interrompit aussitôt :

— Il n’y a jamais rien eu entre lui et moi, aucune équivoque. Son cœur est pris depuis longtemps de toute façon, Archibald n’est pas libre.

— Mais il m’a dit qu’il s’était pris un vent quand il t’avait…

Elle sourit :

— Il ne m’a jamais rien demandé Marie-Sophie, Archibald est un gars très bien et il a toujours su qu’il y avait un homme dans ma vie.

Je tombais de la lune. Pourquoi m’avait-il raconté des bobards ? Pour que je le laisse tranquille ?

— J’en reviens à ma demande. J’aimerais bien que ce soit toi qui prenne la relève de ma petite entreprise, quand tu auras accouché évidemment.

— Moi dans le foodtruck ? toute seule ?

Je devais avoir les yeux exorbités car Cybèle éclata de rire et posa sa main sur la mienne. Elle me rassura aussitôt.

— Archibald sera avec toi.

— Mais il ne pourra pas abandonner sa boulangerie, je devrais conduire cet engin toute seule.

— Je suis certaine qu’il saura s’organiser, il avait cette idée de toute façon. Une fois son pain cuit, il n’a pas besoin de rester dans sa boutique.

— Et qui vendra son pain si je ne suis pas là ?

— Archibald est le roi de l’organisation, il trouvera une solution. De toute façon, ce n’est pas pour tout de suite, laisse-toi le temps de fabriquer ton bébé. Je ne partirai qu’une fois que je serai certaine que ma petite entreprise sera reprise.

— Tu n’as pas pensé à quelqu’un d’autre ? murmurais-je, inquiète.

— Si ce n’est pas vous, effectivement, je la mettrai sur le marché, mais je voulais tout d’abord te la proposer. Tu ne rouleras pas sur l’or mais tu pourras t’en sortir. Et puis qui sait, Morgan souhaitera peut-être t’aider ?

Elle sourit avec malice et ajouta :

— Tout le village est au courant, c’est le secret de Polichinelle qu’il ne se souvienne de rien te concernant. C’est fou cette histoire, ajouta-t-elle, et ce n’est plus du tout le Morgan que je connaissais. Fuir ses obligations sachant qu’il va être papa, ce n’est pas non plus dans son caractère. C’est bizarre le cerveau quand même et c’est bien triste. En tout cas, je t’admire de continuer de le voir, ça ne doit pas être tous les jours facile.

Nous terminâmes notre repas en bavardant de tout et de rien puis elle me quitta en m’enjoignant de réfléchir sérieusement à sa proposition.

La première chose que je fis en arrivant à la boulangerie c’est d’en discuter avec Archibald. Comme je m’y attendais, il ne sembla pas étonné.

— Tu étais au courant ?

— Elle ne m’en avait pas parlé mais je savais qu’elle voulait vendre. Nous étions les premiers sur sa liste.

— Nous ne sommes pas basques et loin d’être anciens dans le village, elle aurait pu penser à quelqu’un d’autre.

— Mon pain a su la convaincre, dit-il en bombant le torse.

— Je ne savais pas qu’elle sillonnait les routes avec son foodtruck.

— Elle ne fait que les marchés des alentours. Elle ne s’éloigne pas. Elle aurait aimé mais elle ne souhaitait pas s’éloigner de son fils.

Je réfléchissais. L’idée me tentait. J’avais le temps de m’y préparer, je n’en étais qu’à 4 mois de grossesse.

— Au fait… tu le savais qu’elle n’était pas libre et tu l’avais toujours su.

Il ne répondit pas.

— Archi ? Pourquoi m’as-tu raconté des histoires ?

La clochette retentit et Archibald s’avança pour saluer la première cliente de l’après-midi.

— Vous faites un sacré beau couple tous les deux, lâcha la dame. Je prendrais bien le pain aux céréales.

Archibald sourit et ne répondit pas. Il retourna dans son fournil. Je présentais le pain qu’elle glissa sans son sac en toile. Elle sortit son porte-monnaie et au moment de payer me glissa :

— C’est vrai quoi ! Si Morgan vous laisse tomber, avec Monsieur Archibald vous serez heureuse. Et ne me racontez pas que vous êtes juste amis, rien qu’à voir comment il vous dévore des yeux, n’importe qui comprendrait qu’il est fou de vous.

Archibald revint à ce moment-là. Sans réfléchir, je déclarais en riant :

— Après tout pourquoi pas ?

Et je piquais un baiser sur les lèvres de mon meilleur ami.

Elle me tendit le compte juste, sourit et s’en alla.

— C’est quoi ça ? gronda Archibald. Tu es tombée sur la tête ? Tout le village va être au courant, tu n’as pas trouvé meilleure idée pour mettre encore plus le bazar dans ta vie ?

Furieux, il repartit dans son fournil en grommelant. La grossesse te fait faire vraiment n’importe quoi, pensais-je. Mais, insidieusement, l’idée que les lèvres d’Archibald étaient douces et que c’était assez agréable, s’insinua en moi. Je devais vraiment être en manque de câlins pour avoir agi comme ça et j’avais envie de m’amuser.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2023).

À très vite…

Lundi

Bonjour toi 😉

J’ai imaginé que Lundi serait une personne…Je le vois d’une manière, il se voit d’une autre 😉.

— Je parie que tu m’as créé comme ça parce que je m’appelle Lundi, ronchonne le 1er jour de la semaine.

La Plume rit. C’est elle qui écrit et qui fait ce qu’elle veut. Effectivement, elle n’aime pas ce jour. Du coup, elle se le représente chauve et vieux.

— C’est de la discrimination, râle Lundi. Tu ne m’aimes pas.

La Plume s’interrompt.

— C’est vrai que j’ai du mal avec le lundi mais parfois, ça m’est égal que ce soit lundi. Par exemple le Lundi de Pâque, ce n’est pas pareil.

— Il ne peut pas y avoir des lundis de Pâques tous les lundis. Mais rien que pour ça, tu pourrais me faire plus beau. Déjà, j’ai un prénom ce n’est déjà pas si mal. LUNDI. N’empêche que les autres se moquent de moi en jouant sur les mots, style l’un dit… l’autre dit…. C’est malin.

La Plume sourit.

— D’accord, dis-moi ce qui te ferait plaisir.

— Pourquoi des lunettes ?

— Pourquoi pas ? Comme ça tu peux voir loin et prévoir toute la semaine, finalement, c’est toi le chef, si tu n’étais pas là, on resterait bloqué sur dimanche.

— Avoue que tu aimerais bien et puis certains disent que c’est lui le 1er jour de la semaine, il faut toujours qu’il la ramène celui-là.

— Ah non, toutes les boutiques sont fermées le dimanche 😂. D’accord je t’enlève les lunettes ou je t’en mets des plus jolies ?

— Pourquoi vieux.

— Tu existes depuis longtemps, je ne peux pas t’imaginer en bébé.

— Plus musclé alors.

— Tu n’es pas plus musclé mais tu fais plus jeune et je t’ai r’ habillé. Il faut prendre soin de tes vieux os.

— Arrête de te moquer et comme tu le dis si bien, c’est moi qui donne le ton de la semaine, je dois avoir du punch ! C’est comme ça qu’on dit ?

— Tu me fais écrire n’importe quoi, ronchonne la Plume, mais je laisse quand même le texte.

— Je veux être grand.

— Pas plus que les autres, tu fais 24 h comme tes copains.

— Oui mais tu le dis toi-même, le lundi dure plus longtemps.

La Plume sourit.

— Pas faux ! Tu sais que tu es intelligent toi !

— Et puis, il y en a qui m’aiment bien, et qui me prennent pour rallonger le dimanche. D’ailleurs, avec Vendredi c’est la guerre, parce que lui aussi il est choisi, c’est le début du week-end comme il dit. Il se la pète le gonze !

— En fait, c’est bien ce que je pensais, tu es un râleur.

— J’aime bien la mer.

— C’est quoi le rapport ?

— Imagine que je m’appelle Lundi Vague ?

— Pourquoi pas Lundi Manche pendant que tu y es !

— Lundi Rige, n’est pas mal non plus et comme c’est moi qui démarre la semaine…

— Dis donc, tu l’as bien choisi ton nom. C’est toi qui fais le texte à ma place 😂.

Vas-y Lundi
Commence la semaine
Mets ta main dans la mienne
Tu es le chef jusqu’à minuit.


À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Pour mes lecteurs assidus, je partage un nouveau chapitre. J’ai bien compris ton impatience 😂.

Chapitre 32

Faventiny fit signe à ses collègues de l’emporter. Esteban s’en chargea avec répugnance. Hugo resta avec son supérieur. Celui-ci s’assit à son bureau et prit la parole.

— Madame Tomys, je vais vous demander d’être très prudente et de ne parler de rien à qui que ce soit. J’espère que votre amie fera de même.

— Elle va s’occuper d’un autre service. Je lui ai raconté l’histoire.

Les deux policiers soupirèrent. Quelles bavardes ces femmes. Elles ne se rendaient pas compte qu’elles avaient affaire à un grand malade qui n’avait pas hésité à tuer dès qu’il se sentait en danger.

— Ne craignez rien, reprit Juliette Tomys, comprenant qu’elle les avait inquiétés. Mon amie est tenue au secret professionnel, rien ne dit qu’il s’agit du docteur Marteau qui a fait ce visage, même si tout prouve le contraire.

Les deux hommes ne répondirent pas. Ils la remercièrent et l’invitèrent à rentrer chez elle. Daniel lui suggéra alors :

— Peut-être pourriez-vous prendre quelques jours de vacances ?

— En voilà une idée !

Esteban entra en trombe dans le bureau.

— Commandant, Frédéric Marteau est à l’accueil. Il souhaite vous parler.

Hugo entraina aussitôt Juliette Tomys pour la faire sortir par-derrière. Il était temps, Marteau poussait la porte sans y être invité devant l’air stupéfait des policiers.

— Commandant, je n’apprécie pas vos manières. Vous auriez pu me prévenir que ma compagne n’était pas morte !

— Qui ? Quelle compagne ?

Le chirurgien souffla.

— C’est vrai, vous êtes amnésique ! Il y a quelqu’un qui pourrait me renseigner ?

Hugo rétorqua froidement :

— Croyez-vous que nous appréciions vos manières ? Vous entrez ici comme dans un moulin, on ne vous a jamais appris à frapper ?

— Excusez-moi, mais je ne comprends pas pourquoi un de vos collègues fait le planton devant la chambre de ma compagne.

— Ne faites pas l’imbécile, vous savez bien qu’elle a été agressée ! répondit Hugo.

— Et vous n’avez toujours pas trouvé qui est l’assassin ?

— Je vous rappelle que votre amie n’est pas morte.

— C’est ce que j’avais cru comprendre, mais je me suis trompé.

Hugo et Faventiny se regardèrent. Comment pouvait-il le savoir ?

Soudain Daniel se prit la tête dans les mains.

— Vous ne vous sentez pas bien commandant ? s’affola Hugo.

— Un souvenir… idiot… Jokari.

Marteau sursauta et Faventiny s’en aperçut, mais ne fit aucune réflexion. Le chirurgien se reprit aussitôt.

— Un souvenir d’enfance sans doute. C’est un jeu.

— Non… ce n’est pas un jeu. Joseph, Karl, Richard, Jokari.

Il se tourna vers Hugo.

— Ça te dit quelque chose ?

— Joseph ? Vous avez eu un homme balancé dans votre mare. Il s’appelait Joseph. Karl et Richard ne sont pas ceux qui discutaient avec vous docteur ?

Faventiny se retourna vers le chirurgien.

— De quoi parlez-vous ? Je ne connais pas ces noms.

Hugo tapota sur l’ordinateur et tourna l’écran vers lui. Les clichés des deux hommes apparurent.

— Je ne vois pas.

— Pourtant, vous conversiez avec eux, il y a plus d’une semaine. Le commandant était séquestré à ce moment-là.

Hugo montra la preuve de ce qu’il avançait.

— Depuis quand me surveillez-vous ? s’insurgea le médecin.

— Depuis que votre compagne a été assassinée. Je vous rappelle quand même qu’on l’a trouvée chez vous, morte.

— D’ailleurs où en êtes-vous ?

— Répondez à ma question. Vous connaissez ces deux hommes ?

Faventiny n’avait toujours pas dit un mot et laissait son collègue mener l’interrogatoire. Le chirurgien se pencha et examina la photo.

— Peut-être des anciens patients !

— Je ne pense pas. Ils sont tous deux des repris de justice.

— Et alors ? Ils n’ont pas droit aux soins ?

— Je doute qu’ils aient les moyens de payer mes interventions, ironisa Hugo.

Faventiny ne disait toujours rien. Frédéric Marteau se leva.

— J’étais venu chercher des renseignements et finalement, je me retrouve à devoir me justifier. Puis-je m’en aller ?

— Restez à notre disposition, nous allons certainement avoir des questions à vous poser, répondit Hugo.

Seuls, les deux hommes se regardèrent.

— Il était donc en relation avec mon double pour avoir entendu que sa femme était morte.

— Tu avais encore ton alliance ce jour-là.

— Il a dû lui faire mon visage.

Esteban revenait et leur annonça qu’ils auraient les résultats d’ici 24 heures.

— Ils ne peuvent pas faire plus vite ?

— Je leur ai demandé.

Fréderic Marteau sortit du commissariat perturbé. Rien ne se déroulait comme il voulait et surtout, il sentait bien qu’il perdait pied. Ses fichus médicaments diminuaient ses facultés de réflexion et de concentration. Il remarqua dans le bar d’en face, deux femmes attablées autour d’un café. Il reconnut sa voisine et l’agent de service qui avait nettoyé son bureau. Il soupira. Il allait, une fois de plus, devoir faire place nette. Il les surveilla de loin. Juliette Tomys reprit sa voiture alors que Corinne Vitrail enfourchait son scooter et se dirigeait vers son lieu de travail.

Le portable de Marteau vibra dans sa poche. Lorsqu’il découvrit qui l’appelait, il décrocha aussitôt et ne laissa pas parler son interlocutrice.

— Coralie ? J’ai besoin de ton aide. Peux-tu me rejoindre au café près de l’hôpital, celui qui est dans la petite rue ?

Il coupa la conversation avant qu’elle ne réponde. Il espéra qu’elle pourrait venir le retrouver. Lorsqu’il rangea son téléphone, les deux femmes avaient disparu.

Perplexe, Coralie regarda son portable.

— Un problème ? demanda Sophia.

— Je vais m’absenter un moment, si mon mari ou un de ses collègues m’appellent, tu leur dis que je suis au café près de l’hôpital.

— Tu vas voir le toubib ? Ce n’est pas une bonne idée d’y aller seule.

— Vous vous trompez sur son compte.

Elle enfilait déjà son manteau.

Vincenzo tenta de lui barrer le passage, mais elle le repoussa gentiment.

— Je n’en ai pas pour longtemps, ne craigniez rien.

Elle n’était pas encore dans sa voiture que Sophia appelait le commissariat.

Frédéric Marteau guettait Coralie. Dès qu’il l’aperçut, il courut vers elle, l’attrapa par le bras et l’entraina vers son véhicule. Elle tenta de se rebiffer, mais il la tenait fermement.

— Mais lâche-moi, qu’est-ce qu’il te prend ?

Il ne lui répondit que lorsqu’elle fut assise. Il démarra et dit :

— Je t’assure que je ne voulais pas lui faire de mal.

Coralie le regardait qui fixait la route. Elle se rendit compte qu’il la conduisait hors de la ville.

— Où m’emmènes-tu ?

— Chez moi.

— Pourquoi ?

— Je vais tout te raconter, mais promets-moi de ne pas me juger.

Inquiète, elle se demanda alors si ses collègues n’avaient pas eu raison en lui intimant de faire attention à cet ami qu’elle ne reconnaissait pas.

Dès que Faventiny et ses deux acolytes parvinrent au café, ils comprirent rapidement que Coralie et le médecin n’y étaient pas. Daniel tapa le poing sur le capot du véhicule de police.

— Où l’a-t-il emmenée ?

— Chez lui, hasarda Esteban.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Jeudi Poésie

Bonjour toi 😉

Pommeau, L’arrosoir

Pommeau, l’arrosoir
Abreuvait les fleurs le soir.
Il adorait sentir l’eau couler
Qui le rafraichissait
De sa journée où il était
Au soleil resté. 

Une fois sa mission remplie
Il contemplait avec envie
Les fleurs se redresser.

Il pouvait dire merci
À Margelle, le puits
Qui le remplissait sans répit. 

Pourtant ce matin,
Son ami était chagrin
L’eau s’était enfuie
Normal, il n’y avait plus de pluie. 

"Désolé Pommeau, s’exclama-t-il
Finalement, mon eau n’est pas futile
Mais au contraire très utile,
Il en aura fallu des années
Pour apprendre à ne pas la gaspiller.
Je veux bien un peu t’en donner
Si tu n’es pas percé. 
Arrose celles qui en ont besoin
Les autres attendront demain".

L’eau est précieuse
Parfois miraculeuse.

Depuis, Pommeau se sent investi 
De garder cette eau
De son ami le puits

Comme un véritable cadeau.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2023)

À très vite…

Agenda ironique – Mars – Rappel

Bonjour toi 😉

Si tu veux encore participé à l’agenda ironique de Mars, tu peux toujours. Je rappelle que la date butoir est le 28 Mars.

Petite piqure de rappel ? Tu trouveras tout ici et je te le mets ci-dessous en image 👇.

Va donc voir ce que les ironiques marsiens ont déjà raconté chez Marinade d’histoires, chez PoLétique et Tocs , chez Gibulène, chez Lissamara, chez Jobougon, Chez Mijo, chez Victorhugotte, chez Duff John et chez Toutloperaoupresque .

Au plaisir de te lire 🙂

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

😱🧐🤔 tout est dit 😂

Chapitre 31

Le téléphone de Coralie sonna. Elle ne reconnut pas le numéro. Elle décrocha. C’était une femme à l’appareil. Elle ne comprit pas immédiatement ce qu’elle lui disait, elle semblait paniquée et ses propos étaient incohérents.

— S’il vous plait, aidez-moi… Il m’a vue… Je suis en danger… Votre mari… il veut le tuer. Vous devez me croire.

— Allo ? Qui est à l’appareil ?

— Cécilia Joly.

— Qui vous a vue ? De qui parlez-vous ?

— Il va venir me chercher, on va l’écouter, il est médecin. Je vous en prie, aidez-moi.

— J’arrive et je préviens la police.

Coralie raccrocha et appela aussitôt Esteban ou Hugo. Ce fut le deuxième qui répondit. Hugo lui intima fermement de rester là où elle était. Accompagné d’Esteban, il partit à la clinique où se reposait la compagne de Frédéric Marteau.

Choquée, Coralie retrouva Sophia et Vincenzo.

— Pauvre femme, j’espère qu’il ne lui arrivera rien, s’exclama Sophia.

— De qui parlait-elle ? demanda Coralie.

Ils dirent en même temps :

— De ton copain le chirurgien.

Coralie réfuta leur réponse.

— Impossible, Fred n’est pas un meurtrier.

Ses deux collègues haussèrent les épaules et ne firent aucune objection.

— Tu vas raconter ça au commandant ?

— À quoi ça sert Sophia, il ne se souvient de rien. Il ne sait pas même qui elle est.

La jeune femme et Vincenzo se concertèrent du regard. Coralie les examina se donner des coups de coude comme s’ils avaient envie de lui dire quelque chose.

— Cessez de tergiverser, s’agaça leur supérieure, parlez-moi.

Vincenzo se lança.

— Ne te fâche pas, mais Sophia et moi, nous croyons que le commandant n’a pas perdu la mémoire.

Coralie haussa les sourcils.

— Ce serait bien en effet, malheureusement, ce n’est pas le cas.

Elle leur tourna le dos pour rejoindre son bureau et se planter devant son ordinateur.

— Pourquoi nous fuis-tu, Coralie ? Tu ne nous fais pas confiance ?

Le téléphone sonna au bon moment. Ses collègues l’abandonnèrent à regret.

Esteban et Hugo arrivèrent rapidement à la clinique. Ils trouvèrent Cécilia Joly, en proie à une crise d’angoisse. Elle fut pourtant soulagée de les voir. Aussitôt, elle montra son sac. Hugo lui apporta. Elle le saisit et chercha à l’intérieur. Elle tendit un carnet rouge à Hugo. Il eut juste le temps de le mettre dans sa poche que la porte s’ouvrait à la volée.

— Cécilia ?

La jeune femme sursauta. Les policiers regardèrent le chirurgien sans faire un geste.

— Bonjour messieurs.

Il était accompagné d’une infirmière.

— Je ne voulais pas le croire quand on m’a dit que tu étais ici ma chérie !

— Je ne suis plus ta chérie. Je sais ce que tu m’as fait.

Il se tourna vers l’infirmière. Elle lui tendit une seringue.

— Si vous pouviez sortir messieurs.

Hugo et Esteban refusèrent de bouger.

— Nous venions chercher madame Joly, nous avons un mandat d’amener. Le procureur Claude Darcin désirait l’interroger et comme nous avons appris qu’elle était apte à nous parler et pouvait à répondre à nos questions, nous l’emmenions à son bureau. Pouvez- vous nous suivre, madame.

— Montrez-moi votre papier ? Je doute que ma patiente soit capable de faire quoi que ce soit, n’est-ce pas Cécilia ?

Il la tenait fermement par le bras et la fixait. Elle se mit à trembler et à balbutier qu’elle était d’accord pour partir avec les policiers.

— Tu n’es pas en état ma chérie.

Il se tourna vers Hugo et Esteban.

— Vous reviendrez, messieurs, ma compagne est avant tout une malade et elle doit se reposer.

Il fit signe à l’infirmière pour qu’elle l’aide à se recoucher dans son lit. Les deux hommes n’insistèrent pas. Esteban intercepta le regard affolé de Cécilia Joly qui l’enjoignait de ne pas la laisser.

Une fois dans le couloir, Hugo appela le procureur pour l’informer de la situation. Il décida qu’un policier serait de garde devant la porte et qu’elle ne pourrait pas sortir sans autorisation. Elle était un témoin.

Dans leur voiture, Hugo et Esteban n’étaient pas tranquilles. Le regard affolé de Cécilia Joly leur avait fait comprendre qu’elle avait peur de son compagnon.

— Partons d’ici, nous découvrirons ce qu’il y a dans le carnet au commissariat.

Juliette Tomys avait gardé ce que lui avait apporté son amie et l’avait mis dans un sac plastique. Elle décida de le porter à la police. Cette histoire allait trop loin, elle ne voulait pas avoir d’ennuis.

Elle avait mal dormi surtout que son chien ne cessait de grogner comme s’il sentait un danger rôder autour de sa maîtresse.

Elle se leva tôt, avala un café et sortit sa voiture. Son sac en plastique était au fond de sa besace. Elle n’était pas rassurée, surtout qu’elle voyait son voisin faire de même. Elle monta dans son véhicule sans le regarder et démarra en vitesse.

À l’accueil du commissariat, elle demanda à parler au commandant Faventiny. À sa grande surprise, il vint en personne, accompagné de ses deux acolytes.

— Vous avez retrouvé votre mémoire ?

Il se tourna vers Hugo, interrogatif. Celui-ci répondit à sa place.

— Non, il ne se souvient pas de vous, madame Tomys. Suivez-nous, vous avez quelque chose de plus à apporter à l’enquête ?

Une fois dans le bureau, elle saisit son sac et balança la poche plastique. Esteban l’ouvrit et recula d’un pas, écœuré.

— C’est pas beau à voir, je sais !

Hugo s’approcha à son tour. Il faillit vomir. Quand vint le tour de Daniel, Esteban le retint par le bras.

— Attendez commandant, vous allez être surpris !

Il se pencha et saisit ce qu’il restait de son visage. Il le souleva, le regarda sans aucune émotion.

— Il ressemble bien à celui qui m’avait séquestré. Où l’avez-vous trouvé ?

— C’est une amie qui fait le ménage à l’hôpital qui me l’a rapporté. Il était sous le bureau du chirurgien Frédéric Marteau.

Daniel Faventiny resta de marbre. Ses collègues admiraient sa maîtrise. Hugo était encore pâle à faire peur. Le commandant reprenait.

— Je n’ai pas retrouvé la mémoire. Rappelez-moi qui vous êtes ?

— Juliette Tomys, la voisine de Marteau. Je vous avais dit qu’un homme qui vous ressemblait était venu le soir du meurtre de sa compagne, enfin sa sœur jumelle. J’ai même cru que c’était vous, mais vous étiez plus grand.

Daniel hocha la tête.

— Quand ma copine m’a ramené ça, j’ai pensé que ça vous intéresserait. Mais si vous ne vous souvenez de rien, pfff !

Elle haussa les épaules et se laissa tomber sur une chaise.

— Je ne vous dis pas comme j’ai mal dormi. Mon chien n’arrêtait pas de grogner. J’avais la frousse comme si ce masque me mettait en danger.

— Nous allons l’analyser. Les traces d’ADN doivent être dessus. Nous allons enfin savoir qui voulait tant me ressembler.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Même si c’est la journée mondiale du sommeil 🥱😴, je ne vais pas m’endormir sur mes lauriers. La fin du thriller approche, je partage donc un nouveau chapitre. Non, non, on ne se recouche pas 😂

Chapitre 30

Daniel Faventiny accompagné de son malinois partit en promenade. L’animal l’entraîna à plusieurs kilomètres de chez lui. Le commandant avait emporté un sac à dos et avait prévenu qu’il sortait prendre l’air. Même s’ils étaient inquiets, ses parents ne firent aucune remarque. Daniel leur avait montré qu’il avait son portable. Il était donc joignable à tout moment.

Le colonel le regarda disparaître au bout de l’allée. Sa femme posa son menton sur son épaule et soupira.

— Tu sais ce que je crois Anne-Marie ? murmura Gérard Faventiny, c’est que notre fils a parfaitement recouvré la mémoire voire même qu’il ne l’a jamais perdue.

Son épouse se recula pour mieux le contempler.

— Il ne nous mettrait jamais dans le doute comme ça !

— Pour les besoins de l’enquête, si évidemment. J’aurais fait la même chose. Tu n’as pas remarqué comment il regarde Coralie ? Et surtout comment, elle, elle vit cette amnésie ? Elle ne semble pas inquiète du tout, pas malheureuse. Elle ne cherche pas à stimuler sa mémoire parce qu’elle sait que c’est inutile. Sois rassurée, ma chérie, ton fils a toute sa tête.

Anne-Marie soupira et se blottit à nouveau dans les bras de son mari.

— Je suis déçue qu’il ne nous fasse pas confiance.

— Ce n’est pas une question de confiance, c’est de la prudence tout simplement.

— Si tu es sûr de ça, alors tant mieux.

— Cette affaire doit être résolue, Anne-Marie.

Juliette Tomys buvait le café tranquillement, postée à son carreau. Elle regardait son voisin qui montait dans sa voiture comme chaque jour. Il partait à l’hôpital. Soudain, elle aperçut son amie Corinne Vitrail qui s’arrêtait devant chez elle. Lorsqu’elle descendit de son scooter, le médecin baissa la glace. Juliette entrebâilla sa fenêtre pour écouter. Corinne enlevait son casque quand elle se rendit compte que Frédéric Marteau la fixait. Surprise de le trouver là, elle s’approcha du véhicule.

— Bonjour Docteur. Vous habitez ici ?

— Il paraît. Et vous ?

Le ton froid et coupant employé la stoppa net dans son élan d’expliquer qui elle venait voir.

— Pas du tout, je fais d’autres ménages pour arrondir mes fins de mois. J’ai garé mon engin sur le trottoir, mais je crois que je me suis trompée d’adresse.

Elle fit mine de chercher sur son téléphone, remit son casque et enfourcha son scooter.

— C’est bien ce que je pensais ! Désolée, je suis déjà en retard. À bientôt docteur, bonne journée.

Elle démarra alors que Frédéric Marteau remontait sa glace, et s’en allait. Elle fit le tour du pâté de maisons, vérifia qu’il avait bien disparu et revint chez Juliette Tomys. Celle-ci vint à sa rencontre, ouvrit le portail et l’invita à mettre son scooter dans son garage.

— Il n’avait pas l’air de bon poil. Je pensais qu’il était déjà parti. C’est la première fois que je le croise ici.

Corinne entra à la suite de Juliette et posa son sac sur la table.

— Tu désires un café ?

Juliette lui en versait une tasse.

— Oui je veux bien. Quand tu me racontais tes histoires avec ta copine qui s’est fait assassiner, je ne voulais pas le croire qu’il pouvait être aussi bizarre. Mais comme je l’ai vu ce matin, je comprends mieux. Ce n’est pas le même homme.

— Qu’est-ce qui t’amène ? Tu ne viens jamais si tôt d’habitude, c’est pour ça d’ailleurs que tu l’as croisé.

— Il faut que je te parle d’un truc et tu me diras si ça a un lien avec ce que tu me racontais.

Frédéric Marteau entra dans son bureau après avoir salué ses collègues et sa secrétaire. Il avait mal dormi. Lorsqu’il était rentré chez lui la veille, il n’avait eu de cesse de penser qu’il avait oublié quelque chose d’important. Ses absences lui reprenaient. Le stress et l’alcool ne faisaient pas bon ménage avec son traitement et il avait forcé la dose de neuroleptiques pour pouvoir être au top avec Faventiny. Évidemment, il avait droit aux effets secondaires, surtout qu’il avait bu pour oublier sa défaite. Il devait avoir une sale tête parce que ses collègues l’avaient regardé bizarrement.

Il jeta un œil sur son agenda et laissa échapper un soupir de soulagement. Il avait devant lui une heure avant son premier rendez-vous.

Il se planta devant le miroir et tenta de se remémorer la scène d’hier. Il se revoyait arracher son visage. Il s’était déchiqueté. Qu’en avait-il fait ? Il vérifia sa poubelle et ne trouva rien. Il se baissa pour inspecter sous son bureau.

— Bordel ! la femme de ménage est passée.

Il repensa alors à Corinne devant chez sa voisine. Elle lui avait raconté une histoire à dormir debout, il en était certain. Une simple coïncidence ? Il n’y croyait pas. Il ne l’avait jamais vu dans son quartier. Elle avait paru surprise de le voir là et ne pas savoir qu’il y habitait. Ce soir, il irait questionner Juliette Tomys. Elle pourrait peut-être le renseigner, elle qui était toujours au courant de tout. Après tout, elle s’était peut-être vraiment trompée d’adresse.

Daniel reconnut immédiatement la maison où il avait été séquestré la première fois. Son chien à ses pieds, lui léchait les mains.

— Tu m’avais suivi jusqu’ici ?

Le regarde empli d’amour ne le lâchait pas. Daniel s’accroupit pour le caresser. Il entendit alors une voiture stopper devant la bâtisse. Il se baissa davantage pour ne pas être aperçu. Deux hommes qu’il connaissaient bien descendirent du véhicule : Karl et Richard.

Ils entrèrent dans la maison. Daniel hésita. Il remarqua un voisin sans doute, qui venait dans sa direction. Il allait emprunter le même sentier que lui certainement. Daniel fit mine de refaire son lacet et se leva quand il arriva face à lui. Hubert ne broncha pas. Ils se firent un signe de tête. L’inconnu chaussé de bottines de randonnées et d’un bâton de marche le dépassa lorsque Daniel l’interpella.

— Excusez-moi monsieur ?

Il s’arrêta et se tourna vers lui. Il mit sa main à son chapeau pour le saluer. Daniel reprit :

— J’ai certainement dû me tromper. Cette maison est bien à vendre ? Je ne la pensais pas si éloignée de tout.

L’homme répondit :

— Ce serait bien si elle changeait de propriétaire, le médecin qui l’occupe est spécial comme les personnes qui viennent chez lui. C’est pas que je veux faire ma mauvaise langue, il peut recevoir n’importe qui vu qu’il est docteur. À mon avis, c’est des zinzins de la tête ! Alors, si la baraque est à vendre, je serais bien content et croyez-moi, il n’ y aura pas que moi. Le quartier est sympa et la boulangerie n’est pas loin.

Heureux de bavarder, Daniel ne parvenait pas à en placer une. Il réussit quand même à l’interroger de nouveau.

— Vous connaissez peut-être le nom du propriétaire ?

— Pour sûr ! C’est le chirurgien de la plastique, Marteau qu’il s’appelle. Je ne lui ferais pas confiance avec un nom pareil, enfin moi ce que j’en dis, mais je bavarde, je bavarde, je n’arriverais jamais à faire mon nombre de pas. Bien le bonjour, monsieur, et bonne chance pour votre recherche.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

MaLou et Millie, bavardages

Bonjour toi 😉

— Dis MaLou, tu aimerais aller sur la lune toi ?

Pourquoi cette question ? Millie a montré son cahier d’écrivain à MaLou, oui c’est comme ça qu’il s’appelle son cahier de production d’écrits.

Millie a dû y répondre, dire pourquoi et ce qu’elle imaginerait là-bas.

MaLou feuillette et parcourt les mots de Millie et en oublie de répondre à la question. Elle est rapidement rappelée à l’ordre.

— C’est vrai que t’es jamais montée en avion, alors une fusée !

Éclats de rire des deux protagonistes.

— Oui imagine un peu la trouille que j’aurais.

— D’accord, mais fais comme si tu y allais.

MaLou imagine le paysage lunaire qui ne l’inspire pas du tout. Millie reprend :

— Tu pourrais en écrire des choses.

— Ah oui ? Avec ma combinaison de cosmonaute et mon crayon qui s’envolerait dans l’univers ?

MaLou imagine la scène et se met à rire aussitôt imitée par Millie.

— Ce serait trop drôle !

— Pauvre crayon perdu à jamais. Il tournerait en rond sans jamais plus pouvoir écrire un mot. Franchement Millie, même avec beaucoup d’imagination, je n’arrive pas à me projeter aussi loin.

— Ce serait extraordinaire quand même ! Surtout quand on reviendra et qu’on racontera tout ce qu’on a vu.

Millie en parle comme d’un voyage tout à fait normal en voiture ou en train, en avion ou en bateau.

— Après tout, ce n’est qu’une fusée.

— C’est vrai ça ! Pense un peu, il n’y aurait pas d’embouteillage là-haut.

— Je verrais les étoiles de près, peut-être que je pourrais en décrocher une.

— Alors là, je ne sais pas trop, je crois que plus on s’approche, plus elles s’éloignent.

— Si tu ne viens pas, je te verrais d’en haut, tu serais toute petite.

— Pour le coup, oui, je serai minuscule, peut-être que tu ne me reconnaitras même pas. Tu sais quoi ? Je crois que ce qui me plairait bien sur la lune, c’est qu’on ne pèse pas lourd et qu’on marche en sautant.

— Tu crois qu’on pourrait se donner la main ?

— Bien sûr, mais avec nos combinaisons, ce ne serait pas trop pratique.

— Tu saurais la conduire toi, la fusée ?

— Heu… Déjà que je me perds quand les panneaux changent de place alors…

— Ouais, ben on n’est pas arrivé alors !

Elles éclatent de rire.

À très vite…

Les émojis et moi

Bonjour toi 😉

Je ne sais pas si tu as remarqué, je suis fan des émojis 😉.

Je sais, parmi vous, il y en a certainement qui déteste ça. Je suis d’accord, parfois, ils ne reflètent pas vraiment le sentiment que je veux faire passer 😁. Par exemple, tu comprends quoi avec celui-là ? 😁. Tout simplement, le sourire forcé, tu sais celui qu’on te demande de faire sur la photo 😂. Par contre celui-là, c’est un véritable éclat de rire.

Tu as les émojis qui reflètent les sentiments et que j’emploie souvent pour faire passer un message. Je les décrypte avec toi pour qu’on soit bien d’accord.

🙂 le sourire.

😉 le clin d’oeil (je l’aime bien celui-là, c’est d’ailleurs lui qui te salue tous les jours).

🥴 Je l’utilise quand je n’ai pas compris un truc, que c’est compliqué, que j’ai fait une bêtise (😂) qu’il m’est arrivé quelque chose. C’est un peu dans les dessins animés, quand tu t’es pris une porte 😂, tu vois l’image ?

😏 Il veut dire, bof, moyen, clin d’œil en te disant Ouais.

🙄Quand ça ne va pas, que je ne comprends pas, que je ne suis pas d’accord. Imagine, tu lèves les yeux au ciel en soupirant.

😤 Colère. Ils apparaissent dans mes billets d’humeur ou dans mes coups de gueule.

😱Oh la la, c’est la panique.

🤗 Félicitations, bravo (pas trop difficile 😃).

😌 Triste.

😣 Pas content.

Passons maintenant aux évènement exceptionnels 😉.

💐 C’est le printemps, je t’offre un bouquet. Je peux aussi le faire pour un anniversaire.

💖Quand je te souhaite une bonne journée et plein de belles choses positives. Je ne te dis pas que tu as tout mon amour quand même 😂 faut pas rêver non plus 😁.

Ensuite, tu as ceux qui parlent d’eux-mêmes suivant le sujet : ☂🌹🌼🎶🌞🐕‍🦺.

Tu as tout compris ? 🧐🤔

😉😂

💖💐

À très vite…

Agenda ironique de Mars – Suite

Bonjour toi 😉

Je te rappelle les consignes de cet agenda ironique concocté par Moi 😏.

L’histoire se passera dans un champ avec des fleurs, des plantes, des mauvaises herbes mais vous choisirez celles qui piquent, qui grattent, qui puent, qui dévorent ceux qui s’approchent trop près, à vous les chardons, les orties, les plantes carnivores, et celles qui n’existent pas encore, mais que vous allez inventer au gré de votre fantaisie. Je ne vous impose qu’une fleur LE PISSENLIT et vous en ferez ce que vous voulez. Ah j’oubliais, il aura une valise, il adore voyager.

Pensez à mettre une pendule, un réveil, une horloge, c’est vous qui décidez du moment que ça donne l’heure.

Vous avez le choix d’écrire en vers, en prose, un récit, un poème, un dialogue, pas un roman de 500 pages hein, une suffira amplement.

Dans tous les cas, amusez-vous et glissez-moi les mots graine, sauvage et corolle.

Voici ma participation :

Le rêve du pissenlit

Monsieur Pissenlit en avait ras le bol de tous ces sauvages qui l’arrachaient à la terre sans lui demander son avis. Et puis quelle idée de lui souffler dessus, il allait finir par s’enrhumer et ça ce n’était pas envisageable.

Il saisit sa toute petite valise et se glissa dans sa corolle jaune. C’était son plus bel habit de soirée et pour lui plaire, il devait le revêtir. Il venait juste de se transformer et ses graines se disséminaient un peu partout, mais foi de pissenlit, il n’en avait que faire de Dame Nature, il renfila en vitesse ses pétales dorés.

Monsieur Pissenlit était amoureux et dans le champ d’herbes folles où il habitait, ELLE ne risquait pas de le voir. Il était bien trop petit, caché par les laiterons qui lui ressemblaient, mais qui n’étaient pas de sa famille, du moins il l’espérait, parce qu’ils piquaient quand on les touchait. Il le savait bien, lui qui s’y frottait régulièrement à cause du vent qui lui balançait de ces rafales.

Les colchiques, certes jolis lui avaient donné la colique, quels poisons ! Ils n’arrêtaient pas de lui faire les yeux doux quand il avait son beau costume, mais dès sa transformation, exit le pissenlit. Ah ! ils pouvaient faire les fiers dans les pelouses ! Pourtant lui aussi avait son heure de gloire avec son jaune dispersé aux quatre coins des prairies. ELLE ne se risquerait pas à les ramasser ceux-là !

Allez courage, il devait la rejoindre. Rien qu’à regarder le pré de chardons à traverser, il en avait le tournis. Sa montre gousset ne donnait plus l’heure depuis le jour où les gens avaient décidé de l’avancer ou la reculer selon les saisons (in petto, il pensait que de toute façon, lui, il poursuivait son cycle de vie, une heure en plus ou en moins n’y changeait rien), mais il n’en avait pas besoin. C’était à peu de chose près son heure pour faire sa cueillette, il n’y avait qu’à contempler le ciel.

Il rêvait à elle depuis l’instant où il avait découvert qu’il pouvait faire avec elle un excellent smoothie. Détox qu’ils l’appelaient cette boisson…

Il l’avait aperçue au détour d’une fenêtre, elle était posée dans un compotier et le narguait avec sa superbe teinte orangée. C’est avec elle qu’il devait se mélanger.

Il devait à tout prix être sur sa route quand ELLE passerait avec son panier. ELLE, c’était la femme qui concoctait des mixtures avec les plantes. Les mauvaises langues racontaient qu’elle était sorcière, lui, il n’y croyait pas du tout. Rien qu’à l’idée d’être malaxée avec sa belle, il sentait une douce chaleur l’envahir. Le pissenlit et l’orange, quel magnifique mariage de couleurs et de vitamines.

La voilà ! Elle balançait allégrement sa panière en osier, sa jupe fleurie voletait et ses cheveux attachés en un chignon décoiffé n’en faisaient qu’à leur tête.

— Tu es bien joli toi !

Paniqué un peu quand même, il sentit qu’il s’élevait dans les airs puis posé délicatement dans le fond de la corbeille… à côté d’autres comme lui.

Il avait complètement oublié qu’il était tout petit et qu’il allait devoir partager son orange. Mais quelle surprise, elles aussi étaient plusieurs ! Soupirant d’aise, il se laissa bercer par le doux mouvement du cabas qui se balançait au rythme des pas de la dame.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2023).

Je remercie déjà les participants qui ont répondu présent et qui m’ont agréablement surprise avec leurs histoires toutes aussi jolies les unes que les autres, toutes différentes et c’est ça qui est magnifique, toutes émouvantes.

Allez donc les découvrir, vous aurez déjà une petite idée 😉

Chez Marinade d’histoires, chez PoLétique et Tocs , chez Gibulène, chez Lissamara, chez Jobougon, Chez Mijo, chez Victorhugotte, chez Duff John.

Vous avez jusqu’au 28 mars pour rendre vos copies. Faites-moi rêver avant que vienne l’heure du vote.

Mettez vos liens dans les commentaires ici pour que je vous retrouve et n’oublie personne.

Au plaisir de vous lire 💐

À très vite…