Bonjour toi 😉

En relisant mon thriller, je me demande encore comment tout ça va finir 😂. Je ne te fais pas attendre davantage, voici le chapitre 20.

Chapitre 20

La maison abandonnée ne l’était plus tant que ça depuis que l’équipe de Faventiny l’avait envahie. Le courant était toujours branché, l’eau coulait, ils avaient de la chance. Une demande à la mairie avait été faite pour connaître les propriétaires. Tout était en règle.

Deux bureaux, des téléphones, des ordinateurs étaient installés dans la seule pièce à peu près potable de l’habitation. Elle était orientée de telle façon, et c’était en partie pour cela qu’elle avait été choisie, que de la fenêtre, ils pouvaient apercevoir la maison du Commandant. Une longue-vue avait pris place. Esteban avait déjà remarqué qu’il y avait de la lumière.

Hubert avait même hérité d’un grand tapis sur lequel il s’était allongé, le museau entre les pattes. Il ne dormait pas, il surveillait attentivement les va-et-vient de son maître qui devenait de plus en plus irritable depuis qu’il s’était rendu compte que Coralie ne répondait pas au téléphone.

— Je suis certain qu’il est avec elle.

— Tu nous as raconté qu’il était toujours sur tes talons. As-tu vu tes sbires par ici ? Il t’a bluffé, j’en suis sûr.

— Je ne peux pas prendre ce risque Hugo.

— Ton chien le reconnaitra, et ta femme du coup devinera que c’est toi le bon.

— Arrête de dire le bon. Ce type me fait froid dans le dos. Il me ressemble comme deux gouttes d’eau. Je ne sais pas ce qu’il mijote et surtout ce qu’il veut.

— Coralie bien sûr !

Daniel regarda Hugo et serra les poings.

— Tais-toi ! je vais y aller. Je prends la voiture. Vous gardez mon chien.

— Tu as ton micro ?

— Oui, vérifions une dernière fois.

Coralie fixait l’homme en face d’elle.

— Chérie, tu ne dois pas avoir peur. Je fais juste un essai. Regarde, j’ouvre les portes, tu n’es pas prisonnière. C’est moi, Daniel, ton Daniel.

— Je sais.

— J’imagine que tu as vu l’autre ? Qu’il t’a raconté n’importe quoi, par exemple, qu’il avait un chien qui allait me reconnaitre ? C’est du grand n’importe quoi. Je parie aussi qu’il t’a parlé d’une maison abandonnée où il allait se planquer.

Coralie ne put retenir un froncement de sourcils.

— Ah ! tu vois ! C’est moi chérie ! viens dans mes bras.

Elle hésita.

— Que faut-il que je fasse pour que tu me croies ?

Elle pensa aussitôt au mot magique que le couple employait quand ils étaient ensemble, mais elle se tut.

Soudain, il changea d’expression.

— Je suis désolé, un appel urgent que j’ai oublié de donner. Je vais dans mon bureau.

Surprise, elle le vit disparaitre alors que la voiture de son mari se garait devant le perron.

À nouveau, elle hésita. Elle regarda l’homme qui sortait du véhicule. Elle tenta de se dire que c’était certainement le Commandant, mais le doute s’était insinué en elle. Elle ne bougea pas quand il entra.

— Mais pourquoi tu ne répondais pas au téléphone ? Je m’inquiétais !

Il s’approcha d’elle. Elle recula.

— Coralie, c’est moi !

— Lui aussi le dit.

Sans qu’il comprenne ce qu’il lui arrivait, elle saisit l’arme qu’il avait à sa ceinture. Il se maudit de lui avoir appris comment faire pour se défendre. Elle avait bien retenu la leçon.

Son mari l’entendit alors appeler :

— Daniel ! Viens vite !

Il eut l’intime conviction qu’il allait vivre le pire cauchemar de sa vie. Sa propre femme ne l’avait pas reconnu et surtout ne lui faisait plus confiance.

Son double apparut dans l’embrasure de la cuisine.

— Chérie, mais ?

Il joua la surprise à la perfection.

— Incroyable ! Qui es-tu sale tordu pour me ressembler à ce point ?

Il lui envoya un coup de poing qui le fit chanceler. Il se mit à saigner aussitôt de l’arcade sourcilière. 

— Appelle les collègues Cora, qu’il vienne coffrer ce type.

Toujours tenu en joug par sa femme, Daniel resta muet. Il n’espérait qu’une chose, Esteban le reconnaisse quand il arriverait. Pourvu qu’il ne débarque pas avec Hubert.

Coralie détourna alors l’arme.

— Comment m’as-tu nommée ?

Daniel en profita pour saisir le pistolet, mais l’autre avait été beaucoup plus rapide. Il partit en courant vers l’escalier.

Les deux étages furent franchis à vive allure, Daniel n’avait plus que quelques marches pour le rattraper quand un vertige le surprit. L’uppercut reçu auparavant l’avait sonné. Il s’écroula sur le palier alors que son double entrait dans le bureau et à nouveau le rire sardonique éclata dans les oreilles du Commandant. Il entendit cette fois-ci tu as gagné, mais je suis très mauvais perdant.

Coralie avait appelé Hugo et Esteban qui rappliquaient déjà, Hubert sur les talons.

Elle s’agenouilla auprès de son mari.

— Je suis désolée…

Il lui caressa le visage.

— Pas autant que moi. Je l’ai laissé s’enfuir.

— Commandant ? Vous allez bien ?

Esteban avait du mal à retenir le chien qui grognait et voulait entrer dans le bureau.

— Filons d’ici, tout de suite.

Il saisit sa femme par la main et ils dévalèrent l’escalier quatre à quatre. Ils sortirent en courant, grimpèrent dans la voiture d’Hugo. Esteban suivait dans la sienne avec Hubert qui aboyait comme un fou furieux pour être avec son maître.

Tu vas le payer cher ! Saleté de flic !

Tu as l’air de l’aimer ton clébard ! je vais lui faire sa fête, tu vas comprendre qu’il ne faut pas me défier.

— Vous dites que vous étiez face à lui ? Vous n’avez pas reconnu le Commandant ?

Esteban n’était pas convaincu.

Coralie pleurait.

— Je ne veux pas retourner dans la maison. Allons ailleurs tant que cette histoire n’est pas réglée. J’ai peur Dany.

C’est alors qu’ils entendirent une voiture se garer devant la bicoque. Daniel identifia Joseph.

Comment pouvait-il savoir ? L’homme entra et lui saisit les mains qu’il recouvrit des siennes.

— Partez rapidement d’ici, vous êtes en danger Commandant et votre clébard aussi.

— Mais… vous…

— Peu importe, l’argent ne peut pas tout faire. Je n’ai pas envie d’avoir des morts sur la conscience. Fuyez. Je vous dirais tout demain. Vous apprendrez qui est cet homme qui vous veut du mal. Faites vite, je vous en prie.

— Commandant, nous avons tout installé ici, nous n’allons pas tout démonter.

Joseph contempla les bureaux et ricana.

— Si vous saviez… ça ne sert à rien tout ça. Il est bien plus fort que vous. Allez partez et disparaissez. Je vais me débrouiller.

Faventiny fixa ses mains que Joseph tenait toujours. Il allait poser une question quand l’homme du regard lui fit comprendre de se taire.

Il prit sa femme par le bras et accompagné de ses collègues et du malinois, ils quittèrent les lieux.

Esteban ne put s’empêcher de dire que ça ne lui convenait pas de fuir devant l’ennemi, ce n’était pas le rôle d’un bon policier.

— Avance, on ne fuit pas, on fait ce qu’il faut pour mieux revenir et on sauve nos vies.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Une réflexion sur “Un héritage empoisonné

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