J’aime un voyou au grand coeur

Bonjour toi 😉

Je n’oublie les fans de mon policier et je partage aujourd’hui le chapitre 14.

Chapitre 14

Je prévenais aussitôt mon équipe pour qu’elle lance un avis de recherche. Une patrouille tournant dans le secteur ne fut pas longue à l’appréhender.

J’attendais donc qu’il arrive au commissariat, j’étais prête pour l’interroger. Seulement, il n’arriva jamais.

— Que s’est-il passé ?

Je n’étais pas à prendre avec des pincettes, je ne comprenais pas comment une telle chose avait pu se produire. Le trajet n’était pas long.

Le discours que me fit le gendarme, je n’en fus même pas surprise. Un camion en panne en travers de la route, un homme qui descend pour s’excuser, un autre qui arrive par derrière qui ouvre la portière, arme à la main, les oblige à ne pas bouger. Le suspect part avec eux. Fin de l’histoire.

— Et vous ne les avez pas reconnus ?

— Ils étaient cagoulés.

— Évidemment.

— Une plaque d’immatriculation ? Quelque chose ?

J’étais furieuse. Encore un coup de Destrio ? Mais pourquoi ?

L’un des gendarmes avait relevé le numéro du camion. Après enquête, je compris que le chauffeur n’y était pour rien. Il était véritablement tombé en panne. Par contre, remonté à l’intérieur, il avait eu le temps de voir par le rétroviseur la voiture qui repartait avec notre suspect. Malheureusement, c’était un véhicule banal comme on en trouve partout, de couleur blanche.

Joseph Gardon avait disparu. Très en colère, j’appelais la banque de Paco et demandais à lui parler. Il n’était plus dans l’établissement.

Je tapais son numéro de portable et tombai directement sur sa messagerie. C’est mon capitaine qui fit les frais de ma rage quand il entra dans mon bureau.

— Désolée Théo !

Je lui racontai en quelques mots. J’avais surréagi et ça ne me ressemblait pas. Il y avait certainement une explication à l’absence de Paco. Il n’était pas sur écoute, il n’était pas surveillé, il pouvait aller où bon lui semblait, c’était samedi, il était libre.

Il me restait la piste de l’autre copain de Philippe Peton. Grâce aux coordonnées données par Simone, je pus avoir rapidement le directeur de l’établissement où les garçons avaient été placés. Par téléphone, il ne voulut pas me renseigner. Il pouvait me recevoir si je le désirais.

Théo était en interrogatoire, je laissai un message à l’accueil et enfourchai ma moto.

Claude Dubois, une cinquantaine d’années me serra la main chaleureusement.

— J’ai appris par la presse le décès de Philippe Peton. Quelle sale histoire ! J’ai cru comprendre que vous vouliez connaitre les noms des hommes qui l’accompagnaient souvent.

Il montra une photo où ils posaient ensemble dans un groupe.

— Voici Philippe, Joseph Gardon et Timothée Dario. Philippe était le seul à avoir été placé. Les deux autres, c’était très compliqué.

— Vous les voyez toujours ? demandais-je.

— Non. Vous savez, ils sont adultes depuis longtemps, répondit-il en souriant. D’ailleurs, ces photos datent un peu, mais Joseph n’a pas beaucoup changé. Il est fou de motos, vous pourrez sans doute le rencontrer à l’atelier du mécanicien. Quant à Timothée…

Le directeur se tut. Il parut ému. Je l’invitai à continuer.

— Tim s’était pris de passion pour l’escalade.

— Était ?

— Une mauvaise chute. Il est en fauteuil roulant.

Stupéfaite, je regardai mieux la photo. Timothée semblait être l’un des deux hommes croisés dans les bois.

— Il y a longtemps ?

— Je ne sais plus trop, quelques mois certainement. Il voulait ressembler… je ne sais pas si vous le connaissez, le directeur de la banque, François Destrée. Ils avaient sympathisé, ils faisaient partie du même club. J’avais pensé que cet homme pourrait peut-être l’aider et je lui avais demandé s’il pouvait lui trouver un boulot. Timothée n’était pas un mauvais bougre, il aimait les chiffres, j’avais rencontré monsieur Destrée dans ce but. Je sais qu’ils s’étaient parlé, je n’ai plus eu de nouvelles. Timothée n’est plus revenu ici et monsieur Destrée n’a sans doute pas donné suite. J’ai beaucoup de travail, j’essaie de faire au mieux, mais Timothée étant majeur, il ne voulait plus avoir affaire au centre.

— Avez-vous une adresse où je peux le joindre ?

— Pas une fixe non, il allait parfois chez Simon et Henri l’ancienne famille de Philippe.

— Il avait d’autres amis ?

— Tentez de parler avec Joseph, lui, il n’était jamais seul, un homme était souvent avec lui, mais je ne le connais pas.

— Puis-je prendre la photo ?

— Bien sûr !

Je le remerciai et retournai au commissariat. Je demandai à mes gars de vérifier si ce Timothée était dans nos fichiers. Il l’était pour des vols à l’arraché, rien de bien grave et il y avait même une adresse.

Théo qui avait terminé son interrogatoire vint avec moi, c’est lui qui conduisait.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

J’aime un voyou au grand cœur

Bonjour toi 😉

Prête pour le chapitre 13 ?

Chapitre 13

— Monsieur Destrée est en réunion. Je peux prendre un message ?

— Dites-lui que c’est la police !

Mon capitaine n’était pas de bon poil et je dus le retenir par le bras alors qu’il allait entrer de force dans le bureau de François.

La jeune femme à l’accueil n’en menait pas large, mais elle n’y était pour rien. Je la rassurai d’un sourire et lui demandai de prévenir son directeur que nous devions l’interroger rapidement.

Elle n’eut pas à le faire, la porte s’ouvrit face à deux hommes, l’un d’eux était Diego Destrio. Il me fit un signe de tête et passa devant nous sans rien dire, suivi de son acolyte.

Nous entrâmes dans le bureau. Paco ne nous laissa pas parler.

— Bonjour Commandant, Capitaine, si vous venez pour la mort de Philippe Peton, comme vous avez pu le constater, mon père sort d’ici. Nous n’y sommes pour rien ni l’un ni l’autre.

Il se planta devant sa fenêtre et se tut. Il nous tournait le dos, je ne pouvais donc pas voir son visage. Mon collègue qui n’était pas d’une nature patiente lui demanda de nous regarder, il voulait lui poser quelques questions. François s’assit et nous invita à prendre place face à lui.

Théo l’interrogea :

— Les nouvelles se propagent à vitesse grand V ici ! Connaissiez-vous cet homme ?

Paco soupira et plantant ses yeux dans les miens, répondit :

— Je vais nous faire gagner du temps. Oui, c’est même lui qui m’avait cambriolé et tabassé, je l’avais reconnu à son tatouage. J’avais promis à ses parents d’accueil de ne rien dire. Laissez tranquilles ces braves gens, ils n’ont rien à voir dans toute cette histoire. Je vous le répète, je n’y suis pour rien.

— Pouvez-vous me donner votre emploi du temps depuis hier soir, monsieur Destrée ?

— Seul, mon chien pourra vous confirmer que j’étais chez moi jusqu’à 20 heures. Ensuite, mon collaborateur Jordan Calamine m’a téléphoné, mais j’imagine que vous allez dire qu’avec mon portable, je peux répondre de n’importe où, n’est-ce pas ? Vous n’aurez pas cette joie, parce que Jordan préfère toujours m’appeler sur mon fixe. Je suis allé le rejoindre à la salle de sports. Je suis allé m’entrainer jusqu’à 23 heures, Jordan était avec moi. Nous sommes repartis ensemble, mais il est rentré chez lui et moi chez moi. Si vous voulez vérifier mon alarme, elle pourra vous indiquer l’heure exacte à laquelle je l’ai désactivée. J’ai pris une douche et me suis couché. Je suis arrivé ici vers 8 heures 30, ma secrétaire pourra vous le confirmer, elle était déjà là. Je vous signale aussi que la banque est ouverte le samedi matin, une fois tous les quinze jours, vous avez eu de la chance de me trouver.

— Vous récitez votre emploi du temps comme si vous saviez que vous alliez être interrogé, nota mon capitaine.

Je souris intérieurement et les souvenirs affluèrent :

— Tu m’étonneras toujours toi avec ta mémoire, comment tu peux te rappeler les voitures qui sont passées devant chez toi ?

 — Pas difficile, il n’en passe pas non plus des masses, mais depuis tout petit, j’aime bien me répéter comme dans un film, tout ce que j’ai fait ou vu dans la journée.

— Tu te souviens de ce que tu as fait, il y a une semaine ? J’y crois pas.

Paco m’avait tout raconté comme aujourd’hui, avec une voix de robot, sans bafouiller et sans se tromper. Je me souviens pourtant lui avait fait remarquer qu’il pouvait me dire n’importe quoi, je ne pourrai pas vérifier. Alors, pour me prouver qu’il n’avait pas menti, il sortit un cahier, je vois encore sa couverture, c’était un paysage africain avec un éléphant qui levait sa trompe. Une bulle au-dessus de lui disait : je te mets au défi d’avoir une meilleure mémoire que moi. Tout y était noté. Je serais curieuse aujourd’hui de savoir si François avait toujours cette manie.

Je rencontrai son regard. Il ouvrit un tiroir et prit un ordinateur portable. 

— Vous aurez mon emploi du temps depuis des mois là-dessus.

Le cahier avec le pachyderme avec disparu pour faire place à la nouvelle technologie. François n’avait donc pas changé. Il avait gardé cette manie de tout noter.

Sans mot dire, Théo le saisit.

— Vous le récupérez rapidement, monsieur Destrée. Merci pour votre collaboration.

Nous nous levâmes de concert et François reprit sa place devant sa fenêtre. Au moment où j’enfourchai ma moto, je remarquai que Diego Destrio était garé non loin de là et qu’il me regardait. Il me fit un signe et son chauffeur démarra, il passa près de moi au ralenti puis accéléra.

Arrivée au commissariat, j’avais déjà le premier rapport de Luc Grégoras. Je reconnaissais que c’était un bon légiste, rapide et efficace. Il confirmait l’heure de la mort de Philippe Peton, tôt dans la matinée, ainsi qu’une bagarre. L’homme s’était défendu, à en croire les coups sur les mains. Il était possible qu’il ait trébuché et qu’il soit mal tombé.

Théo avait cherché dans les comptes-rendus du cambriolage de François s’il y avait d’autres empreintes connues et moi, je me plongeai dans les photos. Je me souvenais parfaitement du visage du copain de Peton. Il n’était malheureusement dans nos fichiers, je décidai de repartir chez la famille qui accueillait la victime. Simone avait peut-être son nom.

Cette fois-ci, je n’y allais pas en moto. Je ne voulais pas que les voisins soient au courant de ma visite. J’empruntai donc une voiture banalisée.

Simone m’ouvrit la porte et j’entrai. Elle avait les yeux rouges, signe qu’elle avait dû pleurer.

Elle m’invita à m’asseoir autour de la table du salon et prit place en face de moi. Son compagnon nous rejoignit aussitôt. Je ne tergiversai pas longtemps pour poser la question qui me brulait les lèvres et je ne souhaitais pas qu’il se tracassent inutilement.

— Vous m’avez parlé ce matin d’un copain qui accompagnait Philippe, connaissez-vous son nom ?

— Il l’appelait Joseph, répondit son mari.

— T’es sûr Henri ? C’était peut-être l’autre et pas celui qui était venu ici.

Elle ajouta en se tournant vers moi.

— Philippe avait deux amis avec qui il avait sympathisé en foyer. Philippe était le seul à avoir été placé en famille d’accueil, pas eux, ça se passait toujours mal. Vous pourriez peut-être connaitre leur nom avec le directeur qui s’occupait d’eux. Je vous donne l’adresse.

Je comprenais bien que le couple voulait vraiment m’aider et ne pas avoir maille avec la police. Je pris donc le papier où elle avait noté les coordonnées.

Son mari, Henri, n’en démordait pas, c’était Joseph qui était venu chez eux.

— Vous connaissez son nom de famille ?

— Non, mais le réparateur de motos oui. C’était un fou de ces engins, mais il n’avait pas les moyens de s’en offrir, s’il avait pu en voler une, il ne se serait pas gêné. Il était tout le temps fourré chez le mécanicien, dans l’espoir qu’il lui trouve une bécane pour presque rien.

C’était certainement lui que j’avais vu tourner auprès de la mienne au commissariat. Je les remerciai pour leur aide et quittai leur maison.

Je me garai devant le hangar où différentes motos s’alignaient. Au moment, où j’ouvrai la portière, un homme sortait en courant et le patron de l’entreprise l’invectivait furieusement :

— Ne remets plus jamais les pieds ici Gardon, sinon je te signale à la police.

Il m’aperçut et me prit à partie.

— Désolé, mais il ne cesse de tourner autour de mon matériel. Vous désiriez quelque chose ?

— Vous avez de la chance, je suis Angèle Merlin, commandante de police. Un problème ?

— Je ne veux pas lui faire de tort, mais ce Joseph Gardon vient tous les jours me demander si je n’ai pas une moto à lui donner, comme si je pouvais me permettre de donner ! Et puis, j’ai entendu ce matin que Philippe Peton était mort. Ils étaient tout le temps ensemble. Je ne veux pas être mêlé à leurs histoires. Imaginez qu’il prenne une bécane pour s’échapper d’ici ?

À suivre …

© Isabelle -Marie d’Angèle

À très vite…

J’aime un voyou au grand coeur

Bonjour toi 😉

Que dirais-tu si je te partageai le chapitre 12 ?

Chapitre 12

Deux semaines s’étaient passées. Je continuais à courir avec Tuck, c’était un vrai plaisir. J’en profitais pour discuter avec Paco autour d’un verre quand je ramenais son chien. Un jour, j’eus la surprise qu’il m’accompagne. Il avait récupéré toute son agilité et je réussis à caler mes foulées sur les siennes. Le chien nous suivait et respectait alors les consignes de son maître à la lettre. En riant, j’avais bien essayé de lui parler, mais l’animal me snoba complètement.

Luc Grégoras, notre médecin légiste, avait compris qu’il devait faire profil bas et me laisser tranquille. Lors d’une intervention, il avait bien tenté une discussion, mais je l’avais arrêté d’un geste. Je n’étais pas fière d’être devenue la commandante qui lui donnait l’ordre de me foutre la paix.

Je me rendais compte au fil des jours que la solitude me convenait tout à fait. Je n’étais pas faite pour la vie de couple. Pistole était le seul qui trouvait grâce à mes yeux. Enfin, presque… J’avouais que j’appréciais de plus en plus la compagnie de mon ami d’enfance, mais il ne tentait plus rien. J’étais bien un peu frustrée, mais finalement c’était mieux ainsi. Nos relations restaient celles de l’amitié.

J’étais d’astreinte ce samedi-là, je n’étais pas allée courir avec Paco et j’enfourchai ma moto quand mon portable bipa. C’était Théo, mon capitaine, qui me prévenait qu’un corps venait d’être découvert dans un champ. C’était un chasseur qui avait donné l’alerte.

Je notai l’adresse et je filai le retrouver.

Le médecin légiste était arrivé et il auscultait la victime. Je saluai mes deux collègues et me penchai sur le corps. Je reculai aussitôt d’un pas. Je reconnus l’un des hommes qui m’avait accosté devant le commissariat, celui-là même que j’avais croisé lors de la première promenade avec Paco dans les bois.

— Tu le connais ? demanda le capitaine qui avait noté mon mouvement.

— Oui, je n’ai pas son nom, mais c’est celui qui en voulait à ma moto. Tu te souviens ?

Je ne souhaitais pas lui cacher quoi que ce soit aussi j’ajoutai que je l’avais déjà vu dans la forêt en compagnie de Paco.

Le légiste me fit un rapide rapport sans me regarder. La mort remontait à quelques heures. La victime était tombée sur une pierre et le coup avait été fatal. Restait à prouver si l’homme était tombé seul ou s’il y avait eu bagarre. Des examens plus approfondis m’en apprendraient davantage rapidement.

Je me baissai sur le corps et palpai ses poches à la recherche de papiers qui révéleraient son identité. Je ne trouvai rien.

— Tu as interrogé le chasseur ?

— Oui, rien de spécial. Si tu veux lui parler, il est là-bas, avec son chien.

L’homme me fit signe. Nous nous connaissions bien, il n’habitait pas loin de chez moi et c’est dans sa poubelle que j’avais ramassé Pistole.

— Comment allez-vous Joseph ?

Il me sourit. Il était gentil avec sa barbe blanche et ses cheveux en bataille. Il avait ôté sa casquette pour me saluer.

— Bah, pas terrible. C’est jamais arrivé par chez nous un truc pareil. Pauvre homme ! qui c’est qui pouvait bien lui en vouloir. Je l’avais déjà vu trainer dans le coin avec un autre bonhomme, mais il n’avait pas l’air méchant. Il est mort comment ?

— Joseph, je ne peux rien vous dire, vous le savez bien. Vous apprendrez tout ça dans les journaux comme d’habitude.

— C’est mon chien qui l’a reniflé. Il s’est assis à côté et m’a attendu. Brave bête va ! 

— Je vous recontacterais si nous avions d’autres questions, ne vous inquiétez pas, vous pouvez continuer votre promenade.

— Bah, j’ai plus envie maintenant, ça m’a retourné cette découverte. Quand ma femme va savoir ça !

Il me salua et s’en alla accompagné de son chien gambadant autour de lui. Je ne me faisais aucune illusion, dans peu de temps, tout le village serait au courant.

— J’ai l’identité de notre victime, Angèle. Il s’agit de Philippe Peton. Il est connu dans nos services pour ses vols à l’arraché. J’ai également son adresse.

— Il est marié ? Des enfants ?

— Apparemment, il vit encore chez ses parents.

— On y va.

Je donnai mes ordres pour qu’on rapatrie le corps à l’institut médico-légal dès que toutes les recherches d’empreintes auraient été faites.

Je partis en moto alors que Théo me suivait en voiture.

La maison où habitait la victime était dans un cul-de-sac. Un véhicule était garé devant le portail. J’attendis mon collègue pour sonner. Aussitôt une femme d’un certain âge nous ouvrit, le sourire aux lèvres, mais dès qu’elle aperçut nos insignes, elle se signa.

— C’est Philippe, il a encore fait des siennes. Mon mari va être en colère. Nous sommes famille d’accueil et ce gamin, enfin même si ça en est plus un, ne nous apporte que des ennuis.

C’est le capitaine qui lui annonça la nouvelle. Elle se signa à nouveau.

— Pauvre gosse ! il fallait bien que ça arrive, avec toutes les mauvaises fréquentations qu’il avait. Vous savez, dans le quartier, à cause de lui, nous étions mal vus. D’ailleurs, regardez en face le rideau qui bouge. La voisine a bien repéré que vous étiez de la police. Entrez donc ! je vous offre un café ?

La brave femme me faisait de la peine. Pourtant, je déclinai.

— Peut-on visiter sa chambre ? demandais-je en souriant.

— Bien sûr, même s’il ne dormait plus ici depuis quelque temps.

— Quand l’avez vu pour la dernière fois ? l’interrogea le capitaine Kawas.

Elle réfléchit puis elle nous répondit que ça devait bien faire une bonne quinzaine de jours. Il avait débarqué chez eux avec un copain, très énervé, il avait pris quelques affaires, depuis elle n’avait plus de nouvelles.

— Vous a-t-il dit quelque chose ? Pourquoi était-il de mauvaise humeur ? demanda encore Théo.

Je voyais bien qu’elle hésitait à parler, elle ne voulait pas accabler son protégé. Je la rassurai.

— Racontez-nous la vérité madame, tous les détails comptent pour…

Un homme, son mari sans doute, déboula devant nous, affolé.

— C’est le Philippe, il a été assassiné. Je parie que c’est à cause de la baston de la dernière fois.

C’est alors qu’il nous identifia.

— Ah ben, vous n’avez pas trainé pour débarquer chez nous. On n’y est pour rien nous ! Je t’avais prévenu Simone, cet homme il fallait qu’il déguerpisse de la maison depuis longtemps. Il avait passé l’âge d’être en famille d’accueil.

Théo et moi, nous nous présentâmes. Il nous serra la main et nous affirma que lui et son épouse feraient tout pour nous aider. Ils ne voulaient pas d’ennuis.

— Vous parliez d’une baston tout à l’heure, vous pourriez nous en dire plus ?

— C’était, il y a quinze jours, je m’en souviens, il y avait un article dans le journal. J’espère que ce n’était pas lui qui avait tabassé le pauvre directeur de banque. En tous les cas, les dates correspondent, hein, Simone ?

Elle hocha la tête, complètement perdue, puis elle avoua.

— Je l’aime bien François Destrée, il nous a toujours bien conseillé pour notre argent. Alors quand j’ai su qu’il avait été cambriolé et hospitalisé, je suis allée prendre de ses nouvelles et je lui ai demandé s’il avait reconnu ses agresseurs.

Son mari l’apostropha :

— Je n’étais pas au courant. Tu m’en fais des cachotteries, dis-donc ! C’est vrai que lorsqu’il s’agit de Philippe, tu perds la tête. Alors, il t’a répondu quoi le directeur ?

— Ils étaient masqués, murmura-t-elle, mais…

Le cœur en déroute, j’attendais la suite. Je ne voulais pas croire que c’était François l’auteur de ce crime, mais son père si, il était tout à fait capable d’avoir commandité la sale besogne.

Elle reprit en se tordant les mains :

— Il a promis qu’il ne le dénoncerait pas. Il avait reconnu Philippe à son tatouage sur son bras.

Kawas me fixa du regard alors que je lui affirmai que j’allai rencontrer monsieur Destrée afin d’avoir plus d’explications.

— Vous ne pensez quand même pas que c’est lui qui l’a tué ? demanda la brave femme. Il est gentil cet homme.

— Ouais, bougonna son mari, c’est vrai qu’il nous a bien aidés, mais on ne connait jamais les gens, Simone. C’est malin, maintenant, on pourrait croire qu’on est complices.

Elle ouvrit de grands yeux et se mit à pleurer. Je les rassurai, nous reviendrons vers eux au fur et à mesure de l’enquête.

Alors que je mettais mon casque, Théo s’approcha de moi et dit :

— Si ce n’est pas ton pote, c’est son père, ça ne fait aucun doute, mais il va falloir le prouver et ça, ce n’est pas gagné.

— Allons interroger François Destrée et tu m’accompagnes, ainsi tu verras que je ne lui passe aucune faveur. Il va devoir s’expliquer. J’espère que la Banque n’est pas fermée le samedi.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Voici que se termine mon thriller. Je suis ravie d’avoir pu mener l’histoire au bout. N’hésite pas à me dire en commentaires ce que tu en as pensé. Je sais qu’il y a de véritables fans qui attendent avec impatience le dénouement.

Je te laisse donc avec mon dernier chapitre.

Chapitre 35

Le colonel n’en revenait pas. Un clone ? Il avait beaucoup de mal à imaginer que sa belle-fille avait pu se laisser berner par une machine, parce qu’on était bien d’accord, pensait-il, c’était une machine.

Effectivement, le super héros dont les gamins rêvaient existait bien et il les narguait dans cette sale où il avait été relégué comme une pièce à conviction.

L’enquête était close ! Incroyable ! Ce toubib de la plastique s’en sortait encore. Les traces d’ADN sur le masque avaient une explication. Frédéric Marteau l’avait essayé plus d’une fois pour se contempler dans le miroir. Il l’avait écrit dans ses notes.

Ce que le colonel ne comprenait pas c’est pourquoi la machine ne fonctionnait plus depuis que le chirurgien avait disparu. Il avait pourtant affirmé qu’il ne la guidait pas, qu’elle s’était enfuie toute seule sans être commandée. Pourquoi ne le faisait-elle plus aujourd’hui ?

Gérard Faventiny s’approcha du clone. Il le regarda dans les yeux. C’était du très beau travail, il fallait le reconnaitre.

La porte s’ouvrit derrière lui, c’était son fils.

— Mets-toi à côté, ordonna le colonel.

Il contempla la machine et le commandant.

— Incroyable !

Il ne cessait de répéter ce mot.

— Et pourtant je n’y crois pas une seconde.

Il fusilla Daniel du regard.

— Ce putain de masque que la femme de ménage a trouvé dans la poubelle ne me raconte pas qu’il a ruiné tant d’années de travail comme ça, c’est du délire. Je suis certain que c’est lui qui se faisait passer pour toi.

— Nous n’avons aucune preuve papa.

— L’ADN bordel ! ça ne te suffit pas ?

— Il le portait, je te l’ai déjà dit.

— Pourquoi cette machine ne fonctionne plus ?

Daniel haussa les épaules.

— Elle peut marcher, il m’a laissé les codes, mais je n’ai pas du tout l’envie de m’en servir. J’ai tout archivé dans les scellés. Je ne veux plus entendre parler de cette histoire.

— Et les meurtres ? Ah j’oubliais, c’est ce robot ! trop facile ! Daniel, tu ne me caches rien ?

Ils s’affrontèrent du regard et le commandant ne broncha pas devant l’air inquisiteur du colonel.

— De toute façon, je te connais, tu ne me diras rien et vu comme tu as su berner tout le monde avec ton amnésie, tu n’avoueras rien même sous la torture. Et si je te faisais passer un test de vérité ?

Daniel se mit à rire.

— Arrête papa ! pour quelle raison ? Le procureur souhaite classer l’affaire.

Daniel Faventiny le poussa vers la sortie.

— Nous allons enfin pouvoir profiter de notre maison tous ensemble. Vous n’allez pas repartir tout de suite n’est-ce pas ?

Le colonel grommela que sa femme désirait rester avec son fils quelque temps et comme il ne savait rien lui refuser, il avait accepté.

— Tu me promets de ne plus enquêter ? D’ailleurs, je vais prendre quelques jours de congés. Coralie également. Comme ça, tu ne seras pas tenté de fouiner.

— Fouiner ? Décidément, les bonnes manières se perdent, à mon époque, jamais je n’aurais parlé ainsi à mon supérieur.

Daniel éclata de rire.

— Tu n’es pas mon colonel et encore moins en service.

— Ouais !

Quelques jours plus tard, entourés de leurs équipes respectives, Daniel et Coralie bavardaient dans le salon. Ses parents partiraient le lendemain. Les vacances du commandant et du médecin se terminaient et chacun allait reprendre le cours de sa vie habituel.

Hugo discutait avec Sophia, Vicenzo racontait les potins du commissariat avec Esteban et ils tentaient de renseigner Daniel et Coralie sur les dernières enquêtes. Gérard et Anne-Marie Faventiny contemplaient le malinois qui dormait au pied de son maître.

Soudain, il se redressa et gronda. Une porte claqua.

Daniel et Coralie se regardèrent alors que leurs collègues se mettaient à rire.

— C’est juste une porte mal fermée, ne vous inquiétez pas commandant.

Le colonel fixa son fils. Celui-ci avait saisi la main de sa femme. Tous deux avaient pâli, mais Daniel se reprit rapidement.

— Portons un toast, annonça gaiement Daniel en levant son verre, que nos équipes s’entendent toujours aussi bien, n’est-ce pas Hugo ?

Celui-ci sourit à Sophie, puis il bafouilla :

— Oh ça va commandant, nous sommes juste amis.

— Que ça dure encore longtemps, alors !

— C’est pas tout ça, reprit le colonel. Maintenant que cette enquête est terminée, je compte sur vous pour continuer à bien bosser, je suis à la retraite, je ne vais pas m’éterniser ici.

Tous éclatèrent de rire en levant son verre, ils savaient tous que le colonel n’attendait que ça, revenir sur une enquête. La retraite c’était bien, mais le terrain lui manquait.

Tout le monde va bien à ce que je vois. Daniel a bien compris le message, Coralie ne sera pas inquiétée. Ils savent tous les deux que je reviendrai, mais ils ne connaissent ni le jour, ni l’heure, ni sous quelle forme.

Tous deux pensent avoir les codes pour mettre en route la machine, mais moi seul peux la commander, enfin peut-être…

L’homme ouvrit l’armoire. Le visage de Faventiny apparut. Il le caressa et sourit.

FIN

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Si tu tenais le livre entre tes mains, tu verrais bien qu’il ne reste plus beaucoup de pages. Voici l’avant dernier chapitre.

Chapitre 34

Les résultats des tests ADN du masque ne laissèrent planer aucun doute, il s’agissait bien des empreintes du Docteur Marteau. Faventiny était le seul à savoir. Il avait demandé qu’ils arrivent sur son bureau avec la mention personnel et aucun cachet.

Il était resté tard. Coralie en compagnie de ses parents était en sécurité. Il avait ordonné à ses deux acolytes de rentrer chez eux, il les mettrait au parfum aussi vite que possible. Il ne s’attendait pas à recevoir l’enveloppe rapidement.

Sidéré, Faventiny ne comprenait pas. Qui était son double ? Marteau ?

Le commandant tenait encore les papiers à la main quand son téléphone vibra, il ne connaissait pas le numéro.

Il répondit.

Juliette Tomys avait passé la nuit à la clinique vétérinaire. Elle n’avait pas réalisé qu’elle avait failli perdre son chien. Une intoxication alimentaire lui avait-on dit. Elle ne comprenait pas, il ne mangeait que ce qu’elle lui donnait.

Elle était enfin rassurée, son doberman Einstein était tiré d’affaire, elle pouvait repartir avec lui. Il n’était pas encore très gaillard, mais il la suivit les oreilles basses.

Le quartier était calme, le jour se levait à peine. Elle jeta un coup d’œil chez son voisin. Il devait être de garde, sa voiture n’était pas là.

Elle ouvrit son garage avec sa télécommande et rentra son véhicule. Einstein put sortir en toute sécurité sans être vu. Il fila directement s’allonger dans son panier.

Elle venait juste de se préparer un café quand elle entendit le bruit de freinage et les portières claquer. Elle leva le rideau de sa fenêtre de cuisine et découvrit avec stupeur un groupe de policiers armés et masqués se déployer dans le jardin de son voisin.

Elle aperçut le commandant Faventiny qui semblait diriger les opérations. Elle n’osa pas se montrer.

Quelques minutes à peine après leur débarquement, on frappa chez elle.

—  Ouvrez, Police !

En soupirant, elle déverrouilla sa porte et se trouva face à Faventiny. Elle l’apostropha vertement.

—  C’est pas une heure pour déranger les gens. Qu’est-ce qu’on va croire autour ? Qu’est-ce qui vous arrive encore ? Vous avez retrouvé la mémoire ?

Il ne prit pas le temps de lui répondre et demanda :

—  Savez-vous où est votre voisin ?

—  Bonjour d’abord ! vous voulez un café ? Et puis non, je ne sais pas où il est, je n’ai pas dormi chez moi. Mon chien était à la clinique. J’ai failli le perdre. J’avais autre chose à penser que de le surveiller.

Esteban et Hugo revenaient vers leur commandant et lui affirmèrent que Marteau avait disparu. La maison était vidée.

Stupéfaite, elle écarquilla les yeux.

—  En voilà une nouvelle ! Hier encore…

Elle s’interrompit et se frappa le front.

—  Je parie que c’est lui qui a empoisonné mon chien. Comme ça, je n’étais pas là pour regarder. Mais demandez aux voisins d’en face, ils ont certainement entendu quelque chose, un camion qui vient déménager ne peut pas passer inaperçu.

Hugo répondit :

—  Ils sont absents.

Faventiny ordonna de repartir, il salua rapidement Juliette Tomys et grimpa dans sa voiture embarquant avec lui ses deux collègues.

Il se dirigea toujours suivi des autres véhicules vers la maison qui l’avait hébergé. De la même façon, ils la découvrirent vidée et sans aucune trace à identifier.

Daniel donna un coup de poing dans le mur et cria :

— Trouvez-moi quelque chose, n’importe quoi du moment que j’ai une piste.

Mais ils eurent beau chercher, toute l’équipe déployée ne releva aucune empreinte. La baraque avait été nettoyée de fond en comble.

Faventiny appela l’hôpital et demanda à parler au médecin. On lui répondit qu’il était parti, une urgence dans sa famille. Il ne fut guère étonné.

Esteban proposa d’essayer avec Martine Joly. Elle n’avait aucune nouvelle de Marteau. Elle ne l’avait pas revu.

Il lui parla alors du carnet.

— Où est-il ? Vous l’avez lu ? Pourquoi ne m’avoir rien dit ?

— Commandant, avec votre amnésie, la découverte du masque, et maintenant cette disparation, nous n’avons pas eu une minute à nous, souffla Hugo qui se demandait où pouvait bien être ce carnet.

Il se souvenait l’avoir glissé dans sa poche. Ils devaient le lire au commissariat, mais Juliette Tomys avait débarqué avec le masque puis Marteau était arrivé. Il avait dû l’entrainer pour sortir par-derrière. Où était — il ?

— Alors ?

— Au bureau, dans mon tiroir.

Il ne pouvait être que là, pensa-t-il, mais une fois sur place, Hugo ne trouva rien. Il se revoyait emmener Juliette Tomys en la tenant par le bras, il s’était fait bousculer par un collègue. Le carnet serait-il tombé ? Pour une faute professionnelle, c’en était une belle, Faventiny n’allait pas la laisser passer. Et soudain, il se souvint de l’homme, ce n’était pas un flic, mais Karl qui faisait le ménage. Il étouffa un juron.

— Bordel, il me l’a volé.

Faventiny et Esteban fixèrent Hugo qui confessa tout.

— Il n’y a plus qu’à interroger Martine Joly.

Avec horreur, ils apprirent que la maison dont les Faventiny avaient hérité appartenait bel et bien à Frédéric Marteau. Martine Joly leur avait dit que le chirurgien faisait souvent des cauchemars et qu’il racontait qu’il avait tué un à un les voisins qui habitaient près de chez lui. Il n’avait jamais été inquiété parce que ce n’était pas lui qui faisait le sale boulot, tous, des repris de justice qui étaient payés grassement et qui disparaissaient ensuite.

Faventiny appela alors sa femme pour lui annoncer la nouvelle, mais ce qu’elle lui apprit le fit entrer dans une rage folle.

— Je te jure qu’il n’y est pour rien, c’est son clone.

— Comment as-tu pu croire une chose pareille ? Et surtout ne pas m’en parler ? 

— Je sais où il m’a emmenée, nous y allons si tu veux.

— Mais nous ne trouverons rien, j’en suis certain.

À nouveau, les voitures de police suivirent le commandant et ce qu’ils découvrirent les laissa muets de stupeur.

La maison n’avait pas été vidée, le sous-sol où Coralie les entraina non plus. Ils regardèrent le clone, le visage de Faventiny, feuilletèrent toutes les notes de Marteau qui racontaient ses recherches. Il avait tout consigné par écrit et priait qu’on lui pardonne. Une lettre d’adieu était adressée à Coralie où il la remerciait de lui avoir fait confiance. Faventiny était seul avec sa femme, les policiers s’activaient tout autour d’eux.

— Que veut-il dire ? demanda-t-il en baissant la voix.

— Il souhaitait que je lui laisse deux jours et ensuite il se livrerait.

— Tu l’as cru ? Te rends-tu compte que tu es sa complice ? Entrave à la justice tu connais ?  

C’est alors qu’il se souvint de l’appel qu’il avait reçu. Il jeta un coup d’œil autour de lui, personne ne leur prêtait attention, trop occupé à relever des empreintes et prendre des photos.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

La fin est proche et j’avoue avoir un peu de mal à quitter mes héros 😏

Chapitre 33

Frédéric Marteau invita sa passagère à descendre de la voiture. Elle hésita, mais voyant qu’il ne l’obligeait en rien, elle le suivit.

Elle n’était jamais rentrée chez lui. Elle fut surprise par l’ambiance chaleureuse qui se dégageait. Elle n’aurait jamais imaginé que son ami de faculté pouvait avoir aussi bon goût pour la décoration. Un grand canapé d’angle dans les tons taupe, moelleux à souhait occupait la pièce principale. Lorsque son mari et ses collègues avaient perquisitionné, ils n’avaient rien raconté et elle avait pensé que Marteau avait une maison banale et froide. Ce n’était pas le cas.

C’est dans la cuisine américaine des plus fonctionnelles qui lui servit un café. Il la regarda droit dans les yeux et commença son récit :

— Tout d’abord, il faut que tu saches que jamais je n’ai voulu te faire de mal, ni à toi ni à ton mari.

Elle haussa les sourcils, mais ne l’interrompit pas. Il continua donc d’une voix monocorde.

— J’ai toujours été fasciné par le clonage, je ne t’apprends rien. Alors, j’ai tenté une expérience. Veux-tu me suivre dans mon sous-sol ? N’aie crainte, je ne te ferai pas de mal et si tu as peur quand tu seras en bas, tu pourras repartir, je ne te retiendrai pas.

Curieuse au fond d’elle-même, elle lui emboita le pas après avoir avalé son café. Elle s’immobilisa sur la dernière marche et contempla avec stupéfaction ce qui s’offrait à elle.

Le sous-sol avait tout d’un centre de recherches avec ordinateur de la dernière génération. Elle se crut dans un film de Marvel avec les super-héros. Elle s’approcha de la vitrine où un homme la regardait. Marteau la laissa faire sans un geste pour la retenir.

Elle se planta devant celui qui ressemblait trait pour trait à son mari. Daniel Faventiny était face à elle, habillé de vêtements qu’il avait l’habitude de porter.

— Je n’ai plus réussi à le maîtriser, murmura Frédéric Marteau. Voilà pourquoi, il reste maintenant enfermé dans cette armoire. Tu vois, j’ai toujours la clé sur moi, il ne pourra plus faire de mal à personne.

— Tu veux dire que c’est lui qui a tué ces hommes, a blessé Daniel, l’a kidnappé et lui a fait perdre la mémoire ?

— Oui, je te le jure. Faventiny et ses collègues pensent que c’est moi avec un masque sur la tête qui ressemble à ton mari, mais c’est faux. C’est lorsque ma compagne a été attaquée que j’ai réalisé que ce clone s’était échappé. Je ne l’avais jamais enfermé parce que je n’avais pas imaginé qu’il pouvait prendre vie tout seul.

— Peux-tu m’expliquer pourquoi tu lui as donné le visage du commandant ?

Frédéric Marteau se mit à marcher de long en large, se gratta la tête, soupira, et commença à transpirer. Puis il lâcha :

— Je voulais juste quelques minutes, quelques heures, être à sa place. Je tenais les rênes, il ne pouvait faire que ce que je lui disais. Mais… la machine a été plus forte que moi et j’ai été dépassé.

— Je ne comprends toujours pas pourquoi tu n’as pas fait ton propre clone.

Il s’agaça.

— Avec mon visage ? Réfléchis un peu. Autant faire un beau clone, tu ne crois pas ?

— En fait, tu as créé celui de mon mari.

— Si tu veux, mais…

Il la regarda.

— Je suis désolé.

— C’est donc ce truc qui m’a embrassée ? Qui me surveillait dans la maison ? Qui m’a enfermée ? Pourquoi n’as-tu rien fait à ce moment là quand tu as compris ce qui se passait ?

Il haussa les épaules et avoua :

— Je voulais m’amuser un peu et… d’accord, ton mari m’agace. Je suis jaloux.

— Jaloux ? De quoi ? Je ne comprends pas.

— Il a tout ce que je n’ai pas. Il est beau, il est commandant…

Elle l’interrompit.

— Tu es un chirurgien plasticien renommé, tu n’as rien à lui envier côté professionnel.

Elle réalisa alors ce qu’il n’osait pas dire.

— Tu es amoureux de moi ? Fred ? Réponds-moi !

Il baissa la tête et murmura :

— C’est arrivé sans que je m’en rende compte, mais je t’assure que tout ça n’était pas prémédité.

— Tu vas tout raconter à la police.

— Laisse-moi encore quelques jours, mon projet est pratiquement terminé et je vais changer son visage. Ce ne sera plus le commandant, mais moi. J’ai d’ailleurs le moule de mon visage. Je t’en prie, deux jours, pas plus. Je pourrai présenter ce clone et montrer le fruit de mes recherches.

— Tu es fou Fred, jamais ça ne marchera. Il y a eu des morts, tu as usurpé le nom de mon mari, tu as volé son visage, j’ai bien vu la minuscule cicatrice.

— Un travail minutieux de grande beauté, tu ne peux pas le nier.

Elle regarda son ami. Il lui faisait pitié. Sa conscience professionnelle lui dictait de tout raconter et de l’arrêter, mais son air de chien battu la fit hésiter.

— Deux jours ? Tu me le promets ?

Il acquiesça.

La voiture de police stoppa brutalement devant la maison du chirurgien. Faventiny et ses deux collègues se ruèrent sur la porte qu’ils faillirent défoncer lorsque Juliette Tomys les interpella.

— Il n’est pas là, le toubib.

Les trois hommes cessèrent leur vacarme.

— Vous êtes certaine ?

— Vous voyez bien qu’il n’y a pas son véhicule. Il est à l’hôpital comme tous les jours.

Elle s’approcha d’eux et la mine curieuse les interrogea :

— Alors ce masque ?

Ils ne répondirent pas et remontèrent dans la voiture. Daniel cliqua sur le numéro de sa femme et à sa grande surprise, elle décrocha aussitôt.

— Un problème Daniel ?

Interloqué, il hésita, mais Coralie continua :

— J’étais avec Marteau. Il m’avait demandé de le rejoindre au café près de l’hôpital, c’est pour ça que tu appelles non ? Tu es rassuré, tout va bien, il voulait juste me parler de sa compagne. Il ne comprend pas pourquoi, il y avait un policier devant sa porte, il souhaitait que j’intervienne pour qu’il puisse la voir, il semblerait que ce soit impossible.

Quelque chose clochait, il le sentait. Ses collègues et lui ne les avaient pas aperçus dans le café. Coralie lui mentirait-elle ?

— Où es-tu ?

— Au l’institut médico-légal, où veux-tu que je sois ? Pourquoi m’appelais-tu ?

— Pour rien, à tout à l’heure.

Il raccrocha, perplexe.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Pour mes lecteurs assidus, je partage un nouveau chapitre. J’ai bien compris ton impatience 😂.

Chapitre 32

Faventiny fit signe à ses collègues de l’emporter. Esteban s’en chargea avec répugnance. Hugo resta avec son supérieur. Celui-ci s’assit à son bureau et prit la parole.

— Madame Tomys, je vais vous demander d’être très prudente et de ne parler de rien à qui que ce soit. J’espère que votre amie fera de même.

— Elle va s’occuper d’un autre service. Je lui ai raconté l’histoire.

Les deux policiers soupirèrent. Quelles bavardes ces femmes. Elles ne se rendaient pas compte qu’elles avaient affaire à un grand malade qui n’avait pas hésité à tuer dès qu’il se sentait en danger.

— Ne craignez rien, reprit Juliette Tomys, comprenant qu’elle les avait inquiétés. Mon amie est tenue au secret professionnel, rien ne dit qu’il s’agit du docteur Marteau qui a fait ce visage, même si tout prouve le contraire.

Les deux hommes ne répondirent pas. Ils la remercièrent et l’invitèrent à rentrer chez elle. Daniel lui suggéra alors :

— Peut-être pourriez-vous prendre quelques jours de vacances ?

— En voilà une idée !

Esteban entra en trombe dans le bureau.

— Commandant, Frédéric Marteau est à l’accueil. Il souhaite vous parler.

Hugo entraina aussitôt Juliette Tomys pour la faire sortir par-derrière. Il était temps, Marteau poussait la porte sans y être invité devant l’air stupéfait des policiers.

— Commandant, je n’apprécie pas vos manières. Vous auriez pu me prévenir que ma compagne n’était pas morte !

— Qui ? Quelle compagne ?

Le chirurgien souffla.

— C’est vrai, vous êtes amnésique ! Il y a quelqu’un qui pourrait me renseigner ?

Hugo rétorqua froidement :

— Croyez-vous que nous appréciions vos manières ? Vous entrez ici comme dans un moulin, on ne vous a jamais appris à frapper ?

— Excusez-moi, mais je ne comprends pas pourquoi un de vos collègues fait le planton devant la chambre de ma compagne.

— Ne faites pas l’imbécile, vous savez bien qu’elle a été agressée ! répondit Hugo.

— Et vous n’avez toujours pas trouvé qui est l’assassin ?

— Je vous rappelle que votre amie n’est pas morte.

— C’est ce que j’avais cru comprendre, mais je me suis trompé.

Hugo et Faventiny se regardèrent. Comment pouvait-il le savoir ?

Soudain Daniel se prit la tête dans les mains.

— Vous ne vous sentez pas bien commandant ? s’affola Hugo.

— Un souvenir… idiot… Jokari.

Marteau sursauta et Faventiny s’en aperçut, mais ne fit aucune réflexion. Le chirurgien se reprit aussitôt.

— Un souvenir d’enfance sans doute. C’est un jeu.

— Non… ce n’est pas un jeu. Joseph, Karl, Richard, Jokari.

Il se tourna vers Hugo.

— Ça te dit quelque chose ?

— Joseph ? Vous avez eu un homme balancé dans votre mare. Il s’appelait Joseph. Karl et Richard ne sont pas ceux qui discutaient avec vous docteur ?

Faventiny se retourna vers le chirurgien.

— De quoi parlez-vous ? Je ne connais pas ces noms.

Hugo tapota sur l’ordinateur et tourna l’écran vers lui. Les clichés des deux hommes apparurent.

— Je ne vois pas.

— Pourtant, vous conversiez avec eux, il y a plus d’une semaine. Le commandant était séquestré à ce moment-là.

Hugo montra la preuve de ce qu’il avançait.

— Depuis quand me surveillez-vous ? s’insurgea le médecin.

— Depuis que votre compagne a été assassinée. Je vous rappelle quand même qu’on l’a trouvée chez vous, morte.

— D’ailleurs où en êtes-vous ?

— Répondez à ma question. Vous connaissez ces deux hommes ?

Faventiny n’avait toujours pas dit un mot et laissait son collègue mener l’interrogatoire. Le chirurgien se pencha et examina la photo.

— Peut-être des anciens patients !

— Je ne pense pas. Ils sont tous deux des repris de justice.

— Et alors ? Ils n’ont pas droit aux soins ?

— Je doute qu’ils aient les moyens de payer mes interventions, ironisa Hugo.

Faventiny ne disait toujours rien. Frédéric Marteau se leva.

— J’étais venu chercher des renseignements et finalement, je me retrouve à devoir me justifier. Puis-je m’en aller ?

— Restez à notre disposition, nous allons certainement avoir des questions à vous poser, répondit Hugo.

Seuls, les deux hommes se regardèrent.

— Il était donc en relation avec mon double pour avoir entendu que sa femme était morte.

— Tu avais encore ton alliance ce jour-là.

— Il a dû lui faire mon visage.

Esteban revenait et leur annonça qu’ils auraient les résultats d’ici 24 heures.

— Ils ne peuvent pas faire plus vite ?

— Je leur ai demandé.

Fréderic Marteau sortit du commissariat perturbé. Rien ne se déroulait comme il voulait et surtout, il sentait bien qu’il perdait pied. Ses fichus médicaments diminuaient ses facultés de réflexion et de concentration. Il remarqua dans le bar d’en face, deux femmes attablées autour d’un café. Il reconnut sa voisine et l’agent de service qui avait nettoyé son bureau. Il soupira. Il allait, une fois de plus, devoir faire place nette. Il les surveilla de loin. Juliette Tomys reprit sa voiture alors que Corinne Vitrail enfourchait son scooter et se dirigeait vers son lieu de travail.

Le portable de Marteau vibra dans sa poche. Lorsqu’il découvrit qui l’appelait, il décrocha aussitôt et ne laissa pas parler son interlocutrice.

— Coralie ? J’ai besoin de ton aide. Peux-tu me rejoindre au café près de l’hôpital, celui qui est dans la petite rue ?

Il coupa la conversation avant qu’elle ne réponde. Il espéra qu’elle pourrait venir le retrouver. Lorsqu’il rangea son téléphone, les deux femmes avaient disparu.

Perplexe, Coralie regarda son portable.

— Un problème ? demanda Sophia.

— Je vais m’absenter un moment, si mon mari ou un de ses collègues m’appellent, tu leur dis que je suis au café près de l’hôpital.

— Tu vas voir le toubib ? Ce n’est pas une bonne idée d’y aller seule.

— Vous vous trompez sur son compte.

Elle enfilait déjà son manteau.

Vincenzo tenta de lui barrer le passage, mais elle le repoussa gentiment.

— Je n’en ai pas pour longtemps, ne craigniez rien.

Elle n’était pas encore dans sa voiture que Sophia appelait le commissariat.

Frédéric Marteau guettait Coralie. Dès qu’il l’aperçut, il courut vers elle, l’attrapa par le bras et l’entraina vers son véhicule. Elle tenta de se rebiffer, mais il la tenait fermement.

— Mais lâche-moi, qu’est-ce qu’il te prend ?

Il ne lui répondit que lorsqu’elle fut assise. Il démarra et dit :

— Je t’assure que je ne voulais pas lui faire de mal.

Coralie le regardait qui fixait la route. Elle se rendit compte qu’il la conduisait hors de la ville.

— Où m’emmènes-tu ?

— Chez moi.

— Pourquoi ?

— Je vais tout te raconter, mais promets-moi de ne pas me juger.

Inquiète, elle se demanda alors si ses collègues n’avaient pas eu raison en lui intimant de faire attention à cet ami qu’elle ne reconnaissait pas.

Dès que Faventiny et ses deux acolytes parvinrent au café, ils comprirent rapidement que Coralie et le médecin n’y étaient pas. Daniel tapa le poing sur le capot du véhicule de police.

— Où l’a-t-il emmenée ?

— Chez lui, hasarda Esteban.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

😱🧐🤔 tout est dit 😂

Chapitre 31

Le téléphone de Coralie sonna. Elle ne reconnut pas le numéro. Elle décrocha. C’était une femme à l’appareil. Elle ne comprit pas immédiatement ce qu’elle lui disait, elle semblait paniquée et ses propos étaient incohérents.

— S’il vous plait, aidez-moi… Il m’a vue… Je suis en danger… Votre mari… il veut le tuer. Vous devez me croire.

— Allo ? Qui est à l’appareil ?

— Cécilia Joly.

— Qui vous a vue ? De qui parlez-vous ?

— Il va venir me chercher, on va l’écouter, il est médecin. Je vous en prie, aidez-moi.

— J’arrive et je préviens la police.

Coralie raccrocha et appela aussitôt Esteban ou Hugo. Ce fut le deuxième qui répondit. Hugo lui intima fermement de rester là où elle était. Accompagné d’Esteban, il partit à la clinique où se reposait la compagne de Frédéric Marteau.

Choquée, Coralie retrouva Sophia et Vincenzo.

— Pauvre femme, j’espère qu’il ne lui arrivera rien, s’exclama Sophia.

— De qui parlait-elle ? demanda Coralie.

Ils dirent en même temps :

— De ton copain le chirurgien.

Coralie réfuta leur réponse.

— Impossible, Fred n’est pas un meurtrier.

Ses deux collègues haussèrent les épaules et ne firent aucune objection.

— Tu vas raconter ça au commandant ?

— À quoi ça sert Sophia, il ne se souvient de rien. Il ne sait pas même qui elle est.

La jeune femme et Vincenzo se concertèrent du regard. Coralie les examina se donner des coups de coude comme s’ils avaient envie de lui dire quelque chose.

— Cessez de tergiverser, s’agaça leur supérieure, parlez-moi.

Vincenzo se lança.

— Ne te fâche pas, mais Sophia et moi, nous croyons que le commandant n’a pas perdu la mémoire.

Coralie haussa les sourcils.

— Ce serait bien en effet, malheureusement, ce n’est pas le cas.

Elle leur tourna le dos pour rejoindre son bureau et se planter devant son ordinateur.

— Pourquoi nous fuis-tu, Coralie ? Tu ne nous fais pas confiance ?

Le téléphone sonna au bon moment. Ses collègues l’abandonnèrent à regret.

Esteban et Hugo arrivèrent rapidement à la clinique. Ils trouvèrent Cécilia Joly, en proie à une crise d’angoisse. Elle fut pourtant soulagée de les voir. Aussitôt, elle montra son sac. Hugo lui apporta. Elle le saisit et chercha à l’intérieur. Elle tendit un carnet rouge à Hugo. Il eut juste le temps de le mettre dans sa poche que la porte s’ouvrait à la volée.

— Cécilia ?

La jeune femme sursauta. Les policiers regardèrent le chirurgien sans faire un geste.

— Bonjour messieurs.

Il était accompagné d’une infirmière.

— Je ne voulais pas le croire quand on m’a dit que tu étais ici ma chérie !

— Je ne suis plus ta chérie. Je sais ce que tu m’as fait.

Il se tourna vers l’infirmière. Elle lui tendit une seringue.

— Si vous pouviez sortir messieurs.

Hugo et Esteban refusèrent de bouger.

— Nous venions chercher madame Joly, nous avons un mandat d’amener. Le procureur Claude Darcin désirait l’interroger et comme nous avons appris qu’elle était apte à nous parler et pouvait à répondre à nos questions, nous l’emmenions à son bureau. Pouvez- vous nous suivre, madame.

— Montrez-moi votre papier ? Je doute que ma patiente soit capable de faire quoi que ce soit, n’est-ce pas Cécilia ?

Il la tenait fermement par le bras et la fixait. Elle se mit à trembler et à balbutier qu’elle était d’accord pour partir avec les policiers.

— Tu n’es pas en état ma chérie.

Il se tourna vers Hugo et Esteban.

— Vous reviendrez, messieurs, ma compagne est avant tout une malade et elle doit se reposer.

Il fit signe à l’infirmière pour qu’elle l’aide à se recoucher dans son lit. Les deux hommes n’insistèrent pas. Esteban intercepta le regard affolé de Cécilia Joly qui l’enjoignait de ne pas la laisser.

Une fois dans le couloir, Hugo appela le procureur pour l’informer de la situation. Il décida qu’un policier serait de garde devant la porte et qu’elle ne pourrait pas sortir sans autorisation. Elle était un témoin.

Dans leur voiture, Hugo et Esteban n’étaient pas tranquilles. Le regard affolé de Cécilia Joly leur avait fait comprendre qu’elle avait peur de son compagnon.

— Partons d’ici, nous découvrirons ce qu’il y a dans le carnet au commissariat.

Juliette Tomys avait gardé ce que lui avait apporté son amie et l’avait mis dans un sac plastique. Elle décida de le porter à la police. Cette histoire allait trop loin, elle ne voulait pas avoir d’ennuis.

Elle avait mal dormi surtout que son chien ne cessait de grogner comme s’il sentait un danger rôder autour de sa maîtresse.

Elle se leva tôt, avala un café et sortit sa voiture. Son sac en plastique était au fond de sa besace. Elle n’était pas rassurée, surtout qu’elle voyait son voisin faire de même. Elle monta dans son véhicule sans le regarder et démarra en vitesse.

À l’accueil du commissariat, elle demanda à parler au commandant Faventiny. À sa grande surprise, il vint en personne, accompagné de ses deux acolytes.

— Vous avez retrouvé votre mémoire ?

Il se tourna vers Hugo, interrogatif. Celui-ci répondit à sa place.

— Non, il ne se souvient pas de vous, madame Tomys. Suivez-nous, vous avez quelque chose de plus à apporter à l’enquête ?

Une fois dans le bureau, elle saisit son sac et balança la poche plastique. Esteban l’ouvrit et recula d’un pas, écœuré.

— C’est pas beau à voir, je sais !

Hugo s’approcha à son tour. Il faillit vomir. Quand vint le tour de Daniel, Esteban le retint par le bras.

— Attendez commandant, vous allez être surpris !

Il se pencha et saisit ce qu’il restait de son visage. Il le souleva, le regarda sans aucune émotion.

— Il ressemble bien à celui qui m’avait séquestré. Où l’avez-vous trouvé ?

— C’est une amie qui fait le ménage à l’hôpital qui me l’a rapporté. Il était sous le bureau du chirurgien Frédéric Marteau.

Daniel Faventiny resta de marbre. Ses collègues admiraient sa maîtrise. Hugo était encore pâle à faire peur. Le commandant reprenait.

— Je n’ai pas retrouvé la mémoire. Rappelez-moi qui vous êtes ?

— Juliette Tomys, la voisine de Marteau. Je vous avais dit qu’un homme qui vous ressemblait était venu le soir du meurtre de sa compagne, enfin sa sœur jumelle. J’ai même cru que c’était vous, mais vous étiez plus grand.

Daniel hocha la tête.

— Quand ma copine m’a ramené ça, j’ai pensé que ça vous intéresserait. Mais si vous ne vous souvenez de rien, pfff !

Elle haussa les épaules et se laissa tomber sur une chaise.

— Je ne vous dis pas comme j’ai mal dormi. Mon chien n’arrêtait pas de grogner. J’avais la frousse comme si ce masque me mettait en danger.

— Nous allons l’analyser. Les traces d’ADN doivent être dessus. Nous allons enfin savoir qui voulait tant me ressembler.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Même si c’est la journée mondiale du sommeil 🥱😴, je ne vais pas m’endormir sur mes lauriers. La fin du thriller approche, je partage donc un nouveau chapitre. Non, non, on ne se recouche pas 😂

Chapitre 30

Daniel Faventiny accompagné de son malinois partit en promenade. L’animal l’entraîna à plusieurs kilomètres de chez lui. Le commandant avait emporté un sac à dos et avait prévenu qu’il sortait prendre l’air. Même s’ils étaient inquiets, ses parents ne firent aucune remarque. Daniel leur avait montré qu’il avait son portable. Il était donc joignable à tout moment.

Le colonel le regarda disparaître au bout de l’allée. Sa femme posa son menton sur son épaule et soupira.

— Tu sais ce que je crois Anne-Marie ? murmura Gérard Faventiny, c’est que notre fils a parfaitement recouvré la mémoire voire même qu’il ne l’a jamais perdue.

Son épouse se recula pour mieux le contempler.

— Il ne nous mettrait jamais dans le doute comme ça !

— Pour les besoins de l’enquête, si évidemment. J’aurais fait la même chose. Tu n’as pas remarqué comment il regarde Coralie ? Et surtout comment, elle, elle vit cette amnésie ? Elle ne semble pas inquiète du tout, pas malheureuse. Elle ne cherche pas à stimuler sa mémoire parce qu’elle sait que c’est inutile. Sois rassurée, ma chérie, ton fils a toute sa tête.

Anne-Marie soupira et se blottit à nouveau dans les bras de son mari.

— Je suis déçue qu’il ne nous fasse pas confiance.

— Ce n’est pas une question de confiance, c’est de la prudence tout simplement.

— Si tu es sûr de ça, alors tant mieux.

— Cette affaire doit être résolue, Anne-Marie.

Juliette Tomys buvait le café tranquillement, postée à son carreau. Elle regardait son voisin qui montait dans sa voiture comme chaque jour. Il partait à l’hôpital. Soudain, elle aperçut son amie Corinne Vitrail qui s’arrêtait devant chez elle. Lorsqu’elle descendit de son scooter, le médecin baissa la glace. Juliette entrebâilla sa fenêtre pour écouter. Corinne enlevait son casque quand elle se rendit compte que Frédéric Marteau la fixait. Surprise de le trouver là, elle s’approcha du véhicule.

— Bonjour Docteur. Vous habitez ici ?

— Il paraît. Et vous ?

Le ton froid et coupant employé la stoppa net dans son élan d’expliquer qui elle venait voir.

— Pas du tout, je fais d’autres ménages pour arrondir mes fins de mois. J’ai garé mon engin sur le trottoir, mais je crois que je me suis trompée d’adresse.

Elle fit mine de chercher sur son téléphone, remit son casque et enfourcha son scooter.

— C’est bien ce que je pensais ! Désolée, je suis déjà en retard. À bientôt docteur, bonne journée.

Elle démarra alors que Frédéric Marteau remontait sa glace, et s’en allait. Elle fit le tour du pâté de maisons, vérifia qu’il avait bien disparu et revint chez Juliette Tomys. Celle-ci vint à sa rencontre, ouvrit le portail et l’invita à mettre son scooter dans son garage.

— Il n’avait pas l’air de bon poil. Je pensais qu’il était déjà parti. C’est la première fois que je le croise ici.

Corinne entra à la suite de Juliette et posa son sac sur la table.

— Tu désires un café ?

Juliette lui en versait une tasse.

— Oui je veux bien. Quand tu me racontais tes histoires avec ta copine qui s’est fait assassiner, je ne voulais pas le croire qu’il pouvait être aussi bizarre. Mais comme je l’ai vu ce matin, je comprends mieux. Ce n’est pas le même homme.

— Qu’est-ce qui t’amène ? Tu ne viens jamais si tôt d’habitude, c’est pour ça d’ailleurs que tu l’as croisé.

— Il faut que je te parle d’un truc et tu me diras si ça a un lien avec ce que tu me racontais.

Frédéric Marteau entra dans son bureau après avoir salué ses collègues et sa secrétaire. Il avait mal dormi. Lorsqu’il était rentré chez lui la veille, il n’avait eu de cesse de penser qu’il avait oublié quelque chose d’important. Ses absences lui reprenaient. Le stress et l’alcool ne faisaient pas bon ménage avec son traitement et il avait forcé la dose de neuroleptiques pour pouvoir être au top avec Faventiny. Évidemment, il avait droit aux effets secondaires, surtout qu’il avait bu pour oublier sa défaite. Il devait avoir une sale tête parce que ses collègues l’avaient regardé bizarrement.

Il jeta un œil sur son agenda et laissa échapper un soupir de soulagement. Il avait devant lui une heure avant son premier rendez-vous.

Il se planta devant le miroir et tenta de se remémorer la scène d’hier. Il se revoyait arracher son visage. Il s’était déchiqueté. Qu’en avait-il fait ? Il vérifia sa poubelle et ne trouva rien. Il se baissa pour inspecter sous son bureau.

— Bordel ! la femme de ménage est passée.

Il repensa alors à Corinne devant chez sa voisine. Elle lui avait raconté une histoire à dormir debout, il en était certain. Une simple coïncidence ? Il n’y croyait pas. Il ne l’avait jamais vu dans son quartier. Elle avait paru surprise de le voir là et ne pas savoir qu’il y habitait. Ce soir, il irait questionner Juliette Tomys. Elle pourrait peut-être le renseigner, elle qui était toujours au courant de tout. Après tout, elle s’était peut-être vraiment trompée d’adresse.

Daniel reconnut immédiatement la maison où il avait été séquestré la première fois. Son chien à ses pieds, lui léchait les mains.

— Tu m’avais suivi jusqu’ici ?

Le regarde empli d’amour ne le lâchait pas. Daniel s’accroupit pour le caresser. Il entendit alors une voiture stopper devant la bâtisse. Il se baissa davantage pour ne pas être aperçu. Deux hommes qu’il connaissaient bien descendirent du véhicule : Karl et Richard.

Ils entrèrent dans la maison. Daniel hésita. Il remarqua un voisin sans doute, qui venait dans sa direction. Il allait emprunter le même sentier que lui certainement. Daniel fit mine de refaire son lacet et se leva quand il arriva face à lui. Hubert ne broncha pas. Ils se firent un signe de tête. L’inconnu chaussé de bottines de randonnées et d’un bâton de marche le dépassa lorsque Daniel l’interpella.

— Excusez-moi monsieur ?

Il s’arrêta et se tourna vers lui. Il mit sa main à son chapeau pour le saluer. Daniel reprit :

— J’ai certainement dû me tromper. Cette maison est bien à vendre ? Je ne la pensais pas si éloignée de tout.

L’homme répondit :

— Ce serait bien si elle changeait de propriétaire, le médecin qui l’occupe est spécial comme les personnes qui viennent chez lui. C’est pas que je veux faire ma mauvaise langue, il peut recevoir n’importe qui vu qu’il est docteur. À mon avis, c’est des zinzins de la tête ! Alors, si la baraque est à vendre, je serais bien content et croyez-moi, il n’ y aura pas que moi. Le quartier est sympa et la boulangerie n’est pas loin.

Heureux de bavarder, Daniel ne parvenait pas à en placer une. Il réussit quand même à l’interroger de nouveau.

— Vous connaissez peut-être le nom du propriétaire ?

— Pour sûr ! C’est le chirurgien de la plastique, Marteau qu’il s’appelle. Je ne lui ferais pas confiance avec un nom pareil, enfin moi ce que j’en dis, mais je bavarde, je bavarde, je n’arriverais jamais à faire mon nombre de pas. Bien le bonjour, monsieur, et bonne chance pour votre recherche.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Quelle est cette étrange chose ramenée de dessous le bureau…

Chapitre 29

Est-il vraiment amnésique ?

Il tournait en rond comme un lion dans sa cage. Il l’avait eu en face de lui ; son plan machiavélique devait fonctionner et voilà qu’il avait tout oublié. Tout ça pour rien ?

Il pouvait le remplacer comme il voulait, ce con s’en ficherait bien maintenant. Il n’avait même pas réagi quand il lui avait raconté que Marteau avait été l’amant de sa femme. Il n’avait pas tiqué lorsqu’il lui avait désigné Sophia Clarky comme étant sa femme. Karl le surveillait pendant ses examens médicaux et il avait bien fait son rapport, Faventiny n’avait reconnu ni Coralie ni son collègue.

Il était pourtant certain qu’il n’avait pas abusé des médocs, mais Faventiny les avait mal supportés. Comment savoir quand il allait retrouver la mémoire ? L’histoire devenait trop dangereuse pour lui. Ce qui, au départ, n’était qu’un jeu, devenait un fiasco. Il désirait se rendre compte s’il était possible de changer de visage, une expérience oui c’est ça, une expérience, c’est toujours ce qu’il pourrait raconter s’il était démasqué ce qui en soi était parfaitement improbable.

Et Coralie ? Finalement, Joseph avait raison. Il poursuivait une chimère. Jamais, elle ne tomberait amoureuse de lui, même avec la tête de son mari. Quel imbécile !

Il se regarda dans la glace. Il avait vraiment bien travaillé, chaque trait représentait le commandant. Il s’approcha un peu plus et toucha son visage sur le miroir. Il en fit le contour.

— Je suis beau Faventiny ! Je te ressemble ! Mais je ne suis pas toi, même si j’y ai cru. J’aurais tant souhaité qu’on m’aime ! Ce n’était qu’un rêve ! j’espérais réussir cette opération, je ne te voulais pas de mal Daniel, juste être toi quelques instants, quelques heures, quelques semaines, quelques mois. Rien ne devait se dérouler comme ça. Je vous offrais à tous les deux cette maison pour vous espionner et imaginer être toi. Quand vous étiez absents, je comptais passer de pièce en pièce et faire comme si… Mais je me suis pris au jeu et j’ai tout foutu en l’air. D’abord, ce cadavre dérobé était une très mauvaise idée. Puis te kidnapper pour te parler face à face. Je voulais jouer, devenir toi, et j’y ai cru. Coralie ne m’avait pas reconnu et j’ai pu lui voler un baiser. J’en ressens encore le goût sur mes lèvres. Mais tout a foiré parce que tu as pris ce chien qui lui, n’a pas été berné. Il m’a complètement déstabilisé. J’en ai toujours eu peur depuis que j’ai eu une jambe déchiquetée. Joseph que je connaissais depuis mon adolescence m’avait prévenu. On s’est engueulé plusieurs fois et finalement j’ai été obligé de le supprimer. Pauvre gosse qui n’a plus son père. Quel abruti ! Je ne suis pas un assassin. D’accord, les personnes trop curieuses, je les élimine, elles sont gênantes et je n’aime pas ceux qui m’embarrassent. Je ne fais rien de mal, je détruis ce qui n’a plus lieu d’être.

Il colla sa joue sur le miroir glacé et laissa ses larmes couler. Il commença à se cogner le front de plus en plus fort. Il se mit à saigner. Il se regarda et arracha son visage qui partit en lambeaux. Des années de travail pour rien ! Sa plus belle réussite au panier.

— Adieu Faventiny ! Tu as gagné, j’abandonne.

Il ouvrit son tiroir et contempla le pistolet qui y sommeillait à côté d’une alliance. Celle de Faventiny. Une fabrication d’exception quand il y repensait. Il le referma. Il lui avait dérobé pendant qu’il dormait. Il savait qu’il la gardait dans sa poche. Cet imbécile ne risquait pas de s’en apercevoir.

Quelqu’un frappa. Il se regarda une dernière fois dans le miroir, poussa du pied sous son bureau les restes du visage du commandant et cria :

— Entrez !

Une jeune femme passa la tête à la porte. Surprise, elle demanda :

— Vous allez bien docteur ? Votre premier rendez-vous est arrivé, je vous laisse son dossier.

Seuls Esteban, Hugo et Coralie savaient que Daniel jouait la comédie. Il n’avait pas voulu mettre dans la confidence ses parents. Il connaissait trop sa mère qui ne pourrait s’empêcher de le serrer trop dans ses bras ou de faire une gaffe. Quant à son père, il préférait le tenir à l’écart.

La vie était difficile. Le Commandant sans cesse sur le qui-vive gérait la situation assez bien. Ce qui n’était pas le cas du colonel et de sa femme. Il ne pouvait pas retourner travailler. Il ne pouvait pas embrasser sa femme. Il ne dormait pas avec elle, il craignait d’être surveillé. Il avait parfaitement reconnu Karl à l’hôpital. Aussi, ses collègues bossaient en sous-marin au bureau. Faventiny passait beaucoup de temps avec son chien pendant que Coralie était à l’institut médico-légal.

Hugo et Esteban n’avaient pas parlé du carnet à leur supérieur. Ils venaient d’apprendre que Cécilia Joly allait beaucoup mieux et qu’elle pourrait bientôt partir en maison de convalescence. Ils se rendirent à la clinique où elle était installée.

Elle les reçut assise dans son lit.

— Le commandant Faventiny ne vous a pas accompagné ? s’enquit-elle aussitôt.

— Il a un problème de santé et se repose, répondit Hugo.

Elle fronça les sourcils.

— J’ai entendu les infirmières qui discutaient entre elles. Saviez-vous que le docteur Marteau faisait aussi des visites ici ? Heureusement qu’il n’a pas découvert que j’étais là.

Les deux policiers se concertèrent du regard.

— Il pense que vous êtes morte. Vous sortez bientôt, vous ne risquez plus rien.

— Je voulais parler à votre commandant. Serait-il possible qu’il vienne me voir ?

— Si Frédéric Marteau se déplace ici, ce n’est pas souhaitable. Nous avons une question à vous poser. Votre voisine nous a dit que vous possédiez un carnet et…

Cécilia Joly s’agita dans son lit.

— Elle est trop bavarde.

— Au contraire, elle nous est d’un grand secours. Vous êtes protégée et…

— Bien sûr que non, je ne le suis pas, puisque que mon ex vient ici. Depuis que je l’ai appris, je ne dors plus. Je sais qui est le double de votre commandant.

Une infirmière entra à ce moment les invitant à sortir. Hugo et Esteban voulurent attendre dans le couloir, mais elle leur fit comprendre qu’ils devraient revenir plus tard. Exaspérés, ils s’inclinèrent.

— Je peux nettoyer votre bureau, docteur ?

La femme de service avec son chariot l’interrogeait du regard.

— Faites… Corinne, lisant son prénom sur le badge accroché à sa blouse, je rentre chez moi.

Il saisit son ordinateur, salua l’équipe de nuit dans la salle de repos en leur souhaitant bon courage.

Comme d’habitude, elle épousseta les surfaces, vida la poubelle et armée de son balai à plat, commença à laver le sol en faisant des huit. Lorsqu’elle passa sous le bureau, elle ramena une étrange chose.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…