Jeux d’écriture – L’attraction

Bonjour toi 😉

Chez Marie ici Les consignes étaient les suivantes, commencer un texte avec cette phrase : “Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.”

Voici ma participation complètement décalée 👇 😊

L’attraction

— Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque-là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.

— Sérieux ? Tu ferais ça pour moi ?

Jules a les yeux qui brillent et le sourire jusqu’en haut des oreilles. Du coup, Tom se demande s’il n’a pas été trop loin. Il tente de se reprendre, mais Jules ne le laisse pas parler et lui saisit la main.

— Attends, où m’emmènes-tu ?

Jules attrape son foulard rouge qu’il arbore fièrement quand il joue au cow-boy et le noue sur les yeux de son père.

— Ah ! tu as promis, ne te défile pas. Tu as toujours dit qu’une promesse devait être tenue.

— Ah bon j’ai dit ça moi ?

Tom commence à flipper sérieusement. C’est mercredi et c’est lui qui est chargé de la garde de son fils. Une semaine sur deux, il a décidé de prendre ce jour de repos pour lui. Infirmière libérale, Juliette ne peut pas souvent se libérer.

Justement, elle se gare devant la maison entre deux patients. Jules met un doigt sur sa bouche. Elle ne dit rien et sourit.

— Ton fils m’emmène je ne sais pas où.

— Notre fils, rectifia -t-elle en riant.

Il bougonna et se laissa entrainer. Lorsqu’il entendit la musique et qu’il sentit l’odeur de barbe à papa lui chatouiller les narines, son cœur s’emballa. Il voulut arracher le foulard et prendre ses jambes à son cou, mais Jules lui tenait fermement la main et prenait son rôle très au sérieux de guide.

Tom ne vit pas les sourires goguenards des passants, il tentait de se calmer. Il avait une peur effroyable des fêtes foraines et des manèges. Juliette n’avait pas le temps de s’occuper de son petit garçon, Jules n’avait donc trouvé que ce moyen pour pouvoir monter dans un grand manège. Il n’avait le droit que s’il était accompagné d’un adulte. Il en avait tellement rêvé.

Il avait pris de l’argent dans sa tirelire, il ne ferait qu’un tour, c’était déjà bien. Toujours les yeux bandés, Tom comprit qu’il s’approchait de l’attraction dont lui parlait sans cesse son gamin. Il n’avait jamais voulu la voir. Il ne savait donc pas qu’il allait s’envoler dans les airs, tourner à l’endroit et à l’envers.

Pourvu qu’il ne s’évanouisse pas ou au pire vomisse. Il ne souhaitait pas être la risée du village et faire honte à Jules. Il serra les dents et suivit le mouvement.

Jules le fit assoir et prit place près de lui. Tom entendit le coup de sifflet, signe du départ, le manège se mit en branle. Jules enleva le foulard. Tom se trouvait dans le camion pompier d’un petit manège et Jules souriait.

— T’as vraiment cru que j’allais t’embarquer sur ce machin-là ?

Il désigna l’attraction qui venait de démarrer.

— Mais Jules, tu pouvais monter seul ici. Il suffisait juste de me demander de t’accompagner.

— Tu n’aimes pas les fêtes foraines. Mais je suis content, tu m’as suivi.

Le tour se termina sans que Jules pense à attraper la queue de Mickey.

Ils descendirent ensemble. Tom s’approcha du grand manège. Il prit son fils par la main, le passa sous la toise afin de vérifier qu’il avait la bonne taille et acheta deux tickets.

Bravement, Jules s’assit à côté de son père. Il regarda plusieurs fois que la ceinture de sécurité était bien attachée à lui comme à son papa. Tous deux n’en menaient pas large quand la machine se mit en route.

Mais que dire du sourire qu’ils affichaient quand ils descendirent tous deux, le cœur en déroute, les cheveux en désordre, leurs doigts emmêlés.

— C’était trop bien ! Merci.

Jules se serra contre Tom qui referma les bras sur lui. D’accord, il avait cru sa dernière arrivée, il avait fermé les yeux et serré les dents, mais les cris de joie de son fils avaient réussi à lui faire oublier sa peur. Pourtant, in petto, il se promit de ne plus jamais se laisser embarquer de cette façon.

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

J’aime choisir une illustration et laisser ma plume trouver les mots qu’elle m’inspire.

Nouvelles de là-bas

Le parfum des fleurs
Ne la distrait pas
Des mots en couleur
Qu’elle découvre, là !

C’est une lettre
Qui vient de là-bas
Mille kilomètres peut-être
Elle ne compte pas.

Plongée dans sa lecture
Elle ne sent pas
Le parfum de la verdure
Il ne reviendra pas. 

Il lui explique là
En quelques mots
Qu’il a trouvé là-bas
Un bonheur nouveau. 

Il n’est pas son amour
Juste son frère
Il cherchait toujours
Elle pensait pour se distraire.

Mais il a trouvé 
Le sens à sa vie
Qu’il veut donner
Là, c’est écrit. 

Abandonnée elle l’est
Pourtant elle sourit
En lisant avec sérénité
Qu’il l’invite dans son paradis. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2022)


Le château de sable

Bonjour toi 😉

C’est le jour des enfants et les enfants c’est aussi ça ! À force de les contempler, j’ai eu l’idée de cette histoire que je partage avec toi. Figure-toi qu’en la relisant, j’ai eu la larme à l’œil.

Ils en faisaient des allers et retours, pelle et seau à la main, bob sur la tête, pour piocher de l’eau. Accroupis face à face et très concentrés sur leur tâche, ils mouillaient le sable, remplissaient leur seau, le retournaient et tapaient avec leur pelle dessus afin de démouler une merveille de pâté.

Éclats de rire, course dans le sable, cris de joie quand les vagues les éclaboussaient et quand le seau se renversait et arrivait vide devant moi.

Je prenais forme peu à peu, ils étaient fiers de leur œuvre et très heureux. Debout devant elle, ils jaugeaient leur construction : rajouter une tour ici, un chemin là, trouver des coquillages pour la décoration et ils repartaient au galop vers l’océan.

Ils y passaient des heures à creuser avec leurs mains, se cacher dans le trou, vérifier que l’eau pénétrait petit à petit et que je ne risquais rien, car ils espéraient toujours me retrouver le lendemain matin.

Ils ont tout essayé : mettre un petit drapeau en haut de mes tours pour me reconnaître, me fabriquer très loin de cette eau qui leur grignotait irrémédiablement du terrain, faire une énorme tranchée autour de moi afin que je sois protégé. Rien n’y a fait.

J’ai tenté pourtant de résister. Je savais que le lendemain, mes bâtisseurs débouleraient en courant pour voir si je les attendais, mais petit à petit, les vagues venaient me lécher les pieds et alors mes fondations fondaient, s’effritaient, et je m’écroulais désespéré.

Un jour, mes deux compères ont mis tout leur cœur, je ressentais leur rage dans leurs coups de pelles assenés sur leur seau. J’étais magnifique avec mes tours, mes créneaux et mes coquillages qui formaient un joli chemin pour arriver au pont-levis et je sentais que cette fois j’allais résister. J’avais compris que la marée était plus basse que d’habitude et par chance ils avaient choisi de me construire plus haut sur la plage. 

Quand ils m’ont quitté ce soir-là avec un dernier regard, j’ai eu envie de leur faire un clin d’œil et de leur dire que je les attendrais et déjà j’étais heureux à l’idée d’entendre leurs cris de joie le lendemain. Mais les châteaux de sable ne font pas de clin d’œil et je suis resté bien droit à ma place, bien décidé à résister coûte que coûte.

Le soleil s’est couché, et j’ai pu admirer cette merveille, car j’étais toujours debout, je ne m’étais pas écroulé comme les jours précédents. Les derniers promeneurs me contournaient et murmuraient entre eux en me regardant, j’étais fier. L’eau n’était pas arrivée jusqu’à moi, il était temps, je crois, mais cette fois-ci le ciel était avec moi. Je me préparais à passer ma première nuit sur la plage et à me laisser bercer par le bruit incessant des vagues. J’étais heureux.

Le soleil s’est levé, j’ai cligné des yeux, me suis regardé. J’étais toujours debout, rien n’avait bougé. Ravi, j’ai attendu.

Ils ne sont jamais venus, les vacances étaient terminées.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Agenda ironique Juin 2022

Bonjour toi 😉

L’agenda ironique de juin 2022 se déroule chez le retour du Flying Bum ici avec ces consignes : C’est à mon tour de vous accueillir ce mois-ci dans ce merveilleux rendez-vous littéraire et amical. Comme juin inaugure notre été, nous qui habitons l’hémisphère nord, quoi de mieux pour sujet qu’un des petits bonheurs par excellence de la belle saison et j’ai nommé le pique-nique. Ce sera le thème pour juin. Mais, pas de pique-nique sans les enquiquineuses comme les fourmis et autres insectes piqueurs ou suceurs, cette fois-ci ce seront des mots bien singuliers qui devront coûte que coûte s’inviter au pique-nique : flavescent, amphigourique, sycophante et nidoreux. Sans toutefois gâcher le pique-nique quand même. Et tant qu’aller pique-niquer en région, pourquoi ne pas y ajouter aussi un régionalisme ou deux ?

Voici donc ma participation 👇

Un pique-nique bruyant

C’était le pique-nique habituel organisé par le village. La bande de copains qui se connaissait depuis des années se retrouva une fois de plus à étaler la nappe rouge à petits carreaux.

Les jambons tournaient au barbecue et les femmes de l’association du Comité des Fêtes, préparaient les assiettes de hors-d’œuvre, la célèbre assiette gersoise.

Au fil du temps des trois garçons et des deux filles des années lycée, s’étaient ajoutés les compagnes et maris. Corentin était seul, il venait de se séparer de Sylvie. Elle n’avait jamais été tout à fait appréciée de l’équipe d’amis. Snob, une vraie pouf comme l’appelait Virginie, elle était loin d’avoir fait l’unanimité.

Alors que chacun s’activait à vider les paniers des couverts et des verres, Corinne s’approcha de Virginie pour lui glisser à l’oreille qu’elle était bien contente que la Pouf ne soit pas là.

— Avec ses cheveux flavescents, elle me faisait pitié.

— Je t’ai entendu, grogna Corentin. Avec tes mots à l’emporte-pièce auquel on comprend rien, tu ne vas pas recommencer. Étaler ton savoir, ça tu sais faire. On le sait que t’es prof !

— Et bé, ça commence bien, remarqua Philippe avec son accent du Midi bien prononcé. Qué passa ?

— Oh ça va, j’ai juste dit qu’avec ses cheveux blonds à la Maryline, elle faisait tache !

— Tu t’es tachée ? demanda l’amoureux de Corinne, Roméo, qui avait l’art de tout comprendre de travers. Il entendait une vache braire dans une étable, mais il ne savait pas laquelle, se moquaient ses copains.

Corinne haussa les épaules et continua d’installer les couverts sur la nappe.

Une musique d’ambiance offerte par un orchestre du coin jouait en sourdine. Le parfum des jambons qui braisaient attisaient l’appétit et les organisateurs commencèrent à rameuter la foule pour l’apéro.

Chacun retrouvait un ami, un voisin et le ton monta d’un cran. C’était bon enfant. Soudain, le bruit d’un tracteur résonna et effarés les gens aperçurent le Léonce qui faisait vrombir son engin.

— Il ne va pas faire ça ?

— Bien sûr que si, répondit Roméo. Il n’est pas content que le pique-nique se fasse à côté de de chez lui, le gonze n’a qu’à venir, mais il est bien trop près de ses sous.

— Tu parles, pour douze euros, il peut bien se fendre d’un billet, rétorqua Philippe le compagnon de Virginie.

— Boudu, s’écria Roméo, il va épandre son fumier.

Le président du comité des fêtes tenta une approche en faisant de grands signes à l’agriculteur. Celui-ci vint vers lui juché sur son tracteur qu’il n’arrêta pas. Il leur montra qu’il n’entendait rien.

— Quel Pègue (idiot) pesta Greg.

— Arrête ton moteur, cria le responsable de l’organisation, tu vois bien qu’on va déjeuner.

Léonce gesticulait et beuglait également. Personne ne comprenait son langage amphigourique d’où il ressortait qu’il devait absolument faire son travail avant la pluie.

— Quelle cagade !

Personne ne parvint à stopper ce mauvais coucheur et bientôt un parfum nidoreux envahit l’atmosphère, déclenchant le fou rire de Léonce qui s’évertuait à passer près de l’emplacement dédié au pique-nique.

— Tu l’avais pas prévenu ?

— Complètement barjo le mec !

— Il joue au sycophante, c’est sûr !

— C’est quoi ?

— On n’a plus qu’à remballer !

— Et les jambons ?

— Moi j’ai faim !

Chacun y allait de son petit mot alors que l’orchestre jouait l’Hymne de nos campagnes de Tryo.

Y a pas à dire, dans le Sud-ouest on sait s’amuser, pensait Corentin.

Il regardait avec ironie tout ce monde qui finalement trinquait en riant en levant bien haut le verre à chaque fois que le Léonce passait devant eux.

La bande de copains se regroupa autour de l’assiette gersoise composée de magret séché et de gésiers confits sur un lit de salade. Puis vint le tour de découper les jambons accompagnés de flageolets. Les verres se succédant au rythme du passage du tracteur, les voix s’envolaient, le ton montait, les rires fusaient. Suivant comment le couteau coupait, certain avait une tranche épaisse alors qu’autres voyaient le journal à travers. Les flageolets étaient servis à la louche et noyaient la viande.

— À nous !

L’orchestre entonna allez viens boire un p’tit coup à la maison et tout le monde se mit à danser au bruit de l’accordéon et du ronflons de Léonce.

Joli cru ce pique-nique ! Les habitants de la commune s’en souviendraient.

À très vite…

J’aime un voyou au grand cœur

Bonjour toi 😉

Voici le chapitre 4 😊

Chapitre 4

— Moi j’serais flic !

— Toi ? Flic ? Une fille ? Moi je serai Robin des Bois.

Je me réveillais en sursaut. Pistole, mon chat persan, feula. Je l’avais dérangé dans son sommeil. Il s’approcha de moi et se mit à ronronner contre mon oreille.

Je le caressai machinalement. Pourquoi ce rêve ? Ces souvenirs remontaient à plusieurs années.

Je repoussai la couette.

— Désolée Pistole.

Je le saisis et le posai au sol. Vexé, il dressa sa queue et sans un regard en arrière se dirigea vers la cuisine où il savait trouver ses croquettes préférées.

Je me postai devant la fenêtre et contemplai mon jardin. Lorsque je m’étais m’installée ici, j’avais immédiatement eu le coup de cœur pour cette maison. Les volets étaient bleus d’origine, je les avais repeints en rouge rapidement, ma couleur de prédilection.

Je vivais seule avec Pistole. Luc Grégoras, le médecin légiste qui travaillait avec moi, venait parfois me rejoindre. Il souhaitait que nous habitions ensemble, mais je suis pour le chacun chez soi. Je n’avais pas envie que mon équipe sache qu’il en pinçait pour moi. Il m’arrivait de l’accueillir alors que je ne connais pas sa maison. Il a l’art de me surprendre en débarquant à l’improviste. Un jour, je l’ai remis vertement en place lors d’une intervention, ses œillades et sa main posée subrepticement sur la mienne m’ont fait sortir de mes gonds. Il s’était platement excusé devant les collègues goguenards. Je n’ai pas besoin de commérages dans les couloirs de mon commissariat.

Je sortais de la douche quand mon portable m’avertit d’un message. Je le consultai rapidement, la serviette nouée autour de moi. Théo Kawas m’écrivait que le Maire avait récupéré l’argent volé. Le commissaire avait décidé de ne pas donner suite.

Quelle poisse ! pourquoi personne ne cherchait à mettre la main sur ce Robin des Bois de pacotille. Mon rêve me revint aussitôt en mémoire.

Je m’habillai en vitesse, pris le temps de caresser Pistole qui me tourna le dos et s’enfuit. J’éclatai de rire en lançant à ce soir Pistole. Je vérifiais qu’il avait de quoi se nourrir pour la journée, saisis mon arme cachée dans un tiroir de la bibliothèque et quittai la maison.

******

François Destrée accueillit Antoine Carlin avec le sourire.

— Je suis ravi, monsieur le maire, que vous ayez récupéré votre argent. Souhaitez-vous encore nous donner toute votre confiance en nous le laissant dans nos coffres ?

Le directeur souriait en tendant la main à son client.

— Avez-vous testé toutes vos alarmes, monsieur Destrée ? Je n’ai pas envie que ça recommence d’ici quelques jours.

— J’imagine que vous avez porté plainte. La police va faire son travail.

Le maire secoua la tête.

— Je préfère que cette affaire ne s’ébruite pas. Il n’y aura pas d’enquête, vous ne serez pas ennuyé.

Destrée haussa les sourcils, surpris.

— Pourquoi donc ?

Puis, il se tapa la main contre le front et ajouta :

— Je comprends, vous ne souhaitez pas faire de vagues avant les prochaines élections.

Antoine éluda la question.

— Je compte sur votre discrétion, monsieur Destrée.

— Je vous rappelle que le commandant de police est déjà venu ici.

— Ne vous inquiétez pas pour ça, Angèle Merlin ne vous ennuiera plus. Bonne journée.

Destrée le raccompagna jusqu’à la porte de son bureau et avant qu’il s’en aille, il lui demanda :

— Où en est votre projet de construction de supermarché ?

— Il va prendre quelques mois de retard.

Alors que j’entrais dans la banque et regardais à la dérobée le directeur, je notais en un clin d’œil son jeans foncé, sa chemise blanche, sa cravate et sa veste noires. Je saluais le maire qui me glissa en passant qu’il avait vu le commissaire et qu’il n’y avait plus d’enquête. Il pouvait toujours courir le chef, je voulais tirer cette affaire au clair.

Destrée m’aperçut et croisa les bras devant son bureau, un sourire goguenard sur les lèvres. Ce type m’agaçait. Quelque chose chez lui m’intriguait et je découvrirai ce que c’était. Je m’avançai vers lui.

— Que me vaut l’honneur de votre visite commandant ?

Il m’invita à entrer et s’effaça pour me laisser passer.

— Antoine Carlin a récupéré son argent, j’imagine qu’il est venu vous avertir.

— Il m’a dit aussi que je ne devrais plus avoir droit à votre visite, qu’il avait fait le nécessaire auprès de votre commissaire. Alors que faites-vous dans mon établissement ? Auriez-vous un problème avec votre compte en banque ?

— Figurez-vous que je suis intriguée. Comme vous le savez, je suis flic. J’aime bien fouiller. J’ai trouvé qu’il y a quelques semaines, la même aventure est arrivée dans une autre commune et contrairement à ici, l’argent avait été distribué aux habitants qui en avaient besoin.

Je regardais Destrée prendre le temps de faire le tour de son bureau, d’appeler son assistante pour qu’elle nous apporte un café. Rien que cette démarche me fit bondir.

— Je n’aime pas le café. Inutile de déranger quelqu’un pour venir me servir. Vous n’êtes pas capable de le faire vous-même ?

Cet homme avait le don de me faire sortir de mes gonds. J’étais pourtant bien entrainée à garder mon sang-froid dans toutes circonstances, je me surpris moi-même en entendant ma voix.

Il éclata de rire.

— Vous me rappelez quelqu’un.

Il se leva et m’incita à le suivre. Je lui emboitai le pas sans réfléchir. Il passa dans le bureau voisin et parla à la jeune femme qui sourit.

— La commande est annulée, me dit-il. Je vous invite devant le distributeur de boissons. Vous pourrez choisir ce qui vous fait plaisir. Pardonnez-moi, c’est vrai que je ne vous avais pas demandé ce que vous aimiez.

Il posa sa main dans mon dos pour me guider. Je frémis aussitôt à ce contact.

Il glissa une pièce et choisit un café long. Il me regarda et m’en tendit une autre.

Je la saisis machinalement et appuyais sur la touche chocolat. Une fois nos gobelets remplis, il reprit la conversation où je l’avais laissée.

— Vous disiez donc qu’une histoire identique était arrivée ?

— Figurez-vous que vous habitiez aussi dans cette commune.

Il haussa les sourcils.

— Je ne comprends pas. Vous m’accusez de quelque chose ?

Immédiatement, je sus que je faisais fausse route. Je n’avais que des suppositions, quelle conne ! je biaisais :

— Je pensais que vous aviez peut-être entendu ce qui était arrivé. La presse avait été assez discrète sur le sujet.

Il secoua tête.

— Je ne lis pas beaucoup les journaux. Je suis assez occupé. Mon temps libre, je le passe sur mon mur d’escalade ou à faire du sport. Je marche aussi beaucoup dans la nature.

— Je comprends, pour ma part, je fais de la moto. J’imagine que vous allez me critiquer.

— Chacun ses passions.

Il jeta son gobelet dans la poubelle.

— Si vous n’avez pas d’autres questions, je vais devoir vous laisser. J’ai des rendez-vous.

Avant que j’ajoute un mot, il me salua et m’abandonna. Cet homme m’intriguait beaucoup et je ne savais pas pourquoi. À mon tour, je me débarrassais de la tasse en plastique et prenais le chemin de la sortie.

À suivre…😀

N’hésite pas à me dire en commentaires ce que tu penses de mes héros. Je prendrai en compte tes remarques, nous pourrions même discuter 😉.

À très vite…

Bavardages et Inspiration

Bonjour toi 😉

Il arrive qu’une histoire commencée ne trouve pas sa suite. Pourquoi ?

C’est une bonne question à laquelle, je n’ai pas forcément de réponse. Ici, il s’agit de J’aime un voyou au grand cœur.

J’ai démarré cette histoire dans le cadre d’un nouveau concours et puis j’ai lâché. Je suis restée bloquée sur un chapitre. Les mots m’ont fait faux bond, l’imagination s’est fait la malle et j’ai fermé mon ordinateur, déçue. Je ne suis pas revenue dessus. Je suis d’autant plus frustrée que j’avais commencé à vous le publier parce que j’étais certaine d’aller au bout.

Aujourd’hui, ces personnages me titillent comme s’ils voulaient absolument que je continue leur histoire à peine ébauchée. Il parait que lorsqu’apparait un blocage c’est que le texte n’est pas bon, qu’il y a quelque chose qui cloche. Je crois que dans ce cas précis, c’est tout qui est bancal et qui doit être revu.

Voici l’image qui représentait mon personnage principal 👇Angèle Merlin

Commandante de Police, fan de moto. Une toute nouvelle héroïne dont le caractère se rapprocherait de celui de Muguette. Voici son chat Pistole 👇.

Comment imaginer Paco, alias François Destrée le directeur de banque, l’ami d’enfance, qui pourrait être le voyou au grand cœur. Un Robin des bois moderne en quelque sorte. Adepte d’escalade, il arbore un corps musclé et tatoué.

Le voici décontracté 👇 ou au bureau 👇

Dans sa tenue de justicier 👇 😉 ou en train de faire de l’escalade 👇

Voici son chien Tuck, un berger australien tricolore 👇

Je mélange le tout et normalement mon imagination se met en route. J’en suis au 9ème chapitre et toi tu en es au 3ème.

Alors est-ce que je suis dans cet état d’esprit pour la suite 👇

Je t’ai fait une blague, tout va bien 😂

Ou bien dans celui-là 👇

Il y a du travail, je réfléchis 🤔

Ou encore 👇

C’est vraiment la galère 🧐😕😯

Et finalement

J’abandonne 🥱

C’est fichu, l’inspiration ne vient pas 😂😂😂.

Là pour le coup, je m’y mets 😂

À très vite…

Journal d’Oxybulle -2

Coucou les amis 🐕

Tu ne devineras jamais ce que ma maîtresse a acheté …

Figure-toi qu’Elle et Lui aiment faire du vélo. Dès que je la voyais chausser ses baskets, attacher ses cheveux, je savais qu’elle allait m’abandonner. (Oui, elle fait un drôle de truc sur sa tête, elle ne le fait que pour ça, sinon, elle a toujours les cheveux longs). De plus, elle met un casque, ça s’appelle comme ça parce qu’une fois que Lui l’avait posé au sol et que j’étais allé le renifler, il avait grondé Ne touche pas à mon casque.

Je suis sage quand ils me laissent à la maison et même si les grands savants racontent que je n’ai pas la notion du temps, je me rends bien compte que ce n’est pas pareil lorsque je suis toute seule.

Un après-midi, ils m’embarquent avec eux dans la voiture. Je n’avais pas mon panier, j’en ai déduit que ce n’était pas pour un voyage.

Nous sommes arrivés devant une maison, ils me descendent et je remarque qu’il y a un chien derrière le portail. Il m’a fichu une de ces trouilles ! Tellement bien que je n’ai pas voulu avancer. Les autres propriétaires ont enfermé mon congénère qui, pas content du tout, s’est mis à gémir. J’étais fière de rester avec les miens, moi.

Lorsque j’ai vu débarquer ce truc… je faisais moins la maline. Ma maîtresse a pris sa voix douce pour me rassurer, je lui fais confiance, elle ne m’a jamais fait mal, mais là pour le coup, j’étais en panique.

Elle m’installe dans ce tout panier et pose comme une cage au-dessus. Prisonnière ! Je me mets à tourner en rond dans ce tout petit réduit. Les caresses de ma maîtresse m’ont quand même fait du bien et je me suis calmée, surtout que je n’y suis pas restée longtemps.

J’ai regardé avec curiosité le vélo d’Elle et lorsque j’ai vu que Lui installait le panier sur son vélo, j’ai pigé le truc. C’était pour que je les accompagne en promenade.

Rebelote, une fois celui-ci bien accroché, me revoilà campée sur mes pattes dedans. Cette fois, je me tiens sage, j’ai compris. Elle s’assied devant moi et c’est parti. Bon, c’était juste un essai, mais le lendemain, c’était pour la grande balade.

J’avais les couettes au vent, je tournais la tête de chaque côté pour ne rien rater du paysage. De temps en temps, je grattais le dos de ma maîtresse avec ma patte. Elle me parlait, Lui me prenait en photo. Une vraie vedette !

Je ne te raconte pas comment les gens nous regardaient passer avec curiosité. Il faut dire que le vélo d’Elle, il en jette ! Et le panier derrière elle, avec moi, c’est d’un chic !

À la prochaine…

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

En l’honneur de la fête des Diane, je partage ce poème de Théodore Agrippa d’Aubigné.

Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux :
J’en serai laboureur, vous dame et gardienne.
Vous donnerez le champ, je fournirai de peine,
Afin que son honneur soit commun à nous deux.
 
Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux
Seront vers florissants, leurs sujets sont la graine,
Mes yeux l’arroseront et seront sa fontaine
Il aura pour zéphyrs mes soupirs amoureux.
 
Vous y verrez mêlés mille beautés écloses,
Soucis, œillets et lys, sans épines les roses,
Ancolie et pensée, et pourrez y choisir
 
Fruits sucrés de durée, après des fleurs d’attente,
Et puis nous partirons à votre choix la rente :
A moi toute la peine, et à vous le plaisir.



Mais j’aurai pu aussi écrire sur cette Diane :

Cahin-Caha
Lentement mais sûrement
La Diane grimpe lentement
Cette côte là. 

Les vitesses craquent
Les portières claquent
J’ai les cheveux au vent
Vivante je me sens.

Mythique Diane 
Indétrônable et séduisante
Tu es un Diam
Toujours tu me hantes. 

Encore tu défiles,
Adorés des inconditionnels
De ton si beau profil
Tu restes la plus belle. 


© Isabelle-Marie d’Angèle Juin 2022

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici chez Marie la consigne était celle-ci : écrire un texte à partir de la citation suivante “pour bien écrire, il faut savoir vivre et revivre ses souvenirs” Alain Mabanckou. 

Voici donc ma participation :

Je t’écris cette lettre

Cher ami,

Je ne sais plus trop comment t’appeler, ça fait si longtemps que je n’ai plus de tes nouvelles. J’envoie cette lettre, un peu comme une bouteille à la mer. J’ai gardé ton ancienne adresse, j’espère que tu y habites encore.

Te souviens-tu de nos fous rires dans ta rue qui descendait à pic vers l’océan ? J’ai bien failli m’étaler des dizaines de fois, mais tu as toujours réussi à me rattraper par la main. Le croirais-tu si je te disais que je le faisais exprès pour sentir tes doigts entrelacer les miens ?

Que deviens-tu ? Tu as disparu, comme ça, du jour au lendemain et je n’ai plus jamais eu de contact avec toi. Pourquoi ?

Te souviens-tu des danses sur la plage avec les copains ? Tu chantais en t’accompagnant à la guitare autour d’un feu que nous allumions tard le soir pour ne déranger personne et surtout pas les gendarmes.

Dix ans sans nouvelles, c’est long ! J’ai bien tenté de soudoyer tes anciens amis, mais personne ne savait rien. Est-ce parce que tu l’avais voulu ainsi ? En tout cas, ils ont respecté à la lettre tes consignes, pas un mot sur ton départ. Ils font tous leur vie, ailleurs.

Figure-toi que je suis tombée sur un roman à la librairie et j’ai tout de suite pensé à toi quand j’ai vu la couverture. Le titre Revivre ses souvenirs m’a immédiatement interpellée.

Tu sais que j’ai un cahier empli des idées que tu me chuchotais à l’oreille quand tu étais en pleine phase de reconstruire le monde. Tu me disais souvent que ton rêve était de devenir écrivain et que pour y parvenir, il fallait revivre ses souvenirs pour que l’écriture soit belle.

J’ai acheté ce bouquin. J’ai cherché s’il y avait une présentation de l’auteur, j’aurais peut-être eu la chance que ça soit toi, mais rien ! C’est bien ma veine, il souhaite rester anonyme.

Je l’ai lu. Si ce n’est pas toi qui as écrit ces mots, ça y ressemble drôlement. Même si les noms ne sont pas les nôtres, j’ai l’impression de nous reconnaitre. Tout y est, les parfums d’été, les révisions du bac, les soirées d’anniversaire, les feux de camp avec la guitare et une danseuse qui me ressemble furieusement.

J’espère que ma lettre te trouvera et que mes mots te rappelleront nos souvenirs et surtout nos projets, tous, t’en rappelles — tu ?

À bientôt de tes nouvelles… peut-être qu’en écrivant à ta maison d’édition, j’aurai plus de chance ? Je ne lâche rien, je respire sans toi et je revis tous les jours nos souvenirs en les racontant sur un cahier d’écolier, mais j’aimerais pouvoir aller de l’avant et ne plus regarder en arrière. Si cette lettre n’a pas de réponse, je fermerai mon cahier et inscrirai le mot FIN.

À très vite…

L’Agenda Ironique de Juin 2022

Voici le sujet du nouvel agenda ironique, ça va pique-niquer ! Sortez les nappes et le panier.

Avatar de Le retour du Flying BumLe retour du Flying Bum

C’est à mon tour de vous accueillir ce mois-ci dans ce merveilleux rendez-vous littéraire et amical. Comme juin inaugure notre été, nous qui habitons l’hémisphère nord, quoi de mieux pour sujet qu’un des petits bonheurs par excellence de la belle saison et j’ai nommé le pique-nique. Ce sera le thème pour juin. Mais, pas de pique-nique sans les enquiquineuses comme les fourmis et autres insectes piqueurs ou suceurs, cette fois-ci ce seront des mots bien singuliers qui devront coûte que coûte s’inviter au pique-nique : flavescent, amphigourique, sycophante et nidoreux. Sans toutefois gâcher le pique-nique quand même. Et tant qu’aller pique-niquer en région, pourquoi ne pas y ajouter aussi un régionalisme ou deux?

On se donne jusqu’à la Saint-Jean (24 juin) pour déposer un lien vers son texte, en commentaire sur le présent blogue, et ensuite, on votera jusqu’au 30 juin, heure de Paris.

À vos nappes, sandwiches, crayons…

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