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  • Petit Paul et le recyclage

    3 août 2022
    Jour des enfants

    Bonjour toi 😉

    C’est mercredi et Petit Paul a une question, je te laisse avec lui et son papa.

    Petit Paul regarde son papa installer les différentes poubelles : jaune pour le plastique, verte pour le verre, bleue pour le carton.

    — Et tu trouves ça joli toi ?

    Petit Paul, les mains derrière le dos, est planté devant cet étalage.

    — En plus, il t’en manque.

    Son père qui trouve aussi que ce tri sélectif dans le cellier prend une place pas possible réplique aussitôt :

    — Celle des ordures ménagères est dans la cuisine sous l’évier.

    — Je ne te parle pas de celle-là ! Moi, je la verrais bien rose.

    Papa hausse les sourcils. Qu’est-ce que son fils a encore dans la tête.

    — Ben oui, vu qu’on recycle tout, pourquoi ne pas le faire avec les animaux quand ils sont morts. Ils pourraient bien avoir une deuxième vie non ? Regarde, ils font bien la pub pour un grille-pain, la dame qui pleure parce qu’elle ne peut plus s’en servir, elle est malheureuse quand elle le porte dans la poubelle écosystème. C’est pareil… moi j’aurais bien aimé que mon chat ait été recyclé.

    Devant le silence de son père qui ne s’attendait pas à ça, il continue.

    — Peut-être qu’il l’est, mais autrement. Tu t’en souviens de la pub ?

    — Heu…

    — Fais un effort papa. Elle l’a reconnu dans une bouilloire.

    Un grille-pain en bouilloire, soit ! Le papa de Petit Paul n’imagine pas le chat Léo recyclé en…

    — Peut-être qu’il est recyclé en souris.

    Papa a du mal à se retenir de rire. Imaginer le gros chat de gouttière en souris, alors là !

    — C’est pas drôle. Je l’aimais bien mon chat. Si j’avais une poubelle rose, j’y mettrais les photos de ce qui disparait et peut-être que… c’est comme ma boîte à bisous. Tu sais, quand toi ou maman venez me dire bonsoir avant que je m’endorme, j’enferme les bisous dans ma boîte, comme ça, quand j’en ai envie, j’ouvre ma boîte et je fais comme si vous étiez avec moi, ça m’a bien servi à l’école.

    Papa serre la main de son petit garçon.

    — Alors, tu crois que tu vas en trouver une de poubelle rose ?

    — Tu sais Petit Paul, je ne suis pas certain que…

    — Il faut y croire papa, moi j’y crois. Léo peut être recyclé.

    — En souris ?

    Petit Paul fait un clin d’œil à son père.

    — Ou en chat.

    Papa ébouriffe les cheveux de son gamin et éclate de rire.

    — Bien joué ! C’est tout ce que tu as trouvé pour me demander d’avoir un autre chat ?

    Petit Paul ne répond pas. Il se gratte la tête signe de réflexion chez ce petit bonhomme.

    — C’est dommage qu’on ne puisse pas le faire avec les humains. Tu t’en rends compte que ça…

    — Petit Paul que dirais-tu d’aller retrouver maman ?

    — Ouais, mais on reprendra cette conversation, hein, papa ?

    Le plus tard possible, mon bonhomme pense son père. N’empêche, une poubelle rose… il sourit, si c’était si facile…

    © Isabelle -Marie d’Angèle (Août 2022)

    À très vite…

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  • Un après-midi à l’océan comme les autres… enfin presque !

    2 juillet 2022
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    J’ai participé à ce nouveau défi ici sur le blog Une bonne nouvelle par jour où les consignes étaient broder autour de cette photo prise en août 2019, sur la plage centrale, à Arcachon. Vous pouviez évoquer un après-midi à la plage ou bien délirer autour de la queue de la baleine (sculpture flottante installée de juin à septembre, et repeinte chaque année avec de nouvelles couleurs). N’hésite pas à aller lire les autres textes ici.

    Voici ma participation 👇

    Un après-midi à l’océan comme les autres…enfin presque !

    Assis sur sa serviette, il respirait à pleins poumons et s’imprégnait des parfums. Il souriait.

    Lunettes de soleil sur le nez, il se protégeait de ses rayons brulants. D’ailleurs, il les sentait sur sa peau qui s’échauffait peu à peu.

    Elle s’assit près de lui et lui demanda si tout allait bien. Il hocha la tête. Elle lui saisit la main et raconta :

    — Ton océan est bleu marine, il y a peu de rouleaux. C’est une journée calme.

    Elle s’interrompit. Épaule contre épaule, elle se rendit compte qu’il avait besoin de protection solaire.

    — Je vais te tartiner mon chéri, je vois que tu rougis par endroit. Tu ne veux pas enfiler un tee-shirt ?

    Il fit non de la tête, alors elle prit le tube et commença à lui mettre la crème sur les épaules. Elle en profita pour le respirer. Il lui saisit la main et l’embrassa. Elle continua :

    — Quelques parasols sont ouverts, mais il y en a peu. La plage n’est pas bondée. Le ciel a la couleur de l’eau et quelques nuages s’effilochent au loin. Plus loin, comme tu le sais, j’aperçois l’écume que font les rouleaux. Tu te souviens ?

    Il lui pressa la main. Elle vit deux larmes couler sur sa joue. Elle les essuya délicatement.

    — Tu veux rentrer ? Si c’est trop douloureux, nous reviendrons plus tard.

    Il fit non de la tête. Elle continua.

    — Il y a une baleine.

    Il sursauta. Elle aimerait tant qu’il réagisse par la parole, il se tourna vers elle et elle comprit qu’il avait peur. Elle le rassura par un rire.

    — C’est une sculpture ! Elle est multicolore.

    Il s’apaisa immédiatement et un sourire fleurit sur ses lèvres. De sa main, il ébouriffa ses cheveux et la prit par les épaules. Elle se rappela que lorsqu’elle lui faisait des blagues, il faisait la même chose et ça se terminait souvent par une cavalcade vers l’océan, il la saisissait dans ses bras, courait avec elle et la jetait dans l’eau. Aujourd’hui, elle devra se contenter de ses bras autour d’elle.

    — Voilà, c’est tout ! Il n’y a pas grande animation.

    Elle se blottit contre lui et se souvint.

    Il était un surfeur renommé. Les vagues ne lui faisaient pas peur et il les bravait les unes après les autres. Surfer sous les rouleaux, c’était sa passion. Mais un jour, ce fut l’accident. Il eut de la chance dans son malheur, seuls ses yeux furent touchés, le condamnant à imaginer ce qu’il aimait plus que tout. La parole s’était aussi fait la malle. Pourtant les médecins l’affirmaient, c’était lui qui bloquait les mots qui, ils en étaient certains ne demandaient qu’à sortir.

    Alors, chaque jour, elle l’emmenait sur la plage et lui racontait ce qu’elle voyait. Elle était ses yeux et par ses blagues, elle espérait toujours le faire réagir. Encore aujourd’hui, elle n’avait pas réussi.

    Soudain, un cri. Il tendit l’oreille. Il lui pressa la main pour qu’elle parle. Elle chercha la cause de cette angoisse. Ils se levèrent en même temps, elle, elle mit sa main en visière pour scruter l’eau. Elle comprit aussitôt. Un gamin dérivait, sa planche près de lui. Il avait dû s’assommer en tombant. C’était la marée descendante, irrémédiablement, il s’éloignerait de la rive. Elle expliqua rapidement la situation. Il lui prit le bras et l’entraina. Elle tenta de le retenir, mais il la tirait de plus en plus fort. Elle comprit qu’il voulait aller le chercher. Il n’y avait pas de sauveteurs en vue. Alors il cracha ses mots d’une voix éraillée qui n’avait pas parlé depuis de longs mois.

    — Guide-moi, je vais y arriver. Je connais l’océan comme ma poche.

    Alors, elle fut ses yeux. Lorsque l’eau vint lécher ses chevilles, il se sentit revivre. Elle cria pour le guider, il plongea dans le rouleau, s’il n’y avait pas eu danger, il aurait éclaté de rire de bonheur. Aussi bonne nageuse que lui, elle le suivait et lui parlait de plus en fort pour couvrir le bruit des vagues.

    — Là, attrape la planche.

    C’est elle qui saisit la main du gamin. C’est lui qui le ramena sur la plage devant la foule amassée qui applaudissait.

    Il remit ses lunettes qui avaient glissé, mais étaient restées attachées à son tour de cou. Il reçut dans ses bras une maman reconnaissante. Les pompiers s’occupèrent du garçon qui ne présentait rien de grave.

    Il se sentit happé par l’épaule.

    — Je vous remercie.

    Il sourit et lâcha ces mots :

    — C’est moi qui vous remercie.

    Elle ne comprit pas sa réponse.

    Il saisit la main de sa compagne et sans se retourner, s’éloignèrent.

    © Isabelle-Marie d’Angèle – Juin 2022

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  • Bonjour juillet

    1 juillet 2022
    Billet d’humeur, Mois

    Bonjour toi 😉

    Enfin ça y est
    On y est
    En juillet
    Sonne l’été. 
    
    Cabanes habillées
    Attendent les vacanciers
    Les cris des enfants
    Cris des mouettes dans le vent.
    
    Du soleil
    Des groseilles
    La peau vermeille
    Et les abeilles.
    
    C’est ça Juillet 
    Vacances d’été
    Soleil à satiété
    Des jours à se reposer. 
    
    Cabanes de plage
    Vive le déballage
    Ballons achetés au village
    Pour ça il n’y a pas d’âge.
    
    Cabanes en fêtes
    Peut-être pas parfaites
    Chocolat et noisettes
    Ressemblent à une cafèt’.
    
    Cabanes colorées
    Pour fêter l’été
    Se sont revigorées
    Et saluent les peaux dorées.
    
    L’hiver se sont rafistolées
    Les cabanes de l’été
    Pour recevoir Juillet
    Et le retour des vacanciers. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle – juillet 2022
    
    À très vite…
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  • Journal de Marie-Sophie

    1 juillet 2022
    Marie-Sophie

    Bonjour toi 😉

    Tu as vu ? J’ai décidé de nommer l’histoire de Marie-Sophie Le journal de Marie-Sophie. C’est un peu ça puisqu’elle raconte sa vie. Alors c’est parti pour un nouvel épisode. Tu vas découvrir aujourd’hui, une nouvelle venue. Cybèle Iraola dont je présente l’image qui m’a inspiré pour le personnage.

    Cybèle Iraola

    La boulangerie d’Archibald est ouverte et je suis derrière le comptoir en bois. J’ai le cœur qui bat à 1000 à l’heure. Les habitants se pressent dans la boutique qui sent bon le pain frais, mais aussi celui du local neuf.

    J’avoue, elle en jette avec ses corbeilles accrochées derrière moi emplies des pains que mon meilleur ami a fabriqués cette nuit. Il est debout depuis trois heures du matin, je l’ai entendu partir.

    Il a retrouvé sa tenue blanche et il est beau Archi. Les clients sont curieux. Archibald souhaitait qu’il y ait des morceaux de ses différents pains disposés dans des petites panières sur le comptoir. Je l’ai aidé à les préparer et je les ai goûtés. Au fur et à mesure que je disais qu’ils étaient bons, Archibald riait en m’assurant qu’il n’en doutait pas une seconde.

    Je reconnais Mélusine avec Enzo qui viennent chercher la baguette d’Archi. Elle était renommée dans notre village d’avant. Va-t-elle avoir le même succès ici ?

    Saverio arrive en trombe pour récupérer sa commande et il le crie bien haut de manière à ce que tout le monde l’entende. Tout est prêt et il embarque sa marchandise en prenant bien soin de passer devant les clients. Le parfum du pain chaud envahit la boutique. Certains se penchent sur les panières qu’il emporte et d’autres l’interpellent :

    — Alors Saverio, c’est pour ton bar ?

    — Tu as choisi lesquels pour tes sandwichs ?

    Saverio les regarde en souriant et les invite à venir les découvrir au déjeuner. Il propose une réduction pour les premiers clients arrivés. Et ça marche ! Les habitants achètent la baguette qu’ils trouvent craquante et se laissent tenter par celles aux céréales. Archibald passe la tête et il est applaudi par les villageois. J’en rougis pour lui. Il est très à l’aise. Un moulin avec un meunier authentique produit la farine, il a décidé d’aller la goûter et si elle lui convient, c’est avec elle qu’il fabriquera son pain. Il m’avait demandé de l’accompagner et j’ai rencontré le bonhomme. Je ne savais pas que les meuniers existaient encore. C’est un métier ancien et Gérard avec qui nous avons discuté fait partie de ces artisans qui exercent ces métiers d’autrefois. J’ai adoré son moulin. L’endroit est magnifique. Il ne manquait plus que les ânes avec les paniers et l’image aurait été complète. Gérard a ri quand je lui en ai fait la remarque, il m’a montré les animaux qu’il avait dans son pré. Un couple de bourriquets dressait leurs oreilles dans ma direction. Il m’a rassurée, ils ne portaient pas la farine sur leurs dos et lui non plus d’ailleurs. Les sacs étaient acheminés dans sa camionnette. Oui, les temps changent quand même !

    — Excusez-moi !

    Perdue dans mes pensées, je sursaute en découvrant une jeune femme, grandes lunettes rondes chaussées sur le nez et une casquette à la gavroche vissée sur la tête. Une cascade de cheveux châtains méchés de..  Je dirais de gris, s’en échappe. J’accroche ses yeux bleus magnifiques et lui souris instantanément.

     — Oui ? Je peux vous aider dans votre choix peut-être ?

    Elle répond à mon sourire.

    — Je ne viens pas pour acheter du pain, mais pour rencontrer Archibald Letrady.

    Je reste bouche bée. Il y a bien longtemps que je n’ai pas entendu le nom de famille de mon meilleur ami. Il me faut quelques minutes pour réaliser qu’il s’agit d’ailleurs bien de lui. Devant mon mutisme, elle explique :

    — Je suis là pour le Food Truck.

    Au même instant, Archibald rentra dans la boutique après en avoir terminé avec Saverio.

    — Ah mademoiselle Iraola.

    Il s’avança vers elle pour lui serrer la main. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu l’impression qu’entre ces deux-là, il pourrait se passer quelque chose. Il l’entraîna vers l’extérieur pour qu’elle lui montre le véhicule qu’il souhaitait acheter.

    Je servis les autres clients et l’oubliais.

    — Qu’est-ce que tu en penses ?

    La boulangerie s’était vidée et Archibald m’invitait à découvrir le Food Truck qui bientôt lui servirait à présenter sa marchandise ailleurs qu’au village.

    — Pourquoi le vend-elle ?

    — Elle ne le vend pas. J’ai pensé que nous pourrions collaborer. C’est encore une idée de Morgan. Cybèle fait des bruschettas, pourquoi ne pas les faire avec mon pain ?

    — Cybèle ?

    — C’est un prénom original, je te l’accorde. Alors qu’est-ce que tu en dis ? Je pourrais faire les marchés les jeudis et samedis dans les petits villages voisins. Cybèle a déjà sa clientèle, elle veut bien tenter l’expérience de travailler avec moi. Elle va goûter mes pains pour voir lesquels se marieront le mieux avec ses recettes.

    — Tu m’étonnes ! murmurais-je.

    — Qu’est-ce que tu dis ?

    — Rien du tout. En fait, c’est une collaboration ? Comme ça, tu n’auras pas d’argent à débourser encore pour l’achat du véhicule.

    — Voilà ! Tu as tout compris.

    Il se tait quelques instants et demande :

    — Alors comment l’as-tu trouvée ?

    — Jolie et sympathique.

    Il hausse les sourcils.

    — Je te parle de ce début de journée. Il y avait du monde non ? Raconte.

    — Je pense que tu vas cartonner et je suis sincère.

    — En tout cas, je te remercie de m’aider. Les autres jours, je vais me débrouiller pour ne pas trop te solliciter.

    — Finalement, ça m’a plu. Tant que je peux, je t’aide. Lorsque Mélusine aura besoin de moi, tu trouveras une solution. Je crois que Morgan est partant pour prendre ma place.

    — Alors c’est vendu. Merci MarieSophe.

    Il me colla deux baisers sur les joues et me prit dans ses bras.

    — Merci ma belle.

    Il me lâcha lorsque Cybèle Iraola s’approcha de son food truck.

    — Je te présente Marie-Sophie, ma meilleure amie.

    Comme ça c’était clair, Archibald avait mis les points sur les i immédiatement. Je souris à la jeune femme. Voilà donc celle qui allait peut-être s’intégrer dans notre trio. Il s’agrandit peu à peu si on compte aussi François qui fait rougir Mélusine dès qu’elle l’aperçoit.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (Juillet 2022) 

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  • Jeux d’écriture – À l’abri du parapluie

    28 juin 2022
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    Le nouvel atelier d’écriture chez Marie ici proposait ceci :  je vous invite à écrire un texte à partir de cette photo – Crédit Olivier Reynes.

    Voici donc ma participation 👇

    Il n’a même pas pris la peine de passer un short et est entré dans l’eau.

    — Et tu crois qu’avec ton parapluie tu pourras empêcher quelque chose ?

    La voix vient d’en haut et elle semble narquoise.

    — Si je ne fais rien qui va le faire ? Toi peut-être ?

    — Moi ? Ne penses-tu pas qu’il faudrait plutôt te poser la question à toi ? Quant à savoir qui va le faire si tu ne fais rien, très bonne question.

    — D’ailleurs c’est quoi ce nuage ? Il ne me dit rien qui vaille.

    — Normal, à force de me faire du mal, voilà le résultat, je me révolte. En tout cas, je vois que tu es bien seul avec ton parapluie. Un bon point pour toi, tu n’as pas hésité à entrer dans l’eau rapidement.

    — J’ai froid.

    — Arrête de te plaindre. Tu ne veux pas que je te chauffe l’eau aussi ? Vous me chauffez bien assez comme ça avec vos conneries.

    — Je n’ai rien fait.

    — C’est bien ça le problème.

    — Tu exagères, chacun fait des efforts.

    — Pas suffisants.

    — Tu en as de bonnes toi, tu crois que c’est facile ? Et ce n’est pas forcément de notre faute.

    — Ben voyons, c’est la faute à pas de chance ? Si tout le monde s’y mettait… Une goutte qui tombe l’une après l’autre emplit le récipient. C’est pareil pour faire avancer les choses.

    — Pourquoi c’est moi que tu engueules ?

    — Parce que c’est toi qui es venu le premier.

    — Si j’avais su, je n’aurais rien fait. C’est injuste.

    — Réfléchis… n’est-ce pas ce qu’il se passe tous les jours ? Tu tentes un effort et tu te fais remballer… du coup tu ne fais plus rien. Ne lâche rien si j’ai un conseil à te donner. Si tu attends après les autres, je me révolterai encore davantage.

    — Ben voyons, des conseils, des ordres, c’est toujours comme ça maintenant.

    — Et les choses changent ?

    — Heu… non.

    — Tiens bien ton parapluie alors… j’espère qu’il est solide.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2022).

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  • Je dis Poésie

    23 juin 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Je te laisse avec ma rêveuse 👇(illustratrice Sophie Griotto)

    La rêveuse

    Allongée sur sa serviette
    La rêveuse découvre les mots
    D’un livre dans les oubliettes
    Des tiroirs de son bureau. 
    
    Lunettes sur le nez
    Le coude soutenant sa tête
    Pieds emmêlés
    Elle tourne les pages, amusée. 
    
    C’est elle qui a écrit ça ? 
    Un jour, voire des années
    Qui s’en souviendra ? 
    De cette histoire inachevée. 
    
    La rêveuse se souvient d’un blog
    Qu’elle alimentait régulièrement
    Comme un catalogue
    Qu’on feuilletait lentement.
    
    
    Les palmiers n’osent la déranger
    La rêveuse est dans sa lecture
    Même l’eau à ses pieds
    Respecte son écriture. 
    
    Le temps semble s’être arrêté
    Alors qu’une romance
    À peine ébauchée,
    Crie avec véhémence. 
    
    Pourquoi ne pas la reprendre
    Donner une nouvelle vie aux héros
    Pourquoi pas avec Alexandre
    Un air de renouveau. 
    
    Allongée sur sa serviette
    La rêveuse s’est endormie
    Le livre se feuillette
    Seul à nouveau pour la vie. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle — juin 2022
    
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  • Docteur Papy

    22 juin 2022
    Jour des enfants

    Bonjour toi 😉

    L’histoire qui suit m’a été inspirée par un docteur que je connais bien, à la retraite aujourd’hui.

    Linette est en dernière année de maternelle et elle adore fanfaronner. Elle est toujours la première pour raconter des histoires qu’elle invente ou pas. Le problème est que personne n’arrive à savoir si ce qu’elle raconte est vrai ou pas. Alors le jour où sa meilleure amie, Pistache, a mal au ventre dans la cour de récréation, Linette n’hésite même pas.

    — Il faut appeler docteur Papy.

    Elle court vers sa maitresse et la supplie de faire le numéro de sa maman qui elle, saura appeler ce fameux médecin. La maîtresse inquiète refuse et s’approche de Pistache, une blondinette aux yeux verts comme la couleur de son prénom.

    — Où as-tu mal ?

    — Là !

    La gamine montre vaguement son ventre. L’enseignante la prend par la main et tente de l’entraîner dans la classe, mais celle-ci reste sur place et trépigne.

    — Tu n’as pas si mal si tu as la force de faire tant de tapage.

    — Je veux le Docteur Papy de Linette.

    — Tu vois maîtresse, tu perds beaucoup de temps, si tu avais appelé ma maman, il serait déjà là. À la maison, il suffit d’un coup de fil et rien qu’à l’écouter, tu n’as plus mal.

    Linette avait planté son regard dans celui de Madame Castafiore, comme elle l’appelait, parce qu’elle chantait souvent et avait plein de bijoux qui faisaient de la musique à ses poignets. En fait, elle se prénommait Catherine Milou, le raccourci pour la petite fille avait été vite fait.

    — Il travaille à quel cabinet médical ce Docteur papy, je ne vais pas déranger ta maman et je vais chercher sur Internet.

    — Tu fais comme tu veux, mais ça ira plus vite si tu fais comme je dis.

    Catherine tapa le nom du médecin et ne le trouva nulle part. Les deux gamines la regardaient, Linette en haussant les sourcils et Pistache oubliant complètement la raison de cette recherche.

    La maîtresse s’impatientait. Elle aurait dû consulter la fiche de renseignements de Pistache au lieu d’écouter cette Linette, cette gamine avait le don pour la faire tourner en bourrique.

    — C’est plus la peine de regarder, j’ai plus mal.

    Elles plantèrent leur enseignante et partirent en courant. Cachées toutes les deux dans le fond de la cour, Pistache demanda à sa copine :

    — C’est vrai que tu connais le Docteur Papy ? Il ne fait pas mal ? Il fait des piqures ?

    — Sûr qu’il fait des piqures, mais ça pique jamais. Et puis, il me fait un bisou après, alors, j’ai même pas peur. Il rapplique chez nous dès que maman l’appelle. Tu sais, il a un … stécostop… autour du cou, c’est froid quand il le pose sur mon ventre.

    — J’aimerais bien avoir le même. Moi, il ne vient jamais à la maison. Je dois attendre des heures dans une salle, il fait chaud, ça sent pas bon et les gens sont tous vieux.

    — Tu as de la chance, c’est ma mamy avec lui qui viennent me chercher tout à l’heure. Tu pourras le voir. Bon, il n’aura pas son tuyau autour du cou ni sa lampe pour regarder dans la bouche mais c’est quand même un docteur.

    — Il vient te chercher à l’école ?

    Pistache n’en revenait pas, elle qui entendait régulièrement que les médecins ne se déplaçaient plus et que pour avoir un rendez-vous, il fallait être malade une semaine à l’avance.

    Les maîtresses tapaient dans leurs mains signalant la fin de la récréation. Encore quelques minutes à attendre et la sonnerie de la fin de la journée retentirait. Pistache était curieuse de découvrir ce docteur Papy. Aussi, elle suivit de près Linette quand celle-ci se précipita dans les bras d’une dame. Déçue, elle ne vit pas de monsieur à côté d’elle. Encore une histoire que Linette avait inventée.

    La maman de Pistache l’attendait également et lui faisait de grands signes. Elle ne comprenait pas pourquoi sa gamine avait l’air triste. Linette s’approcha alors de son amie et lui glissa à l’oreille :

    — Il est dans la voiture, viens, tu pourras lui dire que tu as eu mal au ventre.

    — Comment ça tu as eu mal au ventre et on ne m’a pas prévenue ?

    La maman fronçait les sourcils et n’avait pas l’air contente.

    — Mon papy peut voir ce qu’elle a si vous voulez, assura Linette pour la rassurer. C’est une vedette et il ne se trompe jamais.

    — Ton grand-père est médecin ? demanda Pistache interloquée.

    — Ben oui, c’est pour ça que je l’appelle Docteur Papy. Il est à la retraite maintenant. Qu’est-ce que t’as cru ?

    © Isabelle-Marie d’Angèle – juin 2022

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  • Jeux d’écriture – L’attraction

    17 juin 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Chez Marie ici Les consignes étaient les suivantes, commencer un texte avec cette phrase : “Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.”

    Voici ma participation complètement décalée 👇 😊

    L’attraction

    — Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque-là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.

    — Sérieux ? Tu ferais ça pour moi ?

    Jules a les yeux qui brillent et le sourire jusqu’en haut des oreilles. Du coup, Tom se demande s’il n’a pas été trop loin. Il tente de se reprendre, mais Jules ne le laisse pas parler et lui saisit la main.

    — Attends, où m’emmènes-tu ?

    Jules attrape son foulard rouge qu’il arbore fièrement quand il joue au cow-boy et le noue sur les yeux de son père.

    — Ah ! tu as promis, ne te défile pas. Tu as toujours dit qu’une promesse devait être tenue.

    — Ah bon j’ai dit ça moi ?

    Tom commence à flipper sérieusement. C’est mercredi et c’est lui qui est chargé de la garde de son fils. Une semaine sur deux, il a décidé de prendre ce jour de repos pour lui. Infirmière libérale, Juliette ne peut pas souvent se libérer.

    Justement, elle se gare devant la maison entre deux patients. Jules met un doigt sur sa bouche. Elle ne dit rien et sourit.

    — Ton fils m’emmène je ne sais pas où.

    — Notre fils, rectifia -t-elle en riant.

    Il bougonna et se laissa entrainer. Lorsqu’il entendit la musique et qu’il sentit l’odeur de barbe à papa lui chatouiller les narines, son cœur s’emballa. Il voulut arracher le foulard et prendre ses jambes à son cou, mais Jules lui tenait fermement la main et prenait son rôle très au sérieux de guide.

    Tom ne vit pas les sourires goguenards des passants, il tentait de se calmer. Il avait une peur effroyable des fêtes foraines et des manèges. Juliette n’avait pas le temps de s’occuper de son petit garçon, Jules n’avait donc trouvé que ce moyen pour pouvoir monter dans un grand manège. Il n’avait le droit que s’il était accompagné d’un adulte. Il en avait tellement rêvé.

    Il avait pris de l’argent dans sa tirelire, il ne ferait qu’un tour, c’était déjà bien. Toujours les yeux bandés, Tom comprit qu’il s’approchait de l’attraction dont lui parlait sans cesse son gamin. Il n’avait jamais voulu la voir. Il ne savait donc pas qu’il allait s’envoler dans les airs, tourner à l’endroit et à l’envers.

    Pourvu qu’il ne s’évanouisse pas ou au pire vomisse. Il ne souhaitait pas être la risée du village et faire honte à Jules. Il serra les dents et suivit le mouvement.

    Jules le fit assoir et prit place près de lui. Tom entendit le coup de sifflet, signe du départ, le manège se mit en branle. Jules enleva le foulard. Tom se trouvait dans le camion pompier d’un petit manège et Jules souriait.

    — T’as vraiment cru que j’allais t’embarquer sur ce machin-là ?

    Il désigna l’attraction qui venait de démarrer.

    — Mais Jules, tu pouvais monter seul ici. Il suffisait juste de me demander de t’accompagner.

    — Tu n’aimes pas les fêtes foraines. Mais je suis content, tu m’as suivi.

    Le tour se termina sans que Jules pense à attraper la queue de Mickey.

    Ils descendirent ensemble. Tom s’approcha du grand manège. Il prit son fils par la main, le passa sous la toise afin de vérifier qu’il avait la bonne taille et acheta deux tickets.

    Bravement, Jules s’assit à côté de son père. Il regarda plusieurs fois que la ceinture de sécurité était bien attachée à lui comme à son papa. Tous deux n’en menaient pas large quand la machine se mit en route.

    Mais que dire du sourire qu’ils affichaient quand ils descendirent tous deux, le cœur en déroute, les cheveux en désordre, leurs doigts emmêlés.

    — C’était trop bien ! Merci.

    Jules se serra contre Tom qui referma les bras sur lui. D’accord, il avait cru sa dernière arrivée, il avait fermé les yeux et serré les dents, mais les cris de joie de son fils avaient réussi à lui faire oublier sa peur. Pourtant, in petto, il se promit de ne plus jamais se laisser embarquer de cette façon.

    À très vite…

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    5 commentaires sur Jeux d’écriture – L’attraction
  • Je dis Poésie

    16 juin 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    J’aime choisir une illustration et laisser ma plume trouver les mots qu’elle m’inspire.

    Nouvelles de là-bas

    Le parfum des fleurs
    Ne la distrait pas
    Des mots en couleur
    Qu’elle découvre, là !
    
    C’est une lettre
    Qui vient de là-bas
    Mille kilomètres peut-être
    Elle ne compte pas.
    
    Plongée dans sa lecture
    Elle ne sent pas
    Le parfum de la verdure
    Il ne reviendra pas. 
    
    Il lui explique là
    En quelques mots
    Qu’il a trouvé là-bas
    Un bonheur nouveau. 
    
    Il n’est pas son amour
    Juste son frère
    Il cherchait toujours
    Elle pensait pour se distraire.
    
    Mais il a trouvé 
    Le sens à sa vie
    Qu’il veut donner
    Là, c’est écrit. 
    
    Abandonnée elle l’est
    Pourtant elle sourit
    En lisant avec sérénité
    Qu’il l’invite dans son paradis. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2022)
    
    
    
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  • Le château de sable

    15 juin 2022
    Jour des enfants

    Bonjour toi 😉

    C’est le jour des enfants et les enfants c’est aussi ça ! À force de les contempler, j’ai eu l’idée de cette histoire que je partage avec toi. Figure-toi qu’en la relisant, j’ai eu la larme à l’œil.

    Ils en faisaient des allers et retours, pelle et seau à la main, bob sur la tête, pour piocher de l’eau. Accroupis face à face et très concentrés sur leur tâche, ils mouillaient le sable, remplissaient leur seau, le retournaient et tapaient avec leur pelle dessus afin de démouler une merveille de pâté.

    Éclats de rire, course dans le sable, cris de joie quand les vagues les éclaboussaient et quand le seau se renversait et arrivait vide devant moi.

    Je prenais forme peu à peu, ils étaient fiers de leur œuvre et très heureux. Debout devant elle, ils jaugeaient leur construction : rajouter une tour ici, un chemin là, trouver des coquillages pour la décoration et ils repartaient au galop vers l’océan.

    Ils y passaient des heures à creuser avec leurs mains, se cacher dans le trou, vérifier que l’eau pénétrait petit à petit et que je ne risquais rien, car ils espéraient toujours me retrouver le lendemain matin.

    Ils ont tout essayé : mettre un petit drapeau en haut de mes tours pour me reconnaître, me fabriquer très loin de cette eau qui leur grignotait irrémédiablement du terrain, faire une énorme tranchée autour de moi afin que je sois protégé. Rien n’y a fait.

    J’ai tenté pourtant de résister. Je savais que le lendemain, mes bâtisseurs débouleraient en courant pour voir si je les attendais, mais petit à petit, les vagues venaient me lécher les pieds et alors mes fondations fondaient, s’effritaient, et je m’écroulais désespéré.

    Un jour, mes deux compères ont mis tout leur cœur, je ressentais leur rage dans leurs coups de pelles assenés sur leur seau. J’étais magnifique avec mes tours, mes créneaux et mes coquillages qui formaient un joli chemin pour arriver au pont-levis et je sentais que cette fois j’allais résister. J’avais compris que la marée était plus basse que d’habitude et par chance ils avaient choisi de me construire plus haut sur la plage. 

    Quand ils m’ont quitté ce soir-là avec un dernier regard, j’ai eu envie de leur faire un clin d’œil et de leur dire que je les attendrais et déjà j’étais heureux à l’idée d’entendre leurs cris de joie le lendemain. Mais les châteaux de sable ne font pas de clin d’œil et je suis resté bien droit à ma place, bien décidé à résister coûte que coûte.

    Le soleil s’est couché, et j’ai pu admirer cette merveille, car j’étais toujours debout, je ne m’étais pas écroulé comme les jours précédents. Les derniers promeneurs me contournaient et murmuraient entre eux en me regardant, j’étais fier. L’eau n’était pas arrivée jusqu’à moi, il était temps, je crois, mais cette fois-ci le ciel était avec moi. Je me préparais à passer ma première nuit sur la plage et à me laisser bercer par le bruit incessant des vagues. J’étais heureux.

    Le soleil s’est levé, j’ai cligné des yeux, me suis regardé. J’étais toujours debout, rien n’avait bougé. Ravi, j’ai attendu.

    Ils ne sont jamais venus, les vacances étaient terminées.

    © Isabelle-Marie d’Angèle

    À très vite…
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    5 commentaires sur Le château de sable
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