Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Marie-Sophie continue de nous raconter sa vie au fil des jours…Je te présente les personnages tels que je les imagine 👇 et je te rappelle que tu peux trouver ici tout Marie-Sophie.

— Tu ne crois pas que tu vas un peu vite ?

Mélusine, assise face à moi dans la cuisine, nous buvons toutes deux notre premier café. Enzo dormait encore, il était tôt. Nous aimions bien nous retrouver alors que le jour pointait à peine. La fenêtre était ouverte et nous entendions au loin les cloches des vaches et des brebis qui attendaient leur départ pour le pré.

Mélusine, le nez dans son mug, leva les yeux vers moi. Elle en avait de la chance, mon amie, toujours jolie, même le matin au réveil, alors que moi, les cheveux étaient en bataille, elle, on dirait qu’elle sortait d’une gravure de mode.

— Quoi ? aboya-t-elle.

J’éclatai de rire. Sa mauvaise humeur avant le café restait légendaire.

— Je pensais justement que tu étais adorable.

Elle haussa les épaules et posa sa tasse.

— Tu n’as pas répondu à ma question MarieSophe. Cette… comment l’appelles-tu déjà ?

— Cybèle.

— Tu parles d’un nom ! Bref, je n’imagine pas du tout Archibald avec elle.

Jamais je n’aurais cru que ce serait Mélusine qui verrait ça d’un mauvais œil qu’enfin notre ami se case. Elle se resservit du café et m’en proposa. Je refusai.

— Je suis certaine qu’il va se passer quelque chose entre eux.

— Entre qui et qui ?

Nous n’avions pas entendu Morgan arriver. Il se pencha vers moi pour me piquer un baiser sur les lèvres. Jamais je ne me ferai à la manière qu’il a de se déplacer aussi discrètement. Je lui proposai du café qu’il accepta en souriant. Il ouvrit la porte du placard pour sortir sa tasse favorite. Quand il était là, j’avais l’impression que la pièce se rapetissait, il en imposait Morgan ! Il s’assit et m’invita à le rejoindre sur ses genoux. Mélusine murmura :

— Vous êtes mignons tous les deux. La belle et la bête !

Alors que je ne savais pas comment réagir, Morgan éclata de rire et Mélusine fit de même.

— Je parie que vous parliez de Cybèle Iraola, reprit Morgan, une fois leur crise d’hilarité terminée.

— MarieSophe pense qu’il se passe quelque chose entre Archibald et elle.

Il reposa sa tasse et tout en me caressant les cheveux répondit :

— Avant que ça n’arrive, il coulera de l’eau sous les ponts.

— Et pourquoi donc ?

— Archibald n’est pas basque, grommela-t-il.

— Et ?

Mélusine plongea son nez dans son mug, je suis certaine de l’avoir vu sourire comme si elle était ravie.

Morgan me poussa gentiment et se leva éludant la question.

— Je vais au marché et je vais en profiter pour acheter le pain. D’ailleurs, tu n’y vas pas aujourd’hui MarieSophe, à la boulangerie ?

Mélusine et moi haussâmes les sourcils en même temps.

— Ah d’accord c’est à moi d’être derrière le comptoir ?

Il rit.

— Alors à plus tard !

À nouveau, il m’embrassa et s’en fut par le jardin. Mélusine se leva et lava son mug. Elle se tourna ensuite vers moi.

— Je suis très heureuse pour toi, il est vraiment gentil Morgan. J’imagine que tu ne penses toujours pas t’installer chez lui ?

— Je viens d’emménager… à moins que tu veuilles la maison pour toi toute seule, lui glissais-je en lui faisant un clin d’œil.

— Pas du tout !

— Peut-être as-tu d’autres projets ?

Je voulais la faire réagir et l’inviter à se confier, mais elle répondit en soupirant :

— Si tu penses à François, tu fais fausse route. Décidément, c’est à croire que tu as vraiment envie de nous caser Archi et moi. Ce n’est pas parce que tu as trouvé chaussure à ton pied qu’il faut que cela soit pareil pour nous.

Je la rattrapais par le bras alors qu’elle allait m’abandonner dans la cuisine.

— Mélusine, excuse-moi si j’ai été indiscrète ou maladroite.

Elle me saisit la main.

— MarieSophe, je crois que je ne suis pas prête à laisser un homme entrer dans notre vie à Enzo et moi. Nous ne sommes pas bien comme ça ? Et je pense que pour Archibald c’est pareil.

Je dressai l’oreille. Saurait-elle quelque chose qui m’aurait échappé.

— Vous en avez parlé ?

— Pas besoin. Archi est dans son truc, il n’a pas la tête pour autre chose.

— Oui, mais ça peut changer.

— Enfin, MarieSophe qu’est-ce qu’il t’arrive ? Je vais me doucher et réveiller Enzo et nous partirons pour la crèche, c’est notre tour d’animer la matinée.

Elle a raison, pourquoi me suis-je mis ça dans la tête ? Je me secouai, après tout, ça ne me regardait pas.

Le village n’était pas grand, il avait l’avantage que nous pouvions nous déplacer à pied. Il y avait du monde à la boulangerie. Je fis signe à Morgan qui avait la côte derrière le comptoir, je reconnus son rire et sa voix. Il semblait très à l’aise avec chacun. Je remarquai qu’il y avait des gens des communes voisines. J’étais heureuse pour Archibald. Mélusine tenait la main d’Enzo et celui-ci ne put s’empêcher de lui échapper pour aller embrasser son parrain. Il commençait à être connu ce gamin et son arrivée dans la boutique ne passa pas inaperçue. Poli, il dit bonjour et s’empressa de passer derrière pour retrouver Archibald.

Évidemment, celui-ci nous rejoignit après avoir serré les mains des clients qui maintenant lui faisaient confiance.

Il nous embrassa, nous demanda des nouvelles, ce qui nous fit rire car nous nous voyions tous les jours, nous habitions ensemble.

— À ce soir.

Il repartait déjà abandonnant Enzo qui tenait une poche de croissants tout chauds.

— Il a dit que c’était pour les autres enfants.

Quand nous arrivâmes chez François qui nous accueillait avec un grand sourire, nous eûmes la surprise d’y trouver Cybèle.

— Je crois que vous vous connaissez, s’empressa d’annoncer le père d’Héloïse. Cybèle Iraola et son fils Bixente.

Médusées, Mélusine et moi saluâmes la jeune femme et découvrîmes son gamin en fauteuil roulant.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

J’adore les foulards, les petits, les grands, les XXL… alors l’idée m’est venue de le mettre à l’honneur via la poésie 😉

Le foulard fou

Choisi ce matin-là
Il égaillerait sa mine tristounette.
Au fond d’un tiroir, il se trouvait là
Assorti à sa chemisette. 

Les bras levés face à la glace,
Elle tentait de le nouer.
Inutile de se voiler la face, 
Ce chenapan glissait. 

Rattrapé, autour de son front
Elle l’enroula.
Taquin, sur ses yeux il glissa. 
Elle souffla et tint bon. 

Elle ne voyait plus rien,
Il glissa autour de son cou,
Qu’il était cabotin
Ce foulard fou.

Rageuse, elle tira d’un coup sec
Toussa et faillit s’étrangler.
Par-dessus sa tête, pas de break
Elle le fit voler. 

Toute ébouriffée à présent,
Elle avait l’air malin. 
De ses couleurs vives, la narguant
Il pendait, accroché à sa main. 

Enfin, tête en bas
Sur sa nuque le nouant
Elle le maîtrisa
Et sourit à pleines dents.

De bonheur, elle claqua des doigts
Ouvrit la porte, son voisin salua !
C’est alors qu’un vent coquin s’engouffra
Et délivra le foulard qui s’envola. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).
À très vite…

C’est la rentrée !

Bonjour toi 😉

Septembre te voici ! J’espère qu’il fera moins chaud 😉. En tout cas, je ne sais pas toi, mais le mois qui s’annonce et cette nouvelle saison me plait bien. Toutes ces couleurs qui apparaissent tous les jours me remplissent de bonheur. Ces nouveaux parfums qui me parviennent me font chaud au cœur même si l’été s’en va peu à peu.

Bon ce n’est pas tout ça, je souhaite à tous, une belle rentrée et à ce sujet je t’ai écrit une bafouille 😉et j’en profite pour te remercier pour tes gentils messages pour me souhaiter un bon retour. Maintenant, je n’ai plus qu’à… je t’ai promis plein de surprises…😂 allez c’est parti.

La rentrée

J’ai préparé mes cahiers
J’ai rangé mon maillot, 
J’ai sorti mes stylos
Et mon jeans rayé. 

Retrouver mes copines
Perdues de vue depuis deux mois
Nous avons toutes bonne mine
Et le cœur en émoi. 

Les petits pleurent
Ils ne veulent pas lâcher Maman.
Moi je regarde l’heure
La rentrée c’est maintenant. 

Le parfum est toujours le même
Celui de la rentrée
Je m’assois près de Marlène
J’ai le cœur en berne. 

Finies les vacances
Le sable chaud et les interminables soirées.
J’en ai bien conscience 
La rentrée, c’est commencé. 

Par la fenêtre
Mon regard s’évade
Arrête Arrête
Cette sérénade. 

Les vacances sont finies
Je contemple le tableau
Adieu le Bikini
Nouvel emploi du temps pas rigolo. 

Math Français
Sciences histoire-géo
L’aiguille s’est arrêtée
La rentrée c’est pas cadeau. 

Haut les cœurs,
Nouvelle année
 À écrire et le bonheur
Pointera son nez. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Septembre 2022).
À très vite…

Petit Paul et le recyclage

Bonjour toi 😉

C’est mercredi et Petit Paul a une question, je te laisse avec lui et son papa.

Petit Paul regarde son papa installer les différentes poubelles : jaune pour le plastique, verte pour le verre, bleue pour le carton.

— Et tu trouves ça joli toi ?

Petit Paul, les mains derrière le dos, est planté devant cet étalage.

— En plus, il t’en manque.

Son père qui trouve aussi que ce tri sélectif dans le cellier prend une place pas possible réplique aussitôt :

— Celle des ordures ménagères est dans la cuisine sous l’évier.

— Je ne te parle pas de celle-là ! Moi, je la verrais bien rose.

Papa hausse les sourcils. Qu’est-ce que son fils a encore dans la tête.

— Ben oui, vu qu’on recycle tout, pourquoi ne pas le faire avec les animaux quand ils sont morts. Ils pourraient bien avoir une deuxième vie non ? Regarde, ils font bien la pub pour un grille-pain, la dame qui pleure parce qu’elle ne peut plus s’en servir, elle est malheureuse quand elle le porte dans la poubelle écosystème. C’est pareil… moi j’aurais bien aimé que mon chat ait été recyclé.

Devant le silence de son père qui ne s’attendait pas à ça, il continue.

— Peut-être qu’il l’est, mais autrement. Tu t’en souviens de la pub ?

— Heu…

— Fais un effort papa. Elle l’a reconnu dans une bouilloire.

Un grille-pain en bouilloire, soit ! Le papa de Petit Paul n’imagine pas le chat Léo recyclé en…

— Peut-être qu’il est recyclé en souris.

Papa a du mal à se retenir de rire. Imaginer le gros chat de gouttière en souris, alors là !

— C’est pas drôle. Je l’aimais bien mon chat. Si j’avais une poubelle rose, j’y mettrais les photos de ce qui disparait et peut-être que… c’est comme ma boîte à bisous. Tu sais, quand toi ou maman venez me dire bonsoir avant que je m’endorme, j’enferme les bisous dans ma boîte, comme ça, quand j’en ai envie, j’ouvre ma boîte et je fais comme si vous étiez avec moi, ça m’a bien servi à l’école.

Papa serre la main de son petit garçon.

— Alors, tu crois que tu vas en trouver une de poubelle rose ?

— Tu sais Petit Paul, je ne suis pas certain que…

— Il faut y croire papa, moi j’y crois. Léo peut être recyclé.

— En souris ?

Petit Paul fait un clin d’œil à son père.

— Ou en chat.

Papa ébouriffe les cheveux de son gamin et éclate de rire.

— Bien joué ! C’est tout ce que tu as trouvé pour me demander d’avoir un autre chat ?

Petit Paul ne répond pas. Il se gratte la tête signe de réflexion chez ce petit bonhomme.

— C’est dommage qu’on ne puisse pas le faire avec les humains. Tu t’en rends compte que ça…

— Petit Paul que dirais-tu d’aller retrouver maman ?

— Ouais, mais on reprendra cette conversation, hein, papa ?

Le plus tard possible, mon bonhomme pense son père. N’empêche, une poubelle rose… il sourit, si c’était si facile…

© Isabelle -Marie d’Angèle (Août 2022)

À très vite…

Un après-midi à l’océan comme les autres… enfin presque !

Bonjour toi 😉

J’ai participé à ce nouveau défi ici sur le blog Une bonne nouvelle par jour où les consignes étaient broder autour de cette photo prise en août 2019, sur la plage centrale, à Arcachon. Vous pouviez évoquer un après-midi à la plage ou bien délirer autour de la queue de la baleine (sculpture flottante installée de juin à septembre, et repeinte chaque année avec de nouvelles couleurs). N’hésite pas à aller lire les autres textes ici.

Voici ma participation 👇

Un après-midi à l’océan comme les autres…enfin presque !

Assis sur sa serviette, il respirait à pleins poumons et s’imprégnait des parfums. Il souriait.

Lunettes de soleil sur le nez, il se protégeait de ses rayons brulants. D’ailleurs, il les sentait sur sa peau qui s’échauffait peu à peu.

Elle s’assit près de lui et lui demanda si tout allait bien. Il hocha la tête. Elle lui saisit la main et raconta :

— Ton océan est bleu marine, il y a peu de rouleaux. C’est une journée calme.

Elle s’interrompit. Épaule contre épaule, elle se rendit compte qu’il avait besoin de protection solaire.

— Je vais te tartiner mon chéri, je vois que tu rougis par endroit. Tu ne veux pas enfiler un tee-shirt ?

Il fit non de la tête, alors elle prit le tube et commença à lui mettre la crème sur les épaules. Elle en profita pour le respirer. Il lui saisit la main et l’embrassa. Elle continua :

— Quelques parasols sont ouverts, mais il y en a peu. La plage n’est pas bondée. Le ciel a la couleur de l’eau et quelques nuages s’effilochent au loin. Plus loin, comme tu le sais, j’aperçois l’écume que font les rouleaux. Tu te souviens ?

Il lui pressa la main. Elle vit deux larmes couler sur sa joue. Elle les essuya délicatement.

— Tu veux rentrer ? Si c’est trop douloureux, nous reviendrons plus tard.

Il fit non de la tête. Elle continua.

— Il y a une baleine.

Il sursauta. Elle aimerait tant qu’il réagisse par la parole, il se tourna vers elle et elle comprit qu’il avait peur. Elle le rassura par un rire.

— C’est une sculpture ! Elle est multicolore.

Il s’apaisa immédiatement et un sourire fleurit sur ses lèvres. De sa main, il ébouriffa ses cheveux et la prit par les épaules. Elle se rappela que lorsqu’elle lui faisait des blagues, il faisait la même chose et ça se terminait souvent par une cavalcade vers l’océan, il la saisissait dans ses bras, courait avec elle et la jetait dans l’eau. Aujourd’hui, elle devra se contenter de ses bras autour d’elle.

— Voilà, c’est tout ! Il n’y a pas grande animation.

Elle se blottit contre lui et se souvint.

Il était un surfeur renommé. Les vagues ne lui faisaient pas peur et il les bravait les unes après les autres. Surfer sous les rouleaux, c’était sa passion. Mais un jour, ce fut l’accident. Il eut de la chance dans son malheur, seuls ses yeux furent touchés, le condamnant à imaginer ce qu’il aimait plus que tout. La parole s’était aussi fait la malle. Pourtant les médecins l’affirmaient, c’était lui qui bloquait les mots qui, ils en étaient certains ne demandaient qu’à sortir.

Alors, chaque jour, elle l’emmenait sur la plage et lui racontait ce qu’elle voyait. Elle était ses yeux et par ses blagues, elle espérait toujours le faire réagir. Encore aujourd’hui, elle n’avait pas réussi.

Soudain, un cri. Il tendit l’oreille. Il lui pressa la main pour qu’elle parle. Elle chercha la cause de cette angoisse. Ils se levèrent en même temps, elle, elle mit sa main en visière pour scruter l’eau. Elle comprit aussitôt. Un gamin dérivait, sa planche près de lui. Il avait dû s’assommer en tombant. C’était la marée descendante, irrémédiablement, il s’éloignerait de la rive. Elle expliqua rapidement la situation. Il lui prit le bras et l’entraina. Elle tenta de le retenir, mais il la tirait de plus en plus fort. Elle comprit qu’il voulait aller le chercher. Il n’y avait pas de sauveteurs en vue. Alors il cracha ses mots d’une voix éraillée qui n’avait pas parlé depuis de longs mois.

— Guide-moi, je vais y arriver. Je connais l’océan comme ma poche.

Alors, elle fut ses yeux. Lorsque l’eau vint lécher ses chevilles, il se sentit revivre. Elle cria pour le guider, il plongea dans le rouleau, s’il n’y avait pas eu danger, il aurait éclaté de rire de bonheur. Aussi bonne nageuse que lui, elle le suivait et lui parlait de plus en fort pour couvrir le bruit des vagues.

— Là, attrape la planche.

C’est elle qui saisit la main du gamin. C’est lui qui le ramena sur la plage devant la foule amassée qui applaudissait.

Il remit ses lunettes qui avaient glissé, mais étaient restées attachées à son tour de cou. Il reçut dans ses bras une maman reconnaissante. Les pompiers s’occupèrent du garçon qui ne présentait rien de grave.

Il se sentit happé par l’épaule.

— Je vous remercie.

Il sourit et lâcha ces mots :

— C’est moi qui vous remercie.

Elle ne comprit pas sa réponse.

Il saisit la main de sa compagne et sans se retourner, s’éloignèrent.

© Isabelle-Marie d’Angèle – Juin 2022

À très vite…

Bonjour juillet

Bonjour toi 😉

Enfin ça y est
On y est
En juillet
Sonne l’été. 

Cabanes habillées
Attendent les vacanciers
Les cris des enfants
Cris des mouettes dans le vent.

Du soleil
Des groseilles
La peau vermeille
Et les abeilles.

C’est ça Juillet 
Vacances d’été
Soleil à satiété
Des jours à se reposer. 

Cabanes de plage
Vive le déballage
Ballons achetés au village
Pour ça il n’y a pas d’âge.

Cabanes en fêtes
Peut-être pas parfaites
Chocolat et noisettes
Ressemblent à une cafèt’.

Cabanes colorées
Pour fêter l’été
Se sont revigorées
Et saluent les peaux dorées.

L’hiver se sont rafistolées
Les cabanes de l’été
Pour recevoir Juillet
Et le retour des vacanciers. 

© Isabelle-Marie d’Angèle – juillet 2022
À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Tu as vu ? J’ai décidé de nommer l’histoire de Marie-Sophie Le journal de Marie-Sophie. C’est un peu ça puisqu’elle raconte sa vie. Alors c’est parti pour un nouvel épisode. Tu vas découvrir aujourd’hui, une nouvelle venue. Cybèle Iraola dont je présente l’image qui m’a inspiré pour le personnage.

Cybèle Iraola

La boulangerie d’Archibald est ouverte et je suis derrière le comptoir en bois. J’ai le cœur qui bat à 1000 à l’heure. Les habitants se pressent dans la boutique qui sent bon le pain frais, mais aussi celui du local neuf.

J’avoue, elle en jette avec ses corbeilles accrochées derrière moi emplies des pains que mon meilleur ami a fabriqués cette nuit. Il est debout depuis trois heures du matin, je l’ai entendu partir.

Il a retrouvé sa tenue blanche et il est beau Archi. Les clients sont curieux. Archibald souhaitait qu’il y ait des morceaux de ses différents pains disposés dans des petites panières sur le comptoir. Je l’ai aidé à les préparer et je les ai goûtés. Au fur et à mesure que je disais qu’ils étaient bons, Archibald riait en m’assurant qu’il n’en doutait pas une seconde.

Je reconnais Mélusine avec Enzo qui viennent chercher la baguette d’Archi. Elle était renommée dans notre village d’avant. Va-t-elle avoir le même succès ici ?

Saverio arrive en trombe pour récupérer sa commande et il le crie bien haut de manière à ce que tout le monde l’entende. Tout est prêt et il embarque sa marchandise en prenant bien soin de passer devant les clients. Le parfum du pain chaud envahit la boutique. Certains se penchent sur les panières qu’il emporte et d’autres l’interpellent :

— Alors Saverio, c’est pour ton bar ?

— Tu as choisi lesquels pour tes sandwichs ?

Saverio les regarde en souriant et les invite à venir les découvrir au déjeuner. Il propose une réduction pour les premiers clients arrivés. Et ça marche ! Les habitants achètent la baguette qu’ils trouvent craquante et se laissent tenter par celles aux céréales. Archibald passe la tête et il est applaudi par les villageois. J’en rougis pour lui. Il est très à l’aise. Un moulin avec un meunier authentique produit la farine, il a décidé d’aller la goûter et si elle lui convient, c’est avec elle qu’il fabriquera son pain. Il m’avait demandé de l’accompagner et j’ai rencontré le bonhomme. Je ne savais pas que les meuniers existaient encore. C’est un métier ancien et Gérard avec qui nous avons discuté fait partie de ces artisans qui exercent ces métiers d’autrefois. J’ai adoré son moulin. L’endroit est magnifique. Il ne manquait plus que les ânes avec les paniers et l’image aurait été complète. Gérard a ri quand je lui en ai fait la remarque, il m’a montré les animaux qu’il avait dans son pré. Un couple de bourriquets dressait leurs oreilles dans ma direction. Il m’a rassurée, ils ne portaient pas la farine sur leurs dos et lui non plus d’ailleurs. Les sacs étaient acheminés dans sa camionnette. Oui, les temps changent quand même !

— Excusez-moi !

Perdue dans mes pensées, je sursaute en découvrant une jeune femme, grandes lunettes rondes chaussées sur le nez et une casquette à la gavroche vissée sur la tête. Une cascade de cheveux châtains méchés de..  Je dirais de gris, s’en échappe. J’accroche ses yeux bleus magnifiques et lui souris instantanément.

 — Oui ? Je peux vous aider dans votre choix peut-être ?

Elle répond à mon sourire.

— Je ne viens pas pour acheter du pain, mais pour rencontrer Archibald Letrady.

Je reste bouche bée. Il y a bien longtemps que je n’ai pas entendu le nom de famille de mon meilleur ami. Il me faut quelques minutes pour réaliser qu’il s’agit d’ailleurs bien de lui. Devant mon mutisme, elle explique :

— Je suis là pour le Food Truck.

Au même instant, Archibald rentra dans la boutique après en avoir terminé avec Saverio.

— Ah mademoiselle Iraola.

Il s’avança vers elle pour lui serrer la main. Je ne sais pas pourquoi j’ai eu l’impression qu’entre ces deux-là, il pourrait se passer quelque chose. Il l’entraîna vers l’extérieur pour qu’elle lui montre le véhicule qu’il souhaitait acheter.

Je servis les autres clients et l’oubliais.

— Qu’est-ce que tu en penses ?

La boulangerie s’était vidée et Archibald m’invitait à découvrir le Food Truck qui bientôt lui servirait à présenter sa marchandise ailleurs qu’au village.

— Pourquoi le vend-elle ?

— Elle ne le vend pas. J’ai pensé que nous pourrions collaborer. C’est encore une idée de Morgan. Cybèle fait des bruschettas, pourquoi ne pas les faire avec mon pain ?

— Cybèle ?

— C’est un prénom original, je te l’accorde. Alors qu’est-ce que tu en dis ? Je pourrais faire les marchés les jeudis et samedis dans les petits villages voisins. Cybèle a déjà sa clientèle, elle veut bien tenter l’expérience de travailler avec moi. Elle va goûter mes pains pour voir lesquels se marieront le mieux avec ses recettes.

— Tu m’étonnes ! murmurais-je.

— Qu’est-ce que tu dis ?

— Rien du tout. En fait, c’est une collaboration ? Comme ça, tu n’auras pas d’argent à débourser encore pour l’achat du véhicule.

— Voilà ! Tu as tout compris.

Il se tait quelques instants et demande :

— Alors comment l’as-tu trouvée ?

— Jolie et sympathique.

Il hausse les sourcils.

— Je te parle de ce début de journée. Il y avait du monde non ? Raconte.

— Je pense que tu vas cartonner et je suis sincère.

— En tout cas, je te remercie de m’aider. Les autres jours, je vais me débrouiller pour ne pas trop te solliciter.

— Finalement, ça m’a plu. Tant que je peux, je t’aide. Lorsque Mélusine aura besoin de moi, tu trouveras une solution. Je crois que Morgan est partant pour prendre ma place.

— Alors c’est vendu. Merci MarieSophe.

Il me colla deux baisers sur les joues et me prit dans ses bras.

— Merci ma belle.

Il me lâcha lorsque Cybèle Iraola s’approcha de son food truck.

— Je te présente Marie-Sophie, ma meilleure amie.

Comme ça c’était clair, Archibald avait mis les points sur les i immédiatement. Je souris à la jeune femme. Voilà donc celle qui allait peut-être s’intégrer dans notre trio. Il s’agrandit peu à peu si on compte aussi François qui fait rougir Mélusine dès qu’elle l’aperçoit.

© Isabelle-Marie d’Angèle (Juillet 2022) 

À très vite…

Jeux d’écriture – À l’abri du parapluie

Bonjour toi 😉

Le nouvel atelier d’écriture chez Marie ici proposait ceci :  je vous invite à écrire un texte à partir de cette photo – Crédit Olivier Reynes.

Voici donc ma participation 👇

Il n’a même pas pris la peine de passer un short et est entré dans l’eau.

— Et tu crois qu’avec ton parapluie tu pourras empêcher quelque chose ?

La voix vient d’en haut et elle semble narquoise.

— Si je ne fais rien qui va le faire ? Toi peut-être ?

— Moi ? Ne penses-tu pas qu’il faudrait plutôt te poser la question à toi ? Quant à savoir qui va le faire si tu ne fais rien, très bonne question.

— D’ailleurs c’est quoi ce nuage ? Il ne me dit rien qui vaille.

— Normal, à force de me faire du mal, voilà le résultat, je me révolte. En tout cas, je vois que tu es bien seul avec ton parapluie. Un bon point pour toi, tu n’as pas hésité à entrer dans l’eau rapidement.

— J’ai froid.

— Arrête de te plaindre. Tu ne veux pas que je te chauffe l’eau aussi ? Vous me chauffez bien assez comme ça avec vos conneries.

— Je n’ai rien fait.

— C’est bien ça le problème.

— Tu exagères, chacun fait des efforts.

— Pas suffisants.

— Tu en as de bonnes toi, tu crois que c’est facile ? Et ce n’est pas forcément de notre faute.

— Ben voyons, c’est la faute à pas de chance ? Si tout le monde s’y mettait… Une goutte qui tombe l’une après l’autre emplit le récipient. C’est pareil pour faire avancer les choses.

— Pourquoi c’est moi que tu engueules ?

— Parce que c’est toi qui es venu le premier.

— Si j’avais su, je n’aurais rien fait. C’est injuste.

— Réfléchis… n’est-ce pas ce qu’il se passe tous les jours ? Tu tentes un effort et tu te fais remballer… du coup tu ne fais plus rien. Ne lâche rien si j’ai un conseil à te donner. Si tu attends après les autres, je me révolterai encore davantage.

— Ben voyons, des conseils, des ordres, c’est toujours comme ça maintenant.

— Et les choses changent ?

— Heu… non.

— Tiens bien ton parapluie alors… j’espère qu’il est solide.

© Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2022).

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

Je te laisse avec ma rêveuse 👇(illustratrice Sophie Griotto)

La rêveuse

Allongée sur sa serviette
La rêveuse découvre les mots
D’un livre dans les oubliettes
Des tiroirs de son bureau. 

Lunettes sur le nez
Le coude soutenant sa tête
Pieds emmêlés
Elle tourne les pages, amusée. 

C’est elle qui a écrit ça ? 
Un jour, voire des années
Qui s’en souviendra ? 
De cette histoire inachevée. 

La rêveuse se souvient d’un blog
Qu’elle alimentait régulièrement
Comme un catalogue
Qu’on feuilletait lentement.


Les palmiers n’osent la déranger
La rêveuse est dans sa lecture
Même l’eau à ses pieds
Respecte son écriture. 

Le temps semble s’être arrêté
Alors qu’une romance
À peine ébauchée,
Crie avec véhémence. 

Pourquoi ne pas la reprendre
Donner une nouvelle vie aux héros
Pourquoi pas avec Alexandre
Un air de renouveau. 

Allongée sur sa serviette
La rêveuse s’est endormie
Le livre se feuillette
Seul à nouveau pour la vie. 

© Isabelle-Marie d’Angèle — juin 2022

Docteur Papy

Bonjour toi 😉

L’histoire qui suit m’a été inspirée par un docteur que je connais bien, à la retraite aujourd’hui.

Linette est en dernière année de maternelle et elle adore fanfaronner. Elle est toujours la première pour raconter des histoires qu’elle invente ou pas. Le problème est que personne n’arrive à savoir si ce qu’elle raconte est vrai ou pas. Alors le jour où sa meilleure amie, Pistache, a mal au ventre dans la cour de récréation, Linette n’hésite même pas.

— Il faut appeler docteur Papy.

Elle court vers sa maitresse et la supplie de faire le numéro de sa maman qui elle, saura appeler ce fameux médecin. La maîtresse inquiète refuse et s’approche de Pistache, une blondinette aux yeux verts comme la couleur de son prénom.

— Où as-tu mal ?

— Là !

La gamine montre vaguement son ventre. L’enseignante la prend par la main et tente de l’entraîner dans la classe, mais celle-ci reste sur place et trépigne.

— Tu n’as pas si mal si tu as la force de faire tant de tapage.

— Je veux le Docteur Papy de Linette.

— Tu vois maîtresse, tu perds beaucoup de temps, si tu avais appelé ma maman, il serait déjà là. À la maison, il suffit d’un coup de fil et rien qu’à l’écouter, tu n’as plus mal.

Linette avait planté son regard dans celui de Madame Castafiore, comme elle l’appelait, parce qu’elle chantait souvent et avait plein de bijoux qui faisaient de la musique à ses poignets. En fait, elle se prénommait Catherine Milou, le raccourci pour la petite fille avait été vite fait.

— Il travaille à quel cabinet médical ce Docteur papy, je ne vais pas déranger ta maman et je vais chercher sur Internet.

— Tu fais comme tu veux, mais ça ira plus vite si tu fais comme je dis.

Catherine tapa le nom du médecin et ne le trouva nulle part. Les deux gamines la regardaient, Linette en haussant les sourcils et Pistache oubliant complètement la raison de cette recherche.

La maîtresse s’impatientait. Elle aurait dû consulter la fiche de renseignements de Pistache au lieu d’écouter cette Linette, cette gamine avait le don pour la faire tourner en bourrique.

— C’est plus la peine de regarder, j’ai plus mal.

Elles plantèrent leur enseignante et partirent en courant. Cachées toutes les deux dans le fond de la cour, Pistache demanda à sa copine :

— C’est vrai que tu connais le Docteur Papy ? Il ne fait pas mal ? Il fait des piqures ?

— Sûr qu’il fait des piqures, mais ça pique jamais. Et puis, il me fait un bisou après, alors, j’ai même pas peur. Il rapplique chez nous dès que maman l’appelle. Tu sais, il a un … stécostop… autour du cou, c’est froid quand il le pose sur mon ventre.

— J’aimerais bien avoir le même. Moi, il ne vient jamais à la maison. Je dois attendre des heures dans une salle, il fait chaud, ça sent pas bon et les gens sont tous vieux.

— Tu as de la chance, c’est ma mamy avec lui qui viennent me chercher tout à l’heure. Tu pourras le voir. Bon, il n’aura pas son tuyau autour du cou ni sa lampe pour regarder dans la bouche mais c’est quand même un docteur.

— Il vient te chercher à l’école ?

Pistache n’en revenait pas, elle qui entendait régulièrement que les médecins ne se déplaçaient plus et que pour avoir un rendez-vous, il fallait être malade une semaine à l’avance.

Les maîtresses tapaient dans leurs mains signalant la fin de la récréation. Encore quelques minutes à attendre et la sonnerie de la fin de la journée retentirait. Pistache était curieuse de découvrir ce docteur Papy. Aussi, elle suivit de près Linette quand celle-ci se précipita dans les bras d’une dame. Déçue, elle ne vit pas de monsieur à côté d’elle. Encore une histoire que Linette avait inventée.

La maman de Pistache l’attendait également et lui faisait de grands signes. Elle ne comprenait pas pourquoi sa gamine avait l’air triste. Linette s’approcha alors de son amie et lui glissa à l’oreille :

— Il est dans la voiture, viens, tu pourras lui dire que tu as eu mal au ventre.

— Comment ça tu as eu mal au ventre et on ne m’a pas prévenue ?

La maman fronçait les sourcils et n’avait pas l’air contente.

— Mon papy peut voir ce qu’elle a si vous voulez, assura Linette pour la rassurer. C’est une vedette et il ne se trompe jamais.

— Ton grand-père est médecin ? demanda Pistache interloquée.

— Ben oui, c’est pour ça que je l’appelle Docteur Papy. Il est à la retraite maintenant. Qu’est-ce que t’as cru ?

© Isabelle-Marie d’Angèle – juin 2022

À très vite…