Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

L’histoire de ma petite sorcière continue et je prends un malin plaisir à écrire ses aventures.

— Ceci a assez duré !

Un grand vent bouscula les rideaux, Arthus mit sa patte sur ses yeux.

Allons bon, après mon père, ma mère, la prêtresse Isaulya ! Je découvris une Samy émerveillée devant la beauté de la sorcière.

— Je peux toucher ?

Sans attendre la réponse, Samy s’approcha d’elle et passa ses doigts dans la cascade de cheveux bouclés.

— Vous êtes trop… magnifique ! Elle en a de la chance Elsbeth Isobel !

— Apparemment pas tant que ça, sourit la sorcière.

Elle me tendit la main et Samy s’écria :

— Oh, je te vois, tout est redevenu normal !

— Cette plaisanterie devait cesser, reprit ma mère. De toute façon, je n’étais pas d’accord avec cette punition stupide qui ne pouvait t’attirer que des ennuis. La belle affaire si tu lui avais fait peur avec la panthère, elle ne lui aurait pas fait mal et il ne se serait souvenu de rien. Il faut toujours que ton père en fasse des caisses !

Elle me prit dans ses bras et m’ébouriffa les cheveux. Samy nous fixait avec envie.

— Vous vous ressemblez trop !

Je contemplai ma mère qui avait revêtu son chapeau noir assorti à sa robe de satin. C’est vrai qu’elle était belle. Elle reprit :

— Comme je ne peux pas annuler le sort que ton père t’a jeté, je peux toutefois le rendre plus supportable. Tu pourras étre désormais vue par ton amie et seulement par elle. Terminés ces bavardages par écrit. Non, mais à quelle ère vit-on ?

Isaulya soupira en se passant la main sur le front. Elle me regarda et d’un claquement de doigts, elle changea ma tenue.

— Et puis habille-toi plus correctement ma chérie !

Je me retrouvai d’un coup vêtue en sage petite écolière. Samy pouffa et ne put s’empêcher de remarquer que ça ne m’allait pas du tout.

— Ah ! vous trouvez ?

Stupéfaite d’être vouvoyée par Isaulya, elle rougit.

— Et comme ça ?

Elles rirent toutes les deux, complices. La plaisanterie commençait à m’agacer. Je me changeai toute seule et fis comprendre à ma mère qu’elle ne se mêle plus de rien. Arthus vint alors me rejoindre en miaulant.

— Nous sommes bien d’accord Elsbeth, tu ne t’égares pas trop dans tes délires. J’accepte que tu t’amuses un peu, mais qu’il n’y ait aucun dégât ? Tu m’as bien comprise ?

— Du coup pour la panthère, l’interrompit Samy qui ne perdait pas le nord, Elsbeth Isobel pourra me transformer ?

— Seulement la nuit de pleine lune, ce n’est pas négociable. De plus, vous ferez attention de ne pas vous faire piéger. Il deviendrait très compliqué de venir vous délivrer si vous étiez alors enfermée dans un zoo, voire au pire, euthanasiée.

La prêtresse rit en voyant la tête de mon amie.

— Je plaisante bien sûr, je vous surveillerai. Promettez-moi quand même de ne vous promener que la nuit.

Samy mit ses doigts en V sous ses yeux. À nouveau, la sorcière éclata de rire, et celui-ci, cristallin résonna dans toute la maison, faisant vibrer les vitres.

— Quel cliché ! Enfin, je vois que vous connaissez nos anciennes méthodes. Elle est amusante ta copine !

Ensuite, elle s’approcha de Samy et murmura :

— Vous n’aviez pas envie de découvrir notre monde ?

Extasiée, celle-ci joignit les mains en supplication.

— Vous allez m’emmener ?

— Pas du tout, je vais laisser le soin à Elsbeth de vous transformer en oiseau, celui qu’il vous plaira, ainsi Elsbeth pourra vous présenter notre domaine. C’est toujours plus beau vu d’en haut.

— Je ne sais pas si j’en aurai le pouvoir, glissais-je inquiète.

— Bien sûr que tu le peux, tu n’es pas ma fille pour rien. Je ne fais rien à moitié Elsbeth, si je peux adoucir la punition de ton père, je peux faire plus aussi. Ah ! j’oubliais… Ton chat a récupéré une voix normale.

Elle posa ses lèvres sur mon front, ébouriffa une dernière fois mes cheveux et disparut dans un revers de robe, nous laissant son parfum, en souvenir de son passage.

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À suivre …

À très vite…

Haïku du jour

Bonjour toi 😉

Pour continuer dans mon ambiance de sorcière, pourquoi ne pas composer un haïku sur le chaudron utilisé dans la pratique des rituels magiques. Il fait partie du patrimoine et de l’héritage des sorcières et sorciers.

Chaudron magique
Patrimoine de sorcier
Glouglou parfumé

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022)

À très vite…

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

J’espère que je ne t’ennuie pas trop avec ma petite sorcière dont voici la suite 😉(c’est bientôt terminé, la fin du mois approche 😂).

Je repris donc ma place au collège normalement sans que personne ne s’aperçoive de ma présence sauf Samy évidemment.

J’étais comme un peu comme à la maison.

En cours de math, le professeur s’inquiéta de mon absence. Mon amie répondit que j’étais malade. Il ne fit aucune réflexion, mais à la fin du cours, il interpella Samy quand elle passa devant lui.

— J’imagine que c’est toi qui lui donnes tes cours ? demanda-t-il.

Surprise par question à laquelle elle ne s’attendait pas, elle hocha la tête.

— Sais-tu où elle habite ta copine ?

Samy hésita à dire la vérité et il le sentit.

— Je trouverai facilement son adresse, j’aimerais rencontrer ses parents.

— Ah oui !

Je vis Samy rougir. Il insista :

— Il y a un problème ?

— Non, monsieur.

Samy n’attendit pas davantage et sortit de la classe. Le professeur Grincheux comme nous l’appelions en catimini ne chercha pas à la retenir.

Elle chuchota :

— Tu crois qu’il va aller chez toi ?

Je ne pouvais pas lui répondre n’ayant rien sous la main pour écrire.

Les autres cours se passèrent sans incident, mais à la sortie du collège, je suivis des yeux Grincheux qui partait en même temps que nous. Soudain, je me statufiais sur place. Il était interpellé par un homme que je reconnus sans peine, Straurius. Quelle classe ! En costume cravate, les cheveux retenus par un catogan noir, il ne laissait personne indifférent à en croire les élèves qui le croisaient. La plupart se retournaient sur son passage. Je m’approchai doucement et je compris qu’il m’avait vue, son regard me sourit. C’était notre petit secret, ses yeux verts étincelaient furtivement. Il fallait avoir le pouvoir aguerri d’une sorcière pour s’en rendre compte. J’entendis sa belle voix grave :

— Je me présente, je suis le père d’Elsbeth Isobel. Elle a contracté un vilain virus qui l’oblige à garder la chambre.

Mon prof de math qui aurait peut-être préféré voir où j’habitais s’agaça de rencontrer mon parent. Il n’avait plus d’excuses pour jouer au curieux.

Grincheux prit Straurius de haut.

— Bonjour, monsieur, mais il ne fallait pas vous déplacer. Le carnet de correspondance aurait tout à fait suffi pour expliquer son absence. Un appel au secrétariat pour l’informer c’était bien aussi.

Il ne savait pas à qui il s’adressait le pauvre homme. Je sentis immédiatement que Straurius allait lui faire ravaler sa cravate.

— Je ne suis pas né de la dernière pluie, monsieur. J’ai cru comprendre que vous désiriez me rencontrer ? Voilà qui est fait. Il y a un problème avec ma fille ?

Straurius s’était rapproché de Grincheux. Il le toisait de toute sa hauteur et mon prof de math ne put que répondre qu’il me souhaitait un bon rétablissement. Ils se saluèrent et mon père reprit son chemin. Je sus qu’il s’était envolé à l’éclair fugace qui traversa le ciel.

Je regardais Grincheux qui ne cessait d’éternuer et de se gratter en attendant son bus. Straurius avait laissé une trace de son passage. J’étais à peu près certaine que demain il serait absent et aurait de la fièvre, peut-être même des boutons.

Je rentrais chez moi et retrouvais Arthus. Samy était là aussi et lui faisait la conversation. Elle sentit mon parfum aussitôt et m’apostropha :

— Avec qui parlait Grincheux ?

Je saisis une feuille et lui racontai ce qu’il venait d’arriver.

— Tu crois que tu pourrais me faire visiter ton monde ? J’aimerais bien voir comment c’est ? Je l’ai rêvé.

Arthus feula et gronda en me regardant.

Je répondis par écrit Je ne sais pas si j’ai l’autorisation d’emmener une mortelle chez nous. Si je n’étais pas punie, j’aurai tenté, mais là, tu comprends bien que je ne me risque plus à faire des bêtises.

— S’il te plait, si c’est comme dans mon rêve, c’est magnifique.

Elle me raconta alors les fleurs multicolores qui grimpaient le long des murs, les oiseaux qui volaient avec des sorcières assises sur leur dos.

Effectivement, c’était un peu ça là-bas, Samy n’avait pourtant vu que le côté paradisiaque. Les rivalités entre enchanteurs et les guéguerre étaient légendaires aussi chez nous et mon père avait fort à faire pour régenter tout ce monde.

— N’insiste pas Samy, tu ne pourrais peut-être plus revenir chez toi. Tu imagines la peine de ta maman ?

— Pas longtemps ! Allez !

Arthus se hérissa. Il sentait que j’avais bien envie de braver l’interdit. Encore fallait-il que j’ai ce pouvoir. Je pensai aussitôt que je devais toujours l’avoir sinon je ne pourrais jamais repartir.

— Je vais aller demander la permission et je reviens.

C’était le seul moyen de connaître si je pouvais voler d’un monde à l’autre. Je lançai donc mon incantation et… rien ne se passa.

Je paniquai aussitôt alors que mon chat venait se frotter contre mes jambes. Je suis sûre qu’il le savait, le bougre !

N’allais-je plus pouvoir retrouver mes parents ? Étais-je condamnée à rester ici ? Personne ne me voyait, je ne communiquais que par écrit et avec une seule personne, c’était l’enfer !

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À suivre…

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Voici la suite du journal de Marie-Sophie 😉

Archibald était déjà à pied d’œuvre dans la boulangerie quand je suis arrivée prendre mon poste derrière le comptoir. Il vint aussitôt m’embrasser. Je ne l’entendais jamais partir le matin. Il est vrai que sa chambre ne donnait pas sur la mienne et qu’il a toujours été discret du plus longtemps que je me souvienne, parce que je dois bien l’avouer, il a dormi chez moi plus d’une fois.

Il sentait bon le pain frais. D’ailleurs, il était lié à ce parfum à vie. Il n’accusait jamais la fatigue, il adorait son métier et se lever tôt n’avait jamais été un problème. Même quand nous faisions des soirées avec Mélusine, il était le dernier à repartir chez lui. Il avait toujours quelque chose à me raconter. Archibald et moi c’est comme les doigts de la main, inséparables.

Les premiers clients commencèrent à arriver. Je les reconnaissais et leur proposai leur pain habituel, si bien qu’il n’y avait guère d’attente à la caisse. Finalement, j’aimais être là.

La matinée était déjà bien avancée lorsque quelqu’un poussa la porte de la boulangerie. Occupée à rendre la monnaie, je ne levais pas la tête immédiatement aussi restais-je stupéfaite quand j’entendis :

—  Bonjour Marie-Sophie.

Gabriel était en face de moi. Mon voisin d’en face sur lequel j’avais grave phantasmé affichait un sourire ravageur.

—  Je suis content de t’avoir retrouvée.

Je sentis mes joues s’empourprer. Il me faisait toujours autant d’effet cet homme. Heureusement, il n’y avait personne dans la boutique. Il avait bien choisi son moment certainement sans le savoir, c’était l’heure de la matinée un peu creuse.

—  Bonjour Gabriel.

Je retrouvai enfin ma voix et lui demandai ce qu’il désirait.

—  C’est pépé Charles qui m’a dit que je pouvais te trouver ici. Nous sommes restés en contact et lorsqu’il vidait sa maison. Après de grandes hésitations, il a quand même accepté de me donner ton adresse. Je suis passé chez lui, j’ai donc vu où tu habites, et me voilà. Tu m’as manqué. J’ai quelques jours de congés, je te les offre.

J’enregistrai toutes ces informations et tout se mélangea dans ma tête : la trahison de pépé Charles qui aurait mieux fait de s’occuper de ses affaires, pourvu qu’Archibald ne décide pas de me rejoindre pour me tenir compagnie, et si Morgan passait me faire un petit coucou ou Mélusine avec Enzo.

Gabriel se pencha vers moi au-dessus du comptoir et me fixa de ses beaux yeux verts.

—  Et toi, tu es contente de me revoir ?

Il était gonflé quand même ! ça faisait un bail que je n’avais pas eu de ses nouvelles et d’un coup, il débarquait espérant quoi ?

—  Je suis surprise.

Il sourit.

—  Je croyais que tu aimais justement les surprises ? Je suis heureux, j’ai réussi mon coup. Tu es libre pour déjeuner avec moi ?

Manque de bol ou jour de chance, j’étais toute seule. C’est alors que je réalisai que Morgan ne risquait pas d’arriver à l’impromptu, il était parti sur un autre marché et il avait emmené sa mère. Mélusine était chez François avec Enzo, elle mangeait avec lui. Restait Archibald, mais nous n’avions rien prévu.

—  J’ai vu qu’il y avait un petit bar sur la place, chez Saverio, tu connais ?

—  Il se fait livrer son pain pour ses sandwichs le midi.

—  Alors c’est vendu. À quelle heure termines-tu ?

Je ne pouvais pas aller chez Saverio, tout le village serait au courant aussitôt. La meilleure solution ou la moins pire comme dirait Pépé Charles, était de l’inviter chez lui. Après tout, c’était lui qui m’avait mise dans cette situation, comme je sais qu’il était seul pour la journée, Célestine étant avec Morgan. Je m’entendis répondre :

—  Tu connais l’adresse de Charles, va le retrouver et…

C’est à ce moment-là que le traître arriva à la boulangerie, la mine réjouie.

—  Ne me fais pas la tête MarieSophe, il avait tellement envie de te revoir.

Pépé Charles me fit un clin d’œil.

—  Tiens sers-moi donc ma baguette favorite et…

—  Qu’est-ce que tu dirais que nous venions tous les deux déjeuner chez toi ? Du coup, je t’en mets deux ?

Il se mit à rire.

—  Qu’est-ce que vous allez bien pouvoir faire d’un vieux bonhomme comme moi ? Vous avez certainement plein de choses à me raconter. Et puis, moi, comme j’étais tout seul, j’avais espéré pouvoir regarder Les 12 coups de Midi. Allez donc chez Saverio, tu en profiteras pour goûter ses sandwichs et lui dire ce que tu en penses, depuis longtemps qu’il m’en parle et qu’il se désole que tu n’aies jamais ton avis.

—  Ah j’avais bien reconnu ta voix !

C’était le bouquet, Archibald déboulait dans la boutique et son sourire s’effaça immédiatement à la vue de Gabriel. Celui-ci s’avança pour lui serrer la main. Mon ami fit de même et je sentis aussitôt comme une tension palpable dans la boulangerie.

Heureusement, une cliente arriva. Charles paya sa baguette et s’enfuit sans demander son reste. Gabriel le suivit en me lançant :

—  Je t’attendrai donc chez Saverio, arrive quand tu peux.

Je gardai mon sourire pour la cliente qui en profita pour bavarder avec Archibald. Une fois qu’elle fut sortie, mon ami me fusilla du regard.

—  Tu m’expliques ? Qu’est-ce qu’il vient foutre ici ce toubib ?

Dieu qu’il m’agaçait quand il prenait ma vie en main comme ça.

—  Il n’y a rien à dire, c’est Charles qui l’a renseigné sur ma nouvelle adresse et voilà. Si tu dois en vouloir à quelqu’un, c’est à lui.

—  Je t’accompagnerai bien chez Saverio mais je ne peux pas. Tu te rends compte si Morgan l’apprend ? Il l’apprendra de toute façon.

—  Je ne fais rien de mal. Je déjeune juste avec un ami.

—  Un ami ? Pas à moi MarieSophe. Demande au moins à Mélusine de venir avec vous.

—  Mais enfin, je suis majeure et vaccinée quand même. J’ai le droit de faire ce que je veux non ? Je n’ai pas besoin de chaperon. Est-ce que je te pose des questions quand tu es avec Cybèle Iraola ?

Il fronça les sourcils, j’aurais mieux fait de la fermer.

—  Qu’est-ce qu’elle vient faire ici ? Tu ne vas pas comparer ton toubib et elle ? Il n’y a absolument rien entre elle et moi.

—  Parce qu’il y a quelque chose entre Gabriel et moi peut-être ? Et ne me raconte pas qu’elle te laisse indifférent, je te connais.

—  Alors tu me connais mal MarieSophe.

Il tourna les talons furieux et sans se retourner ajouta :

—  Pars à midi, je tiendrai la boutique jusqu’à ton retour.

J’aurais voulu le suivre et m’excuser, mais un nouveau client arrivait. La mort dans l’âme, je repris mon sourire de commande et m’occupai de lui.

Évidemment, il avait dû prévenir Mélusine, son nom s’afficha sur mon portable alors qu’il était presque l’heure que je m’en aille.

Je l’éteignis rageusement. Comme un ballet bien réglé, Archibald apparut derrière le comptoir. Il avait enlevé son tablier blanc.

Je quittai la boulangerie.

Gabriel m’attendait sur la terrasse. Il avait commandé un jus de fruits. Il me fit signe dès qu’il m’aperçut et quand je le rejoignis, je sentis le regard de Saverio me fixer. J’entrai dans le bar et le saluai. Bravache je lui dis :

—  Un ami est venu me rendre visite, j’en profite alors pour goûter vos sandwichs. Tout le monde m’en fait des éloges.

Saverio me serra la main par-dessus le comptoir et salua d’un hochement de tête Gabriel. La jovialité du barman avait disparu.

Gabriel ne se rendit compte de rien et m’invita à m’asseoir au fond de la salle. Avec un grand sourire, il m’annonca :

— Je vais travailler dans l’hôpital situé à quelques kilomètres de chez toi pendant quelque temps, toujours aux urgences. Je permute avec un collègue qui vient à ma place.

Me voilà bien !

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

MaLou et Millie

Bonjour toi 😉

Comme c’est mercredi, revoilou MaLou et Millie. Une phrase piquée au vol qui a donné lieu à ce petit texte trop mignon (enfin je trouve 😏). J’ai repris une illustration qui me plait beaucoup. Je trouve que c’est tout à fait Millie. Je sais que normalement il n’y a pas de chat et MaLou n’a pas les cheveux blancs mais bon 😂 si je savais dessiner, je ferais tout ce que je veux 😂. Tout n’est pas parfait dans ce monde n’est-ce pas ? 😂

MaLou préparait le repas. Millie n’était pas loin comme toujours dans ces moments-là. Elle s’amusait avec le chien, regardait sans la regarder la télé, enfin c’était ce que pensait MaLou.

Alors qu’elle apportait les plats sur la table et appelait Millie, celle-ci lui demanda :

— Pourquoi tu ne joues pas au loto ?

Surprise MaLou répondit qu’elle ne gagnait jamais de toute façon, ça ne servait à rien de dépenser de l’argent pour rien. Millie prit alors son air de conspiratrice et lui affirma que là, elle était certaine qu’elle gagnerait le gros lot.

— Et pourquoi en es-tu si sûre ? demanda MaLou en riant.

— Parce que les numéros viennent d’être tirés à la télé. Je les ai notés pour toi, vas-y MaLou, vite, joue !

MaLou regarda sa petite-fille et ne réagit pas tout de suite, de peur de lui faire de la peine, voire même de la vexer.

— Ben quoi, pourquoi tu restes plantée sans rien dire ? Tu le savais pas que les numéros étaient tirés ? C’est pour ça que tu gagnes jamais. Mais aujourd’hui, je suis là MaLou et grâce à moi, tu vas être riche.

— Tu sais quoi Millie ? Tu es adorable, mais je crois que c’est encore fichu pour cette fois. Tu veux que je te dise un secret ? Les numéros sont tirés après que tout le monde ait joué et je me suis fait avoir, tu vois, je n’ai pas été assez rapide.

— Ouais ! Tu peux me le dire que j’ai rien compris.

Millie se mit à rire.

— Je me disais bien que c’était trop facile et qu’il y avait un truc qui collait pas. Et puis… comme tu sais toujours tout MaLou, si c’était comme ça que ça marchait, tu aurais gagné depuis longtemps.

Tout est dit ! (j’adore quand il paraît que MaLou sait toujours tout 😂 et que l’admiration dans les yeux de Millie brille, que du bonheur !).

© Isabelle -Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

L’atelier d’écriture chez Marie ici est relancé et j’avoue qu’il n’est pas facile ce nouveau défi. En voici l’intitulé : je vous invite à écrire de la poésie en prose (Ce genre se caractérise par sa brièveté, une apparente simplicité mais une densité bien réelle, une unité thématique, un jeu sur les images et une recherche de musicalité), sur le thème de l’odorat. Pas facile n’est-il pas vrai ?

Je me lance 😉

Lui, Elle et son parfum

Un parfum discret l’enveloppa. Il le reconnaitrait et La reconnaitrait. 
Un mélange de rose, une touche de cerise noire, il le et La respirait. 
Une histoire d’Amour entre Lui et Elle. 
Elle l’avait découvert par hasard et ne l’avait jamais quitté. Lui ou son parfum ? 
Subtil, ce parfum l’enivrait autant que Lui. 
Posé délicatement au creux de ses seins, il s’exhalait à chaque battement de cœur. 
Mélange de gourmandises de fruits rouges il la sublimait. Elle le savait et Lui, 
Il ne pouvait s’en détacher. Il savait qu’elle était là avant même de la voir. 
Indissociables, Lui ne pouvait l’imaginer sans lui. 
Une histoire d’Amour à trois, Lui, Elle et son parfum.


© Isabelle-Marie d’Angèle (Septembre 2022)




À très vite…

La cavale d’Alex

Bonjour toi 😉

Jour des enfants 💖

Alex venait d’emménager. Le camion était reparti et il regardait tous les cartons qui envahissaient le nouvel espace qu’il ne connaissait pas encore. Ses parents, pas trop disponibles, lui avaient fait comprendre gentiment qu’il devait les laisser tranquilles, alors il errait seul au hasard. Elles étaient vides et froides. Seuls les meubles bien connus déjà installés le rassuraient : ici, le bahut de la cuisine, là, la banquette du salon où il se nichait dans les bras de maman d’habitude.

Il grimpa l’escalier pour découvrir sa chambre. Son lit était arrivé et ses jouets aussi. Ses parents avaient recréé en premier son coin à lui pour qu’il ne se sente pas trop dépaysé, mais Alex avait le cœur gros, il était tout seul. Enfin, pas tout à fait, Zébra son doudou lui faisait de l’œil depuis la couette. Il le serra contre lui.

Soudain, une musique extérieure vint lui taquiner les oreilles. Il s’approcha de la fenêtre et s’y s’accouda. Il remarqua une énorme bâtisse style château comme dans ses livres de chevalier de l’autre côté de la haie. Elle l’appelait cette maison ! Curieux, il quitta sa chambre abandonnant Zébra, à cinq ans il était grand. Ils’aventura dans le jardin.

La haie était haute, aucun moyen de regarder au-dessus. Alors il se baissa. Ce n’était pas mieux.

Il avança à quatre pattes pour chercher un trou qui lui permettrait de voir ce qu’il se passait derrière. Il réussit à y enfourner la tête et se trouva nez à nez avec une truffe humide. Un coup de langue bleue lui balaya la figure. Alex se recula, surpris. Il aperçut alors deux pattes qui grattaient à toute vitesse. Un chemin se dessina. Le petit garçon le suivit et passa sous la haie. Il découvrit son nouvel ami qui remuait la queue de plaisir. Un superbe Chow-chow le regardait avec des yeux remplis d’amour. Alex enfouit ses mains dans la tête de lion toute douce. Il n’avait jamais vu un tel animal. Quand celui-ci se coucha à ses pieds, il n’hésita pas, il grimpa sur son dos. Comme s’il n’attendait que ça, le chien se leva calmement et tous deux, ils partirent à la découverte du jardin.

Fleurs à profusion multicolores, allées parsemées de jolis cailloux rosés, Alex se croyait le chef de ce royaume. Il regrettait son costume de chevalier, c’est sûr qu’avec son épée et son bouclier, il aurait été magnifique.

— Charlot ? Charlot ? 

Une petite voix inquiète appelait. Le chien dressa les oreilles et démarra brutalement. Alex se cramponna à la crinière pour ne pas tomber. Il faillit éclater de rire parce que ça devenait très excitant cette histoire, mais en même temps il avait la trouille.

S’ensuivit alors une course effrénée à travers les pelouses qui stoppa net aux pieds d’une brunette en larmes devant le perron de la grande bâtisse. Alex passa par-dessus la tête de l’animal et s’écrasa à plat ventre. Vexé et un peu étourdi par la chute il resta au sol.

— Tu t’es fait mal ?

Le chien, du museau, bousculait le gamin pour qu’il se relève. Alex se mit debout, regarda ses genoux écorchés et ravala ses larmes. Il n’allait pas pleurer devant une fille quand même !

— T’as mal ? La fillette désignait ses genoux.

— Non.

— Comment tu t’appelles ? Moi c’est Rose.

— Alex.

— Bonjour Alex.

Elle l’embrassa sur la joue.

— T’as plus mal ? Maman me fait toujours ça, elle dit que c’est un bisou magique.

Ils avaient les mêmes mamans, lui aussi y avait droit quand il avait du chagrin. Il regarda mieux la fillette : deux couettes avec des élastiques roses, des yeux bleus…

— J’ai quatre ans, et toi ?

Elle n’attendit pas la réponse et se blottit contre son chien.

— Tu as fait connaissance avec Charlot ? Il est beau hein ? Il n’est rien que pour moi, mais je veux bien le partager avec toi. T’habites où ? Moi, ça ne fait pas longtemps que je suis arrivée ici. Mon papa, il voyage beaucoup et ma maman est triste quand il n’est pas là, alors il lui a acheté une grande maison avec des fleurs pour qu’elle le soit moins.

Alex commençait à ressentir des picotements aux genoux. Il baissa la tête et vit le sang couler. Il eut du mal à retenir ses larmes.

— Pourquoi tu pleures ?

Rose de sa petite main les essuya.

— Viens, maman va te soigner.

Pris de panique à l’idée qu’on lui pschit un truc qui pique, Alex refusa.

— Non ça va, je vais repartir.

Aussitôt, Charlot qui avait compris la demande du gamin, s’allongea pour qu’Alex puisse grimper sur son dos, Rose fit de même et passa ses mains autour de la taille de son nouveau compagnon. Le Chow-chow se mit en route, au pas. Arrivé devant la haie, Charlot s’allongea à nouveau et les enfants purent descendre. Alex fit une dernière caresse à l’animal et regarda Rose :

— Je vais passer dessous, ma maison est de l’autre côté, je viens d’emménager.

— Je peux venir avec toi ?

— Et ton chien, tu vas le laisser tout seul ?

— Non, il me suit partout.

Alex hésita, ses parents ne voulaient pas d’animal chez eux, mais peut-être qu’ils seraient trop occupés pour s’en rendre compte.

— D’accord, tu me suis.

Il passa le premier et se retrouva dans son jardin qui lui parut bien petit. Rien n’avait changé à part papa qui lui faisait de grands signes et accourait vers lui la mine sévère.

— Où étais-tu passé Alex ? Combien de fois faudra-t-il te dire de nous avertir quand tu pars dans tes excursions bizarres.

— J’étais juste de l’autre côté. Je te présente Rose et son chien, Charlot.

Les bras croisés et le regard fixé sur lui, son père l’interrogea :

— Tu recommences Alex ?

Le petit garçon se retourna et ne vit personne. Il se baissa pour montrer le trou dans la haie, Charlot n’avait peut-être pas pu passer. Rien. Il contempla ses genoux et soupira.

— Pardon, papa, je ne le ferai plus.

La tête basse, il repartit vers la maison, grimpa l’escalier et s’enferma dans sa chambre. Zébra l’attendait sagement sur son lit. Il regarda par la fenêtre. Rose lui faisait signe et Charlot aboyait joyeusement en sautant autour d’elle. Il entendit son père crier :

— J’espère que ce chien ne va pas faire ce bruit toute la journée !

Charlot se tut aussitôt et Rose envoya un baiser du bout des doigts à Alex.

Mais ça, c’était de l’autre côté.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022)

À très vite…

Histoire de couteaux et de fourchettes

Bonjour toi 😉

J’aime faire parler les objets alors j’ai imaginé ce que peuvent se raconter les couteaux et les fourchettes dans un tiroir. Pour corser un peu le travail d’écriture, j’ai lancé le jukebox qui m’a dressé quelques titres et je les ai insérés dans l’histoire.

Voici la playlist : Ne me quitte pas (Jacques Brel) – La recette (Slimane) – Ce soir (Amir) – Ps Je t’aime (Christophe Willem) – Sans moi (La Zarra) – Elle danse encore (Shym) – C’est bon (Emma Peters) – Coup de vieux (Bigflo et Oli). – On a pris le temps (grands corps malade) – Message personnel (Françoise Hardy) – Laisse aller (Claudio Capéo) – Encore et encore (Francis Cabrel) – C’est ma vie (Adamo).

Voici l’histoire 👇

– Je m’ennuie, soupire P’titedent

– Elle danse encore, répond en baillant L’Éplucheur, tu n’es pas près de sortir de ton tiroir, Laisse aller.

Il en avait assez d’éplucher encore et encore. Parfois les légumes étaient moches et flétris alors il s’échinait pour rien. Elle suivait pourtant la recette, mais elle n’était vraiment pas douée et souvent parce qu’elle était très occupée, elle oubliait ses carottes et patates dans un coin.

– On n’est pas bien tous les deux murmura L’Éplucheur en se rapprochant de P’titedent. Le tiroir est bien rangé et…

– Pas si bien que ça, rit P’tite dent, qu’est-ce que tu fais dans ma rangée ? Tu ne devrais pas être avec tes potes ?

– Elle s’est encore trompée et puis je ne les aime pas trop les autres, trop pointus parfois ils me piquent quant à CoupePain avec ses dents de requin, il fait le malin.

– Tu as pris Un coup de vieux l’ami, clama Opinel du fin fond de l’armoire, tu radotes. Un jour Elle va te mettre à la poubelle. Avec un peu de chance, tu seras recyclé.

– Parle pour toi, regarde où elle t’a fourré, rugit L’Éplucheur.

– Je suis avec le Laguiole tandis que toi, allez avoue, t’es où ? Nulle part. En fait, tu n’as pas ta place ici. Je me demande où elle t’a dégoté d’ailleurs, Elle qui est fan de couteaux. Tu ne ressembles à rien, tu es tout petit et racorni.

L’Éplucheur se regarda. Effectivement, il n’avait aucun poinçon qui attestait sa notoriété. P’titedent se rapprocha.

– Ne les écoute pas, ils font les malins parce qu’ils sont jaloux.

– N’empêche, tu pars souvent Sans moi et à chaque fois, je crie dans ma tête Ne me quitte pas mais tu t’en moques.

– Est-ce ma faute si Lui, préfère son Opinel ?

– Ouais, mais tu fais ta belle, d’ailleurs, tu te maries avec tous, toi ! Tandis que moi, je sers pour éplucher les carottes, les pommes de terre… Je ne suis jamais astiqué. Toi, tu brilles comme les autres.

– Et c’est reparti ronchonna Opinel. On n’est pas de la même classe que veux-tu que je te dise ! On a pris le temps de te l’expliquer quand même !

– Vous faîtes les malins, mais s’il n’était pas là, réagit p’tite dent, vous ne sortiriez pas beaucoup de votre tiroir. Il faut bien que les légumes soient déshabillés pour que vous puissiez entrer en action.

– Regarde-la protéger son amoureux, ricana Opinel, c’est un vrai message personnel que tu lui envoies là ! Comme s’il ne pouvait pas se défendre tout seul.

L’Éplucheur commençait à s’agacer. La musique s’était arrêtée. Il entendit qu’Elle s’approchait de l’armoire en chantonnant. La lumière se fit d’un coup et le tiroir fut tiré d’un coup sec, ils se cognèrent les uns contre les autres mettant ainsi la pagaille.

L’Éplucheur se retrouva collé contre P’titedent qui murmura :

— Ps Je t’aime.

Il l’entendit à peine, il fut enlevé dans les airs et se retrouva près d’une feuille de papier journal et de quelques courgettes. Saisi par une main adroite, il se mit à chantonner en épluchant : C’est bon de faire ce travail, si je n’étais pas là, qui le ferait ? Les autres couteaux ne savaient pas faire comme moi.

Les pelures des légumes tombaient régulières et L’Éplucheur se sentait fier. Bien sûr, il n’était jamais à l’honneur sur la table décorée, il n’accompagnait jamais P’titedent et il restait souvent sur l’évier, attendant qu’on le nettoie avant d’être rangé alors que les autres partaient. C’est ma vie pensa-t-il et finalement il en était fier.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Voici revenu l’atelier d’écriture de Marie ici et la consigne était celle-ci : Je vous propose d’écrire un texte à partir de la phrase d’introduction suivante: “On ne lui connaissait pas de nom mais dans le village les rumeurs allaient bon train…”

Voici mon texte 👇

Ambre

Phil se souvenait encore de la gamine qui s’était plantée devant lui un matin.

— Comment tu t’appelles ?

— J’sais pas !

Une larme coulait et comme Phil était passionné par les pierres, il choisit de l’appeler Ambre, peut-être aussi parce que ses yeux noyés avaient cette couleur.

Elle tenait serré contre elle un doudou en forme de cœur rouge.

— Tu viens d’où ?

— J’sais pas.

Phil décida de la prendre sous son aile, il était certain que Marius accepterait de l’héberger.

Quand on est gosse, on croit que tout est possible. Lorsqu’il vit la tête de son père à la vue de la petite accrochée à sa main, il sentit que ça n’allait pas marcher comme sur des roulettes, mais il lui fit confiance et il eut raison.

Papa Marius accueillit sa protégée comme si elle était sa fille. Il était comme ça Marius, il faisait fi de toutes les lois. Il s’en moquait même. Cette gamine avait besoin d’aide, il lui en apporterait.

Il évalua son âge en un clin d’œil et appela Joséphine. Elle débarqua avec des coupons de tissus et des vêtements qui pourraient faire l’affaire, le temps qu’elle lui couse les siens.

Aux habitants du village, il clama que son fils l’avait trouvée et qu’il n’allait pas la laisser sans manger et toute nue. Il fit passer son ami médecin qui l’ausculta sous toutes les coutures. La gamine allait bien à part cette amnésie qui la privait de ses souvenirs. Marius n’écouta que son cœur et accepta le prénom d’Ambre choisi par Phil.

L’instit était un copain d’enfance, il prit la petite nouvelle dans l’unique classe qui faisait tous les niveaux. Phil lui fit une place à côté de lui et lui prêta ses crayons, en attendant qu’elle ait sa trousse bien à elle.

C’était un tout petit village, alors comme on ne connaissait pas le nom de la gamine, les rumeurs allaient bon train, on parlait d’un abandon comme on abandonnait un chien à une affaire sordide dont elle avait été témoin.

Comment Marius fit-il pour que Ambre ne soit jamais ennuyée, c’est un grand mystère. Elle alla au collège puis au lycée et désormais, elle portait le nom de Marius.

Elle fit des études d’infirmière alors que Phil voulait être médecin, là aussi, comment Marius eut droit aux bourses pour les deux gamins, mystère.

Une fois son diplôme en poche, elle s’installa là où elle avait été trouvée en tant que libérale et Phil ouvrit un cabinet médical à côté de l’école.

Aujourd’hui le village s’est agrandi et à part Marius et son ami l’instituteur, peu d’habitants se souviennent qu’elle n’avait pas de nom et que les rumeurs sur son compte allaient bon train.

D’ailleurs, il n’y a pas de plaque pour annoncer qu’une infirmière est au village, pas la peine, le bouche à oreilles fonctionne très bien pour dire que si t’as besoin de soins, il y a Ambre qui fait ça très bien.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Léon, Oscar, et les panneaux

Bonjour toi 😉.

T’étais-tu déjà posé la question pourquoi les panneaux savaient ? Mais savaient quoi ? Léon et Oscar ont compris eux !

Léon et Oscar, deux lascars de six ans, copains depuis la maternelle, voisins de surcroit et ayant déjà fait pas mal de bêtises ensemble, ont fait leur entrée en primaire et sont fiers de savoir lire ou à peu près.

En promenade avec leurs parents respectifs, ils s’amusaient à déchiffrer les panneaux d’affichage et les signalisations diverses.

Léon, le premier arrivé devant l’un d’eux, s’arrêta tout excité. Il cria à son compère qui courait derrière lui les joues cramoisies et essoufflé :

– Tu as vu le panneau, il est super intelligent, il sait qu’on est là !

– Pourquoi ?

Oscar reprenait son souffle.

– C’est écrit : vous… êtes… ici.

Léon déchiffrait mot à mot et il était fier de lire la phrase en entier.

– Vous êtes ici !

Oscar ne comprenait pas comment un panneau pouvait savoir qu’il était là. Il le contourna, s’accroupit, le toucha, et repartit à toute vitesse vers ses parents qui s’étaient attardés.

– Papa, maman, le panneau, il est drôlement fort, il sait qu’on est là !

– Ce n’est pas la peine de hurler Oscar, commenta son père en souriant, mais voyons voir ce panneau !

– Dépêche-toi.

Oscar attrapa sa main et l’entraîna.

– Ne cours pas si vite, il ne va pas s’envoler ton panneau.

Maman préféra rester sur place avec les parents de Léon. Celui-ci était campé devant le tableau d’affichage.

– Vous êtes ici !

– C’est vrai que vous êtes là, dit papa, parfait.

– Comment il le sait ?

– Mystère !

Papa fit un clin d’œil à son fils.

– Allez les garçons, on continue.

Les voilà repartis gambadant de plus belle et Papa attendit les retardataires surveillant du coin de l’œil les deux gamins.

– Regarde un autre !

Oscar et Léon n’en revenaient pas. Vous êtes ici les narguait à nouveau.

– On est suivi, c’est sûr !

Ils se retournèrent, inquiets.

– Personne ! Tu sais quoi Léon, tu vas retourner à l’autre panneau et tu me diras ce qui est écrit.

Le voilà qui détala, dépassa ses parents interloqués et se planta devant.

– Vous êtes ici ! hurla Léon.

Oscar le rejoignit.

– On va demander à papa et maman si sur l’autre c’est encore écrit.

Ils repartirent en sens inverse, interrompant les adultes en grande conversation.

– Dis papa, tu veux pas aller voir sur le panneau là-bas, si c’est écrit vous êtes ici et…

– Léon, combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas nous interrompre !

– Mais c’est important, vite, il faut que tu ailles voir le panneau ! S’te-plait !

Les parents des deux compères se regardèrent en riant et acceptèrent de jouer le jeu, ils allongèrent donc le pas et se retrouvèrent devant un panneau qui indiquait effectivement vous êtes ici.

Léon et Oscar plus loin, leur faisaient de grands signes et hurlaient à qui mieux mieux :

– Nous aussi, c’est écrit vous êtes ici !

– Vous allez vous casser la voix à crier comme ça !

Un vieux monsieur appuyé sur sa canne, les contemplait sourcils froncés.

– Bien sûr que vous êtes ici, vous faites assez de bruit pour qu’on s’en rende compte vous avez même affolé mon chien !

Les deux petits n’étaient pas rassurés, mais Oscar plus bravache que son copain relèva le menton, frondeur.

– Et comment qu’il peut le savoir le panneau qu’on est là ?

– Parce que je lui ai dit !

Le papy toujours appuyé sur sa canne, les regarda dans les yeux. Oscar imperturbable continua :

– Ah oui, et à l’autre panneau aussi, tu lui as dit  ?

C’est à ce moment-là que leurs parents les rejoignirent. Ils’excusèrent auprès de l’inconnu du bavardage des deux garçonnets.

– Vous devriez leur expliquer.

– Quoi donc ? demanda le papa d’Oscar

– Que c’est moi qui renseigne les panneaux.

– Pardon ?

– Oui, dit Oscar, c’est lui tu vois, qui leur dit vous êtes ici, c’est gentil quand même, comme ça on n’est pas perdu ! Toi qui répète toujours de faire attention de ne pas se perdre, ben tu vois, le monsieur lui, il le dit au panneau.

Les parents sourirent avec indulgence, se demandant déjà, comment ils allaient expliquer à leurs garnements, que ce n’était pas tout à fait vrai cette histoire, mais Léon plus pragmatique interrogea :

– Tu fais comment avec ta canne, pour aller assez vite pour prévenir les panneaux ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022)

À très vite…