Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Quand je relis mes chapitres, je me demande bien comment ça va finir cette histoire, pas toi ? 🧐

Chapitre 11

Coralie était chez elle, seule. Le commandant l’avait prévenue qu’il rentrerait plus tôt que prévu, voire une heure ou deux. Quand elle entendit la voiture, elle fut agréablement surprise. Il avait fait vite.

Occupée dans le bureau, elle termina son rapport et se leva pour l’accueillir. Il était déjà dans la cuisine. Il tendit sa joue. Elle éclata de rire.

— Tu ne m’embrasses pas ?

— Où ai-je l’a tête ! Désolé, je n’ai pas encore déconnecté du travail.

— Je pensais que tu allais revenir plus tard, ce n’est pas ce que tu m’avais dit ?

Il ne répondit pas immédiatement. Il enleva son manteau et alla l’accrocher dans l’entrée.

— Tu ne le mets pas dans le placard ?

— C’est pareil non ?

— Tu as rangé ton arme ? Je ne sais pas, d’habitude, tu as tout un rituel pour la cacher . D’ailleurs, tu n’as jamais voulu que j’apprenne où elle est exactement.

— Je dois vraiment être fatigué, je l’ai oubliée. Je retourne la chercher.

— Tu vas bien mon cœur ?

Il ne répondit pas, reprit son manteau, claqua la porte, laissant sa femme stupéfaite. Son portable vibra à ce moment-là.

Le visage de Daniel s’afficha à l’écran. Elle décrocha.

— Chérie, tu étais au courant que ton pote le toubib n’était pas marié avec le cadavre que tu es en train d’examiner.

Coralie ne sut quoi dire. Elle regardait la voiture de son homme qui disparaissait au coin du chemin.

— Daniel ? C’est toi ?

— Qui veux-tu que ce soit ? Tu es encore au boulot ou tu es déjà rentrée ?

****

Mais quel con ! J’ai failli être démasqué. Je ne sais pas comment je vais rattraper le coup. Il y a vraiment un bug dans la matrice !

Me retrouver face à toi m’a fait perdre tous mes moyens. J’avais l’occasion d’en profiter et j’ai foiré. Je suis trop impatient !

Dans les locaux de la police, Daniel restait perplexe.

— Alors ? Elle savait ?

Hugo et Esteban le regardaient interrogatifs.

— Apparemment non ! Finalement, je ne suis pas certain qu’elle ait eu des nouvelles de cet homme. Vous avez fait des recherches sur le type qui me ressemble et qui est venu chez les Marteau ?

— Oui et on n’a rien trouvé.

— Comment ça ?

— À part la voisine qui en parle, personne d’autre ne l’a vu. Remarque que les maisons ne sont pas orientées de la même façon.

— Pas de caméra de surveillance ?

— Non, rien.

— Sur la défunte ?

— Elle a une sœur. Je l’ai convoquée pour demain. J’ai aussi enquêté à la salle de sports où elle se rendait.

— Et ?

— Fille sans problèmes. Effectivement, la voisine venait souvent avec elle. Par contre, elle restait toujours en manches longues.

— Pour cacher des traces de coup ?

— Le coach qui la suivait lui avait déjà demandé de se mettre à l’aise parce qu’elle se plaignait d’avoir chaud, mais elle affirmait qu’elle préférait se couvrir pour perdre plus de calories.

— Interrogez la voisine. Elle a peut-être remarqué quelque chose. Vu qu’elle est curieuse comme une fouine…

Coralie était montée dans sa voiture et filait au centre médico-légal. Il fallait qu’elle parle à ses amis et collègues. Sophia et Vincenzo surpris la virent débouler dans les locaux à toute allure et passablement perturbée.

— Un problème ?

Vincenzo la regardait tandis que Sophia se rapprochait d’elle. Coralie les interrogea tour à tour.

— Lorsque vous êtes venus à la crémaillère, j’ai entendu avant de rentrer dans la maison que tu faisais remarquer à Daniel qu’heureusement qu’il était parti quand vous étiez arrivés. Je n’ai pas fait attention sur le moment. Tu pensais à quoi ?

Sophia et Vincenzo se regardèrent. Il hésita avant de répondre. Il ne voulait pas trahir le Commandant, mais Sophia réagit aussitôt.

— Nous l’avons croisé sur le chemin.

Vincenzo biaisa.

— Enfin, nous avons cru le croiser. En fait, ce n’était pas lui.

Sophia surprise se tut et le laissa continuer.

— Comment ça, ce n’était pas lui ?

— Nous étions distraits et regardions la mare. Avec le soleil de face, nous avons pensé que c’était le Commandant, mais quand nous lui avons demandé, il nous a répondu que c’était sans doute une erreur. Il parait qu’il arrive souvent que des livreurs se trompent d’adresse.

— Vous ne me cachez rien ? Vous êtes certains ?

— Pourquoi cette question ?

Sophia mal à l’aise se tordait les mains. Elle n’aimait pas mentir, mais Coralie reprenait.

— Il s’est passé un truc bizarre ce matin. Daniel est rentré à la maison. Je ne le trouvais pas comme d’habitude. La preuve en est qu’il ne m’a pas embrassée et avait oublié son arme au travail. Il est donc reparti aussitôt la chercher.

— Ne t’inquiète pas, ça peut arriver.

— Jamais, il ne ferait ça. Bref, ça, c’est une chose. Sauf qu’alors que la voiture filait au bout de l’allée, il m’a appelée des locaux de la police pour me parler boulot. Il ne savait pas si j’étais rentrée, ou encore ici.

Daniel ferma la porte de son bureau et demanda la discrétion absolue à ses deux collègues.

— Je trouve bizarre qu’une voisine pense que j’étais sur les lieux du crime. Une personne qui me ressemble veut me faire porter le chapeau. N’oubliez pas le corps qui avait disparu et qui était chez moi. L’équipe n’a pas remarqué que ce n’était pas moi qui étais venu le chercher. Heureusement que ma signature est très difficile à imiter, sinon j’étais bon pour finir derrière les barreaux et prendre une enquête de la police des polices sur le dos. Nous avons affaire à un malade qui veut se faire passer pour moi. Nous devons le trouver rapidement et je compte sur vous.

D’autre part, Vincenzo Zacchetti, le collègue de Coralie m’a inquiété sérieusement. Je n’en ai pas parlé à ma femme. Elle leur avait donné les clés pour qu’ils viennent voir la déco pour choisir notre cadeau. Ils m’ont croisé sur le chemin et ont été surpris que je ne m’arrête pas pour les saluer. Ce n’était pas moi. Il a ensuite fait allusion à de la musique qui s’est tue quand ils sont entrés. Du jazz.

— C’est grave ce que tu racontes. Tu devrais mettre une équipe de surveillance autour de chez toi.

— Je ne veux pas inquiéter Coralie.

— Quand même ! Imagine qu’il se fasse passer pour toi et qu’elle ne se rende compte de rien ?

Daniel haussa les épaules.

— Il ne prendrait pas ce genre de risques !

— Tu sais des malades, nous en voyons tous les jours, ce n’est pas à toi qu’il faut apprendre ça !

— Je préfère ne rien dire pour l’instant. Ouvrez l’œil, et tenez-moi au courant.

— Tu as tort Daniel ! glissa Hugo. Fais attention ! S’il peut rentrer chez toi comme ça…

— Mais non, c’était sans doute un truc connecté.

— Tu ne disais pas qu’une porte claquait souvent ?

— On sait pourquoi ! on l’a trouvée, c’est celle d’en haut.

— Tu es certain ?

— Mais oui Hugo ! Arrête ta paranoïa.

À suivre

© Isabelle-Marie d’Angèle

A très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

J’ai pensé que j’avais assez trainé comme ça pour vous partager la suite de mon thriller. Voici le chapitre 10 et les précédents sont ici, histoire de vous rafraichir la mémoire 😉

Chapitre 10

Les empreintes de Martine Marteau étaient sur le papier. Elle avait donc écrit ce mot avant de mourir. Voulait-elle en parler ? C’était peut-être pour cette raison qu’elle avait été assassinée. Quel était le rapport ?

Faventiny assis face à ses deux collègues saisit alors son portable.

— D’accord, j’arrive !

Le commandant ne prit pas de gants pour appréhender Frédéric Marteau à l’hôpital.

— Vous allez me suivre, toubib.

— Vous avez trouvé qui a assassiné ma femme ?

— Ce n’est pas le sujet pour l’instant.

— J’ai des rendez-vous.

— Ils attendront.

Institut — médico-légal

— J’espère que les empreintes sont fichées, parce qu’il y en a beaucoup et c’est toujours les mêmes.

— Tu veux dire qu’il n’y avait qu’une personne ?

— C’est évident.

— Je parie pour le mari, dit Vincenzo. Je ne le sens pas ce type.

— Non, ce n’est pas Frédéric Marteau.

— Comment peux-tu en être aussi certaine ?

— Parce que celles que je retrouve partout sur elle sont celles de Martine Marteau.

Sophia en laissa tomber son stylo et Vincenzo siffla entre ses dents.

— Elle se serait suicidée ?

— Ne dis pas de bêtises Vincenzo. Il faut être complètement folle pour se lacérer le visage, le corps et s’étrangler ensuite.

— L’assassin avait sans doute des gants, émit Sophia.

— C’est certain, et c’est bien la seule chose qu’on peut affirmer.

****

— Pouvez-vous me dire docteur ce que vous cachez derrière cette porte ?

— Un bureau.

— Pourquoi avoir mis une fermeture blindée ?

— Il s’agit de recherches, je ne voulais pas que n’importe qui tombe dessus.

— Il suffisait de donner un tour de clé.

— Il y a une femme de ménage qui vient deux fois par semaine. Je ne vous apprendrai pas que ce genre de personnes peut être très curieux. Mais si vous le souhaitez Commandant, je vous ouvre la porte sans problème. Votre équipe de bras cassés n’aura pas besoin de la démolir.

Il glissa la clé dans la serrure.

— Voilà, entrez ! Si vous devez fouiller, faites-le avec ménagement. Ne me perdez pas mes notes.

Esteban et Hugo passèrent devant lui. Rien de bien spécial. Un bureau avec des étagères, des classeurs, un ordinateur.

— Nous embarquons votre portable.

— Faites ! je compte sur votre discrétion.

L’équipe scientifique s’installa dans la pièce afin de relever les empreintes.

— Vous ne trouverez que les miennes, personne n’y vient à part moi.

— C’est ce que nous allons vérifier, docteur. Sortons et laissons-les travailler.

Une fois redescendu dans le salon, Faventiny montra le papier.

— Regardez ce que nous avons découvert ici, sous le canapé.

Frédéric lut ce qui était écrit. Surpris, il leva les yeux vers Daniel.

— De qui parle-t-on ? Cette adresse, je ne la connais pas.

— C’est la mienne.

— Il faut donc que je me méfie de vous ?

Faventiny ne réagit pas.

— C’est vous qui avez tué ma femme ?

Frédéric Marteau restait de marbre tout en accusant le commandant.

— Que dois-je faire ? Appeler la police ? Mais non, elle est déjà là.

Le ton ironique de Marteau faillit faire sortir de ses gonds Faventiny. Esteban le devança.

— Arrêtez vos conneries. Votre femme voulait peut-être parler de vous.

— Qui vous dit que c’est elle qui l’a écrit ?

— Ses empreintes.

— Donc, si je vous suis bien. Elle prétend qu’il faut se méfier de moi et elle ajoute l’adresse du Commandant ?

— Peut-être pour que j’enquête sur vous !

— Pourquoi n’est-elle pas allée vous voir directement ?

— Elle n’en a peut-être pas eu le temps.

— Cessez vos réflexions idiotes Faventiny. Puis-je retourner travailler ?

Ils n’avaient rien pour le retenir davantage.

— Allez-y, mais restez à notre disposition.

— Vous claquerez la porte en sortant. Il ne manquerait plus que je sois cambriolé.

Le chirurgien parti, Faventiny ordonna à ses deux acolytes de refaire une enquête de voisinage.

Esteban et Hugo se dispersèrent.

Daniel grimpa à l’étage et interrogea l’équipe scientifique.

 — Qu’avez-vous trouvé ?

— Rien !

— Des empreintes ?

— Toutes les mêmes !

— Les siennes certainement. Tenez-moi au courant.

Il sortit et s’appuya contre sa voiture. Esteban discutait avec la plus proche voisine. Elle montra du doigt Daniel.

— C’est lui qui était là hier soir !

— C’est le commandant Faventiny, vous devez vous tromper.

— Ah ! c’est un flic ! N’empêche, c’est lui qui est venu, mais ce n’était pas cette voiture.

— Vous avez une idée de l’heure ?

— J’allais regarder ma série. Je dirais 21 h à tout casser, mais vous savez avec les pubs, ça ne commence pas toujours comme c’est prévu.

— Merci madame. Voulez-vous venir rencontrer le Commandant, ainsi vous pourrez nous dire si c’était bien lui ?

— Il ne va pas me faire d’histoires ? Après tout, qu’est-ce que j’en ai à faire moi !

— Pas du tout, au contraire. Si vous pouvez aider pour l’enquête !

Elle suivit Esteban et sans aucune discrétion détailla Daniel. Esteban expliqua la situation à son supérieur.

— Bonjour madame. Commandant Faventiny.

— Bonjour !

— Vous confirmez donc que c’est bien lui qui était chez Madame Marteau ?

— Martine ne s’appelait pas Marteau. Elle n’était pas mariée.

Daniel tiqua.

— Vous êtes certaine ?

— Sûre ! Martine venait souvent bavarder avec moi. Nous faisions en plus de la gym ensemble. Elle n’était pas en couple avec le docteur, c’était juste une copine.

Ceci pouvait expliquer pourquoi le chirurgien ne semblait pas si accablé par sa mort. Daniel reprit :

— Elle habitait ici ?

— Non, mais elle était régulièrement là. Je lui disais que je le trouvais bizarre moi cet homme, mais elle répétait que je me faisais des idées. En tout cas ça bardait hier soir. Surtout quand vous êtes arrivé, vous !

— À l’heure que vous avez indiquée, je ne pouvais pas être ici, madame. J’étais encore au bureau avec deux collègues qui pourront vous le confirmer. Je venais d’être appelé sur une autre affaire.

— Ah ben alors, vous devez avoir un sacré sosie. On raconte que chacun a le sien, le vôtre, il était là hier soir. Mais, maintenant que vous le dites, je n’en suis plus certaine, vous me paraissez plus grand.

— Comment pouvez-vous le savoir ?

Elle se mit à rire.

— Passez sous le panier de basket, là… oui… Allez-y !

Daniel soupira, mais fit ce qu’elle demandait. Instinctivement, il se baissa. La voisine affirma alors :

— C’est bien ce que je pensais, vous n’êtes pas de la même taille. Hier, le bonhomme qui vous ressemblait est passé dessous comme tous les soirs sans se baisser.

— Vous êtes une sacrée observatrice, madame.

— Une vraie curieuse oui ! c’est ce que mon mari me reproche. Pour une fois que ça peut servir.

— Mais vous ne deviez pas regarder votre série ? Si vous étiez devant votre fenêtre, vous risquiez de la rater.

— J’ai une télé dans ma cuisine comme ça je peux préparer les repas sans perdre de temps. J’ai entendu la voiture arriver, j’ai levé la tête. Je lavais les légumes dans l’évier et la fenêtre est au-dessus. Elle donne de ce côté. Tenez, vous n’avez qu’à vérifier.

— Vous reconnaitriez le véhicule ?

— Noir, mais la marque ça !

— Ce n’était pas celui du docteur ?

— Je ne sais pas, il change tout le temps.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

Nouvelles de mon jardin ? Je laisse la parole à mon bégonia rouge.

Le Bégonia rouge

C’est moi le rouge bégonia
Et même s’il fait froid
Alors que le soleil brille gris
Ce matin je suis surpris.

J’ai fleuri tout l’été
Alors que je souffrais
De la chaleur
Je comptais les heures. 

Pour me désaltérer
Il ne fallait pas y compter
Alors j’hivernais
En plein été. 

Ce matin je suis surpris
Encore et encore je fleuris
D’un rouge flamboyant
Ai-je été prévoyant ? 


J’ai bonne mine
Vive les vitamines
Que j’ai emmagasinées
Pendant l’été sans me disperser. 

Ne suis-je pas magnifique ? 
Mon feuillage n’est pas catastrophique
Je suis fier d’encore fleurir
Et de ne pas comme certain flétrir. 

Je trône toujours
Pour combien de jours
Sur la table du jardin
À l’ombre c’est certain. 

Encore combien de temps
Hier demain maintenant
Je serai le plus beau
Mais plus le petit nouveau.

Qui me remplacera ? 
Moi le rouge bégonia
Qui fleurit encore
Et n’est pas encore mort. 


© Isabelle -marie d’Angèle (Novembre 2022)

À très vite…

L’allée du château

Bonjour toi 😉

Je t’emmène avec moi en compagnie de MaLou, Millie, Lou et Pilou.

MaLou a décidé d’embarquer Millie (9 ans), Pilou (8 ans) et Lou (4 ans) dans une promenade qu’elles n’ont jamais faite et aussitôt, elle est assaillie de questions auxquelles elle n’a pas le temps de répondre.

— C’est où ?

— C’est quoi ?

— C’est loin ?

— Il faut mettre les bottes ?

Dans tous les cas, elles sont déjà en train d’enlever les chaussons pour enfiler les baskets. Avec le scratch, Lou y arrive du premier coup, même si parfois, elle demande de l’aide en implorant :

— Tu serres bien le cratch !

Il fait encore beau, pas besoin de manteau et les voilà parties.

MaLou explique qu’elles vont aller sur l’allée du château. Les réactions sont différentes.

Millie s’empresse de rêvasser.

— Ce serait trop bien que tu habites là-bas (au château). Tu imagines ? Maman me laisserait au bout de l’allée et tu viendrais me chercher. PaLou aurait préparé une brioche et on pourrait goûter dans ton château. Ce serait trop bien.

Pilou n’a pas du tout la même attitude. Armée d’un bout de bois qui a office d’être un couteau magique, elle coupe à tour de bras tout ce qu’elle trouve sur son passage : fleurs sauvages, mauvaises herbes. Elle galope loin devant, on dirait un cabri, parle toute seule et s’invente des histoires. Elle ramasse tout ce qui l’intéresse, branchage, feuilles, qu’elle aimerait bien que je garde à la maison. Elle remplit ses poches de trésors. Elle revient de temps en temps vers moi pour me montrer comment son arme merveilleuse fonctionne.

— T’as vu MaLou comme il marche bien.

Je répète à tout va qu’elle pourrait rester avec nous, mais mes mots se perdent le long de l’allée, elle est déjà repartie.

— C’est encore loin ?

Lou la plus petite prend son temps et traine un peu la patte.

— J’ai mal aux jambes.

— Si tu veux, j’appelle PaLou. Il viendra te rechercher en voiture.

C’est immédiat, tout va bien et elle reprend sa route. Ô grand jamais, elle ne louperait l’allée du château. Heureusement pour moi, car je suis certaine que PaLou n’aurait pas sorti la voiture pour faire 1 km et encore je ne suis pas sûre qu’il y soit ce kilomètre.

La voilà enfin cette allée avec le château tout au bout. Il n’a rien de celui de la Belle au Bois dormant. Il est en travaux, il accueille l’été un food truck et la population du village pour regarder le cinéma en plein air, mais il a l’avantage d’avoir effectivement un très long chemin qui fait rêver et Millie ne s’en prive pas.

Sa main dans la mienne, elle imagine. Les chiens par-ci, les chevaux par-là, la grille qui s’ouvre à notre approche, moi, qui l’attend en haut du perron. Il ne manque que la calèche qui s’arrête devant moi (la voiture a disparu, finalement c’est mieux d’arriver comme ça).

Lou est devant nous et marche tranquillement, les mains dans les poches, le nez au vent. Parfois, elle se penche pour ramasser une fleur, un brin d’herbe, une chose qu’elle a trouvée belle et qu’elle m’offre avec son grand sourire charmeur.

— Tu le mettras dans l’eau à ta maison.

Pilou galope dans tous les sens, coupant par-ci, fauchant par-là avec son arme magique. Elle est la première à arriver devant la grille fermée avec des panneaux qui nous signalent qu’il y a des caméras et qu’il ne faut pas s’approcher.

Lou se colle aux barreaux et regarde la cour. Elle ne sait pas lire, elle s’en moque de ce qui est écrit. Pilou, la grande aventurière aurait bien envie d’entrer. Bien sûr que non, faisons demi-tour.

Elles sont ravies de la promenade. De hauts arbres se balancent au gré du vent et j’avoue que moi aussi, mon imagination s’envole et je suis prise en flagrant délit par Millie qui saisit ma main et demande :

— À quoi tu penses ? Tu vas écrire une histoire ?

— Quelle idée ! gloussais-je. Allez on repart les filles.

Et Pilou nous devance encore, Lou trainasse et s’arrête. Elle s’accroupit et contemple une fleur enfin à ce qui lui ressemble. Elle la regarde avec attention puis se relève. Millie tient toujours ma main.

© Isabelle-Marie d’Angèle (novembre 2022).

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

J’imagine que tu ne te souviens plus de l’histoire de ce thriller 🧐 Ici tu trouveras tous les chapitres précédents. Nous en étions restés au chapitre 8, voici donc … le 9 😉 .

Chapitre 9

Sophia et Vincenzo accueillaient un nouveau cadavre. Une femme. Habitués à ce genre de réception, ils bavardaient et commentaient la pendaison de crémaillère chez les Faventiny.

— Notre miroir dans l’entrée est bien choisi. Le commandant n’a pas hésité à l’installer rapidement. Je ne savais pas qu’il était aussi bricoleur, remarqua Sophia en recouvrant le corps d’un drap blanc.

— Pourquoi tu lui remets, il va falloir le découper !

— Un peu de respect Vincenzo. Imagine qu’elle nous entende.

— Ne me refais pas ce coup-là ! les morts sont morts, point barre.

— J’sais pas ! Peut-être qu’il y a une vie finalement après.

— Après quoi ?

— Après la vie, idiot !

— Ouais ! la mort. Qu’est-ce qu’on doit s’embêter à dormir tout le temps.

Vincenzo regarda la femme qui avait été salement amochée.

— Elle a sacrément morflé, c’est un carnage. Il lui a réglé son compte. J’espère qu’elle est décédée rapidement.

— Recouvre-là, je te dis, et arrête de jouer au vautour.

— J’adore l’image !

Il éclata de rire et se pencha davantage pour la renifler.

— Au fait, elle est belle la cave du commandant ?

— Pourquoi au fait ? C’est quoi le rapport ?

— Je te vois humer la morte, je pense à Hugo qui en faisant tourner son verre respirait le vin en même temps.

— Il te plait bien le flic, avoue !

— Mais cesse de me taquiner. Donc, cette cave ?

— Il y a effectivement de belles bouteilles.

— Elles doivent coûter du fric pour qu’il faille une clé pour y entrer.

Son collègue la regarda, ahuri.

— Tu m’fais quoi là ! la cave n’a pas de porte. Tu descends l’escalier et tu as tous les rayons devant toi, enfin sur la droite.

— Le commandant est revenu la chercher. Tiens, demande à Coralie, elle arrive.

****

Le commandant Faventiny et ses collègues avaient découvert le corps d’une femme le matin même et celui-ci avait déjà été transporté à l’institut médico-légal.

— Regarde, voilà le mari.

Hugo désignait un homme qui avançait à grands pas vers eux.

— Où est ma femme ?

Faventiny montra sa carte et présenta ses co-équipiers.

— Bonjour monsieur ! Vous êtes ?

— Le docteur Marteau. Frédéric Marteau. Où est ma femme ? Je veux la voir.

— Elle a déjà été transportée à la morgue pour son autopsie.

— Je désire encore la contempler ! Je suis chirurgien, je souhaite la regarder une dernière fois avant qu’elle ne soit découpée en morceaux.

Daniel Faventiny tiqua.

— Vous devriez savoir que les collègues de l’institut médico-légal ne charcutent pas les corps. Où étiez-vous hier soir ?

Le commandant n’avait pas aimé la réaction de Marteau, aussi il ne prit pas les précautions d’usage pour l’interroger.

— De garde à l’hôpital. Vous pourrez vérifier.

— Vous êtes chirurgien plasticien si je ne me trompe. Vous opérez même la nuit ?

— On se connait ?

Frédéric Marteau le fixa d’un air supérieur.

— C’est écrit sur votre plaque à l’entrée.

— Évidemment !

Il soupira et se dirigea vers le bar et saisit la bouteille de whisky.

— Je vous propose quelque chose ?

Les trois hommes se regardèrent. Qui était cet homme pour avaler un verre d’alcool à 8 h du matin ? En offrir ensuite à des flics comme si de rien n’était.

— Ah j’oubliais ! jamais pendant le service !

— Docteur, vous vous entendiez bien avec votre femme ?

— En voilà une question ! Bien sûr !

— Vous ne semblez pourtant pas très accablé !

— J’ai l’habitude de cacher mes émotions avec mon métier.

— Vous ne devez pas côtoyer de grands malades, mais surtout des patients qui veulent changer d’apparence physique.

— Et voilà encore un qui pense que les personnes qui viennent me voir n’ont pas besoin d’aide. Savez-vous ce que c’est que de se sentir moche toute sa vie ?

Les trois hommes contemplèrent Frédéric Marteau qui affichait un visage balafré.

— Vous ne l’aviez pas remarqué ? Je ne vous crois pas. J’ai été brûlé. Voilà. Greffes, encore des greffes… bref ! Vous imaginez pourquoi je comprends mes patients et que je souhaite être présent à leurs côtés quand ils découvrent leur nouvelle physionomie ?

Le commandant n’avait pas envie de s’éterniser sur cet homme qu’il n’appréciait pas.

— Si vous voulez nous suivre, vous pourrez reconnaitre votre femme.

Dans la voiture, Daniel appela Coralie et la prévint de son arrivée. Le corps était visible, les premières constatations annonçaient que l’épouse de Marteau avait été lacérée à coups de couteau puis étranglée. Elle n’était malheureusement pas morte sur le coup.

Coralie venait de découvrir la fiche du cadavre allongé sur la table.

Daniel poussa la porte et entra dans la pièce froide. Il salua Sophia et Vincenzo et adressa un sourire à sa femme. Le chirurgien était derrière lui.

— Si vous souhaitez vous approcher pour reconnaitre votre épouse.

Il accrocha alors le regard de Coralie.

— Bonjour, Frédéric, désolée de te retrouver dans de telles circonstances.

Daniel Faventiny réprima un geste de surprise et demanda.

— Je n’ai donc pas besoin de vous présenter, vous vous connaissez ?

— Bonjour Coralie.

Il se tourna vers le commandant et murmura.

— Nous avons fait nos études ensemble.

Il revint sur Coralie.

— Heureux de te revoir.

Elle leva doucement le drap. Il se pencha.

— C’est Martine, ma femme.

— J’ai quand même quelques questions à vous poser, toubib.

— Daniel, ça peut attendre, je… l’interrompit Coralie.

— Vous vous appelez par vos prénoms ? Vous travaillez ensemble peut-être !

— Faventiny est mon mari.

— Félicitations.

Frédéric Marteau se tourna vers le commandant.

— On se connait aussi.

Il rabaissa le drap sur sa femme et fit demi-tour.

— Je suis à votre disposition quand vous le désirerez, vous savez où me trouver.

Avec désinvolture, il jeta une carte de visite sur un des bureaux et s’en alla.

Coralie et ses collègues ne pipèrent mot. Faventiny réagit brutalement.

— Il se prend pour qui ce mec ! d’où je le connais ?

Il appela Esteban et lui demanda d’aller immédiatement l’interroger à son domicile et avec Hugo chercher des indices dans la maison.

— Mais ça a déjà été fait ce matin non ?

— Certainement pas comme je le voudrais. Hugo et Esteban savent parfaitement comment je bosse. Je compte sur eux pour me trouver ce que je cherche.

— Et que cherches-tu ?

— C’est eux qui vont me le dire.

Coralie haussa les épaules.

— Frédéric Marteau est un gars gentil. Il en bavé quand il était gosse. Tu as vu son visage ?

— Ouais ! et alors ?

Sa femme ne répondit rien. Effectivement, ça n’avait aucun rapport.

Chez Frédéric Marteau

Esteban était un fin limier et Faventiny le savait. Il mit un point d’honneur à fouiller chaque pièce, chaque tiroir. Il poussa toutes les portes. Il était certain qu’une lui résisterait et ce fut le cas. Impossible de la faire bouger. Elle était blindée ou quoi ? Il y avait forcément quelque chose à cacher derrière.

Hugo revint vers lui avec un papier à la main.

— Regarde ce que je viens de trouver sous le tapis du salon.

Méfiez-vous de lui

L’adresse du commandant était écrite en dessous.

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Il est temps de retrouver Marie-Sophie 🙂 et si tu es un peu perdu n’hésite pas à aller rechercher ses pérégrinations ici

— Comment ça tu as déjeuné avec lui ?

Mélusine m’attendait de pied ferme et dès que je passai la porte de la cuisine, elle ne me ménagea pas.

Une fois mon repas avalé avec Gabriel, j’étais repartie à la boulangerie reprendre ma place derrière le comptoir. Archibald ne m’avait posé aucune question et l’après-midi s’était terminée sans que je l’aperçoive. Il avait dû quitter son laboratoire, c’était très calme dans l’arrière-boutique.

J’étais revenue à pied comme d’habitude et j’avais pu constater que Morgan était rentré, sa camionnette étant garée devant chez lui. Il y avait de la lumière chez Charles mais la porte était fermée.

— Raconte et ne me cache rien. Pourquoi n’as-tu pas répondu à mes messages ?

Mon amie était furibonde et je ne comprenais pas vraiment pourquoi.

— Il n’y a pas grand-chose à dire et si tu dois être en énervée après quelqu’un, va donc voir Charles, c’est lui qui a donné notre adresse.

Surprise, elle se calma aussitôt. Je l’interrogeai :

— Tu n’as quand même pas cru que c’était moi qui l’avais appelé ?

— J’ai eu un doute.

Ce fut à mon tour d’être stupéfaite et la colère gronda en moi.

— Vous me prenez tous pour qui ? Où est le problème sincèrement ? Gabriel est un ami qui voulait prendre de mes nouvelles, c’est tout. Il avait des jours de congés, il en a profité pour venir ici.

Je m’approchai de l’évier pour me laver les mains. J’entendais Enzo qui chantonnait, il devait être dans sa chambre en pyjama. Je rentrais tard les jours où je tenais la boulangerie. Mélusine nous avait préparé un gratin dauphinois, je reconnaissais son parfum.

— Archibald est là ?

— Non.

— Tu as vu Morgan ?

— Non.

Je soupirai. Comment avouer que Gabriel allait travailler à une quinzaine de kilomètres de chez nous ? Je levai les yeux et j’aperçus Morgan qui traversait le jardin. Il caressa au passage le chat qui se pavanait devant lui alors que son chien le précédait. Il entra dans la cuisine, m’attrapa par le cou et m’embrassa. Il sentait bon, je me serrai contre lui.

— Comment va Gabriel ? me murmura-t-il dans le creux de l’oreille.

Il se détacha et me regarda en souriant. Avec Morgan, tout était simple.

— Il est en vacances ici ?

Il piqua un grain de raisin dans la corbeille de fruits et s’appuya contre la paillasse. Je répondis aussitôt sans rien lui cacher, les mots venaient tout seul.

— Figure-toi qu’il va bosser à l’hôpital.

Morgan saisit la dernière grappe et mit doucement une graine dans ma bouche.

— C’est Saverio qui m’a prévenu qu’un homme était avec toi et qu’il te dévorait des yeux.

Je rougis instantanément. Tout se savait ici et très vite.

— J’aime quand tu deviens toute rouge.

Il termina les fruits et reprit :

— Normal qu’un homme te trouve jolie, tu l’es.

— Comment as-tu compris que c’était Gabriel ? Saverio ne le connait pas.

Morgan se mit à rire.

— Il me l’a décrit, il a bien dû le regarder pour m’en faire un tel portrait, ça n’a pas été difficile de le reconnaitre.

Mélusine qui avait disparu dès l’arrivée de Morgan réapparut comme par enchantement. Je la soupçonnai même d’avoir écouté dans le couloir.

Elle ne fit aucun commentaire et commença à préparer le dîner en remuant bruyamment les casseroles. Morgan posa sa main sur son épaule.

— Tout va bien Mélusine. Marie-Sophie a tout à fait le droit de rencontrer un copain. J’en ai dit autant à Archibald qui était furieux contre Charles.

Mon amie bougonna tout en préparant la salade. Enzo déboula et installa les assiettes sur la table. Il savait qu’il pourrait ainsi regarder un petit peu la télé avant d’aller se coucher.

Archibald arriva peu après. Il rapportait un gâteau basque.

— C’est de la part de Cybèle.

Il s’approcha de moi et m’embrassa sur la joue.

— Désolé pour tout à l’heure. On oublie ?

Mon portable sonna à ce moment-là, le visage de Gabriel apparut. Archibald soupira mais ne fit aucun commentaire, Morgan me regarda, Mélusine croisa les bras et Enzo cria :

— Pourquoi tu réponds pas marraine ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (novembre 2022).

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

Voici la fin de l’histoire de ma petite sorcière. J’ai rempli mon challenge pour le mois d’octobre 😉.

Samy se réveilla dans son lit et la bonne odeur de pain grillé la titilla aussitôt. Maman devait lui préparer son petit-déjeuner.

Elle se leva, enfila ses claquettes et passa sa main dans ses cheveux emmêlés. Elle ouvrit la fenêtre et entendit un cri bizarre. Un aigle volait au-dessus du jardin, il était haut dans le ciel, mais elle reconnut le bruit, elle en avait déjà vu lors de promenades en montagne avec ses parents.

— Samy, tu descends ?

À regret, elle referma la vitre et rejoignit sa maman. Papa était parti, il travaillait tôt et à plusieurs kilomètres de leur domicile.

— Bien dormi ? demanda Maman en lui versant son chocolat chaud.

Samy ne répondit pas et laissa son esprit vagabonder. Quel joli rêve ! Elle parcourait un paysage féérique en compagnie d’un vautour.

Elle avala ses tartines beurrées en silence puis quitta la table pour aller se préparer.

Devant la glace de la salle de bains, elle coiffa ses boucles. Elle se sentait étrange. Elle saisit son sac d’école, embrassa sa maman et prit le chemin du collège.

Elle leva les yeux et aperçut encore l’aigle qui tournait au-dessus d’elle. Elle s’arrêta pour mieux le contempler.

— Salut Samy ! Qu’est-ce que tu regardes ?

Des copains et copines de sa classe la rejoignaient. Elle leur sourit et leur montra du doigt le bel oiseau.

— Heu… oui il y a des nuages qui font la course, et alors ?

Dans le ciel de Samy, il n’y en avait pas, les nuages s’étaient fait la malle ;

— Viens, on va être en retard.

Samy les suivit non sans jeter un dernier regard sur l’animal.

— Je peux m’asseoir à côté de toi ?

Samy haussa les sourcils, tout était bizarre ce matin.

— Mais oui pourquoi ?

— D’habitude, tu es toute seule.

De plus en plus étrange. Le prof de mathématiques entra dans la classe et Samy sentit la boule au ventre la gagner. Finalement, rien n’avait changé.

La journée se déroula normalement, mais quand elle reprit le chemin de sa maison, l’aigle était toujours dans le ciel.

Au lieu de tourner à droite, elle prit à gauche. C’était bizarre, d’habitude il lui semblait qu’il y avait une bâtisse là, au bout de l’impasse.

Samy s’assit sur le trottoir et ferma les yeux.

 Elsbeth Isobel sans sa chambre, ses parents Straurius et Isaulya et son chat Arthus défilèrent devant elle. Elle revit le voyage qu’elle avait fait dans l’autre monde, elle entendit les bruits des cascades et les rires des elfes, des fées, elle découvrit que son amie lui faisait signe et lui soufflait qu’elles se reverraient, elle lui murmurait également qu’elle ne devait pas être triste parce qu’elle veillerait sur elle à jamais.

Un battement d’ailes lui fit ouvrir les yeux. L’aigle aperçu depuis le matin dans le ciel s’était posé à quelques mètres d’elle et la fixait.

Stupéfaite, elle n’osa pas faire un geste de peur qu’il ne s’envole. Il s’approcha plus près. Il était immense. Elle caressa son plumage. Il se frotta contre elle, l’invitant à s’asseoir sur son dos. Elle n’en crut pas ses yeux quand il prit son envol avec elle accrochée à son cou.

— Samy ? Qu’est-ce que tu fais là toute seule ?

Sa maman ouvrit la portière de la voiture.

— Il me semblait bien t’avoir aperçue en passant devant la rue. Il y a eu un problème au collège ?

Samy grimpa dans le véhicule le sourire aux lèvres. Elle avait compris qu’elle pourrait retourner là-bas virtuellement, Elsbeth Isobel lui enverrait Senu, elle s’en souvenait maintenant.

Elle passa la tête par la vitre et dit au revoir à l’oiseau dans le ciel qui fila en flèche très haut jusqu’à disparaitre.

FIN

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

Ma petite sorcière a emmené Samy dans son monde…

Quel bel oiseau ! Samy en aigle royal était magnifique. J’enfourchai mon balai, Arthus grimpa devant moi. Je donnai le départ et nous primes notre envol ensemble.

Que dire sinon que je retrouvai avec joie mes paysages qui m’avaient manqué. Je ne m’en rendais pas compte, mais finalement, mon monde faisait partie de moi et je ne pouvais pas m’en passer très longtemps.

Nous défilâmes devant Dame Lune qui me fit un clin d’œil en me reconnaissant. Elle fut stupéfaite en voyant l’aigle me suivre de si près, mais elle se laissa contempler avec plaisir. Elle était un brin vaniteuse pour ne pas accepter qu’on la regarde.

Je piquai vers les cascades évitant d’éveiller tous les elfes et fées qui devaient sommeiller. Nous ne dérangeâmes personne, seuls les parfums environnants surpris par notre visite nous envoyèrent leur fragrance.

Nous nous posâmes sur un pont dont la lumière rosée m’avait toujours impressionnée. Je pensai y découvrir Harow, c’est là qu’il habitait.

Il devait dormir profondément, je ne l’aperçus point. Légèrement déçue parce que j’aurai voulu le présenter à Samy, nous reprîmes notre envol et… un cri me paralysa. Jamais, je n’aurai pu imaginer qu’un aigle puisse se promener lui aussi.

Samy fit du sur place en découvrant face à elle un superbe vautour de la même race qu’elle. Un mâle qui surprenant mon amie pour la première fois se mit à lui tourner autour et à lui faire sa cour. De parades en cris stridents, il était magnifique. Incroyable, il était tomber raide dingue de Samy. Quelle histoire !

Je riais intérieurement. Pauvre bête qui n’avait pas réalisé qu’elle avait en face d’elle, une mortelle et non pas un aigle royal comme elle le pressentait.

Évidemment, le caractère frondeur de Samy prit le dessus, elle se laissa planer à côté de son nouveau copain. Tous deux volaient très haut dans le ciel étoilé et la lune était le seul témoin de leur jeu. Ils passaient et repassaient devant elle en imprimant sur l’astre leur ombre.

Je les surveillai du coin de l’œil espérant que Samy n’avait pas oublié qu’elle devait être rentrée avant le lever du soleil, sinon elle resterait ici à tout jamais. Ce n’était jamais arrivé qu’un mortel vienne jusqu’ici, je ne savais pas du tout quel sort pouvait l’attendre.

Soudain, les deux aigles se posèrent. Commença alors une parade amoureuse du beau mâle. Je ne pouvais pas laisser faire ça, il serait bien trop malheureux quand il comprendrait qu’il s’était fait avoir.

— Samy ?

Je l’interpelai à voix basse. Pas question de réveiller tout le monde. Nous aurions l’air malins et je n’avais pas envie de subir la colère de mon père.

Mon ami faisait la sourde oreille. Je n’avais pas d’autre solution que de la transformer rapidement pour qu’elle rentre chez elle, mais j’aurais aimé pouvoir lui dire au revoir et ne pas la quitter aussi brusquement. C’était trop bête, je n’avais pas pensé à ça.

Enfin, elle cessa de faire sa belle et s’approcha de moi. Le mâle, surpris, resta loin de ma portée.

C’est alors que la prêtresse Isaulya m’apparut.

— Bon retour parmi nous Elsbeth.

Je m’inclinai devant elle. Elle avait beau être ma mère, ici, pas question de ne pas respecter les règles.

Elle me releva gentiment et me serra contre elle.

— Je vois que ton amie a fait connaissance avec Senu.

La sorcière tendit le bras et celui-ci vint se poser sur lui. Incroyable !

— Alors comment trouvez-vous notre monde Samy ?

Je me tournai vers mon amie et la découvris en chair et en os.

— Mais…

— Chut ! N’aie pas peur, ton amie pourra repartir dès que le soleil se lèvera… et mon cadeau pour toi, c’est qu’elle pourra également revenir quand elle le souhaitera. Senu ira la chercher.

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À suivre…

À suivre…

Elsbeth Isobel, la petite sorcière

Bonjour toi 😉

Je partage avec toi la suite de l’histoire de ma petite sorcière. C’est bientôt la fin…

Il fut très difficile de faire comprendre à Samy qu’elle devait attendre le retour de la pleine lune.

— Toi qui es sorcière tu peux bien avancer le temps, grognait-elle sans interruption.

— C’est interdit de changer le cours de la vie. Tu imagines le bazar que ça provoquerait ?

— Combien de jours devrais-je attendre ?

— Un mois, la pleine lune vient juste de se terminer.

Samy se laissa tomber sur mon lit en soufflant comme un bœuf.

— C’est trop long, jamais je ne tiendrai jusque là.

— Dans mon monde, on dit que la patience s’apprend patiemment.

— Ouais, ben ton monde, j’en ai rien à faire.

Samy faisait la tête. Pour la distraire, je me suis mise à concocter des recettes. Même le glouglou des mixtures ne l’a fit pas sourire. Arthus s’employa pourtant à la faire rire en sautant sur son ventre, puis sur sa tête pour jouer avec ses boucles. Rien n’y fit.

— Quel oiseau choisiras-tu ?

J’avais réussi à lui faire lever le nez.

— L’aigle royal, c’est trop beau.

Alors j’eus une idée. Je sortis mon miroir magique. Intéressée, Samy s’approcha de moi et regarda par-dessus mon épaule. Si elle ne pouvait pas encore aller dans mon monde, celui-ci pouvait venir à elle. Le superbe animal apparut et s’envola majestueusement. Il offrit à mon amie les plus beaux paysages de mon paradis.

Samy émerveillée les découvrait avec bonheur.

— Je vais voir tout ça, murmura-t-elle, les larmes aux yeux.

Je hochais la tête.

— Maintenant, tu vas pouvoir patienter quelques jours. Nous allons aller en cours normalement et ça ne te semblera pas trop long.

Elle avait retrouvé le sourire et moi je me faisais la promesse de lui rendre ces quelques semaines faciles à vivre.

Ce ne fut pas difficile de remplir ma mission. Ayant tous mes pouvoirs, je croisais régulièrement et habilement mes doigts pour que les cours soient les plus intéressants. Même les professeurs gardaient leur bonne humeur. Il faut dire que les bonnes notes pleuvaient et qu’ils étaient ravis de voir que leurs élèves apprenaient correctement leurs leçons. Je n’osais pas imaginer ce qui allait se passer quand je devrai rentrer chez moi.

Un matin, je retrouvais notre prof de math devant le collège. J’avoue qu’il était beaucoup moins grincheux depuis que je m’étais occupée de son sort, mais ce jour-là, il semblait désappointé.

— Ça ne va pas monsieur ?

Samy qui arrivait toute guillerette s’arrêta près de nous.

— Ah ! voilà les inséparables.

Il n’était pas le seul à nous appeler ainsi. Il est vrai que Samy et moi étions tout le temps ensemble.

Il se grattait la tête en parcourant une lettre qu’il venait de recevoir. Je réussis à la lire sans qu’il s’en rende compte, un jeu d’enfant pour moi. Les vacances allaient commencer et il devait avoir son petit-fils chez lui. Malheureusement, celui-ci était malade. Grincheux allait donc se retrouver tout seul. Je lus dans ses pensées qu’il ne le voyait pas souvent et que les retrouvailles, du coup, allaient être repoussées aux calendes grecques.

— Si, tout va bien.

Nous passâmes notre chemin et arrivâmes au collège avant lui. J’entendis son portable sonner, je souris. J’étais certaine qu’il aurait à nouveau son entrain quand nous l’aurions en cours.

Enfin, le jour tant attendu s’annonça. Samy avait bien attendu que sa maman soit endormie (je l’avais aidée pour que mon amie puisse profiter le plus longtemps possible de son périple) pour faire le mur et s’échapper par la fenêtre de sa chambre pour me rejoindre.

— Toujours d’accord pour l’aigle royal ?

Elle hocha la tête pleine d’appréhension et au moment où elle me vit lever les bras, elle suspendit mon geste.

— Attends ! Et toi tu vas être avec moi ? C’est mieux à deux, hein ? Tu ne vas pas me laisser toute seule ?

Je n’avais pas osé lui dire que si j’allais chez moi, je ne pourrais pas revenir avec elle. Elle garderait ce souvenir comme un joli rêve, mais moi… elle m’oublierait, c’était la règle.

Elle posa sa main sur mon bras.

— Je sais qu’après tu ne pourras plus être avec moi… je l’ai vu. Mais, je te promets que je ne t’oublierai pas Elsbeth Isobel et si je ne pense pas à te le dire, sois certaine que mes moments passés avec toi ont été les plus beaux de ma vie.

Je refoulai mes larmes et levai les bras. J’avais revêtu ma robe de sorcière et pris quelques centimètres, Arthus était en habit de fête également avec son chapeau sur la tête, il s’approcha de moi.

— Prête ?

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2022).

À très vite…