Les journées à la boulangerie passent toujours très vite. Morgan vient souvent me faire un petit coucou. Il en profite pour ramener du pain pour le repas du soir. C’est bientôt la fermeture, il ne reste pratiquement rien sur les étagères. Pour en avoir discuté avec Archibald, il est ravi. Si ça continue comme ça, ce qu’il a investi sera récupéré. Il a toujours l’idée de son food truck. Il ne parle guère de Cybèle Iraola, et j’avoue qu’avec l’histoire de Gabriel et Mélusine, la jeune femme m’est complètement sortie de la tête. Mais quand on parle du loup, la voilà qui entre dans la boutique.
Elle me sourit puis regarde, navrée, l’étal vide.
— Je crois que je suis encore arrivée trop tard.
— Il reste une baguette aux céréales, c’est tout, je suis désolée. Mais pourquoi ne réservez-vous pas le matin, ainsi ça vous éviterait de vous déplacer pour rien.
Sur ces entrefaites, Archibald nous rejoint, souvent nous fermons la boutique ensemble et repartons tous les deux.
— Bonsoir Cybèle.
Il lui fait la bise.
— Je vais prendre la baguette et pour demain vous me gardez le pain spécial, c’est d’accord ?
Je note sur le grand cahier ce qu’elle souhaite. Elle paie et s’en va.
Surprise, j’interroge mon ami du regard.
— Elle ne devait pas avoir envie de discuter, grommelle Archibald. On ferme, je t’aide à ranger.
J’avais déjà fait le plus gros, il restait le coup de balai à passer. La caisse était faite. Ce n’est pas l’argent de la baguette qui allait changer grand-chose.
— Saverio m’a parlé d’une femme qui pour quelques heures accepterait de faire le ménage ici. C’est celle qui s’occupe des chambres d’hôtes de François, ainsi tu pourrais repartir plus tôt le soir.
— C’est toi le patron.
Archibald tire les stores et descend le volet roulant, nous sortirons par-derrière. Je le vois qui suspend son geste, il ouvre la porte et Mélusine apparait, seule.
— J’ai laissé Enzo avec Morgan, nous rassure-t-elle. Je voulais te parler, tu veux bien MarieSophe ?
Archibald fait mine de s’en aller, mais elle le retient par la main. Il nous entraine alors dans son fournil où l’odeur de pain distille toujours une ambiance de zénitude.
Elle ne s’embarrasse pas de préambule et attaque d’entrée. Je la reconnais bien là, elle va droit au but.
— Je suis désolée Marie-Sophie si je t’ai blessée. C’est vrai que je n’ai pas réfléchi aux conséquences, j’étais complètement obnubilée par cette envie d’avoir un bébé et Gabriel m’a semblé l’homme de la situation.
— L’homme de la situation ?
Je suis stupéfaite.
— Oui enfin… il était le seul que je connaissais et en qui j’avais confiance.
— Et si j’étais amoureuse de lui ? Tu y as pensé ?
D’un coup, la situation m’échappe. Je n’ai plus envie de savoir ni de comprendre, comme l’a dit Archibald c’est son histoire. C’est elle qui s’en dépatouillera quand Enzo posera des questions. Je la regarde dans les yeux, hausse les épaules et grommelle :
— Laisse tomber, tout ça n’a plus d’importance. Enzo est là, tu es heureuse avec lui, il l’est aussi parce qu’il a trouvé un papa. C’est toi seule qui géreras la situation quand le moment sera venu.
— Je ne voudrais pas que notre amitié en pâtisse, murmure-t-elle.
— Tu ne crois pas qu’il fallait y penser avant ?
— Que dois-je faire ?
Comme toujours, elle a le don de m’émouvoir. Archibald qui n’a rien dit, passe un bras autour de mes épaules et répond à ma place.
— Rien. Laisse le temps faire son œuvre, on verra bien.
— Marie-Sophie ?
Je ne sais même plus quoi dire. Cette situation me dépasse, je soupire.
— On rentre ? Je suis un peu fatiguée.
Archibald nous entraine, ferme la porte derrière lui et nous faisons le chemin en silence. J’entends au loin les bêlements des brebis, je respire l’air vif de la soirée. J’aperçois vite les lumières de notre maison.
Nous arrivons et Enzo se jette dans les bras de sa mère comme s’il ne l’avait pas vue depuis longtemps, ce qui fait éclater de rire Morgan. Il a préparé le dîner et ça sent rudement bon. Il a dû faire une soupe avec tous les légumes qu’il n’avait sans doute pas vendus au marché. Je passe à la salle de bains pour me laver les mains et c’est alors qu’une nausée me prend par surprise. Je n’ai rien avalé depuis le midi, pourtant ce n’est pas ce qui manque chez Archibald. Pas question d’alerter mes amis, ils en feraient tout un fromage. Je retourne dans la cuisine où je les retrouve qui papotent joyeusement. Mélusine emmène Enzo pour qu’il prenne son bain, je commence à mettre la table. On frappe au carreau, c’est Gabriel.
Enzo qui a reconnu sa voix quand il nous a salués, descend en trombe l’escalier, torse nu, et se jette dans ses bras. Son bonheur fait plaisir à voir. Gabriel l’embrasse.
— Maman m’a dit que c’était bientôt les inscriptions pour la maternelle. Tu m’y amèneras avec elle ?
Mélusine est revenue chercher son fils, l’eau du bain étant prête. Elle a entendu la question, elle répond à la place de Gabriel.
— Ce n’est pas encore la rentrée, tu as bien le temps d’y penser.
Il n’écoute pas et prend la tête de son père dans ses mains l’obligeant à le regarder bien face.
— Tu viendras ?
— Si je ne suis pas de garde, oui, je viendrai. D’ailleurs, Mélusine, ça tombe bien que tout le monde soit là. J’aimerais régulariser la situation à la mairie.
Un silence de plomb s’installe dans la cuisine, seul Enzo qui ne comprend pas demande :
— Tu veux dire quoi papa ? C’est quoi régula…riser ?
C’est la première fois qu’il l’appelle comme ça. Gabriel et Mélusine pâlissent en même temps.
Morgan répond aussitôt :
— Gabriel va écrire sur un papier qu’il est ton papa, vu qu’il n’a pas pu le faire quand tu es né.
Enzo va avoir trois ans, il se contente de l’explication.
Je regarde Mélusine. Elle qui voulait avoir un enfant toute seule, c’est raté. Gabriel a bien l’intention de faire valoir ses droits et je suis tout à fait d’accord avec lui. Il ne perd pas de temps et je vois au froncement de sourcils de mon amie qu’elle n’avait pas prévu ça. Je ne peux m’empêcher de penser comme une gamine bien fait ! non mais qu’est-ce qu’elle a cru elle ! Je te fais un gosse dans le dos et basta ? Je connais un peu Gabriel, c’est un mec bien, il ne va pas fuir ses responsabilités, d’autant plus qu’avec la situation qu’il a, Mélusine aura moins de soucis à se faire pour l’éducation de son fils. Mes pensées vagabondent et je ne peux m’empêcher d’en vouloir à Mélusine. Je chasse ces idées aussitôt.
— Je rajoute un couvert, lui demandais-je en souriant.
— Je m’assois à côté de toi après que j’ai mis mon pyjama.
Enzo fait un clin d’œil à son père et rejoint sa mère qui n’a toujours pas bougé. Elle suit enfin son fils qui a grimpé les marches à toute vitesse.
Gabriel s’approche alors de Morgan et je l’entends lui dire :
— Tu as bien de la chance !
Leurs regards se croisent. Je ne comprends pas ce qu’il veut dire, je romps un bout de pain pour me donner une contenance et parce que j’ai faim. Pourtant, je le trouve bien fade.
Je viens partager avec toi une de mes dernières lectures. Ce livre, je l’ai lu ou plutôt devrais-je dire dévoré de la première à la dernière page. Tu le sais, je suis une fan inconditionnelle de Mireille Calmel et j’achète les yeux fermés ses nouveaux romans. Celui-ci est écrit à la première personne, ce qui est assez rare chez cette auteure. Immédiatement, j’ai été happée par l’histoire.
La confession bouleversante de Jeanne de Belleville, pirate au courage inouï…
» Je n’avais pas le droit de l’aimer. Pourtant, il nous a suffi d’un seul regard échangé pour que nous sachions que nous étions l’un à l’autre et que nous le resterions jusqu’à notre dernier souffle. Pas un instant je n’ai cessé de penser à lui, d’être à lui.
Alors, quand le roi de France me l’a arraché en toute injustice, tout cet amour, immense, éperdu, s’est transformé en haine. Et cette soif de vengeance a fait de moi l’être impitoyable que l’Histoire a retenu sous le nom de la « Tigresse bretonne’.
Pour que ma vérité s’entende, voici ma confession. Sans espoir de pardon. Et sans regrets. « Jeanne de Belleville, dame de Clisson et de Montaigu. 25 avril 1359
Tout d’abord, si tu regardes la couverture de ce roman, tu sais que c’est d’une femme dont il va être question. Avec le mot écume dans le titre, tu penses à la mer, il n’y a qu’à voir les bateaux. Le mot sang t’indique qu’il ne va pas s’agir d’une histoire à l’eau de rose. L’héroïne est belle, rousse, la couverture a fait son travail, tu es happée.
Le résumé… La confession bouleversante de Jeanne de Belleville, pirate au courage inouï. Tout est dit dans la première phrase. Quand tu continues et que tu lis je n’avais pas le droit de l’aimer. D’accord, c’est une histoire d’amour.
Mais quelle histoire … Il n’y aucun répit dans ce roman historique. D’ailleurs, c’est souvent avec les romans de Mireille Calmel que je découvre l’Histoire. Si les professeurs d’Histoire avaient ce talent de conteur, ce serait magnifique et on ne s’ennuierait pas une seconde pendant leurs cours (parenthèse, ils sont un peu… 😂).
Tout commence par un regard. Jeanne tombe amoureuse au premier regard à 13 ans d’Olivier de Clisson, l’ennemi juré de son père. C’est à partir de là que toute la vie de Jeanne change, à cause d’une haine entre sa famille et celle des Clisson.
Les évènements s’enchainent, Jeanne est battue par son père et sa mère ne lui pardonnera jamais. Toutes deux le quittent et quand Jeanne se retrouve seule, sa maman étant décédée, elle devra à nouveau faire face à la haine de son père qui la mariera de force à un homme dont la méchanceté n’a pas de limite et dont la haine envers les Clisson est la même.
Entourée par les gens fidèles à la mémoire de sa mère et grâce à qui elle a été entrainée à se battre, à vivre auprès de la nature, elle saura faire face.
Olivier de Clisson, qui n’a jamais oublié le regard échangé avec Jeanne, veille de loin sur elle, et au fil de ma lecture, je suis stupéfaite par la force qu’il déploie pour protéger celle qui lui a ravi le cœur. Au gré de la vie de Jeanne, je découvre un amour profond, fidèle et solide qui résiste à toutes les épreuves même au-delà de la mort.
Oui, car Olivier de Clisson n’a pas que des amis et trahi, il sera décapité. Commence alors pour Jeanne, une seconde vie pour le venger. Sous la plume de Mireille Calmel, se dévoile alors la tigresse, sans état d’âmes pour tuer tous ceux qui ont trahi son mari et elle porte bien ce nom de Tigresse bretonne.
Je pourrai tellement encore te raconter mais je ne peux le faire sans spoiler aussi je te laisse découvrir Jeanne de Belleville.
Si tu aimes les romans historiques et les femmes combattante et combatives, ce livre est fait pour toi. Je te garantis de passer un moment de lecture exceptionnel.
Quelle surprise ! Nous sommes en janvier et que vois-je ?
Je me disais aussi qu’il y avait comme un parfum de printemps dans le jardin, je craignais de prendre mes rêves pour de la réalité, mais non ! Même Monsieur Chéri n’y croyait pas, il faisait moins le malin ensuite ! 😂.
Comme une bonne surprise n’arrive jamais seule, la première violette pointe aussi le bout de son nez.
Comme nous sommes samedi, que vais-je pouvoir partager avec toi comme musique pour célébrer comme il se doit cette surprise de la nature ? Vivaldi et le printemps évidemment! 😉
Passe un bon samedi et regarde dans ton jardin, peut-être que toi aussi tu as une belle surprise !😉
Mon merle est revenu et il fanfaronne devant ma fenêtre. Pris en flagrant délit de grignotage, je lui dédie cette poésie. Je crois bien qu’il n’est pas vraiment parti mais il se faisait rare autour de la maison. Il a joué l’équilibriste et j’en ai profité pour capturer ses exploits, les clichés où il battait des ailes pour garder l’équilibre sont trop floues pour que je les partage.
C’est le jour des enfants et que dirais-tu de chanter leurs comptines ?
Comme il pleut depuis ce matin, chantons sous la pluie ☂et mettons là à l’honneur, d’autant plus que je ne sais pas toi, mais le bruit de la pluie ça me plait bien 💖et ça m’apaise, d’ailleurs les bâtons de pluie ne sont-ils pas renommés pour la relaxation ?
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il pleut, il fait beau temps
C’est la fête du serpent.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il pleut, il fait soleil
C’est la fête à l’arc en ciel.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
La grenouille a fait son nid
Dessous un grand parapluie.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il pleut, il fait beau temps
C’est la fête au paysan.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il mouille, il pleut
C’est la fête au poisson bleu
Il pleut, il pleut bergère,
Rentre tes blancs moutons.
Allons à ma chaumière,
Bergère, vite allons.
J’entends sur le feuillage,
L’eau qui coule à grand bruit.
Voici venir l’orage !…
Voilà l’éclair qui luit !
Entends-tu le tonnerre ?
Il roule en approchant.
Prends un abri, bergère,
À ma droite en marchant.
Je vois notre cabane,
Et tiens, voici venir
Ma mère et ma sœur Anne
Qui vont l’étable ouvrir.
Bonsoir, bonsoir ma mère,
Ma sœur Anne bonsoir,
J'amène ma bergère
Près de nous pour ce soir.
Va te sécher ma mie,
Auprès de nos tisons.
Sœur, fais-lui compagnie,
Entrez, petits moutons.
Soignons bien, ô ma mère
Son tant joli troupeau;
Donnez plus de litière
A son petit agneau.
C'est fait, allons près d'elle
Eh bien, donc, te voilà !
En corset qu'elle est belle
Ma mère voyez-la.
Soupons! Prends cette chaise,
Tu seras près de moi;
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi.
Goûte de ce laitage
Mais tu ne manges pas !
Tu te sens de l'orage ?
Il a lassé tes pas.
Eh bien! Voilà ta couche :
Dors-y bien jusqu'au jour;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d'amour.
Ne rougis pas, bergère,
Ma mère et moi demain
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.
Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette
Aussitôt qu'il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête
Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette
Aussitôt qu'il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête
Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette
Aussitôt qu'il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête.
L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière
Tiens voilà la pluie!
Gipsy tombe par terre
Mais le soleil a chassé la pluie
L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière…
En relisant mon thriller, je me demande encore comment tout ça va finir 😂. Je ne te fais pas attendre davantage, voici le chapitre 20.
Chapitre 20
La maison abandonnée ne l’était plus tant que ça depuis que l’équipe de Faventiny l’avait envahie. Le courant était toujours branché, l’eau coulait, ils avaient de la chance. Une demande à la mairie avait été faite pour connaître les propriétaires. Tout était en règle.
Deux bureaux, des téléphones, des ordinateurs étaient installés dans la seule pièce à peu près potable de l’habitation. Elle était orientée de telle façon, et c’était en partie pour cela qu’elle avait été choisie, que de la fenêtre, ils pouvaient apercevoir la maison du Commandant. Une longue-vue avait pris place. Esteban avait déjà remarqué qu’il y avait de la lumière.
Hubert avait même hérité d’un grand tapis sur lequel il s’était allongé, le museau entre les pattes. Il ne dormait pas, il surveillait attentivement les va-et-vient de son maître qui devenait de plus en plus irritable depuis qu’il s’était rendu compte que Coralie ne répondait pas au téléphone.
— Je suis certain qu’il est avec elle.
— Tu nous as raconté qu’il était toujours sur tes talons. As-tu vu tes sbires par ici ? Il t’a bluffé, j’en suis sûr.
— Je ne peux pas prendre ce risque Hugo.
— Ton chien le reconnaitra, et ta femme du coup devinera que c’est toi le bon.
— Arrête de dire le bon. Ce type me fait froid dans le dos. Il me ressemble comme deux gouttes d’eau. Je ne sais pas ce qu’il mijote et surtout ce qu’il veut.
— Coralie bien sûr !
Daniel regarda Hugo et serra les poings.
— Tais-toi ! je vais y aller. Je prends la voiture. Vous gardez mon chien.
— Tu as ton micro ?
— Oui, vérifions une dernière fois.
Coralie fixait l’homme en face d’elle.
— Chérie, tu ne dois pas avoir peur. Je fais juste un essai. Regarde, j’ouvre les portes, tu n’es pas prisonnière. C’est moi, Daniel, ton Daniel.
— Je sais.
— J’imagine que tu as vu l’autre ? Qu’il t’a raconté n’importe quoi, par exemple, qu’il avait un chien qui allait me reconnaitre ? C’est du grand n’importe quoi. Je parie aussi qu’il t’a parlé d’une maison abandonnée où il allait se planquer.
Coralie ne put retenir un froncement de sourcils.
— Ah ! tu vois ! C’est moi chérie ! viens dans mes bras.
Elle hésita.
— Que faut-il que je fasse pour que tu me croies ?
Elle pensa aussitôt au mot magique que le couple employait quand ils étaient ensemble, mais elle se tut.
Soudain, il changea d’expression.
— Je suis désolé, un appel urgent que j’ai oublié de donner. Je vais dans mon bureau.
Surprise, elle le vit disparaitre alors que la voiture de son mari se garait devant le perron.
À nouveau, elle hésita. Elle regarda l’homme qui sortait du véhicule. Elle tenta de se dire que c’était certainement le Commandant, mais le doute s’était insinué en elle. Elle ne bougea pas quand il entra.
— Mais pourquoi tu ne répondais pas au téléphone ? Je m’inquiétais !
Il s’approcha d’elle. Elle recula.
— Coralie, c’est moi !
— Lui aussi le dit.
Sans qu’il comprenne ce qu’il lui arrivait, elle saisit l’arme qu’il avait à sa ceinture. Il se maudit de lui avoir appris comment faire pour se défendre. Elle avait bien retenu la leçon.
Son mari l’entendit alors appeler :
— Daniel ! Viens vite !
Il eut l’intime conviction qu’il allait vivre le pire cauchemar de sa vie. Sa propre femme ne l’avait pas reconnu et surtout ne lui faisait plus confiance.
Son double apparut dans l’embrasure de la cuisine.
— Chérie, mais ?
Il joua la surprise à la perfection.
— Incroyable ! Qui es-tu sale tordu pour me ressembler à ce point ?
Il lui envoya un coup de poing qui le fit chanceler. Il se mit à saigner aussitôt de l’arcade sourcilière.
— Appelle les collègues Cora, qu’il vienne coffrer ce type.
Toujours tenu en joug par sa femme, Daniel resta muet. Il n’espérait qu’une chose, Esteban le reconnaisse quand il arriverait. Pourvu qu’il ne débarque pas avec Hubert.
Coralie détourna alors l’arme.
— Comment m’as-tu nommée ?
Daniel en profita pour saisir le pistolet, mais l’autre avait été beaucoup plus rapide. Il partit en courant vers l’escalier.
Les deux étages furent franchis à vive allure, Daniel n’avait plus que quelques marches pour le rattraper quand un vertige le surprit. L’uppercut reçu auparavant l’avait sonné. Il s’écroula sur le palier alors que son double entrait dans le bureau et à nouveau le rire sardonique éclata dans les oreilles du Commandant. Il entendit cette fois-ci tu as gagné, mais je suis très mauvais perdant.
Coralie avait appelé Hugo et Esteban qui rappliquaient déjà, Hubert sur les talons.
Elle s’agenouilla auprès de son mari.
— Je suis désolée…
Il lui caressa le visage.
— Pas autant que moi. Je l’ai laissé s’enfuir.
— Commandant ? Vous allez bien ?
Esteban avait du mal à retenir le chien qui grognait et voulait entrer dans le bureau.
— Filons d’ici, tout de suite.
Il saisit sa femme par la main et ils dévalèrent l’escalier quatre à quatre. Ils sortirent en courant, grimpèrent dans la voiture d’Hugo. Esteban suivait dans la sienne avec Hubert qui aboyait comme un fou furieux pour être avec son maître.
Tu vas le payer cher ! Saleté de flic !
Tu as l’air de l’aimer ton clébard ! je vais lui faire sa fête, tu vas comprendre qu’il ne faut pas me défier.
— Vous dites que vous étiez face à lui ? Vous n’avez pas reconnu le Commandant ?
Esteban n’était pas convaincu.
Coralie pleurait.
— Je ne veux pas retourner dans la maison. Allons ailleurs tant que cette histoire n’est pas réglée. J’ai peur Dany.
C’est alors qu’ils entendirent une voiture se garer devant la bicoque. Daniel identifia Joseph.
Comment pouvait-il savoir ? L’homme entra et lui saisit les mains qu’il recouvrit des siennes.
— Partez rapidement d’ici, vous êtes en danger Commandant et votre clébard aussi.
— Mais… vous…
— Peu importe, l’argent ne peut pas tout faire. Je n’ai pas envie d’avoir des morts sur la conscience. Fuyez. Je vous dirais tout demain. Vous apprendrez qui est cet homme qui vous veut du mal. Faites vite, je vous en prie.
— Commandant, nous avons tout installé ici, nous n’allons pas tout démonter.
Joseph contempla les bureaux et ricana.
— Si vous saviez… ça ne sert à rien tout ça. Il est bien plus fort que vous. Allez partez et disparaissez. Je vais me débrouiller.
Faventiny fixa ses mains que Joseph tenait toujours. Il allait poser une question quand l’homme du regard lui fit comprendre de se taire.
Il prit sa femme par le bras et accompagné de ses collègues et du malinois, ils quittèrent les lieux.
Esteban ne put s’empêcher de dire que ça ne lui convenait pas de fuir devant l’ennemi, ce n’était pas le rôle d’un bon policier.
— Avance, on ne fuit pas, on fait ce qu’il faut pour mieux revenir et on sauve nos vies.
C’est en me promenant sur les blogs d’amis, que j’ai découvert celui de Josée. Comme c’est lundi et que je n’aime pas le lundi, pourquoi ne pas démarrer la semaine avec elle, histoire de la commencer de bonne humeur, avec entrain et bonheur 😉.
Son article sur le mot phare m’a interpellée, il est celui que tu auras choisi pour t’accompagner toute l’année.
Je n’ai pas cherché longtemps parce que ce mot m’est apparu rapidement comment une évidence. C’est Rire.
J’ai constaté que je ne riais plus aussi souvent qu’avant. Même si sur ce blog, tu me trouves amusante et rigolote, dans la vraie vie, mes éclats de rire se font plus rares.
Du coup, ce mot m’accompagnera toute cette année 2023. Qu’elle soit donc éclairée de sourires, de joie, gaieté, bonheur, et que chaque jour, un éclat de rire égaye la maison. Il parait que c’est très bon pour la santé, que ça fait travailler tout un tas de muscles et qu’une franche partie de rigolade équivaut à manger un steak 😂.
Merci Josée pour cette belle idée et toi qui passes ici, n’hésite pas à aller sur son blog, Josée distribue du bonheur à tout va 💖.
Toujours chez elle, elle nous fait part de ses 23 intentions et non pas résolutions pour cette année 2023 (d’où le chiffre 23). J’y réfléchis encore 😉et je reviendrai t’en parler 💖.