Agenda ironique de Mars – Suite

Bonjour toi 😉

Je te rappelle les consignes de cet agenda ironique concocté par Moi 😏.

L’histoire se passera dans un champ avec des fleurs, des plantes, des mauvaises herbes mais vous choisirez celles qui piquent, qui grattent, qui puent, qui dévorent ceux qui s’approchent trop près, à vous les chardons, les orties, les plantes carnivores, et celles qui n’existent pas encore, mais que vous allez inventer au gré de votre fantaisie. Je ne vous impose qu’une fleur LE PISSENLIT et vous en ferez ce que vous voulez. Ah j’oubliais, il aura une valise, il adore voyager.

Pensez à mettre une pendule, un réveil, une horloge, c’est vous qui décidez du moment que ça donne l’heure.

Vous avez le choix d’écrire en vers, en prose, un récit, un poème, un dialogue, pas un roman de 500 pages hein, une suffira amplement.

Dans tous les cas, amusez-vous et glissez-moi les mots graine, sauvage et corolle.

Voici ma participation :

Le rêve du pissenlit

Monsieur Pissenlit en avait ras le bol de tous ces sauvages qui l’arrachaient à la terre sans lui demander son avis. Et puis quelle idée de lui souffler dessus, il allait finir par s’enrhumer et ça ce n’était pas envisageable.

Il saisit sa toute petite valise et se glissa dans sa corolle jaune. C’était son plus bel habit de soirée et pour lui plaire, il devait le revêtir. Il venait juste de se transformer et ses graines se disséminaient un peu partout, mais foi de pissenlit, il n’en avait que faire de Dame Nature, il renfila en vitesse ses pétales dorés.

Monsieur Pissenlit était amoureux et dans le champ d’herbes folles où il habitait, ELLE ne risquait pas de le voir. Il était bien trop petit, caché par les laiterons qui lui ressemblaient, mais qui n’étaient pas de sa famille, du moins il l’espérait, parce qu’ils piquaient quand on les touchait. Il le savait bien, lui qui s’y frottait régulièrement à cause du vent qui lui balançait de ces rafales.

Les colchiques, certes jolis lui avaient donné la colique, quels poisons ! Ils n’arrêtaient pas de lui faire les yeux doux quand il avait son beau costume, mais dès sa transformation, exit le pissenlit. Ah ! ils pouvaient faire les fiers dans les pelouses ! Pourtant lui aussi avait son heure de gloire avec son jaune dispersé aux quatre coins des prairies. ELLE ne se risquerait pas à les ramasser ceux-là !

Allez courage, il devait la rejoindre. Rien qu’à regarder le pré de chardons à traverser, il en avait le tournis. Sa montre gousset ne donnait plus l’heure depuis le jour où les gens avaient décidé de l’avancer ou la reculer selon les saisons (in petto, il pensait que de toute façon, lui, il poursuivait son cycle de vie, une heure en plus ou en moins n’y changeait rien), mais il n’en avait pas besoin. C’était à peu de chose près son heure pour faire sa cueillette, il n’y avait qu’à contempler le ciel.

Il rêvait à elle depuis l’instant où il avait découvert qu’il pouvait faire avec elle un excellent smoothie. Détox qu’ils l’appelaient cette boisson…

Il l’avait aperçue au détour d’une fenêtre, elle était posée dans un compotier et le narguait avec sa superbe teinte orangée. C’est avec elle qu’il devait se mélanger.

Il devait à tout prix être sur sa route quand ELLE passerait avec son panier. ELLE, c’était la femme qui concoctait des mixtures avec les plantes. Les mauvaises langues racontaient qu’elle était sorcière, lui, il n’y croyait pas du tout. Rien qu’à l’idée d’être malaxée avec sa belle, il sentait une douce chaleur l’envahir. Le pissenlit et l’orange, quel magnifique mariage de couleurs et de vitamines.

La voilà ! Elle balançait allégrement sa panière en osier, sa jupe fleurie voletait et ses cheveux attachés en un chignon décoiffé n’en faisaient qu’à leur tête.

— Tu es bien joli toi !

Paniqué un peu quand même, il sentit qu’il s’élevait dans les airs puis posé délicatement dans le fond de la corbeille… à côté d’autres comme lui.

Il avait complètement oublié qu’il était tout petit et qu’il allait devoir partager son orange. Mais quelle surprise, elles aussi étaient plusieurs ! Soupirant d’aise, il se laissa bercer par le doux mouvement du cabas qui se balançait au rythme des pas de la dame.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2023).

Je remercie déjà les participants qui ont répondu présent et qui m’ont agréablement surprise avec leurs histoires toutes aussi jolies les unes que les autres, toutes différentes et c’est ça qui est magnifique, toutes émouvantes.

Allez donc les découvrir, vous aurez déjà une petite idée 😉

Chez Marinade d’histoires, chez PoLétique et Tocs , chez Gibulène, chez Lissamara, chez Jobougon, Chez Mijo, chez Victorhugotte, chez Duff John.

Vous avez jusqu’au 28 mars pour rendre vos copies. Faites-moi rêver avant que vienne l’heure du vote.

Mettez vos liens dans les commentaires ici pour que je vous retrouve et n’oublie personne.

Au plaisir de vous lire 💐

À très vite…

Un héritage empoisonné

Bonjour toi 😉

Quelle est cette étrange chose ramenée de dessous le bureau…

Chapitre 29

Est-il vraiment amnésique ?

Il tournait en rond comme un lion dans sa cage. Il l’avait eu en face de lui ; son plan machiavélique devait fonctionner et voilà qu’il avait tout oublié. Tout ça pour rien ?

Il pouvait le remplacer comme il voulait, ce con s’en ficherait bien maintenant. Il n’avait même pas réagi quand il lui avait raconté que Marteau avait été l’amant de sa femme. Il n’avait pas tiqué lorsqu’il lui avait désigné Sophia Clarky comme étant sa femme. Karl le surveillait pendant ses examens médicaux et il avait bien fait son rapport, Faventiny n’avait reconnu ni Coralie ni son collègue.

Il était pourtant certain qu’il n’avait pas abusé des médocs, mais Faventiny les avait mal supportés. Comment savoir quand il allait retrouver la mémoire ? L’histoire devenait trop dangereuse pour lui. Ce qui, au départ, n’était qu’un jeu, devenait un fiasco. Il désirait se rendre compte s’il était possible de changer de visage, une expérience oui c’est ça, une expérience, c’est toujours ce qu’il pourrait raconter s’il était démasqué ce qui en soi était parfaitement improbable.

Et Coralie ? Finalement, Joseph avait raison. Il poursuivait une chimère. Jamais, elle ne tomberait amoureuse de lui, même avec la tête de son mari. Quel imbécile !

Il se regarda dans la glace. Il avait vraiment bien travaillé, chaque trait représentait le commandant. Il s’approcha un peu plus et toucha son visage sur le miroir. Il en fit le contour.

— Je suis beau Faventiny ! Je te ressemble ! Mais je ne suis pas toi, même si j’y ai cru. J’aurais tant souhaité qu’on m’aime ! Ce n’était qu’un rêve ! j’espérais réussir cette opération, je ne te voulais pas de mal Daniel, juste être toi quelques instants, quelques heures, quelques semaines, quelques mois. Rien ne devait se dérouler comme ça. Je vous offrais à tous les deux cette maison pour vous espionner et imaginer être toi. Quand vous étiez absents, je comptais passer de pièce en pièce et faire comme si… Mais je me suis pris au jeu et j’ai tout foutu en l’air. D’abord, ce cadavre dérobé était une très mauvaise idée. Puis te kidnapper pour te parler face à face. Je voulais jouer, devenir toi, et j’y ai cru. Coralie ne m’avait pas reconnu et j’ai pu lui voler un baiser. J’en ressens encore le goût sur mes lèvres. Mais tout a foiré parce que tu as pris ce chien qui lui, n’a pas été berné. Il m’a complètement déstabilisé. J’en ai toujours eu peur depuis que j’ai eu une jambe déchiquetée. Joseph que je connaissais depuis mon adolescence m’avait prévenu. On s’est engueulé plusieurs fois et finalement j’ai été obligé de le supprimer. Pauvre gosse qui n’a plus son père. Quel abruti ! Je ne suis pas un assassin. D’accord, les personnes trop curieuses, je les élimine, elles sont gênantes et je n’aime pas ceux qui m’embarrassent. Je ne fais rien de mal, je détruis ce qui n’a plus lieu d’être.

Il colla sa joue sur le miroir glacé et laissa ses larmes couler. Il commença à se cogner le front de plus en plus fort. Il se mit à saigner. Il se regarda et arracha son visage qui partit en lambeaux. Des années de travail pour rien ! Sa plus belle réussite au panier.

— Adieu Faventiny ! Tu as gagné, j’abandonne.

Il ouvrit son tiroir et contempla le pistolet qui y sommeillait à côté d’une alliance. Celle de Faventiny. Une fabrication d’exception quand il y repensait. Il le referma. Il lui avait dérobé pendant qu’il dormait. Il savait qu’il la gardait dans sa poche. Cet imbécile ne risquait pas de s’en apercevoir.

Quelqu’un frappa. Il se regarda une dernière fois dans le miroir, poussa du pied sous son bureau les restes du visage du commandant et cria :

— Entrez !

Une jeune femme passa la tête à la porte. Surprise, elle demanda :

— Vous allez bien docteur ? Votre premier rendez-vous est arrivé, je vous laisse son dossier.

Seuls Esteban, Hugo et Coralie savaient que Daniel jouait la comédie. Il n’avait pas voulu mettre dans la confidence ses parents. Il connaissait trop sa mère qui ne pourrait s’empêcher de le serrer trop dans ses bras ou de faire une gaffe. Quant à son père, il préférait le tenir à l’écart.

La vie était difficile. Le Commandant sans cesse sur le qui-vive gérait la situation assez bien. Ce qui n’était pas le cas du colonel et de sa femme. Il ne pouvait pas retourner travailler. Il ne pouvait pas embrasser sa femme. Il ne dormait pas avec elle, il craignait d’être surveillé. Il avait parfaitement reconnu Karl à l’hôpital. Aussi, ses collègues bossaient en sous-marin au bureau. Faventiny passait beaucoup de temps avec son chien pendant que Coralie était à l’institut médico-légal.

Hugo et Esteban n’avaient pas parlé du carnet à leur supérieur. Ils venaient d’apprendre que Cécilia Joly allait beaucoup mieux et qu’elle pourrait bientôt partir en maison de convalescence. Ils se rendirent à la clinique où elle était installée.

Elle les reçut assise dans son lit.

— Le commandant Faventiny ne vous a pas accompagné ? s’enquit-elle aussitôt.

— Il a un problème de santé et se repose, répondit Hugo.

Elle fronça les sourcils.

— J’ai entendu les infirmières qui discutaient entre elles. Saviez-vous que le docteur Marteau faisait aussi des visites ici ? Heureusement qu’il n’a pas découvert que j’étais là.

Les deux policiers se concertèrent du regard.

— Il pense que vous êtes morte. Vous sortez bientôt, vous ne risquez plus rien.

— Je voulais parler à votre commandant. Serait-il possible qu’il vienne me voir ?

— Si Frédéric Marteau se déplace ici, ce n’est pas souhaitable. Nous avons une question à vous poser. Votre voisine nous a dit que vous possédiez un carnet et…

Cécilia Joly s’agita dans son lit.

— Elle est trop bavarde.

— Au contraire, elle nous est d’un grand secours. Vous êtes protégée et…

— Bien sûr que non, je ne le suis pas, puisque que mon ex vient ici. Depuis que je l’ai appris, je ne dors plus. Je sais qui est le double de votre commandant.

Une infirmière entra à ce moment les invitant à sortir. Hugo et Esteban voulurent attendre dans le couloir, mais elle leur fit comprendre qu’ils devraient revenir plus tard. Exaspérés, ils s’inclinèrent.

— Je peux nettoyer votre bureau, docteur ?

La femme de service avec son chariot l’interrogeait du regard.

— Faites… Corinne, lisant son prénom sur le badge accroché à sa blouse, je rentre chez moi.

Il saisit son ordinateur, salua l’équipe de nuit dans la salle de repos en leur souhaitant bon courage.

Comme d’habitude, elle épousseta les surfaces, vida la poubelle et armée de son balai à plat, commença à laver le sol en faisant des huit. Lorsqu’elle passa sous le bureau, elle ramena une étrange chose.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

MaLou, Lou, Pilou et Venise

Bonjour toi 😉

Vive les vacances, Pilou et Lou sont parties à Venise.

Hormis les photos envoyées par les parents à MaLou et PaLou, où ils ont admiré la place Saint-Marc, le palais des Doges, le pont Rialto, les pâtes dévorées par Lou qui se moquaient pas mal de prendre la pause pour immortaliser l’instant 😂, la traversée en vaporetto, les maisons de couleur de Burano, la bibliothèque où l’on monte sur des tas de livres (si c’est vrai), les ruelles en labyrinthes, MaLou avait bien envie de connaître l’avis de Pilou et Lou.

De vraies globe-trotters les gamines, elles s’envolent en avion comme si elles partaient en voiture alors que MaLou n’est jamais montée dedans.

— C’est vrai MaLou t’as jamais pris l’avion ? Pourtant c’est rudement bien !

Cris horrifiés des petites filles.

Bref, MaLou, à l’occasion de la fête des grands-mères, (elle se demande toujours d’ailleurs pourquoi au téléphone, Pilou et Lou s’exclament Bonne Fête MaLou, elle croit toujours qu’elles se trompent de numéro 😏, ça fait quand même 10 ans que ça dure cette histoire de grand-mère 😂) reçoit un coup de fil, enfin de smartphone 😂 (ça se dit ça ?). Après le traditionnel  Bonne fête MaLou, celle-ci en profite pour connaître comment s’est passé le voyage, elles ont certainement plein de choses à raconter, Venise c’est magnifique, pense-t-elle. Elle imagine déjà les bavardages sans fin sur les livres de la bibliothèque, les maisons de couleurs, le…

— Ben tu sais quoi ? Y a une mouette qui m’a piqué mon gâteau ! Même que j’ai pas pu finir mon goûter, il était au chocolat en plus ! J’te passe papa !

😂😂😂

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Je crois qu’un jour je vais me perdre dans mes histoires 😂 et ce serait rigolo. Imagine un peu que mon thriller pique les personnages de Marie-Sophie et vice-versa ? 😂.

J’ai hésité aujourd’hui à publier … Le thriller ? Marie-Sophie ? Plouf plouf 😂.

Qui c’est qui à gagné ?

Archibald et Mélusine n’avaient pas manqué de me demander comment avait réagi Morgan. Nous étions tous les trois affalés dans le canapé du salon. Enzo était couché. J’avais tenté de minimiser la situation, mais Archibald ne cessait de m’interroger.

—  Comment t’en es-tu sorti hein ? Tu as expliqué que tu ne voulais pas emménager avec lui parce que tu préférais ton indépendance ou plutôt parce que tu avais la trouille ? Et pour le bébé, qu’as-tu dit ?

Il ne me laissait pas en placer une et il continuait sur sa lancée.

—  Évidemment qu’il l’a mal pris ! une nouvelle pareille ! Tu sais ce que je crois ? C’est qu’il ne retrouvera la mémoire que lorsque votre histoire à tous les deux sera réglée.

Je regardais Mélusine qui tentait de calmer notre ami.

—  Tu exagères Archi ! Et qu’entends-tu pas régler leur histoire ?

—  Non, mais regardez-vous toutes les deux ! Vous ne vous rendez pas compte comment vous pouvez mettre les hommes malheureux. Toi (il désigna Mélusine), tu as François qui se meurt d’amour pour toi et il n’y a vraiment que toi pour ne pas t’en apercevoir et toi, il me montra du doigt, tu as Gabriel qui te tourne autour et qui est même venu te rejoindre puis Morgan qui est fou de toi depuis longtemps et tu le laisses mijoter. Vous ne valez pas mieux l’une que l’autre.

—  Oh, ça va, tu n’es pas mal non plus, réagissons-nous en même temps. Le célibataire endurci qui…

Il nous coupa brutalement.

—  Peut-être que celle que j’aime n’a toujours rien compris ou n’est pas faite pour moi.

Nous le dévisageons, incrédules. Mélusine tenta une question :

—  Mais, tu ne nous as jamais rien dit qui laissait présager que tu pensais à quelqu’un.

Il haussa les épaules et répondit :

—  Ce n’est pas le sujet.

Nous restâmes silencieux. Nous étions pourtant très liés tous les trois et jamais nous n’avions senti qu’il aimait une jeune femme. Quelle amie étais-je donc ?

Mélusine s’approcha de lui, mais il se rebiffa aussitôt.

—  Laisse tomber !

Puis il me regarda et dit :

— Que comptes-tu faire ? Fuir encore une fois ? D’ailleurs, tu ne nous as jamais raconté pourquoi tu étais partie et que tu avais atterri ici.

C’était vrai et ils ne m’avaient jamais posé de questions. Apparemment, c’était le jour des confidences, mais comment avouer ça ! Archibald insista.

—  Alors ? Si ça trouve c’est pour ça que tu n’arrives pas à te lancer dans une histoire avec Morgan. Quelque chose bloque quelque part, j’en suis certain.

Il se leva et proposa de nous faire une infusion.

—  Réfléchis pendant ce temps-là.

Nous le suivîmes à la cuisine et pendant qu’il remplissait la bouilloire et qu’il nous tournait le dos, je racontais.

—  Je crois que Gabriel ne me laissait pas indifférente, mais une jeune femme avec un gamin a débarqué chez lui, j’ai pensé que c’était son fils et je me suis enfuie.

Mélusine manqua s’étrangler alors qu’Archibald jetait des feuilles de tilleul dans la théière. Aucun des deux ne pipèrent mot. Il installa trois mugs sur un plateau et emmena le tout au salon où nous le suivîmes en silence.

Il murmura :

—  J’imagine que tu ne sais toujours pas qui est cette femme ? Tu ne lui as jamais posé la question ?

Je ne répondis pas.

—  Tu vois Marie-Sophie, si tu n’avais pas fui comme tu en as l’habitude, tu aurais appris que cette inconnue était sa sœur et que le gamin son neveu. Charles le savait, mais il n’a pas eu le temps de te le dire, le lendemain tu étais partie. Imagine un peu si tu étais restée, peut-être que vous seriez un couple avec Gabriel et que Mélusine n’aurait jamais eu l’idée de lui demander d’être le père d’Enzo. Encore un qui a eu le cœur brisé à cause de toi.

—  Tu étais amoureuse de lui ? murmura Mélusine, si j’avais su ça…

Elle s’interrompit et se versa l’infusion.

—  Sa sœur ?

Je bloquai sur la révélation.

—  Eh oui ma grande ! ça change quelque chose aujourd’hui ?

Archibald me regarda et soupira.

—  Finalement, il vaut mieux que Morgan ne se souvienne pas de toi, il serait trop malheureux.

Il se servit une tasse de tilleul.

—  Je vais me coucher, je me lève tôt demain. Bonne nuit les filles !

Mélusine sirotait son infusion les yeux dans le vague. Je ne savais plus quoi dire. Pourquoi avais-je l’impression d’avoir tout gâché ?

—  Tu es amoureuse de Gabriel, Mélusine ?

Sa réponse fusa aussitôt.

—  Jamais, je n’ai eu de sentiments pour lui. Mais toi si ! Je m’en veux, tu ne peux pas savoir à quel point.

Je détestais les triangles amoureux dans les romans, c’était trop compliqué. Ironie du sort, je me trouvais en plein dedans. Entre l’un qui avait demandé sa mutation pour se rapprocher de moi et l’autre qui ne se souvenait pas de moi, j’étais bien ! Pour couronner le tout, j’attendais un bébé du deuxième.

Je regardais Mélusine et lui dit :

—  Tu sais quoi ? Laissons le temps faire son œuvre. Les examens d’aujourd’hui ont révélé que tout allait bien alors je vais profiter de ma grossesse. Et puis ne t’en fais pas, ce qui est passé appartient au passé. Bonne nuit Mélusine.

Je l’embrassais et regagnais ma chambre. Postée à ma fenêtre, je remarquai que la lumière brillait encore chez Morgan.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2023).

À très vite…

Au petit bonheur la chance ! Aurélie Valognes

Bonjour toi 😉

J’ai lu Au petit bonheur la chance et je partage mon ressenti.

1968. Jean a six ans quand il est confié du jour au lendemain à sa grand-mère. Pour l’été. Pour toujours. Il n’a pas prévu ça. Elle non plus. Mémé Lucette n’est pas commode, mais dissimule un cœur tendre. Jean, véritable moulin à paroles, est un tourbillon de fraîcheur pour celle qui vivait auparavant une existence paisible, rythmée par ses visites au cimetière et sa passion pour le tricot. Chacun à une étape différente sur le chemin de la vie – elle a tout vu, il s’étonne de tout –, Lucette et Jean vont s’apprivoiser en attendant le retour de la mère du petit garçon. Ensemble, dans une société en plein bouleversement, ils découvrent que ce sont les bonheurs simples qui font le sel de la vie.

Un duo improbable et attachant pour une cure de bonne humeur garantie !

J’écris ce retour de lecture alors que le nouvel opus d’Aurélie Valognes, L’envol est sorti le 1er mars.

Les livres d’Aurélie Valognes se suivent et ne se ressemblent pas. Mon avis avait été mitigé sur La cerise sur le gâteau, ce n’est pas le cas ici.

Je me suis régalée de bout en bout. L’histoire de ce petit bonhomme parachuté chez sa grand-mère parce que sa maman ne peut plus s’occuper de lui ou ne veut plus ou veut autre chose est pleine de bons sentiments.

Que ce soit Jean ou Mémé Lucette, ces deux personnages principaux sont criants de vérité et très attachants.

Il faut bien que Jean, six ans, s’adapte à sa grand-mère qui a déjà tout vu et tout connu. D’autant plus que mémé Lucette n’est plus toute jeune, mais que ne ferait-elle pour ce petit garçon tombé du ciel ?

Heureusement qu’il y a aussi les cousins et la tatie qui permettent au gamin de s’épanouir davantage.

Je ressens énormément d’amour dans cette histoire et beaucoup d’émotion. Jean qui attend régulièrement une lettre de sa maman qui ne vient pas, Mémé Lucette qui fait tout pour qu’il ne soit pas malheureux et croit bien faire… Jean qui retrouve sa maman et qui découvre une étrange vérité.

Des phrases captées au vol qui me font sourire, je cite :

Le lundi, des patates. Le mardi, des patates… et le dimanche, jour du Seigneur, on va manger des patates au beurre !

Le facteur et Mémé Lucette, c’est une grande histoire d’amour, arrosée au porto.

Mémé, pourquoi on appelle ça un deux-pièces ? Il y en a bien plus : l’entrée, le débarras, le salon, la cuisine…

Chaque chapitre porte le titre d’une expression comme C’est parti mon kiki, ça me fait une belle jambe, la tête au carré, roule ma poule…

Oui, ce livre d’Aurélie Valognes m’a beaucoup touchée. À consommer sans modération.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2023).

Bonne lecture 💖

À très vite…