Il existe dans mes cahiers des personnages qui ont eu une histoire et c’est tout. Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien.
J’ai pourtant eu l’envie, un jour, de les créer, de leur inventer une vie. Lorsque je fouille dans mes cahiers, je trouve :
HéloïseStefanoHéloïse et Stefano
Extrait d’un texte :
Héloïse avait débarqué dans la maison de Stefano un jour de pluie. Mais depuis ce jour, il faisait toujours soleil dans le cœur du gamin.
Elle était arrivée avec son vieux doudou tout moche qu’elle traînait derrière elle…
Charlie aussi était entrée dans la vie de Stefano, bouleversant tout sur son passage. Mais elle, ce n’est pas une vieille peluche qu’elle traînait, c’était des cartons de livres, un ordinateur et des carnets de toutes les couleurs. Elle avait envahi tout l’espace au grand plaisir de Joe.
Joe, c’était le père de Stefano. Un grand gaillard, à la barbe mal rasée qui piquait. Toujours affublé d’un chapeau en cuir de cow-boy. Ses bras étaient tellement immenses, qu’il pouvait les prendre tous les deux en même temps. Il y ajoutait même Charlie, et ils riaient tous aux éclats.
….
Il y avait aussi l’histoire de ma sorcière Nicky …
Nicky et Sam
Extrait :
– Tu ne vas pas recommencer Samantha, je te répète que je ne suis pas une sorcière. Cesse de divaguer et de t’inventer des histoires…..
Qu’est-ce qu’il t’a pris de venir ici ? Et tu ne pouvais pas t’habiller plus discret ?
– Je t’emmène Nicky, réunion à Salem !
Elle lui donna la main et ils disparurent ensemble dans un nuage de fumée, laissant ébahie Sam qui avait oublié son sac et revenait le chercher…..
Stoppée dans son élan, elles se regardèrent toutes les deux. Nicky posa à nouveau sa main sur le front de son amie qui faillit éclater de rire mais se retint devant son air grave.
– Sam, j’ai bien peur que tu sois devenue une sorcière….
Ces personnages dorment au fond de leur cahier. Un jour, ils se réveilleront et certainement, ils auront des choses à me raconter, ils m’empliront la tête et me pousseront à écrire.
T’arrive-t-il à toi aussi d’avoir des personnages qui n’ont plus d’histoire ?
Un jour, je me suis essayé à écrire des Haïkus. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un petit poème japonais qui se décline en 3 vers et comporte 17 syllabes. Il évoque un sentiment particulier, il est souvent inspiré de la nature ou d’une saison.
Je partage ici ceux que j’avais imaginé pour le printemps
Abeilles mutines
encerclent les fleurs pour leur
miel au goût sucré
Deux arbres serrés
étroitement enlacés
fruits et fleurs mêlés
Comme je suis gourmande, j’avais aussi écrit des haïkus sur la gourmandise
Chocolat léché
sur la glace vanillée
plaisir assuré
Crêpe au chocolat
avec de la chantilly
cuillère à la main
Ici, c’est une autre gourmandise 😉
Un cœur aguiché
par des seins mutins dressés
alléché il est
Epaule voilée
par vent coquin dénudée
épaule à croquer
Aujourd’hui, tu vas en apprendre encore un peu plus sur moi. C’est le jour des enfants, qu’aimais-je regarder à la télé ? En tête, arrive CANDY.
Une vraie fille 😊 je sais ! Je ne ratais rien et je me souviens d’un jour de grève à la télé où je n’avais pas pu voir l’épisode, j’étais dans une colère noire ! Il n’y avait pas les replay comme aujourd’hui 😂
Ce n’est pas un dessin animé mais j’adorais ça ! Qu’est-ce que j’aurais aimé être une sorcière comme elle . Mes enfants m’ont offert toute la collection des DVD. Une vraie fan ! Pauvre Jean-Pierre 😂
Le générique me faisait rire et remuer son nez comme le faisait Elisabeth Montgomery me faisait rêver. Combien de fois ai-je voulu l’imiter 😂.
Dans les dessins animés de Walt Disney, l’incontournable Cendrillon, suivi de La belle au bois dormant. Romantique moi ? 😂 Viennent ensuite les Aristochats et tellement d’autres ❤. Coup de cœur aussi pour Mary Poppins.
Et toi ? Partage avec moi ce que tu regardais quand tu étais enfant. Je suis curieuse.
Je suis certaine que tu attendais la suite de Marie-Sophie 😉. La voici 👇
Effectivement, Morgan était le fils de Célestine. Comment aurais-je pu le savoir ?
Alors Marie-Sophie, comme dirait Mélusine Si tu avais demandé son nom de famille, tu aurais fait le rapprochement.
Et bien non ma vieille, je ne l’aurais pas fait, tout simplement parce que je ne connaissais pas le nom de Célestine, l’amie de pépé Charles.
Je me suis trouvée bête et je suis restée un long moment la feuille à la main. Lorsque j’ai enfin réalisé, j’ai couru retrouver Charles qui m’a accueillie d’un sévère Tu en as mis du temps !
J’ai roumégué et j’ai même eu le culot de lui demander pourquoi il ne m’avait rien dit. Il a haussé les épaules et a répondu À ton avis ?
Je suis repartie tête basse chez moi et j’ai appelé Mélusine. Mon amie s’est esclaffée. Elle était au courant. J’ai imaginé qu’Archibald était au parfum lui aussi et ça m’a été confirmé rapidement par Mélusine qui m’a avoué que tous les deux s’en voulaient de me cacher ça. J’étais vraiment mal apparemment !
Résultat des courses, tout s’est enchainé très vite. La maison de mes parents s’est vendue illico presto et j’ai commencé à réfléchir. Oui ça m’arrive.
Je ne pouvais pas rester à côté et voir de nouvelles personnes envahir l’endroit où j’avais grandi était au-dessus de mes forces. C’est encore Mélusine qui m’a soufflé l’idée de partir rejoindre Morgan. J’ai rétorqué aussitôt :
— Tu en as de bonnes toi ! ça ne te ferait rien que je m’en aille toute seule, que je t’abandonne Enzo et toi. Quant à Archibald tu y as pensé ? Nous n’avons jamais été séparés nous trois.
Sa réponse m’avait scotchée.
— Qui te dit que je ne veux pas partir avec toi ? Tu n’as qu’un mot à prononcer et j’emballe mes rubans, mes tissus et mes boutons et je te suis. Enzo sera ravi. Il ne va pas encore à l’école, il se créera des copains n’importe où.
— Mais tes clients ?
— Je m’en ferais d’autres.
Elle balaya d’un revers de main toutes mes réflexions.
— Alors ?
Voilà comment je me retrouve aujourd’hui à terminer ma valise. Ma maison est vide. Je regarde avec mélancolie mes pièces démunies. Qu’est-ce que ça résonne ! Il n’y a plus que les murs, l’âme de la bâtisse s’en va avec moi.
C’est Morgan qui a trouvé l’endroit de mes rêves. Caché derrière la sienne, je ne l’avais jamais vu, mais lui, il savait que c’était à vendre et en bon état. Quelques coups de peinture et un rafraichissement global des pièces suffiraient pour que je puisse m’installer rapidement.
Je n’ai pas compris comment Mélusine s’était débrouillée, mais elle a réussi à garder sa clientèle d’ici. Avec les réseaux sociaux et sa boutique en ligne, elle a déjà préparé le terrain. Bien sûr, ses habituées ont tiré un peu la tête, parce qu’elles ne pourront plus venir bavarder avec elle, mais Mélusine a su les rassurer. Elles papoteraient autrement et ce ne serait pas vraiment du virtuel puisqu’elles se connaissaient.
Là où le bât blesse, c’est Archibald. Il a accueilli la nouvelle sans broncher. Il perd pourtant ses deux amies d’un coup ainsi que son filleul. Si Mélusine pouvait facilement vendre ses tissus en ligne, je voyais mal Archibald faire de même avec son pain.
Quant à Charles, il est ravi de la situation parce qu’il va lui aussi, quitter sa maison et venir habiter avec Célestine dans la petite chaumière que Morgan gardait comme chambre d’hôtes.
Il s’est séparé de son bric-à-brac sans un remords. Le fait de me suivre lui fait tellement chaud au cœur qu’il balaie lui aussi d’un revers de main tout ce qu’il a vécu dans sa maison. Je l’admire. À son âge, il repart à zéro et sans aucun état d’âme. Je ne sais pas s’il m’aurait suivie si Célestine était restée ici. Je n’ai pas osé lui poser la question. J’imagine quand même assez mal la chaumière envahie par Charles et son bricolage. J’espère sincèrement qu’il s’adaptera facilement et qu’il ne regrettra pas son choix.
Parfois, je me dis que tout ça est trop beau pour être vrai. J’ai quand même payé le prix fort. Je n’ai plus de travail et je me demande comment je vais faire. J’aurais pu garder le télétravail, mais mon chef souhaitait que je passe au moins deux jours par semaine au bureau. La séparation s’est toutefois bien déroulée, mais je me retrouve sans boulot, sans mari, sans enfant à plus de trente ans.
Mélusine, avec son optimisme à rude épreuve, me serine que Morgan n’attend qu’un mot de moi pour qu’il devienne mon homme. Je ne suis pas prête parce qu’il y a un truc dont je ne vous ai pas parlé, c’est Gabriel. Il serait ravi d’être comparé à un truc.
J’ai le cœur en vrac quand j’y pense. Il habite toujours en face de chez moi. Lorsqu’il a appris que maison était en vente, il a accouru, catastrophé.
Quand je repense à ce moment, j’en ai encore le cœur qui bat la chamade. Il m’avait prise aussitôt dans ses bras et m’avait murmuré à l’oreille qu’il m’aimait. Sa bouche s’était égarée sur mes lèvres et moi, je ne savais plus quoi faire. Pourquoi me disait-il ça maintenant ? Pourquoi l’avais-je laissé faire ? Parce que sa bouche était douce, que son parfum m’enivrait, et que… j’avoue, ça me faisait du bien. Enfin, un homme m’aimait, moi, Marie-Sophie.
Je n’en ai parlé à personne. Mélusine et Archibald ne savent rien. Gabriel a promis qu’il viendrait me rendre visite et qu’il attendrait le temps qu’il faudrait. Je n’ai pas eu le courage de le détromper, mais au moment où il me disait ça, j’ai revu le visage de Morgan. Je me suis détestée aussitôt. J’aurais dû lui avouer, mais je me suis tue. Pourquoi ? L’idée que Morgan ne souhaitait pas construire sa vie avec moi m’a effleurée et… qu’ai-je imaginé alors ? Que j’avais Gabriel en réserve. Je ne suis pas fière de moi.
— Tu es prête ?
Mélusine et Enzo m’attendent. Tout à mes pensées, je ne les ai pas entendus arriver. Mon filleul se jette dans mes bras. Je ferme ma valise. Le camion de déménagement est déjà en route. Ce soir, je serais dans ma nouvelle maison. Archibald n’est pas venu nous dire au revoir.
Lecture terminée et j’attends la suite avec impatience… Oui parce qu’il faut que je te prévienne, c’est À suivre. Quand je vois écrit ces mots, je fulmine je m’écrie Ah mais non ! Ben si, il faudra attendre la suite. Trêve de bavardages, je te mets ci-dessous le résumé et mon ressenti.
Pas d’homme dans ma vie, ma fille avant tout ! À presque 40 ans, Marie a une ligne directrice qui régit sa vie et elle adore s’investir dans son job.
Malgré ses 26 ans, Benjamin ne laisse aucune place pour l’improvisation et les sentiments ! Rester maître de mes choix de conquêtes, ne jamais tomber amoureux, sont quelques-unes des règles du jeune homme, play-boy collectionneur d’aventures.
Leur travail, au sein de Shows & Events, va les amener à coopérer pour l’ouverture d’une nouvelle agence.
Entre les règles que chacun s’impose et celles mises en place par leurs dirigeants, leur collaboration promet des étincelles et même quelques feux d’artifices…
Figure-toi que je connaitrai en avant-première la suite… Beth Holland est une auteure qui a fait partie, tout comme moi, de la finisher race dont je t’ai déjà parlé. Nous avons donc terminé toutes les deux nos romans, et nous avons été choisies pour être en binôme pour la relecture de nos travaux.
Bref, venons en à la lecture. J’ai aimé. Ce n’est pas difficile, tu vas me dire, c’est de la romance. Peut-être, mais pas que . L’histoire se déroule entre Cannes et Monaco, pas mal comme cadre, pas vrai ?
Marie est veuve. Elle s’occupe seule de sa fille Charlotte depuis 7 ans et elles sont très fusionnelles. Marie bosse et quand arrive cet assistant, Benjamin, elle n’imagine même pas qu’il pourrait s’intéresser à elle. Il a vingt-six ans. De toute façon, elle a rédigé les règles à ne transgresser sous aucun prétexte. Leur première rencontre est drôle et ne laisse rien présager.
Benjamin est le beau gosse de service. Il a tout pour lui et il est en passe de devenir l’assistant de Marie. Lui aussi s’est imposé des règles à ne pas trahir. Il sort d’une histoire d’amour malheureuse et peine à s’en remettre. Il a d’ailleurs une étonnante façon pour se protéger d’une éventuelle nouvelle histoire, mais ça je te le laisse découvrir. Je te dis juste qu’il m’agace et qu’il peut être un fieffé salaud.
Tout ça est bien joli, mais le cœur à ses raisons que la raison ne connait pas et évidemment, les règles de chacun vont être transgressées, ça c’était évident. Mais là où ça se complique c’est lorsque Marie fait une découverte qui va tout bouleverser et redistribuer les cartes.
D’ailleurs, je salue le travail de l’auteure qui sait terminer ses chapitres avec de sacrés cliffhanger. La plume de Beth Holland que je viens de découvrir est fluide et légère. Elle sait parfaitement décrire les situations et les sentiments des deux héros.
Alors, si tu veux découvrir l’histoire de Marie et Benjamin, n’hésite pas. Tu la découvriras ici.
Connaissais-tu cette auteure ? Sinon que lis-tu en ce moment ? Raconte-moi tout en commentaires.
Je suis retournée ici Du côté de chez Ma, et c’est la semaine du coin de ciel bleu. Alors j’ai fouillé dans mes photos et j’en ai trouvé quelques unes qui pourraient convenir, mais comme dernièrement nous ne pouvions pas trop nous déplacer 😏 …
C’est le ciel bleu de mon jardin dans le Sud-ouest, c’était en janvier 2021. Tu peux apercevoir les mésanges qui viennent se restaurer.
Mais où est ce fichu ciel bleu ? C’était en février 2021 à Narbonne plage. Nous avions le droit de ressortir mais rien n’était ouvert. C’était d’une tristesse… Même le temps s’était mis de la partie 😉 mais nous avions quand même réussi à pique-niquer sur les rochers face à l’eau très remuante. Il ne faisait pas chaud mais nous étions heureux de pouvoir prendre un bon bol d’air marin.
Nous sommes en juillet 2021 au parc des Bambous. Il faisait beau et chaud. C’était d’une tranquillité. Toujours dans le Sud-Ouest en Ariège.
Les arbres cachent le cielMême jour avec le soleil Rappelle-toi, j’aime beaucoup les chemins, c’était en septembre, ça ne te rappelle pas une chanson ? 😉
Et voilà mon ciel aujourd’hui, février 2022, vu de ma fenêtre. N’est-il pas beau mon sud-ouest ?
À très vite…
Merci au blog Du côté de chez Ma pour cette belle idée de partages.
Je fouille dans ma discothèque 😏, que vais-je partager avec toi ? Le choix est large, j’aime la musique. Il faudra un jour que je t’en parle d’ailleurs 😉.
Je te propose un classique de Barbara Quand reviendras-tu revisité par Julien Clerc.
Voilà combien de jours, voilà combien de nuits,
Voilà combien de temps que tu es reparti,
Tu m'as dit cette fois, c'est le dernier voyage,
Pour nos coeurs déchirés, c'est le dernier
naufrage,
Au printemps, tu verras, je serai de retour,
Le printemps, c'est joli pour se parler
d'amour,
Nous irons voir ensemble les jardins refleuris,
Et déambulerons dans les rues de Paris,
Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,
Le printemps s'est enfui depuis longtemps déjà,
Craquent les feuilles mortes, brûlent les feux
de bois,
A voir Paris si beau dans cette fin d'automne,
Soudain je m'alanguis, je rêve, je frissonne,
Je tangue, je chavire, et comme la rengaine,
Je vais, je viens, je vire, je me tourne, je me
traîne,
Ton image me hante, je te parle tout bas,
Et j'ai le mal d'amour, et j'ai le mal de toi,
Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus,
J'ai beau t'aimer encore, j'ai beau t'aimer
toujours,
J'ai beau n'aimer que toi, j'ai beau t'aimer
d'amour,
Si tu ne comprends pas qu'il te faut revenir,
Je ferai de nous deux mes plus beaux souvenirs,
Je reprendrai la route, le monde m'émerveille,
J'irai me réchauffer à un autre soleil,
Je ne suis pas de celles qui meurent de
chagrin,
Je n'ai pas la vertu des femmes de marins,
Dis, quand reviendras-tu,
Dis, au moins le sais-tu,
Que tout le temps qui passe,
Ne se rattrape guère,
Que tout le temps perdu,
Ne se rattrape plus.
Barbara
J’aime beaucoup la version piano de Julien Clerc. J’ai ré écouté celle de Barbara beaucoup plus rapide. Je sais bien que les inconditionnels de Barbara préféreront sa version, mais j’avoue, la voix de Julien Clerc m’émeut particulièrement.
C’est une très belle chanson d’amour qui ne pouvait pas, pour l’éternelle romantique que je suis, me laissait indifférente. J’ai souhaité la partager avec toi.
J’ai écouté l’album de Julien Clerc, pour moi c’est un bijou 💖.
C’est la journée bavardages et aujourd’hui, je donne la parole à un terrain à qui il arrive une histoire à laquelle il ne s’attendait pas.
J’avoue, j’aime donner la parole aux objets. Ici, c’est un terrain qui n’avait rien demandé à personne…
C’est un jour comme les autres…
Les maisons qui m’entourent s’éveillent peu à peu. Moi, je suis seul et la végétation m’envahit. Pas de maison construite sur ma terre, mais des parpaings et une bétonnière qui pèsent lourd. Je ne sais pas pourquoi c’est entreposé chez moi. C’est arrivé un jour comme ça !
J’avais espéré qu’à mon tour, je verrais arriver des camions et qu’il y aurait de l’animation. J’avais bien vu mes copains d’à côté qu’ils étaient ravis d’être creusés, puis recouverts d’une belle chape de béton. Peu à peu une maison puis une autre et encore une autre s’était dressée et j’étais content pour eux.
Moi, je suis tout seul. Personne ne s’intéresse à moi et je vois régulièrement les herbes folles m’envahir.
Mais aujourd’hui, j’ai vu une voiture s’arrêter et c’est moi que les gens ont regardé. C’est moi qu’ils ont trouvé joli, bien orienté et assez grand.
J’ai essayé de me montrer sous mon plus beau jour et j’ai entendu qu’ils remarquaient que je surplombais tous les autres. Qu’est-ce que j’étais fier !
Je me suis encore plus gonflé d’orgueil et la dame a dit que j’étais vraiment beau et que si elle pouvait, elle construirait bien une maison sur moi.
D’un côté j’étais content, de l’autre, j’ai pensé que c’était encore fichu. Mais la conversation ne s’est pas arrêtée là, j’ai compris alors qu’ils n’étaient pas acheteurs mais mes propriétaires.
J’ai dû inconsciemment remuer, car ils ont immédiatement remarqué que les parpaings et la bétonnière n’avaient rien à faire sur moi. Enfin quelqu’un qui me comprenait !
J’ai tendu l’oreille comme je pouvais, ce n’est pas facile pour un terrain, mais mes herbes folles s’en sont chargées à ma place et j’ai compris qu’il y avait un problème.
Horrifié, j’ai réalisé que quelqu’un voulait m’acheter à un prix dérisoire. Comment est-ce possible ? Je suis beau, je suis grand, je suis viabilisé, je ne peux pas être bradé.
Je me suis alors souvenu du monsieur d’il y a très longtemps qui m’avait acheté… Il s’est battu pour me garder… et avec d’autres propriétaires, ils se sont unis pour en faire ce que je suis aujourd’hui. Je fais partie d’un lotissement alors que je n’étais pas grand chose à mes débuts. Rien que pour ça, je refuse d’être vendu à prix dérisoire, ne serait-ce qu’en souvenir de ce monsieur. Je le revois avec sa moustache grisonnante arpenter ma terre…
Mais je ne suis qu’un terrain, comment pourrais-je me défendre ? Peut-être pourrais-je étendre encore mes herbes folles et appeler les bestioles qui font peur ?