À la Sainte Paule,
On fait la farandole
Dans la cour de l’école,
Sous le grand saule.
À la Sainte Paule
Le petit chat miaule
Et vient sur mon épaule,
Il est un peu pot de colle.
À la Sainte Paule,
Sous ses yeux, un trait de khôl
Pour entrer dans le rôle
D’une propriétaire de geôle.
À la Sainte Paule
Tu n’as pas le monopole
De boire de la gnole
Garde bien le contrôle !
Je ne m’attendais pas à la tournure qu’allait prendre la vie de Marie-Sophie, bon, mes personnages n’en font qu’à leur tête de toute façon 😏.
Je suis enceinte ! voilà une nouvelle à laquelle je ne m’attendais pas du tout.
C’est Gabriel qui m’a fait la prise de sang. Il ne m’a pas trouvée en forme quand il était venu diner à la maison et je n’ai pas compris pas ce qui l’avait alerté, peut-être son flair de toubib. Il faut dire que depuis ma tentative d’en finir, je suis surveillée comme le lait sur le feu.
Le jour où je ne travaillais pas à la boulangerie, j’étais allée à l’hôpital où le résultat était tombé rapidement. Je revois la tête de Gabriel quand il m’a tendu la feuille.
— Tu as lu ? lui demandais-je innocemment. À voir ta tête, je crois que oui.
J’avais baissé les yeux et il m’avait fallu quelques minutes pour réaliser. Lorsque je rencontrai son regard, je bafouillai un ce n’est pas possible auquel il avait répondu :
— Tu n’es pas heureuse ? Si je comprends bien ce n’était pas prévu.
Je n’avais pas réagi. Il me parla alors des futurs examens à faire, des rendez-vous à programmer pour le suivi de ma grossesse, mais je n’avais rien enregistré.
Depuis, je ne savais pas quoi faire. Les mots tournaient en rond dans ma tête. Je devrais annoncer la nouvelle à Morgan, c’était la première chose à faire sauf que je n’y arrivais pas et je ne comprenais pas pourquoi. Je posais régulièrement la main sur mon ventre en imaginant ce petit être qui grandissait en moi, oui je crois que j’étais heureuse, mais je réalisais que j’avais envie de l’avoir toute seule ce bébé. C’était malin d’avoir tant critiqué Mélusine, je ne valais pas mieux qu’elle surtout que là, il y avait bien un papa.
Je devais bien me l’avouer, le retour de Gabriel avait tout chamboulé. Que faire si ce n’est me tourner vers mon ami de toujours ? Il serait de bon conseil j’en étais certaine.
Un soir, quand nous nous étions retrouvés tous les deux pour fermer la boulangerie, je parlais à Archibald. Je ne m’attendais pas à voir ses yeux se remplir de larmes et qu’il me serre dans ses bras.
— C’est merveilleux MarieSophe, tu vas avoir un bébé. Quelle bonne nouvelle, je suis tellement heureux pour toi.
Il me fixait la mine réjouie et ajouta en riant :
— Quel cachottier Morgan, je l’ai encore vu ce matin et il ne m’a rien dit le bougre ! Ah ! il sait tenir sa langue le coquin !
— Il n’est pas au courant.
Stupéfait, Archibald se recula pour mieux me regarder.
— Attends, pourquoi ne lui as-tu rien dit ? Je ne sais pas moi, mais dans tes films de romance, la fille profite d’un moment de complicité pour annoncer la nouvelle avec des petits chaussons enrubannés dans une boîte, un truc comme ça, tu vois. Toi, la plus romantique des nanas que je connaisse, tu n’as pas fait ça ? Il faut que tu m’expliques là !
— C’est Gabriel qui…
Archibald s’éloigna de moi et gronda :
— Décidément, il est revenu pour foutre le bordel, lui !
Mon ami arpentait la boulangerie, les mains dans les poches. Il fulminait.
— Pourquoi est-ce lui qui est courant MarieSophe ? Ne me dis pas que tu craques pour lui ? Morgan ne mérite pas ça, je l’aime vraiment ce type.
— Mais que vas-tu t’imaginer ? C’est Gabriel le médecin qui est au courant. Il ne m’a pas vue bien, il a voulu me faire une prise de sang, c’est tout.
— Comme par hasard pour savoir si tu étais enceinte ? Tu sais qu’un test en pharmacie aurait pu faire l’affaire ? De quoi se mêle-t-il ? Il est revenu te tourner autour MarieSophe et toi tu le laisses faire. C’est sûr qu’apprendre qu’Enzo était son fils a dû changer ses plans.
Archibald bougonnait, il était furieux. Je me souvenais du temps où Gabriel était apparu dans ma vie et qu’il habitait en face de chez moi, Archibald ne l’aimait pas. Je pensais que c’était du passé, il semblerait que ce ne soit pas le cas.
— Je vais lui parler !
— Tu ne vas rien faire du tout Archi !
— Alors tu annonces illico presto la nouvelle à Morgan.
Je grondai à mon tour :
— Est-ce que je me mêle de ton histoire avec Cybèle ?
Il fronça les sourcils et se campa devant moi, les mains sur les hanches.
— Quel est le rapport ?
— Toi aussi tu pourrais lui parler et lui dire que tu en pinces pour elle !
— Je l’ai fait.
— Et tu ne m’as rien dit ?
Je sens la colère monter, il ne m’avait jamais rien caché.
— Pour la bonne raison que je me suis pris une fin de non-recevoir. Se prendre un vent à mon âge, pas de quoi en faire des histoires.
Je m’approchai de lui et posai ma main sur son bras.
— Tu es triste ?
— Même pas ! Je crois que je suis condamné à rester célibataire.
Il saisit mon visage et me regarda droit dans les yeux.
— MarieSophe, dis-moi pourquoi tu ne veux pas en parler à Morgan ? Tu n’es pas heureuse ? Rassure-moi, tu le désires ce bébé ?
Je baissai la tête, il me la releva aussitôt. Je murmurai :
— Laisse-moi un peu de temps. C’est tout nouveau de toute façon.
— Et si tu en discutais avec Mélusine ?
Je soupirais. Ce n’était plus comme avant avec elle et je n’avais pas envie d’écouter ses conseils. Archibald le comprit. Il me prit par les épaules.
— Allez viens, rentrons, je garderai ton secret le temps qu’il te faudra. Mais, tel que je connais Morgan, il ne sera pas long à le découvrir.
Voici le chapitre 21 de mon thriller. Je me régale autant à le relire et le partager. J’ai l’impression de le découvrir à nouveau 😏.
Chapitre 21
— Qu’est-ce t’as foutu Joseph ?
— Je ne suis pas d’accord avec ton plan.
— Ah ! tu ne vas pas recommencer, c’est qui le boss ?
— Qu’est-ce qu’il t’a fait ce flic ? Hein ? Tu vas me le dire ? Il ne t’a jamais fait de mal quand t’étais gosse. Ne me raconte pas que c’est parce qu’il t’a piqué ta gonzesse, je ne te croirai pas.
— Tu peux pas comprendre.
— Si ! J’y étais moi quand tout le monde se moquait de toi. C’est même moi qui…
— Arrête j’te dis ! Je ne veux plus rien entendre et fous le camp, je vais faire sauter la baraque. Ce serait idiot qu’il t’arrive quelque chose, pense à ta gosse. Karl prendra le relai avec le flic.
— Tu vas déraper, j’te répète !
— C’est pas parce qu’on est amis depuis longtemps que tu dois me dicter ce que je dois faire ! T’étais bien content d’avoir l’argent non ? Ta gamine va vivre, ce serait dommage qu’elle n’ait plus de papa ?
— Je ne veux pas avoir de morts sur la conscience, ça ne faisait pas partie du plan. Il était question d’un jeu, je te l’accorde, tordu.
— Les règles ont changé, voilà tout !
Joseph écrasa sa cigarette.
Sophia Clarky était seule à l’institut médico-légal quand Faventiny débarqua.
— Bonjour Commandant ! Un problème ?
— Bonjour ! Coralie m’a demandé de venir vous chercher. Un corps a été retrouvé au bord d’un lac. Vous pouvez m’accompagner pour la rejoindre ? Je vous emmène.
— Je préviens Vincenzo de mon absence.
Elle bipa son collègue et suivit Faventiny.
— Pourquoi ne m’a-t-elle pas appelée elle-même, Commandant ?
— Elle était occupée.
— Depuis quand vous déplacez-vous vous-même ?
Elle sourit.
— Vous ne pouviez pas envoyer Hugo ?
Il ne répondit pas. Ils arrivaient au bord du lac. Elle n’aperçut pas l’équipe habituelle et aucune voiture n’était stationnée.
— Nous sommes les premiers ? demanda-t-elle surprise
Il stoppa le véhicule, ouvrit la portière et lui ordonna de sortir.
— Vous êtes de mauvaise humeur Commandant ? Pourquoi me parlez-vous comme ça ?
— Tu vas la fermer oui ?
Stupéfaite, elle ne trouva rien à répliquer. Faventiny n’était pas du genre à monter le ton de cette façon, surtout pas avec elle. Il était plutôt du style à respecter les collègues.
— Alors, viens et regarde bien ! Tu vas faire passer un message à ton toubib !
Il la tira brutalement par le bras. Elle faillit s’étaler dans l’herbe, se prit les pieds dans la lanière de sa sacoche. Sa poigne ferme l’empêchait de s’enfuir.
— Tu vois ?
Il la fit mettre à genoux devant un corps. Du bout de sa chaussure, il le retourna. Elle reconnut alors une femme qui ressemblait à fortement à celui qu’elle avait examiné, il y avait quelques jours.
— Quand vous aurez fini de vous foutre de ma gueule ! Tu voix cette femme, elle est morte à cause de vos conneries. Et si vous ne faites pas ce que je veux, il t’arrivera la même chose. Fais passer le message !
Il la lâcha et s’en alla en courant.
Choquée, Sophia essaya avec difficulté de saisir son portable et de biper son collègue.
— Vincenzo ?… Viens, je… le Commandant… il a… tué… une…
— Au… secours… j’ai mal…
Sophia regarda le corps à ses pieds. La femme n’était pas morte. Elle réagit rapidement pour l’aider et tenter de la rassurer. Elle envoya aussi l’adresse de l’endroit où elle se trouvait à son collègue.
Vincenzo montra le message au Commandant et à Coralie.
— Allons-y immédiatement !
— Mais… Commandant… Sophia disait…
Coralie le stoppa net.
— C’est lui le Commandant Faventiny, Vincenzo. Regarde son chien !
Couché à ses pieds, le museau entre les pattes, Hubert ne bronchait pas. Vincenzo s’inclina.
Esteban et Hugo étaient déjà partis sur les lieux du crime. Ils y trouvèrent une Sophia complètement paniquée. Elle saisit les mains d’Hugo et lui affirma avoir vu Faventiny.
— Il était comme fou ! Il me parlait mal. Il m’a menacée. Il était méchant je t’assure !
Elle s’était mise à le tutoyer. Le policier ne sut quoi répondre, cette histoire devenait vraiment inexplicable. Lui-même ne s’était jamais trouvé face à l’imposteur et il se demandait s’il reconnaitrait son Commandant qu’il côtoyait tous les jours.
Quand Daniel Faventiny arriva sur les lieux, accompagné de Coralie, Sophia se planta devant lui et l’apostropha vertement en lui tapant sur la poitrine de ses poings.
— Qui me dit que vous êtes Daniel Faventiny ? Vous étiez là tout à l’heure, vêtu de la même façon. Votre voix était identique. Vous m’avez assuré que la prochaine victime serait moi. Vous étiez…
Elle craqua et se mit à pleurer. Vincenzo l’emmena hors de la scène.
Faventiny s’approcha alors de la femme, maintenant allongée sur une civière, une couverture lui tenait chaud. Quand elle reconnut le Commandant, elle hurla :
— C’est… lui… qui m’a fait du mal… Arrêtez-le ! C’est… lui…
— Non, madame, je suis le Commandant Faventiny. Celui qui a tenté de vous assassiner est un imposteur.
Elle ferma les yeux et essaya de saisir ses mains. Daniel revit le même geste qu’avait fait Joseph. Il se laissa faire.
Avec difficulté, elle souleva ses paupières. Elle formula un chut et perdit connaissance.
Coralie la fit aussitôt évacuer avec Vincenzo et Sophia. Elle resta sur les lieux avec ses collègues de la police scientifique afin de relever les empreintes sur le sol.
Daniel lâcha son chien. Hubert partit en courant dans les fourrés.
— C’est du lourd, là Commandant ! S’il se met à tuer des gens en votre nom, les Bœufs-Carottes vont s’en mêler et, je ne parie pas cher de votre matricule.
— Préviens le Procureur, tu es bien avec lui, suggéra Hugo.
— Je ne sais pas comment taire cette histoire. Le corps va arriver à l’hôpital, va être examiné, il va y avoir une enquête, je ne peux pas l’éviter.
— Il n’y a que la victime qui peut assurer que ce n’est pas vous. Il s’agit de Cécilia Joly non ?
— Il faut absolument qu’il la croie morte.
Daniel, à ce moment précis, pensa à celle qui lui avait fait signe de se taire, tout comme Joseph précédemment.
Il répéta le même geste à ses collègues et déclara :
— J’ai un appel, je le prends.
Hugo et Esteban le regardèrent faire semblant de parler à son portable.
— Mauvaise nouvelle, Cécilia Joly est décédée.
Il s’approcha de sa femme pour lui communiquer l’information et en rajouta une couche.
— Dommage, elle aurait pu nous en raconter un peu plus.
Il saisit ensuite son carnet et écrivit Je suis certain qu’il entend tout ce que je dis. Qu’est-ce qu’elles ont mes mains ? Pourquoi Joseph et Cécilia Joly les recouvrent ?
Les journées à la boulangerie passent toujours très vite. Morgan vient souvent me faire un petit coucou. Il en profite pour ramener du pain pour le repas du soir. C’est bientôt la fermeture, il ne reste pratiquement rien sur les étagères. Pour en avoir discuté avec Archibald, il est ravi. Si ça continue comme ça, ce qu’il a investi sera récupéré. Il a toujours l’idée de son food truck. Il ne parle guère de Cybèle Iraola, et j’avoue qu’avec l’histoire de Gabriel et Mélusine, la jeune femme m’est complètement sortie de la tête. Mais quand on parle du loup, la voilà qui entre dans la boutique.
Elle me sourit puis regarde, navrée, l’étal vide.
— Je crois que je suis encore arrivée trop tard.
— Il reste une baguette aux céréales, c’est tout, je suis désolée. Mais pourquoi ne réservez-vous pas le matin, ainsi ça vous éviterait de vous déplacer pour rien.
Sur ces entrefaites, Archibald nous rejoint, souvent nous fermons la boutique ensemble et repartons tous les deux.
— Bonsoir Cybèle.
Il lui fait la bise.
— Je vais prendre la baguette et pour demain vous me gardez le pain spécial, c’est d’accord ?
Je note sur le grand cahier ce qu’elle souhaite. Elle paie et s’en va.
Surprise, j’interroge mon ami du regard.
— Elle ne devait pas avoir envie de discuter, grommelle Archibald. On ferme, je t’aide à ranger.
J’avais déjà fait le plus gros, il restait le coup de balai à passer. La caisse était faite. Ce n’est pas l’argent de la baguette qui allait changer grand-chose.
— Saverio m’a parlé d’une femme qui pour quelques heures accepterait de faire le ménage ici. C’est celle qui s’occupe des chambres d’hôtes de François, ainsi tu pourrais repartir plus tôt le soir.
— C’est toi le patron.
Archibald tire les stores et descend le volet roulant, nous sortirons par-derrière. Je le vois qui suspend son geste, il ouvre la porte et Mélusine apparait, seule.
— J’ai laissé Enzo avec Morgan, nous rassure-t-elle. Je voulais te parler, tu veux bien MarieSophe ?
Archibald fait mine de s’en aller, mais elle le retient par la main. Il nous entraine alors dans son fournil où l’odeur de pain distille toujours une ambiance de zénitude.
Elle ne s’embarrasse pas de préambule et attaque d’entrée. Je la reconnais bien là, elle va droit au but.
— Je suis désolée Marie-Sophie si je t’ai blessée. C’est vrai que je n’ai pas réfléchi aux conséquences, j’étais complètement obnubilée par cette envie d’avoir un bébé et Gabriel m’a semblé l’homme de la situation.
— L’homme de la situation ?
Je suis stupéfaite.
— Oui enfin… il était le seul que je connaissais et en qui j’avais confiance.
— Et si j’étais amoureuse de lui ? Tu y as pensé ?
D’un coup, la situation m’échappe. Je n’ai plus envie de savoir ni de comprendre, comme l’a dit Archibald c’est son histoire. C’est elle qui s’en dépatouillera quand Enzo posera des questions. Je la regarde dans les yeux, hausse les épaules et grommelle :
— Laisse tomber, tout ça n’a plus d’importance. Enzo est là, tu es heureuse avec lui, il l’est aussi parce qu’il a trouvé un papa. C’est toi seule qui géreras la situation quand le moment sera venu.
— Je ne voudrais pas que notre amitié en pâtisse, murmure-t-elle.
— Tu ne crois pas qu’il fallait y penser avant ?
— Que dois-je faire ?
Comme toujours, elle a le don de m’émouvoir. Archibald qui n’a rien dit, passe un bras autour de mes épaules et répond à ma place.
— Rien. Laisse le temps faire son œuvre, on verra bien.
— Marie-Sophie ?
Je ne sais même plus quoi dire. Cette situation me dépasse, je soupire.
— On rentre ? Je suis un peu fatiguée.
Archibald nous entraine, ferme la porte derrière lui et nous faisons le chemin en silence. J’entends au loin les bêlements des brebis, je respire l’air vif de la soirée. J’aperçois vite les lumières de notre maison.
Nous arrivons et Enzo se jette dans les bras de sa mère comme s’il ne l’avait pas vue depuis longtemps, ce qui fait éclater de rire Morgan. Il a préparé le dîner et ça sent rudement bon. Il a dû faire une soupe avec tous les légumes qu’il n’avait sans doute pas vendus au marché. Je passe à la salle de bains pour me laver les mains et c’est alors qu’une nausée me prend par surprise. Je n’ai rien avalé depuis le midi, pourtant ce n’est pas ce qui manque chez Archibald. Pas question d’alerter mes amis, ils en feraient tout un fromage. Je retourne dans la cuisine où je les retrouve qui papotent joyeusement. Mélusine emmène Enzo pour qu’il prenne son bain, je commence à mettre la table. On frappe au carreau, c’est Gabriel.
Enzo qui a reconnu sa voix quand il nous a salués, descend en trombe l’escalier, torse nu, et se jette dans ses bras. Son bonheur fait plaisir à voir. Gabriel l’embrasse.
— Maman m’a dit que c’était bientôt les inscriptions pour la maternelle. Tu m’y amèneras avec elle ?
Mélusine est revenue chercher son fils, l’eau du bain étant prête. Elle a entendu la question, elle répond à la place de Gabriel.
— Ce n’est pas encore la rentrée, tu as bien le temps d’y penser.
Il n’écoute pas et prend la tête de son père dans ses mains l’obligeant à le regarder bien face.
— Tu viendras ?
— Si je ne suis pas de garde, oui, je viendrai. D’ailleurs, Mélusine, ça tombe bien que tout le monde soit là. J’aimerais régulariser la situation à la mairie.
Un silence de plomb s’installe dans la cuisine, seul Enzo qui ne comprend pas demande :
— Tu veux dire quoi papa ? C’est quoi régula…riser ?
C’est la première fois qu’il l’appelle comme ça. Gabriel et Mélusine pâlissent en même temps.
Morgan répond aussitôt :
— Gabriel va écrire sur un papier qu’il est ton papa, vu qu’il n’a pas pu le faire quand tu es né.
Enzo va avoir trois ans, il se contente de l’explication.
Je regarde Mélusine. Elle qui voulait avoir un enfant toute seule, c’est raté. Gabriel a bien l’intention de faire valoir ses droits et je suis tout à fait d’accord avec lui. Il ne perd pas de temps et je vois au froncement de sourcils de mon amie qu’elle n’avait pas prévu ça. Je ne peux m’empêcher de penser comme une gamine bien fait ! non mais qu’est-ce qu’elle a cru elle ! Je te fais un gosse dans le dos et basta ? Je connais un peu Gabriel, c’est un mec bien, il ne va pas fuir ses responsabilités, d’autant plus qu’avec la situation qu’il a, Mélusine aura moins de soucis à se faire pour l’éducation de son fils. Mes pensées vagabondent et je ne peux m’empêcher d’en vouloir à Mélusine. Je chasse ces idées aussitôt.
— Je rajoute un couvert, lui demandais-je en souriant.
— Je m’assois à côté de toi après que j’ai mis mon pyjama.
Enzo fait un clin d’œil à son père et rejoint sa mère qui n’a toujours pas bougé. Elle suit enfin son fils qui a grimpé les marches à toute vitesse.
Gabriel s’approche alors de Morgan et je l’entends lui dire :
— Tu as bien de la chance !
Leurs regards se croisent. Je ne comprends pas ce qu’il veut dire, je romps un bout de pain pour me donner une contenance et parce que j’ai faim. Pourtant, je le trouve bien fade.
Quelle surprise ! Nous sommes en janvier et que vois-je ?
Je me disais aussi qu’il y avait comme un parfum de printemps dans le jardin, je craignais de prendre mes rêves pour de la réalité, mais non ! Même Monsieur Chéri n’y croyait pas, il faisait moins le malin ensuite ! 😂.
Comme une bonne surprise n’arrive jamais seule, la première violette pointe aussi le bout de son nez.
Comme nous sommes samedi, que vais-je pouvoir partager avec toi comme musique pour célébrer comme il se doit cette surprise de la nature ? Vivaldi et le printemps évidemment! 😉
Passe un bon samedi et regarde dans ton jardin, peut-être que toi aussi tu as une belle surprise !😉
Mon merle est revenu et il fanfaronne devant ma fenêtre. Pris en flagrant délit de grignotage, je lui dédie cette poésie. Je crois bien qu’il n’est pas vraiment parti mais il se faisait rare autour de la maison. Il a joué l’équilibriste et j’en ai profité pour capturer ses exploits, les clichés où il battait des ailes pour garder l’équilibre sont trop floues pour que je les partage.
C’est le jour des enfants et que dirais-tu de chanter leurs comptines ?
Comme il pleut depuis ce matin, chantons sous la pluie ☂et mettons là à l’honneur, d’autant plus que je ne sais pas toi, mais le bruit de la pluie ça me plait bien 💖et ça m’apaise, d’ailleurs les bâtons de pluie ne sont-ils pas renommés pour la relaxation ?
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il pleut, il fait beau temps
C’est la fête du serpent.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il pleut, il fait soleil
C’est la fête à l’arc en ciel.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
La grenouille a fait son nid
Dessous un grand parapluie.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il pleut, il fait beau temps
C’est la fête au paysan.
Il pleut, il mouille
C’est la fête à la grenouille
Il mouille, il pleut
C’est la fête au poisson bleu
Il pleut, il pleut bergère,
Rentre tes blancs moutons.
Allons à ma chaumière,
Bergère, vite allons.
J’entends sur le feuillage,
L’eau qui coule à grand bruit.
Voici venir l’orage !…
Voilà l’éclair qui luit !
Entends-tu le tonnerre ?
Il roule en approchant.
Prends un abri, bergère,
À ma droite en marchant.
Je vois notre cabane,
Et tiens, voici venir
Ma mère et ma sœur Anne
Qui vont l’étable ouvrir.
Bonsoir, bonsoir ma mère,
Ma sœur Anne bonsoir,
J'amène ma bergère
Près de nous pour ce soir.
Va te sécher ma mie,
Auprès de nos tisons.
Sœur, fais-lui compagnie,
Entrez, petits moutons.
Soignons bien, ô ma mère
Son tant joli troupeau;
Donnez plus de litière
A son petit agneau.
C'est fait, allons près d'elle
Eh bien, donc, te voilà !
En corset qu'elle est belle
Ma mère voyez-la.
Soupons! Prends cette chaise,
Tu seras près de moi;
Ce flambeau de mélèze
Brûlera devant toi.
Goûte de ce laitage
Mais tu ne manges pas !
Tu te sens de l'orage ?
Il a lassé tes pas.
Eh bien! Voilà ta couche :
Dors-y bien jusqu'au jour;
Laisse-moi sur ta bouche
Prendre un baiser d'amour.
Ne rougis pas, bergère,
Ma mère et moi demain
Nous irons chez ton père
Lui demander ta main.
Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette
Aussitôt qu'il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête
Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette
Aussitôt qu'il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête
Petit escargot porte sur son dos sa maisonnette
Aussitôt qu'il pleut, il est tout heureux, il sort sa tête.
L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière
Tiens voilà la pluie!
Gipsy tombe par terre
Mais le soleil a chassé la pluie
L’araignée Gipsy
Monte à la gouttière…