Samedi Musique

Bonjour toi 😉

En cette journée internationale de la Terre, je partage avec toi cette chanson de Mickael Jackson Earth Song. Même si je ne suis pas une grande fan de l’artiste, je dois reconnaitre qu’il était une star du spectacle, à tous points de vue. Je te propose une version live d’un show comme il savait le faire et une d’un autre genre, plus dans l’émotion à mon humble avis. Si tu regardes jusqu’à la fin, la 1ère, je me dis que de nos jours, ce serait interdit ce spectacle, et je pense aussi au Bataclan où la réalité à dépassé la fiction. Quant à la seconde, je te laisse juger par toi-même.

Bon samedi 💖

À très vite…

Journal de Marie-Sophie

Bonjour toi 😉

Quand je relis le journal de Marie-Sophie, je me rends compte que depuis mars, je n’avais rien publié. C’était pourtant écrit. Je l’ai remanié et ajouté des choses. J’aime bien Marie-Sophie, avec elle, les pages de sa vie se tournent comme un livre 😊.

— Comment ça tu as embrassé Archibald ?

La lumière était allumée dans la cuisine de Morgan et comme j’en avais ras le bol de cette situation, j’avais frappé à la porte et dès qu’il m’avait ouvert je lui avais annoncé la nouvelle.

Il me regardait avec des yeux ronds et réitéra sa question.

— Tu as bien entendu, j’en ai assez que tu m’ignores. Je ne te crois plus, avoue que tu ne m’aimes plus, ce sera plus facile pour moi.

— Pourquoi viens-tu me dire ça ? Que veux-tu que ça me fasse ?

Je n’en revenais pas. L’accident l’avait complètement changé.

— Sérieusement Morgan, tu apprends que j’attends un enfant de toi, tu continues à faire comme si de rien n’était et…

Il gronda :

— Je ne te laisserai pas tomber pour élever cet enfant, même je le reconnaitrai. Comment faut-il que je te le dise que je ne me souviens de rien et que tu ne me rappelles rien ?

— Tu sais quoi Morgan, je n’ai pas besoin de toi, je me débrouillerai toute seule. Je ne te demanderai plus rien. Désolée de t’avoir dérangé.

Je tournais les talons et m’enfuis en courant.

Mélusine me vit débouler dans la cuisine, la rage au ventre. Je persiflai :

— Plus jamais, je ne veux lui parler. Tu te rends compte de ce qu’il vient de me dire ?

Je lui racontais tout. Archibald arriva au moment où je lui où je disais que je l’avais embrassé. Mélusine chercha le regard de notre ami, il fit non de la tête en soupirant et passa devant nous pour aller se doucher.

— Mais ? Parle Mélusine, tu me comprends au moins ?

— À propos de quoi ou de qui ?

Je soufflais et ne répondis pas. J’en avais assez de toutes ces histoires. Je changeai de sujet en racontant l’offre de Cybèle.

Soudain, j’eus mal au ventre et me pliais en deux. Affolée, Mélusine appela Archibald. Ils n’hésitèrent pas une seconde, l’un me prit dans ses bras et m’emmena dans sa voiture, l’autre conduisit Enzo chez pépé Charles.

— Je vous retrouve à l’hôpital cria Mélusine.

Je fixais Archibald, les dents serrées, il ne quittait pas la route du regard. Elle ne me parut jamais aussi longue. J’avais peur de perdre mon bébé. J’étais certaine que c’était à cause de Morgan que tout ça m’arrivait, il ne voulait plus vivre parce que son papa ne se souvenait pas de lui. Ma décision était prise, je l’aimerais pour deux. Exit Morgan !

Archibald appela Gabriel. Il était de garde comme souvent, il vint aussitôt à notre rencontre et je fus emmenée rapidement pour faire une échographie. Archibald m’accompagna. Il ne lâcha pas main pendant tout le trajet.

C’était un petit garçon et je l’avais perdu.

Même si le médecin m’affirmait que je pourrais en avoir d’autres, même s’il me disait que c’était la nature qui en avait décidé ainsi, pour moi, c’était parce que Morgan ne me reconnaissait plus.

C’est Archibald qui lui annonça la nouvelle puis à pépé Charles. Celui-ci se précipita aussitôt pour me serrer dans ses bras. Cela fit le tour du village en moins de temps qu’il n’en fut pour le dire.

Je sus par Archibald que Saverio avait passé un sacré savon à Morgan. Il n’avait pas mâché ses mots et lui avait affirmé qu’il avait tout foutu en l’air. Mais était-ce sa faute ? Il avait eu un accident, un point c’est tout. Seulement, le choc lui fit revenir la mémoire et Archibald me raconta que Morgan s’était effondré dans le bar de son ami.

C’est par écrit qu’il s’excusa, il ne se sentait pas le courage de me parler en face. Il s’éloignait pour quelque temps. Sa mère ne savait pas où il était parti, mais moi j’étais certaine qu’elle s’en doutait, elle respecterait le vœu de son fils, elle se tairait. Dans sa lettre, il me demandait de prendre soin de son chien, son chat, ses deux vaches, ses biquettes et si je voulais, je pouvais aussi continuer à faire les marchés, mais je n’étais pas obligée. Je pouvais abandonner son activité de bouquets de fleurs séchées si je ne m’en sentais pas capable. Il se rappelait qu’il m’aimait, mais il écrivait qu’il était trop tard et qu’il ne savait pas comment faire pour réparer ce qu’il avait cassé. Dans ses mots, j’entendais sa voix, je le voyais me dire les yeux dans les yeux, qu’il était très malheureux. Je l’imaginais dans ma cuisine, les bras ballants, me contempler et se taire. Il était comme ça Morgan, tout était dans le regard. Il me répétait qu’il m’aimait et qu’il m’aimerait toujours, mais que je devais l’oublier. Lorsqu’il reviendrait, c’est qu’il aurait accepté que nous puissions être amis.

Alors la vie continua sans lui. Les jours passèrent, les semaines puis les mois. J’organisais mon temps entre la boulangerie, les marchés, les animaux de Morgan. J’avais appris à traire les chèvres, il n’en avait que trois heureusement. C’est François qui s’investit pour fabriquer quelques fromages que j’allais vendre sur le marché. Morgan, notait tout dans un cahier. François suivit les recettes à la lettre. C’était du bricolage, mais je tenais à ce que les affaires de Morgan continuent sans lui et qu’il retrouve tout en bon état quand il reviendrait. Je récoltais le miel alors qu’il y avait quelque temps, j’avais une peur bleue des abeilles. Pour ses vaches, heureusement, il fallait juste les conduire au pré. Elles ne produisaient pas de lait. Au début, elles meuglaient à fendre l’âme, Morgan leur manquait, j’en étais certaine. Alors, je me suis mise à leur parler quand je les sortais de leur étable, je faisais de même en allant les rechercher. Le chien, dont je ne me souvenais plus le nom et personne ne sut me le dire, faisait son travail avec elles. Il accepta de dormir chez moi, je l’appelais en le sifflant. Je lui aurai bien donné le nom de Morgan, mais Archibald m’en dissuada. Le chat, très indépendant, mangeait les croquettes, mais il faisait sa vie, il avait tellement l’habitude de venir dans mon jardin qu’il ne remarqua pas l’absence de son maître, je tentais de m’en persuader. C’est Mélusine qui se prit au jeu des bouquets de fleurs séchées. Manuelle, comme elle l’était, ce fut pour elle un jeu d’enfants. Elle me remplaçait à la boulangerie lorsque je faisais le marché. Aussi le jour où Cybèle revint me voir avec son idée de food truck, je lui avouai que je l’avais complètement oubliée.

Mais Archibald, lui, n’avait pas laissé tomber l’affaire et il avait même bien organisé un planning. Quand j’entendis Cybèle tout me présenter, j’en restais sur le cul. Pourquoi ne pas vendre les fromages de chèvre et le miel dans le food truck ? Archibald avait élaboré des recettes de sandwich avec un nouveau pain. Pourquoi ne pas décorer le camion avec les bouquets ? Quelle entreprise ! Ils avaient pensé à tout.

Morgan était parti et la vie continuait sans lui. J’avais perdu un bébé, je n’étais pas la seule, c’était arrivé à bien d’autres femmes. J’en ai fait mon deuil. Archibald et Mélusine m’entouraient de toute leur amitié et Enzo, mon petit filleul, me comblait de câlins, il portait maintenant le nom de Gabriel. Je savais bien quand celui-ci venait le voir, qu’il recherchait aussi ma présence, mais je ne pouvais pas lui donner ce qu’il voulait. Mon cœur n’était capable d’offrir que de l’amitié. En étais-je vraiment certaine ?

Lorsque je contemplais Mélusine qui baissait peu à peu sa garde avec François, je me demandais quand moi, j’aurai la chance d’avoir ainsi un homme qui prendrait soin de moi ? Je l’avais eu, mais je n’avais pas su saisir le bonheur pourtant à portée de ma main. Peut-être que Morgan n’était pas celui qui m’était destiné. J’avais cette idée dans la tête quand Archibald déboula dans la cuisine.

© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2023).

À très vite…

Jeudi Poésie

Bonjour toi 😉

Coup de cœur en découvrant chez Christine ici la vache Rosalie de mon histoire Cupidonetmoi.com 😉.

Le texte s’est imposé de lui-même, merci Christine 💖.

Comment suis-je arrivée ici ? 
Se demande Rosalie, la vache chérie
De mes héros Léandre et Léonie 
Sortie tout droit d’un livre par moi écrit. 

Peinte et joliment décorée par une blogueuse amie
Elle est fière la Rosalie. 
Elle habite un village du midi.

Léandre est son patron chéri
Et Léonie est sa chérie à lui. 
C’est Cupidon l’application qui les a réunis
Tout comme moi, ils ont fabriqué un petit.

Moi la vache Rosalie, 
Avec ma couronne fleurie,
Je suis ravie d’apparaitre ici. 


© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2023).


À très vite…

Héloïse et Stefano

Bonjour toi 😉

C’est mercredi et pourquoi pas laisser parler mes petits héros, Héloïse et Stefano. Comme quoi, une question anodine peut en amener une autre 🙄.

Stefano et Héloïse ont grandi. Il approchait les sept ans alors qu’elle avoisinait les six. Comme c’était mercredi, ils revenaient ensemble à pied de l’école. Ce n’était pas loin, ils bavardaient en partageant leurs secrets.

Héloïse n’hésitait jamais à demander l’aide de son petit compagnon.

— Tu pourras me faire réciter ma poésie ?

Elle n’était pas sûre d’elle. Elle apprenait vite, mais elle craignait souvent que sa mémoire flanchât.

La conversation prit un tour inattendu.

— Et puis tu sais ma copine Tina, elle est tombée.

— Oui, et, c’est grave ?

— Elle a des bleus partout. Elle m’a dit qu’elle n’avait même pas pleuré.

— Elle est tombée comment ?

— Des escaliers.

Stefano regarda sa sœur d’adoption.

— Tu parles bien de Tina, celle qui habite dans les nouvelles maisons ?

— Mais oui, pourquoi tu demandes ça ?

— Pour rien.

Ils arrivèrent chez eux et la bonne odeur de cuisine les cueillit aussitôt. Joe était justement en train de se laver les mains et Charlie, le tablier autour de la taille, tendit sa joue. Texas, le terre neuve leur fit la fête.

— Mathurin a proposé que vous alliez voir votre poulain Célestin cet après-midi.

Joe regarde les deux enfants en s’installant à table.

— Vous vous êtes lavé les mains ?

Charlie ne transigeait pas, pour le repas, chaque menotte devait être propre. Les gamins le savaient.

Ils s’assirent et la jeune femme apporta la soupe de légumes sur la table.

— J’aime pas ça ! ronchonna Héloïse.

Charlie lui en versa tout de même une louche dans son assiette et Joe y alla de sa petite phrase toute faite :

— Il faut que tu manges pour devenir grande.

— Maman n’a pas dû en manger beaucoup, elle ne t’arrive même pas aux épaules.

— C’est parce que je suis très grand.

— Et que je n’ai pas mis mes talons.

Tout le monde éclata de rire, sauf Héloïse qui regarda d’un drôle le liquide verdâtre devant elle.

— C’est à quoi ?

— Haricots verts, courgettes et…

— Je déteste les haricots verts.

Charlie soupira. Sa fille faisait la difficile en ce moment. Stefano, avait déjà terminé.

— Elle est très bonne ta soupe. Tu devrais la goûter Héloïse.

Elle accepta de tremper ses lèvres.

— Alors ?

— Hum, ça va.

— Tina est tombée des escaliers et a des bleus partout, déclara Stefano.

— T’étais pas obligé de le dire, rouspéta Héloïse. C’est ma copine. C’est à moi de le dire.

Charlie et Joe se regardèrent.

— Tina ? Ton amie qui vient de déménager dans les nouvelles maisons ?

— Pourquoi tu demandes ça ? Stefano aussi a fait pareil tout à l’heure.

Charlie enleva les assiettes creuses, ainsi que celle de sa fille qui l’avait terminée, et apporta le gratin de macaronis.

Les deux enfants applaudirent. Elle les servit en les prévenant que c’était chaud, qu’ils fassent attention de ne pas se brûler. La bouche pleine de pâtes et de fromage qui filait, Héloïse reprit oubliant les recommandations de Charlie.

— Même qu’elle n’a pas pleuré. Pourtant, elle en a beaucoup de bleus. Moi, j’aurais pleuré, c’est sûr !

— Elle les a montrés à ta maîtresse ? l’interrogea Charlie oubliant de la réprimander.

— Ben non, y a qu’à moi qu’elle l’a dit. C’est pas un secret, alors, je vous le raconte.

— Tu les as vus aujourd’hui seulement ?

— Mais non ! ça fait longtemps. Elle tombe souvent en fait.

Stefano regarda son père.

— Je croyais qu’il n’y avait pas d’escaliers dans ces maisons-là.

— Dis aussi qu’elle ment !

Héloïse se mit à pleurer.

— T’es méchant Stefano. Elle raconte pas des histoires ma copine. Même qu’elle raconte que son papa, il la frapperait si elle mentait.

— Nous te croyons ma chérie.

Charlie lui passa la main dans les cheveux et soupira. Décidément…

Une fois la table débarrassée, la vaisselle dans la machine et les enfants partis dans la salle de jeux, Charlie demanda à Joe.

— Tu sais parfaitement comme moi que cette petite est brutalisée par son père non ?

— Hum !

— Et alors ? On laisse faire ?

Joe soupira.

— Tu veux que j’en parle à la femme de Mathurin, elle est assistante sociale.

— Joséphine ? Oui, c’est vrai. Elle est au centre d’action sociale. Mais…

Charlie se détourna. Joe savait bien à quoi elle pensait.

Dans la salle de jeux, Héloïse discutait avec sa poupée. Stefano lisait.

— Pourquoi tu me fais mal ?

— Je ne te fais pas mal, je te frappe parce que tu as fait des bêtises.

— Oui, mais tu me fais mal.

Stefano leva la tête.

— Mais pourquoi tu fais ça à ta Barbie, Héloïse ?

— C’est pas grave, il faut bien, elle n’est pas sage. Tu sais, mais tu ne le répètes pas, mon papa, il faisait ça à maman. Elle croit que je le sais pas, mais j’ai tout vu. C’est pour ça qu’on est là. Elle avait peur qu’il me fasse du mal. Heureusement que ton papa, il n’est pas comme ça, et tu as bien de la chance !

Stefano resta muet. Héloïse n’avait pas l’air perturbé. Depuis qu’elle était arrivée avec Charlie, elle n’avait jamais fait allusion à cette histoire. La petite fille leva la tête et sourit :

— Tu voudras qu’on se marie quand on sera grands ?

— Tu as de ces questions Héloïse ! Comment veux-tu que je le sache ?

— Moi j’en suis certaine. Et toi ?

— Bah si tu en as envie.

— Sérieux ?

Héloïse lui sauta au cou.

— Viens, on va le dire à maman et papa Joe.

— Attends, il n’y a pas urgence !

— Ça veut dire quoi urgence ? C’est quand on va à l’hôpital ? Mais je ne suis pas malade.

— Non, Héloïse, ça veut dire que ce n’est pas pressé de les prévenir tout de suite.

— Pressé comme un citron ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes. Moi, je veux le dire à maman.

Elle se leva et dévala l’escalier, faillit rater une marche, et fut cueillie par Joe qui la rattrapa de justesse.

— Combien de fois faudra-t-il te dire de ne pas courir dans les escaliers ?

Joe avait pris sa grosse voix.

— Je voulais dire quelque chose d’urgent à maman même si c’est pas pressé comme un citron. Mais je peux le dire à toi aussi. Avec Stefano on va se marier.

Le gamin qui descendait regarda son père. Celui-ci faillit éclater de rire devant la mine penaude de son fils.

— Félicitations les enfants ! Vous avez choisi une date ?

Héloïse répondit très sérieusement :

— Tu as de ces questions papa Joe ! Comment veux-tu que je le sache ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2023).

À très vite…

J’aime un voyou au grand coeur

Bonjour toi 😉

Il semble que ces nouveaux héros te plaisent 😊, tu m’en vois ravie 😊et en même temps, tu me mets la pression 😏,parce que je t’ai prévenu, je ne sais pas du tout où mes personnages vont m’embarquer 🙈 (tu remarques l’émoji ? j’avance les yeux fermés 🤣)et j’espère que ça va tenir la route, je fais confiance à ma plume 🤪.

Voici donc le chapitre 6 👇

Chapitre 6



Kawas m’attendait dans mon bureau et il capta aussitôt ma mauvaise humeur. Il me tendit un café et me demanda :

—  Comment va Destrée ?

—  Deux côtes cassées.

Je m’assis et posai mes jambes sur le bureau. Théo prit place en face de moi et contempla mes santiags.

Je sirotai le breuvage noir les yeux dans le vague. Je réfléchissais à Paco. Comment diable allais-je me sortir de ce guêpier. Il avait raison finalement après tout, si je ne savais rien.

—  À quoi penses-tu ?

Je sursautai ce qui fit rire le capitaine. Je repris mon sang-froid. Hors de question que mon collègue se doute de quelque chose.

—  Qu’il faudrait mettre un agent devant sa porte. Imagine que le meurtrier veuille recommencer ?

Il me fixa et me demanda mi-figue mi-raisin :

—  Tu y crois vraiment ?

J’enlevai mes pieds du bureau, jetai le gobelet en plastique dans la poubelle et répondis sèchement :

—  Je ne peux pas faire comme s’il ne s’était rien passé.

—  Nous sommes en sous-effectif, dois-je te le rappeler ?

—  Il ne va pas rester longtemps hospitalisé.

—  Et ? Tu vas le faire suivre ?

—  Bon Kawas qu’est-ce que tu essaies de me dire ? Tu m’énerves !

—  Tu sais parfaitement que c’est un coup monté cette histoire, Destrée avait certainement en face de lui celui qui voulait qu’il se casse la figure. C’était un règlement de comptes pour ses vols, point !

Il fit le tour de mon bureau et se planta devant moi.

—  Et tu l’as compris immédiatement. Tu n’as plus qu’à coffrer Destrée maintenant et l’affaire est terminée. Mais… tu ne veux pas, parce qu’il te plait bien ce Robin des Bois moderne. Je me trompe ?

Je fulminai et refusai la vérité.

—  Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu fais bien vite le raccourci parce qu’il tire à l’arc et qu’il est un champion d’escalade et…

—  Et qu’il est un grand défenseur des bois et des forêts. Je te fais marcher Angèle et tu cours ce matin. Je te connais, si tu savais quelque chose, tu ferais le nécessaire. Tu es bien trop droite dans tes bottes ! Alors que faisons-nous commandant ?

François Destrée quitta l’hôpital rapidement et rentra chez lui. Jordan était venu le chercher.

—  Ne t’inquiète pas pour moi, dit-il à son collègue, ce n’est pas ces deux côtes cassées qui vont m’obliger à me terrer à la maison. J’ai des réunions et des rendez-vous.

—  Tu vas te tenir tranquille maintenant ?

—  Jusqu’à nouvel ordre, je te le promets.

Jordan le salua et le laissa seul.

François alluma son ordinateur et fit une recherche sur Merlin. Elle était fan de moto, ça, il le savait. Elle n’avait que de bons états de service, il s’en doutait. Il fouilla un peu plus dans sa vie. Apparemment, elle n’avait pas d’homme et même si ce n’était pas ce qu’il cherchait en premier lieu, il était content. Il fit défiler les informations et trouva enfin ce qu’il voulait et ça, elle s’était bien cachée de lui en parler.

Il se laissa aller contre le dossier de son fauteuil ce qui lui arracha une grimace de douleur. Aussitôt Tuck, son berger australien d’une trentaine de kilos, vint poser son museau sur ses cuisses.

— Tout doux mon beau ! Je ne suis pas près de galoper avec toi et ça va te manquer ! Mais je sais qui pourrait s’occuper de toi en attendant que je puisse le faire.

Tuck le regardait de ses yeux bleus. Âgé d’un an, François l’avait dressé comme il le souhaitait et n’avait jamais cédé à la facilité. Ils couraient ensemble dans les bois, l’animal patientait au pied des arbres quand il grimpait. Il lui arrivait même de tenir la corde. Très affectueux et intelligent, il avait vite compris que son maître était un grand sportif et un amoureux de la nature. En général, Jordan était avec eux et il surveillait Tuck afin qu’il ne mette pas en danger François. Quand celui-ci descendait en rappel et qu’il atterrissait à ses pieds, ses léchouilles étaient une vraie partie de plaisir pour tous les deux.

— On va se balader ? J’ai quelqu’un à te présenter ?

Aussitôt Tuck partit en courant chercher sa laisse. Toujours pendue au même endroit, il savait la trouver. Il sauta pour la décrocher et la rapporta fièrement à son maître.

Un braquage dans une pharmacie, c’était tout ce que j’avais à me mettre sous la dent. Alors, quand je vis apparaître dans le hall de mon commissariat, mon ami d’enfance, je m’avançai vers lui heureuse de pouvoir me changer les idées. Un superbe berger australien tricolore l’accompagnait. Je caressai le chien qui me regardait avec ses yeux bleus magnifiques.

— Je te présente Tuck.

Je ne pus m’empêcher de penser à Frère Tuck dans Robin des Bois. Décidément, Paco alias François Destrée avait beaucoup d’humour.

Kawas nous aperçut et vint le saluer. Il en profita pour lui demander si ses côtes ne le faisaient pas trop souffrir.

— J’avoue que tenir la laisse de mon chien n’est pas une mince affaire, mais Tuck a compris.

— Tuck ?

Le capitaine éclata de rire.

— Où avez-vous trouvé un nom pareil ?

Apparemment mon collègue n’avait pas fait le rapprochement avec Robin des Bois et c’était tant mieux.

J’entrainai mon ami dans mon bureau avec Tuck et je l’apostrophai.

— Tu ne peux pas débarquer ici comme ça ! Je n’ai pas envie que mon équipe sache que nous nous connaissons ?

— Pourquoi ?

J’avais oublié que Paco avait horreur de la dissimulation.  

— Je ne vois pas où est le problème. Tu as honte de dire que gamins, nous avons passé des vacances ensemble ? Il y a prescription non ? Le fait d’être flic t’empêche d’avoir une vie privée ?

Avec vingt-cinq ans de plus, il était resté le même. Il ne transigeait sur rien. Il ne me laissa pas répondre et attaqua bille en tête.

— J’ai besoin de toi Angèle. Je ne vais pas pouvoir faire courir mon chien pendant quelque temps. Peux-tu t’en occuper ?

Il s’était assis face à mon bureau sans que je l’y invite. Son animal s’était couché à ses pieds.

Je baissai les stores, signe que je ne voulais pas être dérangée. Kawas allait me poser des questions, je n’avais pas l’habitude d’agir ainsi. Depuis que Paco était revenu dans ma vie, je faisais tout de travers.

Je pris le temps de faire le tour de mon bureau pour m’asseoir en face de lui. Il se mit à rire.

— Ce n’est pas la peine de t’agiter comme ça, Angèle, je sais parfaitement que ma venue te dérange. Tu t’en moques de tes collègues et tu es leur commandant, ils n’ont rien à dire.

Je sentis la moutarde me monter au nez. Comme lorsque nous étions gamins, il avait le don de me faire sortir de mes gonds. Il reprit :

— Je ne te demande pas grand-chose, juste de courir avec lui une heure par jour. Ce sera ton entrainement quotidien, voilà tout. Tu dois bien garder la forme ?

Il me regardait droit dans les yeux.

— Tu crois que je n’ai que ça à faire ?

— Le week-end approche, tu travailles ?

Je faillis répondre que ça ne le concernait pas quand Kawas frappa à ma porte. Il entra sans attendre.

— Désolée de vous déranger commandant, j’ai besoin d’une signature.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Lundi, je vais te raconter un truc

Bonjour toi 😉

Je vais te raconter un truc Lundi.

Dans un message envoyé à mon frère pour les fêtes de Pâques, après les salutations d’usage et le Joyeuse Pâques, j’avais glissé mine de rien Tu peux m’appeler tu sais, juste comme ça, même si tu n’as rien à me dire.

Dans mon monde de Bisesnounours, les frères et sœurs s’entendent bien, s’appellent pour rien, s’invitent pour rien et passent se voir quand ils n’habitent pas trop loin l’un de l’autre.

Dans la vraie vie, ce n’est pas tout à fait ça…

Mais quand le numéro de ton frangin s’affiche, tu es toute contente.

– Salut, comment tu vas ?

– Comme tu m’as dit que je pouvais t’appeler même quand je n’avais rien à te dire, ben voilà, je t’appelle, mais je n’ai rien à te dire.

– Bah tu vas bien trouver à me raconter quelque chose, raconte-moi tes enfants et petits-enfants par exemple, je ne les connais pas vraiment.

Alors il raconte, les études de l’un, l’idée de faire un tour de l’Europe à pied un autre, les problèmes de racisme pour un autre encore, et puis l’éloignement des enfants qu’ils ne voient pas comme il le voudrait, les nouvelles qui n’arrivent pas assez vite et les appels qui se font rares, il ne demande rien, il prend ce qu’on lui donne. Tout va bien pour lui, pas de problème de santé.

Ah nous avons bien parlé, une bonne demi-heure me dit mon portable. Quand il me dit au revoir et qu’il remarque que finalement pour quelqu’un qui n’avait rien à dire, il en a raconté des trucs, je ris et je lui dis Ciao, je n’ai pas le temps d’ajouter à bientôt. C’est mon frère ça, droit à l’essentiel, c’est fini on raccroche !

Il m’a fait plaisir cet appel, mais je réalise une chose, il ne m’a pas demandé de raconter mes enfants. Et la blessure à nouveau se réveille, commence à piquer…

Rappelle-moi mon mot phare de l’année ? Ah oui, sourire…

À très vite…