Ici chez Marie la consigne était celle-ci : écrire un texte à partir de la citation suivante “pour bien écrire, il faut savoir vivre et revivre ses souvenirs” Alain Mabanckou.
Voici donc ma participation :
Je t’écris cette lettre
Cher ami,
Je ne sais plus trop comment t’appeler, ça fait si longtemps que je n’ai plus de tes nouvelles. J’envoie cette lettre, un peu comme une bouteille à la mer. J’ai gardé ton ancienne adresse, j’espère que tu y habites encore.
Te souviens-tu de nos fous rires dans ta rue qui descendait à pic vers l’océan ? J’ai bien failli m’étaler des dizaines de fois, mais tu as toujours réussi à me rattraper par la main. Le croirais-tu si je te disais que je le faisais exprès pour sentir tes doigts entrelacer les miens ?
Que deviens-tu ? Tu as disparu, comme ça, du jour au lendemain et je n’ai plus jamais eu de contact avec toi. Pourquoi ?
Te souviens-tu des danses sur la plage avec les copains ? Tu chantais en t’accompagnant à la guitare autour d’un feu que nous allumions tard le soir pour ne déranger personne et surtout pas les gendarmes.
Dix ans sans nouvelles, c’est long ! J’ai bien tenté de soudoyer tes anciens amis, mais personne ne savait rien. Est-ce parce que tu l’avais voulu ainsi ? En tout cas, ils ont respecté à la lettre tes consignes, pas un mot sur ton départ. Ils font tous leur vie, ailleurs.
Figure-toi que je suis tombée sur un roman à la librairie et j’ai tout de suite pensé à toi quand j’ai vu la couverture. Le titre Revivre ses souvenirs m’a immédiatement interpellée.
Tu sais que j’ai un cahier empli des idées que tu me chuchotais à l’oreille quand tu étais en pleine phase de reconstruire le monde. Tu me disais souvent que ton rêve était de devenir écrivain et que pour y parvenir, il fallait revivre ses souvenirs pour que l’écriture soit belle.
J’ai acheté ce bouquin. J’ai cherché s’il y avait une présentation de l’auteur, j’aurais peut-être eu la chance que ça soit toi, mais rien ! C’est bien ma veine, il souhaite rester anonyme.
Je l’ai lu. Si ce n’est pas toi qui as écrit ces mots, ça y ressemble drôlement. Même si les noms ne sont pas les nôtres, j’ai l’impression de nous reconnaitre. Tout y est, les parfums d’été, les révisions du bac, les soirées d’anniversaire, les feux de camp avec la guitare et une danseuse qui me ressemble furieusement.
J’espère que ma lettre te trouvera et que mes mots te rappelleront nos souvenirs et surtout nos projets, tous, t’en rappelles — tu ?
À bientôt de tes nouvelles… peut-être qu’en écrivant à ta maison d’édition, j’aurai plus de chance ? Je ne lâche rien, je respire sans toi et je revis tous les jours nos souvenirs en les racontant sur un cahier d’écolier, mais j’aimerais pouvoir aller de l’avant et ne plus regarder en arrière. Si cette lettre n’a pas de réponse, je fermerai mon cahier et inscrirai le mot FIN.
C’est à mon tour de vous accueillir ce mois-ci dans ce merveilleux rendez-vous littéraire et amical. Comme juin inaugure notre été, nous qui habitons l’hémisphère nord, quoi de mieux pour sujet qu’un des petits bonheurs par excellence de la belle saison et j’ai nommé le pique-nique. Ce sera le thème pour juin. Mais, pas de pique-nique sans les enquiquineuses comme les fourmis et autres insectes piqueurs ou suceurs, cette fois-ci ce seront des mots bien singuliers qui devront coûte que coûte s’inviter au pique-nique : flavescent, amphigourique, sycophante et nidoreux. Sans toutefois gâcher le pique-nique quand même. Et tant qu’aller pique-niquer en région, pourquoi ne pas y ajouter aussi un régionalisme ou deux?
On se donne jusqu’à la Saint-Jean (24 juin) pour déposer un lien vers son texte, en commentaire sur le présent blogue, et ensuite, on votera jusqu’au 30 juin, heure de Paris.
Du côté de chez Ma ici c’était l’heure du petit déjeuner. Je le publie alors que c’est plutôt presque l’heure de l’apéro mais bon, tu prends quand même ? 😉
C’était un petit déjeuner d’anniversaire de mariage, je te rassure, ils ne sont pas toujours comme ça nos petits déj !
Revoilà enfin Marie-Sophie, je suis certaine qu’elle t’a manqué 😉. La voici face à son miroir et le moins qu’on puisse dire c’est qu’elle n’est pas indulgente avec elle.
La visite chez Saverio m’a sérieusement ébranlée. Morgan parle donc de moi et de plus, il est certain que je suis faite pour lui.
Je me plante devant le miroir et me regarde sans complaisance. Qu’est-ce qu’il peut bien trouver de bien chez moi ?
J’ai les cheveux roux en pagaille. Je devrais aller chez le coiffeur et dompter cette tignasse qui ne ressemble à rien, mais je n’en ai pas envie. Je les aime bien comme ça.
Mes yeux verts sont… verts et encore pas tout à fait, de l’orange s’y emmêle. Ils ne sont pas en amande, ils sont… normaux. Quelques ridules apparaissent quand je souris.
Mon visage est parsemé de taches de rousseur. Maman me disait que j’avais regardé le soleil à travers une passoire. Qu’est-ce qu’elle m’agaçait quand elle me serinait ça. Aujourd’hui, j’aimerais bien l’entendre me le glisser à l’oreille.
Je continue mon inspection, sans complaisance. Une poitrine généreuse, un ventre pas très plat, c’est le moins que l’on puisse dire. Normal, je déteste les abdos. Dès que je commence, ça me donne envie de vomir. En fait, je ne suis pas fan du sport en général. J’ai bien tenté la salle, mais rien que de voir toutes ces minettes en tenue sexy qui se pavanent devant moi, ça me rend malade.
Mes jambes ! Ah, elles me portent, mais c’est bien tout ce qu’elles savent faire. Elles ne bronzent pas, merci la peau des rouquines. Donc, adieu les jolies gambettes fuselées, hâlées, qui font rêver les hommes l’été.
— Qu’est-ce que tu fais ?
Mélusine est appuyée contre le chambranle de la porte et me regarde, l’œil narquois. J’entends Enzo qui galope dans le couloir. Il passe en coup de vent devant ma chambre. Mélusine le rattrape et lui répète de faire attention dans l’escalier. Ce garnement finira par se casser quelque chose à force de sauter les marches deux par deux.
Je soupire. Qu’est-ce qu’un homme va bien pouvoir trouver de beau chez moi. Rien qu’à l’idée de penser aux mains de Morgan sur mon ventre, j’ai honte.
Une larme s’échappe et coule sur ma joue. Je l’essuie rageusement. Depuis cette fichue dépression et les médicaments qui vont avec, je ne reconnais plus ce corps. Pourtant, c’est le mien, mais il m’a trahie et je lui en veux à mort.
— MarieSophe ?
À nouveau, Mélusine est postée dans l’encadrement de ma porte.
— Je voulais te demander si tu étais prête pour…
Elle ne finit pas sa phrase et s’approche de moi. Elle passe un bras autour de mes épaules.
— Tu me racontes ?
— Il n’y a rien à dire.
Elle soulève son tee-shirt et me désigne le bourrelet qui est apparu et n’a pas disparu après la naissance de son fils.
— Ce n’est pas pareil. Tu ne veux pas d’homme dans ta vie.
— C’est ce que tu crois et ça t’arrange de le croire.
Immédiatement, je pense au papa d’Héloïse, mais elle ne me laisse pas parler.
— Alors, Morgan et toi ?
— Il n’y a pas de Morgan et moi. Il m’a volé un baiser point.
— Et ?
— Il paraît que je suis la femme qu’il attendait, c’est Saverio qui me l’a dit.
Je lui raconte.
— Et ?
Elle m’agace à me pousser dans mes retranchements.
— On va retrouver Enzo ? Je n’ai rien à ajouter.
Elle me tire par la main.
— Quand vas-tu te décider à le laisser entrer dans ta vie ?
Je ne peux retenir les larmes qui coulent sur mon visage. On dirait un torrent dont les digues ont sauté. Je hoquète.
— Il s’imagine que je suis belle, mais… quand… il… va… me voir… Il… Oh, j’ai trop honte.
Je m’écroule sur le lit. Patiente, Mélusine me caresse les cheveux et attend que je me calme.
— As-tu essayé de lui parler ?
— De moi ? Tu es folle ou quoi ?
— Mais non, tu es bête !
Elle rit.
— Commence par lui tenir la main, le regarder. Fais en sorte que vous soyez tous les deux. Arrange-toi pour le frôler, le toucher. L’as-tu au moins respiré ? Connais-tu le parfum de sa peau ?
Elle me parle chinois, là. Jamais, je n’oserai faire ça.
Elle s’énerve.
— MarieSophe, tu n’as plus quinze ans. Lâche prise quand tu es avec lui. Ce soir, profites-en pour aller le voir chez lui. Je suis certaine qu’il aura bien un truc à cuisiner pour vous deux.
Enzo déboule alors dans la chambre.
— Tu viens ? Et toi marraine ?
Je lui ébouriffe les cheveux alors que sa mère répond à ma place.
— Marie-Sophie a autre chose à faire pour l’instant.
Mais elle se tourne vers moi et m’interroge :
— C’est toujours OK pour ta participation avec les enfants ?
Je fais oui de la tête. Elle prend la main de son fils et ils m’abandonnent.
Je fais une grimace à mon miroir. Dans Mary Poppins, le visage qui lui fait face lui rend. Ici, il ne se passe rien.
Je descends dans la cuisine et jette un œil par la fenêtre. Personne dans le jardin, mais je sens un parfum de confiture qui vient de chez Morgan.
Sans réfléchir davantage, je pars le rejoindre. Je l’aperçois alors qu’il touille consciencieusement les fruits. Il est torse nu, un torchon blanc ceint autour de la taille. Je l’observe. Ses cheveux trop longs bouclent sur son front, il chasse, agacé, une guêpe qui tourne près de lui. Il est bronzé et je ressens une attirance que je n’avais jamais perçue auparavant. Mélusine avait raison. Si je prenais le temps de le regarder… Il lève les yeux et m’aperçoit. Il me sourit. Je ne m’étais jamais aperçue que son sourire était aussi sexy, oui c’est le mot. Je me rends compte que c’est à moi qu’il adresse ce sourire et à moi seule. Il a une manière de me contempler qui me fait rougir.
Je m’approche. C’est de la confiture de fraises qui mijote. Le parfum me parvient et je ferme les yeux de plaisir.
— Elle est presque cuite. Tu voudras la goûter ?
Il attrape une petite assiette qu’il avait mise au frais, y verse une cuillerée de fruits et trace un trait au milieu. Les deux lignes ne se rejoignent pas.
— Parfait ! J’éteins tout.
Il est fier de lui. Je le vois à sa manière de se frotter les mains. Morgan est heureux avec rien. C’est ce qui fait son charme. J’aimerais bien lui ressembler.
Les pots sont alignés sur la table de jardin protégée d’une toile cirée.
— Tu veux m’aider ?
Il m’invite à le rejoindre.
— Goûte celle que j’ai faite hier.
Il enlève le couvercle, prend une petite cuillère et l’approche de ma bouche. Je la savoure cette confiture, surtout quand il passe un doigt sur mes lèvres pour effacer le surplus qui a coulé. J’attrape sa main. Nos yeux se rencontrent. J’oublie le miroir.
Si tu veux connaître mon avis sur le tome 1 c’est ici. J’avoue, j’ai mis du temps pour lire le second tome. Non pas parce que je n’avais pas envie, plutôt parce qu’il est paru en février 2021 et que je voulais le garder en attendant qu’un autre livre de Mireille Calmel sorte. C’est chose faite, D’écume et de sang est paru le 19 mai, avis aux amateurs 😊.
Voici donc mon avis 👇.
1229, abbaye de Montmartre. Deux ans que Griffonelle, l’effrontée, se morfond dans son couvent. Loin du jeune roi qui l’aime passionnément, mais aussi de la fabuleuse mine d’or, en pays cathare, dont elle détient le secret. Alors que le roi, décidé à s’emparer de l’incroyable trésor, s’apprête à lancer un ultime assaut contre la forteresse de Cabaret, Griffonelle s’échappe de sa geôle et parvient à rejoindre la Montagne Noire. Mais elle n’est pas seule à guetter sa vengeance… Dans les entrailles du massif, un homme sans visage attend son heure. L’heure où le passé devra ressurgir dans un terrible affrontement avec la Louve cathare…
Je ne vais pas te mentir, je suis fan à 200% de Mireille Calmel, alors je vais tenter de rester objective.
C’est une belle suite au tome 1 et comme toujours Mireille Calmel nous entraîne tambour battant dans son univers. Je reprends ce que dit Femme Actuelle « Mireille Calmel n’a pas son pareil pour camper des héroïnes du Moyen Âge hypermodernes. » Tout est dit.
Je retrouve ici Griffonelle abandonnée par le roi de France, le futur Saint-Louis, dont elle est amoureuse. Les sentiments sont réciproques, mais Louis, est surveillé par sa mère Blanche de Castille. Celle-ci ne supporte pas la jouvencelle. Ce qui au départ pourrait être une amourette, devient au fil des pages, un amour partagé.
Griffonnelle est en danger, car elle détient la carte d’une mine que Na Loba aimerait récupérer. Elle n’est pas la seule et une course poursuite et contre la montre se déroule.
Griffonnelle n’en peut plus d’être enfermée. Grâce à Triboulet, le nain qui lui a tout appris, assassiné à la fin du premier tome, elle joue la comédie à la perfection et les religieuses se laissent prendre à son histoire. Elle avoue qu’elle veut prendre le voile et que ses sentiments pour Louis ont évolué. Un jour, dans le jardin qu’elle désherbe sous la surveillance de la mère supérieure, elle découvre un coffret. Une fois ouvert, elle y trouve à l’intérieur une relique de Saint-Denis.
Elle fait en sorte que le roi puisse venir la regarder et en profite pour le tromper, l’aimer pour la première fois et s’enfuir.
À partir de là, le rythme s’accélère. J’apprends pourquoi Na Loba déteste tant Griffonnelle, ainsi que les liens qui l’unissaient avec sa mère Mahaut et Triboulet.
Je découvre un mystérieux personnage masqué, intéressé par Griffonelle. Quelles sont ses intentions ?
J’assiste à un combat sans merci alors que la nature se met en colère et sous une pluie torrentielle, Griffonelle voit disparaître la femme qui la haïssait tant. Pourtant, les sentiments qui les animent toutes les deux, quels sont-ils ? Entre haine et amour, il n’y a qu’un pas. Na Loba se serait-elle mise en danger pour la sauver ?
J’admire une Blanche de Castille froide autant qu’amoureuse pour parvenir à ses fins, intransigeante et craignant pour son fils Louis. Une femme forte qui sous la plume de Mireille Calmel déploie des allures de grande reine. Petite fille d’Aliénor d’Aquitaine, elle a de qui tenir, quand elle prend les armes et revêt sa côte de maille.
Une fois de plus, c’est un coup de cœur pour ce roman et cette héroïne, la louve cathare. Elle porte bien son nom, tout comme l’animal, elle protège les siens. Tu comprendras au fil des pages pourquoi, je trouve que cette appellation lui va comme un gant.
Beaucoup de suspense est distillé jusqu’à la dernière page. L’amour est omniprésent, parfois si proche de l’amitié que ces sentiments se mêlent. Qui est le méchant ? À qui faire confiance ? Jusqu’où ira Louis pour sauver Griffonelle ?
Tout au long du roman, la vengeance règne en maître. Gagnera-t-elle ? À quel prix ? Je te laisse découvrir ce tome 2 d’une louve cathare, fière et attachante malgré tout.
Et toi ? Connais-tu les romans de Mireille Calmel ? J’ai eu la chance de la rencontrer et même de l’interviewer. Elle est adorable et très à l’écoute de ses lecteurs.
Ola ! Je sais que je vais faire des heureux parmi ceux qui me suivent 😍
Il changeait la vie – Jean-Jacques Goldman
C’était un cordonnier, sans rien d’particulier Dans un village dont le nom m’a échappé Il faisait des souliers si jolis, si légers Que nos vies semblaient un peu moins lourdes à porter
Il y mettait du temps, du talent et du cœur Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures Et loin des beaux discours, des grandes théories À sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui Il changeait la vie
C’était un professeur, un simple professeur Qui pensait que savoir était un grand trésor Que tous les moins que rien n’avaient pour s’en sortir Que l’école et le droit qu’a chacun de s’instruire
Il y mettait du temps, du talent et du cœur Ainsi passait sa vie au milieu de nos heures Et loin des beaux discours, des grandes théories À sa tâche chaque jour, on pouvait dire de lui Il changeait la vie
C’était un p’tit bonhomme, rien qu’un tout p’tit bonhomme Malhabile et rêveur, un peu loupé en somme Se croyait inutile, banni des autres hommes Il pleurait sur son saxophone
Il y mit tant de temps, de larmes et de douleur Les rêves de sa vie, les prisons de son cœur Et loin des beaux discours, des grandes théories Inspiré jour après jour de son souffle et de ses cris Il changeait la vie Oh, il changeait la vie Il changeait la vie Oh, il changeait la vie Il changeait la vie.
Il y a certainement d’autres chansons que tu aimes de cet artiste, c’est celle-là qui a été choisie mais n’hésite pas à me dire en commentaires, celle que tu préfères. Allez une autre pour la route 😉. J’adore celle-là, elle met la pêche.
Allez on danse ? Ça faisait un, deux, trois…🎶🎶🎶 avoue que tu claques des doigts 😄.