
Et c’est déjà l’agenda ironique d’ Avril. Je ne dois pas en perdre le fil. C’est ici que ça se passe 👇

Perdre le fil
L’araignée tissait sa toile. Elle était une maniaque du travail bien fait. Son fil devait être parfait. Tout en le déroulant, elle écoutait.
Ame strame gramme, pique et pique et colle et gramme. L’abeille Mireille étalait les étiquettes sur ses pots de miel.
Mireille, c’était la reine des étiquettes collées. Pamella, sa jumelle, portait les tartines à l’aide de sa tasse mobile aux clients. Le grand Papillon était un fervent admirateur de l’engin. C’était le garagiste du coin, avec sa patte fixe, il l’avait réparé plusieurs fois. Il faut dire que l’anse s’était un peu brisée, il l’avait réparée.
La toile prenait forme et avec le soleil qui se levait, c’était du plus bel effet. Dame Arachné était fière. Elle demanderait à Rose son miroir, elle qui avait peur de perdre ses pétales, qui se vantait de leur couleur et qui se la jouait remix de Blanche Neige en fredonnant « miroir mon beau Miroir dis-moi qui est la plus belle », elle lui prêterait certainement. Pourvu que Cunégonde, la mouche qui prend toujours le nombril pour le monde, ne vienne pas s’y jeter dedans.
Et Bam, qu’est-ce que je disais, j’en ai perdu mon fil, la voilà emprisonnée.
© Isabelle-Marie d’Angèle (avril 2026)
