Romance : Cupidonetmoi.com

Chapitre 4

Léandre malmenait son 4×4. Josette à ses côtés ne disait pas un mot et se tenait fermement à la portière. Quand l’église au bout de la rue apparut, elle soupira d’aise.

— Tu peux me laisser là, je me débrouillerai.

— Je vais me garer ! Tu as ton portable ? Je rentrerai à la ferme dès que j’aurai réglé cette affaire.

Josette contempla son fils à la dérobée. Les dents serrées, le regard ombrageux, il était en colère.

Elle ne répondit pas, mais posa sa main sur son bras.

— À tout à l’heure.

Le véhicule garé, elle descendit et partit de son côté.

Léandre ne traina pas. Il allait voir de quel bois il se chauffait ce coiffeur.

C’est Mariette, la première, qui remarqua l’homme devant la vitrine. Elle s’approcha de Léonie et murmura :

— Ce n’est pas le beau gosse de l’affiche ?

Léonie leva les yeux. Elle appliquait une couleur à Amélie Pardout alors que l’agriculteur entrait dans le salon.

Mariette vint au-devant de lui.

— Bonjour monsieur ! Vous désirez un rendez-vous ?

Surpris de ne trouver que des femmes, il ne répondit pas immédiatement, ce qui eut le don d’agacer Léonie. Elle s’excusa auprès de sa cliente et s’avança vers lui.

— Vous cherchez quelque chose ?

En effet, Léandre parcourait les murs et la vitrine du regard. Aucune affiche de Rosalie n’y était. Ses yeux rencontrèrent alors ceux de Léonie.

Léandre avait pris soin de prendre une capture d’écran du portable de sa mère. Il lui montra.

— Pouvez-vous m’expliquer ?

Mariette et Léonie se penchèrent sur la photo. Léonie à son tour sortit son téléphone.

— Et vous ?

Il se souvenait vaguement avoir participé à une campagne de publicité pour la promotion des produits laitiers, il y avait de ça un ou deux ans. Pourquoi cette affiche remontait-elle à la surface ?

Sa colère retomba d’un coup et il sourit.

— Je crois que nous sommes tous deux victimes d’une blague. Une caméra est peut-être cachée dans votre salon sans que vous le sachiez !

Léonie subjuguée par le sourire de son interlocuteur resta muette. Mariette la poussa du coude pour qu’elle réagisse.

— Dans tous les cas, cette farce ne vient pas de moi.

Elle redevint la professionnelle qu’elle était et dit :

— Veuillez m’excuser, ma cliente m’attend.

Léandre fit un signe de tête et s’en alla. Il riait encore quand il déverrouilla son 4×4. Il saisit aussitôt son portable et appuya sur le numéro de son meilleur ami qui décrocha rapidement.

— Marc ? Bravo, pour ta blague. J’ai eu l’air malin ce matin.

Silence.

— Marc ? Arrête de faire ton imbécile. Tu vas chez le coiffeur toi ?

— Tu as abusé de l’eau-de-vie au petit déjeuner Léandre ?

Il entendait clairement Marc se moquer de lui.

— C’est bien toi qui as envoyé une affiche de moi à cette fille ?

— Mais de quoi parles-tu ? Je ne comprends rien à ce que tu racontes.

Léandre réalisa qu’il faisait fausse route.

— Laisse tomber ! C’est encore une blague idiote. À bientôt

— On en discute plus tard si tu veux !

— D’accord, Marc. Bonne journée.

Amélie Pardout sourit dans le miroir.

— Je le connais, Léandre Castillo. Un gentil garçon ! Dommage qu’il soit toujours célibataire !

Mariette et Léonie se regardèrent alors que la cliente reprenait :

— C’est y pas malheureux à quarante ans d’habiter tout seul dans sa grande ferme.

Une autre se mêla à la conversation.

— Le Léandre ne vit pas seul. Le père Castillo a encore bon pied bon œil.

— C’est sûr ! Heureusement qu’il est là pour l’aider. Il a un beau cheptel de vaches limousines. Il n’est pas souvent disponible pour faire la fête.

— Tiens… quand on parle du loup…

Josette Castillo entrait dans le salon. Léonie s’approcha d’elle.

— Bonjour, madame, vous souhaitez un rendez-vous ?

Josette répondit à son salut.

— Vous auriez de la place ce matin ? J’aimerais bien une petite coupe.

Mariette était libre, elle l’invita à s’installer.

— Bonjour Josette ! Ton fils est venu nous rendre visite tout à l’heure ! Ce n’est pas souvent qu’on le voit en ville.

— Bonjour Amélie.

Amélie Pardout était la gazette du village. Josette la connaissait depuis l’école primaire.

— Il n’avait pas l’air content, pas vrai Madame Capdabelle ?

Léonie refusa d’entrer la conversation, mais Josette l’interrogea.

— Il n’a pas été désagréable au moins ? Quand il s’agit de Rosalie, il n’est pas tendre.

Mariette, devant le silence de sa patronne, souhaita en savoir davantage.

— En effet, il semblait furieux. Madame Capdabelle avait reçu hier une affiche le concernant. Ils se sont expliqués. Soyez rassurée.

— Rosalie, il la connait depuis longtemps. Je lui répète tous les jours que ce n’est pas normal d’y être si attaché. Il ne peut pas faire un pas sans qu’elle le suive.

Léonie songea qu’elle aimerait bien qu’un homme soit avec elle de cette façon.

— En tout cas, elle n’était pas avec lui ce matin.

— Encore heureux, répondit en riant Josette. Elle est quand même assez imposante pour venir jusqu’ici. Les salons de coiffure ne sont pas pour elle.

Amélie et l’autre cliente se joignirent à la gaieté générale alors que Léonie et Mariette étaient offusquées. Se moquer ainsi de la compagne de son fils, n’était pas sympathique. Si elle était un peu enrobée, elle n’était pas la seule. Mariette qui était aussi curieuse qu’une fouine demanda :

— Mais vous ne nous aviez pas dit qu’il était célibataire ?

Josette essuyait ses yeux. Imaginer Rosalie dans le salon lui avait donné un fou rire incontrôlable.

— Bien sûr qu’il est célibataire. Il faut toujours que Rosalie mette son grain de sel !

Léonie se représenta une femme jalouse et plaignit aussitôt le bel agriculteur. Mariette qui avait terminé le shampoing de Josette l’invita à changer de place. Les deux amies discutèrent entre elles.

— Il devrait s’en séparer !

— Pourquoi donc ?

— Il en tirerait un sacré prix.

— Vendre Rosalie ? Tu n’y penses pas !

Léonie sentait la colère gronder et se mêla à la conversation, indignée.

— Encore heureux ! Vous n’avez pas honte de parler ainsi de la compagne de votre fils ?

La réflexion stoppa net la discussion des deux femmes. Le fou rire de Josette reprit de plus belle. Amélie qui n’était pas en reste la taquina.

— Tu as raison Josette, ce n’est pas gentil. Si Rosalie savait ça, elle te fouetterait avec sa queue.

Léonie ouvrit de grands yeux. Josette répondit, malicieuse.

— Parfois, elle nous réveille ? Si Léandre n’est pas à l’heure pour la tirer ? Elle rappelle à l’ordre.

Mariette éclata de rire, alors que Léonie outrée rugissait.

— La vie privée de votre fils ne nous concerne pas.

Josette fit un clin d’œil à Amélie.

— Il vous plait Léandre pas vrai ? Il est beau, il est gentil.

— Oui, mais il n’est pas libre, répondit Léonie en soupirant.

Les rires se turent. Josette rencontra le regard de Léonie.

— Il faut que je vous avoue quelque chose. Rosalie est une vache !

L’ordinateur de Cupidonetmoi.com clignotait. L’application serait humaine qu’elle se frotterait les mains de plaisir.

Romance : Cupidonetmoi.com

Chapitre 2

Marc Agosta descendit de son tracteur alors que Léandre sortait de sa grange.

— Salut l’ami !

Les deux hommes qui avaient fait leurs études agricoles ensemble se connaissaient depuis longtemps. Marc avait repris l’exploitation de ses parents plus spécialisée en céréales, alors que Léandre avait préféré s’occuper d’animaux.

— Tu m’offres un café ?

Marc, un rouquin à la tignasse emmêlée et toujours coiffée d’un béret, était souvent de bonne humeur. Quelques ridules d’expression apparaissaient d’ailleurs au coin de ses yeux verts plissés à cause du sourire qu’il affichait.

— Je suis à la bourre mon pauvre ! Mon réveil n’a pas sonné ! Mais je peux quand même t’offrir ton kawa du matin.

— À la bonne heure ! Je voudrais te parler de quelque chose.

— Allez entre !

Léandre s’effaça pour laisser entrer son ami. La familière odeur du café se répandait dans la salle aux tommettes rouges.

— Il fait toujours bon chez toi ! Dommage que tu vives tout seul.

Il promena son regard sur la pièce d’assez grandes proportions. Une cheminée faisait face à la table en chêne encadrée de deux bancs. Une cuisine fonctionnelle et dernier cri n’avait rien à envier à celle des chefs de restaurant. Léandre profitait de son peu de temps libre pour confectionner des petits plats. Il adorait ça et prenait plaisir à recevoir ses amis. Certes, il était célibataire, mais il ne vivait pas reclus dans sa maison. Sa sœur était la première à les goûter et à le féliciter. Clothilde avait des jumeaux, Clémence et Baptiste, âgés de huit ans. Ils aimaient venir passer des vacances chez leur oncle et par la même occasion chez leurs grands-parents.

— Ah tu ne vas pas recommencer, soupira Léandre, en sortant les bols de son buffet.

— Toutes les filles ne se ressemblent pas, tu sais. Ce n’est pas parce que ta Carlotta a changé d’avis qu’elles sont toutes pareilles.

— Enfin, elle avait quand même fait les mêmes études que moi et nous avions beaucoup de projets en commun.

— D’accord, l’odeur de ta Rosalie a pu l’indisposer. Avoue que ta vache est trop familière avec toi !

— Ce n’est pas de ma faute si elle n’aimait pas Charlotte. Elle a senti avant moi qu’elle n’était pas faite pour moi !

Tout en parlant, il versait le café dans les bols rouges.

— Tu n’avais pas quelque chose à me dire ? Si c’est pour la réunion des agriculteurs du village, j’irais si le maire ne la plante pas à 18 h. A-t-on idée aussi ! à cette heure-là, comment veux-tu que je sois libre ? Et les collègues ?

Il haussa les épaules. Il était un des seuls à avoir une exploitation de vaches laitières. Les autres pouvaient plus facilement se libérer, alors que lui, ses animaux connaissaient l’heure et pas moyen d’y déroger.

— Non, il s’agit d’autre chose.

Marc sortit son portable.

— Regarde ! J’ai trouvé un nouveau site de rencontres.

Léandre éclata de rire.

— Quand tu as une idée en tête toi !

— Elle n’est pas comme les autres. Tu rentres un pseudo.

Léandre l’interrompit.

— Comme les autres !

— Attends, je n’ai pas fini. Ton véritable nom est enregistré. Tu ajoutes ton adresse.

— Ben voyons pour que toutes les filles du coin apprennent que je cherche une femme.

— Justement, non ! Tes coordonnées sont rentrées dans la machine et c’est tout.

— Comment ça, c’est tout ?

— L’application sait donc que tu cherches une âme sœur et elle va la trouver pour toi.

— Ah oui ? Comme ça ? Elle saura sans savoir si j’aime les brunes, les blondes, les petites, les vieilles ?

— De toute façon, elle prospectera dans une autre région, c’est écrit. De cette façon, toi comme l’heureuse élue, vous devrez vous déplacer pour vous rencontrer.

— C’est ça, je vais faire des kilomètres pour voir une fille qui ne me plaira pas et la semaine d’après je recommencerai. C’est vrai que je n’ai que ça à faire.

À ce moment précis, la tête de Rosalie cogna contre la vitre.

— Non, mais regarde-là celle-là !

Léandre éclata de rire alors que son père entrait dans la cuisine.

— Elle te cherche mon garçon. Tu sais bien que c’est toi qui l’emmènes au pré ! Bonjour Marc !

Francis Castillo lui serra la main. Alors que Marc demandait :

— Alors je t’inscris ?

Francis interrogeait son fils du regard en lui montrant Rosalie.

— Oui c’est bon !

Il suivit son père. Rosalie sur les talons.

Marc pensa que la réponse était pour lui et tapa entrée sur son téléphone.

Dans le salon de coiffure de Léonie, les bavardages allaient bon train.

— Berthe a enfin trouvé chaussure à son pied.

— Ah bon ? Elle en aura mis du temps. Qui est l’heureux élu ?

La dame aux bigoudis sur la tête riait.

— Il s’appelle Pépin.

Mariette, le séchoir à la main, répondit.

— Berthe aux grands pieds était mariée à Pépin le Bref non ?

Léonie qui terminait d’encaisser une cliente se joignit à la conversation.

— C’est une blague ? Quel est le nom de cette application ?

— Cupidonetmoi.com.

— Ah quand même !

Mariette et Léonie se regardèrent perplexes.

 La dame aux bigoudis reprenait :

— On doit rentrer un pseudo, et son véritable nom. La machine fait le reste.

— Je n’y crois pas du tout. Par exemple, comment pourrait-elle savoir quel homme pourrait me convenir ?

— Tu n’as qu’à essayer Léonie, proposa son amie.

Elle saisit son téléphone et chercha l’application.

— C’est vrai ça, madame Capdabelle. Berthe a bien trouvé son Pépin, vous pourriez bien trouver vous aussi.

— Je ne connais pas d’histoire particulière rattachée à mon prénom, rétorqua Léonie.

— Ce n’est pas grave ça, répliqua Mariette. De plus, regarde, tu ne tomberas pas sur un de tes clients, la machine fait en sorte que vous voyagiez.

— Montre !

Léonie fit défiler les pages.

— Pour rigoler, alors !

— Vous ne risquez pas grand-chose madame, reprit la cliente aux bigoudis, seulement trouver le grand amour.

Léonie sourit. Pourquoi pas ?

Mariette appuya sur entrée.

Dans son sous-sol bien propre, la machine ronronna puis s’emballa. Les lumières clignotèrent.

— Ah ça ne va pas recommencer, s’inquiéta Jonathan.

Il tapota à nouveau sur son clavier et murmura à voix haute :

— Cupidonne ne me joue pas encore un sale tour !

Surpris, il entendit répondre :

— Je ne joue pas. Je travaille comme tu m’as programmé. Bonjour, Jonathan, et ne m’appelle pas Cupidonne. Je suis ton application Cupidonetmoi.Com. C’est ainsi que tu m’as créée et que je me prénomme.

— Pourquoi toutes ces lumières qui clignotent ? Peux-tu m’expliquer ?

— J’ai un petit problème. Mais ne te fais pas de soucis, je saurai le régler.

— N’oublie pas que je suis ton maître et que c’est moi qui peux te réparer.

Elle ne répondit pas.

Jonathan reprit son travail. Alice était absente et c’était tant mieux. Elle lui aurait encore fait des reproches ou se serait inquiétée.

— Je te propose un nouveau couple.

— Attends la directrice. Tu sais bien que c’est elle qui gère ça.

— D’accord Jonathan, je fais comme tu me l’as demandé, je lui envoie les fiches.

Un bruit de soufflerie, l’ordinateur chauffait. Une imprimante se mit en route puis cracha deux feuilles.

À suivre…

Feel good : C’est à cause de la clé

Chapitre 2

Cléo s’était changée. La maison de ses parents chez qui elle habitait toujours était à deux rues de l’océan et l’Hôtel à cinq minutes. Elle enfila son maillot sous sa robe de plage à bretelles jaune citron, attacha ses boucles avec un bandana vert et saisit son sac en osier. Commençant à 6 heures et terminant à 15, elle avait toute l’après-midi devant elle.

En déambulant sur le trottoir, elle repensait aux deux hommes de l’hôtel. Celui aux cheveux grisonnants avec la barbe de trois jours avait un chic fou. L’autre qui était devenu rouge comme une tomate, elle en riait encore. Soudain, elle les aperçut qui se dirigeaient vers la plage. Elle n’en crut pas ses yeux quand elle se rendit compte qu’ils s’arrêtaient devant la paillote de Sidonie. Nom d’une pipe, le garçon d’étage pour un pourboire, ne pouvait pas tenir sa langue ! C’était pourtant inscrit dans le règlement Ne pas donner d’informations personnelles aux clients, elle se demandait parfois s’il avait appris à lire. Elle n’allait pas se laisser pourrir la vie par ces deux inconnus. Elle fonça vers eux et attaqua bille en tête.

— Allez-vous me ficher la paix ? Je ne sais pas encore qui vous a renseigné, mais je vais lui passer un sacré savon demain.

Claudio et Arsène se regardèrent.

— Tu vois, je te l’avais dit que c’était elle !

Surprise, elle ne répondit pas. Arsène tendit à nouveau sa main, et se présenta.

— Arsène Maestro.

Sidonie, la meilleure amie de Cléo intervint.

— Le célèbre réalisateur.

La rouquine ouvrit de grands yeux.

— C’est ça oui ! Je sais que nous sommes une station touristique renommée, mais quand même, ce n’est pas Saint-Tropez. Et puis, c’est qui la star dont tu parles ?

Elle ne faisait déjà plus attention à eux et s’approchait de Sidonie pour l’embrasser. Celle-ci était beaucoup plus grande que Cléo. Elle portait toujours des chaussures plates, complexée par sa taille. Elle se baissa pour tendre sa joue alors que Cléo se mettait sur la pointe des pieds. Elle lui glissa à l’oreille qu’il avait réalisé le film avec son acteur fétiche.

— Je le croyais… moins vieux.

Elle rougit, parce qu’il l’avait entendu.

— Ne vous fiez pas à ses cheveux, dit Claudio.

— Nous n’allons pas épiloguer sur ma coiffure. Savez-vous pourquoi je suis là mademoiselle ?

— Pour me draguer ?

Elle rit.

— Il veut te proposer un rôle, glissa son amie, les yeux brillants et heureuse pour elle.

Cléo ouvrit la bouche et la referma aussitôt. Elle fit le tour de la paillote, jeta des regards circonspects autour d’elle et dit.

— Ben voyons ! Où est la caméra cachée ? Vous filmez un truc pour un bêtisier ? Parce que si vous le souhaitez, je peux faire semblant de me casser la figure ? C’est quoi votre délire ?

— Sérieusement, mademoiselle, mon ami scénariste que voici, Claudio Copa, vous a repérée lorsque vous étiez occupée à chercher les clés de votre client.

— Oui, il m’a bien reluquée ! C’est mon cul ou mes fesses qui vous ont plu ? C’est pour un truc érotique ? Je vous le dis tout de suite, c’est non !

Sidonie pouffa.

— Je vous avais prévenus, elle est nature ma copine !

— Sérieusement, vous m’imaginez tourner un film de ce genre ?

Arsène regardait la jolie rouquine. Elle se troubla.

— Donc ? reprit-elle.

— Cela fait ses semaines que je cherche mon héroïne pour mon nouveau long métrage et je pense que je l’ai trouvée. Accepteriez-vous de venir passer une audition ?

— Parce que je dois vous croire ? Je dois en parler à mes parents.

Sidonie toussa.

— Vous êtes mineure ? s’enquit Arsène.

— Vous en doutiez ?

Il hésita. Elle s’en rendit compte.

— C’est ça, je suis vieille ! Finalement, j’avais raison de me moquer de vos cheveux blancs. Rassurez-vous j’ai un peu plus de dix-huit ans.

— Vous m’en voyez ravi. Vos parents n’ont donc rien à dire.

— Détrompez-vous ! Il faudra passer par la case PAPA pour qu’il accepte que je vous suive. Il voudra éplucher le contrat, le texte. Si ça se trouve, il assistera au tournage, vérifiera les scènes. Et si j’embrasse alors là, mon Dieu ! D’ailleurs, devrais-je embrasser en vrai ? Parce que moi, les bisous avec la langue c’est quand je suis amoureuse ! Pas vous ?

Sidonie n’en pouvait plus de rire derrière son comptoir. Cléo sortait le grand jeu. Ce n’était pas gagné pour le réalisateur.

Sidonie intervint.

— Il se passerait où votre film ?

— En Dordogne.

— C’est joli là-bas ! Cléo, tu en as de la chance.

— Je n’ai pas dit oui. Et quand le Père Rose saura ça !

— Rose ? Du nom de la place de la mairie ?

— Oui monsieur ! Il n’y a pas que vous qui êtes célèbre !

— C’est votre père ?

— Celui de la place ? Mon arrière-grand-père ! C’était un grand résistant. Mon grand-père aussi, il en fait de belles choses. Ils ont caché des enfants juifs chez eux, tout ça, tout ça. Papa est directeur d’école, comme ils l’étaient avant lui. Alors, je ne vous dis pas, ils sont connus ici. Faites un tour à la mairie, il y a de quoi vous instruire.

Devant la surprise des deux hommes, Cléo continua.

— Voilà pourquoi, mon père ne voudra pas que j’aille faire un travail d’artiste. Il n’aime pas ça papa. Il faut du vrai, pas de la bohème ! bon courage pour le décider.

— Dois-je vous rappeler que vous êtes majeure ?

— Je sais ! Mais c’est comme ça chez moi !

Un jeune homme qui ressemblait fortement à Sidonie s’approcha. Il prit dans ses bras Cléo qui lui désigna Arsène et Claudio.

— Tu les reconnais ? Lui est réalisateur, l’autre scénariste, et ils veulent que je tourne dans leur film. Tu le crois toi ? Je vous présente Martin, le jumeau de Sidonie. Nous sommes amis depuis l’école primaire.

Il serra la main des deux hommes. Aussi grand que sa sœur, il sembla fort sympathique à Arsène. C’est donc à lui qu’il demanda s’il pensait qu’il y aurait vraiment un problème avec le père de sa copine.

— Pierre et Margareth Rose sont très protecteurs avec leur fille. Vous devrez bien leur exposer votre projet.

— Ah ! Vous voyez !

Arsène et Claudio laissèrent leurs coordonnées et décidèrent de rentrer à l’hôtel.

— Nous avons pris une chambre. N’hésitez pas à m’appeler ou vos parents, dit le réalisateur. Je serais vraiment ravi que nous travaillions ensemble.

Les trois jeunes gens les regardèrent s’éloigner. Cléo gémit.

— Mon père ne voudra jamais.

— Ton père ou toi ? Quand est-ce que tu décideras par toi-même, Cléo ? C’est l’occasion là !

— Putain, si Noé n’avait pas perdu ses clés, je ne serais pas dans ce bazar.

— Il y a pire quand même ! remarqua Sidonie.

— Je n’ai aucune envie d’entrer dans ce monde.

Cléo regarda ses amis.

— Je suis bien ici, avec mon petit train-train ! et vous deux !

Elle les prit dans ses bras et gémit.

— Pourquoi est-il passé à ce moment-là ? À deux secondes près, il aurait vu Noé, c’était son boulot. Bon d’accord, si c’est une femme qu’il cherche, Noé n’aurait pas fait l’affaire et arrêtez de rire.

Elle saisit la carte laissée par Arsène Maestro, la froissa, la glissa dans son sac de plage.

— Tu m’offres un de tes cocktails maison Sido ?

À suivre…

Romance : Cupidonetmoi.com

Résumé 

Léandre Castillo est agriculteur dans une commune rurale. Ses seules passions sont ses vaches, surtout Rosalie qui a tendance à déprimer et à beugler quand elle se sent seule. Son meilleur ami, Marc Agosta ne rêve que d’une chose : lui trouver une femme.

Léonie Capdabelle est coiffeuse dans une petite ville. Sa clientèle, majoritairement féminine, l’apprécie beaucoup et n’hésite pas à faire appel à elle à n’importe quelle heure. Mariette Aglaé son associée et amie aimerait qu’elle soit plus disponible pour avoir une vie privée, qui est pratiquement inexistante.

La nouvelle application Cupidonetmoi.com est faite pour réunir les couples. Seul leur véritable nom est entré dans la machine, elle fait le reste. Son but : que chacun trouve l’âme sœur.

Mais un jour, Cupidonetmoi.com beugue.

Chapitre 1

Léandre Castillo, un bel homme de quarante ans, brun aux yeux noisette, était en retard. À l’étable, ses vaches meuglaient. La semaine commençait mal. Son réveil n’avait pas sonné. D’ordinaire, il n’en avait pas besoin, il se réveillait toujours à l’heure. Il avait pris l’habitude de programmer sa cafetière électrique et c’est l’odeur du café qui lui chatouillait les narines. Mais aujourd’hui, à cause d’une panne d’électricité, tout s’était déréglé.

De fort méchante humeur, il passa sa combinaison verte, remonta la fermeture éclair et sortit en courant.

— Eh bé fils ! tu as eu une panne d’oreiller ?

Son père, Francis Castillo le chambrait depuis la cour de la ferme. La maison de ses parents était face à la sienne. C’était une jolie bâtisse construite en U.

— Quand la Rosalie a beuglé comme une malheureuse, j’ai compris que tu n’étais pas à l’heure.

— Il y a eu une coupure de courant.

— Tu n’as pas entendu l’orage fils ?

Les deux hommes se ressemblaient. Tous deux frôlaient le mètre quatre-vingt-dix, mais si Léandre était resté mince, son père commençait à prendre de l’embonpoint. Le petit déjeuner avec le pâté maison laissait des traces pardi ! À soixante-dix ans bien sonnés, il affichait pourtant une forme olympique et ne rechignait pas aider Léandre.

L’odeur de la grange, si particulière, les saisit à la gorge dès qu’ils entrèrent. À la longue, ils n’y faisaient plus attention, mais pour ceux qui n’avaient pas l’habitude, elle pouvait surprendre et leur faire faire demi-tour illico.

L’heure de la traite était dépassée. Les deux hommes s’empressèrent de brancher les machines afin de soulager les animaux. Rosalie, quant à elle, faisait les gros yeux à son patron et sa queue fouettait l’air rageusement.

Une nouvelle journée commençait à la ferme des Castillo.

Léonie Capdabelle logeait au-dessus de son salon de coiffure. Ce matin, elle ne comprenait pas pourquoi l’alarme de son téléphone n’avait pas fonctionné. Un coup d’œil par la fenêtre lui apprit rapidement qu’elle était vraiment en retard. Deux clientes patientaient déjà devant la porte. Elles papotaient entre elles en attendant que les stores remontent.

Elle prit toutefois le temps de passer sous la douche, mais zappa le petit déjeuner. Elle perçut du bruit en bas, signe que Mariette son associée et amie était arrivée et ouvrait le salon. Les rires et les bavardages qui grimpaient jusqu’à elle la renseignèrent sur la bonne humeur qui régnait. Elle avala quand même une tasse de café.

Elle entendit la cavalcade dans l’escalier. Mariette frappait à la porte.

— Que se passe-t-il Léonie ? Tu es malade ?

Elle ouvrit et embrassa Mariette.

Autant l’une était brune, cheveux bouclés et petite, autant l’autre était blonde et montée sur des échasses. Elle frôlait le mètre quatre-vingt alors que Léonie atteignait difficilement le mètre soixante. Mariette avait d’ailleurs souvent mal au dos en fin de journée et travaillait assise.

— Mon portable n’a pas sonné. J’arrive !

Quelque part dans un sous-sol très bien agencé, un couple s’interrogeait devant l’immense ordinateur qui clignotait de partout.

— Une panne d’électricité et tout s’est déglingué, dit Alice Colargol la directrice.

— Pourtant, ce n’est pas la première fois, répondit Jonathan Playelle le développeur.

— J’espère que toutes les données seront récupérables, reprit Alice. Tu m’avais bien dit que même sans courant, la machine fonctionnerait ?

— Je ne comprends pas ce qui s’est passé.

Plantés tous deux devant l’écran géant, ils attendaient perplexes que les lumières s’éteignent et qu’un message apparaisse.

Enfin, au bout d’un laps de temps qui leur parut une éternité, la voix virtuelle emplit l’espace.

— Bonjour, je suis l’application Cupidonetmoi.com, je suis là pour vous aider. Que désirez-vous ?

Le couple se regarda.

— Elle parle comme si elle ne nous connaissait pas ?

Jonathan s’assit au clavier et rentra toutes sortes de données.

— Pourtant, tout à l’air au point.

— Fais un essai.

À nouveau, il tapota sur les touches. L’écran clignotait à qui mieux mieux et une multitude de chiffres s’afficha. Enfin, l’image se stabilisa et la voix désincarnée de l’intelligence artificielle retentit.

— Je suis prête ! Bonjour Alice ! Bonjour Jonathan ! Il fait 18 ° à l’extérieur. Que puis-je pour vous ? Je vous propose de réunir les couples

Jonathan et Alice poussèrent un soupir de soulagement. Tout était rentré dans l’ordre.

Cupidonetmoi.com était une nouvelle application qui permettait aux célibataires de la France entière de se trouver.

Alice Colargol, une femme de soixante ans aux cheveux gris, avait décidé de créer ce site de rencontres afin d’inviter les personnes à bouger et ne pas avoir la désagréable surprise de tomber sur le voisin ou la voisine de quartier ou de la ville d’à côté.

Cupidonetmoi.com avait la particularité de débusquer le couple idéal. Jusqu’à présent, elle ne s’était pas trompée et les retours de clients étaient dithyrambiques. Aucune séparation n’était à déplorer. Alice était heureuse d’avoir réussi à redonner goût à la vie à ceux qui ne croyaient plus à l’amour.

Elle s’installa à son bureau et alluma son ordinateur. De nouvelles connexions s’affichaient et elle découvrait avec un plaisir non dissimulé les demandes. Elle attendait avec impatience comment Cupidonetmoi.com allait réunir tout ce petit monde. Est-ce que des couples seront compatibles ?

À suivre …

Thriller : Un héritage empoisonné

Résumé

Coralie et Daniel Faventiny sont jeunes mariés et ont hérité d’une superbe bâtisse qui ressemble à un château. Il est commandant à la brigade criminelle, elle est médecin légiste.

Ils ne sont pas arrivés depuis dix minutes que déjà, des petites choses les intriguent comme des sels de bain autour du jacuzzi, un lit fait avec leur parure de draps, et aussi une porte qui claque alors qu’elle est censée être inhabitée depuis longtemps.

Mais de qui vient cette maison et pourquoi l’ont-ils reçue en cadeau de mariage ?

Chapitre 1

La maison était superbe. Ils l’apercevaient à travers la brume matinale. Une mare au bout du parc accueillait un couple de canards. Il devait faire froid, car de légères vapeurs s’élevaient au-dessus de l’eau, mais ça n’avait pas l’air de déranger les volatiles.

Le chemin pour parvenir à la demeure était bordé de platanes. Ils étaient encore feuillus et leurs couleurs attestaient que la saison automnale était commencée. Il faudrait certainement arranger cette route remplie d’ornières. La voiture qui s’y aventurait cahotait à qui mieux mieux. Le couple riait. C’était normal qu’ils affichent leur bonne humeur, ils venaient d’hériter de cette bâtisse. Les clés serrées dans les mains de la jeune femme indiquaient qu’elle était bien à eux cette baraque. Ce terme ne correspondait pas vraiment, petit château serait plus approprié. Plusieurs toits se superposaient et une tourelle dominait le tout. Une envolée de marches conduisait jusqu’à l’entrée principale alors qu’une autre porte était en rez-de-chaussée.

Le couple était arrivé devant. L’homme coupa le moteur et regarda sa voisine.

— Bienvenue chez nous madame Faventiny.

Coralie et Daniel venaient de se marier. Ils n’avaient pas encore réalisé qu’ils avaient hérité de cette superbe demeure. Ils avaient trouvé dans l’urne déposée dans leur salle de réception, une enveloppe parmi d’autres, particulière. Elle recelait une clé, une adresse, et le titre de propriété.

Ils avaient longuement hésité avant de se décider à accepter ce cadeau. Pas de noms de notaire, pas de signature, rien qui leur permettait d’apprendre d’où venait cette surprise. Ils avaient l’un comme l’autre peu de famille et ce n’était pas un de leurs amis qui auraient pu leur offrir cette demeure.

Ils arrivaient donc, ce jour d’octobre, chez eux.

Ils sortirent en même temps de la voiture, curieux de découvrir comment était l’intérieur de la bâtisse.

— C’est immense pour nous deux, non ?

— Nous pourrons faire des tas d’enfants, répondit son mari en lui faisant un clin d’œil.

— Oui enfin pas tout de suite ! J’ai du boulot moi !

— Et pas moi peut-être ?

Ils rirent tous les deux. Elle était médecin légiste, lui, commandant à la brigade criminelle.

— On décharge nos valises ?

— Voyons d’abord l’intérieur !

Elle grimpa les marches. Arrivée devant l’entrée, elle leva les yeux. La tourelle lui donna le vertige. Elle enfila la clé dans le trou de la serrure, la porte s’ouvrit rapidement, sans grincement.

— Dis donc, même pas besoin d’huile !

Ils étaient à peine à l’intérieur qu’un bruit au loin dans la maison claqua.

— Tu as entendu ?

— Sans doute un courant d’air quand nous sommes entrés.

— Il faudra vérifier les ouvertures.

— Ah ! tu ne vas pas commencer Dany, ne joues pas au flic avec moi.

Il ne répondit pas et entraina sa compagne dans l’escalier qui menait à l’étage.

— Tu as remarqué ?

— Quoi encore ?

— Il ne fait pas froid !

Effectivement, pour une maison qui devait être fermée depuis longtemps, il n’y avait aucune trace d’humidité et d’air cru.

— Et ça ne sent pas le renfermé, répliqua Daniel.

— C’est génial ! Il n’y aura pas de gros travaux à faire.

— Si c’était le cas, nous pourrions toujours la revendre. S’il ne fait pas froid, il ne devait donc pas y avoir une fenêtre ouverte, remarqua Daniel.

— Il ne fait pas non plus, une température en dessous de zéro, Dany. Dis-moi ce qui te tracasse, tu ne l’aimes pas la maison ?

— Je suis très méfiant. Mais continuons de visiter.

Coralie partit devant et poussa les portes de l’étage une à une. Elle resta pantoise face à la salle de bains.

— Tu as vu Daniel ?

Comme il ne répondait pas, elle se regarda dans le miroir. Jolie brunette aux cheveux longs toujours attachés. Pourquoi avoir une telle masse lui répétait sa collègue si tu dois souvent les remonter. Personne ne pouvait comprendre. Sans sa tignasse, elle se sentait toute nue. Et puis Daniel l’aimait ainsi.

Un jacuzzi la narguait. Dernier modèle, s’il vous plait ! Ce qui l’intrigua encore plus c’est que différents sels de bains et de gels douche étaient disposés sur le rebord. Si son homme voyait ça, il allait de nouveau se poser des questions. C’était bizarre quand même !

Deux vasques faisaient face à la glace. Elle n’aperçut aucune serviette accrochée.

Elle ressortit de la pièce et poursuivit ses investigations, en ouvrant les portes les unes après les autres. Trois chambres de dimensions raisonnables se suivaient. Elle appela à nouveau son mari. Laquelle allaient-ils choisir ?

— Daniel ?

— Je suis en bas. Viens voir la cuisine.

Elle dévala l’escalier.

— Du chêne ! mazette !

— Pour le coup, ce n’est pas moderne.

— Tu aimes chérie ?

— Je ne vais pas faire la difficile et puis franchement, quand le camion va débarquer avec toutes nos affaires, la pièce prendra une tout autre allure.

— D’ailleurs, leur arrivée est pour quand ?

Coralie regarda sa montre.

— J’imagine qu’ils ne vont plus tarder.

— Viens, continuons notre visite. Quelle chambre préfères-tu ma puce ?

Ils repartirent à l’étage. C’était bizarre de découvrir une maison qui allait devenir la leur alors qu’ils ne l’avaient jamais vue. Par rapport à leur appartement, classe, d’accord, il n’y avait pas photo, ici il y avait de la place pour recevoir leurs amis.

— J’ai réfléchi que nous pourrions pendre la crémaillère prochainement non ?

Ils étaient sur le palier et poussèrent la première porte. Coralie stupéfaite contempla le lit.

— Tu as vu ? Il est fait ! Je suis certaine qu’il ne l’était pas quand je suis venue tout à l’heure.

— La personne est rudement rapide. Quand je pense à nos galères pour bien tirer la couette.

— Daniel, je ne plaisante pas. Il y a quelques instants, tu râlais parce que tu avais entendu une porte claquer, et là, tu n’es même pas étonné ? De toute façon, je ne dormirais pas dans ces draps. Imagine qu’ils soient sales ?

Elle s’approcha pour les sentir. Un subtil parfum d’adoucissant lui chatouilla les narines.

— C’est le même que le nôtre. Fleur de coton.

En se penchant sur le lit, elle reconnut sa parure.

— Mais regarde ! C’est celle que nous avions encore hier soir !

Daniel saisit son portable. Il allait appeler ses collègues quand un klaxon retentit. Coralie jeta un coup d’œil par la fenêtre, le camion de déménagement était devant la porte.

— Tu feras ça tout à l’heure, nos meubles sont arrivés.

À suivre

Feel good : C’est à cause de la clé

Résumé

Cléo Rose 25 ans. Réceptionniste d’hôtel dans une petite ville touristique. Fille de directeur et directrice d’école, elle n’a pas voulu suivre leur parcours et a passé un BTS Tourisme. Diplôme en poche, elle a trouvé ce poste dans cet hôtel 4 étoiles grâce à la notoriété de son père, fils et petit-fils d’une famille connue de la ville.

Arsène Maestro, 45 ans. Réalisateur très connu en quête de son héroïne pour son prochain film. Avec son meilleur ami et scénariste Claudio Copa, ils sillonnent les routes à la recherche du coup de cœur.

Par un pur hasard, Cléo va croiser sa route à cause ou grâce à une clé perdue. De quiproquos en situations inattendues, Cléo et Arsène vont dérouler tambour battant le film qui va changer leur vie.

Chapitre 1

— Vise un peu la rouquine ! Là !

Claudio Copa montra du doigt la jolie fille qui se mettait presque à quatre pattes dans le caniveau. Scénariste et meilleur ami d’Arsène Maestro, le réalisateur de renom, il sentait l’adrénaline courir dans ses veines. Depuis des semaines, ils cherchaient tous deux l’héroïne du nouveau film de Maestro.

— Arrête-toi je te dis !

— Je vais trouver une place de parking, ne t’énerve pas.

— Regarde ! Elle est trop marrante avec ses immenses lunettes qui lui tombent sur le bout du nez. Et ses cheveux ? Tu as vu ses boucles ?

— D’accord, Claudio, j’ai compris, tu as craqué pour cette nana. Qui te dit qu’elle a une belle voix ?

— Baisse ta vitre !

— Mais…

— Baisse ta vitre, je te dis !

La rouquine en question commençait à en avoir ras le bol de ce client à qui tout était permis parce qu’il avait la bourse bien remplie. Ses lunettes glissaient à cause de la chaleur. Ses cheveux qu’elle tentait vainement de jeter vers l’arrière n’en faisaient qu’à leur tête grâce au vent qui venait de se lever. Elle prit sa voix professionnelle, celle dont ses collègues disaient qu’elle faisait penser à celle des aéroports qui annonçaient les vols.

— Je vous assure que Noé n’a pas pu perdre vos clés, il est bien trop perfectionniste.

Pourtant, elle se pencha pour les chercher au sol. Elle sentit le regard des hommes dans son dos. Sa tenue de réceptionniste avec sa mini-jupe serrée et son chemisier ouvert n’était vraiment pas top pour se mettre à quatre pattes dans le caniveau.

Une fois s’être bien rincé l’œil du spectacle, le client mal luné tâta à nouveau ses poches et éclata de rire.

— Vous avez raison, les voilà !

Il les lui glissa sous le nez et lui tendit la main pour l’aider à se relever. Ce faisant, elle avisa une Audi noire, vitre baissée. Elle apostropha l’homme qui la fixait.

— Vous voulez une photo ?

Claudio éclata de rire alors que Arsène fronçait les sourcils.

— Je ne suis pas sûr que…

— Va te garer ! C’est elle je te dis !

Cléo Rose reprit son poste à la réception ainsi que son sourire figé. Encore une heure, elle aurait terminé sa journée. À elle, le maillot et la plage, puis elle retrouverait Sidonie qui tenait la buvette de la paillote.

Elle enregistra les fiches des nouveaux arrivants, donna des clés, remplit les registres, répondit au téléphone pour les demandes de réservations. Elle ne se rendit pas compte que deux hommes, assis dans les fauteuils de l’accueil, la contemplaient.

Arsène Maestro s’imprégnait des gestes de la jeune femme. Il filmait déjà ses cheveux roux emmêlés, captait sa bouche aux lèvres pleines, découvrait ses yeux verts et sa taille fine. Pas très grande, elle pourrait correspondre au rôle principal de son long métrage, une comédie relatant la vie d’une fille qui n’a pas sa langue dans sa poche. En costume, elle serait magnifique. En effet, Ludivine, jeune femme de bonne famille ne voulait pas suivre la voie toute tracée dictée par son père, un vieux grincheux.

— Alors ? Murmura Claudio, n’avais-je pas raison ?

— Allons lui parler, on verra bien.

Ils attendirent que le dernier client soit parti avec ses bagages pour l’approcher.

— Bonjour !

Claudio entama la conversation le premier. Elle leva la tête. Les deux hommes reçurent en plein cœur le regard vert de deux émeraudes.

— Vous vous êtes bien rincé l’œil ? Ça vous a plu ?

Elle les avait donc reconnus. Arsène sourit alors que son scénariste rougissait. Il prit les choses en main. C’était toujours la même chanson, Claudio faisait le malin, puis il restait pétrifié et ne savait plus quoi dire. Devant une belle femme, il perdait tous ses moyens.

Il se présenta.

— Arsène Maestro. Excusez mon ami, il est parfois un peu…

Il hésita.

 — Lourd ?

— C’est le moins que l’on puisse dire.

Elle jeta discrètement un coup d’œil à la pendule. Plus que cinq minutes. Elle espérait que sa collègue n’allait pas être en retard. Avec un peu de chance, c’est elle qui pourrait s’occuper de ces deux pots de colle. Avec un soupir de soulagement, elle la vit arriver.

— Si vous voulez bien m’excuser, je vous abandonne avec Françoise.

Elle ne leur laissa pas placer un mot, salua celle qui la remplaçait, le sourire aux lèvres. Elle lui indiqua en un temps record les dernières nouvelles et quitta les deux hommes. Mais Arsène Maestro l’arrêta dans son élan.

— En fait, c’est vous que nous venions voir. Ça tombe très bien que vous ayez terminé votre journée, nous allons pouvoir discuter tranquillement.

Stupéfaite, elle planta ses yeux verts dans l’étonnante couleur de gris bleu de son interlocuteur et le toisa.

— Pour qui vous prenez-vous ? Vous savez des gens comme vous qui me draguez, j’en rencontre régulièrement. Désolée, j’ai déjà donné. Bonne continuation dans notre belle région, messieurs.

Elle les quitta alors que sa collègue dissimulait un sourire. Claudio Copa, qui avait retrouvé la parole lui demanda :

— Elle est toujours comme ça votre copine ?

Françoise qui aimait bien la compagnie masculine n’hésita pas ;

— Oui, elle a un fichu caractère, mais pas moi !

Elle accompagna sa réponse d’un clin d’œil qui ne laissait aucun doute sur ses intentions.

Arsène Maestro sourit.

— Désolé mademoiselle, mais vous ne correspondez pas tout à fait à l’idée que je me suis faite de mon personnage principal.

— Vous faites du cinéma ?

Très intéressée, Françoise en oubliait les autres clients qui commençaient à s’impatienter. Elle fut rappelée à l’ordre par son chef qui la surveillait depuis le départ de Cléo.

Les deux hommes la saluèrent et se mirent en quête de la rouquine.

— C’est malin ! Si elle est sortie par-derrière, nous l’avons perdue.

— Vous cherchez quelqu’un ?

Le responsable de la réception s’approchait des deux amis. Il avait reconnu le réalisateur.

— Monsieur Maestro, je suis ravi que vous vous installiez dans notre hôtel. Vous aviez réservé ? Si ce n’est pas le cas, je vais voir ce que je peux faire.

Les deux hommes se regardèrent et se comprirent. Ils allaient prendre une chambre. C’était le seul moyen pour retrouver la jeune fille.

La notoriété du réalisateur fit son œuvre. Ils se trouvèrent tous deux dans une magnifique suite de laquelle, ils apercevaient au loin sur l’océan.

— Vous avez des bagages ?

Arsène donna ses clés de voiture et indiqua où elle était garée. Le garçon d’étage lui affirma que le nécessaire allait être fait pour que son véhicule intègre le parking de l’hôtel.

Le réalisateur lui glissa un généreux pourboire et en profita pour l’interroger. — Vous parlez de Cléo ? Une rouquine à l’accueil, je ne vois qu’elle. Je sais où vous pouvez la trouver. Sur la plage, devant la paillote. Il n’y en a qu’une, vous ne pourrez pas la rater. Elle y retrouve toujours sa copine.

À suivre…

Le sablier du temps des Dieux – PENELLOPE VAN HAVER

Résumé

À une époque très lointaine, harmonie et bien-être primaient dans l’Éther. Dans cet espace vaporeux, toutes les anciennes générations de déités résidaient dans le palais de l’Olympe.

Chronos, dieu suprême du Temps, régnait en Maître, notamment grâce au pouvoir d’un sablier unique, indispensable à l’immortalité.

Mais les Dieux se lassent de leur situation.

Pour les distraire, des jeux sont organisés, afin de leur apporter plus de reconnaissance.

Cependant, la colère gronde inexorablement dans l’Éther.

Et lorsque les dieux s’ennuient, leur vraie nature refait surface, au point que le pouvoir de Chronos, jusque-là jamais surpassé ni même égalé, se retrouve menacé.

Malheureusement, lorsque la balance perd son équilibre, le Chaos apparait…

Qu’adviendra-t-il des dieux ?

Mon avis

Je salue en prime abord le choix de la couverture qui met à l’honneur le sablier, le héros de ce livre.

J’ai lu ce roman avec plaisir même si je ne suis pas une grande adepte de ce genre, un brin fantastique. J’avoue avoir été intriguée par le résumé et agréablement surprise par l’écriture de Pénellope Van haver.

Fan de mythologie, j’ai été happée par l’histoire superbement racontée. Ce livre trouverait tout à fait sa place en dessin animé tellement les images apparaissent au fil des pages au gré de mon imagination. Ce qui me fait sourire, c’est que pour en avoir discuté avec l’auteure, elle pensait le publier en y mettant justement des illustrations. Personnellement, c’est fantastique qu’en lisant, je me fasse ma propre idée et c’est ici le cas. Je verrais bien également une conteuse assise au coin du feu, nous raconter ce roman.

Péneloppe Van Haver a une plume fluide avec un vocabulaire riche. Elle connaît parfaitement son sujet et nous entraine avec elle dans son monde, je dirais féérique. C’est un livre très coloré. Elle a ce don, que les mots se transforment aussitôt en image. J’avoue avoir été envoûtée par son histoire que je recommande vivement.

De jeunes adolescents pourraient aussi en faire la lecture. Ils seront très agréablement surpris et découvriront les méandres de la mythologie de façon ludique.

À consommer sans modération, il est très instructif, parce que mine de rien, il vous transmet un message que je vous laisse savourer. Oui, c’est le mot, c’est un livre à savourer.

Les petits papiers de Marie-Lou – Corinne Javelaud

Résumé

Fêlures secrètes dans une dynastie bordelaise.

Dans les années 70, Marie-Lou Beltran, serveuse à L’Auberge du bonheur, vit avec sa fille, Dora, et sa mère, Luce, dans la maison familiale du quartier des Chartrons à Bordeaux. La main verte de Luce et les talents culinaires de Marie-Lou font merveille pour créer un cocon harmonieux.

Un trouble naît lorsque pour son anniversaire, Marie-Lou offre à Dora une magnifique poupée, dénichée chez un antiquaire. Les femmes Beltran constatent bientôt que la poupée suscite des phénomènes étranges.

Un médium prétend qu’elle est habitée par l’esprit d’un proche assassiné. Comment ne pas penser au père de Marie-Lou, Josué, et à son oncle, Féréol, morts en héros sur leurs arpents de vigne à Saint-Émilion, alors sous la botte allemande ?

Prise dans un engrenage de manifestations surnaturelles, butant sur le silence de Luce, Marie-Lou va devoir affronter les démons d’une histoire familiale tourmentée…

Mon avis

Je retrouve avec plaisir la plume de Corinne Javelaud. Une fois de plus, je suis subjuguée par son art de la description et sa manière de plonger le lecteur immédiatement dans l’intrigue.

Je commence donc l’histoire dans les rues de Bordeaux, puis dans l’auberge où travaille Marie-Lou. La présentation des héros est comme à son habitude très concrète. J’imagine très vite Marie-Lou, puis Luce. La boutique d’antiquités de Jean-Marie de la Romière est quant à elle sublime.

J’admire également le climat qui règne chez sa mère, Luce. Une belle maison où je me sens bien et que j’aperçois grâce aux mots distillés de-ci de-là par l’auteur. De plus, les talents culinaires de Marie-Lou sont mis à l’honneur alors je partage les parfums qui s’échappent de sa cuisine. Entre l’une, férue de botanique et l’autre de recettes ancestrales, je suis gâtée et l’ambiance y est très chaleureuse.

Il manque à tout cela un brin de romance. Elle prend les traits de Virgile Vincy. Est-il bien ce qu’il prétend être, je vous laisse le découvrir.

Toute une palette de personnages tient bien rôle, comme Jean-Marie de la Romière, Clovis le cousin de Marie-Lou, sans oublier la poupée Emilie offerte à la fille de Marie-Lou, Dora, qui m’entraine dans une atmosphère délirante. À partir de là apparaissent les petits papiers, d’où le titre Les petits papiers de Marie-Lou.

D’une ambiance cosy et chaleureuse, je passe à une période troublée où même un médium et un exorciste interviennent.

Les secrets de famille cachés sont amenés à se dévoiler et les protagonistes, comme Luce, Clovis et Virgile me surprennent. Petit à petit, Luce est obligée de raconter ce qu’elle a voulu taire à sa fille.

La plume de Corinne Javelaud est ainsi, elle vous embarque sans vous laisser de répit. Chaque chapitre vous révèle un mystère et je tourne les pages avec avidité pour connaitre la suite.

Je vous recommande chaleureusement ce nouveau roman de Corinne Javelaud, vous passerez, amis lecteurs, un très bon moment.

La galère de Décembre – Line Anker

Résumé

Le véritable amour transcendera-t-il le temps ?

Erwann ne supporte pas l’effervescence des fêtes de Noël. Que ce soit cette mielleuse hystérie collective, ou simplement sa famille soudainement oppressante, tout l’ennuie et l’énerve.

Seulement, cette année, il croise le chemin de Cassandre, son amour perdu…

Dix ans, c’est long et les choses ont bien changé. Désormais fiancée, mais surtout amnésique, Cassandre semble avoir définitivement tiré un trait sur ce qui les unissait. Pourtant, sur les conseils d’une petite fille aux yeux dorés, Erwann se prépare à se battre pour la reconquérir.

Réussiront-ils à se retrouver malgré les galères qui s’amoncellent entre eux ? Une chose est sûre, ils s’en souviendront de ce mois de décembre !

Mon avis

Quand je choisis un livre, peu importe la période, du moment que le résumé m’interpelle. La romantique que je suis n’a pas hésité en le découvrant, d’autant plus que les prénoms des héros m’ont plus d’emblée, surtout celui de Cassandre.

Si je m’en réfère au syndrome de Cassandre, je m’amuse. En effet, Cassandre, suite à un accident a perdu la mémoire, alors que dans la mythologie grecque, Cassandre a justement le don de prophétie et personne ne veut la croire à cause d’une malédiction.

C’est une histoire sucrée à souhait (ça tombe bien c’est la période de Noël) émouvante, où différents sentiments s’entrecroisent. La jalousie et les non-dits ont une place importante, mais le véritable amour sait toujours sortir son épingle du jeu.

Une blondinette aux yeux dorés et au bonnet rouge met régulièrement son grain de sel dans les différents chapitres. Elle est présente quand nos deux héros hésitent quant à la marche à suivre. Mais qui est-elle ? Pourquoi apparaît-elle justement à ces moments cruciaux ?

Une Mamy disparue et un héritage inattendu font de cette histoire un joli conte de fées qui se lit avec un réel plaisir. C’est roman qui m’a immédiatement transportée et m’a arraché quelques larmes.

Avec les deux héros, j’ai vécu la galère de décembre. J’ai respiré l’ambiance de Noël avec la famille d’Erwann, j’ai senti la froideur et la noirceur de celle de Cassandre, j’ai pesté contre Louis et partagé avec Erwann sa tristesse. Je me suis agacée avec Cassandre qui, même si elle savait qu’Erwann était l’homme de sa vie, n’arrivait pas à lui dire.

Pour résumer, c’est un cocktail charmant qui se boit avec plaisir et qui a un goût de Reviens-y.

À déguster sans modération, mais je vous aurais prévenu, amis lecteurs, vous pourriez avoir envie de ne plus quitter vos héros. Merci, Line Anker, de m’avoir fait découvrir votre plume, légère, fluide et agréable à parcourir.

Le miroir aux revenants – Nicole Provence

Résumé 

« Jure que tu garderas le secret avant d’ôter complètement la housse, ou ne reviens jamais ! » Cette phrase inscrite sur le grand miroir d’une vieille armoire m’a fichu la trouille de ma vie. Puis l’âme de mon arrière- grand- tante Agathe m’est apparue à travers une lumière jaune : mon sosie, comme une deuxième Ophélie qui avait aussi ma voix. Fan des romans d’Agatha Christie, elle m’a demandé de trouver l’assassin de son ami Théophile Lecouvreur, jardinier de son vivant. C’est ainsi que je me suis lancée dans une incroyable enquête, sans me douter que des lumières d’âmes seraient mes alliées.

Mon avis

J’ai l’habitude de lire Nicole Provence et quand elle m’a proposé de découvrir son roman jeunesse, je n’ai pas hésité, parce que je connais sa plume et son style.

Je les ai parfaitement retrouvés ici, avec des personnages ados mais tout aussi attachants.

Ophélie déménage avec son frère et sa maman. Elle déteste cette nouvelle baraquecomme elle l’appelle. Et pourtant, elle est pleine de surprises. Ophélie en fera rapidement l’expérience.

Quelle frayeur quand elle aperçoit a tante Agathe à travers le miroir et que celle-ci vient dans sa chambre… mais elle n’est pas la seule.

Quelle incroyable enquête menée par Ophélie et d’autres personnages qui sont plus ou moins liés.

Je retrouve aussi un brin de romance, distillé de-ci-delà, comme l’auteur sait si bien le faire. Adepte de ce genre d’histoire, je me suis régalée. Je n’imaginais même pas que Nicole Provence aurait pu oublier ce qui fait son succès dans ses romans. Je la félicite pour avoir mis sa plume au service de lecteurs plus jeunes.

J’ai beaucoup aimé cette histoire légère qui s’adresse à un public d’adolescents. Le langage est fluide, facile, et tout à fait à leur portée. Il ne pourra pas laisser indifférentes les filles romantiques et avides d’un brin de suspense.

Et qui n’a pas eu envie de traverser le miroir pour découvrir l’autre côté ?