Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

Je te laisse avec ma rêveuse 👇(illustratrice Sophie Griotto)

La rêveuse

Allongée sur sa serviette
La rêveuse découvre les mots
D’un livre dans les oubliettes
Des tiroirs de son bureau. 

Lunettes sur le nez
Le coude soutenant sa tête
Pieds emmêlés
Elle tourne les pages, amusée. 

C’est elle qui a écrit ça ? 
Un jour, voire des années
Qui s’en souviendra ? 
De cette histoire inachevée. 

La rêveuse se souvient d’un blog
Qu’elle alimentait régulièrement
Comme un catalogue
Qu’on feuilletait lentement.


Les palmiers n’osent la déranger
La rêveuse est dans sa lecture
Même l’eau à ses pieds
Respecte son écriture. 

Le temps semble s’être arrêté
Alors qu’une romance
À peine ébauchée,
Crie avec véhémence. 

Pourquoi ne pas la reprendre
Donner une nouvelle vie aux héros
Pourquoi pas avec Alexandre
Un air de renouveau. 

Allongée sur sa serviette
La rêveuse s’est endormie
Le livre se feuillette
Seul à nouveau pour la vie. 

© Isabelle-Marie d’Angèle — juin 2022

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

J’aime choisir une illustration et laisser ma plume trouver les mots qu’elle m’inspire.

Nouvelles de là-bas

Le parfum des fleurs
Ne la distrait pas
Des mots en couleur
Qu’elle découvre, là !

C’est une lettre
Qui vient de là-bas
Mille kilomètres peut-être
Elle ne compte pas.

Plongée dans sa lecture
Elle ne sent pas
Le parfum de la verdure
Il ne reviendra pas. 

Il lui explique là
En quelques mots
Qu’il a trouvé là-bas
Un bonheur nouveau. 

Il n’est pas son amour
Juste son frère
Il cherchait toujours
Elle pensait pour se distraire.

Mais il a trouvé 
Le sens à sa vie
Qu’il veut donner
Là, c’est écrit. 

Abandonnée elle l’est
Pourtant elle sourit
En lisant avec sérénité
Qu’il l’invite dans son paradis. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2022)


Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

En l’honneur de la fête des Diane, je partage ce poème de Théodore Agrippa d’Aubigné.

Nous ferons, ma Diane, un jardin fructueux :
J’en serai laboureur, vous dame et gardienne.
Vous donnerez le champ, je fournirai de peine,
Afin que son honneur soit commun à nous deux.
 
Les fleurs dont ce parterre éjouira nos yeux
Seront vers florissants, leurs sujets sont la graine,
Mes yeux l’arroseront et seront sa fontaine
Il aura pour zéphyrs mes soupirs amoureux.
 
Vous y verrez mêlés mille beautés écloses,
Soucis, œillets et lys, sans épines les roses,
Ancolie et pensée, et pourrez y choisir
 
Fruits sucrés de durée, après des fleurs d’attente,
Et puis nous partirons à votre choix la rente :
A moi toute la peine, et à vous le plaisir.



Mais j’aurai pu aussi écrire sur cette Diane :

Cahin-Caha
Lentement mais sûrement
La Diane grimpe lentement
Cette côte là. 

Les vitesses craquent
Les portières claquent
J’ai les cheveux au vent
Vivante je me sens.

Mythique Diane 
Indétrônable et séduisante
Tu es un Diam
Toujours tu me hantes. 

Encore tu défiles,
Adorés des inconditionnels
De ton si beau profil
Tu restes la plus belle. 


© Isabelle-Marie d’Angèle Juin 2022

À très vite…

Je dis poésie

Bonjour toi 😉

C’était l’anniversaire de ma maman, un 2 juin.

C’était un 2 juin
Ton anniversaire
Que je fêtais avec entrain
C’était hier…

C’était le 2 juin
Que tu soufflais tes bougies
Tous, tapaient dans les mains
La mine réjouie. 

Fleurs, cadeaux,
Tout était beau
Pour toi, si fière
De fêter ton anniversaire.

Rires et surprises
Étaient de mise 
Pour fêter l'évènement
de ma maman.


C’était le 2 juin 
C’était presque l’été
Mais un matin, le 24 juin
L’été pour moi s’est envolé. 

Aujourd’hui, je me souviens
De tous ces 2 juin
Même si tu n’es plus là
Pour me serrer dans tes bras. 

Maman, je pense à toi
Comme si c’était hier
Pour te souhaiter un bel anniversaire
Même si tu n’es plus là 
Pour me serrer dans tes bras. 

© Isabelle-Marie d’Angèle - Juin 2022


À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

Dimanche, c’est la fête des mamans. J’aurais la chance d’avoir mes trois chéris réunis autour de moi. La mienne s’en est allée et je me souviens que je lui écrivais des poèmes.

Aujourd’hui, je publie À ma mère de Max Elskamp (1862-1931)

À ma mère

Ô Claire, Suzanne, Adolphine,
Ma Mère, qui m’étiez divine,
 
Comme les Maries, et qu’enfant,
J’adorais dès le matin blanc
 
Qui se levait là, près de l’eau,
Dans l’embrun gris monté des flots,
 
Du fleuve qui chantait matines
À voix de cloches dans la bruine ;
 
Ô ma Mère, avec vos yeux bleus,
Que je regardais comme cieux,
 
Penchés sur moi tout de tendresse
Et vos mains elles, de caresses,
 
Lorsqu’en vos bras vous me portiez
Et si douce me souriiez,
 
Pour me donner comme allégresse
Du jour venu qui se levait,
 
Et puis après qui me baigniez
Nu, mais alors un peu revêche,
 
Dans un bassin blanc et d’eau fraîche,
Aux aubes d’hiver ou d’été.
 
Ô ma Mère qui m’étiez douce
Comme votre robe de soie,
 
Et qui me semblait telle mousse
Lorsque je la touchait des doigts,
 
Ma Mère, avec aux mains vos bagues
Que je croyais des cerceaux d’or,
 
Lors en mes rêves d’enfant, vagues,
Mais dont il me souvient encor;
 
Ô ma Mère aussi qui chantiez,
Parfois lorsqu’à tort j’avais peine,
Des complaintes qui les faisaient
De mes chagrins choses sereines,
 
Et qui d’amour me les donniez
Alors que pour rien, je pleurais.
 
Ô ma Mère, dans mon enfance,
J’étais en vous, et vous en moi,
 
Et vous étiez dans ma croyance,
Comme les Saintes que l’on voit,
 
Peintes dans les livres de foi
Que je feuilletais sans science,
 
M’arrêtant aux anges en ailes
À l’Agneau de Verbe couché,
 
Et à des paradis vermeils
Où les âmes montaient dorées,
 
Et vous m’étiez la Sainte-Claire,
Et dont on m’avait lu le nom,
 
Qui portait comme de lumière
Un nimbe peint autour du front.
 
Mais temps qui va et jours qui passent,
Alors, ma Mère, j’ai grandi,
 
Et vous m’avez été l’amie
À l’heure où j’avais l’âme lasse,
 
Ainsi que parfois dans la vie
Il en est d ‘avoir trop rêvé
 
Et sur la voie qu’on a suivie
De s’être ainsi souvent trompé,
 
Et vous m’avez lors consolé
Des mauvais jours dont j’étais l’hôte,
 
Et m’avez aussi pardonné
Parfois encore aussi mes fautes,
 
Ma Mère, qui lisez en moi,
Ce que je pensais sans le dire,
 
Et saviez ma peine ou ma joie
Et ma l’avériez d’un sourire.
 
Ô Claire, Suzanne, Adolphine,
Ô ma Mère, des Écaussines,
 
À présent si loin qui dormez,
Vous souvient-il des jours d’été,
 
Là-bas en Août, quant nous allions,
Pour les visiter nos parents,
 
Dans leur château de Belle-Tête,
Bâti en pierres de chez vous,
 
Et qui alors nous faisaient fête
À vous, leur fille, ainsi qu’à nous,
 
En cette douce Wallonie
D’étés clairs là-bas, en Hainaut,
 
Où nous entendions d’harmonie,
Comme une voix venue d’en-haut,
 
Le bruit des ciseaux sur les pierres
Et qui chantaient sous les marteaux,
 
Comme cloches sonnant dans l’air
Ou mer au loin montant ses eaux,
 
Tandis que comme des éclairs
Passaient les trains sous les ormeaux.
 
Ô ma Mère des Écaussinnes,
C’est votre sang qui parle en moi,
 
Et mon âme qui se confine
En Vous, et d’amour, et de foi,
 
Car vous m’étiez comme Marie,
Bien que je ne sois pas Jésus,
 
Et lorsque vous êtes partie,
J’ai su que j’avais tout perdu.



À très vite…

Je dis poésie

Bonjour toi 😉

C’est un exercice difficile auquel je me suis frottée pour l’atelier d’écriture de Marie ici. La consigne était celle-ci :

Pour la semaine prochaine, je vous invite cette fois à la poésie en partant du poème “mon rêve familier” de Paul Verlaine et en changeant à votre guise les morceaux de phrases en gras (d’après une proposition de Josée):

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Voici donc ma participation, que Verlaine me pardonne 😏 je ne possède pas sa poésie. Toutefois, j’ai relevé le challenge.

Je fais souvent alors que je n’ai plus vingt ans
D’une femme inconnue le portrait à main nue
Et qui n’est, chaque fois, pas parvenu, têtu
Que je suis à peindre celle qui me comprend.

Je sais bien qui elle est et mon cœur transparent 
Empli d’amour joyeux cesse d’être un problème
Pour elle seule, belle sorcière de Salem
Elle seule, connait mon âme de conquérant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Peu m’importe
Son nom ? Chantant et bohème au-delà m’emporte
Comme ceux que j’aimais, gamin, les fredonner.

Elle n’a rien à envier au regard des statues
Et pour sa voix, gaie, musicale et enjouée
L’inflexion grave et soutenue m’est parvenue.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mai 2022).

À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

Pour célébrer ce mois de mai, je partage ces Haïkus de ma composition.

Cerisiers en fleurs
Seul un banc abandonné
Parfum entêtant

Beauté d'un jardin
Un portail de bois ouvert
Au loin la maison

Brouette fleurie
Parfums et couleurs mêlés
Je suis apaisée
La glycine en fleurs
Marguerites en bouquets
Fleurs rouges Amour


© Isabelle-Marie d’Angèle - Mai 2022

À très vite…

Je dis Poésie – Mai

Bonjour toi 😉.

Une fois de plus, j’ai griffonné quelques vers pour saluer le mois de Mai qui pour une fois sous ma plume s’est rebiffé 😉.

Salut, joli mois de Mai
Alors, on fait ce qu’il te plait ? 
Ah non, ça ne va pas recommencer
Avec ce En mai, fais ce qu’il te plait !
J’en ai assez !

Mai se rebiffe !
C’est comme une gifle.
Est-ce lui qui renifle ? 
Sûr que c’est pas le merle qui siffle
Mai est agressif.

Il a décidé
De faire ce qu’il lui plait. 
Ah ça ne va pas recommencer
Cesser de, les choses me dicter,
Vous me faites pleurer. 

Assez de ce soleil
Qui vous fait une couleur de miel. 
Regardez les abeilles
Mai ou pas Mai traditionnel
Elles restent opérationnelles. 

Mais, joli mois de mai
Je te connais,
Tu ne peux pas abandonner
Après toi, arrive l’été
Et les beaux jours tu promets. 

Ne fais pas ta mauvaise tête
Même si ton cœur n’est pas à la fête
Mène l’enquête
Pas de tempête,
Mai, tu es la vedette. 

Pars à la conquête
Mets ta Jacquette
Fais des claquettes
Et des courbettes
Bonjour Mai Starlette. 

Ça y est, tu as gagné
Je suis à tes pieds
Foi de Mai,
Ne viens pas grogner
Ni frissonner.

Je fais ce que je peux
Pas toujours ce que je veux
Pour t’en mettre plein les yeux
Avec un ciel pas toujours bleu
Essaie de rester joyeux. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Mai 2022)




À très vite…

Je dis Poésie

Bonjour toi 😉

J’aime beaucoup Alphonse de Lamartine (1790 – 1869), je partage aujourd’hui Le moulin au printemps .

Le chaume et la mousse
Verdissent les toits
La colombe y glousse,
L’hirondelle y boit.

Le bras d’un platane
Et le lierre épais
Couvrent la cabane
D’une ombre de paix.

La rosée en pluie
Brille à tout rameau
Le rayon essuie
La poussière d’eau .

Le vent qui secoue
Les vergers flottants,
Fait de notre joue
Neiger le printemps.

Sous la feuille morte,
Le brun rossignol
Niche vers la porte,
Au niveau du sol.

L’enfant qui se penche
Voit dans le jasmin
Ses œufs sur la branche
Et retient sa main.


Et toi aimes-tu ce poète ?

À très vite…