C’est les vacances

31 juillet. Chassé-croisé sur les routes des vacances.

Je me souviens…

Papa râlait parce que j’amenais toujours le truc qui n’entrait plus dans la voiture et sa phrase fétiche Je n’ai pas un J7, me revient en mémoire quand mon chéri me demande :

— C’est tout ? Il n’y a plus rien à prendre ?

Et c’est là que je me dis que peut-être, je pourrais encore aller chercher la paire de chaussures qui ira avec la robe, et un autre livre au cas où j’aurais tout terminé et que je n’aurais plus rien à lire, et l’écharpe ou le pull s’il fait froid… je ne pense pas à l’ordinateur qui pourrait me servir…

Devant le sourire goguenard de Chéri, je réponds.

— Non, il n’y a plus rien.

Il ne pousse pas le bouchon trop loin en ajoutant :

— Tu es sûre ?

Pour citer Michel Bussi, je dirais Le bonheur c’est simple. Il suffit d’y croire. Les vacances servent à ça. Le ciel sans nuages, la mer, le soleil. À faire le plein d’illusions pour le reste de l’année.

Papa disait lorsque la voiture démarrait et que nous quittions la maison :

— À partir de maintenant, ça décompte !

Que j’ai haï cette phrase.

William Shakespeare affirmait Si l’on passait l’année entière en vacances, s’amuser serait aussi épuisant que travailler.

Maman ajoutait :

— Il faut partir pour revenir.

Aujourd’hui, Être en vacances c’est n’avoir rien à faire et avoir toute la journée pour le faire. Rober Orben qui a dit ça ne pensait pas aux femmes qui ont toujours à s’occuper des enfants et à faire la cuisine… 😉.

La voiture est chargée et comme dans le jeu Tétris, tout s’imbrique, rien ne dépasse. On dirait que c’est fait pour ! Je suis admirative devant mon chéri qui classe ça d’une main de maître. Oui, c’est un classement, comme lorsqu’il range les courses sur le tapis roulant du supermarché et ensuite dans les sacs, puis dans le coffre, mais ça c’est une autre histoire.

Lorsque je regarde les véhicules qui nous croisent ou que nous doublons, je remarque des chargements qui brinquebalent, des vélos harnachés à la 6/4/2 comme dit mon chéri, des plaques d’immatriculation qui tiennent parce qu’elles veulent bien et qu’elles n’ont pas le choix.

Ils me font presque envie, parce que nous, ça ne se voit pas qu’on part en vacances.

Mais si… notre sourire béat en est la preuve puis l’odeur du café et des viennoiseries achetées avant de partir et qui seront dévorées au premier arrêt.

Et ça, c’est vraiment les vacances ! Il ne fait pas encore très chaud, la vapeur du café s’élève de la tasse, le croissant craque sous la dent.

Et je termine sur une citation de Georges Bernanos On peut faire très sérieusement ce qui nous amuse. Les enfants nous le prouvent tous les jours.

Je souffle sur mon café, ça fait des bulles, ça me chatouille le nez, je ris… J’ai dix ans, je sais que c’est pas vrai… mais j’ai dix ans quelque part…

© Isabelle-Marie d’Angèle

Thriller : Un héritage empoisonné

Chapitre 3

À l’institut médico-légal, c’était le branle-bas de combat. Un corps qui disparait est impensable et il fallait le retrouver vite. Le commandant Faventiny convoqué d’urgence dut s’expliquer. Daniel commençait sérieusement à s’énerver.

— Je vous répète que je n’y suis pour rien. Putain, regardez vos caméras de surveillance, vérifiez les signatures, faites votre boulot ! Je me mariais, vous étiez au courant non ! Les dates correspondent, c’est une farce !

— Une blague de très mauvais goût, commandant !

Le procureur de la République marchait de long en large dans son bureau.

— Pour l’instant, nous n’avons pas encore averti la famille. Nous avons la chance que le corps ne devait être rendu que dans une semaine, nous avons donc le temps de le retrouver, mais faites vite. Cessez de me parler aussi sur ce ton.

— Excusez-moi monsieur le procureur.

— Je préfère. Je vous retourne ce que vous venez de me dire, à savoir, faire votre boulot. Je sais bien que vous convoliez en justes noces avec le docteur Apalberto, mais trouvez qui vous veut du mal. Vous n’avez pas emprisonné un voyou qui aurait des envies de vous le faire payer d’une manière quelconque ?

— Vous rigolez monsieur le procureur ? Des malfaiteurs qui souhaitent me voir à leur place, j’en côtoie tous les jours.

— Donc, je ne vous retiens pas et faites vite.

Le commandant Faventiny sortit furieux du tribunal. Ses deux collègues l’attendaient dans la voiture.

— Alors ? demanda Hugo

— Les gars, il va falloir faire fissa pour savoir où se cache ce corps. D’ailleurs, qui est-il ? Trouvez-moi son nom, pourquoi il est mort, sa famille, tout le tintouin quoi ! C’est pour hier bien évidemment !

****

Coralie Faventiny avait dormi seule. Daniel n’était pas rentré. Retrouver ce corps était sa priorité. Elle-même se demandait encore comment il avait été possible qu’il disparaisse. Ce qui l’intriguait c’était pourquoi les collègues qui l’avaient laissé partir avaient reconnu son mari. Ils étaient formels, c’était bien lui qui était venu.

En vérifiant la date, c’était impossible, il était à la mairie en train de convoler avec elle. Les témoins pourraient le certifier, ainsi que l’adjoint d’état civil. Le registre avait bien été signé par lui. Ce qui était très ennuyeux c’est qu’au même moment, le même paraphe était apposé au bas d’un document demandant la sortie du corps de la morgue. 

Elle avait eu le papier en sa possession. Pas de doute, c’était bien l’écriture de son mari. Il avait une manière de signer très particulière et difficilement imitable. C’était une histoire de fous.

Elle descendit à la cuisine se faire un café et avaler un bout de pain avec de la confiture. Elle ne voulait pas partir l’estomac vide. Ouvrir des corps à longueur de journée demandait une certaine concentration.

Elle pensa qu’un chien serait le bienvenu. La maison et le parc étaient assez grands pour l’accueillir et surtout elle se sentirait moins seule et protégée.

Le terme protégé la fit sourire. Pourquoi aurait-elle besoin de l’être ?

Elle jeta un coup d’œil dans le jardin et remarqua aussitôt son mari dans l’allée. Surprise parce qu’il ne l’avait pas prévenue de son retour, elle voulut l’appeler quand une porte claqua à l’étage. Distraite par le bruit, elle pensa qu’elle avait encore oublié de fermer la fenêtre de la salle de bains, elle détourna la tête. Lorsqu’elle regarda à nouveau dans le parc, son mari avait disparu. Aucune trace de voiture ne laissait imaginer qu’il était là, il y a à peine quelques minutes.

Elle saisit son portable et l’appela.

****

— Je vous informe commandant, le corps est un homme blanc, de taille moyenne, et figurez-vous qu’il n’a pas de famille. Il ne risque pas d’être demandé.

— Mais le procureur a dit…

— Il s’est trompé. C’est un SDF trouvé sur la voie publique. Effectivement, il y a un avis de recherche, mais aucune personne ne l’a réclamé. C’est quand même triste ça, de mourir tout seul dans la rue.

— Hugo, ce n’est pas le sujet ! Je suis d’accord sur le principe, mais dans le cas présent, ça m’arrange. J’ai un peu plus de temps pour le retrouver.

— N’empêche le proc t’a mis la pression pour rien.

— Hugo, laisse tomber ! Plus vite, nous trouverons, plus vite je serais tranquille. Il y a quand même un taré qui se fait passer pour moi. Ce n’est pas rien. Imagine qu’il tue quelqu’un ? J’aurais l’air malin !

Il saisit son portable qui vibrait sur son bureau.

— Commandant Faventiny, j’écoute.

— Daniel ?

— Ah c’est vous docteur ! Désolé, je ne vais pas pouvoir encore rentrer. Pour le déjeuner, vous seriez d’accord juste pour un sandwich ?

Hugo et Esteban virent leur supérieur pâlir.

— Tu rigoles là ! Je n’ai pas bougé d’ici. Mon équipe pourra le certifier.

— Je te dis que tu étais dans le jardin, il n’y a pas cinq minutes.

— Coralie ! il y a un sérieux problème, tu t’en rends compte j’espère. Ou tu as des hallucinations, ou quelqu’un se balade chez nous.

— Oui, mais ce quelqu’un te ressemble terriblement.

— Ferme la maison et…

— Je pars travailler Daniel. Il n’est pas question que je reste ici. C’est certainement une blague de mauvais goût, certes, mais je ne vais pas me laisser effrayer de la sorte.

Le commandant jeta son portable sur le bureau.

— Je vais devoir mettre une équipe de surveillance chez moi. Il y a un type qui me ressemble étrangement qui rôde dans le parc. C’est une histoire de fous.

****

Coralie s’empressa de fermer toutes les issues avant de monter dans sa voiture. Alors qu’elle allait démarrer, elle remarqua une porte sous l’escalier de l’entrée. Tous deux ne l’avaient pas encore vue. Décidément, la maison était vraiment immense. Une cave peut-être ? La jeune femme descendit de son véhicule.

Quand elle poussa la vieille ouverture en bois moulu, elle fut saisie aussitôt par une odeur qu’elle reconnut immédiatement pour la côtoyer tous les jours.

Le corps disparu était là, sur le brancard.

Chapitre 4

Quel branle-bas de combat dans la maison. Les équipes de la scientifique étaient arrivées, des bandes rouges et blanches installées pour interdire l’endroit. Les recherches d’empreintes avaient commencé.

La police inspectait toutes les pièces. C’est elle qui découvrit les nouvelles. Un comble ! Coralie et Daniel ne s’étaient pas encore aperçus qu’il y avait un grenier superbement aménagé.

— Sérieux, vous n’êtes pas venus ici ?

Esteban n’en revenait pas.

— Elle est immense cette baraque. À votre place, j’en aurais fait le tour dès mon arrivée.

— Pas eu le temps, bougonne le commandant.

— Tu as vu que la porte n’arrête pas de se refermer ?

Daniel pensa que c’étaitt celle-là qui devait claquer.

— Imagine qu’elle soit entr’ouverte, un courant d’air et paf !

— Pourquoi veux-tu qu’elle soit entr’ouverte ? Je ne savais même pas que cette pièce était là. Au fait, as-tu fait les recherches que je t’ai demandées ?

— Oui chef ! Vous allez trouver ça bizarre ! Je n’ai rien dégoté, comme si cette maison n’avait jamais existé.

— Impossible ! Elle est forcément enregistrée ne serait-ce que pour les impôts locaux. Tu es allé au cadastre ?

— Oui, je ne suis pas idiot. Rien ! Enfin c’est-à-dire qu’il y a eu un problème il y a quelques années. Un incendie ! Des dossiers ont flambé. Évidemment, celui-là était dedans.

— Il doit bien y avoir des personnes encore vivantes qui ont rencontré les propriétaires ?

— Apparemment, non ! Mais, vous me connaissez Commandant, je vais chercher et je vais trouver.

— Tu me vouvoies maintenant ?

Daniel ne put s’empêcher de sourire. Quand Esteban lui disait vous c’est qu’il se sentait investi d’une mission importante et qu’il désirait ne pas décevoir son supérieur.

****

Vincenzo et Sophia contemplaient le corps revenu à l’institut médico-légal.

— La décomposition a bien commencé. Les jours où il est resté dans la cave n’ont rien arrangé.

Vincenzo avait enlevé le drap.

— En tout cas, il est intact. Le voleur ne voulait pas s’en servir pour un sacrifice.

— Arrête tes conneries, répondit Sophia. Tu ne vois pas que Coralie est bouleversée.

Se tournant vers sa supérieure, elle demanda.

— Où allez-vous vous installer en attendant ?

— J’ai cru comprendre que ça n’allait pas prendre des plombes. Les empreintes révèlent que le commandant n’y est pour rien, étant donné qu’aucune des siennes n’a été retrouvée. Ni sur le corps ni sur le brancard.

— Donc, on est d’accord que celui qui est venu le chercher n’était pas votre mari ?

— Mais tu es con ou quoi Vincenzo ?

 Sophia lui fila une claque sur la tête.

— Ne me dis pas que tu as cru qu’il était coupable ?

— Arrête de me frapper. Je parle tout haut pour clarifier mes pensées. Pourtant la signature ?

— À ce propos, répondit Coralie. Un graphologue l’a étudiée. Figurez-vous que le commandant a une manière bien à lui de parapher. Celui qui l’a imité, ne connaissait pas cette subtilité, il est donc démontré que ce n’est pas Daniel qui a signé. Le spécialiste a fait du bon boulot.

— Donc Faventiny n’y est pour rien.

— Il faudra te le répéter combien de fois Vincenzo ?

— Vous allez arrêter de vous disputer ?

Coralie avait frappé sur le bureau.

— En attendant, j’avoue ne pas être trop rassurée. N’oubliez pas que j’ai cru voir mon mari dans le parc alors qu’il était au travail avec ses collègues.

— Un jumeau ?

— Non, Daniel est fils unique.

— Il a peut-être le don d’être à plusieurs endroits en même temps ! murmura Vincenzo, mettant ses mains sur la tête en prévision de la réaction de Sophia qui le fusillait du regard.

Coralie se permit de sourire.

****

— Commandant, où allez-vous dormir ce soir ?

— Chez nous bien sûr !

— Ce n’est pas prudent Daniel !

Hugo fronçait les sourcils.

— Si quelqu’un t’en veut, tu n’es pas en sécurité ici.

— Peut-être, mais je suis au bon endroit pour le débusquer.

— Tu penses qu’il est là ?

— Les collègues n’ont rien trouvé qui prouvent qu’il y ait un clandestin chez nous.

— Ta femme va accepter ?

— Elle en a vu d’autres.

— Et si ce n’était pas toi qui étais visé ?

****

— Et si c’était à toi qu’on en voulait Coralie ?

— En voilà une drôle d’idée !

— Ce n’est pas anodin quand même de déplacer un corps, qu’il se retrouve chez vous ensuite.

— Je suis d’accord, mais je ne vois pas le rapport avec moi.

— Je ne sais pas ! Peut-être un amoureux éconduit ?

— Tu débloques mon pauvre Vincenzo ! réagit aussitôt Sophia.

— Au moins, je cherche et mon idée n’est pas idiote. Imagine un mec qui en pinçait pour Coralie et qui se rend compte qu’elle n’est plus accessible parce qu’elle s’est mariée ? Ça se tient ! Les problèmes ont commencé depuis ce jour-là.

— Tu as peut-être raison, répondit le médecin, mais je ne vois pas quel pourrait être l’homme amoureux de moi à ce point.

— Tu penses à quelqu’un dans les collègues, toi ?

Sophia se mit à rire.

— Comment dire… À part nos morts qui défilent devant nos yeux, qu’on déshabille et qu’on ouvre en deux… Ah, mais je sais, peut-être que tu ne l’as pas fait avec tendresse et diplomatie.

Vincenzo applaudit.

— Qui dit des bêtises maintenant ? Est-ce que je te frappe moi ?

Ils se tapèrent dans la main en riant. Coralie ne put s’empêcher de se joindre à eux.

****

Je vais les laisser tranquilles pendant quelque temps, histoire qu’il m’oublie. J’ai eu un plaisir fou à sentir ces flics déambuler dans toutes les pièces. Impossible de me trouver. Mais je vois tout, j’entends tout. Où et qui suis-je ? Pourquoi ? Bientôt vous saurez. Pour l’instant, je vais profiter de votre bonheur tout neuf et distiller par-ci et par-là des indices. J’adore jouer ! Qui va gagner ? Vous ? Moi ? J’ai horreur de perdre ! Je suis le meilleur !

À suivre…

Romance : Cupidonetmoi.com

Chapitre 2

Marc Agosta descendit de son tracteur alors que Léandre sortait de sa grange.

— Salut l’ami !

Les deux hommes qui avaient fait leurs études agricoles ensemble se connaissaient depuis longtemps. Marc avait repris l’exploitation de ses parents plus spécialisée en céréales, alors que Léandre avait préféré s’occuper d’animaux.

— Tu m’offres un café ?

Marc, un rouquin à la tignasse emmêlée et toujours coiffée d’un béret, était souvent de bonne humeur. Quelques ridules d’expression apparaissaient d’ailleurs au coin de ses yeux verts plissés à cause du sourire qu’il affichait.

— Je suis à la bourre mon pauvre ! Mon réveil n’a pas sonné ! Mais je peux quand même t’offrir ton kawa du matin.

— À la bonne heure ! Je voudrais te parler de quelque chose.

— Allez entre !

Léandre s’effaça pour laisser entrer son ami. La familière odeur du café se répandait dans la salle aux tommettes rouges.

— Il fait toujours bon chez toi ! Dommage que tu vives tout seul.

Il promena son regard sur la pièce d’assez grandes proportions. Une cheminée faisait face à la table en chêne encadrée de deux bancs. Une cuisine fonctionnelle et dernier cri n’avait rien à envier à celle des chefs de restaurant. Léandre profitait de son peu de temps libre pour confectionner des petits plats. Il adorait ça et prenait plaisir à recevoir ses amis. Certes, il était célibataire, mais il ne vivait pas reclus dans sa maison. Sa sœur était la première à les goûter et à le féliciter. Clothilde avait des jumeaux, Clémence et Baptiste, âgés de huit ans. Ils aimaient venir passer des vacances chez leur oncle et par la même occasion chez leurs grands-parents.

— Ah tu ne vas pas recommencer, soupira Léandre, en sortant les bols de son buffet.

— Toutes les filles ne se ressemblent pas, tu sais. Ce n’est pas parce que ta Carlotta a changé d’avis qu’elles sont toutes pareilles.

— Enfin, elle avait quand même fait les mêmes études que moi et nous avions beaucoup de projets en commun.

— D’accord, l’odeur de ta Rosalie a pu l’indisposer. Avoue que ta vache est trop familière avec toi !

— Ce n’est pas de ma faute si elle n’aimait pas Charlotte. Elle a senti avant moi qu’elle n’était pas faite pour moi !

Tout en parlant, il versait le café dans les bols rouges.

— Tu n’avais pas quelque chose à me dire ? Si c’est pour la réunion des agriculteurs du village, j’irais si le maire ne la plante pas à 18 h. A-t-on idée aussi ! à cette heure-là, comment veux-tu que je sois libre ? Et les collègues ?

Il haussa les épaules. Il était un des seuls à avoir une exploitation de vaches laitières. Les autres pouvaient plus facilement se libérer, alors que lui, ses animaux connaissaient l’heure et pas moyen d’y déroger.

— Non, il s’agit d’autre chose.

Marc sortit son portable.

— Regarde ! J’ai trouvé un nouveau site de rencontres.

Léandre éclata de rire.

— Quand tu as une idée en tête toi !

— Elle n’est pas comme les autres. Tu rentres un pseudo.

Léandre l’interrompit.

— Comme les autres !

— Attends, je n’ai pas fini. Ton véritable nom est enregistré. Tu ajoutes ton adresse.

— Ben voyons pour que toutes les filles du coin apprennent que je cherche une femme.

— Justement, non ! Tes coordonnées sont rentrées dans la machine et c’est tout.

— Comment ça, c’est tout ?

— L’application sait donc que tu cherches une âme sœur et elle va la trouver pour toi.

— Ah oui ? Comme ça ? Elle saura sans savoir si j’aime les brunes, les blondes, les petites, les vieilles ?

— De toute façon, elle prospectera dans une autre région, c’est écrit. De cette façon, toi comme l’heureuse élue, vous devrez vous déplacer pour vous rencontrer.

— C’est ça, je vais faire des kilomètres pour voir une fille qui ne me plaira pas et la semaine d’après je recommencerai. C’est vrai que je n’ai que ça à faire.

À ce moment précis, la tête de Rosalie cogna contre la vitre.

— Non, mais regarde-là celle-là !

Léandre éclata de rire alors que son père entrait dans la cuisine.

— Elle te cherche mon garçon. Tu sais bien que c’est toi qui l’emmènes au pré ! Bonjour Marc !

Francis Castillo lui serra la main. Alors que Marc demandait :

— Alors je t’inscris ?

Francis interrogeait son fils du regard en lui montrant Rosalie.

— Oui c’est bon !

Il suivit son père. Rosalie sur les talons.

Marc pensa que la réponse était pour lui et tapa entrée sur son téléphone.

Dans le salon de coiffure de Léonie, les bavardages allaient bon train.

— Berthe a enfin trouvé chaussure à son pied.

— Ah bon ? Elle en aura mis du temps. Qui est l’heureux élu ?

La dame aux bigoudis sur la tête riait.

— Il s’appelle Pépin.

Mariette, le séchoir à la main, répondit.

— Berthe aux grands pieds était mariée à Pépin le Bref non ?

Léonie qui terminait d’encaisser une cliente se joignit à la conversation.

— C’est une blague ? Quel est le nom de cette application ?

— Cupidonetmoi.com.

— Ah quand même !

Mariette et Léonie se regardèrent perplexes.

 La dame aux bigoudis reprenait :

— On doit rentrer un pseudo, et son véritable nom. La machine fait le reste.

— Je n’y crois pas du tout. Par exemple, comment pourrait-elle savoir quel homme pourrait me convenir ?

— Tu n’as qu’à essayer Léonie, proposa son amie.

Elle saisit son téléphone et chercha l’application.

— C’est vrai ça, madame Capdabelle. Berthe a bien trouvé son Pépin, vous pourriez bien trouver vous aussi.

— Je ne connais pas d’histoire particulière rattachée à mon prénom, rétorqua Léonie.

— Ce n’est pas grave ça, répliqua Mariette. De plus, regarde, tu ne tomberas pas sur un de tes clients, la machine fait en sorte que vous voyagiez.

— Montre !

Léonie fit défiler les pages.

— Pour rigoler, alors !

— Vous ne risquez pas grand-chose madame, reprit la cliente aux bigoudis, seulement trouver le grand amour.

Léonie sourit. Pourquoi pas ?

Mariette appuya sur entrée.

Dans son sous-sol bien propre, la machine ronronna puis s’emballa. Les lumières clignotèrent.

— Ah ça ne va pas recommencer, s’inquiéta Jonathan.

Il tapota à nouveau sur son clavier et murmura à voix haute :

— Cupidonne ne me joue pas encore un sale tour !

Surpris, il entendit répondre :

— Je ne joue pas. Je travaille comme tu m’as programmé. Bonjour, Jonathan, et ne m’appelle pas Cupidonne. Je suis ton application Cupidonetmoi.Com. C’est ainsi que tu m’as créée et que je me prénomme.

— Pourquoi toutes ces lumières qui clignotent ? Peux-tu m’expliquer ?

— J’ai un petit problème. Mais ne te fais pas de soucis, je saurai le régler.

— N’oublie pas que je suis ton maître et que c’est moi qui peux te réparer.

Elle ne répondit pas.

Jonathan reprit son travail. Alice était absente et c’était tant mieux. Elle lui aurait encore fait des reproches ou se serait inquiétée.

— Je te propose un nouveau couple.

— Attends la directrice. Tu sais bien que c’est elle qui gère ça.

— D’accord Jonathan, je fais comme tu me l’as demandé, je lui envoie les fiches.

Un bruit de soufflerie, l’ordinateur chauffait. Une imprimante se mit en route puis cracha deux feuilles.

À suivre…

Thriller : Un héritage empoisonné

Résumé

Coralie et Daniel Faventiny sont jeunes mariés et ont hérité d’une superbe bâtisse qui ressemble à un château. Il est commandant à la brigade criminelle, elle est médecin légiste.

Ils ne sont pas arrivés depuis dix minutes que déjà, des petites choses les intriguent comme des sels de bain autour du jacuzzi, un lit fait avec leur parure de draps, et aussi une porte qui claque alors qu’elle est censée être inhabitée depuis longtemps.

Mais de qui vient cette maison et pourquoi l’ont-ils reçue en cadeau de mariage ?

Chapitre 1

La maison était superbe. Ils l’apercevaient à travers la brume matinale. Une mare au bout du parc accueillait un couple de canards. Il devait faire froid, car de légères vapeurs s’élevaient au-dessus de l’eau, mais ça n’avait pas l’air de déranger les volatiles.

Le chemin pour parvenir à la demeure était bordé de platanes. Ils étaient encore feuillus et leurs couleurs attestaient que la saison automnale était commencée. Il faudrait certainement arranger cette route remplie d’ornières. La voiture qui s’y aventurait cahotait à qui mieux mieux. Le couple riait. C’était normal qu’ils affichent leur bonne humeur, ils venaient d’hériter de cette bâtisse. Les clés serrées dans les mains de la jeune femme indiquaient qu’elle était bien à eux cette baraque. Ce terme ne correspondait pas vraiment, petit château serait plus approprié. Plusieurs toits se superposaient et une tourelle dominait le tout. Une envolée de marches conduisait jusqu’à l’entrée principale alors qu’une autre porte était en rez-de-chaussée.

Le couple était arrivé devant. L’homme coupa le moteur et regarda sa voisine.

— Bienvenue chez nous madame Faventiny.

Coralie et Daniel venaient de se marier. Ils n’avaient pas encore réalisé qu’ils avaient hérité de cette superbe demeure. Ils avaient trouvé dans l’urne déposée dans leur salle de réception, une enveloppe parmi d’autres, particulière. Elle recelait une clé, une adresse, et le titre de propriété.

Ils avaient longuement hésité avant de se décider à accepter ce cadeau. Pas de noms de notaire, pas de signature, rien qui leur permettait d’apprendre d’où venait cette surprise. Ils avaient l’un comme l’autre peu de famille et ce n’était pas un de leurs amis qui auraient pu leur offrir cette demeure.

Ils arrivaient donc, ce jour d’octobre, chez eux.

Ils sortirent en même temps de la voiture, curieux de découvrir comment était l’intérieur de la bâtisse.

— C’est immense pour nous deux, non ?

— Nous pourrons faire des tas d’enfants, répondit son mari en lui faisant un clin d’œil.

— Oui enfin pas tout de suite ! J’ai du boulot moi !

— Et pas moi peut-être ?

Ils rirent tous les deux. Elle était médecin légiste, lui, commandant à la brigade criminelle.

— On décharge nos valises ?

— Voyons d’abord l’intérieur !

Elle grimpa les marches. Arrivée devant l’entrée, elle leva les yeux. La tourelle lui donna le vertige. Elle enfila la clé dans le trou de la serrure, la porte s’ouvrit rapidement, sans grincement.

— Dis donc, même pas besoin d’huile !

Ils étaient à peine à l’intérieur qu’un bruit au loin dans la maison claqua.

— Tu as entendu ?

— Sans doute un courant d’air quand nous sommes entrés.

— Il faudra vérifier les ouvertures.

— Ah ! tu ne vas pas commencer Dany, ne joues pas au flic avec moi.

Il ne répondit pas et entraina sa compagne dans l’escalier qui menait à l’étage.

— Tu as remarqué ?

— Quoi encore ?

— Il ne fait pas froid !

Effectivement, pour une maison qui devait être fermée depuis longtemps, il n’y avait aucune trace d’humidité et d’air cru.

— Et ça ne sent pas le renfermé, répliqua Daniel.

— C’est génial ! Il n’y aura pas de gros travaux à faire.

— Si c’était le cas, nous pourrions toujours la revendre. S’il ne fait pas froid, il ne devait donc pas y avoir une fenêtre ouverte, remarqua Daniel.

— Il ne fait pas non plus, une température en dessous de zéro, Dany. Dis-moi ce qui te tracasse, tu ne l’aimes pas la maison ?

— Je suis très méfiant. Mais continuons de visiter.

Coralie partit devant et poussa les portes de l’étage une à une. Elle resta pantoise face à la salle de bains.

— Tu as vu Daniel ?

Comme il ne répondait pas, elle se regarda dans le miroir. Jolie brunette aux cheveux longs toujours attachés. Pourquoi avoir une telle masse lui répétait sa collègue si tu dois souvent les remonter. Personne ne pouvait comprendre. Sans sa tignasse, elle se sentait toute nue. Et puis Daniel l’aimait ainsi.

Un jacuzzi la narguait. Dernier modèle, s’il vous plait ! Ce qui l’intrigua encore plus c’est que différents sels de bains et de gels douche étaient disposés sur le rebord. Si son homme voyait ça, il allait de nouveau se poser des questions. C’était bizarre quand même !

Deux vasques faisaient face à la glace. Elle n’aperçut aucune serviette accrochée.

Elle ressortit de la pièce et poursuivit ses investigations, en ouvrant les portes les unes après les autres. Trois chambres de dimensions raisonnables se suivaient. Elle appela à nouveau son mari. Laquelle allaient-ils choisir ?

— Daniel ?

— Je suis en bas. Viens voir la cuisine.

Elle dévala l’escalier.

— Du chêne ! mazette !

— Pour le coup, ce n’est pas moderne.

— Tu aimes chérie ?

— Je ne vais pas faire la difficile et puis franchement, quand le camion va débarquer avec toutes nos affaires, la pièce prendra une tout autre allure.

— D’ailleurs, leur arrivée est pour quand ?

Coralie regarda sa montre.

— J’imagine qu’ils ne vont plus tarder.

— Viens, continuons notre visite. Quelle chambre préfères-tu ma puce ?

Ils repartirent à l’étage. C’était bizarre de découvrir une maison qui allait devenir la leur alors qu’ils ne l’avaient jamais vue. Par rapport à leur appartement, classe, d’accord, il n’y avait pas photo, ici il y avait de la place pour recevoir leurs amis.

— J’ai réfléchi que nous pourrions pendre la crémaillère prochainement non ?

Ils étaient sur le palier et poussèrent la première porte. Coralie stupéfaite contempla le lit.

— Tu as vu ? Il est fait ! Je suis certaine qu’il ne l’était pas quand je suis venue tout à l’heure.

— La personne est rudement rapide. Quand je pense à nos galères pour bien tirer la couette.

— Daniel, je ne plaisante pas. Il y a quelques instants, tu râlais parce que tu avais entendu une porte claquer, et là, tu n’es même pas étonné ? De toute façon, je ne dormirais pas dans ces draps. Imagine qu’ils soient sales ?

Elle s’approcha pour les sentir. Un subtil parfum d’adoucissant lui chatouilla les narines.

— C’est le même que le nôtre. Fleur de coton.

En se penchant sur le lit, elle reconnut sa parure.

— Mais regarde ! C’est celle que nous avions encore hier soir !

Daniel saisit son portable. Il allait appeler ses collègues quand un klaxon retentit. Coralie jeta un coup d’œil par la fenêtre, le camion de déménagement était devant la porte.

— Tu feras ça tout à l’heure, nos meubles sont arrivés.

À suivre

Feel good : C’est à cause de la clé

Résumé

Cléo Rose 25 ans. Réceptionniste d’hôtel dans une petite ville touristique. Fille de directeur et directrice d’école, elle n’a pas voulu suivre leur parcours et a passé un BTS Tourisme. Diplôme en poche, elle a trouvé ce poste dans cet hôtel 4 étoiles grâce à la notoriété de son père, fils et petit-fils d’une famille connue de la ville.

Arsène Maestro, 45 ans. Réalisateur très connu en quête de son héroïne pour son prochain film. Avec son meilleur ami et scénariste Claudio Copa, ils sillonnent les routes à la recherche du coup de cœur.

Par un pur hasard, Cléo va croiser sa route à cause ou grâce à une clé perdue. De quiproquos en situations inattendues, Cléo et Arsène vont dérouler tambour battant le film qui va changer leur vie.

Chapitre 1

— Vise un peu la rouquine ! Là !

Claudio Copa montra du doigt la jolie fille qui se mettait presque à quatre pattes dans le caniveau. Scénariste et meilleur ami d’Arsène Maestro, le réalisateur de renom, il sentait l’adrénaline courir dans ses veines. Depuis des semaines, ils cherchaient tous deux l’héroïne du nouveau film de Maestro.

— Arrête-toi je te dis !

— Je vais trouver une place de parking, ne t’énerve pas.

— Regarde ! Elle est trop marrante avec ses immenses lunettes qui lui tombent sur le bout du nez. Et ses cheveux ? Tu as vu ses boucles ?

— D’accord, Claudio, j’ai compris, tu as craqué pour cette nana. Qui te dit qu’elle a une belle voix ?

— Baisse ta vitre !

— Mais…

— Baisse ta vitre, je te dis !

La rouquine en question commençait à en avoir ras le bol de ce client à qui tout était permis parce qu’il avait la bourse bien remplie. Ses lunettes glissaient à cause de la chaleur. Ses cheveux qu’elle tentait vainement de jeter vers l’arrière n’en faisaient qu’à leur tête grâce au vent qui venait de se lever. Elle prit sa voix professionnelle, celle dont ses collègues disaient qu’elle faisait penser à celle des aéroports qui annonçaient les vols.

— Je vous assure que Noé n’a pas pu perdre vos clés, il est bien trop perfectionniste.

Pourtant, elle se pencha pour les chercher au sol. Elle sentit le regard des hommes dans son dos. Sa tenue de réceptionniste avec sa mini-jupe serrée et son chemisier ouvert n’était vraiment pas top pour se mettre à quatre pattes dans le caniveau.

Une fois s’être bien rincé l’œil du spectacle, le client mal luné tâta à nouveau ses poches et éclata de rire.

— Vous avez raison, les voilà !

Il les lui glissa sous le nez et lui tendit la main pour l’aider à se relever. Ce faisant, elle avisa une Audi noire, vitre baissée. Elle apostropha l’homme qui la fixait.

— Vous voulez une photo ?

Claudio éclata de rire alors que Arsène fronçait les sourcils.

— Je ne suis pas sûr que…

— Va te garer ! C’est elle je te dis !

Cléo Rose reprit son poste à la réception ainsi que son sourire figé. Encore une heure, elle aurait terminé sa journée. À elle, le maillot et la plage, puis elle retrouverait Sidonie qui tenait la buvette de la paillote.

Elle enregistra les fiches des nouveaux arrivants, donna des clés, remplit les registres, répondit au téléphone pour les demandes de réservations. Elle ne se rendit pas compte que deux hommes, assis dans les fauteuils de l’accueil, la contemplaient.

Arsène Maestro s’imprégnait des gestes de la jeune femme. Il filmait déjà ses cheveux roux emmêlés, captait sa bouche aux lèvres pleines, découvrait ses yeux verts et sa taille fine. Pas très grande, elle pourrait correspondre au rôle principal de son long métrage, une comédie relatant la vie d’une fille qui n’a pas sa langue dans sa poche. En costume, elle serait magnifique. En effet, Ludivine, jeune femme de bonne famille ne voulait pas suivre la voie toute tracée dictée par son père, un vieux grincheux.

— Alors ? Murmura Claudio, n’avais-je pas raison ?

— Allons lui parler, on verra bien.

Ils attendirent que le dernier client soit parti avec ses bagages pour l’approcher.

— Bonjour !

Claudio entama la conversation le premier. Elle leva la tête. Les deux hommes reçurent en plein cœur le regard vert de deux émeraudes.

— Vous vous êtes bien rincé l’œil ? Ça vous a plu ?

Elle les avait donc reconnus. Arsène sourit alors que son scénariste rougissait. Il prit les choses en main. C’était toujours la même chanson, Claudio faisait le malin, puis il restait pétrifié et ne savait plus quoi dire. Devant une belle femme, il perdait tous ses moyens.

Il se présenta.

— Arsène Maestro. Excusez mon ami, il est parfois un peu…

Il hésita.

 — Lourd ?

— C’est le moins que l’on puisse dire.

Elle jeta discrètement un coup d’œil à la pendule. Plus que cinq minutes. Elle espérait que sa collègue n’allait pas être en retard. Avec un peu de chance, c’est elle qui pourrait s’occuper de ces deux pots de colle. Avec un soupir de soulagement, elle la vit arriver.

— Si vous voulez bien m’excuser, je vous abandonne avec Françoise.

Elle ne leur laissa pas placer un mot, salua celle qui la remplaçait, le sourire aux lèvres. Elle lui indiqua en un temps record les dernières nouvelles et quitta les deux hommes. Mais Arsène Maestro l’arrêta dans son élan.

— En fait, c’est vous que nous venions voir. Ça tombe très bien que vous ayez terminé votre journée, nous allons pouvoir discuter tranquillement.

Stupéfaite, elle planta ses yeux verts dans l’étonnante couleur de gris bleu de son interlocuteur et le toisa.

— Pour qui vous prenez-vous ? Vous savez des gens comme vous qui me draguez, j’en rencontre régulièrement. Désolée, j’ai déjà donné. Bonne continuation dans notre belle région, messieurs.

Elle les quitta alors que sa collègue dissimulait un sourire. Claudio Copa, qui avait retrouvé la parole lui demanda :

— Elle est toujours comme ça votre copine ?

Françoise qui aimait bien la compagnie masculine n’hésita pas ;

— Oui, elle a un fichu caractère, mais pas moi !

Elle accompagna sa réponse d’un clin d’œil qui ne laissait aucun doute sur ses intentions.

Arsène Maestro sourit.

— Désolé mademoiselle, mais vous ne correspondez pas tout à fait à l’idée que je me suis faite de mon personnage principal.

— Vous faites du cinéma ?

Très intéressée, Françoise en oubliait les autres clients qui commençaient à s’impatienter. Elle fut rappelée à l’ordre par son chef qui la surveillait depuis le départ de Cléo.

Les deux hommes la saluèrent et se mirent en quête de la rouquine.

— C’est malin ! Si elle est sortie par-derrière, nous l’avons perdue.

— Vous cherchez quelqu’un ?

Le responsable de la réception s’approchait des deux amis. Il avait reconnu le réalisateur.

— Monsieur Maestro, je suis ravi que vous vous installiez dans notre hôtel. Vous aviez réservé ? Si ce n’est pas le cas, je vais voir ce que je peux faire.

Les deux hommes se regardèrent et se comprirent. Ils allaient prendre une chambre. C’était le seul moyen pour retrouver la jeune fille.

La notoriété du réalisateur fit son œuvre. Ils se trouvèrent tous deux dans une magnifique suite de laquelle, ils apercevaient au loin sur l’océan.

— Vous avez des bagages ?

Arsène donna ses clés de voiture et indiqua où elle était garée. Le garçon d’étage lui affirma que le nécessaire allait être fait pour que son véhicule intègre le parking de l’hôtel.

Le réalisateur lui glissa un généreux pourboire et en profita pour l’interroger. — Vous parlez de Cléo ? Une rouquine à l’accueil, je ne vois qu’elle. Je sais où vous pouvez la trouver. Sur la plage, devant la paillote. Il n’y en a qu’une, vous ne pourrez pas la rater. Elle y retrouve toujours sa copine.

À suivre…

J’écris, je partage…Vous lisez

Dès que vous verrez apparaître cette bannière, un nouveau chapitre d’une de mes histoires en cours sera publié.

Les histoires en cours ?

C’est à cause de la clé, un feel good.

Vous préférez une romance ? Cupidonetmoi.com est fait pour vous.

Et si vous êtes plutôt Thriller, suivez Un héritage empoisonné.

C’est parti.

Bonnes lectures à tous.

Avis de lecture

Bonjour Bonjour,

Je partage avec vous un retour de lecture.

Je remercie Isabelle-Marie d’ANGELE de m’avoir envoyé, en service de presse, son roman « Noël à la maison des cœurs blessés ». J’ai découvert la plume pétillante de cette auteure lors de la lecture de son premier ouvrage « M comme MUG ».

Bien que le fait de lire une romance de Noël en été n’est pas très habituel, j’ai pris plaisir à découvrir l’histoire de Philippine et Georges, deux êtres que tout semble opposer et que l’auteure nous conte sous forme d’un récit à plusieurs voix. Ainsi nous découvrons nos deux héros et les nombreux personnages qui les entourent. Philippine est une jeune femme issue d’un milieu aisé, capricieuse, superficielle et naïve au début du roman mais également très fragile. Elle cohabite avec Georges un ami d’enfance, l’homme idéal, chef d’entreprise beau et charmant. Seule ombre au tableau Philippine pense que son ami est gay.

Isabelle-Marie d’ANGELE nous plonge vraiment dans la magie de Noël et nous nous laissons emporter par ses mots jusqu’à « la maison des cœurs blessés ».J’ai beaucoup aimé cette romance contemporaine, tendre et légère où secrets de famille, vengeances, intrigues sentimentales sont au programme et dont les dialogues très vivants tiennent le lecteur en haleine jusqu’au dénouement.

Vous pouvez toujours vous procurer Noël à la maison des coeurs blessés ici version brochée.

Version numérique ici en promotion à 0,99 €. Il est aussi dans l’abonnement Kindle.

Voilà voilà 😊

Monsieur Blue Eyes-Caroline L. & Faustine Teisseire MG

Résumé

La magie des fêtes de Noël rappelle à Hope Evans la perte douloureuse de ses parents.

Enfermée dans son deuil, elle veille à ce que rien ne puisse accentuer sa douleur.

Pourtant, Monsieur Blue Eyes ne l’entend pas de cette oreille. Cet homme mystérieux et arrogant s’acharne à abattre toutes les barrières qu’elle a érigées pour se protéger.

Il la bouscule. Il la rend dingue.

Il l’amène à se dévoiler, tout en lui cachant les parties les plus sombres de sa vie, jusqu’à sa véritable identité.

Quand l’amour arrive aussi soudainement, les dégâts s’annoncent dévastateurs. Cette relation s’apprête à révéler leurs plus sombres secrets.

Hope sera-t-elle assez forte pour faire face aux trahisons qu’elle n’aurait jamais soupçonnées ?

Mon avis

Qui est ce Monsieur Blue Eyes ? Ce bel homme, arrogant, sûr de lui, PDG, qui un soir rencontre par hasard Hope Evans ? Coup de foudre immédiat pour lui, et enragé qu’elle le remarque à peine, il dérape avec sa meilleure amie.

Le décor est planté, et comme toute romance qui se respecte, le jeu de la séduction va se mettre en place. De bons moments de détente font plaisir et se suivent avec joie. C’est un peu comme le beau temps avant la tempête, vous voyez les nuages arriver et vous ne pouvez rien faire pour les arrêter et les empêcher de déverser leur colère.

Hope comme Noel sont tous deux entourés de véritables amis que j’ai vraiment aimés. Ils sont adorables. Hoc l’ami de Noel et Louka celui de Hope sont formidables. Tout au long de l’histoire, ils sont présents et font bloc. Solides tel le roc, ils protègent leur presque frère pour l’un et presque sœur pour l’autre.

Séduction et jalousie ont la part belle dans cette histoire. Je dirais même que la jalousie jalonne les chapitres. Elle monte en puissance. Jusqu’au bout, elle sera à pied d’œuvre et à cause d’elle ou grâce à elle, des non-dits et des secrets seront dévoilés. C’est là tout le dynamisme du roman, écrit à quatre mains.

Je salue le travail des deux auteurs qui ont produit une magnifique romance à déguster comme un bonbon sucré, avec quand même un mouchoir tout proche pour les plus sensibles. Pas d’incohérence dans le déroulement de l’histoire et les sentiments explorés sonnent justes. La plume est fluide et agréable à découvrir.

Le lecteur est tenu en haleine jusqu’à la fin et se demande quand va avoir lieu l’explosion ? Quand la colère voire même la haine va se déverser ? Vont-ils redresser la barre ? Sauver ce qu’il y a sauver ? Accepter l’inacceptable comme la trahison ?

Une seule solution pour le savoir… découvrir Monsieur Blue Eyes sans hésitation !

Le sablier du temps des Dieux – PENELLOPE VAN HAVER

Résumé

À une époque très lointaine, harmonie et bien-être primaient dans l’Éther. Dans cet espace vaporeux, toutes les anciennes générations de déités résidaient dans le palais de l’Olympe.

Chronos, dieu suprême du Temps, régnait en Maître, notamment grâce au pouvoir d’un sablier unique, indispensable à l’immortalité.

Mais les Dieux se lassent de leur situation.

Pour les distraire, des jeux sont organisés, afin de leur apporter plus de reconnaissance.

Cependant, la colère gronde inexorablement dans l’Éther.

Et lorsque les dieux s’ennuient, leur vraie nature refait surface, au point que le pouvoir de Chronos, jusque-là jamais surpassé ni même égalé, se retrouve menacé.

Malheureusement, lorsque la balance perd son équilibre, le Chaos apparait…

Qu’adviendra-t-il des dieux ?

Mon avis

Je salue en prime abord le choix de la couverture qui met à l’honneur le sablier, le héros de ce livre.

J’ai lu ce roman avec plaisir même si je ne suis pas une grande adepte de ce genre, un brin fantastique. J’avoue avoir été intriguée par le résumé et agréablement surprise par l’écriture de Pénellope Van haver.

Fan de mythologie, j’ai été happée par l’histoire superbement racontée. Ce livre trouverait tout à fait sa place en dessin animé tellement les images apparaissent au fil des pages au gré de mon imagination. Ce qui me fait sourire, c’est que pour en avoir discuté avec l’auteure, elle pensait le publier en y mettant justement des illustrations. Personnellement, c’est fantastique qu’en lisant, je me fasse ma propre idée et c’est ici le cas. Je verrais bien également une conteuse assise au coin du feu, nous raconter ce roman.

Péneloppe Van Haver a une plume fluide avec un vocabulaire riche. Elle connaît parfaitement son sujet et nous entraine avec elle dans son monde, je dirais féérique. C’est un livre très coloré. Elle a ce don, que les mots se transforment aussitôt en image. J’avoue avoir été envoûtée par son histoire que je recommande vivement.

De jeunes adolescents pourraient aussi en faire la lecture. Ils seront très agréablement surpris et découvriront les méandres de la mythologie de façon ludique.

À consommer sans modération, il est très instructif, parce que mine de rien, il vous transmet un message que je vous laisse savourer. Oui, c’est le mot, c’est un livre à savourer.

Les petits papiers de Marie-Lou – Corinne Javelaud

Résumé

Fêlures secrètes dans une dynastie bordelaise.

Dans les années 70, Marie-Lou Beltran, serveuse à L’Auberge du bonheur, vit avec sa fille, Dora, et sa mère, Luce, dans la maison familiale du quartier des Chartrons à Bordeaux. La main verte de Luce et les talents culinaires de Marie-Lou font merveille pour créer un cocon harmonieux.

Un trouble naît lorsque pour son anniversaire, Marie-Lou offre à Dora une magnifique poupée, dénichée chez un antiquaire. Les femmes Beltran constatent bientôt que la poupée suscite des phénomènes étranges.

Un médium prétend qu’elle est habitée par l’esprit d’un proche assassiné. Comment ne pas penser au père de Marie-Lou, Josué, et à son oncle, Féréol, morts en héros sur leurs arpents de vigne à Saint-Émilion, alors sous la botte allemande ?

Prise dans un engrenage de manifestations surnaturelles, butant sur le silence de Luce, Marie-Lou va devoir affronter les démons d’une histoire familiale tourmentée…

Mon avis

Je retrouve avec plaisir la plume de Corinne Javelaud. Une fois de plus, je suis subjuguée par son art de la description et sa manière de plonger le lecteur immédiatement dans l’intrigue.

Je commence donc l’histoire dans les rues de Bordeaux, puis dans l’auberge où travaille Marie-Lou. La présentation des héros est comme à son habitude très concrète. J’imagine très vite Marie-Lou, puis Luce. La boutique d’antiquités de Jean-Marie de la Romière est quant à elle sublime.

J’admire également le climat qui règne chez sa mère, Luce. Une belle maison où je me sens bien et que j’aperçois grâce aux mots distillés de-ci de-là par l’auteur. De plus, les talents culinaires de Marie-Lou sont mis à l’honneur alors je partage les parfums qui s’échappent de sa cuisine. Entre l’une, férue de botanique et l’autre de recettes ancestrales, je suis gâtée et l’ambiance y est très chaleureuse.

Il manque à tout cela un brin de romance. Elle prend les traits de Virgile Vincy. Est-il bien ce qu’il prétend être, je vous laisse le découvrir.

Toute une palette de personnages tient bien rôle, comme Jean-Marie de la Romière, Clovis le cousin de Marie-Lou, sans oublier la poupée Emilie offerte à la fille de Marie-Lou, Dora, qui m’entraine dans une atmosphère délirante. À partir de là apparaissent les petits papiers, d’où le titre Les petits papiers de Marie-Lou.

D’une ambiance cosy et chaleureuse, je passe à une période troublée où même un médium et un exorciste interviennent.

Les secrets de famille cachés sont amenés à se dévoiler et les protagonistes, comme Luce, Clovis et Virgile me surprennent. Petit à petit, Luce est obligée de raconter ce qu’elle a voulu taire à sa fille.

La plume de Corinne Javelaud est ainsi, elle vous embarque sans vous laisser de répit. Chaque chapitre vous révèle un mystère et je tourne les pages avec avidité pour connaitre la suite.

Je vous recommande chaleureusement ce nouveau roman de Corinne Javelaud, vous passerez, amis lecteurs, un très bon moment.