MaLou a repris du service, je crois te l’avoir dit. Millie est ravie, elle trouve son bonheur dans les livres, les carnets, les cahiers et les dessins de MaLou.
— Tu sais MaLou, je veux bien dessiner tes illustrations sur ton cahier de poésie.
Millie regarde l’écran avec les poèmes de MaLou.
— Celui-là, je veux bien le faire. Je vais m’entrainer sur une feuille et quand je serai prête, je le ferai pour de vrai sur ton beau cahier.
Celui-là c’est le poème de l’épouvantail ici avec cette illustration.
— Est-ce que ça plait MaLou ?
MaLou ne sait pas quoi dire, tellement ce dessin lui plait.
— Magnifique ma poulette 😊et j’ai vu que tu l’as signé.
— Oui, comme toi tu l’as fait en dessous de te ta poésie.
MaLou n’est pas satisfaite de son titre.
— Je ne suis pas douée en calligraphie.
— Tu sais MaLou, il faut t’entrainer. Moi, je trouve que c’est joli. Ton L est un peu… mais ça va quand même !
Elle est gentille Millie, mais MaLou n’est pas convaincue et est déçue du résultat.
— Tu en as une autre de poésie ? Je peux choisir ? Tu sais, il faut que j’arrive à la dessiner.
Elles s’installent toutes deux face à l’écran et à nouveau les textes défilent. Millie montre celui-là.
— Ce n’est pas grave si je ne fais pas celle avec le parapluie, je n’y arrive pas bien. Millie s’applique sur sa feuille avant de se lancer en vrai sur le cahier de poésie où Malou vient de recopier Un jour devant une pâtisserieici .
— On parle du parapluie rouge dans une strophe, remarque MaLou.
Millie se gratte la tête.
— Bon d’accord, je vais essayer.
Après quelques tentatives, elle se lance.
— Il te plait ? Tu me dis la vérité, je recommence s’il le faut.
MaLou sourit et montre la dame au chapeau.
— C’est rigolo, on dirait que celle-ci est dans la vitrine.
— Ça ne va pas alors ?
— C’est très bien ma chérie, tu mets ta signature et je prends tout en photo pour mon blog demain, c’est le jour des enfants, c’est parfait.
Archibald entendit arriver une motarde qu’il n’avait jamais vue. Elle abandonna son engin devant son atelier de boulangerie.
– Tiens, une touriste de passage qui a dû se perdre, pensa-t-il.
Il était rare que les villageois débarquent de ce côté, l’arrière de son magasin donnant sur une impasse. Il sortit sur le pas de la porte s’essuyant ses mains enfarinées à son tablier.
– Bonjour, vous cherchez quelqu’un ? Cette rue s’arrête ici.
La voix grave de son interlocutrice le surprit. Masculine avec ses bottes de moto et féminine avec ses cheveux croulant sur ses épaules, elle symbolisait un savant mélange de séduction.
– Commandante Angèle Merlin, se présenta-t-elle.
Il sourit.
– Vous êtes flic ? Jamais je ne l’aurais imaginé.
– Pourquoi ? Vous croyez encore au vieux commissaire moustachu ou à l’inspecteur à l’imperméable ? Vous parlez comme Paco.
– Qui est Paco ?
– Mon ami d’enfance.
Archibald pensa aussitôt à Marie-Sophie. Les deux femmes n’avaient rien en commun physiquement et pourtant cette amitié d’enfance les rapprochait.
– C’est marrant, vous ressemblez à Paco.
Le casque à la main, elle tournait la tête de droite à gauche, semblant chercher quelqu’un. Quelque chose clochait.
Une rouquine arriva derrière Archibald et l’interpella :
– Il te reste des…
Elle s’interrompit en découvrant Angèle. Elle s’approcha de son ami et détailla la nouvelle venue.
– Vous n’êtes pas d’ici. En vacances ?
Angèle hésita à répondre, c’est Archibald qui le fit à sa place.
– Madame est commandante de police.
Curieuse, Marie-Sophie l’interrogea :
– Il ne se passe pas grand-chose dans le coin. Vous êtes là pour une enquête ?
Angèle abandonna sa moto et vint vers eux.
– Je ne sais pas trop où je suis.
Archi et Marie-Sophie se regardèrent interloquées. Cette inconnue semblait pourtant être équilibrée, mais peut-être souffrait-elle d’un mal inconnu ?
– Au Pays basque, un petit village fort sympa.
Angèle ouvrit de grands yeux.
– Mais qu’est-ce que je fais ici ?
Les deux amis eurent pitié de la jeune femme. Marie-Sophie lui saisit la main et l’entraina à l’intérieur. Sans se concerter, Archibald décida d’aller au comptoir de la boulangerie et proposa à Marie-Sophie d’emmener Angèle chez eux, mais Angèle refusa, son esprit de fliccarburant à toute allure.
– Non, je ne veux pas vous déranger. Je vais me débrouiller.
Elle chercha aussitôt son portable pour appeler son capitaine.
Marie-Sophie murmura :
– Vous allez peut-être me prendre pour une folle, mais ne viendriez-vous pas d’une autre histoire ?
Angèle remonta ses cheveux et les attacha avec son élastique.
– Vous ne connaissez pas Paco ?
Marie-Sophie fit non de la tête.
– Je peux vous dire un secret ? Si voue ne faites pas partie de la même histoire, vous pourrez peut-être m’aider.
Elles s’assirent sur le banc appuyé contre le mur de la boulangerie à l’ombre.
– Paco est un voyou. C’est mon meilleur ami et moi je suis flic.
– Voyou comment ?
– Un gentil, comme un Robin des bois moderne. Vous allez rire, sa couverture ? Il est directeur de banque.
Angèle se tut. Marie-Sophie continua à sa place :
– Et vous ne voulez pas l’arrêter.
Angèle haussa les épaules et ajouta :
– S’il n’y avait que ça !
Marie-Sophie crut comprendre.
– Vous êtes amoureuse de lui ?
Angèle ne répondit pas. Marie-Sophie murmura :
– C’est pareil pour moi.
– Vous êtes flic ?
Elles rirent déjà complices. C’est ainsi que les trouva Archibald. Angèle le regarda. Il ne voyait que Marie-Sophie. Elle comprit.
– Comment faire pour retrouver mon histoire ?
Archibald haussa les épaules.
– C’est la plume qui décide. Quelle peur j’ai eue quand j’ai perdu Marie-Sophie, ça n’a pas duré longtemps fort heureusement. Elle avait disparu et d’un coup, elle était là.
– La plume ?
Angèle ne comprenait rien.
– Oui, c’est elle qui vous renverra dans votre cahier. Pour ma part, je n’ai même pas eu l’occasion de dire au revoir quand ça m’est arrivé, soupira Marie-Sophie, subitement, je me suis retrouvée ici derrière mon comptoir et puis… vous avez débarqué.
Oui, je sais Monsieur Lundi, je n’ai rien raconté la semaine dernière. Je rattrape le coup aujourd’hui, ne m’en veux pas. En plus… c’est la journée des Emojis 😂🤣😃😃
(●’◡’●) Humeur globale : Super bonne. Je crois que je surfe encore sur l’ambiance du festival, j’ai toujours la musique en tête, les souvenirs des concerts qui défilent… Bref, j’ai le sourire. De plus, il fait beau, pas trop chaud et le ciel est bleu.
(✿◡‿◡) Sortie : Nous sommes allés passer quelques jours chez mes beaux-parents à la campagne. Détente et zénitude assurée. La chance, ils ont 3 couples de palombes qui ont fait leur nid. L’un dans le tilleul tout proche de la terrasse où nous déjeunions, l’autre sur le grillage du poulailler (pas besoin de se creuser la tête parfois pour leur trouver un bel endroit 😂), le 3e dans l’érable devant leur maison. Du coup, nous étions bercés par leurs roucoulements et leur va-et-vient. J’adore ça, être en communion ainsi avec la nature. Un petit regret, les vaches qui normalement sont dans le pré voisin n’étaient pas là.
(❁´◡`❁) Blog et écriture : J’ai plein d’idées, tu as d’ailleurs dû t’en rendre compte. Mélanger mes histoires par le biais de mes personnages qui se trouvent dans les cahiers qui ne sont pas les leurs, intéressant non ? Ils sortent de leur zone de confort et moi aussi du coup 😂. D’autre part, Malou reprend du service, Millie est en vacances. Je t’avais parlé d’un projet, il prend peu à peu forme. Millie découvre une bande dessinée déclinée en 6 tomes. C’est elle qui en fera son retour de lecture guidée par Malou évidemment.
Je t’ai parlé aussi de mon cahier de poésies où je souhaitais regrouper tous mes textes, c’est elle encore qui en fera les illustrations. Millie est une artiste 😉.
(❁´◡`❁) Jardin : Ce sera l’occasion de nouvelles histoires. Figure-toi que nous avons découvert, Gaston le hérisson. Ah parce que je ne t’ai pas dit ? Mes locataires ont chacun leur petit nom : Annabelle — la tourterelle, Solange — la mésange, Arnaud — l’escargot (merci le dessin animé Franklin suivi avec amour par MiniMaxi 😁il y a quelques années=) Riri et Fifi les deux chauves-souris qui ont élu domicile derrière mon volet de chambre, Jack le merle et Hugo le moineau. Eh oui, ça en fait du monde tout ça !
Les Belles de nuit sont fleuries et le bégonia rouge est magnifique, je me demande encore comment c’est possible.
(‾◡◝) Lectures : J’ai enfin commencé le dernier sorti de Mireille Calmel, le templier de l’ombre et comme toujours, au bout de quelques pages, je suis happée par son écriture.
J’ai terminé les enquêtes de Maud Delage. J’ai le retour de lectures à faire. Je suis en retard sur ça d’ailleurs. Je crois que l’écriture prend le pas sur la lecture.
(⌐■_■) Agendas : J’ai le nouveau 2023-2024 de Mr Wonderful. Concernant le bullet Journal, j’avais commencé à en préparer un mais il ne me plait pas 😨, du coup je pense en reprendre un comme celui de l’an passé, il est déjà un peu préparé. J’ai besoin d’un cadre, contrairement à l’écriture, je n’ai pas beaucoup d’imagination pour créer 😏des dessins, des illustrations. Pourtant, j’essaie mais le résultat n’est pas concluant, surtout quand j’en vois ailleurs qui sont beaucoup plus jolis 😏.
J’attends les parutions des agendas de parole de sorcière.
⊙﹏⊙ Télé : Cette semaine, dans Ici tout commence, c’était le double mariage de Greg et Elliot, Hortense et Mehdi. Pour la romantique que je suis, je n’ai pu retenir quelques larmes.
Sinon, bonjour les rediffusions, entre les Visiteurs qui s’annoncent, la série Taxi, heureusement qu’il y a Camping Paradis 😂.
Je suis aussi avec intérêt The Voices Kids et je suis en admiration sur ces petits jeunes dont la benjamine a 6 ans, qui ne doutent de rien et chantent formidablement bien. Les coachs sont bien sympathiques, Slimane est sensible et laisse souvent échapper quelques larmes, Nolwenn Leroy est aussi touchante. Patrick Fiori a beaucoup de succès tout comme Kendji Girac. Ils n’hésitent pas à interpréter avec les enfants les chansons. J’aime beaucoup !
(¬‿¬) Ce que je dois faire : J’ai repris le Zentangle, je t’en parlerai prochainement (si si 😃), aller au cinéma mercredi, je veux absolument voir Mission Impossible avec Tom Cruise 😂. Il parait qu’il a fait la plus dangereuse cascade au monde sans se faire doubler, sauter d’une moto en plein vol et ouvrir son parachute. J’ai lu que la scène avait dû être refaite 6 fois 😮.
Ce serait bien aussi que je reprenne le rythme d’aller marcher. Monsieur Chéri a décrété que nous allions le faire avant le petit déjeuner, ce qui sous-entend se lever plus tôt pour moi que d’habitude 🙄 et surtout, faire ça sans avoir rien dans le ventre ? 😶.
Une jeune femme rousse a débarqué chez Héloïse et Stefano. Ils jouaient dans leur cabane quand ils l’ont aperçue dans le jardin.
C’est Héloïse qui s’est penchée pour l’interpeller.
La rouquine ne sait pas du tout où elle atterrit.
— Je cherche Archibald, c’est mon ami. C’est le boulanger du village, tu ne l’aurais pas vu ?
Stefano rejoint son amie et tous deux se regardent sans comprendre. Ils descendent alors de leur perchoir et fixent l’inconnue.
— Le boulanger ne s’appelle pas Archibald, répond enfin Stefano. C’est un copain de mon père, c’est Toine.
— Archi ne m’avait pas prévenue qu’il y aurait de la concurrence. C’est étrange.
— C’est quoi la concurrence ? l’interroge Héloïse qui tourne autour de la jeune femme. Tu en as de beaux cheveux roux. C’est de la vraie couleur ?
L’inconnue ne répond pas, très perturbée par le paysage qui l’entoure qui ne ressemble en rien à son jardin habituel.
— Tu as mal quelque part ? Tu veux boire un verre de citronnade, maman en fait de la très bonne. Tu t’appelles comment ?
— Marie-Sophie, répond machinalement la rouquine à la petite fille.
— Tu es nouvelle dans le quartier ?
Stefano pousse du coude l’incorrigible bavarde et murmure à son oreille que la dame ne semble pas en forme, qu’il faudrait peut-être l’emmener voir Charlie.
La voici d’ailleurs qui surprise de voir les gamins parler à une inconnue dans le jardin vient aux nouvelles, le sourire aux lèvres.
— Elle cherche Archibald le boulanger, répond rapidement Héloïse.
Charlie ne comprend pas. Marie-Sophie cherche des yeux quelque chose. Charlie s’approche d’elle et lui demande doucement.
— Qui est Archibald ?
— Mon meilleur ami, il tient la boulangerie. Peut-être ne venez vous pas vous fournir chez nous ? Vous habitez loin du village ? Vous connaissez sans doute Saverio ? Il habite ici depuis longtemps.
— Qui est Saverio ?
Marie-Sophie se retourne et se trouve face à Joe. Etrange, il ressemble un peu à Archi mais ce n’est pas lui. Son ami ne porte jamais de chapeau.
— Je me présente, Joe, je vis ici depuis des années. Vous cherchez quelqu’un ? Je peux sans doute vous renseigner ?
Marie-Sophie respire de plus en plus vite.
— Rassurez-moi, je suis bien au pays basque ?
Elle comprend immédiatement qu’elle a dit une sottise en voyant les yeux exorbités des enfants et la petite qui a du mal à se retenir de rire. Elle l’entend même glisser à l’oreille du garçon que la dame est tombée sur la tête.
Charlie et Joe s’interrogent et d’un commun accord entraine Marie-Sophie chez eux.
— Venez boire quelque chose et racontez-moi ce qui vous arrive.
— Je t’avais bien dit que tu devais boire de la citronnade, c’est le remède à tout, murmura Héloïse en glissant sa main dans celle de Marie-Sophie.
— Je crois que je ne suis pas dans cette histoire.
Surprise, Charlie demanda :
— Vous voulez dire que vous vous êtes échappée d’un livre ?
— Plutôt un cahier ?
— Trop bien, rit Héloïse en s’installant sur les genoux de Marie-Sophie. C’était quoi ton histoire ? Je parie qu’il y a un boulanger et…
Stop !
Marie-Sophie ne sut jamais ce qu’allait dire la gamine, elle se retrouva projetée dans son cahier.
— Maman ? C’est toi qui as fait ça ?
Héloïse interroge Charlie en plissant les yeux.
— Elle en a de la chance la dame de pouvoir voyager comme ça d’histoire en histoire.
— Elle ne semblait pourtant pas à l’aise et…
Stop !
Le cahier d’Héloïse et Stefano se referma sur eux d’un geste rageur.
Les personnages de ses histoires se sentent abandonnés et font le bazar.
Ils sont sortis de leurs cahiers pour aller dans ceux des autres. Marie-Sophie est chez Heloïse et Stefano, Angèle Merlin se retrouve avec Archibald 🤭😯 et ils ne savent plus comment s’en sortir 😆.
Au secours La Plume, c’est bien beau de partir en festival…et nous alors ?
Je pars… quelques jours… faire le plein de musique … où ça ?
Connais-tu le festival Les déferlantes ? Il se trouve cette année à Barcarès. La chance ! Je vais faire le plein de musique et de bonne humeur avec comme décor la mer ! 😁😊💖. Indochine, Sting, Scorpions, et tant d’autres sont prévus.
Voici ma poésie du jour, d’actualité 🎶🎶🎶. À partir de demain et ce jusqu’à lundi, je programmerai mes billets afin que tu ne m’oublies pas 😂. Je n’ai pas envie de mettre en pause mon blog pendant mon absence ni pendant mes vacances. Je sais que ça va être du travail mais j’aime 💖. Alors voilà 😁.
Musique dans la tête
C’est la fête.
Chansons à gogo
Du vieux et du nouveau.
Faire le plein de musique
C’est fantastique.
Oublié le stress
Bonjour, la tendresse.
La musique me caresse
Le rythme me prend de vitesse.
Danser, bouger, chanter
Ennuis et soucis envolés.
La musique comme thérapie
Redonne le sourire à la vie.
Finalement, j’aime bien le concept d’avoir le point de vue de mes deux personnages au même moment. Je te laisse retrouver Marie-Sophie 😊.
Marie-Sophie
Avec les idées que j’ai en tête, difficile de rester naturelle avec Archibald. Heureusement, les journées sont bien remplies et je n’ai plus seize ans. Encore qu’à cet âge-là, je connaissais déjà Archibald. Maman me serinait que ce garçon l’agaçait. Elle ne voyait pas d’un bon œil ce type qui passait beaucoup de temps à la maison. Mélusine faisait aussi partie de ma vie, mais ma mère trouvait qu’elle était quelqu’un de bien. Archibald, lui, était le bad boy. Celui qui en vieillissant, alors qu’il passait ses examens de boulangerie, venait me faire tester toutes ces créations. Quand il avait ouvert son magasin, maman avait été obligée de remarquer qu’il n’était peut-être pas si infréquentable. Mais elle rabâchait qu’à cause de lui je ne trouverais jamais l’homme de ma vie. Était-ce lui, justement, l’homme de ma vie ?
Mélusine n’a pas dormi à la maison et lorsqu’elle débarque dans la cuisine, je ne peux m’empêcher de rire en la voyant arriver, les cheveux ébouriffés et les yeux cernés, mais elle m’attaque d’entrée :
— Ne t’imagine rien, Enzo a été malade toute la nuit.
Stupéfaite, je demande :
— Où étais-tu alors ? Tu n’as pas couché ici ?
Agacée, elle répond :
— Bien sûr que si, mais tu dormais quand je suis rentrée. J’ai appelé Gabriel et il est venu l’ausculter. Apparemment, c’est une gastro, il a encore dû manger n’importe quoi, gourmand comme il est. Bref, il a dormi avec moi, seulement, Enzo est très remuant la nuit, je n’ai pas beaucoup dormi et de plus, j’étais inquiète.
Je n’ai rien entendu. C’est vrai que j’ai un sommeil de plomb.
— Archibald n’était pas là ?
— Je n’en sais rien, je ne suis pas allée frapper à sa porte. Il était déjà tard et comme je sais qu’il se lève tôt, je n’allais pas le déranger. Tu me sers un café, j’en ai bien besoin. Du coup, je ne pourrai pas t’accompagner dans le food truck, je vais rester avec lui et travailler mes coutures ici. Tu pourras te débrouiller toute seule ?
— Bien sûr, les clients attendront un peu plus avant d’être servis, ils en profiteront pour parler entre eux.
Je n’en reviens pas, c’est Morgan. Mélusine qui l’a reconnu également, murmure :
— Je te laisse MarieSophe.
Il frappa à la porte et attendit que je lui ouvre. Il était là devant moi, je reconnus immédiatement le Morgan d’avant, celui qui m’avait accueilli pour la première fois dans sa chambre d’hôte. Apparemment, l’éloignement lui avait fait du bien. Il souriait et à nouveau, je retrouvai la manière qu’il avait de plisser les yeux quand il me regardait. Mon cœur s’accéléra. Il me tendit la main et m’attira vers lui. Contre lui, je respirai son parfum qui m’avait manqué, je devais l’avouer. C’est ainsi qu’Archibald nous trouva quand il arriva avec le pain frais et autre chose dans la main.
Archibald
Je ne voulais pas me lancer dans la fabrication des viennoiseries alors que je savais parfaitement les fabriquer. Après maintes et maintes fois refusé, j’avais tenté un essai et je voulus en faire la surprise à MarieSophe.
Bien mal m’en a pris, je la trouvai dans les bras de Morgan. Immédiatement, je m’imposai un sourire et ne laissai rien voir de ma déception.
— Morgan ? Quelle bonne surprise ?
Je les vois se détacher et aussitôt je captai le regard de Marie-Sophie. Je la connais suffisamment pour comprendre qu’elle est ravie de le retrouver, mais autre chose aussi est inscrit dans son regard.
Morgan me tendit la main. Quelque chose était changé chez lui et je ne parvenais pas à définir ce que c’était. Dans tous les cas, il semble apaisé et en pleine forme.
— Racontez-moi ! Je ne vous cache pas que Charles m’a mis au courant de tout ce que vous avez entrepris avec le food truck. Cybèle a eu une excellente idée de vous céder son affaire. Vous avez de ses nouvelles ?
Je racontai. Marie-Sophie en profita pour préparer du café. Elle sortit la tasse préférée de Morgan. Depuis le temps qu’il était parti, elle était pourtant restée à la même place.
— Je vais reprendre toutes mes activités et surtout si vous avez besoin de moi, n’hésitez pas. J’ai cru comprendre que mon miel plaisait beaucoup. Je vais retrouver mes ruches et mes chèvres. Vous allez rire, mais mes animaux m’ont fait la fête ce matin.
Je regardai son chien couché à ses pieds.
— Merci à vous tous, j’ai retrouvé ma maison comme si je ne l’avais jamais quitté. C’était une parenthèse que j’ai été obligé de faire.
Il contempla Marie-Sophie qui baissa les yeux.
— Je vous raconterai… ou pas.
Il a avalé son café et posé sa tasse, il nous attrapa tous les deux dans ses bras et nous murmura que nous lui avions manqué et que tout allait bien maintenant.
— Assez de mélancolie, ce n’est pas mon genre, affirma-t-il. Je vais faire un tour au village, saluer tout le monde. Tu viens, le chien ?
L’animal était déjà debout. Morgan nous salua d’un sourire puis s’en alla les mains dans les poches en sifflotant.
— Je suis seule pour le food truck ce matin, dit Marie-Sophie, comme si de rien n’était. Enzo a été malade cette nuit, Mélusine préfère le garder.
Je n’hésitai pas une seconde. Je rattrapai Morgan.
— Ça te dirait de tenir la boulangerie ce matin ? Tu verras tout le monde d’un coup.
Je lui expliquai pourquoi j’avais besoin de lui. Il eut un vrai sourire et me tapa sur l’épaule.
— Très bonne idée, comme ça vous serez tous les deux, ajouta-t-il d’un ton sibyllin.
Je me suis régalée à écrire cette petite histoire. Trouver une expression et faire parler Héloïse et Stefano. C’est d’une logique imparable, je trouve😅. Je t’avais dit que j’avais l’humeur joyeuse quand arrivait l’été ? 😉🤪.
Héloïse et Stefano sont dans leur cabane et ils bavardent à qui mieux mieux.
— Tu sais ce que ça veut dire trouver chaussure à son pied ? Parce que ma copine, elle doit aller s’acheter des chaussures et sa mère lui a dit ça. Seulement, une autre a dit que c’était pas ça que ça voulait dire. Tu le sais toi ?
Stefano leva les yeux au ciel. Encore une de ces questions qui allait lui prendre la tête, mais pas cette fois-ci parce qu’il avait entendu le voisin Mathurin dire la même chose à son père quand Charlie avait débarqué chez eux.
— Je crois que ça veut dire trouver quelqu’un qui te va bien. Par exemple mon père avec ta mère.
Héloïse ouvrit de grands yeux et demanda :
— T’es sûr ? Parce que des chaussures quand même, il faut les essayer. Comment tu veux que papa Joe ait essayé ma mère, ça se peut pas.
Stefano aurait bien une idée mais il n’osa pas se lancer dans une explication dont il n’était pas certain de s’en sortir. C’était sans compter sur la curiosité de la gamine qui descendit à toute allure l’échelle de la cabane pour courir vers Charlie qui accrochait le linge sur l’étendoir de la terrasse.
— Dis maman, tu l’as essayé papa Joe pour savoir si ça t’allait ?
Ébahie, Charlie en laissa tomber son panier d’épingles. Héloïse dansant un pied sur l’autre, les mains dans le dos, attendait la réponse.
— Alors ? Parce que trouver chaussure à son pied ça veut dire ça, c’est Stefano qui l’a dit. Comme tu me dis toujours d’essayer les chaussures avant de les acheter, c’est pareil ?
Le regard de Charlie passa au-dessus de la tête d’Héloïse et croisa celui de Joe. Elle comprit à son sourire malicieux qu’il avait entendu la conversation. Il leva les mains en l’air lui signifiant qu’il la laissait gérer la situation.
— Ça devait aller puisque tu es restée avec papa Joe, finalement tu devais être la bonne taille, affirma Héloïse.
Alors bonjour Monsieur l’été, même si chez nous, il fait gris et que le ciel est rempli de nuages, reste des orages de cette nuit.
Il parait aussi que c’est la fête de la musique 🎶🎶, espérons qu’elle pourra avoir lieu si un orage, encore lui, ne s’en mêle pas.
Mais restons focus sur notre journée des enfants. C’est Stefano qui a la parole aujourd’hui. Je te laisse avec lui.
Joe et Stefano avait décidé de passer la journée entre hommes et à la pêche. Charlie avait dissuadé Héloïse de les accompagner.
— De toute façon, tu n’arrêteras pas de parler et tu feras peur aux poissons, avait martelé Stefano.
Vexée, elle avait tapé du pied, boudé, imploré sa mère qu’elle fasse changer d’avis papa Joe, mais rien n’y fit. Les hommes souhaitaient passer la journée entre eux.
— Nous serons entre filles ici, la câlina Charlie. Si tu veux, tu pourras te servir de ma machine à coudre et même de mes crayons de couleur.
Héloïse haussa les épaules et fit contre mauvaise fortune bon cœur en regardant avec envie partir les deux garçons.
Il y avait longtemps que Stefano n’était pas allé pêcher avec son père, aussi il voulait en profiter à fond. Il adorait passer du temps avec lui, et surtout, il voulait lui parler de son souhait le plus cher.
Joe connaissait bien le coin des pêcheurs, il était tôt, il savait qu’il n’y aurait personne. Il installa ses cannes, déplia les deux tabourets, approcha la glacière avec le saucisson et le pain acheté en passant devant la boulangerie, et invita son fils à s’assoir près de lui.
Il faisait frais et beau. Tous deux avaient un bob sur la tête en prévision du soleil. Ils restaient immobiles et muets. La nature s’éveillait et quelques oiseaux se désaltéraient devant eux. La brume se levait et des gouttelettes de rosée s’accrochaient aux hautes herbes qui se balançaient doucement au gré du vent.
Des poissons sautaient loin d’eux. Joe murmura :
— C’est ici qu’il faut venir les gars.
— Tu crois qu’ils savent qu’on veut les prendre ?
— Mais non !
— Tu as promis qu’on les remettrait à l’eau, hein, papa ?
— Promis fils ! C’est juste pour passer un bon moment avec toi. La pêche c’est reposant, n’est-ce pas ?
— Tu en as de la chance papa de mener la vie que tu as, moi, je veux faire pareil que toi quand je serai grand.
Joe sourit à son fils.
— Je travaille dur tous les jours tu sais, sinon, il ne rentre pas d’argent et tu ne pourrais pas avoir ce que tu veux.
— Oui, mais ton travail, je l’aime bien. Moi aussi, je veux avoir des animaux, un tracteur, et faire des céréales, tout comme toi.
— Pas de problème mon garçon, tu pourras te diriger pour l’école d’agriculture quand tu seras plus grand. Tu as encore le temps d’y réfléchir, tu sais, ajouta Joe en lui ébouriffant les cheveux.
— Justement, c’est de ça que je voulais te parler. Je ne veux plus aller à l’école, ça ne sert à rien puisque de toute façon, un jour on sera mort. À quoi ça sert d’apprendre des trucs si on ne peut pas s’en servir.
Stupéfait, Joe regarda son fils et en oublia le bouchon rouge de sa canne à pêche qui s’enfonçait dans l’eau. Stefano le rappela à l’ordre en hurlant :
— Papa, vite un poisson !
Le cri affola la bête qui se démena tellement que l’hameçon se décrocha et le bouchon reprit sa place.
— Ben voilà, il est parti, c’est malin ! râla Stefano.
— De toute façon, tu ne devais pas le garder alors…
— Oui, mais je voulais voir comment il était.
— Il ne fallait pas crier si fort.
— Je ne pouvais pas savoir que c’était un poisson surhumain.
— Ne noie pas le poisson justement, rit son père. Qu’est-ce que c’est cette idée d’arrêter l’école ? Tu sais bien qu’elle est obligatoire jusqu’à 16 ans alors tu as le temps de voir venir. De plus, tu as tort de ne pas vouloir t’instruire. Tu es tellement curieux que si tu n’avais pas appris à lire tu ne pourrais pas découvrir ton encyclopédie. Pour la satisfaire ta curiosité, il faut bien la nourrir.
Stefano regarda son père qui avait toujours réponse à tout. Il n’avait pas prévu ça, c’est vrai que s’il ne savait pas lire ni écrire, il serait bien embêté pour déchiffrer ne serait-ce que les panneaux pour rentrer à pied ou aller payer tout seul le pain à la boulangerie.
Joe ajouta :
— J’espère bien que tu ne vas pas mourir tout de suite, en grandissant, tu auras de plus en plus envie de découvrir des choses. De plus, tu as des copains non ? Tu n’aimes pas jouer avec eux dans la cour de récréation ? Discuter avec eux ? Apprendre avec eux ?
— Toi aussi tu m’apprends des trucs. La maîtresse ne sait pas tout.
— Effectivement, mais c’est un ensemble Stefano. Il y a des enfants qui aimeraient bien être à ta place et qui ne peuvent pas aller à l’école pour apprendre à lire.
— Ouais je sais, bougonna Stefano. N’empêche, ils ont bien de la chance eux, ils ne sont pas obligés de se lever tôt tous les jours et de rester assis à écouter.
. — Dis-moi bonhomme, à quelle heure t’es-tu réveillé pour venir avec moi ? Tu n’as pas râlé, il me semble.
À ce moment-là, le bouchon s’enfonça. Cette fois, Joe prit les choses en main et il leva sa canne. Un petit poisson gigotait au bout de la ligne.
— Relâche le papa, je suis sûr qu’il a mal.
Sans discuter, il décrocha l’hameçon et rejeta l’animal dans l’eau.
— C’est vrai que des enfants aimeraient aller à l’école et qu’ils ne peuvent pas ? C’est triste quand même.
— Que ferais-tu de tes journées ? Quand tu es en vacances, ça va parce que ce n’est pas habituel, mais rappelle-toi bien qu’à la fin du mois d’août, tu commences à tourner en rond, tes copains te manquent. Tu aimes bien aussi le foot non ?