Les fantômes de Marianne – Corinne Javelaud

Bonjour toi 😉

Je partage avec toi une de mes dernières lectures. Connais-tu ce roman de terroir ? Si oui qu’en as-tu pensé ?

Amour, vengeance et roselières dans le Marais poitevin

Sous le Second Empire, Poppée Dupuybel est encore une fillette lorsque sa famille quitte Paris pour s’installer à Niort, où son père, ingénieur des Ponts et Chaussées, va prendre la direction de l’aménagement du Marais poitevin.

Soumise à une éducation très stricte sous la férule de Marianne, sa gouvernante, la petite Parisienne se lie en cachette avec deux enfants maraîchins, Tino et Lili, grâce auxquels elle découvre le monde magique du marais : son labyrinthe aquatique, ses roselières, ses villages isolés que l’on relie en gabare.

Une fugue de Poppée avec ses amis conduit au renvoi injuste de Marianne. Pour la jeune fautive, le châtiment n’est pas moins terrible : elle est envoyée en pension au couvent des Ursulines de Niort. Mais, ignorante du secret que cache sa gouvernante, Poppée aura à payer plus chèrement encore le prix de son inconduite…

Je ne connaissais pas le monde des Marais poitevins, Corinne Javelaud sait le faire découvrir à ses lecteurs à l’aide de sa plume. C’est sa façon magique de nous plonger dans une histoire sur fond d’Histoire.

Ici, il s’agit une petite fille, Poppée, issue d’une famille aisée de la région Parisienne, qui part avec ses parents à Niort. Immédiatement, je comprends que son père n’a que faire de ce que peut penser une gamine qui voit un monde totalement différent.

Abandonnée à Marianne, sa gouvernante, elle n’en fait rapidement qu’à sa tête et comme l’enfant qu’elle est, curieuse de tout, elle va s’approprier à sa manière les Marais poitevins, sans se douter un seul instant qu’elle est la fille du nouvel ingénieur des Ponts et Chaussée qui vient tout chambouler.

Comment ne pas comprendre que cette gamine ait l’envie de la compagnie d’autres enfants ? Comme elle ne peut le faire sous l’œil vigilant de Marianne, elle profite d’une sieste de celle-ci pour s’évader sans imaginer une seconde les conséquences sur sa propre vie et de celle de Marianne.

La colère de son père est sans appel, Marianne est renvoyée et Poppée enfermée au couvent. Et même si sa mère a le cœur en lambeaux, elle n’ose braver les ordres de son Crespin Dupuybel.

C’est justement à cause de la santé de Hortense Dupuybel que son mari Crespin va faire la connaissance d’un médecin qui va tomber sous le charme de la jeune Poppée en photo. Il n’en faut pas plus pour que les parents imaginent que ce serait un beau parti pour leur fille et le jeune homme est autorisé à aller la rencontrer au couvent.

Bien qu’encore insoumise, Poppée qui semble avoir retenu la leçon de son inconduite se laisse séduire par ce gentil homme avec qui elle se mariera.

Mais alors qu’est devenue Marianne ? Et pourquoi ce titre ?

Par hasard, Poppée devenue l’épouse du médecin va la retrouver. Marianne est à nouveau gouvernante et elle en veut terriblement à la petite fille. Poppée va tenter de s’excuser, si tant est que ce soit possible, et peu à peu va comprendre ce qui s’est passé dans la vie de Marianne à partir de son licenciement. Poppée ne s’attend pourtant pas à une telle vengeance de Marianne.

Je trouve toute cette partie plus intéressante parce qu’on explore alors les sentiments des personnages. Marianne est une femme qui a énormément souffert et l’on réalise pourquoi au fil des pages. Personne ne s’est soucié de ses envies quand elle a dû suivre Poppée et quitter Paris. Dès qu’elle a été renvoyée, qui s’est préoccupée de ce qu’elle allait devenir dans cette ville inconnue pour elle ? Les parents Dupuybel me sont franchement antipathiques et égoïstes.

Une bonne partie du livre étant sur la vie du Marais, j’ai trouvé un peu longuettes et lourdes toutes ces descriptions qui, il faut l’avouer, n’ont rien de plaisant, même si les promenades en gabare semblent amusantes.

Je connais Corinne Javelaud pour ces livres de terroir, j’ai moins accroché sur celui-ci, mais peut-être ai-je été hermétique à cette ambiance et sensible à la froideur des Dupuybel.

Pour tous les amateurs de romans de terroir, je le recommande. Il est très bien écrit et jalonné de moult explications sur le travail dans les Marais poitevins.

À très vite…

Petit plaisir du lundi

Bonjour toi 😉

Tout d’abord, je te présente mon nouvel avatar qui a revêtu sa tenue de printemps. Tu le connais, il m’accompagne à chaque billet, c’est lui qui te dit à très vite 😁.

Et quelle surprise ce matin ! Je te les partage 🍓.

Les premières fraises ! Monsieur Chéri m’appelle ce matin en me disant qu’il y avait une surprise au jardin. Il était fier et moi j’étais heureuse pour lui. Elles sont bonnes, pas trop de parfum mais le goût est là.

Et puis il y a ça !

Et ça ! Nous ne sommes pas d’accord sur son nom, Monsieur Chéri ne se rappelle pas comment il est arrivé là. En faisant des recherches, moi je pense que c’est un oranger du Mexique, mais Monsieur Chéri a un doute sur la fleur qui n’est pas tout à fait celle-là. Si toi tu le reconnais, n’hésite pas à me le dire.

Et aussi parce que c’est le 8 Mai et que je n’oublie pas 💖

À très vite…

Samedi Musique

Bonjour toi 😉

Je partage aujourd’hui la musique de Mylène Farmer dont je salue le travail du spectacle. Johnny Hallyday disait d’elle que sur la scène, elle était comme lui, c’est du grandiose. Rien n’est laissé au hasard. Sa prochaine tournée est annoncée et les places se vendent comme des petits pains.

Bon samedi 🎶

À très vite…

Nouvelles de mon jardin

Bonjour toi 😉

Cette année, il s’en donne à cœur joie mon jardin et je remercie Monsieur Chéri qui s’en est superbement occupé et qui en est fortement récompensé.

N’est-il pas magnifique ? Voici Monsieur Rhododendron.

Il n’est pas non plus et lui, il parfume tout le jardin, j’ai nommé Monsieur Seringat. Il s’est tellement épanoui qu’il vient gratter la fenêtre de notre chambre. Dès la fin de sa floraison, il sera taillé pour être encore plus joli l’année prochaine. (Je n’aime pas quand Monsieur Chéri le taille, mais il parait qu’il le faut et que c’est bien pour lui).

Celle-ci n’est pas encore ouverte, j’ai nommé Mme la Pivoine rouge.

Mais ses copines plus en avance s’en donnent à cœur joie, bonjour les pivoines roses.

Je ne les avais pas encore montrés, ils m’en ont fait la remarque, je répare mon oubli. Voici Messieurs Genêt et Fusain.

Bonjour Madame la Moutarde qui grimpe, grimpe 😉. Elle n’a pas de parfum mais elle est jolie.

Mesdames les Renoncules ne sont pas en reste.

Les voilà, Mesdames les roses jaunes au parfum délicat.

Voici un petit aperçu avec le lilas.

À très vite…

Jeux des questions

Bonjour toi 😉

C’est chez Marlabis ici que j’ai trouvé ces questions. Va y faire un tour, tu y trouveras tout un tas de choses sympathiques.

Je me lance 😂

1-Pour quelles raisons tu réponds à mes questions ?

En voilà une question qu’elle est bonne. Je me le demande encore 😉, j’en avais envie tout simplement.

2- Vous écoutez quoi en ce moment ?

Juste à l’instant, c’est Jenifer : les choses simples.

3- C’est quoi le dernier truc que tu as mangé ?

Un carré de chocolat avec mon café.

4- Comment vas-tu en vérité ?

Bien je pense. J’ai parfois le moral en berne mais je m’évertue pour qu’il ne le reste pas longtemps. Je sais que le cerveau aime les choses négatives alors je lui en propose des positives.

5- Une femme : Plutôt pantalon ou jupe ?

Les deux mon général 😂. Le pantalon l’hiver et la jupe l’été.

Un Homme, plutôt kilt ou bermuda ? Pour les hommes, le kilt ? bof ! Le bermuda oui mais pas à fleurs 😁. Après, un homme en costume m’a toujours fait rêver avec la chemise ouverte pas de cravate. (Dans mes histoires, les hommes sont souvent ainsi 😂).

6- Pourquoi les chats passent-ils leur temps à sortir ou rentrer ?

Je pose la même question pour les toutous. Je ne sais pas, ils ont certainement des trucs à faire. Peut-être que nous aussi, sans nous en rendre compte nous faisons pareil, on se lève, on se rassoit, on se relève pour aller chercher un truc. Fais attention, je suis certaine qu’ils nous imitent.

7- Quelle est ta lecture du moment ? Tout l’monde peut y répondre à sa guise.

Sans regrets de Françoise Bourdin. C’est son tout dernier puisqu’elle nous a quittés. Le titre m’interpelle du coup.

8- Notez le 1er mot qui vous vient à l’esprit quand on vous dit : maison, terre, pluie.

Parfum. La nature qui vient de recevoir une belle averse sent divinement bon.

9- Quand vous êtes-vous senti pour la 1ère fois dans la peau d’un adulte ?

Que je n’aime pas cette question. Je n’ai pourtant pas le syndrome de Peter Pan, mais je ne sais pas si je suis vraiment une adulte alors que j’ai 3 grands enfants. Peut-être que j’ai eu l’impression de le devenir quand je me suis mariée, j’avais 18 ans. Après la vie se charge de te rappeler à l’ordre. Je crois que le pire est arrivé quand j’ai perdu mes parents à neuf mois d’intervalle. Là oui, j’ai compris que la vie me jouait un drôle de tour.  

10 -Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée hier ?

Attends, qu’est- ce que j’ai fait hier ? Ah oui, c’était une journée pourrie, il n’arrivait que des trucs pas rigolos. Il doit bien y avoir un truc pourtant qui soit chouette… Ben oui, le sourire de mon homme bien sûr.

Voilà, j’ai répondu à toutes les questions. Si tu as envie de faire de même, n’hésite pas et va chez ici

À très vite..

Promenade dans mon enfance

Quelle plaisir de retrouver ailleurs mes billets ici chez Miss Zen

Avatar de Miss ZenMiss Zen

Comme je suis en panne d’inspiration, je reprends le jeu des questions de Isabelle-Marie d’Angèle

Es-tu une vraie princesse ?

Aujourd’hui comme hier : pas trop. Ou alors une princesse un peu garçon manqué comme on disait à l’époque (quelle terrible expression)

Gamine, j’aimais le rose, même beaucoup mais je n’ai jamais été très fifille.

Mes héroïnes, c’étaient plutôt Candy Candy , Heidi, Lili de la Bibliothèque Rose ou Laura Ingalls

Es-tu casse cou :

Gamine : terriblement, j’étais un vrai ouragan : je grimpais aux arbres, sur les toits, je descendais les pentes à toute vitesse en patin à roulettes ou à vélo les mains en l’air (sans casque évidemment personne n’en portait), jamais peur à cheval.

Je reste attirée par l’aventure : j’adore faire de l’accrobranche, j’ai adoré mon essai de char à voile, je rêve de faire de la plongée ou de remonter à cheval (et notamment…

Voir l’article original 324 mots de plus

Je dis Poésie – 3 femmes devant une pâtisserie

Bonjour toi 😉

J’aime bien choisir une illustration au hasard. Enfin, elle doit m’appeler, c’est à dire me donner l’envie de trouver les mots pour la décrire. Ce jeu-là stimule mon imagination. Quand en plus, je choisis de l’écrire en vers, voici ce que ça donne mais est-ce vraiment de la poésie ? Je dirais plutôt que c’est une bafouille de ma plume 😂.

Elles marchent la tête ailleurs. 
Ce n’est pas qu’elles regardent l’heure,
Non, l’une consulte ses photos
Alors que l’autre prend l’eau. 
La troisième, le nez dans son bouquin
Va se prendre un gadin. 

Pourquoi un parapluie
Alors que le soleil luit
À en croire la capeline
Que porte la belle Adeline. 

Pas un regard pour la pâtisserie
Où s’étalent à l’envi
Moult gâteaux au chocolat farcis.

Ne pourraient-elles
Ces belles demoiselles
Se souhaiter le bonjour
Avec un sourire toujours ? 

Elles pourraient peut-être aider
Celle qui va s’envoler 
Avec son rouge parapluie 
Qui lui créé des ennuis. 
La vendeuse lui avait prédit 
Qu’il était un abruti
Ce rouge parapluie. 

Elle n’en avait cure
C’est celui-là qu’elle voulait
Elle voudrait bien le refermer
Pour retrouver sa voiture. 

Trois femmes par hasard
Se croisaient sur le boulevard
Devant une pâtisserie 
Qui ne leur faisait même pas envie. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Mai 2023).
À très vite…

Héloïse veut faire du vélo

Bonjour toi 😉

Mercredi, jour des enfants, c’est avec plaisir que je retrouve mes petits personnages Héloïse et Stefano.

Héloïse aimerait bien faire du vélo. Stefano voulait lui prêter le sien.

— Non, j’en veux pas, c’est un de garçon.

Stefano haussa les épaules, il ne voyait pas la différence.

– Il est bleu.

— Ne me dis pas que tu en veux un rose ?

Joe qui avait entendu la conversation intervint :

— Il y a longtemps que c’est fini cette histoire, du rose pour les filles et du bleu pour les garçons.

— C’est pas vrai. Mes copines, elles ont des vélos roses.

Papa Joe fronça les sourcils et Charlie qui passait par là éclata de rire.

— Héloïse, je t’ai bien vu jouer au foot pas plus tard qu’hier. C’est pourtant un jeu de garçons non ?

La petite fille ouvrit de grands yeux et brava sa mère.

— C’est pas pareil, il y a des équipes de filles dans le football.

— Et ? insista Papa Joe.

— Ben… je veux un vélo rose voilà.

Joe et Charlie rirent de concert. Stefano y ajouta son grain de sel.

— Dis plutôt que tu préfères avoir un vélo neuf à toi que d’avoir le mien trop petit pour moi.

Héloïse se dandina d’un pied sur l’autre. Elle était démasquée. Charlie lui proposa :

— Nous ne savions pas que tu avais envie de faire du vélo, tu n’en avais jamais parlé, ce qu’on peut faire c’est que tu essaies sur celui de Stefano et si ça te plait et que tu débrouilles, promis, tu pourrais choisir celui dont tu rêves.

— Le vélo de mon fils est en très bon état, ajouta Joe qui ne trouvait pas utile d’en acheter un nouveau qui dans un an serait devenu trop petit. Il préférait attendre, mais il se tut.

Héloïse accepta du bout des lèvres. Joe vérifia la selle et l’ajusta à la taille de la fillette. Elle n’était jamais montée sur une bicyclette aussi papa Joe remarqua :

— Je crois me rappeler où sont rangées les petites roues, ça serait plus facile pour commencer.

Héloïse n’était pas d’accord, elle voulait être une grande tout de suite. Pour montrer qu’elle savait faire et surtout qu’elle pourrait avoir rapidement un vélo bien à elle, elle grimpa sur l’engin. Charlie tenta de lui tenir la selle et d’avancer avec elle, de peur qu’elle tombât n’ayant peut-être pas encore l’équilibre, mais Héloïse donna un gros coup de pédale et la voilà partie.

Surpris, Stefano qui avait failli être renversé se recula en criant alors que Papa Joe et Charlie, ébahis, contemplèrent Héloïse, très fière d’elle qui s’échappait par le portail.

Surpris, Stefano qui avait failli être renversé se recula en criant alors que Papa Joe et Charlie, ébahis, contemplèrent Héloïse, très fière d’elle qui s’échappait par le portail.

Affolée, Charlie se mit à courir derrière elle. Il ne passait pas souvent des voitures sur ce chemin, mais il suffisait que Mathurin rentrât avec son tracteur et c’était l’accident, mais Héloïse revint toute guillerette. Elle posa pied à terre et afiirma à Stefano.

— Je ne l’ai même pas abimé, il roule super vite. Merci.

Elle se tourna vers Papa Joe et sa maman.

— Alors, on y va quand choisir mon vélo ?

Charlie fronça les sourcils, sa fille la regardait d’un air frondeur qui ne lui plut pas.

— On a le temps et tu serais gentille de nous parler sur un autre ton s’il te plait. Ce vélo, comme tu l’as dit toi-même, fonctionne très bien. Il peut faire l’affaire pour quelques jours, histoire de voir comment tu te comportes avec lui. D’ailleurs, ce serait bien que dès que serons tous disponibles, nous partions faire une promenade ensemble, ce serait l’occasion de t’inculquer quelques règles du Code de la route. Tu n’as pas été très prudente de sortit ainsi sans regarder.

Héloïse baissa la tête. Elle n’avouera pas qu’elle n’avait jamais fait de vélo de sa vie.

— Je te parle, Héloïse.

Papa Joe voudrait intervenir, ce n’était pas non plus une catastrophe, mais le ton qu’avait employé Charlie le stoppa dans son élan. C’était une histoire entre ses deux femmes et il sentait qu’il ne devait pas s’en mêler. Le regard de Charlie quand elle fixait sa gamine, il l’avait déjà vu, il le mettait toujours mal à l’aise comme si elle détenait un pouvoir particulier.

— Pardon maman.

Stefano se gratta la tête, il avait la même mimique que son père. Décidément, c’était à n’y rien comprendre avec les filles. Il était pourtant certain qu’Héloïse n’avait jamais fait de vélo.

Il en fut encore plus convaincu quand celle-ci passa devant lui et lui fit un clin d’œil.

© Isabelle-Marie d’Angèle (Mai 2023).

À très vite…

J’aime un voyou au grand cœur

Bonjour toi 😉

Voici le chapitre 8. Il va te falloir un peu de patience pour connaitre la suite, je suis à flux tendu comme qui dirait l’autre 😂.

Chapitre 8



J’étais à peine descendue de ma moto que Luc Grégoras se garait devant chez moi. Je le regardais venir vers moi, tout sourire, un carton de la pâtisserie qu’il affectionnait à la main. Le médecin légiste, vêtu d’une veste, d’une chemise noire et d’un jeans, n’avait pas la même allure que lorsqu’il était affublé de sa combinaison blanche. Il était bel homme et sa joie de me voir ne faisait aucun doute. Il était amoureux, ça crevait les yeux.

Il déposa la gourmandise sur ma table de la terrasse et me prit dans ses bras.

— Déjà debout ? Tu es allée te promener en moto ?

Et le voilà avec ses questions. Il était bien gentil Luc, mais il m’embarrassait. Il attendait ma réponse. J’éludai en l’entrainant dans la maison. Pistole arrivait tout heureux de me retrouver, mais lorsqu’il aperçut Luc, il s’arcbouta et fit demi-tour. Mon chat n’aimait pas le légiste, allez savoir pourquoi.

— Tu ne regardes pas ce que j’ai apporté de la pâtisserie ?

Déçu, Luc enlevait son blouson et l’accrochait au porte-manteau.

— Tu as laissé la boîte dehors !

Il alla la rechercher alors que moi, j’appelais Kawas. C’était lui qui m’avait envoyé le message tout à l’heure. J’en profitais pour lui donner le numéro de la plaque d’immatriculation que j’avais gardé en mémoire.

Luc qui revenait m’apostropha alors que je raccrochais.

— Tu es en repos si je ne me trompe ?

— Écoute Luc, il y a encore eu un vol ce matin, je vais aller au commissariat. J’ai des choses à vérifier. Je suis désolée.

Mais il me retint par le bras.

— Angèle, je pensais que nous pourrions passer une journée tranquille tous les deux.

Je ne le laissai pas finir, me dégageai rapidement et l’invitai à repartir. Je n’avais pas envie de le retrouver chez moi à patienter. Nous n’étions pas un couple.

Je récupérai mon arme enfermée dans la bibliothèque et l’attendis pour qu’il sorte avec moi lui signifiant que je ne voulais pas qu’il reste à la maison.

Il haussa les sourcils, mais ne dit rien. Il reprit son blouson et se dirigea vers sa voiture sans me regarder.

Théo avait trouvé à qui appartenait le véhicule quand je le rejoignis dans mon bureau. Je m’attelais aussi au fichier des personnes susceptibles de correspondre à celles que j’avais aperçues. Évidemment, les deux hommes entrevus le matin dans la forêt n’en faisaient pas partie.

Je racontai tout au capitaine.

— Je suis certaine que Destrée sait quelque chose, mais il n’est pas mêlé à l’histoire. Peut-être du chantage ?

— J’ai la vidéo du braquage.

Je me penchai sur l’écran.

— C’est un copycat. On veut faire porter le chapeau à ce Robin des Bois. Quelqu’un se sert de lui pour faire ces vols. Je parie que c’est pour ça qu’il a dû grimper à son mur d’escalade et avoir son accident. Blessé, il ne pourrait rien faire.

— Un peu léger ton histoire.

— Je vais retourner chez Destrée.

— Je t’accompagne.

— Ce n’est pas officiel.

— Tu n’es pas de garde, je te rappelle, moi si. C’est moi qui mènerai l’interrogatoire et nous visionnerons l’enregistrement.

S’il fut surpris de voir débarquer la voiture de police, François n’en montra rien. Il avait troqué son jogging contre un pantalon noir et un tee-shirt blanc. Tuck ravi de me retrouver posa ses pattes sur mes épaules. Il fallut que son maître le rappelle à l’ordre sèchement pour qu’il m’abandonne tout penaud, la queue basse. Le capitaine Kawas le salua, lui expliqua le but de notre visite et lança l’enregistrement.

Je me tenais en retrait afin de capter la réaction de mon ami d’enfance. À la vue de la vidéo, je repérai aussitôt son sourire et sa réponse claqua :

— Des amateurs !

— Tu les connais ?

Je le regardai dans les yeux. Le capitaine s’en mêla :

— Si vous savez quelque chose, il est de votre devoir de nous le dire.

— Ces personnes ne sont pas des férus d’escalade ni d’arcs. Ils ont tenté de ressembler à ce voleur, c’est tout.

— Lequel ? demanda Kawas.

— Celui de la banque.

— Pourquoi pensez-vous que ce n’est pas le même ? insista mon collègue.

François se mit à rire.

— Vous êtes venu faire une enquête en fait ! Vous avez une commission rogatoire ?

Il se tourna vers moi.

— Angèle ? Je suis suspecté de quelque chose ? Si c’est le cas, j’ai besoin d’un avocat ?

Je calmai le jeu aussitôt.

— Mais non François, tes réponses nous ont surpris. Tu es tellement sûr de toi.

Je tentai de l’alerter, mais mon collègue fut plus rapide que moi. Il s’approcha de Destrée.

— Écoutez-moi, je ne veux pas que le commandant, sous prétexte que vous êtes son ami d’enfance soit dans une situation très inconfortable. Alors, si vous savez quelque chose dites-le.

— C’est simple, j’ai lu la vidéo du premier vol à la banque et ce n’est pas comparable, vous aviez affaire à un archer professionnel. Pas ici. Vous n’avez qu’à regarder la position de l’arme et la manière dont il tire les flèches. En plus, c’est un montage, c’est impossible qu’il ait réussi à atteindre sa cible.

— Vous pensez à un client en particulier ?

Je sentis l’hésitation imperceptible de François et je souris intérieurement quand il répondit :

— Non, je ne vois pas.

Kawas le remercia et lui rappela que s’il se souvenait de quelque chose, il pouvait passer au commissariat.

Je suivis mon collègue quand François m’attrapa par la main.

— Puis-je venir chez toi, ce soir ?

Je hochais la tête. Comme nous avions échangé nos numéros le matin même, j’en profitais, pour lui envoyer mon adresse.

Il était 19 heures quand je vis s’arrêter sa voiture devant chez moi. Il apportait une bouteille de vin blanc.

Je lui ouvris la porte et Pistole se faufila entre nos jambes. Il se mit à miauler et à ronronner contre celles de François. Surprise par cet accueil, je ne réalisai pas tout de suite que mon ami l’avait pris dans ses bras, le caressait puis l’installait sur son épaule. Pistole frottait sa tête contre la sienne. On pourrait penser qu’ils se connaissaient depuis toujours.

— Alors comme ça, tu es Pistole !

Il entra chez moi et pourquoi ai-je eu l’impression immédiate qu’il était à sa place. Il posa la bouteille sur la table basse du salon et se tourna vers moi.

— Merci pour ce matin, tu n’as rien dit.

Il me caressa la joue.

— Angèle, je ne veux pas que tu aies des soucis à cause de moi, je vais te raconter la vérité. Tu agiras en conséquence. Mais auparavant, j’ai une chose à faire.

Il s’approcha et ses yeux me sondèrent, sa main sur ma nuque m’attira lentement vers lui. Il ne sentit aucune résistance de ma part alors il posa délicatement ses lèvres sur les miennes. C’était doux comme une caresse. Ses yeux n’avaient pas quitté les miens. Quand il se recula, immédiatement un manque m’envahit.

— C’est moi le Robin des Bois dont tout le monde parle. Mais je ne suis pas un voleur. Je ne veux que la justice, moi. Les deux hommes que tu as vus ce matin, c’est eux qui me font chanter. Ils ont compris que c’était moi l’auteur des braquages, mais eux, ils veulent garder l’argent. Si je n’avais pas été blessé, c’est moi qui aurais commis ce vol et l’aurait redistribué. Je n’agis jamais au hasard, mais eux ne pensent qu’à l’argent et je dois les prévenir à chaque fois que je prépare un holdup. Je n’étais pas d’accord tu penses bien, alors ils m’ont obligé à grimper et ont agi à ma place. Je savais que j’allais tomber mais je savais aussi comment ne pas trop me faire mal.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À suivre…