Héloïse et Stefano fêtent Pâques

Bonjour toi 😉

Comme c’est le jour des enfants, je partage avec toi, le conte écrit pour Pâques avec mes personnages Héloïse et Stefano. Tu vas retrouver Joe et Charly les parents et toute l’ambiance un peu magique de cette famille. Ici c’était Noël 😉.

Je sais que Pâques n’est pas encore là, mais mercredi prochain il sera trop tard 😉.

Je t’embarque avec moi dans mon univers 😉.

— Tu crois qu’ils vont penser aux œufs de Pâques ?

Héloïse tourne en rond dans le jardin. Elle est face aux clapiers de Joe et discute avec les lapins. Si Stefano l’entendait, il se moquerait encore d’elle en lui répétant qu’elle n’est plus un bébé. Sauf qu’Héloïse n’est pas une enfant comme les autres. Très sensible, elle sent les choses et aujourd’hui plantée devant la lapine qui vient d’avoir des petits, elle lui parle. Elle l’a baptisée Hermine.

— Je sais bien que l’histoire des cloches qui déversent les œufs dans les jardins, ce n’est pas possible, mais moi je voudrais bien y croire quand même. Tu penses que tu pourrais m’aider ?

Hermine de couleur marron la regarde de ses grands yeux noirs tout en mâchonnant son brin de luzerne.

— Moi j’aimerais bien que les animaux parlent comme dans les livres. Tu n’en aurais pas envie toi ?

— Avec qui tu bavardes ?

C’est Joe, toujours affublé de son chapeau qui s’approche d’elle.

— Ne l’embête pas ! Elle doit s’occuper de ses lapereaux, n’y touche pas surtout, sinon elle pourrait les abandonner si elle sent ton odeur.

Héloïse soupire.

— D’accord, je m’en vais.

Joe qui descendait de son tracteur l’attrapa gentiment au passage quand elle passa devant lui.

— Attends, je ne t’ai pas demandé de partir, seulement de ne pas la toucher. Je t’ai déjà expliqué. Elle sent ton odeur et c’est étranger pour elle.

— Je sais, je ne l’ai pas caressée.

— Tu es toute triste, qu’est-ce qu’il t’arrive encore ?

— Rien !

Et elle le planta là. Joe soupira. Il avait bien compris que quelque chose la tracassait, mais il avait du travail, il haussa les épaules et remonta sur son engin.

— Et si j’allais voir les poules ? Peut-être qu’elles pourraient m’aider !

Stefano l’aperçut alors qu’il faisait du vélo dans le parc. Il vint à sa rencontre.

— Tu joues avec moi ? On fait la course ?

— Non, j’ai autre chose à penser.

Il éclata de rire.

— Ah oui ? Et à quoi ?

— Arrête de te moquer de moi, tu verras bien.

Il haussa les épaules et reprit son vélo. Les filles c’était d’un compliqué !

Héloïse entra dans le poulailler déclenchant des cot cot indigné de la basse-cour.

— Ne faites pas tant de bruit, j’ai besoin de vous.

Les volailles se turent aussitôt, comprenant qu’elle ne leur voulait pas de mal. Elles continuèrent leur balade nonchalante dans l’herbe.

— Vous pourriez vous arrêter de picorer quand même ! J’ai quelque chose à vous demander ! Pourriez-vous me faire de beaux œufs de Pâques colorés ? Et les disperser dans le jardin ?

Les bestioles ne relevèrent même pas la tête.

— D’accord, vous ne m’écoutez pas ! S’il vous plait votre attention !

Héloïse claqua les mains, ce qui pour effet de stopper net le picorage. Le coq majestueux se demanda alors ce qu’il se passait et vint à la rencontre de la petite fille. Il tendit le cou et s’approcha plus près.

— Elles ne te répondront pas, elles n’ont pas de langue.

Héloïse sursauta et se reprit aussitôt.

— Parce que toi tu en as une peut-être ?

— Moi je suis le maître ici, ce n’est pas pareil.

— C’est ça, fais le malin !

— Dis donc, tu pourrais me demander pourquoi je te parle au lieu de me faire un cours d’anatomie.

— Écoute Victor, je sais que tu es le chef de la basse-cour, mais…

— Comment m’as-tu appelé ? Victor ?

Il gonfla le jabot, sa crête rougit de plus belle et il se tourna vers ses poules.

— Vous avez entendu ? Je suis Victor.

— Il n’y a pas de quoi pavoiser, rétorqua une poulette plus délurée que les autres, au cou dégarni, une houppette ébouriffée sur la tête.

— Tu vois qu’elles parlent aussi !

Héloïse tapa des mains.

— Je vais vous demander de faire une surprise. Mais c’est un secret. Promis, vous tiendrez votre langue ?

Elles répondirent toutes ensemble.

— On n’en a pas de langue, on ne peut pas la tenir !

Elles caquetèrent de plus belle comme si elles avaient pris un fou rire. Gagnée par leur bonne humeur, Héloïse se mit à sauter partout dans le poulailler.

— Venez à côté de moi, je vais vous dire à quoi je pense.

—  Tu sembles bien guillerette ce matin Héloïse ! c’est parce que les vacances sont là ?

Charlie regarde sa fille avec amour. Sa frimousse est barbouillée de chocolat.

—  Tu as bien dormi !

—  Oui ! J’ai une surprise ! Mais je ne te le dirais pas.

—  Alors pourquoi en parles-tu ?

Stefano la taquine. 

—  Je suis certain que tu ne sauras pas tenir ta langue.

Héloïse en profite pour lui tirer justement. Comme elle est pleine de chocolat et de miettes, ce n’est pas très joli, et elle se fait remonter les bretelles par Joe qui n’admet pas qu’à table les enfants se comportent mal.

Une fois le petit-déjeuner débarrassé, Héloïse file s’habiller en vitesse. Stefano est surpris de la voir redescendre et courir vers le poulailler. Joe sourit.

—  Je ne sais pas ce qu’elle mijote, mais ça la met de belle humeur. Je suis content. Il y avait quelques jours qu’elle semblait triste non ?

—  Tu connais ma fille, elle est à fleur de peau.

—  Hier, elle bavardait avec les lapins.

—  Elle adore les animaux.

Stefano n’a pas attendu la fin de la conversation et il est parti la rejoindre. Qu’elle n’est pas sa surprise de l’entendre discuter avec le coq, les poules autour de lui ne bougent pas une aile. Le gamin n’ose pas faire de bruit.

—  Alors, faites-moi voir ?

Les volailles s’écartent et Héloïse s’avance à l’endroit où elles se retrouvent toutes pour pondre. Dans la paille, elle découvre des œufs multicolores. La petite fille est ébahie.

—  Vrai ! c’est vous qui avez fait ça !

Le coq se rengorge. Il a bien commandé ses femmes. Dans les différents nids, il y en a des bleus, des roses, des rouges, des jaunes, celui-là avec des traits verticaux, d’autres horizontaux, d’autres encore imitant des vagues.

—  Et ce n’est pas fini, demain, ça recommence !

—  Oui, mais ce n’est pas du chocolat qu’il y a dedans ? Si ?

Les poules caquettent à qui mieux mieux, comme si elles riaient.

—  Goûte ! Tu verras bien !

Héloïse n’en croit pas ses yeux, elle a devant elle une douzaine d’œufs en chocolat. Elle en casse un petit bout et c’est rudement bon.

Stefano qui s’est approché ne comprend rien. Héloïse s’est accroupie et a cogné un œuf doucement par terre, et elle le met à la bouche, comme ça, alors qu’il n’est même pas cuit.

—  Mais ça ne va pas Héloïse ! Tu vas être malade !

La fillette surprise lâche son précieux cadeau. Il s’écrase au sol et le jaune s’étale à ses pieds.

—  Regarde ce que tu as fait, Charlie ne va pas être contente et Joe encore moins.

Héloïse contemple ses chaussures, les poules et Victor le coq qui hausse ses plumes. Il embarque ses volailles sans se retourner.

— Tu as tout gâché !

Héloïse se mit à pleurer. Stefano ne comprenait pas.

— Mais Hélo… Tu ne peux pas casser les œufs comme ça !

— Je ne les cassais pas, c’était ça ma surprise ! Ils sont en chocolat !

Stefano se gratta la tête.

— Regarde tes chaussures Héloïse, ce n’est pas du chocolat là !

— Tu comprends rien !

Elle le bouscula et s’enfuit en courant.

Hermine, la lapine, surveillait de son clapier ce qu’il venait de se passer. Elle se mit à glapir et aussitôt Victor le coq s’approcha.

— Tu as vu ? Fais quelque chose ! Moi, je suis enfermée, je ne peux rien faire. J’ai mes petits que je ne peux pas laisser.

— T’inquiète pas, je gère !

— Ah oui ? Et comment ?

— Je vais rentrer dans la maison et parler à Charlie.

— Ben voyons ! Tu vas te faire sortir à coup de balai sûr !

Victor gonfla le jabot, devint tout rouge et lança un cocorico tonitruant.

— Jamais personne ne me fera de mal, compris !

— Qu’est-ce qu’il se passe ici ?

Charlie est face à eux. Hermine se planque dans son clapier et Victor ne bouge pas d’un pouce.

— Répondez-moi !

Joe qui venait chercher son tracteur éclate de rire.

— Tu parles au coq ? Décidément, ta fille et toi vous ressemblez vraiment beaucoup.

Victor cligna de l’œil et de sa démarche fière repartit trouver ses poules.

Charlie éluda la question de Joe et ouvrit la porte de la cage pour nourrir la lapine. Elle disposa un peu de grains dans la mangeoire et mit un peu de luzerne sèche près d’elle, veillant bien à ne pas la toucher.

Celle-ci s’approcha des mains de la jeune femme et couina doucement. Charlie chuchota :

— Attends que Joe soit parti, je ne peux pas te parler.

Une fois seule, Charlie ouvrit la porte du clapier.

— Sors Hermine et fais ce que tu as à faire.

— Mes petits ?

— Ne t’inquiète pas pour eux. Fais attention de ne pas te faire surprendre par Joe.

La lapine détala.

Stefano rejoignit Héloïse dans sa chambre.

— Je suis désolé si je t’ai fait de la peine, mais je ne comprends rien à ce que tu racontes.

— Tu ne peux pas comprendre !

— Je sais tu me l’as déjà dit. Explique-moi alors !

— J’ai demandé aux poules de pondre des œufs de Pâques et ne ris pas !

Stefano s’assit sur le lit.

— Et donc ?

— Regarde !

Héloïse sortit de sa poche, deux œufs qu’elle avait réussi à emporter.

Stefano n’en crut pas ses yeux quand il les vit décorés.

Le lendemain matin, les enfants avalèrent leur petit-déjeuner à toute allure. Joe avait à peine terminé de boire son café qu’ils avaient déjà détalé, n’oubliant pas de débarrasser leurs bols.

 — Quelle mouche les pique ce matin Charlie ? Tu es au courant de quelque chose ?

— Pas du tout, ils ont sans doute des choses à faire, des trucs de gosse.

— Je suis heureux qu’ils s’entendent aussi bien.

Il se leva et embrassa la jeune femme.

Héloïse entra en trombe dans le poulailler. Les poules affolées se mirent à courir dans tous les sens. Victor arriva les calmer.

— Allons les poulettes !

Héloïse se baissa pour caresser le coq. Stefano ouvrit de grands yeux.

— Alors, elles en ont pondu combien ?

— C’est un peu tôt encore, mais allons voir.

Stefano murmura à l’oreille de son amie :

— Mais qu’est-ce que tu fais ?

— Chut !

Émerveillés, les deux enfants contemplèrent les différents nids où des œufs bariolés étaient disposés.

— Tu pourras remercier Hermine qui a fait tout le travail.

— Pourquoi ?

— Regarde, elle a trouvé de jolis paniers et avec ses copines, elle a attaché des rubans. Tu pourras présenter tes surprises dedans. Mais, jusqu’à samedi, tu vas encore en avoir. Mes poulettes sont à fond.

— Merci, je t’adore !

Stefano ébahi vit Héloïse attraper Victor par les ailes et se mettre à danser avec lui dans l’herbe. Les volatiles ravis du spectacle caquetèrent en cadence.

— Mais qu’est-ce qu’il se passe là-bas, maugréa Joe qui allait quitter la cuisine. Tu entends ce boucan ?

— Ne t’inquiète pas, les volailles ont sans doute perçu un bruit bizarre. Tu sais ces bestioles ne sont pas très intelligentes.

— Tu parles c’est les gamins ! Stefano n’y est jamais autant allé que depuis qu’il connait ta fille.

— C’est un reproche ?

— Mais pas du tout, je suis heureux qu’il ait retrouvé le sourire. Mais je vais quand même y aller faire un tour.

— Laisse-les donc s’amuser !

— Non, je ne veux pas qu’ils fassent des bêtises.

Il mit son chapeau et à grandes enjambées, il partit rejoindre son fils et Héloïse. Charlie, à la fenêtre, siffla.

La porte d’un clapier s’ouvrit, Hermine se faufila à l’extérieur.

— Alors les enfants, que faites-vous encore dans le poulailler ?

Héloïse répondit aussitôt.

— Rien !

— Stefano ?

Il ne réagit pas.

— Je te parle gamin !

Stefano prit la main de la petite fille et l’entraina.

— Rien, papa. Je t’assure.

— Tu as ramassé les œufs ?

— C’est trop tôt, tu sais bien.

Joe sourit.

— Alors que faites-vous là ? Vous ne voyez pas que les poules sont affolées par votre présence ?

— Ben non, regarde !

En effet, le coq picorait tranquillement dans un coin, et ses comparses en rond autour de lui faisaient de même.

Plus loin, une lapine emportait un panier rempli d’œufs multicolores.

Enfin, le week-end arrivait. Héloïse était très excitée. Allait-elle avoir sa surprise et surtout, comment sa maman et Joe le prendraient-ils ? Elle se leva la première. Stefano dormait encore. Elle ne devait pas faire de bruit. Elle enfila un gros pull sur son pyjama, ses bottes en caoutchouc jaune à pois et hop, elle partit rejoindre ses amis dans le poulailler. C’était la grande effervescence. Hermine, debout sur ses pattes arrière plaçait les œufs colorés dans les paniers. Victor surveillait ses comparses qui étaient sagement installées sur leur nid.

C’était parfait. Héloïse tapait des mains tellement elle était heureuse. C’était magique. Elle seule pouvait voir ça. Seule… pas tout à fait.

— Tu es contente ?

La petite fille sursauta. Charlie était derrière elle.

— C’était une surprise, tu ne devais pas savoir.

— Je jouerais le jeu ne t’inquiète pas ma chérie.

— Tu n’es pas fâchée ?

— Bien sûr que non ! mais je ne voudrais pas que Joe se doute de quelque chose.

— Stefano n’a rien compris et n’a rien vu.

— Hum !

La jeune femme tapa dans ses mains et aussitôt Victor se mit presque au garde à vous devant elle.

— Je vous remercie. Vous avez bien travaillé. Je m’occupe du reste. Hermine, tu peux rejoindre ton clapier. Joe ne va pas tarder à venir, vous savez ce que vous devez faire.

En quelques secondes, la lapine se faufila dans l’herbe pour retrouver ses petits. Victor lança un tonitruant cocorico annonçant ainsi l’aube naissante, les poules se mirent à chanter et à sortir de leur nid, en s’ébouriffant.

Charlie ramassa les œufs bariolés, les paniers, et tout redevint comme avant. Elle saisit la main d’Héloïse dans la sienne et toutes deux reprirent le chemin de la maison pour préparer le petit-déjeuner comme si de rien n’était.

Le jour de Pâques, les enfants furent réveillés par un rayon de soleil coquin qui leur balaya le visage à travers les rideaux. L’odeur de chocolat chaud leur chatouilla les narines. Stefano, le premier, posa les pieds par terre et se frotta les yeux. Héloïse s’étira, un sourire sur les lèvres. Texas, le terre neuve monta l’escalier et doucement poussa la porte de la chambre. Il mit ses pattes sur la couette et murmura :

— Tu viens ?

Héloïse ébahie, demanda :

— Mais… tu parles ?

— Victor, le coq, ce volatile dressé sur ses ergots le fait bien lui, pourquoi pas moi ?

La fillette enserra de ses petits bras la grosse tête du chien et enfouit son visage dans la fourrure.

Une cloche retentit alors.

Joe qui préparait le café sursauta. Charlie posa une main sur son épaule. Elle appela les gamins. Une cavalcade résonna aussitôt et Texas ne fut pas le dernier à débouler dans la cuisine. Charlie ouvrit la porte et un doigt sur la bouche, les invita à contempler le spectacle.

Une pluie d’œufs tombait doucement du ciel.

Elle tendit aux enfants les paniers pour les récupérer. Ils partirent en courant dans le jardin, en riant aux éclats.

— Mais…

Joe ne pouvait pas croire ce qu’il voyait. Son caractère cartésien l’empêchait d’imaginer que des cloches pouvaient lâcher dans sa prairie des œufs en chocolat. Pourtant c’est ce qu’il se passait. Les enfants, excités, fouillaient l’herbe autour des arbres, débusquaient des trésors derrière les pots de fleurs. Certains, plus téméraires, s’étaient même posés sur la margelle du puits.

Charlie entrelaça ses doigts à ceux de son homme.

Victor lançait des cocoricos à tout va, les poules l’accompagnaient de leur cot cot heureux. Hermine, dans son clapier glapissait en cadence, et Texas, poussait de sa truffe, les œufs bien cachés.

— Joyeuses Pâques mon chéri !

Les enfants les rejoignirent émerveillés, les paniers pendus à chaque bras, bien remplis.

Texas aboya, Joe posa sa main sur sa tête. Stefano se glissa de l’autre côté et se serra contre lui. Héloïse se colla contre Charlie.

— J’ai faim, on prend le petit-déjeuner ?

C’était un dimanche tout à fait ordinaire finalement.

À très vite…

Héloïse et le rêve de Noël

Bonjour toi 😉

Noël approche à grands pas et te souviens-tu de l’histoire d’Héloïse et Stefano, tu peux la retrouver ici. Voici la fin 👇.

Charlie avait le don pour décorer la maison de papa Joe. Héloïse était en admiration. Tout ce que touchait sa maman se transformait en quelque chose de magnifique. Héloïse était certaine que jamais la maison de papa Joe n’avait été aussi belle.

Stefano approuvait et ses yeux brillaient. Il se rappelait vaguement que lorsque sa maman était encore là, son père allait chercher un sapin pour le garnir de boules multicolores. Mais aujourd’hui il était triste, petit à petit ses souvenirs s’estompaient et Charlie prenait toute la place.

Ils étaient bien allés tous les quatre choisir le bel arbre vert chez un l’horticulteur, ami d’enfance de Joe. Ils avaient eu du mal à se décider, mais ils étaient finalement tombés d’accord sur un sapin qui trônait dans la pièce à vivre, à savoir la grande cuisine avec son immense cheminée. Il y en avait bien une autre qui faisait office de salon, comme l’appelait pompeusement Joe, parce qu’elle avait un canapé où les chats aimaient s’y blottir et que la télé qu’ils allumaient rarement était installée, mais vu qu’ils y passaient peu de temps, l’arbre avait pris sa place là où Charlie faisait mijoter ses petits plats.

Héloïse avait ouvert la fenêtre de son calendrier de l’avent. Deux jours restaient avant Noël. La maison était prête, Charlie avait sorti la farine, les œufs et les emporte-pièces pour les biscuits. Héloïse s’accouda à la table et ferma les yeux. Deux jours avant de savoir si son rêve allait se réaliser.

— Tu es occupée Charlie ?

Une bourrasque s’engouffra dans la cuisine quand Papa Joe entra. Héloïse était en admiration devant lui. Il enleva son chapeau et secoua ses boucles emmêlées. Il s’approcha de la jeune femme, lui piqua un baiser sur la joue et ébouriffa au passage la tête de la petite fille.

— Je t’emmène.

Il siffla son chien pour qu’il rentre.

— Toi aussi Héloïse, tu me guideras dans mon choix. Stefano est déjà dans mon carrosse.

Charlie essuya ses mains au tablier qu’elle quitta rapidement et sans s’interroger davantage saisit son manteau et le suivit. Héloïse posa son bonnet à pompon de guingois sur sa tête et enfila à la hâte sa doudoune rouge.

— Tu sais où on va ? murmura la gamine à l’oreille de Stefano.

— Aucune idée.

Ce n’était pas souvent qu’ils allaient au village. Les deux enfants ébahis découvrirent alors le traineau du père Noël. Charlie descendit rapidement du 4×4 et se dirigea vers le bonhomme à la barbe blanche.

Héloïse le reconnut, c’était celui de son rêve. Son petit cœur s’accéléra surtout quand il la vit et lui fit un clin d’œil. Charlie leur fit signe.

Stupéfaits, Stefano, Héloïse et Joe furent invités à s’asseoir dans le traineau.

— Pourquoi il fait nuit ? murmura Stefano à l’oreille d’Héloïse.

Charlie qui avait entendu répondit aussitôt :

— N’est-ce pas mieux pour voyager dans le ciel ?

Le vieil homme s’installa à l’avant.

— Vous êtes bien au chaud ?

Les plaids rouge et blanc recouvraient les enfants. Joe enfonça son chapeau sur les oreilles et saisit la main de Charlie.

Comment était-ce possible ? Héloïse serrée contre Stefano ouvraient grandes ses mirettes. Ils voyageaient dans le ciel, à bord d’un traineau tiré par quatre rennes. Jamais, elle n’avait pensé que ça pouvait arriver. Elle pouvait presque toucher les étoiles.

Soudain il amorça une descente et se posa délicatement dans la neige. Entouré de sapins, c’était le calme absolu.

— Je m’occupe de mes bêtes, je reviens.

Le vieillard encore leste pour son âge, mais d’ailleurs quel âge avait-il ? Héloïse pensait qu’il était très très vieux, mais après tout, elle n’en savait rien.

Ils se retrouvèrent seuls, tous les quatre, autour d’un feu qui crépitait. Qui l’avait allumé ? Ils s’assirent près des flammes qui grimpaient haut dans le ciel noir. Joe avait d’assez grands bras pour serrer contre lui Charlie et les deux enfants. Il murmura :

— Vous ai-je déjà dit que je suis le plus heureux des hommes ?

Il regarda Stefano.

— Je t’aime tellement mon fils.

Il essuya une larme qui perlait au bord des cils de son gamin.

— C’est le froid, dit Stefano bravement.

Joe fit mine de le croire.

— Et toi mon petit lutin, dit-il en s’adressant à Héloïse, depuis que tu es entré dans ma vie, tu es un rayon de soleil au quotidien. J’ai quelque chose à te demander, mais avant il faut que j’aie l’accord de ta maman.

Il saisit la main de Charlie et plongea son regard dans celui de la jeune femme.

— Accepterais-tu de devenir ma femme ? Je sais bien que c’est désuet et je ne suis pas très fort pour les demandes en mariage, mais…

Charlie l’interrompit :

— Oui.

Le feu crépita et le vieillard en rouge réapparut.

— Ah je vois que vous vous êtes mis au chaud. Mes rennes sont prêts à repartir, vous aussi ?

— Héloïse ? Tu dors ?

Charlie regardait sa gamine accoudée toujours à la table.

— Je croyais que tu allais m’aider pour les biscuits, mais…

Héloïse se frotta les yeux. Elle avait encore rêvé. Elle soupira.

Une bourrasque s’engouffra dans la cuisine quand Papa Joe entra. Il avait un drôle d’air. Stefano était derrière lui.

La voix cassée il enleva son chapeau et déposa un petit cadeau sur la table. Devant la mine surprise de Charlie, il haussa les épaules et dit :

— Je n’ai pas la patience d’attendre Noël, depuis ce matin, je tourne en rond. J’ai fini par en discuter avec mon fils et nous sommes tombés d’accord, je… t’offre ta surprise aujourd’hui, comme ça tu l’auras pour… enfin… si tu veux bien…

Héloïse n’avait jamais vu Papa Joe comme ça, il se tordait les mains comme elle quand elle avait fait une bêtise et qu’elle ne savait pas comment l’avouer.

— Vas-y papa, fais pas ta mauviette.

Stefano poussait son père vers Charlie.

Joe tendit la petite boite enrubannée de rouge à la jeune femme. Elle s’essuya les mains, les joues rosies de plaisir.

— J’adore les surprises.

Délicatement, elle enleva le ruban et commença à déplier le papier. Héloïse admirait sa mère. Elle, elle déchirait toujours tout, trop impatiente. Maman, elle, prenait tout son temps et c’était à chaque fois pareil.

Charlie ouvrit le petit couvercle de la boîte. Un anneau apparut, tout simple. Héloïse se pencha et le découvrit en même temps. Elle se frotta les yeux et se pinça, histoire d’être certaine que ce n’était pas encore ce fichu rêve qui revenait.

Joe balbutiait :

— Ce n’est pas trop mon truc les demandes en mariage, mais…

— Bref, papa aimerait bien qu’on forme une vraie famille, l’interrompit Stefano qui avait honte de son père, lui toujours si sûr de lui. Moi, je suis d’accord, même si je n’oublierai jamais ma maman, mais je veux bien que tu deviennes un petit peu la mienne.

Charlie se jeta dans les bras de Papa Joe. Héloïse baissa la tête, c’est certain, elle allait se réveiller.

— Et toi mon petit lutin, j’aimerai savoir… Papa Joe saisit son visage et la regarda tendrement, si ta maman veut bien, accepterais-tu que je devienne ton papa même si…

Héloïse éclata en sanglots, se blottit contre lui et hoqueta :

— C’est le plus beau Noël de ma vie.

Charlie proposa alors d’aller fêter ça au village peut-être y aurait-il une surprise.

C’est en arrivant sur la place que les enfants émerveillés découvrirent le traineau du père Noël.

Héloïse s’échappa des mains de Charlie pour courir vers lui bousculant au passage les gamins qui souhaitaient lui parler. Elle se jeta dans les bras du bonhomme en rouge et lui murmura un merci tremblant dans les oreilles. Le vieux monsieur à la barbe blanche la regarda de ses yeux plissés, esquissa un sourire et la serra dans ses bras.

© Isabelle-Marie d’Angèle (décembre 2022).

À très vite…

Héloïse, Stefano, les lutins et le Père Noël

Bonjour toi 😉

Pourquoi ne pas terminer le mois de novembre avec une histoire d’Héloïse et Stefano. Je t’ai déjà parlé de ces personnages dont je n’ai rien publié ici 😁 mais ils existent bel et bien. Va donc voir ici

Comme c’est le jour des enfants et que demain c’est le 1er décembre et le début de mon calendrier pourquoi ne pas commencer avec le rêve d’Héloïse ?

Quand Héloïse ouvrit les yeux, elle fut surprise de se retrouver dans son lit. Elle se rappelait qu’elle avait eu froid parce qu’elle avait fait du chien de traineau.

Sérieux ? Il fallait qu’elle raconte ça à Stefano, même s’il se moquait d’elle, il l’écouterait sans broncher.

Elle enfila ses pantoufles, un pull au-dessus de son pyjama et descendit l’escalier. Personne ! Tant mieux ! Elle remonta dans sa chambre et s’habilla en vitesse : Tee-shirt rouge sweat assorti, jupe en jeans et leggins noirs.

Elle brossa ses cheveux parce que maman Charlie ne rigolait pas avec ça et repartit à la course.

— Combien de fois t’ai-je dit de ne pas courir  !

Papa Joe se servait un café dans la cuisine. Elle ne l’avait pas vu. Il s’approcha pour l’embrasser.

— Bien dormi ?

Elle répondit à son baiser et demanda aussitôt où était Stefano.

Papa Joe lui fit signe que son fils était attablé sous la véranda, plongé dans un bouquin.

Elle s’approcha de lui en faisant attention de ne pas le déranger, mais le petit garçon leva la tête et lui sourit.

— Enfin tu es debout ?

Elle murmura à son oreille :

— J’ai fait un rêve merveilleux. J’étais au pays du père Noël. Tu veux que je te raconte ?

Stefano lâcha son livre et écouta. Héloïse se cala contre lui et de sa voix cristalline commença :

J’avais des frissons alors je me suis réveillée pour me couvrir. En fait, j’étais dans une forêt et il y avait de la neige. Un petit bonhomme tout habillé en vert avec un bonnet à grelot rouge s’est approché de moi.

— Tu es venue pour l’embauche ? D’habitude il n’y a pas de fille, mais comme il manque du monde en ce moment, je ne pense pas que le patron fasse le difficile.

Je ne comprenais rien à ce qu’il me racontait et je ne savais pas de quoi il parlait. Il s’en rendit compte parce qu’il me trouva bien petite. Pourtant, il dit :

— Tu n’es pas un lutin toi !

Je n’osais pas répondre et me mis à trembler. Du coup, il tapa dans ses mains et un traîneau tiré par quatre grands chiens apparut. Le lutin me fit grimper dedans et m’emmitoufla dans la couverture qu’il y avait. Il enfonça un bonnet sur ma tête comme le sien et donna un ordre aux animaux.

Ils démarrèrent aussitôt et moi j’étais bien au chaud et je regardais le paysage magnifique. Ils se sont arrêtés devant une grande maison tout illuminée. Je te garantis qu’il y avait du bruit et du monde à l’intérieur. Je suis descendue et j’ai collé mon nez à la fenêtre. Imagine un peu ! Il y avait plein de lutins qui fabriquaient des cadeaux.

— Au lieu de faire ta curieuse, tu ferais mieux de rentrer avant de tomber malade. Je ne sais pas si tu as compris qu’il faisait -20° ici.

Il faisait rudement chaud dans la pièce et ça sentait trop bon, comme une odeur de bonbons et de chocolats. C’était magique !

— Surtout, ne fais pas de bruit, le patron dort encore. Il se repose.

J’ai failli rigoler parce que du bruit, il y en avait plein. Je crois que le lutin avait compris, il me dit à l’oreille.

— Si tu parles, le patron saura que tu n’es pas un lutin. Nous n’avons pas le même langage que toi.

— Mais je comprends ce que tu dis.

— Oui parce que je suis le chef et que mon rôle est de surveiller ce qu’il se passe à l’extérieur et je parle toutes les langues. Je t’ai entendue arriver. Suis-moi, regarde et ne touche à rien.

Tu ne peux pas savoir Stefano comme c’était beau de voir tous ces petits bonhommes se dépêchaient pour fabriquer et emballer tous les cadeaux qui allaient être distribués.

— Tu as vu le mien ? l’’interrompt son petit compagnon.

Héloïse ouvrit de grands yeux horrifiés et répondit très sérieusement.

— Mais je n’ai pas le droit de te le dire voyons ! Je continue.

Il y avait des poupées, des ours en peluche, des camions, des voitures, des jeux de société, des ordinateurs, des déguisements, des livres de coloriage, c’était magnifique.

J’ai même vu la fabrique de chocolats et de biscuits de Noël. Et c’est là que tout s’est gâté.

— Je parie que gourmande comme tu l’es, tu as voulu goûter.

Héloïse baissa les yeux et reprit son histoire.

Je n’avais même pas encore trempé un doigt dans le chocolat qu’une grosse voix a crié :

— Qui va là ? Qui es-tu ?

Et là, devine qui est arrivé devant moi ?

Stefano soupire :

— Le père Noël évidemment.

Il était un peu comme on le voit dans les livres ou dans les magasins, mais c’était pas pareil. J’ai compris tout de suite que c’était le vrai. Sa barbe est toute blanche et toute douce, il a des petites lunettes rondes sur le nez, tu sais comme celles que met Papa Joe quand il doit lire et qu’il dit qu’il voit sans, mais qu’il les met quand même. Il a des petits yeux qui sourient, il est vieux ça c’est sûr, mais il est tout gentil. Alors il m’a demandé qui j’étais. J’ai répondu que j’étais Héloïse. Il s’est mis à rire. Il n’avait pas l’air trop bien réveillé, il n’avait même pas de chaussures.

— Tu crois vraiment que je vais me rappeler de toi ?

Le lutin chef s’est alors approché de lui et lui a dit quelque chose à l’oreille et lui a tendu une liste.

— Ah je vois. C’est toi qui as demandé que Papa Joe devienne ton papa et que ta maman soit toujours heureuse avec lui.

— Sérieux ? Tu as demandé ça au père Noël ? Je pensais que tu voulais le poney qui vient de naître chez Mathurin.

— Je sais bien que c’est pas possible donc je veux ça.

— Et que t’a-t-il répondu ?

— Tu vois que tu y crois toi aussi ? Pourtant tu te moquais de moi…

— Continue ton histoire va !

Le père Noël m’a dit qu’il fallait que j’y pense très fort et que peut-être ça pourrait se réaliser, mais que ça ne dépendait pas tout de lui. Il a ajouté aussi que comme j’avais été sage…

Et je me suis réveillée.

© Isabelle-Marie d’Angèle (30 novembre 2022).

Alors la suite… évidemment, il faudra attendre Noël …😉

À très vite…

Au fil de mes personnages

Bonjour toi 😉

Il existe dans mes cahiers des personnages qui ont eu une histoire et c’est tout. Pourquoi ? Je n’en sais fichtre rien.

J’ai pourtant eu l’envie, un jour, de les créer, de leur inventer une vie. Lorsque je fouille dans mes cahiers, je trouve :

Extrait d’un texte :

Héloïse avait débarqué dans la maison de Stefano un jour de pluie. Mais depuis ce jour, il faisait toujours soleil dans le cœur du gamin.

Elle était arrivée avec son vieux doudou tout moche qu’elle traînait derrière elle…

Charlie aussi était entrée dans la vie de Stefano, bouleversant tout sur son passage. Mais elle, ce n’est pas une vieille peluche qu’elle traînait, c’était des cartons de livres, un ordinateur et des carnets de toutes les couleurs. Elle avait envahi tout l’espace au grand plaisir de Joe.

Joe, c’était le père de Stefano. Un grand gaillard, à la barbe mal rasée qui piquait. Toujours affublé d’un chapeau en cuir de cow-boy. Ses bras étaient tellement immenses, qu’il pouvait les prendre tous les deux en même temps. Il y ajoutait même Charlie, et ils riaient tous aux éclats.

….

Il y avait aussi l’histoire de ma sorcière Nicky …

Extrait :

– Tu ne vas pas recommencer Samantha, je te répète que je ne suis pas une sorcière. Cesse de divaguer et de t’inventer des histoires…..

Qu’est-ce qu’il t’a pris de venir ici ? Et tu ne pouvais pas t’habiller plus discret ?

– Je t’emmène Nicky, réunion à Salem !

Elle lui donna la main et ils disparurent ensemble dans un nuage de fumée, laissant ébahie Sam qui avait oublié son sac et revenait le chercher…..

Stoppée dans son élan, elles se regardèrent toutes les deux. Nicky posa à nouveau sa main sur le front de son amie qui faillit éclater de rire mais se retint devant son air grave.

– Sam, j’ai bien peur que tu sois devenue une sorcière….

Ces personnages dorment au fond de leur cahier. Un jour, ils se réveilleront et certainement, ils auront des choses à me raconter, ils m’empliront la tête et me pousseront à écrire.

T’arrive-t-il à toi aussi d’avoir des personnages qui n’ont plus d’histoire ?

À très vite…