
Petit jeu d’écriture avec le tirage de dés que voici et tu remarqueras ma trousse qui fait peur 🤣.

Tirage pas facile : un puits, un loup, un château, un baluchon, une cabane, une lyre, un bateau, le Dieu de la mer Triton je dirais, une plume et son encrier.
À moi de jouer 🤔.
Odilon
Odilon rentrait fourbu, le baluchon sur le dos. Une fois de plus, il faisait nuit noire et le pont-levis du château allait être relevé. Même s’il était le fils du Seigneur, la garde n’allait pas lui faire de faveur. Tant pis, il dormirait à la belle étoile. Heureusement, il avait laissé son cheval à l’écurie, l’animal n’aurait pas apprécié cette chevauchée fantastique au milieu des herbes folles. La lune, belle et ronde, éclairait le paysage comme en plein jour.
Il connaissait les chemins par cœur, l’eau du puits sur la place du village ferait l’affaire pour s’abreuver, en espérant que le grincement de la poulie ne réveillerait pas tout le quartier.
Un hurlement le fit sursauter. Son loup l’avait senti. Il se frottait contre ses jambes. Il ne put s’empêcher d’enfouir ses mains dans sa fourrure. Si les habitants le voyaient, ce serait la catastrophe. L’animal n’était pas le bienvenu. Odilon l’avait apprivoisé et jamais, il n’attaquerait les troupeaux, mais la légende bien ancrée dans les esprits racontait qu’il était sanguinaire et sauvage, aussi, Odilon n’emmenait jamais son compagnon avec lui quand il visitait les villageois.
Après avoir tiré du seau l’eau fraiche qu’il avait partagée avec son loup, Odilon regarda la bête filer. Arrivé au bord du bois, il se retourna pour voir si le jeune homme le suivait. Il savait bien où il allait. Odilon avait construit une petite maison dans la forêt. C’est là qu’il y jouait de la lyre et qu’il composait. Il y avait apporté sa plume et son encrier, et, assis sur un vieux tabouret face à une table bancale, il laissait son imagination vagabonder. Il se prenait parfois pour le ménestrel du château ce qui n’était pas du gout du Seigneur.
Le loup couché près de lui l’écoutait les yeux mi-clos.
La chanson parlait de mer et de bateau. Odilon se vit voguer sur les vagues. Au grand dam de son père, il n’avait pas le pied marin et vomissait ses tripes par-dessus bord dès qu’il était sur l’eau. Ce n’était pas demain qu’il rencontrerait Triton ou une sirène, pensa-t-il. À moins qu’il leur demande d’exaucer son vœu. Il parait que les jours de pleine lune, tout pouvait arriver.
© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2026).
Si tu es intéressé(e), n’hésite pas à mettre un lien en commentaire que je puisse aller te lire.
