Jeux d’écriture – L’attraction

Bonjour toi 😉

Chez Marie ici Les consignes étaient les suivantes, commencer un texte avec cette phrase : “Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.”

Voici ma participation complètement décalée 👇 😊

L’attraction

— Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque-là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.

— Sérieux ? Tu ferais ça pour moi ?

Jules a les yeux qui brillent et le sourire jusqu’en haut des oreilles. Du coup, Tom se demande s’il n’a pas été trop loin. Il tente de se reprendre, mais Jules ne le laisse pas parler et lui saisit la main.

— Attends, où m’emmènes-tu ?

Jules attrape son foulard rouge qu’il arbore fièrement quand il joue au cow-boy et le noue sur les yeux de son père.

— Ah ! tu as promis, ne te défile pas. Tu as toujours dit qu’une promesse devait être tenue.

— Ah bon j’ai dit ça moi ?

Tom commence à flipper sérieusement. C’est mercredi et c’est lui qui est chargé de la garde de son fils. Une semaine sur deux, il a décidé de prendre ce jour de repos pour lui. Infirmière libérale, Juliette ne peut pas souvent se libérer.

Justement, elle se gare devant la maison entre deux patients. Jules met un doigt sur sa bouche. Elle ne dit rien et sourit.

— Ton fils m’emmène je ne sais pas où.

— Notre fils, rectifia -t-elle en riant.

Il bougonna et se laissa entrainer. Lorsqu’il entendit la musique et qu’il sentit l’odeur de barbe à papa lui chatouiller les narines, son cœur s’emballa. Il voulut arracher le foulard et prendre ses jambes à son cou, mais Jules lui tenait fermement la main et prenait son rôle très au sérieux de guide.

Tom ne vit pas les sourires goguenards des passants, il tentait de se calmer. Il avait une peur effroyable des fêtes foraines et des manèges. Juliette n’avait pas le temps de s’occuper de son petit garçon, Jules n’avait donc trouvé que ce moyen pour pouvoir monter dans un grand manège. Il n’avait le droit que s’il était accompagné d’un adulte. Il en avait tellement rêvé.

Il avait pris de l’argent dans sa tirelire, il ne ferait qu’un tour, c’était déjà bien. Toujours les yeux bandés, Tom comprit qu’il s’approchait de l’attraction dont lui parlait sans cesse son gamin. Il n’avait jamais voulu la voir. Il ne savait donc pas qu’il allait s’envoler dans les airs, tourner à l’endroit et à l’envers.

Pourvu qu’il ne s’évanouisse pas ou au pire vomisse. Il ne souhaitait pas être la risée du village et faire honte à Jules. Il serra les dents et suivit le mouvement.

Jules le fit assoir et prit place près de lui. Tom entendit le coup de sifflet, signe du départ, le manège se mit en branle. Jules enleva le foulard. Tom se trouvait dans le camion pompier d’un petit manège et Jules souriait.

— T’as vraiment cru que j’allais t’embarquer sur ce machin-là ?

Il désigna l’attraction qui venait de démarrer.

— Mais Jules, tu pouvais monter seul ici. Il suffisait juste de me demander de t’accompagner.

— Tu n’aimes pas les fêtes foraines. Mais je suis content, tu m’as suivi.

Le tour se termina sans que Jules pense à attraper la queue de Mickey.

Ils descendirent ensemble. Tom s’approcha du grand manège. Il prit son fils par la main, le passa sous la toise afin de vérifier qu’il avait la bonne taille et acheta deux tickets.

Bravement, Jules s’assit à côté de son père. Il regarda plusieurs fois que la ceinture de sécurité était bien attachée à lui comme à son papa. Tous deux n’en menaient pas large quand la machine se mit en route.

Mais que dire du sourire qu’ils affichaient quand ils descendirent tous deux, le cœur en déroute, les cheveux en désordre, leurs doigts emmêlés.

— C’était trop bien ! Merci.

Jules se serra contre Tom qui referma les bras sur lui. D’accord, il avait cru sa dernière arrivée, il avait fermé les yeux et serré les dents, mais les cris de joie de son fils avaient réussi à lui faire oublier sa peur. Pourtant, in petto, il se promit de ne plus jamais se laisser embarquer de cette façon.

À très vite…

Agenda ironique Juin 2022

Bonjour toi 😉

L’agenda ironique de juin 2022 se déroule chez le retour du Flying Bum ici avec ces consignes : C’est à mon tour de vous accueillir ce mois-ci dans ce merveilleux rendez-vous littéraire et amical. Comme juin inaugure notre été, nous qui habitons l’hémisphère nord, quoi de mieux pour sujet qu’un des petits bonheurs par excellence de la belle saison et j’ai nommé le pique-nique. Ce sera le thème pour juin. Mais, pas de pique-nique sans les enquiquineuses comme les fourmis et autres insectes piqueurs ou suceurs, cette fois-ci ce seront des mots bien singuliers qui devront coûte que coûte s’inviter au pique-nique : flavescent, amphigourique, sycophante et nidoreux. Sans toutefois gâcher le pique-nique quand même. Et tant qu’aller pique-niquer en région, pourquoi ne pas y ajouter aussi un régionalisme ou deux ?

Voici donc ma participation 👇

Un pique-nique bruyant

C’était le pique-nique habituel organisé par le village. La bande de copains qui se connaissait depuis des années se retrouva une fois de plus à étaler la nappe rouge à petits carreaux.

Les jambons tournaient au barbecue et les femmes de l’association du Comité des Fêtes, préparaient les assiettes de hors-d’œuvre, la célèbre assiette gersoise.

Au fil du temps des trois garçons et des deux filles des années lycée, s’étaient ajoutés les compagnes et maris. Corentin était seul, il venait de se séparer de Sylvie. Elle n’avait jamais été tout à fait appréciée de l’équipe d’amis. Snob, une vraie pouf comme l’appelait Virginie, elle était loin d’avoir fait l’unanimité.

Alors que chacun s’activait à vider les paniers des couverts et des verres, Corinne s’approcha de Virginie pour lui glisser à l’oreille qu’elle était bien contente que la Pouf ne soit pas là.

— Avec ses cheveux flavescents, elle me faisait pitié.

— Je t’ai entendu, grogna Corentin. Avec tes mots à l’emporte-pièce auquel on comprend rien, tu ne vas pas recommencer. Étaler ton savoir, ça tu sais faire. On le sait que t’es prof !

— Et bé, ça commence bien, remarqua Philippe avec son accent du Midi bien prononcé. Qué passa ?

— Oh ça va, j’ai juste dit qu’avec ses cheveux blonds à la Maryline, elle faisait tache !

— Tu t’es tachée ? demanda l’amoureux de Corinne, Roméo, qui avait l’art de tout comprendre de travers. Il entendait une vache braire dans une étable, mais il ne savait pas laquelle, se moquaient ses copains.

Corinne haussa les épaules et continua d’installer les couverts sur la nappe.

Une musique d’ambiance offerte par un orchestre du coin jouait en sourdine. Le parfum des jambons qui braisaient attisaient l’appétit et les organisateurs commencèrent à rameuter la foule pour l’apéro.

Chacun retrouvait un ami, un voisin et le ton monta d’un cran. C’était bon enfant. Soudain, le bruit d’un tracteur résonna et effarés les gens aperçurent le Léonce qui faisait vrombir son engin.

— Il ne va pas faire ça ?

— Bien sûr que si, répondit Roméo. Il n’est pas content que le pique-nique se fasse à côté de de chez lui, le gonze n’a qu’à venir, mais il est bien trop près de ses sous.

— Tu parles, pour douze euros, il peut bien se fendre d’un billet, rétorqua Philippe le compagnon de Virginie.

— Boudu, s’écria Roméo, il va épandre son fumier.

Le président du comité des fêtes tenta une approche en faisant de grands signes à l’agriculteur. Celui-ci vint vers lui juché sur son tracteur qu’il n’arrêta pas. Il leur montra qu’il n’entendait rien.

— Quel Pègue (idiot) pesta Greg.

— Arrête ton moteur, cria le responsable de l’organisation, tu vois bien qu’on va déjeuner.

Léonce gesticulait et beuglait également. Personne ne comprenait son langage amphigourique d’où il ressortait qu’il devait absolument faire son travail avant la pluie.

— Quelle cagade !

Personne ne parvint à stopper ce mauvais coucheur et bientôt un parfum nidoreux envahit l’atmosphère, déclenchant le fou rire de Léonce qui s’évertuait à passer près de l’emplacement dédié au pique-nique.

— Tu l’avais pas prévenu ?

— Complètement barjo le mec !

— Il joue au sycophante, c’est sûr !

— C’est quoi ?

— On n’a plus qu’à remballer !

— Et les jambons ?

— Moi j’ai faim !

Chacun y allait de son petit mot alors que l’orchestre jouait l’Hymne de nos campagnes de Tryo.

Y a pas à dire, dans le Sud-ouest on sait s’amuser, pensait Corentin.

Il regardait avec ironie tout ce monde qui finalement trinquait en riant en levant bien haut le verre à chaque fois que le Léonce passait devant eux.

La bande de copains se regroupa autour de l’assiette gersoise composée de magret séché et de gésiers confits sur un lit de salade. Puis vint le tour de découper les jambons accompagnés de flageolets. Les verres se succédant au rythme du passage du tracteur, les voix s’envolaient, le ton montait, les rires fusaient. Suivant comment le couteau coupait, certain avait une tranche épaisse alors qu’autres voyaient le journal à travers. Les flageolets étaient servis à la louche et noyaient la viande.

— À nous !

L’orchestre entonna allez viens boire un p’tit coup à la maison et tout le monde se mit à danser au bruit de l’accordéon et du ronflons de Léonce.

Joli cru ce pique-nique ! Les habitants de la commune s’en souviendraient.

À très vite…

Nouveau défi

Bonjour toi 😉

J’ai découvert l’atelier de Ghislaine ici et je relève le défi parce que j’aime les défis, l’écriture et partager les blogs que je visite.

La consigne choisie était de placer ces mots : Clamer – Nuit – Ennemis – Gare – Mémoire – Bougies – Années – Vaciller.

Une Bonne nouvelle

Elle se rappelait avec nostalgie ces années où il l’abandonnait chaque dimanche soir. Il ne l’abandonnait pas, il partait seulement travailler. Elle grelottait de froid, la neige tombait et la nuit les enveloppait sur ce quai de gare. Le train et la solitude étaient ses pires ennemis. Elle craignait toujours de vaciller quand il lâchait sa main.

Rien que le bruit de cette énorme machine qui s’arrêtait dans un crissement de ferrailles, lui écorchait les oreilles. Et que dire du redémarrage dès que le coup de sifflet retentissait, il lui arrachait le cœur. Elle ne s’y ferait jamais.

Clamer à tout vent sa détresse lorsqu’elle rentrait seule dans leur maison, sa mémoire lui en restituait tous les détails. Le chien qui venait lui lécher les mains puis le chat se frottant contre ses jambes.

À chaque fois, elle se pelotonnait sur le canapé puis la vie reprenait son cours.

Mais aujourd’hui, il revenait avec une merveilleuse nouvelle. Il ne partirait plus aussi loin, une promotion lui était offerte. Elle pourrait même l’accompagner. De nouveaux projets se profilaient.

Finis les quais de gare et les séparations qu’elle ne supportait plus. C’était la fête ce soir. Elle sortit la nappe des grandes occasions, les assiettes avec un joli fil doré qu’ils aimaient tous les deux puis elle alluma les bougies.

© Isabelle-Marie d’Angèle 30 mai 2022

À très vite…

Jeux d’écriture – Le réparateur de radiocassettes

Bonjour toi 😉

Chez Marie ici la consigne de la semaine pour l’atelier d’écriture était la suivante : je vous invite à écrire un texte ou un poème à partir des données suivantes : Anciennement gardien de la paix, Marion Blédine a lancé un atelier de réparation et d’entretien de radiocassettes au rez-de-chaussée de son ancien bureau. Elle nous raconte sa reconversion. 

Voici ma participation 👇

Je me demande encore ce qui m’est passé par la tête. Moi, Marion Blédine, anciennement gardien de la paix, reconvertie en réparateur de radiocassette.

C’est sûr que je ne vais pas crouler sous les demandes, vu qu’il n’y a pratiquement plus de radiocassettes. Tu en as encore un toi ? Avoue ! Tu préfères écouter ta musique sur une plateforme en ligne. En plus, tu as tous les nouveaux succès qui sortent illico.

Mais que veux-tu, lorsque j’étais gamine, j’écoutais Sheila et Ringo sur mon vieux machin à cassettes. Même qu’oublié dans la voiture, sur la plage arrière, il avait fondu. Oui madame ! Dans le sud, ça rigole pas, quand le soleil brille. ! Faut dire, que je viens du nord, avant que ça fonde chez moi, tu peux attendre que les poules aient des dents.

Bref, alors que je faisais du rangement dans ma vieille maison, oui ça m’arrive, je suis tombée sur mes reliques de cassette. Mais comment les écouter vu que les radiocassettes n’existent plus ? C’est pourquoi j’ai fouillé dans mon grenier et je l’ai retrouvé. Noir et presque flambant neuf, doubles cassettes s’il vous plait ! (Je ne sais toujours pas pourquoi d’ailleurs, vu que tu ne peux qu’en écouter une à la fois).

Qu’est-ce que j’ai fait à ton avis ? J’ai glissé Sheila dans la machine. J’avais presque la larme à l’œil à l’idée de me replonger dans mes souvenirs. Ouais ! question souvenir, rien, nada. Un ronronnement parce que le son était à fond, vu que j’étais certaine que ça allait marcher, et rien d’autre. L’école était bien finie pour Sheila et pour moi aussi. Quant à l’heure de la sortie, elle avait sonné pour moi. Gardien de la paix, ras-le-bol, j’avais trouvé ce que j’allais faire à la place.

C’est bien beau tout ça, mais quand on n’y connait rien, comment veux-tu promettre des monts et merveilles à tes clients ? Et bien on se forme ma p’tite dame, voilà tout. Il devait bien y avoir un bouquin qui existait sur les réparateurs de radiocassette pour les nuls vu que pour les nuls, il existe plein de trucs.

J’ai décidé de m’installer dans mon ancien bureau, en bas, comme ça, si des personnes à mobilité réduite avaient envie de venir faire réparer leur bazar, pas besoin de chercher un ascenseur et puis ma porte à carreaux est ouverte, facile de passer la tête.

— C’est toi le réparateur de radiocassette ?

Je sursaute, prise en flagrant délit de rêvasserie (ça ne m’arrivait jamais quand j’étais gardien de la paix) et me trouve face à un ado à l’allure dégingandée (mon ancien métier prend le dessus, je le toise et me dit que je ne l’ai jamais vu trainer dans le quartier).

Il pose sur mon bureau le même radiocassette que le mien. J’y crois pas. Un double, tout pareil !

— J’suis trop content, il n’y en a pas beaucoup des gens comme toi qui réparent ces appareils. Je pourrai l’avoir pour quand ? Regarde, quand on met les cassettes, tout s’embobine de travers. Tu pourras la récupérer ma cassette ? Au fait, j’te tutoie c’est grave ? Mais t’étais pas gardien de la paix avant ?

Je souris à ce grand garçon, bien sympathique.

— En fait, je n’y connais pas grand-chose. Tu es mon premier client. Regarde, j’ai un bouquin. Je pense que je vais m’en sortir.

— Si t’as besoin d’aide, j’ai un pote qui tâte un peu dans les réparations en tout genre. Si tu veux je l’appelle.

Il n’attend pas ma réponse et même pas dix minutes plus tard, un autre grand dadais fait irruption chez moi.

— J’y crois pas, tu fais dans le business maintenant ? Tape-là, on va s’aider, tu vas voir. T’es plus dans la police hein ?

Heu… dans quel guêpier me suis-je fourrée ?

À très vite…

Je dis poésie

Bonjour toi 😉

C’est un exercice difficile auquel je me suis frottée pour l’atelier d’écriture de Marie ici. La consigne était celle-ci :

Pour la semaine prochaine, je vous invite cette fois à la poésie en partant du poème “mon rêve familier” de Paul Verlaine et en changeant à votre guise les morceaux de phrases en gras (d’après une proposition de Josée):

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Voici donc ma participation, que Verlaine me pardonne 😏 je ne possède pas sa poésie. Toutefois, j’ai relevé le challenge.

Je fais souvent alors que je n’ai plus vingt ans
D’une femme inconnue le portrait à main nue
Et qui n’est, chaque fois, pas parvenu, têtu
Que je suis à peindre celle qui me comprend.

Je sais bien qui elle est et mon cœur transparent 
Empli d’amour joyeux cesse d’être un problème
Pour elle seule, belle sorcière de Salem
Elle seule, connait mon âme de conquérant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Peu m’importe
Son nom ? Chantant et bohème au-delà m’emporte
Comme ceux que j’aimais, gamin, les fredonner.

Elle n’a rien à envier au regard des statues
Et pour sa voix, gaie, musicale et enjouée
L’inflexion grave et soutenue m’est parvenue.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mai 2022).

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Chez Marie la consigne était celle-ci : je vous invite à faire se rencontrer deux personnages qui ne se sont pas vus depuis 10 ans, en intégrant les mots suivants : sinécure, cuistre, s’esbaudir, nidoreux et tintamarre.

Voici donc ma participation 👇

Rencontre au supermarché

Josette faisait la queue au supermarché. Son caddie était plein à ras bord comme chaque semaine. Certains ne la comprenaient pas et lui rabâchaient que ça ne devait pas être une sinécure de posséder une famille nombreuse. Trois enfants, ce n’était quand même pas la mer à boire, pensait Josette.

Soudain, elle sentit quelqu’un lui taper sur l’épaule. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir Christine, une amie de jeunesse. Enfin, amie, il fallait le dire vite. En quelques secondes, les souvenirs se bousculèrent et défilèrent devant ses yeux.

Christine qui lui piquait tous ses petits copains, cuistre au possible, elle frisait le ridicule quand elle inventait des spectacles de danse pour faire sa vedette sur la musique de Sylvie Vartan.

S’esbaudir sans vergogne devant sa cour, Josette se repassait ça comme si c’était hier.

Alors que Christine affichait son plus beau sourire et lui demandait de ses nouvelles, depuis le temps…

Josette tout en avançant à la suite des clients, se rappelait les coups nidoreux que Christine lui avait infligé. Pourtant, Josette sans doute en rappel de son éducation, répondit de bonne grâce aux questions de son ancienne amie et s’informa de sa santé.

— Je vais bien, mais…

Christine contempla avec envie, le caddie rempli.

— Tu en as de la chance Josette, moi, je vis toute seule.

Elle soupira et reprit :

— Je me rappelle que je n’étais pas sympa avec toi. Tout ce tintamarre que je m’évertuais à produire autour de moi pour qu’on me remarque. Enfin, c’est bien loin tout ça et c’était quand même le bon temps. Je suis heureuse de t’avoir revue.

Ce fut au tour de Josette de passer à la caisse. En déposant ses achats sur le tapis roulant, elle s’entendit demander :

— Veux-tu venir bavarder à la maison ?

En découvrant le visage de Christine s’éclairer, elle balaya d’un coup ses vieux souvenirs et sourit in petto. Sa mère serait ravie, grâce à son éducation, elle faisait une bonne action.

À très vite…

Agenda ironique – mai 2022

Bonjour toi 😉. C’est la première fois que je vais participer à cet agenda ironique proposé sur le site de Photonanie ici. Voici donc ce que j’ai imaginé avec les mots à glisser dans le texte 👇

Photonanie souhaitait également que l’action se passe dans un pays froid, l’Islande éventuellement (mais pas que), et que si le texte se présentait sous forme d’anadiplose, elle serait comblée. Alors, j’ai tenté de relever le défi.

Pourquoi Bertille, Aglaé et Sam n’aiment pas l’Islande
Bonnet sur les oreilles, Bertille avait froid. 
Emmitouflée jusqu’à la toque, elle grelottait. 

Grelottait ? Claquait des dents oui ! 
Ce n’est pas parce qu’elle était fan de Game of Thrones 
Qu’elle devait voir de ses propres yeux, l’Islande. 

L’Islande ! Heureusement qu’elle avait pu emmener
Aglaé et Sam. 

Aglaé et Sam étaient son couple de chats persans. 
Ailurophile, Bertille n’avait pas imaginé une seconde partir 
Sans ses amours. 

Ses amours, parlons-en, ils n’avaient pas apprécié le voyage.
Encore moins de débarquer dans cette maison inconnue. 
Bertille, pour les embarquer avec elle, avait fait des pieds et des mains. 

Des pieds et des mains, ça, on pouvait le dire. 
Elle avait payé la peau des fesses leur transport. 
Elle avait gagné une coquette somme au loto,
Autant en profiter. 

En profiter ! ça commençait mal. 
La maison où elle devait s’installer pour son séjour
Était dans un état indescriptible. 

Indescriptible, c’était le mot ! 
L’ancien propriétaire devait être frappé de syllogomanie. 
Il y en avait partout : des cartons, des cadres photos, des emballages, 
Quel fatras !

Fatras ! À cause de ça, ses chats n’osaient sortir de leurs panières. 
Quel bec à foin, elle était !
Elle aurait dû passer par une agence, 
Plutôt que d’écouter cette Germaine de malheur, 
Qui avait une sœur qui connaissait la fille qui connaissait…

Connaissait qui d’ailleurs ? 
Bertille ouvrit les yeux et pensa aussitôt que ce rêve était une coquecigrue.
Aglaé et Sam ronronnaient près d’elle sur la couette rouge à fleurs,
Eclairée par un rayon de soleil coquin. 

Coquin ? Vous avez dit coquin ? 
Elle saisit son téléphone et appela Alexandre. 
Il décrocha à la première sonnerie. 
— Tu ne m’avais pas parlé d’un voyage en Islande ? Je préférerais un pays plus chaud. 

— Plus chaud ? Que penses-tu de la Thaïlande ? 

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici chez Marie, à partir de l’image ci-dessous, la consigne était simple, écrire sur ce qu’elle nous inspirait. Dans ce genre d’exercice, je suis toujours surprise par l’imagination de chaque participant, aucun texte ne se ressemble et c’est ce que j’aime dans l’atelier d’écriture. Voici donc ma participation 👇.

Toutou a besoin d’exercice et il n’a pas attendu Arthur. De toute façon, il sait bien qu’ils se retrouveront. Il galope la truffe en l’air, au sol, il dresse l’oreille, il écoute. La vie de chien quoi !

Soudain, au détour d’un grand champ, il stoppe son vagabondage. Qu’est-ce que c’est que ce truc ? Quelle drôle de maison ! Elle ressemble étrangement à l’appareil qu’Arthur porte autour du cou perpétuellement. Il se met à aboyer. Cete chose lui fait peur.

Toutou se tait et prend la pause. Il se rappelle que son maître adore le photographier Peut-être que c’est pareil ici ?

Rien ne se passe. Il se tourne, inquiet. Arthur n’est toujours pas là. Toutou s’approche plus près. Est-ce que ce gros rond qui ressemble à une fenêtre en est une ? Il colle son museau et tente de regarder à l’intérieur. Il fait trop sombre, il ne voit pas grand-chose. Il se met debout. Il a dû appuyer sur quelque chose, ça bouge et ça rentre. Il manque de tomber et se rappelle que ce truc fait ça aussi avec Arthur. Il a même entendu dire que c’était pour zoomer.

Il recule et se rend compte que cette drôle de maison a une cheminée qui fume. Incroyable ! Il surveille toujours si Arthur n’arrive pas. Il aimerait bien lui montrer sa découverte.

Le voilà ! Toutou part à sa rencontre en aboyant et tente avec de multiples mimiques de lui expliquer qu’il a trouvé une chose formidable.

— Oh un appareil photo géant !

Toutou comprend que son maître est ravi. Arthur est curieux, il cherche la porte et n’en trouve pas, mais il aperçoit un balcon. Il crie :

— Ohé, il y a quelqu’un ?

L’objectif s’avance. Toutou se couche aux pieds de son maître, mort de trouille. Arthur s’approche et voit avec surprise le boitier s’ouvrir.

— Bienvenue dans mon monde d’images.

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Ici il était demandé ceci votre personnage se promène, croise une boite à livres, en choisit un et en l’ouvrant lit la phrase suivante « Je n’attendais que vous, rendez-vous demain même heure, même endroit ». A vous d’imaginer la suite…

Voici ma participation 👇

Comme tous les jours, Timothée sortait accompagné de son chien et de sa canne. Le premier tirait pour le faire avancer plus vite et la seconde l’aidait justement à marcher plus vite.

Comme tous les jours, il passait devant la cabine téléphonique rouge qui, parait-il, renfermait des livres. Il ne comprenait pas pourquoi, elle s’appelait pompeusement boîte à livres, alors qu’elle n’était qu’une cabine téléphonique point barre.

Et puis d’abord, à quoi ça servait ces livres ? D’accord, il était assez grognon ce matin Timothée. La faute à sa cafetière tombée en rade qui n’avait pas pu lui servir son café. Il était sorti de chez lui sans rien dans le ventre. Il avait décidé d’aller le prendre au bar. Tiens, justement à côté de cette satanée boite à livres. Ah, mais non, son chien avait choisi de s’y arrêter devant. Non, il ne levait pas la patte, il était trop bien éduqué, mais il poussait la porte de son museau, curieux. Timothée se trouva face à une rangée de livres. Ce n’était pas son truc la lecture, mais il était maniaque et un livre tombé au sol, ouvert, l’agaça. Il le ramassa et machinalement lut les premières phrases Je n’attendais que vous, rendez-vous demain, même heure, même endroit.

Sans s’en rendre compte, il consulta sa montre : 9 heures. Puis, il haussa les épaules, pensa à Patrick Bruel et à sa place des grands hommes et rangea le bouquin.

Son animal le tirait vers l’extérieur, il partit prendre son café.

Le lendemain matin, Timothée, regarda la pendule : 8 heures 45. Toujours la machine en panne. Il chercha la laisse de son chien, sa canne et sortit, se traitant de vieux sot.

8 heures 50. Il n’avançait pas vite le bonhomme. 8 heures 55. Il voyait la cabine rouge qui le narguait, son cœur s’accéléra.

Il ne vit pas la trottinette électrique qui arrivait face à lui, occupé à surveiller la cabine. L’animal prit peur et se mit à courir, Timothée, déséquilibré lâcha la laisse, sa canne le fit trébucher, il s’étala de tout son long sur le trottoir.

— Monsieur ? Répondez-moi, serrez ma main si vous m’entendez.

Timothée ouvrit les yeux.

— C’est vous mon rendez-vous ? demanda-t-il d’une voix chevrotante.

La dame au chignon gris saisit son portable et composa le 15. Il n’allait pas bien ce pauvre homme. Elle le voyait tous les jours passer devant la cabine rouge. Hier, elle avait perdu son livre. Elle venait de le retrouver. Il était 9 heures.

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😏

Ici les consignes étaient simples : je vous invite à écrire un texte qui inclura toutes les phrases suivantes: “en dépoussiérant son grenier” – “la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie” – “la boite de nuit puait le whisky rance” – “il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre” et “la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie”.

Voici mon texte 👇

Alice avait décidé de faire un grand nettoyage de printemps.

— Génial ! s’écria Gaspard.

Gaspard, c’était son gamin. Les vacances étant arrivées, il passait son temps dans la bâtisse de campagne avec sa maman. Son père malchanceux était resté en ville pour travailler. Il les rejoindrait pour le week-end.

— Et si on allait au grenier ?

Ça, c’était l’idée lumineuse de Gaspard qui rêvait de fureter là-haut dans les cartons.

Cette maison appartenait à la grand-mère d’Alice, elle n’avait jamais mis les pieds dans les combles.

— On y va ?

Après quelques hésitations, elle le suivit. Elle avait son portable dans sa poche, on ne sait jamais, si elle devait appeler les secours.

Elle poussa la porte. Celle-ci grinça et arracha quelques toiles d’araignées.

Quel fatras ! alors que son fils ne craignait rien et furetait partout, elle, elle avançait précautionneusement.

Quand elle raconterait ça sur son journal, elle pourrait toujours commencer par Un jour, en dépoussiérant le grenier.

— Maman, viens voir !

Qu’est-ce qu’elle était jolie cette table.

— Trop beaux les dessins !

Alice se revit, toute petite, assise sur les genoux de sa grand-mère. C’était son grand-père qui avait poli et peint le bois. Italien de naissance, il avait retracé de mémoire, son village. Alice se souvenait que son aïeule l’appelait la table en bois nappée aux couleurs de l’Italie. Elle suivit du bout des doigts le tracé des rues. Ici, c’était la fontaine, là l’escalier en pierres qui menait à la mer, là encore, sa propre maison avec le linge accroché aux fenêtres. Un véritable artiste cet homme !

— C’est vrai ? C’est ton grand-père qui a dessiné tout ça !

Gaspar n’en revenait pas, lui qui avait deux mains gauches comme répétait sa maîtresse.

— Il me parlait aussi d’une boîte de nuit… elle puait le whisky rance, c’était son souvenir. Il n’avait pas réussi à la retranscrire. De toute façon, le parfum n’aurait pas pu être dessiné, comme il disait.

Gaspard grimpa sur la table.

— Regarde, je marche dans le village de Grand-Papy.

Alors je l’imaginais se promener là-bas avec lui. Arrivé au bout , il s’en est fallu de peu pour qu’il perde l’équilibre ce qui le fit éclater de rire.

— Allez descends, je croyais que nous devions ranger le grenier. Pour l’instant, nous n’avons pas fait grand-chose.

Il sauta au bas de la table et se mit à courir partout. Tous ces cartons donnaient le vertige à Alice, mais son fils n’hésitait pas les ouvrir. Lorsqu’il découvrit les vieux vêtements, il s’en empara.

Soudain, la sonnette de la porte d’entrée retentit. À regret, Alice quitta le grenier et commença à descendre. C’était sans compter sans la vitesse de son gamin qui passa devant elle, habillé de tissus multicolores, ressemblant furieusement à ceux de la Commedia Del Arte.

C’est alors que la porte s’est ouverte sur sa tête cramoisie.

— Surprise !

Gaspard poussa un hurlement de joie.

— C’est papa !

À très vite…