Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

L’atelier d’écriture chez Marie ici est relancé et j’avoue qu’il n’est pas facile ce nouveau défi. En voici l’intitulé : je vous invite à écrire de la poésie en prose (Ce genre se caractérise par sa brièveté, une apparente simplicité mais une densité bien réelle, une unité thématique, un jeu sur les images et une recherche de musicalité), sur le thème de l’odorat. Pas facile n’est-il pas vrai ?

Je me lance 😉

Lui, Elle et son parfum

Un parfum discret l’enveloppa. Il le reconnaitrait et La reconnaitrait. 
Un mélange de rose, une touche de cerise noire, il le et La respirait. 
Une histoire d’Amour entre Lui et Elle. 
Elle l’avait découvert par hasard et ne l’avait jamais quitté. Lui ou son parfum ? 
Subtil, ce parfum l’enivrait autant que Lui. 
Posé délicatement au creux de ses seins, il s’exhalait à chaque battement de cœur. 
Mélange de gourmandises de fruits rouges il la sublimait. Elle le savait et Lui, 
Il ne pouvait s’en détacher. Il savait qu’elle était là avant même de la voir. 
Indissociables, Lui ne pouvait l’imaginer sans lui. 
Une histoire d’Amour à trois, Lui, Elle et son parfum.


© Isabelle-Marie d’Angèle (Septembre 2022)




À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Voici revenu l’atelier d’écriture de Marie ici et la consigne était celle-ci : Je vous propose d’écrire un texte à partir de la phrase d’introduction suivante: “On ne lui connaissait pas de nom mais dans le village les rumeurs allaient bon train…”

Voici mon texte 👇

Ambre

Phil se souvenait encore de la gamine qui s’était plantée devant lui un matin.

— Comment tu t’appelles ?

— J’sais pas !

Une larme coulait et comme Phil était passionné par les pierres, il choisit de l’appeler Ambre, peut-être aussi parce que ses yeux noyés avaient cette couleur.

Elle tenait serré contre elle un doudou en forme de cœur rouge.

— Tu viens d’où ?

— J’sais pas.

Phil décida de la prendre sous son aile, il était certain que Marius accepterait de l’héberger.

Quand on est gosse, on croit que tout est possible. Lorsqu’il vit la tête de son père à la vue de la petite accrochée à sa main, il sentit que ça n’allait pas marcher comme sur des roulettes, mais il lui fit confiance et il eut raison.

Papa Marius accueillit sa protégée comme si elle était sa fille. Il était comme ça Marius, il faisait fi de toutes les lois. Il s’en moquait même. Cette gamine avait besoin d’aide, il lui en apporterait.

Il évalua son âge en un clin d’œil et appela Joséphine. Elle débarqua avec des coupons de tissus et des vêtements qui pourraient faire l’affaire, le temps qu’elle lui couse les siens.

Aux habitants du village, il clama que son fils l’avait trouvée et qu’il n’allait pas la laisser sans manger et toute nue. Il fit passer son ami médecin qui l’ausculta sous toutes les coutures. La gamine allait bien à part cette amnésie qui la privait de ses souvenirs. Marius n’écouta que son cœur et accepta le prénom d’Ambre choisi par Phil.

L’instit était un copain d’enfance, il prit la petite nouvelle dans l’unique classe qui faisait tous les niveaux. Phil lui fit une place à côté de lui et lui prêta ses crayons, en attendant qu’elle ait sa trousse bien à elle.

C’était un tout petit village, alors comme on ne connaissait pas le nom de la gamine, les rumeurs allaient bon train, on parlait d’un abandon comme on abandonnait un chien à une affaire sordide dont elle avait été témoin.

Comment Marius fit-il pour que Ambre ne soit jamais ennuyée, c’est un grand mystère. Elle alla au collège puis au lycée et désormais, elle portait le nom de Marius.

Elle fit des études d’infirmière alors que Phil voulait être médecin, là aussi, comment Marius eut droit aux bourses pour les deux gamins, mystère.

Une fois son diplôme en poche, elle s’installa là où elle avait été trouvée en tant que libérale et Phil ouvrit un cabinet médical à côté de l’école.

Aujourd’hui le village s’est agrandi et à part Marius et son ami l’instituteur, peu d’habitants se souviennent qu’elle n’avait pas de nom et que les rumeurs sur son compte allaient bon train.

D’ailleurs, il n’y a pas de plaque pour annoncer qu’une infirmière est au village, pas la peine, le bouche à oreilles fonctionne très bien pour dire que si t’as besoin de soins, il y a Ambre qui fait ça très bien.

© Isabelle-Marie d’Angèle (septembre 2022).

À très vite…

Agenda ironique Juillet 2022

Bonjour toi 😘

C’est chez Toutloperaoupresque ici que l’agenda ironique de juillet se passe. Voici les consignes :

 « Je vous propose d’écrire un texte en sept parties, dont chacune devra commencer par une note de musique, dans l’ordre composé par Guido d’Arezzo en 1050.

Si ça peut vous aider, voici le texte latin écrit par Guido pour nous permettre de retenir le nom des notes :

« UT queant laxis / Pour que puissent
« REsonare fibris / résonner des cordes
« MIra gestorum / détendues de nos lèvres
« FAmili tuorum, / les merveilles de tes actions,
« SOLve polluti / ôte le péché,
« LAbii reatum, / de ton impur serviteur,
« Sancte Iohannes. / ô Saint Jean.

Donc, si vous voulez remplacer le DO par un UT, vous avez toute liberté de le faire. Comme petite contrainte supplémentaire, je vous demanderai d’employer quelques termes musicaux simples, tels que silence, soupir, croche ou ouverture et portée.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref. »

Voici ma participation 👇

Do Ré Mi et la voiture


Do minique je m’appelle
Ré mi c’est lui
Mi chèle c’est elle.
Fa cile à retenir, unis pour la vie, triplés nous sommes. 
Sol eil à gogo
Là - bas nous partons
Si la voiture veut bien démarrer. Silence !

Do nc elle est en panne
Ré vision faite pourtant. Soupir !
Mi chèle s’ac croche à son rêve,
Fa rniente, ne rien faire c’est à sa portée. 
So le mio chante-t-elle à tue-tête. 
Là, tu nous casses les oreilles sœurette. 
Si tu veux bien te taire.

Ut ile pour réfléchir ce serait !
Ré mi mon frère, as-tu une idée ? 
Mi -figue, mi-raisin, tu réponds
Sol veig est garagiste. 
La rmes de joie de Michèle qui tape des mains. 
Si il veut bien répondre au téléphone. 

Do do il fait encore, soupirais-je. 
Ré veille - le scande Rémi. 
Mi chèle s’installe au volant
Fa chée la voiture tu es ? 
Sol dée tu n’es pas, chante-t-elle doucement
La la la tu veux bien démarrer ? 
Si belle tu es, amie de nos belles années.

Do minique, Rémi, j’ai réussi !
Ré veillée je l’ai !
Mi racle de la mécanique
Fa çon de parler
Sol ide la voiture est, mais
La prochaine fois 
Si tu veux bien,
Do minique, pense à bien tourner la clé. 

© Isabelle-Marie d’Angèle – Juillet 2022



À très vite…

Jeux d’écriture – À l’abri du parapluie

Bonjour toi 😉

Le nouvel atelier d’écriture chez Marie ici proposait ceci :  je vous invite à écrire un texte à partir de cette photo – Crédit Olivier Reynes.

Voici donc ma participation 👇

Il n’a même pas pris la peine de passer un short et est entré dans l’eau.

— Et tu crois qu’avec ton parapluie tu pourras empêcher quelque chose ?

La voix vient d’en haut et elle semble narquoise.

— Si je ne fais rien qui va le faire ? Toi peut-être ?

— Moi ? Ne penses-tu pas qu’il faudrait plutôt te poser la question à toi ? Quant à savoir qui va le faire si tu ne fais rien, très bonne question.

— D’ailleurs c’est quoi ce nuage ? Il ne me dit rien qui vaille.

— Normal, à force de me faire du mal, voilà le résultat, je me révolte. En tout cas, je vois que tu es bien seul avec ton parapluie. Un bon point pour toi, tu n’as pas hésité à entrer dans l’eau rapidement.

— J’ai froid.

— Arrête de te plaindre. Tu ne veux pas que je te chauffe l’eau aussi ? Vous me chauffez bien assez comme ça avec vos conneries.

— Je n’ai rien fait.

— C’est bien ça le problème.

— Tu exagères, chacun fait des efforts.

— Pas suffisants.

— Tu en as de bonnes toi, tu crois que c’est facile ? Et ce n’est pas forcément de notre faute.

— Ben voyons, c’est la faute à pas de chance ? Si tout le monde s’y mettait… Une goutte qui tombe l’une après l’autre emplit le récipient. C’est pareil pour faire avancer les choses.

— Pourquoi c’est moi que tu engueules ?

— Parce que c’est toi qui es venu le premier.

— Si j’avais su, je n’aurais rien fait. C’est injuste.

— Réfléchis… n’est-ce pas ce qu’il se passe tous les jours ? Tu tentes un effort et tu te fais remballer… du coup tu ne fais plus rien. Ne lâche rien si j’ai un conseil à te donner. Si tu attends après les autres, je me révolterai encore davantage.

— Ben voyons, des conseils, des ordres, c’est toujours comme ça maintenant.

— Et les choses changent ?

— Heu… non.

— Tiens bien ton parapluie alors… j’espère qu’il est solide.

© Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2022).

À très vite…

Jeux d’écriture – L’attraction

Bonjour toi 😉

Chez Marie ici Les consignes étaient les suivantes, commencer un texte avec cette phrase : “Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.”

Voici ma participation complètement décalée 👇 😊

L’attraction

— Oui puisque ce soir on en parle, puisque ce soir tu me le demandes sans détour, je serais même prêt à aller jusque-là, à faire ça pour toi, tu as l’air de tellement y tenir, ça à l’air si important pour toi, alors si ça peut te faire plaisir pas d’état d’âme, je te suivrai, je ferai ce que tu me diras.

— Sérieux ? Tu ferais ça pour moi ?

Jules a les yeux qui brillent et le sourire jusqu’en haut des oreilles. Du coup, Tom se demande s’il n’a pas été trop loin. Il tente de se reprendre, mais Jules ne le laisse pas parler et lui saisit la main.

— Attends, où m’emmènes-tu ?

Jules attrape son foulard rouge qu’il arbore fièrement quand il joue au cow-boy et le noue sur les yeux de son père.

— Ah ! tu as promis, ne te défile pas. Tu as toujours dit qu’une promesse devait être tenue.

— Ah bon j’ai dit ça moi ?

Tom commence à flipper sérieusement. C’est mercredi et c’est lui qui est chargé de la garde de son fils. Une semaine sur deux, il a décidé de prendre ce jour de repos pour lui. Infirmière libérale, Juliette ne peut pas souvent se libérer.

Justement, elle se gare devant la maison entre deux patients. Jules met un doigt sur sa bouche. Elle ne dit rien et sourit.

— Ton fils m’emmène je ne sais pas où.

— Notre fils, rectifia -t-elle en riant.

Il bougonna et se laissa entrainer. Lorsqu’il entendit la musique et qu’il sentit l’odeur de barbe à papa lui chatouiller les narines, son cœur s’emballa. Il voulut arracher le foulard et prendre ses jambes à son cou, mais Jules lui tenait fermement la main et prenait son rôle très au sérieux de guide.

Tom ne vit pas les sourires goguenards des passants, il tentait de se calmer. Il avait une peur effroyable des fêtes foraines et des manèges. Juliette n’avait pas le temps de s’occuper de son petit garçon, Jules n’avait donc trouvé que ce moyen pour pouvoir monter dans un grand manège. Il n’avait le droit que s’il était accompagné d’un adulte. Il en avait tellement rêvé.

Il avait pris de l’argent dans sa tirelire, il ne ferait qu’un tour, c’était déjà bien. Toujours les yeux bandés, Tom comprit qu’il s’approchait de l’attraction dont lui parlait sans cesse son gamin. Il n’avait jamais voulu la voir. Il ne savait donc pas qu’il allait s’envoler dans les airs, tourner à l’endroit et à l’envers.

Pourvu qu’il ne s’évanouisse pas ou au pire vomisse. Il ne souhaitait pas être la risée du village et faire honte à Jules. Il serra les dents et suivit le mouvement.

Jules le fit assoir et prit place près de lui. Tom entendit le coup de sifflet, signe du départ, le manège se mit en branle. Jules enleva le foulard. Tom se trouvait dans le camion pompier d’un petit manège et Jules souriait.

— T’as vraiment cru que j’allais t’embarquer sur ce machin-là ?

Il désigna l’attraction qui venait de démarrer.

— Mais Jules, tu pouvais monter seul ici. Il suffisait juste de me demander de t’accompagner.

— Tu n’aimes pas les fêtes foraines. Mais je suis content, tu m’as suivi.

Le tour se termina sans que Jules pense à attraper la queue de Mickey.

Ils descendirent ensemble. Tom s’approcha du grand manège. Il prit son fils par la main, le passa sous la toise afin de vérifier qu’il avait la bonne taille et acheta deux tickets.

Bravement, Jules s’assit à côté de son père. Il regarda plusieurs fois que la ceinture de sécurité était bien attachée à lui comme à son papa. Tous deux n’en menaient pas large quand la machine se mit en route.

Mais que dire du sourire qu’ils affichaient quand ils descendirent tous deux, le cœur en déroute, les cheveux en désordre, leurs doigts emmêlés.

— C’était trop bien ! Merci.

Jules se serra contre Tom qui referma les bras sur lui. D’accord, il avait cru sa dernière arrivée, il avait fermé les yeux et serré les dents, mais les cris de joie de son fils avaient réussi à lui faire oublier sa peur. Pourtant, in petto, il se promit de ne plus jamais se laisser embarquer de cette façon.

À très vite…

Agenda ironique Juin 2022

Bonjour toi 😉

L’agenda ironique de juin 2022 se déroule chez le retour du Flying Bum ici avec ces consignes : C’est à mon tour de vous accueillir ce mois-ci dans ce merveilleux rendez-vous littéraire et amical. Comme juin inaugure notre été, nous qui habitons l’hémisphère nord, quoi de mieux pour sujet qu’un des petits bonheurs par excellence de la belle saison et j’ai nommé le pique-nique. Ce sera le thème pour juin. Mais, pas de pique-nique sans les enquiquineuses comme les fourmis et autres insectes piqueurs ou suceurs, cette fois-ci ce seront des mots bien singuliers qui devront coûte que coûte s’inviter au pique-nique : flavescent, amphigourique, sycophante et nidoreux. Sans toutefois gâcher le pique-nique quand même. Et tant qu’aller pique-niquer en région, pourquoi ne pas y ajouter aussi un régionalisme ou deux ?

Voici donc ma participation 👇

Un pique-nique bruyant

C’était le pique-nique habituel organisé par le village. La bande de copains qui se connaissait depuis des années se retrouva une fois de plus à étaler la nappe rouge à petits carreaux.

Les jambons tournaient au barbecue et les femmes de l’association du Comité des Fêtes, préparaient les assiettes de hors-d’œuvre, la célèbre assiette gersoise.

Au fil du temps des trois garçons et des deux filles des années lycée, s’étaient ajoutés les compagnes et maris. Corentin était seul, il venait de se séparer de Sylvie. Elle n’avait jamais été tout à fait appréciée de l’équipe d’amis. Snob, une vraie pouf comme l’appelait Virginie, elle était loin d’avoir fait l’unanimité.

Alors que chacun s’activait à vider les paniers des couverts et des verres, Corinne s’approcha de Virginie pour lui glisser à l’oreille qu’elle était bien contente que la Pouf ne soit pas là.

— Avec ses cheveux flavescents, elle me faisait pitié.

— Je t’ai entendu, grogna Corentin. Avec tes mots à l’emporte-pièce auquel on comprend rien, tu ne vas pas recommencer. Étaler ton savoir, ça tu sais faire. On le sait que t’es prof !

— Et bé, ça commence bien, remarqua Philippe avec son accent du Midi bien prononcé. Qué passa ?

— Oh ça va, j’ai juste dit qu’avec ses cheveux blonds à la Maryline, elle faisait tache !

— Tu t’es tachée ? demanda l’amoureux de Corinne, Roméo, qui avait l’art de tout comprendre de travers. Il entendait une vache braire dans une étable, mais il ne savait pas laquelle, se moquaient ses copains.

Corinne haussa les épaules et continua d’installer les couverts sur la nappe.

Une musique d’ambiance offerte par un orchestre du coin jouait en sourdine. Le parfum des jambons qui braisaient attisaient l’appétit et les organisateurs commencèrent à rameuter la foule pour l’apéro.

Chacun retrouvait un ami, un voisin et le ton monta d’un cran. C’était bon enfant. Soudain, le bruit d’un tracteur résonna et effarés les gens aperçurent le Léonce qui faisait vrombir son engin.

— Il ne va pas faire ça ?

— Bien sûr que si, répondit Roméo. Il n’est pas content que le pique-nique se fasse à côté de de chez lui, le gonze n’a qu’à venir, mais il est bien trop près de ses sous.

— Tu parles, pour douze euros, il peut bien se fendre d’un billet, rétorqua Philippe le compagnon de Virginie.

— Boudu, s’écria Roméo, il va épandre son fumier.

Le président du comité des fêtes tenta une approche en faisant de grands signes à l’agriculteur. Celui-ci vint vers lui juché sur son tracteur qu’il n’arrêta pas. Il leur montra qu’il n’entendait rien.

— Quel Pègue (idiot) pesta Greg.

— Arrête ton moteur, cria le responsable de l’organisation, tu vois bien qu’on va déjeuner.

Léonce gesticulait et beuglait également. Personne ne comprenait son langage amphigourique d’où il ressortait qu’il devait absolument faire son travail avant la pluie.

— Quelle cagade !

Personne ne parvint à stopper ce mauvais coucheur et bientôt un parfum nidoreux envahit l’atmosphère, déclenchant le fou rire de Léonce qui s’évertuait à passer près de l’emplacement dédié au pique-nique.

— Tu l’avais pas prévenu ?

— Complètement barjo le mec !

— Il joue au sycophante, c’est sûr !

— C’est quoi ?

— On n’a plus qu’à remballer !

— Et les jambons ?

— Moi j’ai faim !

Chacun y allait de son petit mot alors que l’orchestre jouait l’Hymne de nos campagnes de Tryo.

Y a pas à dire, dans le Sud-ouest on sait s’amuser, pensait Corentin.

Il regardait avec ironie tout ce monde qui finalement trinquait en riant en levant bien haut le verre à chaque fois que le Léonce passait devant eux.

La bande de copains se regroupa autour de l’assiette gersoise composée de magret séché et de gésiers confits sur un lit de salade. Puis vint le tour de découper les jambons accompagnés de flageolets. Les verres se succédant au rythme du passage du tracteur, les voix s’envolaient, le ton montait, les rires fusaient. Suivant comment le couteau coupait, certain avait une tranche épaisse alors qu’autres voyaient le journal à travers. Les flageolets étaient servis à la louche et noyaient la viande.

— À nous !

L’orchestre entonna allez viens boire un p’tit coup à la maison et tout le monde se mit à danser au bruit de l’accordéon et du ronflons de Léonce.

Joli cru ce pique-nique ! Les habitants de la commune s’en souviendraient.

À très vite…

Nouveau défi

Bonjour toi 😉

J’ai découvert l’atelier de Ghislaine ici et je relève le défi parce que j’aime les défis, l’écriture et partager les blogs que je visite.

La consigne choisie était de placer ces mots : Clamer – Nuit – Ennemis – Gare – Mémoire – Bougies – Années – Vaciller.

Une Bonne nouvelle

Elle se rappelait avec nostalgie ces années où il l’abandonnait chaque dimanche soir. Il ne l’abandonnait pas, il partait seulement travailler. Elle grelottait de froid, la neige tombait et la nuit les enveloppait sur ce quai de gare. Le train et la solitude étaient ses pires ennemis. Elle craignait toujours de vaciller quand il lâchait sa main.

Rien que le bruit de cette énorme machine qui s’arrêtait dans un crissement de ferrailles, lui écorchait les oreilles. Et que dire du redémarrage dès que le coup de sifflet retentissait, il lui arrachait le cœur. Elle ne s’y ferait jamais.

Clamer à tout vent sa détresse lorsqu’elle rentrait seule dans leur maison, sa mémoire lui en restituait tous les détails. Le chien qui venait lui lécher les mains puis le chat se frottant contre ses jambes.

À chaque fois, elle se pelotonnait sur le canapé puis la vie reprenait son cours.

Mais aujourd’hui, il revenait avec une merveilleuse nouvelle. Il ne partirait plus aussi loin, une promotion lui était offerte. Elle pourrait même l’accompagner. De nouveaux projets se profilaient.

Finis les quais de gare et les séparations qu’elle ne supportait plus. C’était la fête ce soir. Elle sortit la nappe des grandes occasions, les assiettes avec un joli fil doré qu’ils aimaient tous les deux puis elle alluma les bougies.

© Isabelle-Marie d’Angèle 30 mai 2022

À très vite…

Jeux d’écriture – Le réparateur de radiocassettes

Bonjour toi 😉

Chez Marie ici la consigne de la semaine pour l’atelier d’écriture était la suivante : je vous invite à écrire un texte ou un poème à partir des données suivantes : Anciennement gardien de la paix, Marion Blédine a lancé un atelier de réparation et d’entretien de radiocassettes au rez-de-chaussée de son ancien bureau. Elle nous raconte sa reconversion. 

Voici ma participation 👇

Je me demande encore ce qui m’est passé par la tête. Moi, Marion Blédine, anciennement gardien de la paix, reconvertie en réparateur de radiocassette.

C’est sûr que je ne vais pas crouler sous les demandes, vu qu’il n’y a pratiquement plus de radiocassettes. Tu en as encore un toi ? Avoue ! Tu préfères écouter ta musique sur une plateforme en ligne. En plus, tu as tous les nouveaux succès qui sortent illico.

Mais que veux-tu, lorsque j’étais gamine, j’écoutais Sheila et Ringo sur mon vieux machin à cassettes. Même qu’oublié dans la voiture, sur la plage arrière, il avait fondu. Oui madame ! Dans le sud, ça rigole pas, quand le soleil brille. ! Faut dire, que je viens du nord, avant que ça fonde chez moi, tu peux attendre que les poules aient des dents.

Bref, alors que je faisais du rangement dans ma vieille maison, oui ça m’arrive, je suis tombée sur mes reliques de cassette. Mais comment les écouter vu que les radiocassettes n’existent plus ? C’est pourquoi j’ai fouillé dans mon grenier et je l’ai retrouvé. Noir et presque flambant neuf, doubles cassettes s’il vous plait ! (Je ne sais toujours pas pourquoi d’ailleurs, vu que tu ne peux qu’en écouter une à la fois).

Qu’est-ce que j’ai fait à ton avis ? J’ai glissé Sheila dans la machine. J’avais presque la larme à l’œil à l’idée de me replonger dans mes souvenirs. Ouais ! question souvenir, rien, nada. Un ronronnement parce que le son était à fond, vu que j’étais certaine que ça allait marcher, et rien d’autre. L’école était bien finie pour Sheila et pour moi aussi. Quant à l’heure de la sortie, elle avait sonné pour moi. Gardien de la paix, ras-le-bol, j’avais trouvé ce que j’allais faire à la place.

C’est bien beau tout ça, mais quand on n’y connait rien, comment veux-tu promettre des monts et merveilles à tes clients ? Et bien on se forme ma p’tite dame, voilà tout. Il devait bien y avoir un bouquin qui existait sur les réparateurs de radiocassette pour les nuls vu que pour les nuls, il existe plein de trucs.

J’ai décidé de m’installer dans mon ancien bureau, en bas, comme ça, si des personnes à mobilité réduite avaient envie de venir faire réparer leur bazar, pas besoin de chercher un ascenseur et puis ma porte à carreaux est ouverte, facile de passer la tête.

— C’est toi le réparateur de radiocassette ?

Je sursaute, prise en flagrant délit de rêvasserie (ça ne m’arrivait jamais quand j’étais gardien de la paix) et me trouve face à un ado à l’allure dégingandée (mon ancien métier prend le dessus, je le toise et me dit que je ne l’ai jamais vu trainer dans le quartier).

Il pose sur mon bureau le même radiocassette que le mien. J’y crois pas. Un double, tout pareil !

— J’suis trop content, il n’y en a pas beaucoup des gens comme toi qui réparent ces appareils. Je pourrai l’avoir pour quand ? Regarde, quand on met les cassettes, tout s’embobine de travers. Tu pourras la récupérer ma cassette ? Au fait, j’te tutoie c’est grave ? Mais t’étais pas gardien de la paix avant ?

Je souris à ce grand garçon, bien sympathique.

— En fait, je n’y connais pas grand-chose. Tu es mon premier client. Regarde, j’ai un bouquin. Je pense que je vais m’en sortir.

— Si t’as besoin d’aide, j’ai un pote qui tâte un peu dans les réparations en tout genre. Si tu veux je l’appelle.

Il n’attend pas ma réponse et même pas dix minutes plus tard, un autre grand dadais fait irruption chez moi.

— J’y crois pas, tu fais dans le business maintenant ? Tape-là, on va s’aider, tu vas voir. T’es plus dans la police hein ?

Heu… dans quel guêpier me suis-je fourrée ?

À très vite…

Je dis poésie

Bonjour toi 😉

C’est un exercice difficile auquel je me suis frottée pour l’atelier d’écriture de Marie ici. La consigne était celle-ci :

Pour la semaine prochaine, je vous invite cette fois à la poésie en partant du poème “mon rêve familier” de Paul Verlaine et en changeant à votre guise les morceaux de phrases en gras (d’après une proposition de Josée):

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime,
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore,
Comme ceux des aimés que la vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.

Voici donc ma participation, que Verlaine me pardonne 😏 je ne possède pas sa poésie. Toutefois, j’ai relevé le challenge.

Je fais souvent alors que je n’ai plus vingt ans
D’une femme inconnue le portrait à main nue
Et qui n’est, chaque fois, pas parvenu, têtu
Que je suis à peindre celle qui me comprend.

Je sais bien qui elle est et mon cœur transparent 
Empli d’amour joyeux cesse d’être un problème
Pour elle seule, belle sorcière de Salem
Elle seule, connait mon âme de conquérant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Peu m’importe
Son nom ? Chantant et bohème au-delà m’emporte
Comme ceux que j’aimais, gamin, les fredonner.

Elle n’a rien à envier au regard des statues
Et pour sa voix, gaie, musicale et enjouée
L’inflexion grave et soutenue m’est parvenue.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mai 2022).

À très vite…

Jeux d’écriture

Bonjour toi 😉

Chez Marie la consigne était celle-ci : je vous invite à faire se rencontrer deux personnages qui ne se sont pas vus depuis 10 ans, en intégrant les mots suivants : sinécure, cuistre, s’esbaudir, nidoreux et tintamarre.

Voici donc ma participation 👇

Rencontre au supermarché

Josette faisait la queue au supermarché. Son caddie était plein à ras bord comme chaque semaine. Certains ne la comprenaient pas et lui rabâchaient que ça ne devait pas être une sinécure de posséder une famille nombreuse. Trois enfants, ce n’était quand même pas la mer à boire, pensait Josette.

Soudain, elle sentit quelqu’un lui taper sur l’épaule. Quelle ne fut pas sa surprise de découvrir Christine, une amie de jeunesse. Enfin, amie, il fallait le dire vite. En quelques secondes, les souvenirs se bousculèrent et défilèrent devant ses yeux.

Christine qui lui piquait tous ses petits copains, cuistre au possible, elle frisait le ridicule quand elle inventait des spectacles de danse pour faire sa vedette sur la musique de Sylvie Vartan.

S’esbaudir sans vergogne devant sa cour, Josette se repassait ça comme si c’était hier.

Alors que Christine affichait son plus beau sourire et lui demandait de ses nouvelles, depuis le temps…

Josette tout en avançant à la suite des clients, se rappelait les coups nidoreux que Christine lui avait infligé. Pourtant, Josette sans doute en rappel de son éducation, répondit de bonne grâce aux questions de son ancienne amie et s’informa de sa santé.

— Je vais bien, mais…

Christine contempla avec envie, le caddie rempli.

— Tu en as de la chance Josette, moi, je vis toute seule.

Elle soupira et reprit :

— Je me rappelle que je n’étais pas sympa avec toi. Tout ce tintamarre que je m’évertuais à produire autour de moi pour qu’on me remarque. Enfin, c’est bien loin tout ça et c’était quand même le bon temps. Je suis heureuse de t’avoir revue.

Ce fut au tour de Josette de passer à la caisse. En déposant ses achats sur le tapis roulant, elle s’entendit demander :

— Veux-tu venir bavarder à la maison ?

En découvrant le visage de Christine s’éclairer, elle balaya d’un coup ses vieux souvenirs et sourit in petto. Sa mère serait ravie, grâce à son éducation, elle faisait une bonne action.

À très vite…