C’était la pleine Lune et comme elle l’avait promis, Charlie alias la sorcière Shearah, repartait dans son monde. D’ordinaire tout se passait bien. Elle faisait en sorte que les enfants et Joe soient allés se coucher.
Ce soir-là, les deux garçons participaient à un concours de belote. Joe avait initié son fils à ce jeu de cartes et le gamin aimait profiter de son père. Aussi, dès qu’au village cett manifestation avait lieu, ils y allaient. Charlie n’avait pu les empêcher de partir et du coup, elle n’avait pu les endormir pour qu’elle puisse s’envoler sans éveiller leurs soupçons.
Rien ne se passait comme prévu, Héloïse avait mal au ventre et ne voulait pas aller se coucher. Elle ronchonnait quand Joe et Stefano sortaient tous les deux, elle était un peu jalouse de la complicité entre le père et le fils. Depuis quelque temps, elle avait l’impression d’être mise à l’écart des jeux avec Stefano. Elle avait bien tenté d’en parler à sa mère, mais celle-ci lui avait répliqué qu’elle se faisait des idées, qu’elle n’avait rien remarqué d’anormal. Ce qui était faux. Charlie sentait bien que quelque chose clochait.
Charlie savait que si elle ne respectait pas sa promesse, elle pourrait provoquer la colère de Straurius. Aussi, elle ferma les yeux et l’invoqua. Elle espérait qu’il l’entendrait.
— Qu’est-ce que tu fais maman ?
Charlie sursauta. Héloïse s’était glissée près d’elle et la regardait. Elle n’eut pas le temps de fermebloquer son esprit et Straurius s’imposa à elle lui intimant de le rejoindre. Rapidement, elle répondit qu’elle ne pouvait pas laisser sa fille. Elle espérait qu’il comprendrait.
— Rien, je me reposais un peu les yeux, répondit-elle à sa fille.
— Tu étais toute drôle !
Charlie ne releva pas. Un vent s’était levé.
— C’est quoi ce bruit ?
Charlie réalisa immédiatement que Straurius n’était pas content qu’elle rompe son serment. La voix de stentor du sorcier résonna dans son esprit :
— Une promesse doit être respectée, tu connais les règles. Ta fille dormira jusqu’à ce que tu reviennes.
Charlie n’eut pas le temps de réagir qu’Héloïse s’envolait pour s’installer dans son lit. La jeune femme ne put que revêtir sa tenue d’apparat et disparaitre.
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— Tu as vu ? s’exclama Stefano.
Le père et le fils avaient prétexté un concours de belotte, mais il n’en était rien. Cela faisait plusieurs jours que tous deux surveillaient Charlie et Héloïse et ils n’avaient rien remarqué d’anormal jusqu’à ce soir.
Joe entra en trombe dans la chambre d’Héloïse. Celle-ci dormait paisiblement. Il n’osa pas la réveiller, il retrouva Stefano qui l’attendait dans la cuisine.
— Je t’avais dit que c’était une sorcière !
Joe se gratta la tête, il ne croyait pas en ces choses-là. Pourtant, ce qu’il venait de voir dépassait l’entendement.
— Tu penses que ça a un rapport avec la pleine lune ?
Stefano était planté devant la fenêtre et contemplait l’astre qui s’étalait dans un ciel bien dégagé. Son père faillit éclater de rire. Un coup d’œil jeté à son fils le retint.
— Demain, nous irons tous les deux à la bibliothèque et chercherons un bouquin sur les sorcières et leurs rituels.
— Je ne te dis pas la tête que va faire la dame à l’accueil, tu n’y mets jamais les pieds et en plus quand tu t’y pointes c’est pour parler de sorcière. Elle va se moquer de nous. Je vais retrouver le livre d’Héloïse et…
— Ce n’est pas la peine !
Ils sursautèrent tous les deux. Un chat noir les regardait. D’où arrivait-il ? Est-ce lui qu’ils avaient entendu ?
— Je vais tout vous expliquer puisque vous êtes bien curieux !
Il leva sa patte et en un éclair, Joe et Stefano virent défiler le monde de Charlie, qui elle était réellement, ce qui s’était passé il y a quelques mois, la promesse faite à Straurius, la formation d’Héloïse qui était elle aussi une sorcière.
— Si je suis ici, c’est parce que la prêtresse Isaulya me l’a permis. Vous devez toutefois prêter serment sur ce livre, jamais vous ne devrez révéler ce que vous avez appris. Isaulya a pensé que tous deux en étaient capables.
— Si elle est sorcière, elle le comprendra immédiatement, murmura Joe qui sentait le mal de tête le gagner.
— Héloïse pareil ! renchérit Stefano.
— Fermez votre esprit, répliqua Arthus.
Il réalisa aussitôt que ça ne voulait rien dire pour les deux mortels à voir leurs sourcils se froncer.
— D’accord d’accord, je vous aiderai. Je vais vous envoyer un ami à moi, vous le découvrirez bien assez tôt, qui saura vous guider.
— Charlie le connait et Héloïse ? demanda le garçon.
Petit rappel ici de ce qui s’était passé avec Héloïse. Joe, Stefano et Héloïse ne doivent plus se souvenir de ce qui est arrivé dans le monde des sorciers. Mais, est-ce que tout va se passer comme il se doit ?
Stefano, les mains dans les poches, regardait son père. Il ne savait comment lui parler. Joe était occupé à mettre bas une chèvre. D’habitude, il aimait assister à une naissance, mais aujourd’hui, il n’avait envie de rien.
Joe attrapa le chevreau. Tout s’était bien passé et déjà la mère léchait son petit. Il était toujours ému devant ce tableau. Il leva les yeux et aperçut son fils. Il se dirigea vers lui en se nettoyant les mains.
— Alors fiston, approche-toi. Tu le baptises ?
Stefano haussa les épaules et laissa échapper un pfft comme s’il était blasé. Surpris, Joe lui attrapa le menton et le releva vers lui. Il découvrit un regard voilé. Son fils avait de la peine et ne voulait pas le montrer, la preuve en était qu’il se frottait les yeux d’un geste rageur.
Joe fit comme s’il n’avait rien vu et le prit par le cou pour l’entrainer vers le chevreau. Celui-ci tirait déjà sur les tétines de sa mère ce qui arracha un sourire au gamin.
— Tu peux le caresser ? Biquette se laissera faire, elle te connait, elle n’est pas sauvage.
Stefano tendit la main. Le poil était dur et dru au contraire de la fourrure du terre-neuve. L’animal abandonna les tétines pour regarder, surpris, qui le touchait. Il s’approcha de Stefano, posa ses pattes sur lui et le fixa dans les yeux. Stefano éclata de rire. Le bruit lui fit peur, il sauta de côté et retrouva sa mère.
— Tu appelles toutes les chèvres Biquette, remarqua Stefano. Comment peuvent-elles savoir de qui tu parles ?
Joe sourit.
— Pas faux. Je n’ai pas un troupeau non plus, elles ne sont que trois. Aurais-tu une idée pour les baptiser ?
— Elles sont trop vieilles.
— Pas tant que ça. Trouve un nom pour le bébé alors.
— Pas envie. De toute façon, si Héloïse s’en mêle il ne sera pas à moi.
Joe ne fit aucune remarque. Depuis quelque temps, il sentait bien que quelque chose avait changé avec les enfants. Même Charlie n’était plus tout à fait la même, il ne savait pas comment le définir. Parfois, un malaise s’installait entre eux, qu’elle tentait de dissiper rapidement, mais il n’était pas dupe, quelque chose clochait.
Il avait remarqué qu’Héloïse avait beaucoup grandi, trop vite à son goût, alors que Stefano son aîné de deux ans, était dans la courbe normale des gamins de son âge. Il en avait parlé discrètement à Charlie, elle avait répondu qu’effectivement Héloïse était en avance, mais rien d’alarmant. Il n’avait pas insisté.
— Le revoilà lui !
Joe suivit le regard de son fils. Un Milan noir volait dans le ciel. Rien de surprenant, il y en avait souvent dans la région.
— Je suis sûr qu’il va se poser.
Stupéfait, Joe regarda mieux l’oiseau qui se déplaçait assez haut en tournoyant. Il criait comme le font ces oiseaux.
— Qu’est-ce que tu racontes, je n’ai jamais vu ça.
— C’est que tu n’as pas fait attention. Il se pose souvent quand Héloïse n’est pas loin, comme s’il était apprivoisé.
— Impossible Stefano, sourit Joe. Le milan est sauvage, il ne s’approche pas des hommes.
— Si tu le dis ! souffla-t-il.
Il se détourna brusquement. Les chèvres avaient perdu tout intérêt à ses yeux. Il bougonna :
— De toute façon, tu ne veux jamais me croire.
Joe se leva à son tour et saisit son fils par les épaules.
— Tu sais bien que c’est faux. Je t’écoute toujours.
— Oui, mais tu ne me crois pas.
— Comment peux-tu en être aussi certain puisque tu ne me dis rien ?
— J’ai la preuve de ce que je raconte. Je les ai pris en photo avec ton téléphone et ne me gronde pas, tu l’avais laissé sur la table de la cuisine. T’as qu’à regarder.
Joe n’était pas souvent sur son portable. Il l’avait dans la poche de son jeans, mais il pouvait effectivement lui arriver de l’oublier.
Il s’en saisit et l’ouvrit. Il parcourut la galerie, mais ne vit rien. Il tendit l’appareil à son fils.
— J’en étais sûr ! Héloïse a dû me voir et elle a fait un tour de magie comme elle sait le faire et la photo a disparu.
— Mais comment tu peux raconter des trucs aussi incongrus enfin !
Stefano tapa du pied et ses yeux se remplirent de larmes.
— Je le savais que tu ne me croirais pas, c’est toujours pareil. Je suis tout seul, toi tu ne vois rien ou tu ne veux rien voir, en fait tu t’en fous.
Joe ne pouvait supporter de voir son fils sangloter ainsi, il le serra contre lui.
— Écoute-moi Stefano, nous allons enquêter ensemble.
— Sérieux ?
Stefano essuya ses larmes, plein d’espoir.
— Tope là !
Ils se tapèrent dans la main et Stefano se jeta dans ses bras.
Je n’ai pas oublié que c’était le jour des enfants et quoi de mieux que de te proposer les jeux auxquels j’ai participé pendant ces fêtes. Entre les nouveaux et les anciens, il y a de quoi se régaler pour passer du temps en famille avec les jeunes et les seniors.
Que de fous rires en jouant au rami. C’est le jeu de cartes qui remporte toujours un franc succès.
La crapette se joue à deux. Il a fallu que je me remémore les règles, mais une fois réapproprié le jeu, c’est un jeu de patience fort sympathique.
Ici 👇 c’est le père Noël qui a apporté ça à Millie et celle-ci n’a pas hésité à proposer à MaLou, MiniMaxi et PaLou de l’essayer. Quelle rigolade pour comprendre les règles et quand nous avons réalisé qu’il était adapté aux enfants à partir de 7 ans, nous avons eu l’air malin 😄🥴. C’est un jeu fort sympa, je le recommande si tu ne le connais pas. Tu deviens un photographe dans la forêt de Loco Momo, à toi de retrouver les animaux dans ton objectif et de gagner des points. Seras-tu le meilleur photographe ?
Ce jeu 👇 au pied du sapin était pour MaLou et Palou. Traduction de Stay Cool « Reste calme » 😂😂. J’adore ce jeu. 1ère manche : Tu es le joueur actif et celui à ta droite te pose des questions auxquelles tu dois répondre en écrivant la réponse avec les dés qui ont des lettres, mais en même temps, le joueur de gauche t’en une autre à laquelle tu dois répondre à l’oral. Jusqu’à la bonne réponse et orale et écrite, ils te répètent la question sans discontinuer. Tu as un autre joueur qui tient le sablier, 30 secondes pour 4 sabliers. Il énonce à chaque fois qu’il le tourne. La 2e manche, c’est pareil, sauf que c’est toi qui gères ton sablier en disant qu’il faut le retourner, et la 3e manche, tu ne vois plus le sablier, à toi de calculer le temps pour signaler qu’il faut le retourner 😂😂😂. Je pense que tu as compris le titre du jeu 🥴😂.
C’est une extension à ce jeu 👇 que le père Noël a laissé au pied du sapin. Tu dois faire deviner par un mot, une phrase, la carte que tu as choisie. Les illustrations sont magnifiques. Chaque joueur tout comme toi met leur carte qui ressemble à ce que tu as dit comme phrase. Les joueurs doivent retrouver la tienne. Tu l’as compris, il ne faut pas trop en dire, ni pas assez, juste ce qu’il faut, sinon si tout le monde la trouve c’est que c’était trop facile et tu ne marques pas de points.
Que de bons moments en famille qui font chaud au cœur, qui font oublier tous les soucis de la vie quotidienne et qui fournissent de jolis souvenirs à glisser dans la boite pour s’en rappeler quand le moral n’est pas au beau fixe.
Je te propose de redécouvrir la légende Saint Nicolas 🎅suivant une légende populaire…
C’était il y a très longtemps… Les machines n’existaient pas, tout le travail des champs se faisait à la main. Trois petits enfants ont ramassé toute la journée les épis de blé qui ont été oubliés lorsque les adultes sont venus moissonner. Les enfants ont tant glané qu’ils repartent le soir les bras chargés. Ils sont fatigués et ne marchent pas très vite. Leur maison est encore loin et déjà le soleil se couche, il va bientôt faire nuit. En traversant un bois, il fait maintenant si noir qu’ils y voient à peine. Ils ont froid, faim, soif, et sont si fatigués… Le plus petit se met à pleurer : — Nous sommes perdus ! Et moi je ne veux plus marcher !
Le plus grand s’est arrêté :
— Regardez, là-bas je vois une petite lumière, c’est sûrement une maison, courage ! Marchons jusque-là, nous trouverons peut-être de l’aide.
En effet la lumière est bien celle d’une maison, c’est celle du boucher. Les enfants se disent qu’il pourra peut-être les abriter. Ils frappent à la porte.
— S’il vous plaît, Monsieur le boucher, pouvez-vous nous loger ce soir ? Nous sommes allés travailler aux champs toute la journée et nous nous sommes perdus sur le chemin du retour.
— Entrez, entrez, petits enfants, j’ai de la place pour vous. Sitôt entrés, le boucher les empoigne et les coupe en morceaux ! Il les met dans le saloir comme de la viande de porc, comme du petit salé.
Sept ans passent… Un soir d’orage, Saint-Nicolas vient à passer par là, il tire son âne et s’approche de la maison du boucher. Il frappe à la porte.
— Mon ami, pourrais-tu me loger ce soir, je suis fatigué et j’aimerais me reposer ?
— Bien sûr, Saint-Nicolas, entrez, entrez, j’ai de la place, installez-vous, je vous en prie.
Saint-Nicolas entre dans la maison et va s’asseoir près de la cheminée. Le feu crépite, Saint-Nicolas se réchauffe tranquillement.
— J’ai un petit peu faim, aurais-tu quelque chose à manger pour moi ?
— De la viande je n’en manque pas, répond le boucher, j’ai du bœuf en ragoût, du pot-au-feu, des côtelettes, du rôti.
— Je ne veux pas de ces viandes-là. Donne-moi du petit salé, celui qui est dans ton saloir depuis au moins sept ans, je crois !
Quand le boucher entend cette phrase, il prend peur et part en courant dans l’orage à travers la nuit. Alors Saint-Nicolas se lève, s’approche du saloir, pose doucement sa main sur le couvercle et dit en chuchotant :
— N’ayez pas peur, petits enfants, je suis le grand Saint-Nicolas, vous pouvez sortir de là !
Le couvercle du saloir se soulève alors lentement… Le premier enfant sort, le visage tout réjoui, et dit :
— Moi, j’ai bien dormi !
Le deuxième enfant se lève aussitôt, bâille, étire ses bras au ciel et dit :
— Ah, moi aussi, j’ai bien dormi !
Le troisième, le plus petit, se réveille alors en riant :
— J’ai passé une bonne nuit, j’ai même rêvé que j’étais au paradis !
On est d’accord, les enfants sont les meilleurs pour nous faire rire avec leurs grimaces, leurs clowneries, pitreries et j’en passe. Je t’offre un florilège de ce que nous offre nos p’tits loups 😁😜.