MaLou a repris du service, je crois te l’avoir dit. Millie est ravie, elle trouve son bonheur dans les livres, les carnets, les cahiers et les dessins de MaLou.
— Tu sais MaLou, je veux bien dessiner tes illustrations sur ton cahier de poésie.
Millie regarde l’écran avec les poèmes de MaLou.
— Celui-là, je veux bien le faire. Je vais m’entrainer sur une feuille et quand je serai prête, je le ferai pour de vrai sur ton beau cahier.
Celui-là c’est le poème de l’épouvantail ici avec cette illustration.
— Est-ce que ça plait MaLou ?
MaLou ne sait pas quoi dire, tellement ce dessin lui plait.
— Magnifique ma poulette 😊et j’ai vu que tu l’as signé.
— Oui, comme toi tu l’as fait en dessous de te ta poésie.
MaLou n’est pas satisfaite de son titre.
— Je ne suis pas douée en calligraphie.
— Tu sais MaLou, il faut t’entrainer. Moi, je trouve que c’est joli. Ton L est un peu… mais ça va quand même !
Elle est gentille Millie, mais MaLou n’est pas convaincue et est déçue du résultat.
— Tu en as une autre de poésie ? Je peux choisir ? Tu sais, il faut que j’arrive à la dessiner.
Elles s’installent toutes deux face à l’écran et à nouveau les textes défilent. Millie montre celui-là.
— Ce n’est pas grave si je ne fais pas celle avec le parapluie, je n’y arrive pas bien. Millie s’applique sur sa feuille avant de se lancer en vrai sur le cahier de poésie où Malou vient de recopier Un jour devant une pâtisserieici .
— On parle du parapluie rouge dans une strophe, remarque MaLou.
Millie se gratte la tête.
— Bon d’accord, je vais essayer.
Après quelques tentatives, elle se lance.
— Il te plait ? Tu me dis la vérité, je recommence s’il le faut.
MaLou sourit et montre la dame au chapeau.
— C’est rigolo, on dirait que celle-ci est dans la vitrine.
— Ça ne va pas alors ?
— C’est très bien ma chérie, tu mets ta signature et je prends tout en photo pour mon blog demain, c’est le jour des enfants, c’est parfait.
Comme c’est le jour des enfants, je partage ici une conversation d’une grand-mère avec sa petite-fille.
C’est un jour où Mélie et sa grand-mère ont une grande conversation.
— MaLou, tu jouais à quoi à l’école quand tu étais petite ?
Il faut qu’elle réfléchisse, c’était il y a quelques années quand même.
— À la corde à sauter, à l’élastique et aussi à la marelle.
— On ne peut pas jouer à la corde à sauter et à l’élastique, râle Mélie. De toute façon, on n’a pas le droit de les amener et puis c’est les CP (traduis les petits) qui les ont, c’est l’école qui leur donne. À la marelle, il y a trop de monde dans la cour, alors c’est interdit.
MaLou en rajoute, histoire de faire bisquer sa petite-fille
— Nous apportions les nôtres de cordes, tu penses bien que nous pouvions les comparer. La mienne était jolie, les poignées étaient en bois bleu. (Quelle mémoire cette MaLou).
Mélie fait la moue.
— Trop de chance parce que nous les cordes à sauter avec les manches en bois, les garçons se fouettent entre eux, alors interdit aussi.
MaLou est stupéfaite mais ne dit rien. Drôle d’époque ! Mélie qui a vu la tête de sa grand-mère la rassure aussitôt :
— Pas à moi bien sûr !
MaLou demande :
— Raconte-moi, à quoi joues-tu alors ?
— On parle.
— De quoi ?
— Bah de tout, des animaux et de ce qu’on a fait pendant le week-end.
C’est bien triste, pense MaLou. Elle se souvient qu’elle aimait bien le facteur n’est pas passé. Elle l’avoue à Mélie.
— Moi je voudrais bien, mais mes copines me disent que c’est pour les bébés. Dis MaLou, tu mangeais à la cantine toi ?
— Non ma poulette.
Mélie ouvre de grands yeux, comment est-ce possible ? Mais elle est contente pour sa grand-mère et lui dit à sa manière.
— Tant mieux pour toi parce que c’est pas bon et c’est toujours froid. Mais pourquoi tu n’y allais pas ? ajoute la curieuse.
— Je rentrais chez moi, j’avais le temps.
Mélie insiste.
— Jamais, jamais, tu n’y as mangé ?
MaLou sourit.
— Tu sais quoi ? Quand je suis allée au lycée non plus et pourtant j’y ai fait toute ma scolarité de la 6e à la Terminale. À ton avis, pourquoi ?
Devant le mutisme de sa petite-fille, MaLou avoue :
— J’avais en face de chez moi, le lycée.
Alors là, Mélie n’en revient pas et pense aussitôt :
— Pour le coup, tu n’étais pas obligée de te lever de bonne heure.
— C’est vrai, mais tu sais, j’entendais la sonnerie résonner toutes les heures, il y avait les bouchons devant la maison à chaque entrée et à chaque sortie. Et puis franchement, avoir le lycée face à ma fenêtre tous les jours, ce n’était pas rigolo.
— Oui, mais quand même ! Tu voyais toutes tes copines arriver alors ?
— Et les copains. Ils venaient même mettre leur vélo chez moi. Je dois t’avouer un truc ma chérie, le fait de ne pas être comme les autres, de ne pas manger à la cantine et de pouvoir bavarder avec les copains, ce n’est pas toujours facile non plus. J’aurais bien aimé aller au lycée avec ma belle bicyclette, moi.
Mélie ne lâche rien, elle a vraiment décidé d’en savoir plus sa grand-mère.
— Tu faisais quoi en sport ?
Mélie est en primaire, MaLou se creuse la tête. À son époque, le sport dans la cour, c’était surtout le ballon prisonnier.
— Nous aussi ! Et Harry Potter.
C’est autour de MaLou d’ouvrir de grands yeux. Sa petite-fille lui explique :
— C’est un jeu de ballon, celui qui est touché, sort du jeu. Il ne pourra y rentrer que lorsque celui qui l’a touché sort, en fait, je ne suis pas sûre du nom.
MaLou ne peut s’empêcher de demander :
— C’est du sport ça ?
— Ben oui !
Devant l’air sceptique de sa grand-mère, Mélie ajoute fière d’elle :
— On fait aussi du badminton.
Elle est rassurée, MaLou sourit, c’est du vrai sport ça.
— Je cours aussi.
— Tu fais de la course ?
— Non c’est pas ça, c’est en fait pour savoir à quelle vitesse on court.
À regarder la tête de sa grand-mère, Mélie préfère abandonner le sujet et passer à autre chose.
— On joue à ton jeu sur ton téléphone ?
Il faut bien l’avouer, MaLou là, elle déchire, même si parfois, c’est elle Mélie qui l’aide juste un peu, parce qu’elle y voit un peu mieux ou qu’elle plus rapide ?