Elsbeth-Isobel

Bonjour toi 😉

Tu n’es pas sans savoir que nous sommes déjà le 2 octobre et de plus, c’est mercredi, jour des enfants. Comme chaque année, ce mois-ci, je raconte une histoire de petite sorcière. Je retrouve donc Elsbeth-Isobel. Tu peux lire toutes ses aventures ici et ici pour celles d’Héloïse et Stefano.

C’est parti !

Depuis que je connaissais le secret de mon père, je faisais très attention à fermer mon esprit dès que j’étais en sa présence. Il ne devait jamais savoir.

Je devais avouer que rien chez lui ne me rappelait sa détresse lorsque Shearah avait disparu emmenant sa fille. Ma mère et lui continuaient de s’aimer comme auparavant et j’en venais à douter de ce que j’avais entrevu. Après tout, peut-être avais-je pris mes rêves pour une réalité.

Arthus faisait sa toilette sur mon lit quand la porte s’ouvrit brutalement. Une chance qu’il ne soit pas apparu comme par enchantement !

— Bonjour Elsbeth-Isobel !

Je m’inclinais aussitôt. Même s’il était mon père, Straurius était notre grand sorcier et je lui devais le respect comme tout le monde ici. Arthus cessa également de se lécher. Je retins un sourire, il semblait s’être mis au garde à vous. Oui, ça ne rigolait pas chez nous concernant les règles !

Mais il restait avant tout mon papa et il me prit dans ses bras pour m’embrasser. J’aimais ces moments où je sentais contre moi son cœur battre. Ils étaient rares, alors je profitais pleinement de l’instant qui d’ailleurs ne dura pas.

— J’ai une mission pour toi !

J’aurais dû m’en douter. Straurius avait mille choses à faire, il ne venait jamais dans ma chambre sans raison valable.

Je m’approchais de lui et Arthus sauta sur mon épaule, attentif tout comme moi.

— Tu sais certainement que la fée des eaux, Nymphaïa, ne pourra plus remplir ce rôle.

En effet, celle-ci avait été transformée à tout jamais en grenouille. At-on idée aussi de braver mon père. Elle avait jeté son dévolu sur Joe, le compagnon de la sorcière Shearah alias Charlie, la maman d’Héloïse, cela avait bien failli réussir, quand elle était devenue sirène et…

— Tu m’écoutes Elsbeth ?

Sa voix tonna et les rideaux s’envolèrent. Mon père ne supportait pas mes rêveries surtout quand il me parlait. Je m’excusais aussitôt.

— Tu comprends bien que les rivières et les torrents ne peuvent pas se passer de quelqu’un qui veille sur eux. Ta mère et moi avons pensé que tu pourrais remplir ce rôle.

J’ouvrais de grands yeux. Moi, sorcière des eaux ?

— Mais… je ne sais pas si j’en suis capable, je n’y connais rien.

— Tu es ma fille, tonna Straurius, je ne fais rien au hasard. Tu seras parfaite. Je vais convoquer les fées qui suivaient Nymphaïa, elles t’expliqueront tout.

— Ne vont-elles pas m’en vouloir de prendre leur place ?

— Elsbeth, dans notre monde, ces sentiments de jalousie et d’envie n’existent pas, tu le sais et je veille à ce que ça n’arrive jamais.

— Ouais ! marmonnais-je, pas sûr !

— Autre chose… Héloïse sera avec toi.

Je ne fus pas assez rapide pour fermer mon esprit. Il tonna :

— Et ce n’est pas pour revoir Shearah, oublie immédiatement cette idée. Cette gamine est une grande sorcière, elle approche les dix ans, il est bien temps qu’elle vienne ici. Tiens-toi prête et habille-toi correctement, je t’attends dans une heure dans mes appartements.

Il disparut d’un revers de cape.

Je me laissais tomber sur le lit et fixais le plafond.

— Tu as entendu ça Arthus ? Moi, la fée des eaux ? Je n’ai rien comme vêtement qui convienne ?

Je n’eus pas le temps de m’interroger davantage que c’était au tour de ma mère, la grande prêtresse Isaulya d’apparaitre. Son parfum se répandit immédiatement dans la pièce et instantanément je repris confiance en moi et me sentis apaisée.

— Je t’ai apporté ta tenue.

En un tournemain, une robe tout en voile me couvrit, mes cheveux se couronnèrent de fleurs assorties. Très surprise, je compris que deux ailes légères poussaient dans mon dos. Arthus miaula et je l’entendis me murmurer que j’étais magnifique.

Je me contemplais dans ma psyché et eus du mal à me reconnaitre.

Ma mère sourit.

— Tu seras une fée des eaux parfaite et majestueuse. Sais-tu que tu es la fierté de ton père ?

Elle posa sa main sur ma tête. Immédiatement, je réalisais qu’elle me confiait tous les secrets que je devais connaitre pour remplir mon rôle à la perfection.

— Il ne te reste plus qu’à aller convaincre Héloïse et sa maman. N’oublie pas ! dans une heure, tu dois retrouver Straurius ! Il n’aime pas les retards.

Elle disparut et seul son parfum me rappela qu’elle était venue.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle (octobre 2024)

À suivre…

Héloïse et Stefano

Bonjour toi 😉

Comme c’est le jour des enfants, je continue l’histoire d’Héloïse et Stefano dont tu peux retrouver les précédents épisodes ici.

Straurius sonda le cœur de la grenouille. Celle-ci promit ! Elle ajouta pourtant, et seul le sorcier pouvait l’entendre :

— Je peux faire en sorte qu’il ne tombe pas sous mon charme, je ne ferai rien dans ce sens, mais je suis une sorcière et je ne peux pas empêcher mes pouvoirs d’agir.

Straurius la connaissait bien, il savait qu’il jouait un jeu dangereux. Charlie ne lui pardonnerait jamais si Joe souhaitait suivre la grenouille métamorphosée en Nymphaïa, sorcière des rivières.

Certes, il avait le pouvoir de lui supprimer ce don, mais il ne voulait pas rompre sa promesse. Nymphaïa avait été punie, et le deal était qu’elle redevienne comme avant si un mortel l’embrassait. Il n’avait jamais imaginé que ce serait l’homme de Charlie.

L’idée que Shearah alias Charlie revienne dans son monde pour chercher Joe l’effleura et le fit sourire. Après tout pourquoi pas ? Ce serait amusant et ça permettrait à Héloïse de continuer son enseignement sa mère à ses côtés.

Straurius prit sa décision, ce serait ainsi. Jo pouvait embrasser le batracien.  

— Tu es formidable papa Joe, je suis fière de toi.

Stefano n’était pas aussi enthousiaste. Joe s’approcha de la grenouille que tenait toujours Straurius et alors qu’il allait poser ses lèvres sur la bouche de l’animal, un cri retentit :

— Non !

Charlie debout à la porte de la grange contemplait la scène avec stupeur.

Straurius soupira. Il en avait assez. Il avait autre chose à faire que de régler ces histoires de mortels, c’était toujours pareil avec eux, il y avait souvent quelque chose qui clochait.

Il lâcha Gertrude qui s’écroula sur le sol et gronda.

— Pourquoi non ? N’as-tu pas confiance en ton mortel ?

— Ce n’est pas en lui que je n’ai pas confiance, mais en elle.

Elle désignait Gertrude, vexée de s’être ainsi retrouvée affalée par terre comme une crêpe. Héloïse intervint alors :

— Mais pourquoi ? Papa Joe est gentil de faire ça, la sorcière des rivières pourra redevenir comme avant et tout sera fini.

Elle attrapa l’animal et le tendit à Joe qui sans réfléchir et parce que lui aussi avait envie d’en terminer avec cette histoire à dormir debout, embrassa rapidement la bête. Rien ne se passa !

— T’es sûre qu’il ne fallait pas dire un truc, une incantation, c’est pas comme ça qu’on fait, maman ? Et toi, la sorcière des rivières ?

La gamine s’énervait et les larmes n’étaient pas loin. Déçue, elle lâcha Gertrude qui s’écroula au sol et… le miracle eut lieu. Des milliers de gouttelettes de rosée scintillantes tombèrent du ciel et enveloppèrent Gertrude qui peu à peu retrouva sa forme humaine.

Aussitôt, Straurius l’enveloppa dans un halo de lumière et ils disparurent tous les deux. Jo statufié regardait l’endroit où était apparue Nymphaïa, Stefano écarquillait les yeux émerveillés, mais Héloïse anéantie par ce qui venait de se passer, s’écroula en larmes.

— Je veux partir avec eux, je n’ai même pas eu le temps de voir comme elle était belle. Maman, fais quelque chose, je veux y aller.

Charlie allait poser sa main sur la tête de sa fille, mais celle-ci se rebella :

— Ah non, tu ne vas pas encore me faire tout oublier. J’ai compris ton truc maintenant. Je veux aller là-bas.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mai 2024)

À très vite…