Agenda ironique – Avril 2024

Bonjour toi 😉

C’est ici que ça se passe chez Carnets Paresseux . Les mots imposés sont :

Tu l’as compris, il va s’agir de poisson 😁 et puis il y aura une phrase au choix à glisser :

d’ici à là, y a quoi, tu crois ? juste assez, où presque…» qui pourra s’achever sur un ? ou un . ou un ; ou trois …
L’autre ? « Xénophon rapporte qu’Alexandre pleura quand il eut achevé la conquête du monde. Tamerlan et Attila, eux, pas une larme. »
les plus intrépides pourront placer les deux phrases, ou plusieurs fois l’une, ou plusieurs fois les deux. Mais sans exagérer.

Chez Carnets Paresseux tout est bien expliqué 😉 et même qu’il proposera chaque dimanche un petit truc en plus, pour s’il y a des amateurs qui voudraient tenter le feuilletonnage. Sinon, poème, recette, conte, épistolage, tout est formellement possible et attendu.

Voici donc ma participation 👇 et tu peux le faire toi aussi bien sûr, plus on est de fous plus on s’amuse 😉.

Gaston le petit poisson bleu tournait en rond dans son aquarium. Il ne pouvait pas se plaindre, il était magnifique. Des herbes par-ci, des cailloux par-là qui faisaient office de grotte, son eau changée régulièrement et sa nourriture distribuée à heure fixe.

Oui, mais voilà, il en avait ras le cocotier de tourner en rond dans sa boutique. Il était tout seul, il ne bavardait avec personne, à part à son double quand il se regardait dans sa vitre, tu parles d’une discussion. Il faisait les mêmes gestes que lui quand il remuait sa queue et de même lorsqu’il ouvrait la bouche, des bulles identiques en sortaient.

Il avait appris à s’asseoir comme un humain dans une roche qui ressemblait à un fauteuil. Si sa queue pouvait être plus longue, ce serait mieux, mais bon, il ne pouvait rien changer à sa vie.

Ce n’est pas parce qu’il habitait Vierzon qu’il ne pouvait pas rêver. D’ailleurs, une chanson l’avait rendue célèbre sa ville, la copine de Jacques Brel voulait le voir, alors ! OK, ce n’était pas Paris, mais quand même ! Il y avait un beau bassin dans lequel il aurait adoré s’y plonger.

Tiens… c’est bizarre, ce n’était pas Gaspard qui venait… ah non, c’était la femme de ménage, elle ne l’aimait pas celle-là ! Quand elle devait nettoyer sa maison, elle soufflait comme un bœuf et Gaston filait se cacher pour éviter ses grosses mains. Allons bon, c’est elle qui allait lui donner à manger, elle n’y connaissait rien. Et paf ! (pas le chien), la boite tomba dans l’aquarium et toutes les graines s’éparpillèrent. Elle rit, pas Gaston. D’ailleurs comment pourrait-il ? Ça rit un poisson ? Dans les dessins animés, oui, avec leurs énormes dents qui font peur, mais Gaspard était tout petit et il n’était pas représentant en dentifrice.

Gaston s’approcha de la boite.

– Vas-y, toi qui rêves de partir, je t’en offre la possibilité.

Ce ne fut pas ses dents à Gaspard qu’on vit, mais plutôt ses yeux qui s’élargirent grands comme des soucoupes. Une boite qui parlait, et dans l’eau en plus.

– Nom d’une rhubarbe, tu m’ouvres !

– C’est quoi une rhubarbe ?

Gaspard n’en croyait pas ses branchies, il parlait ! Il avait une jolie voix en plus !

– T’occupe ! ouvre, je te dis !

– Comment veux-tu que je fasse ? Tu as la notice ?

Et toc !

– Pas faux !

Prise d’une paresse subite, la boite souffla ! C’est que l’eau trempait son carton, elle ne se sentait pas bien. D’ici qu’il faille appeler les pompiers pour la ranimer ! Elle déraillait complètement, ils ne se dérangeront jamais pour elle. Alors, elle se tourna, retourna, se secoua et…

Gaston n’y crut pas. Son aquarium grandit grandit encore et… lui aussi. Il put passer la tête hors de l’eau, il put même respirer et ce n’était pas tout, une longue queue magnifique s’étalait. Impensable, il était devenu une sirène, lui, le petit poisson bleu. La boite avait disparu, et… la femme de ménage qui déboulait dans le salon hurla en voyant le carnage. Elle détala en criant qu’il y avait une sirène dans la maison de ses maîtres.

– Quelle sirène, s’étonna le voisin, je n’entends rien. Vous avez appelé les pompiers ? Il y a le feu ?

– Ce serait plutôt une inondation, réagit la voisine, regardez-moi ça, d’où vient toute cette eau ?

La femme de ménage se jeta sur le taxiphone au bout de la rue pour bigophoner à la police. Elle n’arrivait pas en placer une, et l’homme au bout du fil la prit pour une folle.

– Donnez-moi l’adresse s’il vous plait !

– Je pense que d’ici à là, y a quoi, tu crois ?

– On se connait, que vous me tutoyez ?

– Juste assez, où presque…

– On se connait ou pas ? Ou c’est oui, ou c’est…

– Je pense à un ou deux kilomètres. Mais, je ne sais pas nager. Vous devriez venir en canoë.

– C’est ça et vous apporter une bouée tant que j’y suis.

– Oui, ce serait gentil.

– Bon, ça suffit, madame, j’ai franchement autre chose à faire que de vous écouter.

Médusée, la femme de ménage resta avec son combiné à la main alors que l’eau montait de plus en plus. Allons bon, la sirène qui se mettait à chanter maintenant !

Ce qu’elle ne vit pas c’est le policier qui, envouté par la musique, se jeta par la fenêtre, croyant plonger dans l’océan.

© Isabelle-Marie d’Angèle (agenda ironique Avril)

Va et Vient 12

Bonjour toi 😉

Me revoilà avec ce nouvel exercice auquel j’avais participé le mois dernier sur le thème Invalides que tu peux retrouver ici ou ici . Celui-ci sera publié dans la rubrique Défis-Challenges que tu trouveras dans le menu déroulant de l’Accueil.

Dans la lignée des célèbres Vases communicants, le jeu littéraire intitulé Va-et-vient consiste en un échange entre deux auteurs qui écrivent un texte, illustré ou non, sur le blog de l’autre. Il paraît tous les premiers vendredis du mois. Le thème de ce numéro 12 est Complicités

Ce mois-ci, j’ai le plaisir d’accueillir ici, mon complice d’un jour 😁Jérôme Decoux (carnets paresseux), qui publie ma contribution Complice pour toujours sur son blog https://carnetsparesseux.wordpress.com/.

Voici donc son texte avec sa propre illustration qui soi-dit en passant, j’aime beaucoup 😊.

Là-haut, un grand soleil jaune dispense ombre et lumière sans même y penser. Trois nuages glissent mollement, faute de mieux à faire.

Autour, il y a les champs, brun, vert tendre, vert pale, jaune foin selon ce qu’il y pousse. Entre les champs, passent des chemins terreux. Et encore la forêt, sombre et épaisse et pleine de mystère et de champignons.

Au milieu, les quatre murs jaunes qui cernent la cour de la ferme. Là, chacun vit sa vie. Pataud dort, et rien ne le réveille que ses rêves. L’autre chien, celui qu’on appelle Olibrius, mais aussi tout simplement Le Chien et parfois Radar, non pas parce qu’il repère tout ce qui se passe mais à cause de ses incessants va-et-vient entre les quatre murs de la cour, comme un palindrome qui aurait la langue qui pend, l’autre chien , donc, fait justement un de ces va-et-vient qui lui valent son surnom.  

Quoi d’autre ?

Trois poules picorent la poussière. Les canards collent leur pattes palmiformes à la vase de la mare.  

Le dindon ? il lorgne les tournesols à travers le grillage du jardin.

Et puis quoi plus ? Les poussins ? Ils pioutent.

Et pourtant.

Egoïstes, indifférents, voraces, paresseux. Et pourquoi pas ? Qui leur demande d’être altruistes, généreux, bienveillants ou quoi que ce soit d’autre ? Pas la fermière, qui fait ses trucs de fermière, en coulant de temps en temps un drôle de regard vers l’eau de la fontaine.

Et pourtant. S’ils n’étaient pas là, qui d’autres songeraient, sans même vraiment y penser, à une forme lourde et haute qui sortirait de la forêt sombre et trotte à long galop chaloupé par les champs jusqu’aux murs de la ferme ? Chacun y ajoute sa pièce, son morceau du gros patchwork inconnu. Et comment autrement ? Poules, canards, poussins, et même les deux chiens, tout seuls, ils sont trop petits, chacun, pour fabriquer une apparition pareille. Et sans modèle : c’est pas la Saskatchewan, ici !

Bien malin qui pourrait dire qui fait quoi : Radar, qu’on dit aussi Olibrius, les larges bois biscornus qu’on croit qu’ils cognent contre la porte close du porche ? Alors la haute bosse peulue dont la seule ombre remplirait la cour, c’est Pataud qui l’imagine.

Les poules sans sans-cesser de picpiquer du bec à ras-du-sol, on parierait qu’elles en tiennent pour les sabots cornus qui lèvent la poussière jaune.  

Les canards ? eux, ce sera le long brâme enroué qui fait trembler les tuiles rouges en haut des murs jaunes ; pas si différent de leurs coinquements, à si peu de chose près.

Le dindon ? Même absenté devant la lente danse ondulante des géraniums anémiés derrière le grillage, il participe. Les jarrets durs comme des branches, les grands yeux si doux, le mufle large et un rien baveux… oui, ça pourrait bien être bien sa contribution.

Qu’est-ce qu’ils apportent, les poussins, pioutant à pioute-que-tu-piouteras ? Pas la peine de savoir quoi, suffit de pas croire que sans eux les autres y arriverait, à parfaire l’orignal qu’ils rêvent tous.

Et la fermière ? Elle laisse faire ? Pire – ou mieux – elle y prête la main, sans rien en montrer, à sa façon de fermière. Est-ce qu’elle n’est pas entre les mêmes quatre murs jaunes, bordés des mêmes champs vert pâle et tendre, sous le même ciel nu où glisse le soleil, la lune et trois nuages. Paresseuse ? ça, non, puisque fermière. Alors, égoïste, indifférente ? Peut-être bien. Pourquoi pas ? Mais aussi – surtout – , complice de ces complices à la poursuite leur rêve général.

© Jérôme Decoux

Tu trouveras les autres échanges sur les blogs respectifs de :

M.-C. Grimard (promenades en ailleurs) : https://mariechristinegrimard.wordpress.com/ avec Marlen Sauvage (les ateliers du déluge) : https://les-ateliers-du-deluge.com/

Dominique Autrou (la distance au personnage) : https://ladistanceaupersonnage.fr/ avec Dominique Hasselmann (métronomiques) : https://hadominique75.wordpress.com/

Nicolas Bleusher (l’atelier) : https://nicolasbleusher.wordpress.com/ avec Amélie Gressier (plume dans la main) : https://plumedanslamain.wordpress.com/

Pour le prochain Va et Vient qui portera le n°13 et sera publié le premier vendredi du mois de mai, deux propositions : l’invention d’un hasard ou la phrase de Kerouac J’étais assez saoul pour accepter n’importe quoi.

Bonne lecture et n’hésite pas à aller découvrir les autres textes.

Merci Jérôme d’être venu faire un tour chez moi 😉

À très vite…

Une histoire sortie du tirage de dès

Bonjour toi 😉

Mots à placer : Cochon à la broche, diable, maison, carafe, coffre, bateau, puits, homme à la lanterne, funambule.

La fête au village

C’était la fête au village comme chaque année. Sur la place décorée pour l’occasion, de longues tables étaient installées. Les fenêtres des maisons qui l’entouraient étaient ouvertes et le parfum du cochon qui rôtissait à la broche depuis tôt le matin, embaumait les cuisines.

Chacun apportait sa vaisselle et ses nappes sorties des coffres qui renfermaient des trésors d’antan. De belles carafes attendaient qu’on les remplisse de vin et en l’honneur de ce banquet, le puits qui trônait au centre avait fait peau neuve. Sa margelle poncée et nettoyée accueillait aujourd’hui de grandes jardinières de géraniums.

Cette année, le comité des fêtes s’était démené pour  distribuer du bonheur et de la joie dans les yeux des enfants. Il avait décidé que les habitants devaient se costumer. C’est pourquoi on pouvait voir déambuler au milieu des tables, un homme avec une lanterne qui ressemblait étrangement à un nain du conte de Blanche-Neige. Un diable rouge tournait autour des braises et un marin cherchait désespérément son bateau. Un fil était tendu entre deux réverbères. Un funambule s’y entrainait avant le spectacle prévu dans la soirée.

Gageons que la fête sera belle et que chacun en gardera un souvenir inoubliable.

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2024).

À très vite…

Agenda ironique – Mars 2024

Bonjour toi 😉

L’agenda ironique de ce mois se passe ici. Il est question de créatures fantastiques et des mots pas faciles à placer 🤭


Voici donc ma participation, même si je ne suis pas certaine que ma créature fantastique en soit vraiment une 😁.

Le loup-garou de Claire

La famille De Marmaille habitait le château depuis des millénaires. Il avait traversé les siècles sans perdre de sa superbe et les villageois se demandaient toujours comment c’était possible. Certes, ils étaient riches et leur fortune ne leur avait jamais fait défaut. Certains prétendaient qu’ils descendaient des Dieux, d’autres qu’ils avaient trouvé la poule aux œufs d’or, d’autres encore qu’ils étaient sorciers.

La dernière-née de la famille prénommée Claire se moquait pas mal des ragots. Elle appartenait à la bande de jeunes qui squattait l’une des caves du château. Ils y faisaient de la musique. Totalement insonorisée, personne n’entendait ce qu’ils produisaient et tout le monde s’en désintéressait.

C’est par un soir de pleine lune, alors que ses amis avaient rejoint leurs pénates, que Claire perçut un bruit bizarre, elle remontait l’escalier qui menait à la grande cuisine. Nullement craintive, elle haussa la voix et demanda qui était là. Seul un souffle parvint jusqu’à elle.

La cave étant faiblement éclairée par l’astre jaune  qui se reflétait dans la fenêtre, elle appuya sur l’interrupteur.

— En voilà un drôle de costume, qui es-tu ?

Mi-homme, mi-animal, elle pencha pour un loup. Il ne lui répondit pas, mais la regarda de ses beaux yeux bleus.

Elle s’approcha de lui, il se colla au mur en grognant.

— Ah d’accord, tu viens chez moi et je ne peux pas savoir pourquoi. Tu pourrais au moins me dire comment tu as fait ce costume, il est magnifique. Tu es du village ?

Elle se contenta d’un battement de cil . Alors, elle alla vers lui faisant fi de son recul, et le caressa.

— Incroyable, ta fourrure… on dirait de la vraie.

Délicatement, il l’enlaça de ses pattes avant. Surprise, elle se laissa faire. Il la souleva et s’enfuit avec elle. Comment disait son père déjà ? Ah oui, tu es frappée de calenture, ma pauvre petite. Ce fut ses dernières pensées.

Lorsqu’elle se réveilla le lendemain matin, elle se trouvait dans son lit. Elle crut qu’elle avait rêvé, mais elle vit rapidement qu’il n’en était rien. Un mot était laissé sur les draps. Calenture flottait encore dans ses oreilles, mais en cherchant sur Wikipédia, elle comprit que ça n’avait rien à voir, à part peut-être le délire d’avoir galopé avec un loup-garou !

Chaque nuit de pleine lune, je reviendrai…

Et c’est ainsi que depuis des années, Claire, chaque nuit de pleine lune, chevauchait les contrées avec son loup-garou. Il agissait sur elle comme un dictame et personne ne se doutait de rien. Les années glissaient sur elle sans que personne ne s’aperçoive qu’elles n’avaient aucun impact sur elle.

Elle regardait la vie s’écouler à travers un Phénakistiscope et ne s’aperçut pas que son père puis sa mère disparurent de la circulation. Elle trouvait juste le temps long entre les cycles de pleine lune qui à son grand regret ne revenait qu’une fois par mois. L’histoire ne dit pas ce qu’elle faisait quand elle n’était pas avec son loup-garou. Peut-être faisait-elle de la musique avec ses amis dans la cave ? Bien sûr que non, certains étaient devenus sourds, d’autres se déplaçaient avec une canne et ne pouvaient plus descendre les marches irrégulières.

Claire attendait patiemment que l’astre apparaisse dans le ciel. Le temps n’avait pas de prise sur elle, ne l’avais-je pas déjà dit ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (mars 2024)

À très vite…

Va et Vient 11

Bonjour toi 😉

C’est nouveau et tu trouveras toutes les explications ci-dessous 👇.

Dans la lignée des célèbres Vases communicants, le jeu littéraire intitulé Va-et-vient consiste en un échange entre deux auteurs qui écrivent un texte, illustré ou non, sur le blog de l’autre. Il paraît tous les premiers vendredis du mois. Le thème de ce numéro 11 est Invalides

Cette la toute première fois que je participe et pour cet échange, j’ai le plaisir d’accueillir ici Marlen Sauvage qui publie ma contribution (Joseph le super héros) sur son blog ici (les ateliers du déluge).

Voici le texte de Marlen sur une illustration de © Rolf Dobberstein.

Un événement, une farce

À Paris, les dieux voyagent toujours incognito. L’esplanade des Invalides accueillera un phénomène suffisamment incroyable pour qu’on ait envie de l’expérimenter : les épreuves de tir à l’arc. Un honneur pour mon manager et Marcel Proust qui a vu l’univers des plus grands. Le quartier des Invalides, centre névralgique des chiffres et des résultats, impose sa grandeur auréolée d’une pointe de crème fraîche. Avec ses ministères, ses ambassades et son Ecole militaire, vous oublierez la situation inextricable, en arpentant ses grandes avenues et ses belles ruelles. C’est sans compter avec ses célèbres Mercédès, sur les vieux trottoirs, ou au cœur de somptueux hôtels particuliers, avec les animaux de laboratoire qui complètent ce tableau majestueux. Mais détrompez-vous, derrière ce mouvement, le quartier des Invalides révèle des fonctions chronographes. Exhiber la montre fantaisie sur une péniche avec vue sur l’histoire de Cartier, dîner dans un restaurant branché au son d’une cascade survoltée, ou encore savourer les choses à un niveau spirituel…

Dans le quartier des Invalides, l’intention et la conversation cohabitent en parfaite harmonie.

En 2024, l’extase virile, dans toute sa grandeur, s’invite à Paris. Au milieu d’édifices prestigieux, les dieux s’affronteront au tir à l’arc. Entre deux épreuves, partez à la découverte des Invalides, un quartier surprenant.

Les autres échanges se déroulent entre Marie-Christine Grimard ici et Dominique Autrou ici

Dominique Hasselmann (métronomiques) ici

Amélie Gressier ici.

Le prochain Va-et-vient (numéro 12) est prévu le vendredi 5 avril. Son thème : Complicités.

Bonne lecture 💖

À très vite…

Une histoire sortie du tirage de dès

Bonjour toi 😉

Nouveau tirage 👇

Texte à créer avec les mots château, appareil photo, sac, singe, lasso, tête de morts, loup, bécher, hache.

Urbex

Megan, adepte de l’urbex et globe-trotteuse dans l’âme ne partait jamais sans son appareil photo pendu à son cou.

Avec Rémi, ils s’étaient donné rendez-vous devant le château, prestige du petit village.Grâce à lui, l’été, des groupes débarquaient d’un bus pour le visiter.

Rémi l’ayant rejointe, les sacs à dos remisés dans le coffre de la vieille 4L, ils se mirent en route, lui au volant.

Ils avaient repéré à quelques kilomètres de là, une bâtisse en ruines. Quand ils descendirent du véhicule, ils remarquèrent aussitôt le panneau représentant une tête de mort. Ils se concertèrent du regard et après quelques hésitations, ils entrèrent dans une pièce qui devait servir de laboratoire. Sur un vieux plan de travail, des béchers les narguaient. Ils avaient gardé un liquide noirâtre dans leur fond. Sans aucun doute, les personnes qui travaillaient là devaient s’adonner à des expériences sur des animaux, à en croire les photos de petits singes ressemblant à des capucins, accrochés sur des portes. Une en particulier retint leur attention, le regard de la petite bête semblait leur demander de l’aide.

Écœurés et toute bonne humeur envolée, ils firent demi-tour. Leur virée tournait au cauchemar. Ils remontèrent dans la vielle 4L, mais un homme sur la route se mit en travers et leur fit signe. Il tenait un lasso et une hache dépassait de son sac accroché à son épaule. Intrigué, Rémi baissa la vitre.

— C’est interdit d’aller là-bas. Vous avez eu la frousse hein ? Je le vois dans vos yeux. C’est connu comme le loup blanc qu’il se passait des trucs bizarres là-dedans, mais… je suis sûr que si vous y retourniez maintenant, vous ne verriez plus la même chose.

Il éclata de rire et continua son chemin.

Rémi regarda son amie. Ni une ni deux, ils firent demi-tour. La pièce était telle qu’il l’avait vue auparavant. Ils entendirent alors l’éclat de rire de l’homme.

Ils prirent leurs jambes à leur cou et sans demander leurs restes reprirent la 4 L et foncèrent aussi vite qu’elle le pouvait.

© Isabelle-Marie d’Angèle (février 2024)

À très vite…

Agenda ironique de Février – Les stories perdues de Louis et Marie

Bonjour toi 😉

C’est chez Photonanie que ça se passe ce mois-ci. En voici les consignes.

Photonanie souhaite que la forme du texte soit présentée en un acte ou plus d’une pièce de théâtre, qu’il y ait un zeugme et d’y glisser les mots suivants :

Je n’ai jamais écrit de pièce de théâtre, aussi je demande toute ton indulgence. Pour le coup, je suis sortie de ma zone de confort pour la présentation, mais je pense qu’on y retrouve tout de même ma plume quelque part 😏.

Voici donc le 1er acte de cette pièce.

Les stories perdues de Louis et Marie

Les 3 coups résonnent. Le rideau s’ouvre sous les applaudissements du public. Nous sommes en novembre 2023, quelque part là-haut dans un coin de paradis.

Un couple est en train de lire. Le décor, le ciel. Lui, debout sur un nuage gris, car il souffre de cathisophobie depuis qu’il s’est assis sur un cactus et en a gardé un souvenir piquant et très désagréable parcourt le journal. Elle, sur un autre en forme de canapé blanc fait défiler des articles sur son téléphone. Soudain, elle sursaute et laisse échapper un cri. Elle manque par là même chuter de plusieurs mètres. Lui, surpris, tourne la tête vers elle.

Elle : Sire, étiez-vous au courant que nous avions été tous deux guillotinés en 1793 ? Cela ferait exactement 400 ans.

Le Sire en question abandonne son journal qui s’envole et sa colère gronde à un point que son teint vire ponceau, lui si pâle de nature. Sa moitié retient un éclat rire tellement il est drôle.

Lui : Fichtre, ça fait un bail ! comment est-ce possible ? Moi, Louis XVI, le roi des Français, guillotiné ? La peine de mort n’est-elle pas abolie depuis longtemps ?

Elle : Vous dites n’importe quoi très cher, en 1789, rappelez-vous, la révolution, la prise de la Bastille… et blablabla. Vous radotez, permettez-moi de vous le faire remarquer.

Lui : Vous avez raison, ma reine, la situation était… délicate.

Elle : C’est le moins que l’on puisse dire, Sire.

Silence. Il la rejoint sur le canapé qui ploie sous son poids. Il manque de tomber, car il reste debout. Il reprend :

Lui : Cessez de m’appeler ainsi, vous savez bien que cela n’a plus lieu d’être.

Elle arque ses sourcils impeccablement dessinés et remarque :

Elle : Oui, nous sommes morts, mais j’aime vous donner ce titre. Vous êtes toujours mon roi préféré. Et puis vous êtes idiot de ne pas vous asseoir vous me donnez le vertige.

Il la contemple de toute sa hauteur et fredonne Vertige de l’amour.

Lui : Vous êtes quand même drôlement bien conservée et je vous aime comme au premier jour.

Elle : Il y a bien longtemps alors.

Elle rit.

Soudain, il quitte le nuage, il semble marcher ou voler c’est selon comme on l’imagine à grandes enjambées. Il soliloque.

Lui : Je n’étais pas un roi de médiocrité. Que sont devenus mes travaux de serrurerie ? vous rappelez-vous ma chère, comme j’étais fasciné par la mécanique, la chimie et…

Elle le stoppe d’un geste.

Elle : Grand Dieu oui.

Elle se passe la main sur le front. Elle a lâché son portable. Il le rattrape au vol, il pense à haute voix qu’il s’en est fallu de peu pour qu’il disparaisse dans les nuages plus bas. Pour le retrouver, il se voit déjà dans ce coton ouateux en train de fouiller. Elle fronce les sourcils et s’inquiète. Elle ne comprend rien à ce qu’il raconte, ne serait-ce pas les prémices de la sénilité ? Cela fait quand même 400 ans, ce n’est pas rien !

Lui : Quel beau travail de précision ? Vous dites qu’il est écrit là-dedans que nous avons été guillotinés ? Comment ce si petit appareil peut-il être au fait de cette situation ?

J’espère tout de même que la lame était désinfectée, imaginez que nous soyons contaminés ? Ce serait le bouquet. De plus d’être mort, nous serions malades. Quelle horreur ! Avec la médecine qui balbutiait et n’était pas au point pour trouver les causes et les aboutissements.

Elle : Vous avez encore raison.Quand je pense que je suis passée dessous sept mois après vous. Je n’avais pas dû aller chez le coiffeur. Cela aurait été dommage d’abimer le travail de ma camériste.

Un rire sardonique se fait entendre, les nuages virent au gris. Il souffle :

Lui : Allons bon, je sens que nous l’avons encore froissé. Il est pire que du papier, pour un rien, il se fripe.

Elle : Calmez-vous très cher, ce n’est pas bon pour votre cœur. Même si nous sommes déjà morts, faisons comme si…

Le rideau se baisse. Le public applaudit.

© Isabelle-Marie d’Angèle pour l’agenda ironique de Février 2024

N’hésite pas à aller découvrir les pièces de théâtres écrites par les agendaironistes ici.

À très vite…

Agenda Ironique – Votes

Bonjour toi 😉

N’hésite pas à aller lire toutes les participations à l’agenda ironique de janvier. C’est ici que ça se passe .

L’agenda ironique est ouvert à tous, n’hésite pas à participer si le cœur t’en dit pour celui de février (le sujet n’est pas encore tombé, vu qu’on ne sait pas encore chez qui ça va se passer 😂).

À très vite…

Agenda ironique – Janvier

Bonjour toi 😉

C’est chez Tiniak ici que ça se passe ce mois-ci. Les consignes ?

Voici donc ma participation 👇

Quel voisin !

Par la fenêtre ouverte,
Force est de constater
Que le voisin, l’oreille collée
À son bigophone, me rend verte.

Aucune discrétion chez lui,
De minuit à midi,
Il marche de long en large
Je sens pointer la rage.

Ne pourrait-il se taire ?
Ce drôle de mousquetaire.
Oh, je ne vous ai pas dit ?
Ce voisin joue la comédie.

Il se prend pour D’Artagnan
Sa flamberge battant son flanc.
Serait-il encore bon comédien,
Mais il n’en est rien.

J’entends souvent son jardin
Du soir au matin qui se plaint
Des coups d’épée sur ses marguerites
Qui tour à tour s’effritent.

Et je ne parle pas des pampres
Qui s’entourent autour de ses jambes
Pour éviter d’être fracassées
Et le retenir de les couper.

C’est pas Dieu possible
D’être aussi terrible.
Voilà que j’hallucine
Quelle drôle de trombine !

La chope à la main
Il fait le malin.
Je crie, Jean-Pierre
La mousse de ta bière
Couvre tes lèvres
Il rit et détale tel un lièvre.

Ce voisin je t’jure
Frise la caricature.
Il n’a rien d’un parangon
De modestie, ça non !

Devant sa Mégane
Il se pavane
Ce n’est qu’une Renault
Pauvre idiot !

Par la fenêtre ouverte
Force est de constater
Que le calme est revenu
Le voisin a disparu.




N'hésite pas à aller lire les textes des AgendistesIronistes 😂 ici .
À très vite…

Le calendrier de Juliette -Fin

Bonjour toi 😉🎄

Il y a quelque jours, j’ai publié les 8 premiers jours du calendrier de Juliette comme participation à l’agenda ironique de décembre ici . Je ne pouvais pas rester sur le 8 décembre quand même ! Voici donc la suite et fin de cette histoire.

Juliette sursauta, son grand-père lui touchait l’épaule. Les yeux embrumés, elle se rappela son rêve, il lui racontait ses Noëls à lui.

— Ce n’était pas un rêve Juliette…

Elle se redressa tout à fait.

— On continue alors. Je crois que tu t’étais arrêté au 8 décembre.

Elle s’assit en tailleur sur le tapis et écouta Grand-Pa qui replongea dans ses souvenirs.

— 9 décembre : Costume. C’était ma mère qui me l’avait confectionné. Qu’est-ce que j’étais fier, un costume rien que pour moi. Il était gris, et je crois même que mon père m’avait appris à faire un nœud de cravate.

— 10 décembre : Cire.

— C’est quoi ? l’interrompit Juliette.

Grand-Pa sourit.

— Figure-toi que les derniers jours d’école, nous devions faire briller nos bureaux dans la classe. Ils étaient en bois pas comme toi aujourd’hui, et il fallait les entretenir. Avec un chiffon, nous mettions ce produit, souvent de la cire d’abeille et…

— Je sais, je sais, l’interrompit à nouveau Juliette. C’est vrai que ça sent bon, Maman en met sur les meubles du salon et après ça brille.

— 11 décembre : Parfum.

— Encore ? souffla Juliette.

— Celui-là ce n’est pas pareil. Mon père avait offert un flacon à maman. Elle n’en mettait pas souvent pour l’économiser et le sortait pour les grandes occasions et Noël en était une. Quand elle venait m’embrasser, je le sentais et ce parfum-là, je ne l’ai jamais oublié.

— Grand-Ma aussi sent bon, c’est le même ?

Grand-Pa caressa les cheveux de sa petite-fille.

— Non, mais il est tout aussi agréable. Je peux continuer, si tu m’interromps chaque minute, jamais je n’arriverai au bout.

Juliette fit le geste de fermer sa bouche.

— 12 décembre — Neige. Je n’ai eu droit qu’à un seul Noël blanc. Elle ne tombe pas souvent par ici, mais je me rappelle comme si c’était hier du bonhomme de neige que j’avais fabriqué avec les voisins et de belles parties de boules de neige. Tes arrières-grands-parents avaient même participé et ils n’étaient pas les derniers à balancer des boules.

Juliette s’écria :

 — Sérieux ? Quand même, ils ne devaient pas être très jeunes pour jouer à ça.

Grand-Pa éclata de rire.

— Ils ont été jeunes aussi et n’ont pas toujours été des arrière-grands-parents.

La mimique de Juliette le renseigna aussitôt, elle n’y croyait pas du tout.

— 13 décembre — Chant. Mon préféré, Douce Nuit.

— Ah bon ? Pas Petit Papa Noël ?

Il éluda la question et continua.

— 14 décembre — Crèche. Ma mère y ajoutait chaque année un nouveau santon. Au fur et à mesure des années, la crèche prenait de plus en plus de place et s’étalait dans le salon. Nous faisions les marchés de Noël et nous trouvions toujours des personnages ou animaux qui manquaient.

Il attendit que Juliette fasse une réflexion, mais elle ne pipa mot. Pourtant, elle aurait pu lui rappeler qu’il l’avait déjà dit.

— Je sais ce que tu penses, mais ce n’est pas de la même crèche dont je te parle.

— Ouais ! accepté !

— 15 décembre — Pâté. Maman cuisinait à l’avance des terrines pour le réveillon et ça embaumait dans toute la maison. Ta grand-mère fait la même chose d’ailleurs.

Juliette fit oui de la tête.

— 16 décembre — Émile.

Grand-Pa se tut. Juliette attendit qu’il reprenne la parole. Il semblait triste tout à coup. Il sortit un grand mouchoir à carreaux de sa poche, Juliette se demandait toujours pourquoi il était si grand, il n’avait pourtant pas un si gros nez, il aurait bien pu convenir à celui de Pinocchio. Elle n’osa pas l’interroger.

— Émile était un garçon qui a passé quelques semaines chez nous avec sa famille. C’était pendant la guerre et mes parents les logeaient à la maison. Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Un jour, il est reparti.

Grand-Pa soupira et reprit avec le sourire.

— 17 décembre — Machine à remonter le temps.

Juliette se leva d’un coup et le bombarda de questions :

— Comme dans Retour vers le futur ? Elle fonctionnait ? Tu as réussi à aller dans une autre époque ? C’était bien ? Raconte.

— Alors, non je n’ai pas réussi à aller dans une autre époque, juste dans l’atelier de mon père.

Déçue, Juliette se laissa tomber sur le tapis.

— Pfft, t’es pas drôle, à quoi ça sert alors ?

— Figure-toi que mon père était forgeron et j’aimais beaucoup bricoler dans son atelier. Je devais bien avoir 12 – 13 ans, j’étais curieux et je regardais ton arrière-grand-père avec envie. J’ai fait un plan de cette machine, j’ai récupéré des pièces et quand je rentrais de l’école, aussitôt je le retrouvais dans son atelier. Peu à peu, elle a pris forme. Mon père me regardait faire, me prêtait ses outils et j’ai aussi appris à souder. Mais… j’avais oublié une chose importante et il me l’a fait remarquer quand j’ai eu terminé. C’est bien beau de faire un plan, mais il faut toujours vérifier quelque chose… Comment sortir ma machine par le grand portail si elle ne peut pas passer ? Je n’avais rien mesuré et évidemment elle était bien trop large. Je compris alors les sourires goguenards des ouvriers qui travaillaient avec mon père. Celui-ci leur avait fait promettre de ne rien me dire, je devais comprendre tout seul. Ma machine a dû être démontée pour pouvoir sortir, mais j’étais tellement dégouté et vexé que je ne voulais plus parler à mon père.

— 18 décembre — Cirque ; Il y avait souvent un cirque de Noël qui s’installait sur la place. Mon père adorait la musique de la parade et de le voir si heureux me met encore aujourd’hui les larmes aux yeux quand j’entends cette musique.

— 19 décembre — Fiançailles. Là, on fait un grand saut dans le temps. C’est à Noël que je me suis fiancé avec ta grand-mère. Je me souviens encore du dessert, 2 colombes. J’étrennais un nouveau costume et ta grand-mère était habillée en couleur prune. C’est toujours ce qu’elle me dit, pas de violet chez elle.

— 20 décembre — Champagne. J’en ai bu pour la première fois, j’étais majeur, c’est-à-dire 21 ans. Pas d’alcool avant, mon père ne rigolait pas avec ça. D’ailleurs, je ne suis toujours pas un grand consommateur.

— Et tu aimes ? demanda Juliette.

— Bien sûr, mais pas souvent.

— 21 décembre — Marrons.

— Comme la dinde aux marrons ?

— Exactement.

— Je peux dire moi aussi ? 22 décembre — Bûche. Celle de Grand-Ma, au chocolat, elle est trop trop bonne.

Juliette continua sur sa lancée.

— 23 décembre — Père Noël. Je sais que je suis grande et que… bon… peut-être qu’il existe… peut-être pas… En plus, il y a des fois où il te ressemble beaucoup !

— 24 décembre — Réveillon.

Ils le dirent en même temps et Juliette se jeta dans les bras de son grand-père.

 © Isabelle-Marie d’Angèle (décembre 2023).

À très vite…