Un petit coin de ciel bleu

Bonjour toi 😉

Je suis retournée ici Du côté de chez Ma, et c’est la semaine du coin de ciel bleu. Alors j’ai fouillé dans mes photos et j’en ai trouvé quelques unes qui pourraient convenir, mais comme dernièrement nous ne pouvions pas trop nous déplacer 😏 …

C’est le ciel bleu de mon jardin dans le Sud-ouest, c’était en janvier 2021. Tu peux apercevoir les mésanges qui viennent se restaurer.

Mais où est ce fichu ciel bleu ? C’était en février 2021 à Narbonne plage. Nous avions le droit de ressortir mais rien n’était ouvert. C’était d’une tristesse… Même le temps s’était mis de la partie 😉 mais nous avions quand même réussi à pique-niquer sur les rochers face à l’eau très remuante. Il ne faisait pas chaud mais nous étions heureux de pouvoir prendre un bon bol d’air marin.

Nous sommes en juillet 2021 au parc des Bambous. Il faisait beau et chaud. C’était d’une tranquillité. Toujours dans le Sud-Ouest en Ariège.

Et voilà mon ciel aujourd’hui, février 2022, vu de ma fenêtre. N’est-il pas beau mon sud-ouest ?

À très vite…

Merci au blog Du côté de chez Ma pour cette belle idée de partages.

C’est l’histoire d’un terrain …

Bonjour toi 😉

C’est la journée bavardages et aujourd’hui, je donne la parole à un terrain à qui il arrive une histoire à laquelle il ne s’attendait pas.

J’avoue, j’aime donner la parole aux objets. Ici, c’est un terrain qui n’avait rien demandé à personne…

C’est un jour comme les autres…

Les maisons qui m’entourent s’éveillent peu à peu. Moi, je suis seul et la végétation m’envahit. Pas de maison construite sur ma terre, mais des parpaings et une bétonnière qui pèsent lourd. Je ne sais pas pourquoi c’est entreposé chez moi. C’est arrivé un jour comme ça !

J’avais espéré qu’à mon tour, je verrais arriver des camions et qu’il y aurait de l’animation. J’avais bien vu mes copains d’à côté qu’ils étaient ravis d’être creusés, puis recouverts d’une belle chape de béton. Peu à peu une maison puis une autre et encore une autre s’était dressée et j’étais content pour eux.

Moi, je suis tout seul. Personne ne s’intéresse à moi et je vois régulièrement les herbes folles m’envahir.

Mais aujourd’hui, j’ai vu une voiture s’arrêter et c’est moi que les gens ont regardé. C’est moi qu’ils ont trouvé joli, bien orienté et assez grand.

J’ai essayé de me montrer sous mon plus beau jour et j’ai entendu qu’ils remarquaient que je surplombais tous les autres. Qu’est-ce que j’étais fier !

Je me suis encore plus gonflé d’orgueil et la dame a dit que j’étais vraiment beau et que si elle pouvait, elle construirait bien une maison sur moi.

D’un côté j’étais content, de l’autre, j’ai pensé que c’était encore fichu. Mais la conversation ne s’est pas arrêtée là, j’ai compris alors qu’ils n’étaient pas acheteurs mais mes propriétaires.

J’ai dû inconsciemment remuer, car ils ont immédiatement remarqué que les parpaings et la bétonnière n’avaient rien à faire sur moi. Enfin quelqu’un qui me comprenait !

J’ai tendu l’oreille comme je pouvais, ce n’est pas facile pour un terrain, mais mes herbes folles s’en sont chargées à ma place et j’ai compris qu’il y avait un problème.

Horrifié, j’ai réalisé que quelqu’un voulait m’acheter à un prix dérisoire. Comment est-ce possible ? Je suis beau, je suis grand, je suis viabilisé, je ne peux pas être bradé.

Je me suis alors souvenu du monsieur d’il y a très longtemps qui m’avait acheté… Il s’est battu pour me garder… et avec d’autres propriétaires, ils se sont unis pour en faire ce que je suis aujourd’hui. Je fais partie d’un lotissement alors que je n’étais pas grand chose à mes débuts. Rien que pour ça, je refuse d’être vendu à prix dérisoire, ne serait-ce qu’en souvenir de ce monsieur. Je le revois avec sa moustache grisonnante arpenter ma terre…

Mais je ne suis qu’un terrain, comment pourrais-je me défendre ? Peut-être pourrais-je étendre encore mes herbes folles et appeler les bestioles qui font peur ?

Histoire à suivre…

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À très vite…

Ce petit chemin …

Bonjour toi 😉

Lorsque je commence une histoire, une fois les personnages trouvés, je plante le décor. Je t’explique mon petit rituel. Je mets de la musique, en général du jazz. Une bonne ambiance chaleureuse, un air de piano, de saxophone, et mon imagination s’emballe.

C’est là que mon petit chemin apparait …

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Il peut être ainsi et me plonger dans une atmosphère bucolique. Que vais-je trouver au bout du chemin ? Ici, nous sommes à la belle saison et les fleurs s’en donnent à cœur joie. J’entends le coucou chanter dans un arbre. Peut-être qu’au fond, apparaitront un cerf et ses biches…Ecoute, j’entends le murmure d’un ruisseau.

Peinture de paysage - Summer On The Farm par Robin Moline

Changement de décor. Tiens un village 😊 J’imagine aussitôt la vie à l’intérieur. C’est un peu ce qui s’est passé pour Cupidonetmoi.com. J’entends le chien aboyer. Comment ça tu ne le vois pas 😄 si si regarde bien, il court dans le pré. Il y a même du linge qui sèche, il y a un peu de vent. Je sens aussi le parfum de la lessive. Le tracteur gronde dans un hangar, il ne va pas tarder à sortir. Il fait beau.

Ceci contient une image de : Découvrez le mail Orange !

Ici, nous sommes au cœur d’un village et la ville est plus loin. C’est faiblement éclairé, peut-être sommes-nous en fin de journée. J’imagine bien et je l’entends surtout, le brouhaha d’un marché en bout de rue. Pas toi ?

Ceci contient une image de : la meilleure saison (Avril,Mai,Septembre,Octobre)

Il pleut, il fait froid et le soir tombe vite. Nous sommes en hiver, les lampadaires éclairent faiblement le pont. Heureusement, parce que ça glisse, je dois faire attention où mettre les pieds. J’entends l’eau couler dessous ou alors… oui c’est plutôt ça une route. Il y a du monde qui passe dessous. Si je me penche, je verrai les phares des voitures se suivre comme un serpent qui se déroule.

Elle est belle cette route mais un peu angoissante. J’ai l’impression que les arbres vont m’engloutir. C’est une belle entrée en matière pour une histoire fantastique 😊. Et si au bout du chemin, j’étais aspirée et disparaissais ? Dommage, cette petite route me plaisait bien. Mais peut-être que je me trompe et qu’au fur et à mesure que j’avance, les arbres s’ouvriront devant moi pour laisser apparaitre un château 😂. Comme quoi, il ne faut pas grand chose pour changer le cours d’une histoire.

Dolomites / Italy (by Christian) | via It's a beautiful world

Finalement, je m’assois, je regarde et j’écoute. Je me laisse imprégner par l’ambiance, les parfums et j’écris…

Et toi, qu’est-ce qu’il y a au bout de tes chemins ? Es-tu plutôt ville ou campagne ? Mer, montagne ? T’arrive-t-il de t’arrêter sur un banc et d’écouter ? Raconte-moi en commentaires.

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À très vite…

Romance : Cupidonetmoi.com

Chapitre 2

Marc Agosta descendit de son tracteur alors que Léandre sortait de sa grange.

— Salut l’ami !

Les deux hommes qui avaient fait leurs études agricoles ensemble se connaissaient depuis longtemps. Marc avait repris l’exploitation de ses parents plus spécialisée en céréales, alors que Léandre avait préféré s’occuper d’animaux.

— Tu m’offres un café ?

Marc, un rouquin à la tignasse emmêlée et toujours coiffée d’un béret, était souvent de bonne humeur. Quelques ridules d’expression apparaissaient d’ailleurs au coin de ses yeux verts plissés à cause du sourire qu’il affichait.

— Je suis à la bourre mon pauvre ! Mon réveil n’a pas sonné ! Mais je peux quand même t’offrir ton kawa du matin.

— À la bonne heure ! Je voudrais te parler de quelque chose.

— Allez entre !

Léandre s’effaça pour laisser entrer son ami. La familière odeur du café se répandait dans la salle aux tommettes rouges.

— Il fait toujours bon chez toi ! Dommage que tu vives tout seul.

Il promena son regard sur la pièce d’assez grandes proportions. Une cheminée faisait face à la table en chêne encadrée de deux bancs. Une cuisine fonctionnelle et dernier cri n’avait rien à envier à celle des chefs de restaurant. Léandre profitait de son peu de temps libre pour confectionner des petits plats. Il adorait ça et prenait plaisir à recevoir ses amis. Certes, il était célibataire, mais il ne vivait pas reclus dans sa maison. Sa sœur était la première à les goûter et à le féliciter. Clothilde avait des jumeaux, Clémence et Baptiste, âgés de huit ans. Ils aimaient venir passer des vacances chez leur oncle et par la même occasion chez leurs grands-parents.

— Ah tu ne vas pas recommencer, soupira Léandre, en sortant les bols de son buffet.

— Toutes les filles ne se ressemblent pas, tu sais. Ce n’est pas parce que ta Carlotta a changé d’avis qu’elles sont toutes pareilles.

— Enfin, elle avait quand même fait les mêmes études que moi et nous avions beaucoup de projets en commun.

— D’accord, l’odeur de ta Rosalie a pu l’indisposer. Avoue que ta vache est trop familière avec toi !

— Ce n’est pas de ma faute si elle n’aimait pas Charlotte. Elle a senti avant moi qu’elle n’était pas faite pour moi !

Tout en parlant, il versait le café dans les bols rouges.

— Tu n’avais pas quelque chose à me dire ? Si c’est pour la réunion des agriculteurs du village, j’irais si le maire ne la plante pas à 18 h. A-t-on idée aussi ! à cette heure-là, comment veux-tu que je sois libre ? Et les collègues ?

Il haussa les épaules. Il était un des seuls à avoir une exploitation de vaches laitières. Les autres pouvaient plus facilement se libérer, alors que lui, ses animaux connaissaient l’heure et pas moyen d’y déroger.

— Non, il s’agit d’autre chose.

Marc sortit son portable.

— Regarde ! J’ai trouvé un nouveau site de rencontres.

Léandre éclata de rire.

— Quand tu as une idée en tête toi !

— Elle n’est pas comme les autres. Tu rentres un pseudo.

Léandre l’interrompit.

— Comme les autres !

— Attends, je n’ai pas fini. Ton véritable nom est enregistré. Tu ajoutes ton adresse.

— Ben voyons pour que toutes les filles du coin apprennent que je cherche une femme.

— Justement, non ! Tes coordonnées sont rentrées dans la machine et c’est tout.

— Comment ça, c’est tout ?

— L’application sait donc que tu cherches une âme sœur et elle va la trouver pour toi.

— Ah oui ? Comme ça ? Elle saura sans savoir si j’aime les brunes, les blondes, les petites, les vieilles ?

— De toute façon, elle prospectera dans une autre région, c’est écrit. De cette façon, toi comme l’heureuse élue, vous devrez vous déplacer pour vous rencontrer.

— C’est ça, je vais faire des kilomètres pour voir une fille qui ne me plaira pas et la semaine d’après je recommencerai. C’est vrai que je n’ai que ça à faire.

À ce moment précis, la tête de Rosalie cogna contre la vitre.

— Non, mais regarde-là celle-là !

Léandre éclata de rire alors que son père entrait dans la cuisine.

— Elle te cherche mon garçon. Tu sais bien que c’est toi qui l’emmènes au pré ! Bonjour Marc !

Francis Castillo lui serra la main. Alors que Marc demandait :

— Alors je t’inscris ?

Francis interrogeait son fils du regard en lui montrant Rosalie.

— Oui c’est bon !

Il suivit son père. Rosalie sur les talons.

Marc pensa que la réponse était pour lui et tapa entrée sur son téléphone.

Dans le salon de coiffure de Léonie, les bavardages allaient bon train.

— Berthe a enfin trouvé chaussure à son pied.

— Ah bon ? Elle en aura mis du temps. Qui est l’heureux élu ?

La dame aux bigoudis sur la tête riait.

— Il s’appelle Pépin.

Mariette, le séchoir à la main, répondit.

— Berthe aux grands pieds était mariée à Pépin le Bref non ?

Léonie qui terminait d’encaisser une cliente se joignit à la conversation.

— C’est une blague ? Quel est le nom de cette application ?

— Cupidonetmoi.com.

— Ah quand même !

Mariette et Léonie se regardèrent perplexes.

 La dame aux bigoudis reprenait :

— On doit rentrer un pseudo, et son véritable nom. La machine fait le reste.

— Je n’y crois pas du tout. Par exemple, comment pourrait-elle savoir quel homme pourrait me convenir ?

— Tu n’as qu’à essayer Léonie, proposa son amie.

Elle saisit son téléphone et chercha l’application.

— C’est vrai ça, madame Capdabelle. Berthe a bien trouvé son Pépin, vous pourriez bien trouver vous aussi.

— Je ne connais pas d’histoire particulière rattachée à mon prénom, rétorqua Léonie.

— Ce n’est pas grave ça, répliqua Mariette. De plus, regarde, tu ne tomberas pas sur un de tes clients, la machine fait en sorte que vous voyagiez.

— Montre !

Léonie fit défiler les pages.

— Pour rigoler, alors !

— Vous ne risquez pas grand-chose madame, reprit la cliente aux bigoudis, seulement trouver le grand amour.

Léonie sourit. Pourquoi pas ?

Mariette appuya sur entrée.

Dans son sous-sol bien propre, la machine ronronna puis s’emballa. Les lumières clignotèrent.

— Ah ça ne va pas recommencer, s’inquiéta Jonathan.

Il tapota à nouveau sur son clavier et murmura à voix haute :

— Cupidonne ne me joue pas encore un sale tour !

Surpris, il entendit répondre :

— Je ne joue pas. Je travaille comme tu m’as programmé. Bonjour, Jonathan, et ne m’appelle pas Cupidonne. Je suis ton application Cupidonetmoi.Com. C’est ainsi que tu m’as créée et que je me prénomme.

— Pourquoi toutes ces lumières qui clignotent ? Peux-tu m’expliquer ?

— J’ai un petit problème. Mais ne te fais pas de soucis, je saurai le régler.

— N’oublie pas que je suis ton maître et que c’est moi qui peux te réparer.

Elle ne répondit pas.

Jonathan reprit son travail. Alice était absente et c’était tant mieux. Elle lui aurait encore fait des reproches ou se serait inquiétée.

— Je te propose un nouveau couple.

— Attends la directrice. Tu sais bien que c’est elle qui gère ça.

— D’accord Jonathan, je fais comme tu me l’as demandé, je lui envoie les fiches.

Un bruit de soufflerie, l’ordinateur chauffait. Une imprimante se mit en route puis cracha deux feuilles.

À suivre…

Romance : Cupidonetmoi.com

Résumé 

Léandre Castillo est agriculteur dans une commune rurale. Ses seules passions sont ses vaches, surtout Rosalie qui a tendance à déprimer et à beugler quand elle se sent seule. Son meilleur ami, Marc Agosta ne rêve que d’une chose : lui trouver une femme.

Léonie Capdabelle est coiffeuse dans une petite ville. Sa clientèle, majoritairement féminine, l’apprécie beaucoup et n’hésite pas à faire appel à elle à n’importe quelle heure. Mariette Aglaé son associée et amie aimerait qu’elle soit plus disponible pour avoir une vie privée, qui est pratiquement inexistante.

La nouvelle application Cupidonetmoi.com est faite pour réunir les couples. Seul leur véritable nom est entré dans la machine, elle fait le reste. Son but : que chacun trouve l’âme sœur.

Mais un jour, Cupidonetmoi.com beugue.

Chapitre 1

Léandre Castillo, un bel homme de quarante ans, brun aux yeux noisette, était en retard. À l’étable, ses vaches meuglaient. La semaine commençait mal. Son réveil n’avait pas sonné. D’ordinaire, il n’en avait pas besoin, il se réveillait toujours à l’heure. Il avait pris l’habitude de programmer sa cafetière électrique et c’est l’odeur du café qui lui chatouillait les narines. Mais aujourd’hui, à cause d’une panne d’électricité, tout s’était déréglé.

De fort méchante humeur, il passa sa combinaison verte, remonta la fermeture éclair et sortit en courant.

— Eh bé fils ! tu as eu une panne d’oreiller ?

Son père, Francis Castillo le chambrait depuis la cour de la ferme. La maison de ses parents était face à la sienne. C’était une jolie bâtisse construite en U.

— Quand la Rosalie a beuglé comme une malheureuse, j’ai compris que tu n’étais pas à l’heure.

— Il y a eu une coupure de courant.

— Tu n’as pas entendu l’orage fils ?

Les deux hommes se ressemblaient. Tous deux frôlaient le mètre quatre-vingt-dix, mais si Léandre était resté mince, son père commençait à prendre de l’embonpoint. Le petit déjeuner avec le pâté maison laissait des traces pardi ! À soixante-dix ans bien sonnés, il affichait pourtant une forme olympique et ne rechignait pas aider Léandre.

L’odeur de la grange, si particulière, les saisit à la gorge dès qu’ils entrèrent. À la longue, ils n’y faisaient plus attention, mais pour ceux qui n’avaient pas l’habitude, elle pouvait surprendre et leur faire faire demi-tour illico.

L’heure de la traite était dépassée. Les deux hommes s’empressèrent de brancher les machines afin de soulager les animaux. Rosalie, quant à elle, faisait les gros yeux à son patron et sa queue fouettait l’air rageusement.

Une nouvelle journée commençait à la ferme des Castillo.

Léonie Capdabelle logeait au-dessus de son salon de coiffure. Ce matin, elle ne comprenait pas pourquoi l’alarme de son téléphone n’avait pas fonctionné. Un coup d’œil par la fenêtre lui apprit rapidement qu’elle était vraiment en retard. Deux clientes patientaient déjà devant la porte. Elles papotaient entre elles en attendant que les stores remontent.

Elle prit toutefois le temps de passer sous la douche, mais zappa le petit déjeuner. Elle perçut du bruit en bas, signe que Mariette son associée et amie était arrivée et ouvrait le salon. Les rires et les bavardages qui grimpaient jusqu’à elle la renseignèrent sur la bonne humeur qui régnait. Elle avala quand même une tasse de café.

Elle entendit la cavalcade dans l’escalier. Mariette frappait à la porte.

— Que se passe-t-il Léonie ? Tu es malade ?

Elle ouvrit et embrassa Mariette.

Autant l’une était brune, cheveux bouclés et petite, autant l’autre était blonde et montée sur des échasses. Elle frôlait le mètre quatre-vingt alors que Léonie atteignait difficilement le mètre soixante. Mariette avait d’ailleurs souvent mal au dos en fin de journée et travaillait assise.

— Mon portable n’a pas sonné. J’arrive !

Quelque part dans un sous-sol très bien agencé, un couple s’interrogeait devant l’immense ordinateur qui clignotait de partout.

— Une panne d’électricité et tout s’est déglingué, dit Alice Colargol la directrice.

— Pourtant, ce n’est pas la première fois, répondit Jonathan Playelle le développeur.

— J’espère que toutes les données seront récupérables, reprit Alice. Tu m’avais bien dit que même sans courant, la machine fonctionnerait ?

— Je ne comprends pas ce qui s’est passé.

Plantés tous deux devant l’écran géant, ils attendaient perplexes que les lumières s’éteignent et qu’un message apparaisse.

Enfin, au bout d’un laps de temps qui leur parut une éternité, la voix virtuelle emplit l’espace.

— Bonjour, je suis l’application Cupidonetmoi.com, je suis là pour vous aider. Que désirez-vous ?

Le couple se regarda.

— Elle parle comme si elle ne nous connaissait pas ?

Jonathan s’assit au clavier et rentra toutes sortes de données.

— Pourtant, tout à l’air au point.

— Fais un essai.

À nouveau, il tapota sur les touches. L’écran clignotait à qui mieux mieux et une multitude de chiffres s’afficha. Enfin, l’image se stabilisa et la voix désincarnée de l’intelligence artificielle retentit.

— Je suis prête ! Bonjour Alice ! Bonjour Jonathan ! Il fait 18 ° à l’extérieur. Que puis-je pour vous ? Je vous propose de réunir les couples

Jonathan et Alice poussèrent un soupir de soulagement. Tout était rentré dans l’ordre.

Cupidonetmoi.com était une nouvelle application qui permettait aux célibataires de la France entière de se trouver.

Alice Colargol, une femme de soixante ans aux cheveux gris, avait décidé de créer ce site de rencontres afin d’inviter les personnes à bouger et ne pas avoir la désagréable surprise de tomber sur le voisin ou la voisine de quartier ou de la ville d’à côté.

Cupidonetmoi.com avait la particularité de débusquer le couple idéal. Jusqu’à présent, elle ne s’était pas trompée et les retours de clients étaient dithyrambiques. Aucune séparation n’était à déplorer. Alice était heureuse d’avoir réussi à redonner goût à la vie à ceux qui ne croyaient plus à l’amour.

Elle s’installa à son bureau et alluma son ordinateur. De nouvelles connexions s’affichaient et elle découvrait avec un plaisir non dissimulé les demandes. Elle attendait avec impatience comment Cupidonetmoi.com allait réunir tout ce petit monde. Est-ce que des couples seront compatibles ?

À suivre …