En l’honneur de la fête des Samson, je partage ce poème d’Alfred de Vigny
La colère de Samson
Le désert est muet, la tente est solitaire.
Quel Pasteur courageux la dressa sur la terre
Du sable et des lions? - La nuit n'a as calmé
La fournaise du jour dont l'air est enflammé.
Un vent léger s'élève à l'horizon et ride
Les flots de la poussière ainsi qu'un lac limpide.
Le lin blanc de la tente est bercé mollement ;
L'oeuf d'autruche allumé veille paisiblement,
Des voyageurs voilés intérieure étoile,
Et jette longuement deux ombres sur la toile.
L'une est grande et superbe, et l'autre est à ses pieds :
C'est Dalila, l'esclave, et ses bras sont liés
Aux genoux réunis du maître jeune et grave
Dont la force divine obéit à l'esclave.
Comme un doux léopard elle est souple, et répand
Ses cheveux dénoués aux pieds de son amant.
Ses grands yeux, entr'ouverts comme s'ouvre l'amande,
Sont brûlants du plaisir que son regard demande,
Et jettent, par éclats, leurs mobiles lueurs.
Ses bras fins tout mouillés de tièdes sueurs,
Ses pieds voluptueux qui sont croisés sous elle,
Ses flancs plus élancés que ceux de la gazelle,
Pressés de bracelets, d'anneaux, de boucles d'or,
Sont bruns ; et, comme il sied aux filles de Hatsor,
Ses deux seins, tout chargés d'amulettes anciennes,
Sont chastement pressés d'étoffes syriennes.
Les genoux de Samson fortement sont unis
Comme les deux genoux du colosse Anubis.
Elle s'endort sans force et riante et bercée
Par la puissante main sous sa tête placée.
Lui, murmure ce chant funèbre et douloureux
Prononcé dans la gorge avec des mots hébreux.
Elle ne comprend pas la parole étrangère,
Mais le chant verse un somme en sa tête légère.
" Une lutte éternelle en tout temps, en tout lieu
Se livre sur la terre, en présence de Dieu,
Entre la bonté d'Homme et la ruse de Femme.
Car la Femme est un être impur de corps et d'âme.
L'Homme a toujours besoin de caresse et d'amour,
Sa mère l'en abreuve alors qu'il vient au jour,
Et ce bras le premier l'engourdit, le balance
Et lui donne un désir d'amour et d'indolence.
Troublé dans l'action, troublé dans le dessein,
Il rêvera partout à la chaleur du sein,
Aux chansons de la nuit, aux baisers de l'aurore,
A la lèvre de feu que sa lèvre dévore,
Aux cheveux dénoués qui roulent sur son front,
Et les regrets du lit, en marchant, le suivront.
Il ira dans la ville, et là les vierges folles
Le prendront dans leurs lacs aux premières paroles.
Plus fort il sera né, mieux il sera vaincu,
Car plus le fleuve est grand et plus il est ému.
Quand le combat que Dieu fit pour la créature
Et contre son semblable et contre la Nature
Force l'Homme à chercher un sein où reposer,
Quand ses yeux sont en pleurs, il lui faut un baiser.
Mais il n'a pas encor fini toute sa tâche. -
Vient un autre combat plus secret, traître et lâche ;
Sous son bras, sous son cœur se livre celui-là,
Et, plus ou moins, la Femme est toujours DALILA.
Elle rit et triomphe ; en sa froideur savante,
Au milieu de ses sœurs elle attend et se vante
De ne rien éprouver des atteintes du feu.
A sa plus belle amie elle en a fait l'aveu :
" Elle se fait aimer sans aimer elle-même.
" Un Maître lui fait peur. C'est le plaisir qu'elle aime,
" L'Homme est rude et le prend sans savoir le donner.
" Un sacrifice illustre et fait pour étonner
" Rehausse mieux que l'or, aux yeux de ses pareilles,
" La beauté qui produit tant d'étranges merveilles
" Et d'un sang précieux sait arroser ses pas. "
- Donc ce que j'ai voulu, Seigneur, n'existe pas. -
Celle à qui va l'amour et de qui vient la vie,
Celle-là, par Orgueil, se fait notre ennemie.
La Femme est à présent pire que dans ces temps
Où voyant les Humains Dieu dit : Je me repens !
Bientôt, se retirant dans un hideux royaume,
La Femme aura Gomorrhe et l'Homme aura Sodome,
Et, se jetant, de loin, un regard irrité,
Les deux sexes mourront chacun de son côté.
Eternel ! Dieu des forts ! vous savez que mon âme
N'avait pour aliment que l'amour d'une femme,
Puisant dans l'amour seul plus de sainte vigueur
Que mes cheveux divins n'en donnaient à mon cœur.
- Jugez-nous. - La voilà sur mes pieds endormie.
- Trois fois elle a vendu mes secrets et ma vie,
Et trois fois a versé des pleurs fallacieux
Qui n'ont pu me cacher a rage de ses yeux ;
Honteuse qu'elle était plus encor qu'étonnée
De se voir découverte ensemble et pardonnée.
Car la bonté de l'Homme est forte, et sa douceur
Ecrase, en l'absolvant, l'être faible et menteur.
Mais enfin je suis las. - J'ai l'aine si pesante,
Que mon corps gigantesque et ma tête puissante
Qui soutiennent le poids des colonnes d'airain
Ne la peuvent porter avec tout son chagrin.
Toujours voir serpenter la vipère dorée
Qui se traîne en sa fange et s'y croit ignorée ;
Toujours ce compagnon dont le cœur n'est pas sûr,
La Femme, enfant malade et douze fois impur !
- Toujours mettre sa force à garder sa colère
Dans son cœur offensé, comme en un sanctuaire
D'où le feu s'échappant irait tout dévorer,
Interdire à ses yeux de voir ou de pleurer,
C'est trop ! - Dieu s'il le veut peut balayer ma cendre,
J'ai donné mon secret ; Dalila va le vendre.
- Qu'ils seront beaux, les pieds de celui qui viendra
Pour m'annoncer la mort ! - Ce qui sera, sera ! "
Il dit et s'endormit près d'elle jusqu'à l'heure
Où les guerriers, tremblant d'être dans sa demeure,
Payant au poids de l'or chacun de ses cheveux,
Attachèrent ses mains et brûlèrent ses yeux,
Le traînèrent sanglant et chargé d'une chaîne
Que douze grands taureaux ne tiraient qu'avec peine,
La placèrent debout, silencieusement,
Devant Dagon leur Dieu qui gémit sourdement
Et deux fois, en tournant, recula sur sa base
Et fit pâlir deux fois ses prêtres en extase ;
Allumèrent l'encens ; dressèrent un festin
Dont le bruit s'entendait du mont le plus lointain,
Et près de la génisse aux pieds du Dieu tuée
Placèrent Dalila, pâle prostituée,
Couronnée, adorée et reine du repas,
Mais tremblante et disant : IL NE ME VERRA PAS !
Terre et Ciel ! avez-vous tressailli d'allégresse
Lorsque vous avez vu la menteuse maîtresse
Suivie d'un œil hagard les yeux tachés de sang
Qui cherchaient le soleil d'un regard impuissant ?
Et quand enfin Samson secouant les colonnes
Qui faisaient le soutien des immenses Pylônes
Ecrasant d'un seul coup sous les débris mortels
Ses trois mille ennemis, leurs Dieux et leurs autels ? -
Terre et Ciel ! punissez par de telles justices
La trahison ourdie en es amours factices
Et la délation du secret de nos coeurs
Arraché dans nos bras par des baisers menteurs !
Bon jeudi 💖
Quand on a un mari qui a fait du vélo, est fan de vélo, a participer à plusieurs étapes du tour, a fait des courses en amateur, m’embarque dans ses balades, m’initie à passer des vitesses, fait toujours du vélo, a un fils qui est aussi fan de vélo que lui (pas le second heureusement pour moi, ni ma fille), comment veux tu que je passe à côté du Tour de France. Tu penses bien que les étapes sont regardées à la télé et enregistrées quand il ne peut pas les voir en direct.
Qui dit mois de Juillet dit Tour de France. Dès que la carte est publiée, il zieute si les cyclistes passeront près de la maison. Ils sont à 2h de chez nous ? Qu’à cela ne tienne, on s’organise et on passe la journée à les attendre 😂.
Mais… quand la caravane passe, quand les coureurs arrivent, que tu entends les clameurs des gens qui montent, le bruit de l’hélicoptère, tu oublies que tu attendais depuis des heures et tu te laisses emporter par la liesse. Tu applaudis (c’est moi), tu cries (c’est lui à s’en casser la voix car il connait et reconnait les coureurs qui passent pourtant très vite devant lui), tu essuies furtivement une larme (c’est moi, satanée sensiblerie 😁), tu lèves les bras (c’est lui ) tu repères le maillot jaune (c’est moi)…Et voilà, c’est passé !
Tu refais le chemin en sens inverse, suivant l’endroit où tu es garé, tu marches en suivant comme des moutons les fans comme nous qui ont vécu la même chose, ont applaudi et crié comme nous.
Peut-être as-tu eu la chance d’attraper une casquette au vol et comme chaque année, tu vas la laver, on ne sait jamais, elle pourrait servir sous le casque si elle ne tient pas trop chaud. Tu ne vas pas (comme les enfants que tu croises) jusqu’à porter le maillot que tu as récupéré, si tu as eu de la chance, quand la caravane est passée. À la rigueur, il servira quand tu vas bricoler dans ton jardin 😉.
Une année de plus où nous avons vu les coureurs. Une année de plus où je me suis fait tirer l’oreille pour y aller, mais comment lui refuser ? Il met tellement de bonne volonté à trouver le meilleur endroit pour les voir parfaitement de loin se profiler ?
Et toi ? Passent-ils devant chez toi ? Les regardes-tu ? Aimes-tu ?
Mon jukebox m’a fait la tête. En effet, la semaine dernière, je ne l’ai pas sollicité. Voyons ce qu’il m’a trouvé pour vous mettre de bonne humeur 🎶🎶.
Nous voilà partis pour un week-end à Rome avec Etienne Daho, ça tombe bien c’est les vacances, allons-y !
Week-end à Rome – Etienne Daho (1984)
Week-end à Rome, tous les deux sans personne. Florence, Milan, s’il y a le temps. Week-end rital, en bagnole de fortune, variét’ mélo à la radio. Week-end rital, Paris est sous la pluie Bonheur, soupirs, chanson pour rire, chanson ritale. Humm, chanson ritale pour une escale.
Week-end à Rome afin de coincer la bulle dans ta bulle D’poser mon cœur bancal dans ton bocal, ton aquarium.
Une escapade à deux, la pluie m’assomme, l’gris m’empoisonne. Week-end à Rome pour la douceur de vivre Et pour le fun puisqu’on est jeunes Week-end rital, retrouver le sourire J’préfère te dire, j’ai failli perdre mon sang-froid. Humm, j’ai failli perdre mon sang-froid.
Oh j’voudrais, j’voudrais, j’voudrais coincer la bulle dans ta bulle Poser mon cœur bancal dans ton bocal, ton aquarium.
Il vento nei capelli, caro, accelera e alza la radio. Humm, la notte, la notte, humm, la notte, la notte. Humm, chanson ritale pour une escale.
Oh, j’voudrais tant, j’voudrais tant coincer la bulle dans ta bulle Et traîner avec toi qui ne ressemble à personne.
La notte, la notte La notte, la notte La notte, la notte La notte, la notte…
On enchaîne avec cette reprise que personnellement j’aime bien et toi ?
On part au soleil ?
Etienne Daho aime les duos notamment avec Dany ou Vanessa Paradis, lequel préfères-tu ?
Texte de Serge Gainsbourg, comme un Boomerang.
J’aime 💖
Ici c’est Etienne Daho qui chante du Vanessa paradis, toujours sur des paroles de Gainsbourg.
La coupe de Vanessa Paradis avait beaucoup fait parler 😂.
Je partage ici la partie de Tarot de Marie-Sophie. Si tu suis le journal de Marie-Sophie, c’est un flashback. Cette histoire n’avait pas été publiée sur ce blog, je l’avais écrit en 2019 sous le pseudo de Minibulle. Marie-Sophie ne date pas d’hier comme tu peux le constater. Aujourd’hui, elle n’habite plus dans le même village… Voir ici tu as toute l’histoire de mon héroïne 💖.
J’habite dans ce petit village depuis ma naissance. Je connais donc tout le monde. Je fais presque partie du paysage. Quand je suis entrée dans le bistrot de Clovis la première fois, je devais avoir cinq ou six ans. J’accompagnais papa qui aimait bien y aller boire son café vers seize heures entre deux rendez-vous.
C’est pourquoi Clovis me charrie toujours avec l’éternelle histoire que je n’ai toujours pas de fiancé. Tous les vendredis soir, il recevait chez lui, dans la salle du fond, un tournoi de tarot. Rien d’officiel, juste les amis du coin qui aimaient bien se rencontrer autour d’un verre. Les femmes exit, interdit. Pourquoi étais-je acceptée moi ? Tout simplement, parce que je n’étais la fiancée de personne. Je ne les surveillais pas s’ils buvaient trop de bière, de vin rouge. Je ne les enquiquinais pas avec leurs problèmes de poids, de foie, de tension. Bref, je leur foutais la paix et du coup, ils ne faisaient même pas attention à moi.
Les premières fois que j’ai assisté à leur partie de tarot, je n’ai rien compris. Là, je devais avoir quinze ans. Avant, le soir je n’avais pas le droit de sortir. C’est Charles qui m’y a emmenée.
— Ah ! te voilà petiote !
— Elle a quand même la quinzaine là, râlait Charles, c’est une jeune fille !
— Tu parles, elle a encore ses nattes ! riait Clovis.
J’aimais bien l’ambiance chaleureuse de cette salle. J’avais de la chance, personne ne fumait à l’intérieur. Clovis n’a donc eu aucun problème quand l’interdiction de fumer dans les lieux publics a été instaurée. D’ailleurs, il se vantait d’être en avance sur son temps, le bougre !
Charles s’installait avec ses partenaires habituels : Jojo, Pierrot et Lulu. C’est lui qui amenait son jeu. Toujours le même. Il ne l’oubliait jamais et quand l’un de ses comparses décidait de jouer avec le sien, Charles se mettait dans une colère noire. Je ne vous raconte pas le jour où Charles ne le retrouvait pas, il était pire qu’un lion dans sa cage. En fait, c’était Lulu qui lui avait piqué, un soir où il avait bu un coup de trop, il n’avait pas fait attention et était rentré chez lui sans son précieux jeu. Charles lui a fait promettre de ne jamais recommencer cette blague idiote, sinon c’en était fini de leur précieuse amitié. Il ne rigolait pas Charles.
Toujours le même rituel :
— Clovis, tu nous apportes de quoi boire ?
— J’arrive les amis. Un ballon de rouge pour Lulu, un de blanc pour Pierrot et deux bières pour Charles et Jojo, une brune et ambrée.
Ils faisaient durer le plaisir avec leur verre. Ils n’étaient pas de grands consommateurs d’alcool.
Et la partie commençait. Charles caressait son jeu, le présentait à ses amis, et commençait toujours à distribuer et c’est là que la première fois où je les ai entendus parler, je n’en crus pas mes oreilles et pris un fou rire mémorable. Enfin, c’est plutôt eux qui ont bien rigolé. Moi, j’étais plutôt genre, vexée.
— N’oublie pas de faire le chien !
Je regardais Charles et attendais. Pas un son ne sortait de sa bouche. Il ne devait pas aboyer ? Et pourquoi d’abord ?
— Petite !
— Garde !
Je me demandais de quoi ils parlaient. Il fallait garder la petite ? Mais de qui s’agissait-il ?
Je n’osais dire un mot et poser la question qui allait les déconcentrer. Peut-être qu’une gamine était en vacances chez eux. Je me triturais le cerveau. Charles n’avait pas d’enfants. Jojo et Pierrot n’avaient que des garçons. Quant à Lulu… peut-être que c’était lui !
— Bravo, tu as amené le petit au bout et tu avais les deux bouts en plus.
Je regardais Charles. Mais il avait donc un enfant finalement ? Il l’avait amené où ? Au bout de quoi ? Et puis il était assis pas debout.
Ils comptaient les points.
— Lulu, tu as encore oublié de dire « garde sans le chien » ou « contre le chien » ?
J’ouvrais de grands yeux et me baissais pour regarder sous la table. Où était passé ce chien dont il avait la garde ?
— Excuse ! c’était sans le chien !
— Non, tu ne l’avais pas l’excuse, tu avais les deux bouts, mais pas celle-là !
— Non, je disais que je m’excusais, riait Lulu.
Une autre partie recommençait. J’essayais de me concentrer. Il devait y avoir un truc que je ne pigeais pas.
— Petite.
Et voilà que c’était reparti. Je me levais de table.
— Où vas-tu petite ?
C’est à moi qu’il parlait Charles ? Et c’est de moi qu’il parlait aussi tout à l’heure quand il disait qu’il m’avait amenée au bout ? Mais non, j’ai bien entendu « tu as amené le petit au bout ».
Histoire de voir un peu leur réaction, je répondis à Charles.
— Au bout !
Les quatre hommes me regardèrent complètement ahuris.
— Au bout de quoi ?
— Mais je n’en sais rien, moi, vous n’arrêtez pas de dire que vous avez amené le petit au bout, alors je dis pareil.
Ils éclatèrent tous de rire. Vexée, je tapais sur la table.
— Qu’est-ce que j’ai dit de drôle ?
Ils en pleuraient. Ils sortaient tous leur mouchoir à carreaux et s’essuyaient les yeux. Jojo appela même Clovis pour qu’il apporte une nouvelle tournée.
— Ne te fâche pas petiote ! On va t’expliquer. Le petit, c’est le 1 et c’est un atout important. Il rapporte des points si on l’amène au bout de la partie sans qu’on le ramasse. Quand on a les deux bouts, le 1 et le 21 on est costaud. C’est là qu’on annonce « petite » ou « garde ».
Je maugréais malgré moi et me rassis sur ma chaise.
Jojo distribuait les cartes.
— Mais fais attention, t’as encore oublié le chien. Quand même, tu es distrait ce soir, tu penses à ta belle ?
— Tu as un chien Jojo ? demandais-je doucement.
Il reposa le jeu et à nouveau de grands éclats de rire retentirent dans la salle.
— Excusez-moi, mais je ne comprends rien !
— T’excuse pas ! Au fait, c’est aussi un atout, l’excuse !
J’avais quinze ans. Aujourd’hui, je frôle la trentaine et je joue avec eux. Ils ont vieilli, mais ils sont toujours aussi doués. On joue à cinq et les règles du jeu de tarot n’ont plus de secret pour moi. Ah ! j’oubliais, j’emmène mon chien avec moi ! Un vrai ! C’est moi qui en ai la garde.
Percé jusques au fond du cœur
D’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d’une juste querelle,
Et malheureux objet d’une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
Ô Dieu, l’étrange peine !
En cet affront mon père est l’offensé,
Et l’offenseur le père de Chimène !
Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s’intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maîtresse :
L’un m’anime le cœur, l’autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
Ô Dieu, l’étrange peine !
Faut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ?
Père, maîtresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L’un me rend malheureux, l’autre indigne du jour.
Cher et cruel espoir d’une âme généreuse,
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer qui causes ma peine,
M’es-tu donné pour venger mon honneur ?
M’es-tu donné pour perdre ma Chimène ?
Il vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu’à mon père :
J’attire en me vengeant sa haine et sa colère ;
J’attire ses mépris en ne me vengeant pas.
À mon plus doux espoir l’un me rend infidèle,
Et l’autre indigne d’elle.
Mon mal augmente à le vouloir guérir ;
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu’il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène.
Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l’Espagne impute à ma mémoire
D’avoir mal soutenu l’honneur de ma maison !
Respecter un amour dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N’écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu’à ma peine.
Allons, mon bras, sauvons du moins l’honneur,
Puisqu’après tout il faut perdre Chimène.
Oui, mon esprit s’était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu’à ma maîtresse :
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l’ai reçu.
Je m’accuse déjà de trop de négligence :
Courons à la vengeance ;
Et tout honteux d’avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu’aujourd’hui mon père est l’offensé,
Si l’offenseur est père de Chimène.
Je me rappelle l’avoir appris, répété et re-répété toute seule jusqu’à le connaître sur le bout des doigts sans me tromper et ça a payé. Je me souviens aussi que j’étais debout face à mon professeur de Français et à la classe, d’un coup le silence s’était fait. J’avais le cœur qui battait à 100 à l’heure et les mains qui devenaient moites 😂.
Et toi as-tu des souvenirs de récitations, poésie voire même de pièce de théâtre ?
Je ne dirais pas que jouer est ma passion mais bon… je ne te parle pas de jeux d’argent, non plutôt jeux de société en famille ou en solitaire sur …le téléphone.
Je reprends depuis le début 😀. Il y a de ça quelques années 😂 (on dirait le début d’un film de Shrek, dans un pays fort fort lointain 😉) je jouais. À quoi ?
Aux petits chevaux. J’attendais toujours avec impatience le 6 pour commencer. J’ai joué avec mes parents et ma grand-mère. Le temps a passé et ce jeu a débarqué à la maison avec mes enfants. Les jeux de société ont toujours une belle place chez nous.
J’ai appris à jouer à la bataille, à la manille, au mariage (avec mon papa) puis plus tard, changement de région, à la belotte et au rami. Là encore, cette passion a été partagée avec les enfants. Avec Monsieur Chéri et les enfants, nous avons même participé à des concours de belotte.
Ma fille, au lycée, mais nous l’avons appris plus tard quand elle a redoublé sa seconde 😂, passait son temps à jouer à ça 👇
J’ai eu un peu de mal à comprendre ce jeu, d’ailleurs, j’en ai même écrit une histoire avec Marie-Sophie (que je n’ai toujours pas rapatrié ici ), mais il arrive que nous y jouions.
J’aime aussi ça 👇
Je me souviens des parties en famille pendant les vacances. Il faut que je te dise que je n’aime pas perdre que ce soit à n’importe quel jeu😂.
Je ne te parle même pas de ça où là c’était carrément la guerre 😂
Ah cette rue de la paix quand on y tombait dessus ! Monsieur Chéri déteste ce jeu. Avec les enfants, c’était les colères assurées. J’avais beau tenter d’instaurer des règles, rien à faire et le pire de l’histoire est que je devenais aussi mauvais joueuse qu’eux quand je perdais. Comment veux tu être crédible ? 😂
Bref, aujourd’hui, il y de nombreux jeux où nous pouvons jouer à deux comme 👇
ou
Ici les règles sont compliquées et le temps de tout comprendre et installer, il est temps de faire autre chose 😂.
Dixit est un super, juste un mot pour faire découvrir ta carte 👇 et il existe des extensions. Les dessins sont magnifiques. J’aime beaucoup.
Celui-là aussi me plait énormément 👇
Et puis il y a ça 😂🙄 satané téléphone 😂
Candy Crush
Ou ça 👇
Seekers Note
Celui-ci est ludique, les décors sont magnifiques. Il s’agit de trouver des objets dans des scènes.
Bon, on est loin de la marelle dans la cour de récréation et de la corde à sauter 😂
Bon mercredi et amuse-toi bien. À quoi joues-tu toi ?