Monsieur Chéri a taillé les arbres et ça lui a pris pas mal de temps. Tailler, ramasser, aller à la déchetterie, bref le jardin a revêtu son habit d’hiver. Il était comme ça avec ses feuilles qui tombaient …
Le voilà aujourd’hui !
Vue de la terrasse 👇
Voilà ce qu’il reste, tu vois ma fenêtre de bureau, le fauteuil fabriqué par Monsieur Chéri, mon bégonia rouge, un hortensia encore fleuri.
L’adresse indiquée nous amena à une maison délabrée. Elle devait pourtant être habitée, il y avait des rideaux, certes un peu fanés, aux fenêtres.
Théo frappa et une femme vint rapidement nous ouvrir. Elle était jeune et jolie. Comment pouvait-elle loger dans un endroit aussi triste ?
— Commandante Angèle Merlin et voici le capitaine Théo Kawas. Pouvons-nous entrer ?
À ce moment précis, une cavalcade retentit et un homme s’enfuit en courant par la porte de derrière. Aussitôt Kawas le poursuivit. J’entendis un bruit de moto pétarader et je vis mon collègue revenir vers nous.
La jeune femme nous invita à entrer.
— Il ne faut pas lui en vouloir, depuis qu’il a été pris en flagrant délit de vol à l’étalage, Timothée a peur des Fl… de vous, se reprit-elle en rougissant. C’est mon copain. Nous vivons ensemble depuis quelque temps. Je sais qu’il n’a pas eu beaucoup de chance dans sa vie, mais je vous assure qu’il a changé.
Je me rendis compte qu’elle était enceinte. Elle avait suivi mon regard.
— Ça fait 4 mois. C’est un petit garçon.
Théo et moi nous nous regardâmes. Je posai quand même la question qui me taraudait.
— Votre compagnon fait-il de l’escalade ?
— Oui, il en est fou. Il s’entraine avec François Destrée.
— Il n’a pas eu d’accident récemment ?
— Non pourquoi ? Je vous offre quelque chose à boire ? J’ai du café tout chaud.
Elle était adorable et un coup d’œil dans la pièce me rassura. C’était impeccable. L’extérieur ne payait pas de mine, mais l’intérieur semblait confortable. Elle dut lire dans mes pensées parce qu’elle me dit :
— Nous versons un tout petit loyer. Quand nous aurons plus d’argent, nous essayerons de la retaper. Je travaille, vous savez. Timothée, pas encore, parce qu’on ne lui fait pas confiance, mais ça va venir, j’en suis certaine.
Un nouveau bruit de moto se fit entendre. Timothée revenait. Il descendit de son engin et nous rejoignit tout penaud.
— Désolé ! Je ne sais pas pourquoi vous êtes là, mais j’ai eu la frousse et j’ai décampé. Je me suis arrêté un peu plus loin et je me suis dit que j’étais un taré de faire ça, je n’ai rien à me reprocher. Alors, j’ai fait demi-tour. Vous vouliez me parler ?
Il n’était pas celui qui m’avait apostrophée au commissariat près de ma moto.
— Connaissiez-vous Philippe Peton ?
— Bien sûr ! Nous étions en foyer ensemble avec Joseph Gardon. Les trois mousquetaires qu’on nous appelait.
Il ne semblait pas être au courant de la mort de son ami. Quand il l’apprit, il pâlit, mais ne dit rien.
— Où étiez-vous ce matin vers 6 heures.
— Ici, je dormais avec Lisa. Je me suis levé vers 7 heures et demie, je suis allé acheter des croissants et nous avons pris le petit déjeuner. La boulangère pourra vous le confirmer.
— Je vous donne le ticket de caisse si vous voulez, dit Lisa.
Ce qu’elle fit rapidement et expliqua :
— Je tiens les comptes vous savez, mais le week-end, nous nous faisons ce petit plaisir.
— Auriez-vous une idée de qui aurait pu faire ça ?
— Je sais qu’il avait cambriolé le directeur de banque et que celui-ci l’avait reconnu. Mais, je ne le vois pas le tuer. Il est gentil François. Il m’a promis de me trouver du boulot.
— Comment le savez-vous ?
— C’est Joseph qui me l’a appris. Ils étaient ensemble.
Lisa s’en mêla :
— Je t’ai déjà dit de ne plus le fréquenter, il n’est pas sympa, et surtout quand il est avec l’autre là… Moïse, je ne connais pas son nom. Heureusement qu’il ne sait pas que nous habitons ici, il me fait peur.
— Avez-vous une photo de cet individu ?
Ils firent non de la tête ensemble. Pourtant Lisa, donna un coup de coude à son compagnon et remarqua :
— Mais tu as son numéro, il t’a appelé l’autre jour.
Timothée chercha sur son portable.
— Je pense que c’est celui-ci. Vous avez de la chance, je n’ai pas beaucoup d’amis.
— Pour quelle raison vous avait-il contacté ?
— C’était pour Joseph, il est dingue de moto. Il me demandait où j’avais acheté la mienne. Je lui ai dit que je l’avais eue chez le mécanicien où Joseph va trainer tout le temps et ça l’a rendu fou.
Théo et moi nous regardâmes. À nouveau Lisa donna un coup de coude à son compagnon, Thimothée ajouta :
— J’ai cru comprendre qu’ils avaient besoin de ça pour…
Il hésita.
— En fait, je n’en suis pas certain et je ne voudrais pas qu’il nous arrive des histoires. Moïse, c’est un fou. Il ne recule devant rien. Lisa peur de lui et elle a raison. Il ne doit pas savoir que nous habitons ici. Je devais lui prêter ma moto et…
Lisa sursauta et l’apostropha :
— Tu ne m’en avais pas parlé, tu l’as revu ?
Penaud, Timothée expliqua qu’il s’était croisé en ville.
— Si ça se trouve, il te surveille. Je ne veux plus rester ici.
Lisa paniquait et Timothée ne savait plus quoi faire. J’entendis alors une voiture. Je leur intimais de se taire et d’aller se cacher. Je saisis mon arme et mon collègue fit de même.
Un homme arrivait et je reconnus celui qui m’avait apostrophée devant le commissariat. Il était aussi celui que j’avais croisé dans les bois. Il s’approchait de la porte. Je fis signe à Théo de sortir, il n’était pas connu de lui. Il rangea son pistolet et lui fit face. Surpris parce qu’il s’attendait sans doute à voir Timothée, il recula.
— Je peux vous aider ? demanda Kawas.
Ces mots avaient à peine franchi ses lèvres que le garçon prenait ses jambes à son cou. C’était sans compter sur la réaction du capitaine qui le rattrapa en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. L’homme se trouva ceinturé en quelques secondes.
Je te partage une de mes toutes dernière lectures. Je te la conseille d’une part parce que j’aime bien l’écriture de Jenny Colgan, d’autre part parce que c’est une histoire touchante, même si au départ, le sujet est grave.
Huit-cents kilomètres les séparent, et autant de différences… Elle, c’est Lissa, infirmière londonienne à la vie sociale trépidante. Lui, c’est Cormac, solitaire soignant écossais dont l’unique confident s’appelle Ned, un hérisson. Ils ne se connaissent pas mais à la faveur d’un programme d’échange professionnel, ces deux-là vont tout troquer : patients pour patients, chambrette pour cottage… L’occasion pour elle de se remettre d’un traumatisme ; pour lui, de s’ouvrir au monde. L’occasion surtout de réaliser qu’entre rat des villes et rat des champs, la différence n’est pas si grande qu’on croit…
Lissa habite à Londres, est infirmière aux urgences et assiste à un accident dont elle devra relater les circonstances au tribunal. Un gamin est mort, elle a tout vu. Elle ne se remet pas de ce traumatisme, d’autant plus qu’elle connaissait bien la famille.
Cormac est en Écosse, il est soignant et propriétaire d’un un joli cottage et n’aime pas particulièrement la ville. Dans son village, tout le monde se connait et une jeune fille, bien malade, a besoin d’une greffe du cœur pour survivre.
Pour guérir de ce choc, la direction de Lissa lui propose un échange pour travailler toujours en tant qu’infirmière mais dans un autre endroit. Même si elle se sent frustrée et pense qu’on la punit, elle accepte.
Quant à Cormac, pourquoi ne pas échanger avec une collègue londonienne, afin de progresser dans sa carrière. Après hésitation et poussé par ses amis, il donne son accord même s’il a l’impression d’abandonner ses patients.
Cormac et Lissa ne se sont jamais rencontrés. Elle arrive donc dans son cottage en Écosse, il s’installe dans le foyer d’infirmiers à Londres.
Tous deux ont du mal à s’habituer. L’une, à la tranquillité et à la curiosité des habitants du village qui ne voient pas d’un bon œil débarquer une anglaise, londonienne de surplus. L’autre, à la vie trépidante de Londres, le bruit et la familiarité des collègues ravis de rencontrer ce bel écossais.
Ils vont tous deux correspondre par mail pour discuter de leurs patients respectifs. C’est ainsi que Lissa apprendra qu’une jeune fille a reçu une greffe de cœur et qu’elle est sauvée. Les habitants craignent un peu cette infirmière qui ne parle pas beaucoup, mais qui est si jolie. Elle se fera pourtant des amis parmi eux.
Quant à Cormac, il fera la connaissance de la meilleure amie de Lissa et sortira dans Londres. C’est d’ailleurs lors d’une de ces sorties qu’il se fera remarquer grâce à un massage cardiaque. Il ne sent pas l’âme d’un héros pourtant !
Ce qui est amusant c’est que chacun est au courant de ce que pensent les gens, le phénomène des réseaux sociaux est intraitable. Cormac sait donc comment se comporte Lissa et vice-versa. Ils discutent par mail, mais ne se sont jamais appelés. Les voix de chacun leur sont inconnues.
J’ai beaucoup aimé les échanges et les vies de chacun au même instant à deux endroits très différents et je n’ai pas été gênée par les deux histoires. Lissa apprécie la nature, les fleurs, la campagne et parvient pour son plus grand bien à se couper des réseaux sociaux. Cormac apprend à s’habiller pour sortir dans les bars branchés londoniens, à se diriger dans la foule et connaitre les bouchons sur la route.
Lissa devra revenir à Londres pour témoigner. Est-elle remise de son traumatisme ? Cormac sera-t-il là pour l’accueillir ? La vie se permet parfois de jouer des tours à ces deux héros et un chassé-croisé aussi amusant que stressant pour le lecteur sera redoutable surtout quand le hasard s’en mêle.
Je te laisse découvrir ce roman et les messages qu’on devine au fil des pages. Tu passeras un bon moment.
Comment vas-tu Monsieur Lundi ? Comment ça il ne fait pas chaud ! Mais c’est l’automne tu sais. Prêt pour que je te raconte ma semaine passée ? Allons, ne fais pas ton grincheux, d’habitude c’est moi la grincheuse 😏😁.
Parfois, il est nécessaire d’être un peu seul(e) afin d’entendre sa propre voix intérieure. Alors, n’aie pas peur d’un peu de solitude, vis-la comme un cadeau. [Agenda parole de sorcière].
Plante magique de la semaine : le cyclamen des fleuristes. Autrefois, il se disait qu’une femme enceinte qui marche sur un cyclamen avorterait et que ceux qui mangent des gâteaux à base de cette plante tomberaient éperdument amoureux. Ajouté au vin, le cyclamen rendait totalement ivre. [Marie d’Hennezel].
(●’◡’●) Humeur et Moral : Rien à signaler. Le temps n’est pas beau, mais je fais avec et je ne me plains pas, nous n’avons pas chez nous d’inondation.
◑﹏◐ Sport : Nous avons repris l’aquabike à la piscine. Cette fois, pas de cours, juste la location des vélos pendant une demi-heure. Ensuite, nage dans les bassins, c’était bien. Nous y sommes allés pendant le midi, la matinée et l’après-midi jusqu’à 16 h, elle est ouverte pour les scolaires.
C’était tranquille.
Reprise aussi du vélo, 22 km. Il faisait beau, mais froid. J’ai renfilé le cuissard long et la veste. J’ai fait également de la marche le matin avant le petit-déjeuner, du vélo elliptique et du vélo en salle quand il pleut.
Semaine assez chargée en sport comme tu peux le voir, mais ça fait du bien et vide la tête.
[✿◠‿◠] Blog et écriture : Comme tu as pu le constater, j’ai terminé l’histoire de ma petite sorcière. J’imaginais y arriver pour la fin octobre, mais mes personnages m’ont emmené un peu trop loin. Bref, je suis ravie d’avoir pu aller au bout et ma foi, je suis assez fière de mon épilogue. N’hésite pas à me dire ce que tu en as pensé si tu l’as lu.
Le mois de décembre approche et comme chaque année, chaque jour, tu auras droit à une fenêtre du calendrier de l’avent. Pour cela, il est temps que je m’y mette. D’autant plus, que je continue mon policier et Marie-Sophie.
Je ne vais pas tarder également à écouter mes playlists de Noël 😁.
Tu te rends compte que ça fait déjà 3 ans que je tiens ce blog. Les années passent vite, je pense qu’il a évolué et surtout, je suis beaucoup plus régulière pour publier ce qui n’était pas le cas au début.
[⓿_⓿] Télé : As-tu regardé la nouvelle série policière avec Muriel Robin ? Mastercrimes, quand le crime fait école. Muriel Robin dans ce rôle est amusante, elle est une criminologue qui donne des cours, elle est très peu conventionnelle et ne respecte pas les lois, un comble ! J’ai beaucoup aimé. Le duo formé avec Anne le Nen qui campe le capitaine de police change de l’ordinaire.
Deux émissions de variétés vendredi et samedi soir, c’est Monsieur Chéri qui en a fait une tête ! 😂. Les Energy Music Awards et Star Academy, évidemment que j’ai regardé les deux 😉 et je me suis régalée. Chanson de l’année Secret par Louane, elle est dans ma playlist depuis le début. Très jolie chanson et très beau texte.
1re sortie d’un élève de la StarAc 😉, ben oui, ils le savent tous qu’il n’en restera qu’un dans 3 mois ! Je suis quand même scotchée par ces jeunes qui dansent et chantent comme s’ils avaient fait ça toute leur vie alors qu’il y a une semaine, ils étaient inconnus et chantaient dans leur salle de bain 😁. Et je ne peux m’empêcher de dire je ne sais pas si à leur place, j’arriverais à faire ça ! et toujours la même réponse de monsieur Chéri ou un de mes enfants s’ils sont là, Mais on ne te le demande pas maman ! 😂.
[. ❛ ᴗ ❛.] Lectures : J’avoue, je n’avance pas vite. Je ne lis que le soir et je suis toujours sur La charmante librairie des amours lointaines de Jenny Colgan. C’est bien et je prends mon temps.
Sais-tu que Le Templier de l’ombre tome 2 de Mireille Calmel est paru ? Comment ne pas l’acheter alors que je suis une grande fan de Mireille Calmel ?
Et qu’ai-je trouvé d’autre ? Je pense que celui-ci manquait à mes lectures de cette auteure, disparue maintenant, c’est bien ce roman paru pour la toute première fois aux éditions Juliard en 1974. Une réédition aux éditions Recamier.
La photo a été prise la semaine dernière, aujourd’hui le ciel est tout gris et il pleut.
Exit les belles de nuit, les asters, les roses. Bientôt, les arbres seront taillés et il n’y aura plus que quelques branches qui se tendront vers le ciel.
Reste la sauge qui s’étend toujours à qui mieux mieux.
Et sur la table de la terrasse, mon bégonia rouge qui fleurit toujours et m’offre de nouveaux boutons.
Bientôt, je te partagerai le jardin avec les arbres taillés. Ce n’est pas ce que je préfère mais il faut en passer par là pour qu’au printemps les érables s’épanouissent au mieux.
Et toi, si tu as un jardin, comment se comporte-t-il ?
Voici la fin de l’histoire. Décembre avance à grands pas et je me devais d’être prête pour te préparer comme l’an dernier, mon calendrier de l’Avent dès le 1er décembre.
Arthus se hérissa et doubla de volume puis il sauta au sol pour aller se planquer sous un meuble. Le regard de Charlie étincela et un écran de glace se matérialisa autour d’elle. Stupéfait, Joe voulut s’en approcher, d’un geste, elle le statufia.
Arthus se coucha et posa ses pattes sur les oreilles.
Je vis le grand sorcier tendre les bras vers ciel et lever la tête et j’eus peur. La colère de Straurius était légendaire et je craignais pour Stefano et Héloïse, mais stupéfaite, je découvris mon père baisser les bras et un sourire se dessiner sur ses lèvres.
Je compris à son visage qu’il parlait avec quelqu’un, mais je ne pouvais pas entendre ses paroles.
— Enfin, tu acceptes de discuter, Shearah !
Charlie usait de tout son pouvoir pour forcer le sorcier à l’écouter. Elle réussit à franchir toutes les barrières de son esprit pour lui parler.
— Straurius, je t’en prie, tu ne peux pas me séparer de ma fille.
— Il n’en a jamais été question, Shearah, pour qui me prends-tu ?
Interdite, elle faillit perdre sa concentration. Elle l’entendit rire.
— Allons, allons, ne te donne pas autant de mal, si tu es parvenue à m’atteindre, c’est que j’étais d’accord. Te rappelles-tu notre connexion hors norme ? Tu es une très grande sorcière Shearah, c’est pour cette raison que je t’en ai autant voulu. Héloïse a les mêmes dons que toi, peut-être davantage, c’est une nouvelle génération qui arrive !
Voici ce que je te propose : Viens la rechercher, pas besoin de Senu pour la ramener, elle et son petit compagnon. Il aurait suffi que tu me fasses confiance et me le demandes, j’aurais accepté. Crois-tu que je sois devenu un monstre ?
— Me laisseras-tu repartir ?
— À une condition, Shearah.
— Laquelle ?
— Ne sois donc pas si inquiète ! Tu devais bien te douter qu’il y aurait un prix à payer, celui-ci ne sera pas difficile. À chaque pleine lune, tu devras quitter ton monde pour passer quelque temps dans le nôtre. J’espère que tu n’as pas oublié que tu es la fée des oiseaux ? Je ne peux pas pallier ton absence. J’ai fait ce que j’ai pu ainsi que mon adjoint Harow et…
Il s’interrompit et respira plus vite. Il venait de l’entendre rire. Qu’il lui avait manqué ce son cristallin qu’elle seule possédait. Il reprit :
— Pourquoi ris-tu ?
— Harow ? Ton adjoint ? Est-il toujours aussi étourdi ?
Straurius riait. Je n’arrivais pas à en détacher mes yeux. Il avait constamment un air impassible et grave avec nous. Qui donc avait un tel pouvoir ?
— Ta tante.
Je n’avais pas vu ma mère se matérialiser.
— Ma sœur a toujours eu une grande complicité avec son beau-frère. Elle seule parvenait à lui faire perdre cet air, d’ailleurs, elle s’en moquait ouvertement.
Je me demandai quel lien pouvait-il y avoir entre mon père et elle et pourquoi, s’ils étaient si complices, avait-il choisi sa sœur.
Je n’avais pas verrouillé mon esprit et je vis Isaulya sourire.
— Il n’a jamais été amoureux d’elle, c’est un beau roman d’amité entre eux. Il m’a préférée parce qu’il m’aimait tout simplement.
— Tu n’as jamais été jalouse d’elle ?
Elle arqua ses sourcils impeccablement dessinés.
— Quel horrible mot, Elsbeth Isobel ! Dois-je te rappeler que ce sentiment est banni de notre monde ? J’aime ma sœur et j’ai respecté son choix. J’espère qu’elle va accepter ce que va lui demander ton père.
Surprise, je compris qu’elle savait ce qu’ils se racontaient. Une fois de plus, elle répondit à ma place. Décidément, je devrai faire d’énormes progrès pour interdire l’intrusion dans mon esprit.
— Je les connais tous les deux et ils étaient très forts à ce jeu. Je me doutais bien qu’elle allait lui parler par ce biais.
— Tu n’as pas répondu à ma question ? Acceptes-tu ma demande ?
— Il semble que je n’ai pas le choix pour revoir ma fille.
— Shearah, suis-je donc si horrible ? C’est l’autre monde qui t’a rendue si négative ?
— C’est d’accord, je reviendrai à chaque pleine lune et assisterai à la grande célébration parce que j’imagine qu’elle existe toujours.
— Tu seras alors une sorcière chez les humains, je te l’accorde, mais jamais tu ne devras le révéler. Tu pourras continuer à pratiquer à chaque nouvelle lune et à chaque pleine lune, je t’attendrai. Concernant l’éducation d’Héloïse, je compte sur toi pour en faire une sorcière digne de ce nom. Nous patienterons jusuq’à ses 10 ans pour que tu l’emmènes avec toi. D’ici là, tu ne lui parles de rien et je souhaite qu’elle oublie tout ce qui s’est passé ces jours-ci. De même pour ton compagnon, fais le nécessaire pour qu’il ne sache plus qui tu es. Tu reprends ta vie normalement avant notre venue. Ah ! j’oubliais… concernant ce livre… je te laisse libre de ton choix pour le petit Enzo… Je sais que tu es une grande sorcière pleine de bon sens et de ressources. Autre chose, en tant que dame des oiseaux, tu aurais pu faire confiance à Senu.
Elle l’entendit rire. Elle crut que c’était terminé, mais il reprit :
— Je t’attends, viens donc chercher ta fille
Il ferma son esprit. Elle ne put lire à quel point il était heureux et le sentiment étrange qui l’habitait.
Arthus sortit de sa cachette et sauta sur son épaule. Dès lors, elle sut qu’il l’accompagnerait. L’écran de glace se brisa. Elle embrassa Joe longuement et tendrement. Il ne la vit pas disparaitre. Pour lui, c’était une journée comme les autres. Il rejoignit son tracteur et reprit ses activités comme si de rien n’était.
Heureusement que Stefano s’était effondré épuisé sur le lit, il ne vit pas apparaitre Shearah que lui appelait Charlie. Qu’elle était jolie avec cette robe de sorcière !
Je regardai ma mère lui tendre les bras et essuyer furtivement une perle de diamant. Héloïse ébahie de découvrir sa maman ainsi était subjuguée par sa beauté.
Je me tournai vers mon père.
Pas un muscle de son visage ne bougeait. Shearah s’inclina devant lui. Il restait le grand sorcier de notre monde, elle lui devait le respect.
Arthus sauta dans mes bras et se mit à ronronner de contentement. Machinalement, je le caressai.
Il devait être sacrément chamboulé Straurius pour laisser ainsi ouvert son esprit. Je captai aussitôt sa joie de retrouver Shearah… je sentis aussi leurs battements de cœur à l’unisson… ça ne dura qu’un instant, l’esprit se ferma à double tour. Je compris que c’était un secret et qu’il ne devrait jamais être dévoilé.
Shearah saisit sa fille, Stefano tombant de sommeil ne sut pas ce qu’il lui arrivait.
Straurius posa la main sur l’épaule de Shearah, leurs yeux se soudèrent, puis il murmura : va et n’oublie pas ta promesse. Nous t’attendrons.
Isaulya se joignit à son mari et Shearah disparut emmenant avec elle les enfants.
Je sentis la détresse de mon père, elle ne dura qu’un instant, mais assez pour que je la ressente. Il saisit les doigts de ma mère et les baisa.