BIC pour l’Agenda Ironique

Bonjour toi 😉

Me revoilà avec le nouveau sujet de l’Agenda Ironique qui se passe chez Sabri Na . En bref, Sabri Na nous propose et ce jusqu’au 26 septembre de parler d’un souvenir d’école réel, inventé, fictif, douloureux, absurde, drôle… Tout est écrit chez Sabrin NA et c’est là aussi que tous les textes seront partagés.

Voici donc ma participation :

Je m’appelle BIC. Je sais que tu penses que je suis un stylo. Oui, mais pas n’importe lequel et surtout pas comme celui qui est jaune avec un capuchon bleu. Moi je suis beau, rouge et brillant avec une plume (j’aurais pu m’appeler Geronimo, mais BIC c’est plus court). Je ne tombe jamais en panne, pas comme les autres qui d’un coup coupe le rythme de l’écriture et se retrouve direct à la poubelle après d’infructueux essais pour le faire redémarrer, en le grattant sous le pied, en soufflant sur la mine, en gribouillant de plus en plus fort sur le papier quitte à tout déchirer, bref ! Non, moi elle me recharge dès qu’elle sent que je vais être à sec, d’une belle encre turquoise que tous m’envient.

Elle m’a eu en cadeau parce qu’elle avait réussi son BEPC, traduis Bic En Pleine Course. Elle m’aime et je ne la quitte jamais, même si j’avoisine les crayons qu’elle utilise parfois. Je fais ami-ami avec eux, mais j’avoue faire le rapporteur quand l’un deux, bave. Quelle horreur !

Les années passent et j’en ai assisté à des cours de toutes sortes. J’en ai écrit des lignes et des mots que même elle ne comprenait pas toujours. Je me souviens du mot HELP que j’avais écrit alors que c’était LP, elle m’a tellement raturé que j’en ai fait une tâche. Quelle vexation ! J’entendais déjà les crayons qui blablataient sur mon dos. De colère, j’ai fait en sorte que le tube de colle se renverse sur eux. Malin ! Il fallait les voir tous agglutinés les uns contre les autres, j’en ris encore. Elle beaucoup moins !

Je me souviens d’un jour où j’ai eu la CROUS de ma vie. Je tressautais dans son sac, elle courait tellement vite parce que la grille allait fermer. Le pion lui avait fait remarquer que la prochaine fois elle resterait dans la rue. C’était l’année de son Bonbon Tout Sucré. Elle avait la fâcheuse habitude de me glisser derrière son oreille comme un vulgaire crayon à papier. Je craignais de mettre de l’encre partout, mais elle s’en moquait. Elle me reprenait, parfois me mordillait le bouchon, j’adorais ça !

Et le jour où tout content, j’ai écrit ZEP, j’espérais rencontrer l’auteur de Titeuf. Ah tu parles, il s’agissait d’une Zone Éducation Prioritaire, j’en suis restée comme deux ronds de flan. Non, mais je te jure, ça ne se fait pas des trucs pareils ! Quelle idée, il devrait râler pour usurpation d’identité.

Aujourd’hui, je suis vieux. Je trône sur son bureau et c’est encore moi qui signe tous les papiers. J’ai malheureusement dû changer la couleur de mon encre, et passer au noir, c’est plus administratif, parait-il !

Elle m’appelle toujours BIC, diminutif de Bichou. Un petit nouveau est venu me rejoindre, il s’appelle PILOT et fait du roller, il n’a pas de plume, il ne se recharge pas mais change tout le temps, je n’arrive pas à savoir si c’est lui ou un autre. Aucune personnalité le gonze !

À très vite…

Agenda ironique – Août

Bonjour toi 😉

Les consignes sont ici chez Gibulène. il est question de cigales qui papotent dans un camping. Les mots à caser : calinotade, patito, cabinets, et fada.

Voici donc ma participation et n’hésite pas à aller lire les autres textes toujours chez Gibulène.

Les cigales du pin

La scène se passe en Provence où le tournage d’un documentaire dans un camping commence.

— Action !

— L’homme de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses enfants.

Crii crii cri

— Coupez ! Quel est ce bruit ? Impossible de tourner.

Le réalisateur était furax. Même avec le casque sur les oreilles, il n’entendait que ça. Il invectiva l’acteur.

— Vous m’aviez promis qu’il n’y aurait pas de bazar ici, que c’était un coin tranquille et blabla bla.

Crii Crii Crii

— C’est la Provence, peu chère.

— Peu chère peu chère, vu le prix du sandwich pour le déjeuner et vous croyez que ça ne coûte rien ce temps perdu ?

Un peu plus loin sur un banc, deux vieux appuyés sur leur canne contemplaient la scène et commentaient.

— Quel fada ce Parisien, il n’a pas reconnu le bruit des cigales.

Celles-ci cachées dans le grand pin qui ombrageait l’endroit riaient sous cape et plus elles riaient, plus elles cymbalaient.

— Qu’est-ce qu’il a cru le grand réalisateur venu de la capitale, que nous allions arrêter de chanter parce qu’il tournait dans le Camping Paradis ?

— Regarde-le… il appelle le maire pour nous faire taire.

Elles éclatèrent de rire. Le temps n’était pas venu où le maire ferait taire les cigales. Personne ne s’y était frotté, par contre leurs ailes l’une contre l’autre s’en donnaient à cœur joie.

Crii crii crii.

L’un des papy appela l’acteur en faisant de grands signes avec sa canne ce qui eut le don de mettre encore plus en colère le réalisateur.

— Mais où allez-vous ? J’ai un reportage à tourner, moi !

— Dis-lui à ton parisien que c’est les cigales qui chantent. Dans son cabinet de la capitale, personne ne lui avait dit ? Il faut tout leur apprendre à ces parigots, remarqua le vieux monsieur.

Crii crii crii

— J’ai bien essayé de lui faire entendre raison, mais il n’a rien compris.

— Calinotade, affirma le papy, les Parisiens savent tout à ce qu’ils disent.

— Et toi tu es du pays mon gars ?

— Pour sûr qu’il l’est, répondit une des cigales du haut de son arbre, c’est le patito de la Nelly, celle qui élève des chèvres. Elle nous aime, elle !

Crii Crii Crii

— Dès qu’elle ouvre ses volets, elle tend l’oreille pour savoir si elle nous entend.

Le réalisateur remettait son casque et lança son sempiternel Action et il hurla en levant la tête vers le grand pin

— C’est valable pour vous aussi. Taisez-vous, juste le temps de ma prise. Après, vous pourrez chanter tout l’été. D’ailleurs, je ne sais pas si vous rappelez, mais la cigale ayant chanté tout l’été se trouva fort dépourvue quand l’hiver fut venu. Alors, hein, réfléchissez si vous ne voulez pas qu’il vous arrive encore des misères. Les fourmis ne sont pas prêteuses.

— Ah il ne va pas nous remettre ça sur le tapis, fanfaronna l’une des cigales.

— Quand même il a raison, remarqua l’autre, ce fut compliqué pour nous. Rappelle-toi.

Un dernier Crii Crii Crii et ce fut tout.

Les deux vieux sur leur banc se levèrent d’un bond oubliant leurs cannes et chancelant parce qu’ils n’avaient plus l’habitude d’être sans elles, ils haussèrent les yeux vers le pin.

— Ah non, vous n’allez pas vous taire. La Provence sans vous, ce n’est plus la Provence. Vous n’allez pas écouter un Parisien qui n’y connait rien ? Allez chantez maintenant.

Les deux cigales se concertèrent.

— Il faudrait savoir on ne nous disait pas de danser ?

— Ouais, mais tu sais les vieux, ils radotent parfois, il ne faut pas leur en vouloir…

À très vite…

Agenda Ironique – De l’autre côté du miroir

Bonjour toi 😉

C’est chez Toutlopera que ça se passe ou de l’autre côté du miroir avec quelques contraintes : une pincée de coriandre et de poudre de perlimpinpin. Ah oui, si je pouvais ajouter un oxymore ce serait sympa 😉.

Voici donc mon texte pour cet agenda ironique du mois de juin.

Un miroir facétieux

Il était une fois
Ça s’effritait sur les doigts
Une pincée de coriandre. 
Elle aimait bien Alexandre
Miss Coriandre !

Alexandre, lui, aimait le miroir
Il le regardait tous les soirs.
Flatté d’être ainsi admiré
Celui-ci décida de s’illuminer.

Ah non, s’exclama Coriandre
J’imagine déjà l’esclandre !
Ce vieux fou va proposer
À Alexandre de le traverser.

Cela s’était déjà produit
Ça avait mal fini.
Miroir cassé, 
Alexandre blessé.

Coriandre prit les devants
Pas question que l’enfant
Pleure toute la nuit
Elle aurait mal pour lui. 

Coriandre appela Perlimpinpin
Son copain malin.
Avec sa poudre il aidera le miroir
Il n’y verra que du feu ce lascar,
Il croira enfin
Qu’il est assez malin
Pour faire aller de l’autre côté
Le gamin les doigts dans le nez.

Alexandre s’approcha tout près
Du miroir à le toucher. 
Qui était ce petit géant
Qui souriait de toutes ces dents ? 
La bouche collée 
Sur le miroir glacé
Il se sentit aspiré
De l’autre côté. 

Coriandre cria ô scandale
Parti sans ses sandales
Ce chenapan allait se faire mal.
Il y a plus grave
Pensa le copain Perlimpinpin
Il aura beau être brave
Et appeler jusqu’à demain
Sans ma poudre magique
Il ne pourra pas c’est logique,
Retraverser le miroir
Prépare ton mouchoir. 

Miss Coriandre affolée
Se mit à gesticuler.
Calme-toi poudre piquante
tu es vraiment énervante !
L’apostropha le miroir
Star d’un soir, 
Tu me crois si abruti
Que je n’ai rien compris ?
Ton protégé pourra retraverser
Grâce à mon cadre illuminé. 
Collez-vous à moi
En un claquement de doigts
Vous le rejoindrez
Votre protégé. 

Aussitôt dit aussitôt fait
Les deux poudres collées
S’effritèrent à jamais
Personne ne sut alors de l’autre côté 
Du miroir ce qu’il y avait. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Juin 2023)

Pour découvrir les autres textes, va donc faire un tour ici.

À très vite…

Agenda ironique de Juin

Bonjour toi 😉

C’est chez Toulopera que ça se passe avec ces consignes :

Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de Juin 2023, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde.

Ya plus qu’à 😂

À très vite…

Logorallye – Rencontre inattendue

Bonjour toi 😉

Connais-tu le logorallye ? Il s’agit avec des mots imposés d’écrire une histoire. C’est souvent le cas dans l’agenda ironique. Ici, je te partage un texte écrit avec les mots imposés en gras dans le texte. J’aime beaucoup faire cet exercice. Et toi ?

Elle est bien bonne celle-là !

Alors que je devais passer une journée sereine à lézarder sur la plage face à l’océan, ne voilà-t-il pas qu’un homme triste à souhait avec une mine de six pieds de long venait s’asseoir près de moi.

— Je ne vous dérange pas ?

Polie, je rétorquais que la plage était à tout le monde.

— Vous pouvez rester comme ça à regarder les vagues ? Moi je ne pourrais pas.

— Je ne vous le demande pas !

— Il me rend dépressif !

L’envie me démange de le planter là, mais un gamin tout excité arrive avec son seau, sa pelle et son râteau. Il s’installe face à nous et commence à creuser. Évidemment, mon voisin ne peut pas s’empêcher de l’asticoter :

— Tu es tout seul ? Tu ne peux pas aller plus loin, tu me déranges. En plus, tu me balances plein de sable sur les jambes.

Je faillis lui répondre que c’était lui aussi qui s’était installé à côté de moi, mais comme je n’avais pas envie de m’enguirlander avec lui, je me tus. C’était une superbe journée ensoleillée, je souhaitais en profiter. Je me demandais si je n’allais pas changer de place quand le gamin rétorqua :

— Je ne suis pas tout seul. Mes amis vont arriver.

Je souris in petto. Il ne va pas apprécier le stressé d’à côté, surtout qu’une troupe de garçons et filles déboulaient en riant et en se bousculant. Comme au ralenti, je vis alors mon voisin se lever et leur faire signe qu’il fallait partir plus loin. C’est qu’il grognait le bougre. À croire que l’océan lui appartenait et qu’il ne voulait absolument pas le partager.

— Pourquoi on ne peut pas se mettre là ? t’as réservé ? C’est écrit ton nom ?

Hou la, ça va se gâter. Moi qui rêvais d’une matinée tranquille pour oublier que ma voiture avait joué à la capricieuse en ne voulant pas démarrer, c’était raté. Elle m’avait filé le bourdon cette coquine rien qu’à penser aux réparations à venir. Elle n’est plus toute jeune ma titine. Du coup, pour évacuer mon humeur morose, j’avais emprunté la route de la plage à pied. J’étais heureuse de pouvoir profiter de cette journée en solitaire face à l’immensité du grand bleu. En passant devant la boulangerie, j’avais salué la propriétaire. Elle est amusante, Josette, elle désire toujours parler d’jeunes. J’ai beau lui dire que notre langue est chantante et belle à souhait, elle n’arrête pas de faire des phrases bizarres. Tiens aujourd’hui encore, elle m’a balancé un « çavaplutôtpasmal » au lieu de me dire ça va bien.

Mais revenons au malotru d’à côté qui ne semble pas vouloir lâcher sa place.

— Mais comment elle me parle la gamine ! Vous en pensez quoi vous ?

C’est à moi qu’il s’adresse là ? Je m’amuse de sa tête renfrognée et réponds sachant que je vais l’agacer davantage.

— Comme ci comme ça.

— Ce n’est pas une réponse, répondez à la question.

Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire.

— Allons calmez-vous ! Vous avez des enfants ?

Je ne l’imaginais pas me répondre de cette façon enthousiaste. Ce n’était plus le même homme, je n’en revenais pas.

— Oui, j’en ai 3. Une fille et deux garçons.

— Alors vous devriez comprendre que ces gosses ont envie de faire des châteaux de sable.

— Oui, mais pas devant moi. Regardez j’ai amené avec moi tout mon matériel. Comment voulez-vous que je peigne maintenant s’ils sont toujours face à moi à bouger dans tous les sens.

Je n’avais pas remarqué qu’il était arrivé avec tout son attirail.

— Vous disiez tout à l’heure que vous étiez dépressif devant l’océan et vous allez passer votre temps à le peindre ? Je ne comprends pas.

— C’est une commande et ma cliente est impatiente. J’avoue ne jamais l’avoir fait auparavant.

— Quel dommage !

— Bref, ce n’est pas tout ça, je dois m’installer et ces gamins m’embarrassent la vue et l’esprit.

— Zen mon bon monsieur ! Il fait beau, le soleil brille, tout va bien. Non ?

Il maugréa dans sa barbe. Enfin, façon de parler, parce qu’il n’en avait pas.

Je le regardais poser son chevalet. J’avais envie de rire. Il n’allait pas rester longtemps. C’était la marée montante et les rouleaux se rapprochaient à vue d’œil. Les enfants qui avaient construit de beaux châteaux n’en avaient cure. Au contraire, ils espéraient bien que l’eau petit à petit allait s’engouffrer dans leurs remparts. Leur bonne humeur me ravissait le cœur et me donnait l’enviederienfaire de la journée.

Tout en surveillant l’océan qui grignotait peu à peu la plage, je jetais des coups d’œil discrets au peintre installé à côté de moi. Complètement habité par son art, il ne faisait plus attention à ce qui l’entourait. Quand une vague plus coquine que les autres recouvrit les châteaux des gamins, déclenchant leurs éclats de rire, mon voisin s’écria, horrifié.

— Vais-je devoir déménager ?

— Vous devriez même vous hâter.

Je me levais d’un bond pour éviter que ma serviette ne soit trempée. L’inconnu lui, n’eut pas cette chance. Palettes, pinceaux et toile posés près de lui furent balayés en un rien de temps. Les enfants qu’il avait tant invectivés plus tôt vinrent aussitôt l’aider à ramasser son matériel. Heureusement, le chevalet avait résisté. Curieuse, je jetais un coup d’œil. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un paysage bucolique au lieu d’une immensité bleue.

— Oui je sais, je n’ai pas peint ce qu’elle voulait.

— Mais pourquoi ? En tout cas, vous avez un don c’est indéniable. Ce paysage ne ressemble en rien à ce que vous avez devant vous. Vous avez tout imaginé.

— J’ai l’habitude.

— Quel talent vraiment.

Je regardais autour de lui et constatais que ses affaires récupérées par les enfants s’étaient éparpillées. Je les rassemblais près de lui et remerciais les gamins qui recommencèrent à creuser avec patience.

Stupéfaite, je contemplais l’homme qui continuait à peindre, mais quelque chose clochait. Son chevalet avait bougé, il n’était plus face à l’océan, mais cela ne semblait pas le déranger.

J’installais donc ma serviette plus loin.

— Vous ne parlez plus ? Seriez-vous déprimée à force de le regarder ? Je vous avais prévenue.

Je ne comprenais pas à qui il s’adressait, il ne me regardait pas. Il devait vraiment être habité par sa création.

Il reprit, lâchant sa toile des yeux et se penchant vers l’endroit où j’étais assise auparavant.

— Je vous trouve bien calme.

Alors je compris. Cet homme était aveugle. Ses lunettes noires m’avaient leurrée. Il ne semblait pas vouloir que je m’en aperçoive. Je m’approchais de lui.

— Je vous regardais peindre.

Il tourna aussitôt la tête vers moi, surpris.

— Vous m’avez fait peur. Vous avez une jolie voix, je m’en rends compte à présent. Avec le chahut des enfants, je ne vous avais pas entendue. Musicale à souhait, elle fait plaisir à écouter.

Heureusement qu’il ne me voyait pas rougir. Je sentais mes joues devenir brulantes. J’avais oublié que ses autres sens étaient exacerbés, il éclata de rire.

— Ne rougissez pas.

— C’est le soleil, j’y suis très sensible.

— Si vous le dites.

Je le regardais faire. Son travail était splendide. Rien à voir avec une marine, mais ce paysage était… je m’approchais plus près et constatais avec surprise que peu à peu le ciel bleu se mêlait à ce qui paraissait être… mais oui la mer… Je restais fascinée.

— Vous peignez aussi ?

— Pas du tout, j’ai deux mains gauches pour le dessin.

— La peinture n’est pas du dessin.

— Quand même ça y ressemble un peu. Je n’ai guère d’imagination pour ce genre de travail.

— Je suis certain que vous en avez pour d’autres.

Il continuait à me parler alors que son pinceau virevoltait sur sa toile.

— Fermez la bouche.

Comment diable avait-il pu se rendre compte que je l’avais gardée ouverte tout en contemplant l’œuvre qui prenait forme.

Tout à coup, il stoppa son travail et appela les enfants qui bavardaient plus loin toujours affairés à leurs châteaux.

— J’entends le marchand de glaces. Tenez, je vous donne un billet, allez vous faire plaisir.

Surpris par sa générosité, ils ne comprirent pas tout de suite.

— Je suis certain qu’il y a une petite gourmande parmi vous, me serais-je trompé ?

Les garçons se tournèrent vers une blondinette qui se pourléchait déjà les babines.

— Je te sens motivée pas vrai ? Allez filez, c’est moi qui régale !

Les enfants ne se firent pas prier et détalèrent.

— Vous aviez l’air d’un ours mal léché tout à l’heure, et maintenant vous leur offrez des glaces ?

Pensive, je le regardais. Il rangeait ses affaires. S’il ne voyait rien, il était extrêmement doué. Je ne parvenais pas à imaginer vivre sans contempler le soleil. Rien que les jours de pluie où il faisait sombre, je perdais le moral alors…

— Ce n’est pas vous tout à l’heure qui me disiez d’être zen ! Je ne suis pas malheureux. Je suis malvoyant depuis ma naissance. Ce n’est pas un accident. Je ne connais donc pas toutes ces choses dont vous n’arriveriez pas à vous passer. Les parfums, les ambiances, les sons me chantent une belle musique dans la tête.

— Comment avez-vous su que je m’étais rendu compte de votre handicap ?

— Lorsque vous vous êtes approchée de moi. Je n’étais pas tourné du bon côté.

— Je suis désolée.

— Ne le soyez pas. C’est ma vie. Je suis heureux et pas nostalgique du tout. De quoi pourrais-je l’être d’ailleurs ?

Il avait remballé ses affaires. Les enfants revenaient avec leur glace. Ils le remercièrent chaleureusement.

— Alors ces parfums ?

Sans se tromper, il désigna le chocolat, la fraise, l’abricot et la vanille. Il salua tout ce petit monde et se tournant vers moi il dit :

— Méfiez-vous de ne pas vous faire bousculer par une vague.

Je n’eus pas le temps de ranger ma serviette, je perdis l’équilibre et me retrouvais trempée des pieds à la tête. Il éclata de rire tout comme les enfants, ravis de voir que leurs châteaux tenaient encore debout, eux !

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Jeux des questions

Bonjour toi 😉

C’est chez Marlabis ici que j’ai trouvé ces questions. Va y faire un tour, tu y trouveras tout un tas de choses sympathiques.

Je me lance 😂

1-Pour quelles raisons tu réponds à mes questions ?

En voilà une question qu’elle est bonne. Je me le demande encore 😉, j’en avais envie tout simplement.

2- Vous écoutez quoi en ce moment ?

Juste à l’instant, c’est Jenifer : les choses simples.

3- C’est quoi le dernier truc que tu as mangé ?

Un carré de chocolat avec mon café.

4- Comment vas-tu en vérité ?

Bien je pense. J’ai parfois le moral en berne mais je m’évertue pour qu’il ne le reste pas longtemps. Je sais que le cerveau aime les choses négatives alors je lui en propose des positives.

5- Une femme : Plutôt pantalon ou jupe ?

Les deux mon général 😂. Le pantalon l’hiver et la jupe l’été.

Un Homme, plutôt kilt ou bermuda ? Pour les hommes, le kilt ? bof ! Le bermuda oui mais pas à fleurs 😁. Après, un homme en costume m’a toujours fait rêver avec la chemise ouverte pas de cravate. (Dans mes histoires, les hommes sont souvent ainsi 😂).

6- Pourquoi les chats passent-ils leur temps à sortir ou rentrer ?

Je pose la même question pour les toutous. Je ne sais pas, ils ont certainement des trucs à faire. Peut-être que nous aussi, sans nous en rendre compte nous faisons pareil, on se lève, on se rassoit, on se relève pour aller chercher un truc. Fais attention, je suis certaine qu’ils nous imitent.

7- Quelle est ta lecture du moment ? Tout l’monde peut y répondre à sa guise.

Sans regrets de Françoise Bourdin. C’est son tout dernier puisqu’elle nous a quittés. Le titre m’interpelle du coup.

8- Notez le 1er mot qui vous vient à l’esprit quand on vous dit : maison, terre, pluie.

Parfum. La nature qui vient de recevoir une belle averse sent divinement bon.

9- Quand vous êtes-vous senti pour la 1ère fois dans la peau d’un adulte ?

Que je n’aime pas cette question. Je n’ai pourtant pas le syndrome de Peter Pan, mais je ne sais pas si je suis vraiment une adulte alors que j’ai 3 grands enfants. Peut-être que j’ai eu l’impression de le devenir quand je me suis mariée, j’avais 18 ans. Après la vie se charge de te rappeler à l’ordre. Je crois que le pire est arrivé quand j’ai perdu mes parents à neuf mois d’intervalle. Là oui, j’ai compris que la vie me jouait un drôle de tour.  

10 -Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée hier ?

Attends, qu’est- ce que j’ai fait hier ? Ah oui, c’était une journée pourrie, il n’arrivait que des trucs pas rigolos. Il doit bien y avoir un truc pourtant qui soit chouette… Ben oui, le sourire de mon homme bien sûr.

Voilà, j’ai répondu à toutes les questions. Si tu as envie de faire de même, n’hésite pas et va chez ici

À très vite..

3 p’tits chats – Agenda ironique Avril

Bonjour toi 😉

Chez Max-louis alias Iotop ici tu as toutes les consignes pour le nouvel agenda ironique du mois 😊.

Le thème c’est le chat et les mots à placer sont : automate, créature, usurpation, compresseur.

Voici donc ma participation 👇

3 p’tits chats, chapeau de paille…

3 p’tits chats… Chapeau de paille chapeau de paille…

— J’en ai ras le bol de cette chanson ! miaule le p’tit chat gris.

— Pareil, ronronne le 2e p’tit chat gris en passant sa patte par-dessus son oreille.

— Ils z’en ont pas marre de zette chanson que zes créatures hautes trois pommes répètent comme des hommes tomates.

Le 3e p’tit chat gris zozote. C’est Zébulon.

— Automates, on dit ! crache le 1er qui s’appelle Prof

Le 2e se fait les griffes sur le coussin et assène que c’est une usurpation de parler d’eux comme ça. C’est une chatte qui s’appelle Lolita.

— C’est quoi le rapport avec Zapeau de paille ?

— Il y en a pas.

— 3 p’tits chats, chapeau chapeau de paille, paillasson…

— Arrête, j’ai la tête serrée comme dans un compresseur.

— Z’est quoi un comprezzeur ?

Prof hausse les pattes épaules.

— C’est quand t’es ratatatiné, répond Prof.

— Avec de la confiture ?

Les yeux de Zébulon brillent et il se pourlèche déjà les babines. Lolita se tord de rire sur son coussin.

— Pas une tartine, chaton, ratatiné, écrasé comme une crêpe quoi !

— Z’est bon une crêpe aussi, et pourquoi on parle touzours des zzats et pas des zziens ?

— Parce que les chats font pas des chiens, tiens ! répond Prof.

— Ze crois que tu te trompes, c’est les zziens font pas des zzats.

— Ah ne joue pas au chat et à la souris avec moi, crache à nouveau Prof.

— Fais pas ta mauvaise tête, y a pas de quoi fouetter un chat non plus, minaude Lolita.

Prof se redresse, s’étire, et d’une démarche fière la queue levée, il dit :

— J’ai d’autres chats à fouetter moi, je vous abandonne.

— Ze te suis, ze vais attraper une souris à défaut de crêpe !

Quant à Lolita, elle continue de faire sa toilette. La nuit tous les chats sont gris, mais quand même !

© Isabelle-Marie d’Angèle (Avril 2023)

Toujours ici tu trouveras les mots des agendistes ironiques avrilistes 😂. Bonnes lectures.

À très vite…

Agenda Ironique Avril 2023

Bonjour toi 😉

Ce n’est pas un poisson mais … l’agenda ironique d’avril est déjà en ligne .
Merci Max-Louis pour ce nouveau sujet, à vos claviers les Agendistes ironiques d’avril.
Il n’y a pas de quoi fouetter un chat mais quand même va falloir s’y mettre 😂.

À très vite…

Avatar de iotopLe dessous des mots

Photographie Iotop 2023


Bon jour à tous,

Je suis désigné pour animer l’Agenda Ironique d’Avril 2023 suite à un vote et cela pour la cinquième fois (en fait, je tiens un registre sur un papyrus d’époque… industriel).

Je suis heureux d’apporter ma pierre à l’édifice sur les hauteurs de l’Agenda Ironique avec toujours de belles floraisons textuelles d’année en année. D’ailleurs, je me demandais, si un jour, il ne faudrait pas tous les réunir sur un blog ?

La Genèse de l’AI : ICI ou ICI et celui du mois de Mars 2023 : Isabelle-Marie d’Angèle

Je vous propose le thème: CHAT

Si le chat représente, au-delà des symboles et des configurations vivantes qui peuvent nous être familières, un félin de petite taille constitué de toutes ses facéties, la littérature n’est pas en reste pour lui apporter du poil de la bête. Aussi aux exemples, nous pouvons pêcher quelques éléments distingués :…

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