Samedi Chanson

Bonjour toi 😉

Je te partage aujourd’hui le dernier clip de Vitaa, dont le vrai prénom est Charlotte. C’est une chanteuse dont j’apprécie le flow et la voix. Ses duos avec Slimane étaient magiques, je les ai écoutés et réécoutés. Il semble qu’ils ont repris leur carrière en solo, histoire de ne pas lasser leur public.

Quand j’ai découvert le clip de cette nouvelle chanson, j’ai été très surprise, mais en découvrant les paroles, je comprends mieux. Il semblerait que Vitaa arrête la musique pendant un temps…dommage pour ses fans et tant mieux pour elle, si elle en a besoin pour se retrouver.

15 ans que j'vis pour ça toi, tu te demandes si j'le mérite
J'avais 15 piges, j'rêvais déjà, qui va miser sur la petite
Vendu 1 million, 2 millions bientôt 3 millions, j'ai passé 38
J'suis comme un son qui s'arrête pas moi, j'construis ma vie comme un hit
Non, il y a plus rien qui me surprend autour de moi c'est l'Amérique
Mal au cœur quand je pense aux enfants, Seigneur faites qu'ils aient le déclic
On reste fort quand ça se complique, on lâche rien c'est le lexique
J'suis torturée faut que j't'explique
Moi, j'veux vieillir comme un classique
Putain, il y a plus personne qui fait la différence entre le mal et le bien
Mal et le bien, mal et le bien
Maintenant ces voix dans ma tête, devant vous je fais semblant d'aller bien
'Blant d'aller bien, 'blant d'aller bien
J'ai plus confiance en personne, quand le même sang peut te trahir
Y a pas d'Vitaa et y aura personne, j'serai Charlotte quand je vais mourir
J'ai des questions mais y a personne pour y répondre et c'est logique
Ouais c'est logique, ce que tu n'vis pas, tu l'imagines sans l'ressentir, oh
Si loin de celle que je voudrais
Tant des mensonges que j'me promets
J'souffre en silence mais je le sais
J'vais tout foutre en l'air
J'ai beau crier, j'fais du sur place
Y a des péchés qui s'effacent pas
Quand je vais partir c'est sans prévenir
Y aura plus rien à faire pour me retenir
"Mais maman, t'es sûre, tu vas pas être triste?
Mais, euh, tu vas faire quoi après"
Évidemment j'en aurai des regrets, mais j'écrirai encore (j'écrirai encore)
J'ai chanté toute ma vie à l'intérieur y a des choses qui ne changent pas
J'voudrais être sûre mais j'hésite
Et y a mon homme qui résiste (han-han)
C'est même plus moi qui décide, c'est plus moi
J'ai aimé le game, j'ai aimé le succès
(J'ai aimé le game, j'ai aimé le succès)
J'ai aimé mes rêves, j'ai aimé les réalisés
J'aurais voulu détester, que ça sorte de mon cœur
J'aurais voulu les dompter, mais la passion l'emporte, stop
On m'a dit, "tu chantes bien, c'est sur ton corps qu'il faut miser
Tu racontes ta vie, il suffit pas d's'apitoyer
Une femme dans un milieu d'obsédés
Sois belle pour vendre des CD"
J'vous dis qu'ils ont essayé
J'ai préféré vous faire pleurer
Même si l'histoire est belle
J'ai du mal à respirer
Quand j'vais partir, c'est sans prévenir
Personne pour me retenir
Personne pour me retenir
15 ans que j'vis pour ça toi, tu te demandes si j'le mérite
"Au moins t'facon, là t'es heureuse, c'est bon"

Bon samedi 🎶

À très vite…

J’aime un voyou au grand coeur

Bonjour toi 😉

C’est parti pour le chapitre 10 🙂.

Chapitre 10

Je n’avais rien raconté à Kawas, j’avais éludé les questions, lui rappelant que j’étais son commandant, qu’il devait me faire confiance. Je l’avais vexé, il s’était muré dans un silence hostile et devant le commissariat, il n’attendit pas que la voiture soit arrêtée, il en sortit en claquant la porte.

Je devais faire face. J’avais une équipe à diriger, je ne pouvais pas faire n’importe quoi. J’aimais mon métier et Ô grand jamais, je ne trahirai ce pour quoi j’avais signé.

Je détachai mes cheveux, posai mes pieds sur le bureau et laissa tomber ma tête en arrière. Je regardai le plafond tentant de faire le vide dans mon esprit quand la ligne du téléphone m’avertit que j’avais un appel extérieur.

Surprise parce que c’était le travail du collègue de l’entrée de me passer les appels, je répondis.

— Commandant Merlin, j’écoute.

— Rendez-vous à 12 heures à votre brasserie habituelle.

Je n’eus pas le temps de réagir que l’inconnu avait raccroché. J’avais entendu une voix d’homme, c’est tout. Je pensais qu’en plein midi, je ne risquais pas grand-chose, mais j’hésitai à prévenir Kawas. Pourtant, mon intuition me conseillait de le faire. Après tout, on ne m’avait pas dit de venir seule.

Théo Kawas entra dans le bureau, le regard noir.

— Vous m’avez fait appeler Commandant ?

Je souris pour calmer le jeu.

— D’accord, tu es en colère et je le comprends. C’est pourquoi je fais appel à ton avis.

Je lui relatai le coup de fil. Il fronça les sourcils, mais ne dit rien.

— Je vais y aller, mais tu vas te planquer dans la brasserie. Tu pourras surveiller la personne qui va me parler et voir si elle est connue de nos services. Au moindre problème, tu interviendras. En plein midi, je ne risque pas grand-chose.

Il hocha la tête et sortit du bureau sans un mot. Je l’avais vraiment vexé. J’appelai ensuite les urgences, déclinai mon identité et demandai des nouvelles de Paco. Elles étaient rassurantes et l’on m’informa qu’il pourrait rentrer chez lui en fin de journée. Je cherchai le numéro de la clinique vétérinaire, et là aussi, Tuck allait bien. La balle lui avait effleuré la patte, son maître pourrait venir le récupérer dès que ce sera possible.

La matinée passa vite à signer des papiers et régler des affaires courantes. Kawas me rejoignit à midi moins cinq. Sans un mot, nous quittâmes le commissariat à pied pour trouver la brasserie située au coin de la rue.

Le capitaine marchait devant et ne s’occupait pas de moi, il s’installa au bar le premier. Il était connu, je vis le patron le saluer et lui désigner l’ardoise. Je l’entendis commander le plat du jour alors que j’entrais à mon tour. Je choisis une table d’où je pouvais regarder les allées venues des passants.

Je reconnus immédiatement l’homme qui s’assit face à moi. Kawas l’avait repéré également, il me fixa aussitôt attendant un signe de ma part. Je baissai les yeux. Il n’intervint pas.

— Diego Destrio.

— Lui-même et enchanté de faire enfin votre connaissance.

Ce bandit hors-norme n’avait jamais été pris. Comme tous les collègues à qui ils avaient eu à faire, je n’avais pas réussi à le coffrer. Il était de toutes les histoires de vols, arnaques, j’en étais certaine, mais il était très doué. Un genre de Gentleman cambrioleur, ma foi ! Et soudain, je réalisai.

— Vous connaissez François ? C’est pour ça que vous m’avez fait venir ?

Diego Destrio affichait une soixantaine bien conservée. Habillé d’un costume de lin noir, il faisait classe avec son borsalino vissé sur ses cheveux attachés en catogan.

— Est-ce que je peux vous faire confiance ? Paco est sûr de vous, mais pas moi.

Il s’adossa à sa chaise et sourit.

— Appelez donc votre collègue, qu’il se joigne à nous. Il m’a reconnu de toute façon, ne le laissez pas mijoter seul au bar.

— Qu’attendez-vous de moi, Destrio ? Ne me racontez pas que Paco fait alliance avec vous ?

— Faire alliance avec moi ? Paco est mon fils. Comprenez alors que je sois inquiet.

J’en restai coite. Je le vis comme dans un brouillard faire signe à Kawas. Le capitaine saisit une chaise et s’assit à côté de moi. Destrio lui tendit la main. Si un jour j’avais pu imaginer qu’il serrerait la main du voyou qu’il cherchait à coffrer depuis des années !

Destrio reprit :

— Comme je le disais à votre Commandant, Paco est mon fils. Je ne veux pas qu’il lui arrive quoique ce soit, sinon… vous me connaissez, je me vengerai et là…

Il laissa sa phrase en suspens, balaya la salle de la brasserie du regard et continua :

— Vous savez très bien que jamais le sang n’a coulé dans mes affaires et…

Kawas l’interrompit en tapant du poing sur la table. Le bruit fit se retourner quelques clients et le patron, surpris, faillit lâcher ses verres. Destrio, d’un geste de la main, signifia que ce n’était rien.

— Bon Dieu Destrio, je pourrais vous coffrer pour ce que vous venez d’avouer.

— Avouer quoi mon ami ? Qu’il n’y a jamais eu de meurtres dans mes affaires ? Fort heureusement ! mais, s’il arrive quelque chose à mon fils, je ne garantirais plus rien. Est-ce clair ?

Il leva la main.

— C’est moi qui vous invite. Faites donc apporter le plat de mon ami à cette table.

Kawas bouscula sa chaise en affirmant qu’il n’avait plus faim, mais Destrio lui attrapa le bras.

— Ne me mettez pas en colère, j’ai horreur de ça, rasseyez-vous et agissez comme votre commandant, elle reste digne et prête à m’écouter. Prenez-en de la graine, Capitaine.

— C’est ton père ? Il me fout la trouille.

Paco éclata de rire. Je découvrais son père qui sortait de la voiture et semblait de fort méchante humeur. Le grand-père de Paco l’attrapait par les épaules et le forçait à rentrer.

— Qu’est-ce qu’il a ton père ?

— C’est surement son travail.

— Il fait quoi ?

— Alors là j’en sais rien. Dans les affaires qu’il me dit ! en tout cas, il gagne bien sa vie, ça, c’est sûr.

— Et ta mère ?

— Elle est morte. Un accident !

— Désolée. T’es malheureux ?

— Je ne l’ai pas beaucoup connue. J’étais bébé. Papa raconte souvent qu’il a fait payer ceux qui s’en sont pris à elle.

— Commandant Merlin ?

Je sursautai. Destrio me regardait. Il avait toujours le même regard que lorsque j’étais gamine. Je me souvenais qu’il me faisait peur parce que ses yeux bleus avaient le don de vous transpercer, ce n’est pas qu’ils n’étaient pas beaux, mais leur couleur vous mettait mal à l’aise. Ceux de Paco étaient bruns.

— Désolée, vous disiez ?

— Je compte sur vous pour coffrer ceux qui s’en sont pris à mon fils.

Les plats arrivaient. Je n’avais pas réagi lorsque Destrio avait commandé pour moi. Le confit de canard me rappela la cuisine que faisait le grand-père de Paco. Il pensait la même chose que moi, car il en fit la remarque.

— Vous pourriez m’en dire un peu plus ?

Le goût de la volaille me fit retrouver la parole. Destrio posa ses couverts et me fixa. Kawas repoussa son assiette.

— Une bande voyous l’a tabassé, je veux savoir qui et pourquoi.

Le capitaine leva les yeux au ciel et gronda :

— Ne me faites pas croire que vous n’êtes au courant de rien. Votre fils est certainement celui qui vide les coffres et distribue l’argent à ceux qui en ont besoin. Un Robin des bois des temps modernes.

Destrio ne releva pas.

— Vous commandant, quelle est votre opinion ? Mon fils un voyou ?

Son regard m’indiquait clairement de me taire. Heureusement, le serveur vint nous débarrasser et nous proposer un dessert.

— Un café suffira, répondit Kawas.

— 3 cafés et l’addition. C’est pour moi !

Kawas se rebiffa et sortit sa carte, mais Destrio posa sa main sur la sienne.

— Ne refusez pas, c’est cadeau.

Le capitaine repoussa brutalement sa chaise et quitta le bar. Destrio haussa les épaules et indiqua au patron de n’apporter que 2 cafés. Puis il saisit ma main et m’attira vers lui.

— Angèle, je compte sur vous. Mon fils est tout ce qu’il me reste. Je refuse qu’il lui arrive quoique ce soit. D’ailleurs, je lui avais dit de ne pas se rapprocher de vous, mais il n’en a fait qu’à sa tête. J’imagine que vous avez compris que son poste de directeur de banque n’est qu’une couverture. Dans nos affaires, il faut garder l’esprit clair et ne pas s’abandonner aux sentiments. J’en ai fait les frais, il y a longtemps, je me suis promis que ça ne se reproduirait jamais. Dois-je encore répéter ?

— Qu’attendez-vous de moi ?

— Que vous coffriez les énergumènes qui s’en sont pris à mon fils et qu’ensuite vous le laissiez mener ses histoires à sa guise. Il se pourrait qu’il ait besoin de vos services et dans ce cas-là, vous fermerez les yeux.

Je ne pouvais pas accepter et je le lui répétai.

— Angèle, vous êtes commandant, c’est vous qui gérez votre commissariat.

— Comme vous le dites si bien, j’ai une équipe qui me fait confiance. Le capitaine Kawas ne me laissera jamais cacher des preuves. J’ai aussi une hiérarchie et des comptes à lui rendre.

— Je le sais comme je me souviens que gamine, vous couvriez régulièrement les bêtises de Paco.

Les cafés arrivèrent. Il l’avala d’un trait et paya l’addition. Il se leva, posa sa main sur mon épaule.

— J’espère ne pas avoir à vous revoir même si c’était un plaisir.

Il disparut me laissant seule avec ma tasse.

À suivre…

© Isabelle-Marie d’Angèle

À très vite…

Agenda Ironique – De l’autre côté du miroir

Bonjour toi 😉

C’est chez Toutlopera que ça se passe ou de l’autre côté du miroir avec quelques contraintes : une pincée de coriandre et de poudre de perlimpinpin. Ah oui, si je pouvais ajouter un oxymore ce serait sympa 😉.

Voici donc mon texte pour cet agenda ironique du mois de juin.

Un miroir facétieux

Il était une fois
Ça s’effritait sur les doigts
Une pincée de coriandre. 
Elle aimait bien Alexandre
Miss Coriandre !

Alexandre, lui, aimait le miroir
Il le regardait tous les soirs.
Flatté d’être ainsi admiré
Celui-ci décida de s’illuminer.

Ah non, s’exclama Coriandre
J’imagine déjà l’esclandre !
Ce vieux fou va proposer
À Alexandre de le traverser.

Cela s’était déjà produit
Ça avait mal fini.
Miroir cassé, 
Alexandre blessé.

Coriandre prit les devants
Pas question que l’enfant
Pleure toute la nuit
Elle aurait mal pour lui. 

Coriandre appela Perlimpinpin
Son copain malin.
Avec sa poudre il aidera le miroir
Il n’y verra que du feu ce lascar,
Il croira enfin
Qu’il est assez malin
Pour faire aller de l’autre côté
Le gamin les doigts dans le nez.

Alexandre s’approcha tout près
Du miroir à le toucher. 
Qui était ce petit géant
Qui souriait de toutes ces dents ? 
La bouche collée 
Sur le miroir glacé
Il se sentit aspiré
De l’autre côté. 

Coriandre cria ô scandale
Parti sans ses sandales
Ce chenapan allait se faire mal.
Il y a plus grave
Pensa le copain Perlimpinpin
Il aura beau être brave
Et appeler jusqu’à demain
Sans ma poudre magique
Il ne pourra pas c’est logique,
Retraverser le miroir
Prépare ton mouchoir. 

Miss Coriandre affolée
Se mit à gesticuler.
Calme-toi poudre piquante
tu es vraiment énervante !
L’apostropha le miroir
Star d’un soir, 
Tu me crois si abruti
Que je n’ai rien compris ?
Ton protégé pourra retraverser
Grâce à mon cadre illuminé. 
Collez-vous à moi
En un claquement de doigts
Vous le rejoindrez
Votre protégé. 

Aussitôt dit aussitôt fait
Les deux poudres collées
S’effritèrent à jamais
Personne ne sut alors de l’autre côté 
Du miroir ce qu’il y avait. 

© Isabelle-Marie d’Angèle (Juin 2023)

Pour découvrir les autres textes, va donc faire un tour ici.

À très vite…

Stefano et Héloïse partent en week-end

Bonjour toi 😉

Héloïse et Stefano ne tenaient pas en place. Papa Joe était parti chercher le camping-car. Ils avaient vu les photos sur le catalogue, ils avaient compris qu’ils allaient dormir tous ensemble dans le camion comme l’appelait Héloïse.

Charlie avait eu beau répéter à sa fille que ça ne lui ressemblait pas du tout, Héloïse n’en démordait pas, c’était plus grand qu’une voiture, donc c’était un camion.

Grande première, ils partaient deux jours à la mer. Stefano avait préparé ses affaires, le minimum, un seau et une pelle rouge. Il connaissait la mer pour y être déjà allé avec sa maman.

Héloïse n’avait quant à elle jamais vu ni mer ni océan, ce qui expliquait son enthousiasme débordant.

Quand elle aperçut Papa Joe qui franchissait le portail, elle se mit à danser de joie. Qu’il était beau, ce camion blanc et jaune. Elle s’approcha une fois que Joe eut éteint le moteur.

Effectivement, ça ne ressemblait pas à un camion, c’était plus petit.

— Tu veux visiter ?

Elle grimpa la marche et découvrit l’intérieur. C’était comme une maison de poupée, mais plus grande.

— Tu vas réussir à passer ta tête ?

Héloïse s’inquiétait. Joe était grand, quand il serait dans ce qui ressemblait au salon, il prendrait toute la place.

Charlie et Stefano vinrent les rejoindre. Quand ils se trouvèrent tous les quatre dans l’habitacle, Héloïse battit des mains.

— C’est trop génial, on est tout serré les uns contre les autres. Et toi tu vas conduire là, et nous, on sera assis là ?

Elle montrait les sièges arrière. Elle n’en revenait pas. Stefano était tout aussi ébloui. Il n’en avait jamais vu de si près.

Charlie commença à amener la vaisselle qu’elle rangea dans les tiroirs et les placards.

— Il y a même la télé !

Stefano ouvrit de grands yeux. C’était trop génial.

— On pourra regarder pendant que tu conduis ?

— Non, vous serez attachés comme dans la voiture. Pas question que je sois distrait par vos cris et vos rires devant un dessin animé. Nous ferons comme d’habitude, vous jouerez avec Charlie à trouver des mots et puis, découvrir le paysage, c’est bien aussi, d’autant plus que nous n’avons pas mille kilomètres à faire.

— Ouais, mais toi tu joues et tu gagnes tout le temps, grogna Stefano.

Charlie ayant tout préparé ainsi que les sacs de voyage, Joe n’eut qu’à tout charger à l’arrière. Le terre-neuve sauta lui aussi dans le camping-car et les enfants éclatèrent de rire. Il prenait toute la place.

La maison était fermée, Mathurin, le voisin passerait voir si tout allait bien. Ils ne partaient que deux jours quand même !

Dès que l’immensité bleue apparut, Héloïse ne dit plus un mot. Alors qu’elle n’avait cessé de chanter et de poser tout un tas de questions sans attendre les réponses, elle se tut d’un coup. Joe se gara sur un parking d’où on pouvait voir la plage et les vagues. Héloïse regardait sans pouvoir détacher ses yeux de ce qu’elle découvrait. Stefano descendit et respira à pleins poumons l’air iodé. Il se rappelait et son cœur battait la chamade. Au contraire de la petite fille, il gardait pour lui tout ce bonheur. Héloïse était différente, il fallait qu’elle extériorise ce qu’elle ressentait.

Alors que Charlie lui tendait la main pour qu’elle rejoigne, Héloïse fronça les sourcils. Il y avait quelque chose qui clochait. Elle regarda mieux.

— Dis… pourquoi la mer, elle monte et elle descend ?

Stefano répondit fier de son savoir :

— C’est à cause de la lune, elle attire l’eau vers elle.

Héloïse se tourna vers lui et l’apostropha :

— Alors là, n’importe quoi ! Elle est où la lune ? Et comment elle ferait, hein, pour attirer l’eau, elle n’a pas de bras.

© Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2023).

À très vite…

Journal d’Oxybulle

Bonjour toi 😉 🐾

Je reviens de chez Charlotte, ma toiletteuse. Je n’aime pas quand ma maîtresse m’y laisse, je m’accroche à ses bras et je gémis 🐕, mais j’en avais besoin, regarde comment j’étais avant 👇.

Ma maîtresse ne savait plus comment me coiffer et ça faisait mal quand elle me brossait, même si elle faisait doucement.

Bref, je suis partie avec elle et mon maître dans une cabane au bord de l’eau. Je suis dans les bras de ma maîtresse, elle a peur que je tombe dans l’eau et moi j’avoue que je ne suis pas rassurée. Il y a de drôles de bêtes qui sautent dans l’eau et elles me font peur.

Pourtant c’est très joli là où mes maîtres prennent leur repas, mais les poissons comme ils disent pour me rassurer, ne sont pas loin, quand ils sautent.

Regarde un peu ce coucher de soleil ☀🌘

C’était chouette et nous sommes même allés nous promener dans les bois pendant longtemps. J’ai dû m’arrêter, je ne pouvais plus marcher, j’avais plein de piquants sous mes coussinets. Heureusement, mes maîtres ont réussi à tout m’enlever et mon maître m’a portée. J’étais bien dans ses bras.

Après j’ai rencontré une drôle de bête qui s’est jetée dans l’eau. J’aurais bien voulu la suivre, mais j’avais ma laisse heureusement. Ma maîtresse riait en me disant que c’était une tortue d’eau. Je n’en avais jamais vue et je ne savais pas que ça courait si vite.

À bientôt 🐾

À très vite…

Samedi Musique

Bonjour toi 😉

C’est le week-end de la fête des mamans, j’ai choisi la chanson de Kendji Girac.

Les yeux de la mama

Quand j’ai froid elle se fait lumière
Comme un soleil dans l’existence
Quand j’ai mal elle se fait prière
Elle me dit tout dans un silence
Quand je souffre, elle souffre avec moi
Quand je ris, elle rit aux éclats
Mes chansons sont souvent pour elle
Elle sera toujours ma merveille
Quand je n’suis pas à la hauteur
Elle m’élève plus haut que le ciel
Elle est la splendeur des splendeurs
Elle est la sève, elle est le miel
C’est son sang qui coule dans mes veines
Et des souvenirs par centaines
Bercent mon cœur de mille étoiles
Elle est ma quête, elle est mon Graal

Oh mon Dieu, laissez-les moi
Les beaux yeux de la Mama
Enlevez-moi même tout le reste
Mais pas la douceur de ses gestes
Elle m’a porté avant le monde
Elle me porte encore chaque seconde
Elle m’emportera avec elle
Je lui serai toujours fidèle

Quand je me blesse elle est douceur
Comme une caresse dans l’existence
Quand j’abandonne elle devient lionne
Et me relève avec patience
Quand j’ai la folie des grandeurs
Elle me ramène sans me faire mal
Elle est dans ce monde infernal
Mon étoile parmi les étoiles

Oh mon Dieu, laissez-les moi
Les beaux yeux de la Mama
Enlevez-moi même tout le reste
Mais pas la douceur de ses gestes
Elle m’a porté avant le monde
Elle me porte encore chaque seconde
Elle m’emportera avec elle
Je lui serai toujours fidèle

Oh mon Dieu, laissez-les moi
Les beaux yeux de la Mama
Enlevez-moi même tout le reste
Mais pas la douceur de ses gestes
Elle m’a porté avant le monde
Elle me porte encore chaque seconde
Elle m’emportera avec elle
Je lui serai toujours fidèle

Oh mon Dieu, laissez-les moi
Les beaux yeux de la Mama
Enlevez-moi même tout le reste
Mais pas la douceur de ses gestes
Elle m’a porté avant le monde
Elle me porte encore chaque seconde
Elle m’emportera avec elle
Je lui serai toujours fidèle.

Bon samedi en musique 🎶🌼

À très vite…

Agenda ironique de Juin

Bonjour toi 😉

C’est chez Toulopera que ça se passe avec ces consignes :

Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de Juin 2023, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde.

Ya plus qu’à 😂

À très vite…

Camille et Philémon

Bonjour toi 😉

Un jour, quelqu’un m’a demandé pourquoi l’âge de mes héros tournait souvent au tour de la trentaine voire quarantaine. Je n’ai pas su répondre surtout qu’en insistant, la question a été :

— Ce n’est pas difficile d’écrire à un âge qu’on n’a pas ?

C’est rigolo cette question. Entre mes petits personnages qui ont 5, 6 ans et les adultes de 35 ans je me suis interrogée : non, ce n’est pas compliqué de parler d’un âge qu’on n’a pas ou plus.

Alors il n’en fallait pas plus pour que j’imagine un nouveau héros qui se situe autour de la soixantaine, peut-être plus ?

Je l’ai appelé immédiatement Camille, ne me demande pas pourquoi, je n’en sais rien. Je la pose sur un banc, seule.

Au début, elle se souvient, elle monologue dans sa tête en regardant la nature. Et puis, quelqu’un va s’approcher d’elle. Ce sera Philémon, et lui son prénom, qui m’est venu aussi spontanément me rappelle un jeune commercial qui s’était présenté ainsi. Aussitôt j’avais eu la référence de Philémon et Baucis et ça l’avait fait sourire parce que ses parents avaient eu également cette idée. Je n’avais jamais rencontré de Philémon auparavant 😉 des commerciaux si !

Alors c’est parti pour l’histoire de Camille, ce n’est pas ma vie, juste des réflexions et des mots glanés ici et là.

Dieu que ça faisait du bien de se trouver un peu seule. Camille souriait en pensant ça, c’était compliqué. Les enfants s’étaient envolés et menaient leur barque, elle se plaignait parfois de ne pas les voir souvent et lorsqu’ils débarquaient, même si elle était ravie, ça faisait beaucoup de bruit et bousculait son quotidien. La préparation des repas, les petits-déjeuners qui n’en finissaient pas parce que personne n’avait un rythme identique. Son homme était beaucoup plus placide qu’elle et lui répétait que ça ne servait à rien de s’énerver. Il avait certainement raison.

Un banc lui tendait les bras. Elle aimait bien ce coin tranquille d’où elle pouvait contempler à loisir l’étang et les oiseaux qui venaient s’y désaltérer. Si elle avait de la chance, elle assisterait au ballet des hirondelles, même s’il n’y en avait plus beaucoup.

Elle s’assit puis regarda le ciel bleu. Il allait encore faire chaud. C’était bien la chaleur, elle n’aurait pas mal au dos. Elle soupira. En vieillissant, elle veillait à ne pas devenir une TAMALOU. Plus jeune, elle se moquait des plus vieux qui avaient toujours mal quelque part. Quand elle rencontrait une de son âge, la première question était souvent la même ? Quoi de neuf ? La réponse aussi était la même tout est vieux, à part mes douleurs et c’était parti pour la litanie des bobos. Camille ne parlait jamais de ses misères, elle avait de la chance, elle n’avait pas à se plaindre, elle allait bien et son homme aussi, jusqu’à quand ?

Perdue dans ses pensées, elle ne s’était pas aperçue qu’un homme s’était assis à l’autre bout du banc. Elle ne l’avait jamais vu dans le quartier. Il ne devait pas être du village. Camille était un peu curieuse, mais elle n’allait pas engager la conversation avec un inconnu. On entendait tellement de choses horribles en ce moment à la télé qu’elle se demanda même si elle n’allait pas quitter son banc. Il ne faudrait pas qu’elle se fasse assassiner bêtement, là, à son endroit favori. Peut-être qu’il la noierait dans l’étang et qu’un jour son corps remonterait à la surface. Elle serait découverte par des enfants ou des joggeurs, quelle horreur !

Machinalement, elle avait dû porter sa main à sa bouche, l’homme sans la regarder lui dit :

— Il ne faut pas avoir peur, moi j’ai confiance.

Surprise, elle ne sut que dire. Il se tourna vers elle. Quel âge pouvait-il avoir ? Elle était incapable de le situer. Pas jeune, pas vieux, paisible. Oui, c’est ça, c’est le premier mot qui lui vint à l’esprit en le contemplant. Un peu honteuse parce qu’elle se rendait compte qu’elle se sentait bien auprès de lui, elle se détourna et tenta de se focaliser sur les oiseaux.

— Regardez, les hirondelles vous offrent leur plus belle danse.

Pourquoi avait-elle l’impression qu’il savait tout d’elle ? D’ordinaire, elle se serait agacée que cet homme vienne lui squatter son banc. C’est vrai quoi, pourquoi débarquer ici ? Elle ne l’avait jamais vu. Comment l’interroger sans paraitre indiscrète ?

— Je m’appelle Philémon.

Stupéfaite, elle imagina qu’il lisait dans ses pensées.

— Rassurez-vous, il m’arrive aussi de me demander ce qui se passe dans la tête des gens.

Il la regardait, un léger sourire aux lèvres. Elle ne put s’empêcher de lui répondre :

— C’est vrai que le monde marche sur la tête.

Il soupira.

Finalement, pourquoi ne pas engager la conversation, elle en saurait sans doute davantage sur lui. Il lui inspirait confiance.

— Vous venez d’emménager ici ? Je ne vous ai jamais rencontré.

— C’est normal, vous êtes souvent prise par toutes vos activités.

C’était énoncé sans méchanceté, juste une constatation. Il n’avait pas répondu à sa question. Pourquoi se sentit-elle le besoin de se justifier immédiatement.

— Je voudrais bien vous y voir vous ! Ce n’est pas parce que je suis à la retraite que je n’ai rien à faire.

— Ce n’est pas ce que j’ai dit. Vous avez travaillé toute votre vie, c’est normal d’en profiter aujourd’hui.

— Ce n’est pas ce que pensent les autres. Vous savez les vieux, ils ne servent plus à grand-chose quand ils ne travaillent plus.

— Croyez – vous ? Les vieux comme vous les appelez sont les souvenirs. Lorsqu’ils ne seront plus là, personne ne pourra plus raconter, on oubliera. J’ai beaucoup d’estime pour eux. Prenez le cas de vos enfants, ne font-ils pas appel à vous quand ils ont besoin de votre aide ?

— Si, mais ça ne compte pas, c’est normal ! Vous êtes à la retraite vous ?

— Parfois j’ai beaucoup de travail, parfois moins, mais je suis toujours sur le qui-vive.

— Vous ne devez pas rire tous les jours alors.

— Lorsque j’ai réussi à donner le sourire, si ! Apaiser est mon domaine de prédilection.

Le silence s’installa. Ils étaient chacun assis à un bout du banc et regardaient dans la même direction. Camille cherchait le métier qu’il pouvait bien faire. Médecin ? Maître Yoga ? Elle haussa les épaules, son petit-fils la reprendrait et dirait que c’était Maitre Yoda. Elle oublia de contempler les oiseaux qui s’ébattaient dans l’eau, elle ne vit pas le petit vautour qui tournoyait dans le ciel et n’entendit pas son cri, parasitée par sa curiosité mal placée.

— Cessez de vous poser des questions, écoutez votre cœur et les signes autour de vous.

Il en avait de bonnes lui ! Elle pensa qu’il ne devait pas vivre dans le même monde qu’elle. Peut-être qu’il était bourré de fric et regardait du coup le monde différemment. Mais oui, c’était certainement ça. Ou alors, c’était un illuminé. La Ginette, elle les appelait comme ça, ceux qui avaient de drôles d’idées qu’on dirait qu’ils habitaient sur une autre planète. Évidemment, il ne pouvait pas comprendre qu’elle craignait qu’il arrive des malheurs à ses enfants, qu’elle ne savait pas comment elle allait finir le mois, parce que justement à la retraire, on n’avait pas le même salaire qu’avant, et puis il fallait changer le lave-linge qui était très vieux, elle ne se voyait pas laisser s’entasser les vêtements dans la corbeille.

Elle pensa à sa voisine qui allait mal depuis que son mari l’avait quittée, elle devrait passer lui remonter le moral, elle se dit qu’elle devrait rentrer préparer le repas. Elle soupira, sa pause était terminée. L’apaisement qu’elle avait ressenti au début s’était fait la malle et toutes les questions qu’elle se posait et dont elle n’avait pas les réponses dansaient la sarabande dans sa tête. Et si elle tombait malade, qui s’occuperait de son homme et de son chien ? Aurait-elle assez d’argent pour aller en maison de retraite ? Elle ne souhaitait pas être à la charge de ses enfants.

Elle se tourna vers Philémon, il avait disparu.

Aujourd’hui, c’est une Camille tristounette que je t’ai présentée. Une Camille différente reviendra, elle peut être toi ou ta voisine, elle se posera autant de questions, n’aura toujours pas les réponses parce qu’elle craint l’avenir et qu’elle ne sait pas de quoi il sera fait, mais Camille peut-être aussi très optimiste, pleine de pep’s et d’envie de découvrir de nouvelles choses ou de faire ce que pendant sa vie active, elle n’a pas eu le temps d’exploiter.

Mais qui est Philémon ?

© Isabelle-Marie d’Angèle (Juin 2023).

À très vite…