J’ai trouvé ce joli dicton qui n’a rien à voir avec la phrase du dessus 😏😉. En fait, je cherchais une rime qui pourrait coller avec MonsieurChéri et la Saint Michel. Comme il aime la nature et les oiseaux, j’ai fouillé et voilà !
Quand les hirondelles voient la Saint Michel, l’hiver ne vient qu’à Noël.
J’aime beaucoup les hirondelles mais nous n’en voyons plus beaucoup. Je me souviens gamine, j’avais une hirondelle que j’avais appelée Friseline qui revenait chaque année. Même si ce n’était pas forcément elle, j’aimais croire qu’elle revenait me voir. D’ailleurs, elle était seule et volait bas comme pour me saluer et me prévenir de son retour.
Je mets donc ces oiseaux à l’honneur avec ce joli poème de Auguste Lacaussade.
Aux Hirondelles
De l’aile effleurant mon visage,
Volez, doux oiseaux de passage,
Volez sans peur tout près de moi !
Avec amour je vous salue ;
Descendez du haut de la nue,
Volez, et n’ayez nul effroi !
Des mois d’or aux heures légères,
Venez, rapides messagères,
Venez, mes sœurs, je vous attends !
Comme vous je hais la froidure,
Comme vous j’aime la verdure,
Comme vous j’aime le printemps !
Vous qui des pays de l’aurore
Nous arrivez tièdes encore,
Dites, les froids vont donc finir !
Ah ! contez-nous de jeunes choses,
Parlez-nous de nids et de roses,
Parlez-nous d’un doux avenir !
Parlez-moi de soleil et d’ondes,
D’épis flottants, de plaines blondes,
De jours dorés, d’horizons verts ;
De la terre enfin réveillée,
Qui se mourait froide et mouillée
Sous le dais brumeux des hivers.
L’hiver, c’est le deuil de la terre !
Les arbres n’ont plus leur mystère ;
Oiseaux et bardes sont sans toits ;
Une bise à l’aile glacée
A nos fronts tarit la pensée,
Tarit la sève au front des bois.
Le ciel est gris, l’eau sans murmure,
Et tout se meurt ; sur la nature
S’étend le linceul des frimas.
Heureux, alors, sur d’autres plages,
Ceux qui vont chercher les feuillages
Et les beaux jours des beaux climats !
O très heureuses hirondelles !
Si comme vous j’avais des ailes,
J’irais me baigner d’air vermeil ;
Et, loin de moi laissant les ombres,
Je fuirais toujours les cieux sombres
Pour toujours suivre le soleil !
Saint-Nazaire, avril 1840
Auguste Lacaussade, Poèmes et Paysages, 1897
Comme c’est mercredi, revoilou MaLou et Millie. Une phrase piquée au vol qui a donné lieu à ce petit texte trop mignon (enfin je trouve 😏). J’ai repris une illustration qui me plait beaucoup. Je trouve que c’est tout à fait Millie. Je sais que normalement il n’y a pas de chat et MaLou n’a pas les cheveux blancs mais bon 😂 si je savais dessiner, je ferais tout ce que je veux 😂. Tout n’est pas parfait dans ce monde n’est-ce pas ? 😂
MaLou préparait le repas. Millie n’était pas loin comme toujours dans ces moments-là. Elle s’amusait avec le chien, regardait sans la regarder la télé, enfin c’était ce que pensait MaLou.
Alors qu’elle apportait les plats sur la table et appelait Millie, celle-ci lui demanda :
— Pourquoi tu ne joues pas au loto ?
Surprise MaLou répondit qu’elle ne gagnait jamais de toute façon, ça ne servait à rien de dépenser de l’argent pour rien. Millie prit alors son air de conspiratrice et lui affirma que là, elle était certaine qu’elle gagnerait le gros lot.
— Et pourquoi en es-tu si sûre ? demanda MaLou en riant.
— Parce que les numéros viennent d’être tirés à la télé. Je les ai notés pour toi, vas-y MaLou, vite, joue !
MaLou regarda sa petite-fille et ne réagit pas tout de suite, de peur de lui faire de la peine, voire même de la vexer.
— Ben quoi, pourquoi tu restes plantée sans rien dire ? Tu le savais pas que les numéros étaient tirés ? C’est pour ça que tu gagnes jamais. Mais aujourd’hui, je suis là MaLou et grâce à moi, tu vas être riche.
— Tu sais quoi Millie ? Tu es adorable, mais je crois que c’est encore fichu pour cette fois. Tu veux que je te dise un secret ? Les numéros sont tirés après que tout le monde ait joué et je me suis fait avoir, tu vois, je n’ai pas été assez rapide.
— Ouais ! Tu peux me le dire que j’ai rien compris.
Millie se mit à rire.
— Je me disais bien que c’était trop facile et qu’il y avait un truc qui collait pas. Et puis… comme tu sais toujours tout MaLou, si c’était comme ça que ça marchait, tu aurais gagné depuis longtemps.
Tout est dit ! (j’adore quand il paraît que MaLou sait toujours tout 😂 et que l’admiration dans les yeux de Millie brille, que du bonheur !).
L’atelier d’écriture chez Marie ici est relancé et j’avoue qu’il n’est pas facile ce nouveau défi. En voici l’intitulé : je vous invite à écrire de la poésie en prose (Ce genre se caractérise par sa brièveté, une apparente simplicité mais une densité bien réelle, une unité thématique, un jeu sur les images et une recherche de musicalité), sur le thème de l’odorat. Pas facile n’est-il pas vrai ?
Pour la famille Cheylard, rien n’est plus fort que les liens du sang. À Ruoms, en Ardèche méridionale, l’entreprise de construction et de rénovation qu’ont créée Magdalena et Damian compte désormais leurs trois fils, César, Martin et Bastian, et la petite dernière, Elena, jeune femme libre et indomptable. À la bastide, chacun vit en toute indépendance mais jamais très loin des autres.
Sous la chaleur brûlante de l’été, alors que la récolte des pêches va commencer, l’arrivée d’un saisonnier espagnol bouleverse ce bel équilibre et provoque une véritable onde de choc au sein de la famille. Les enfants s’interrogent, Bastian surtout, tant sa ressemblance avec l’Espagnol est frappante. Qui est ce mystérieux inconnu et qu’est-il vraiment venu faire à Ruoms ? Rongé par le doute, il finit par demander des explications à sa mère sur les origines de sa naissance, mais celle-ci s’enferme dans le silence. Prise au piège, Magdalena comprend qu’elle ne pourra plus taire bien longtemps un secret qu’elle garde en elle depuis quarante-deux ans. Accompagné de sa sœur, Bastian se rend en Espagne pour tenter de trouver des réponses. Ces bouleversements intérieurs auront-ils raison de la belle entente qui régnait jusqu’alors dans la fratrie ?
Tu le sais, j’aime les sagas familiales, celle-ci ne faillit pas à la règle même si elle est abordée différemment. Je m’explique : même si les liens familiaux sont bien présents, on est loin de la grande famille. Trois fils une fille, mais chacun est célibataire.
Tout ce petit monde travaille ensemble dans la rénovation, le père est toujours en activité et la mère fait la comptabilité.
Chacun vient diner le soir avec les parents. Ils n’ont que la cour à traverser, ils vivent ensemble non pas dans la même maison, mais dans des dépendances rénovées. La famille est là, mais je ne la trouve pas chaleureuse, ça ne change rien au fait que j’ai beaucoup aimé le roman. C’est juste une autre manière de représenter les liens du sang. Après, l’histoire se déroule en Ardèche, le caractère des gens est peut-être ainsi.
Elena, la petite dernière de quarante ans est certainement la plus rebelle. Elle vit sa vie et n’accepte aucune réflexion sur son train de vie. Elle sort avec ses amis, fait la fête et n’hésite pas à embarquer un homme avec elle s’il lui plait. Par contre, elle refuse toute attache.
Tout ce petit monde vit sa petite vie tranquille jusqu’à ce qu’un saisonnier qui ressemble étrangement à Bastian vienne tout chambouler comme un chien dans un jeu de quilles.
Un énorme secret va alors ressurgir et mettre à mal toute la tranquillité de la famille Cheylard. Magdalena, la mère qui règne sur sa famille, ne tolérant aucun écart, va devoir faire face. Va-t-elle le faire d’ailleurs ? Certainement, mais à sa manière et j’ai été déroutée. C’est alors que les enfants vont se rendre compte que finalement, ils ont tous été orientés par cette femme, dans leurs choix.
La famille qui semblait si unie va se fissurer peu à peu. Entre l’ainé de la famille, César, père d’une adolescente, qui va tomber amoureux d’une femme bien plus jeune que lui, et Elena qui au contraire ne veut pas entendre parler de ce client qui semble craquer sur elle, Magdalena va mettre un horrible marché dans les mains de ses enfants. Quant à Bastian, la découverte de ce qui lui a été caché va fortement le perturber et comme je le comprends. Il pourra compter sur sa sœur pour l’épauler dans la quête d’une vérité.
Magdaléna qui a pourtant beaucoup à se faire pardonner va, à mon humble avis, faire tout le contraire. Elle ne m’est pas sympathique cette femme ou alors je suis passée à côté d’elle. En parallèle, Damian le père de famille, je le trouve digne. Même lui ne reconnait pas sa moitié alors qu’ils ont fait un bon bout de chemin ensemble.
Amour, amitié, sens du devoir et liens du sang, tout y est et j’ai une préférence pour Elena, cette femme indépendante qui sait ce qu’elle veut mais n’hésite pas à venir en aide quand on lui demande.
As-tu lu ce livre ? Qu’en as-tu pensé ? Tu passeras un bon moment de lecture si tu fais le choix de le découvrir.
Ah ah trop d’actualité, j’ai toujours l’air dans la tête ! De plus, le clip est top, Bigflo et Oli sont toulousains. J’ai mes places pour aller les voir. Quant à Julien Doré, j’aime beaucoup mais je crois te l’avoir déjà dit 😁.
Coup de vieux
Eh, ma génération, elle a Elle a tout oublié des révisions du bac’ Elle veut un dealeur pas trop loin d’la fac Elle a grandi, elle s’en branle du regard des gens Elle veut un coup d’un soir mais qui dure deux ans On faisait des tours géantes en Kapla Et le tour du monde sur un cartable Elle grattait une piscine pour passer le mois d’août Te comptait les centimes pour s’attacher une couille de mammouth Des fois, plus de cadeaux, les parents séparés Elle s’est inscrite à la salle mais n’y est jamais allée Le lait toujours après les Chocapic Elle assume pas mais elle a dansé la tecktonik Défoncée, elle mate les Zinzins de l’Espace Elle écrivait des trucs au Blanco sur l’Eastpak High School Musical, Hannah Montana Karaoké du Lac du Connemara Asereje, de a, de eh Personne comprenait mais tout l’monde chantait Dans son salon, elle a des panneaux d’chantier Elle les collectionne quand elle est bourrée
Je vous parle d’un temps Que les moins d’vingt ans ne peuvent pas connaître Je vous parle d’un temps Que les moins d’vingt ans
C’était mieux avant Remonter le temps, premiers cheveux blancs J’ai pris un coup d’vieux C’était mieux avant Remonter le temps, premiers cheveux blancs J’ai pris un coup d’vieux
C’était mieux avant (woh, oh, oh, oh, oh) (Woh, oh, oh, oh, oh) j’ai pris un coup d’vieux
Bientôt quarante piges, j’ai connu Zelda J’ai vu jouer Régine et Jay-Jay Okocha Génération spleen, Booster ou 103 Les années défilent, qui se souviendra?
Ma génération, elle voudrait dormir, elle est épuisée Réussir ses partiels sans les réviser Faire la tournée des bars jusqu’à quatre heures du mat’ Puis, se taper des barres devant Mission Cléopâtre Encore choqué par Happy Tree Friends La farine sur le chewing-gum de deux mètres Elle a eu des Magix, elle a eu des Pogs Sur le 3310, y’avait Crazy Frog Big Baby Bop rêve de Tokyo Elle buvait un Yop devant Code Lyoko À cause de Tony, elle voulait faire du skate C’était Picasso quand elle était sur Paint Déjà nostalgique de l’ancienne époque Elle voudrait prouver à ses parents qu’ils avaient tort Elle s’en fout un peu d’savoir c’qu’il y a après la mort Elle débat sur qui était le meilleur Pokémon
Brûler les fils de son scoubidou (Ma-i-a hi) Dans la cuisine avec Adibou (Ma-i-a hu)
C’était mieux avant Remonter le temps, premiers cheveux blancs J’ai pris un coup d’vieux C’était mieux avant Remonter le temps, premiers cheveux blancs J’ai pris un coup d’vieux
C’était mieux avant (woh, oh, oh, oh, oh) (Woh, oh, oh, oh, oh) j’ai pris un coup d’vieux
Hélène, Lola, Lali, Josée Les années défilent sur le podium du spleen Pokémon, Titeuf, Beyblade, Diddl J’t’ai cassé comme Brice de Nice MSN, envoie-moi un wizz
Ce clip j’adore. Julien Doré ne sait pas du tout ce qui l’attend. Merci le Jukebox 💖.
Pourquoi ne pas m’inviter dans une illustration et regarder ce qu’il s’y passe …
Il fait plus frais, les vestes et les écharpes sont de sortie. Le parfum a changé et il y a comme une fragrance de champignon qui flotte.
Alors que certains regardent les feuilles tomber, d’autres préfèrent les fouler ou jeter des coups de pied dedans pour qu’elles s’envolent.
Eux, ils ont choisi de courir en riant, Elle sur son dos l’entourant de tout son amour, Lui la retenant pour qu’elle ne tombe pas. Leur joie de vivre fait plaisir à voir au point que je me retourne sur eux pour participer à leur bonheur et pourquoi pas leur en chiper un p’tit bout. Le bonheur ça se partage et c’est contagieux, autant en profiter. Ils sont loin du poème de Verlaine où Les sanglots longs Des violons De l’automne Blessent mon cœur D’une langueur Monotone.
C’est drôle comme le plaisir de retrouver cette saison ne ressemble pas au sentiment que ressentait Victor HugoL’automne est triste avec sa bise et son brouillard,Et l’été qui s’enfuit est un ami qui part.
Alphonse de Lamartine considérait l’automne autrement 👇
Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
Pour Maurice Carême, c’était une fête 👇
L’automne, au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte.
Alors que Anna de Noailles mettait les feuilles à l’honneur 👇
Les feuilles dans le vent courent comme des folles ;
Elles voudraient aller où les oiseaux s’envolent,
Mais le vent les reprend et barre leur chemin :
Elles iront mourir sur les étangs demain.
Et toi comment vois-tu l’automne ? Es-tu triste que l’été soit parti ? (en sachant qu’il reviendra l’année prochaine 😏) Tu ‘las bien compris, j’aime l’automne 💖.
C’est en croquant dans une prune du Lot et Garonne que m’est revenus tous ces souvenirs et que ce poème s’est imposé. Goût jamais oublié, jamais égalé. Souvenirs d’enfance qui ressurgissent juste avec une prune… je ferme les yeux.
Alex venait d’emménager. Le camion était reparti et il regardait tous les cartons qui envahissaient le nouvel espace qu’il ne connaissait pas encore. Ses parents, pas trop disponibles, lui avaient fait comprendre gentiment qu’il devait les laisser tranquilles, alors il errait seul au hasard. Elles étaient vides et froides. Seuls les meubles bien connus déjà installés le rassuraient : ici, le bahut de la cuisine, là, la banquette du salon où il se nichait dans les bras de maman d’habitude.
Il grimpa l’escalier pour découvrir sa chambre. Son lit était arrivé et ses jouets aussi. Ses parents avaient recréé en premier son coin à lui pour qu’il ne se sente pas trop dépaysé, mais Alex avait le cœur gros, il était tout seul. Enfin, pas tout à fait, Zébra son doudou lui faisait de l’œil depuis la couette. Il le serra contre lui.
Soudain, une musique extérieure vint lui taquiner les oreilles. Il s’approcha de la fenêtre et s’y s’accouda. Il remarqua une énorme bâtisse style château comme dans ses livres de chevalier de l’autre côté de la haie. Elle l’appelait cette maison ! Curieux, il quitta sa chambre abandonnant Zébra, à cinq ans il était grand. Ils’aventura dans le jardin.
La haie était haute, aucun moyen de regarder au-dessus. Alors il se baissa. Ce n’était pas mieux.
Il avança à quatre pattes pour chercher un trou qui lui permettrait de voir ce qu’il se passait derrière. Il réussit à y enfourner la tête et se trouva nez à nez avec une truffe humide. Un coup de langue bleue lui balaya la figure. Alex se recula, surpris. Il aperçut alors deux pattes qui grattaient à toute vitesse. Un chemin se dessina. Le petit garçon le suivit et passa sous la haie. Il découvrit son nouvel ami qui remuait la queue de plaisir. Un superbe Chow-chow le regardait avec des yeux remplis d’amour. Alex enfouit ses mains dans la tête de lion toute douce. Il n’avait jamais vu un tel animal. Quand celui-ci se coucha à ses pieds, il n’hésita pas, il grimpa sur son dos. Comme s’il n’attendait que ça, le chien se leva calmement et tous deux, ils partirent à la découverte du jardin.
Fleurs à profusion multicolores, allées parsemées de jolis cailloux rosés, Alex se croyait le chef de ce royaume. Il regrettait son costume de chevalier, c’est sûr qu’avec son épée et son bouclier, il aurait été magnifique.
— Charlot ? Charlot ?
Une petite voix inquiète appelait. Le chien dressa les oreilles et démarra brutalement. Alex se cramponna à la crinière pour ne pas tomber. Il faillit éclater de rire parce que ça devenait très excitant cette histoire, mais en même temps il avait la trouille.
S’ensuivit alors une course effrénée à travers les pelouses qui stoppa net aux pieds d’une brunette en larmes devant le perron de la grande bâtisse. Alex passa par-dessus la tête de l’animal et s’écrasa à plat ventre. Vexé et un peu étourdi par la chute il resta au sol.
— Tu t’es fait mal ?
Le chien, du museau, bousculait le gamin pour qu’il se relève. Alex se mit debout, regarda ses genoux écorchés et ravala ses larmes. Il n’allait pas pleurer devant une fille quand même !
— T’as mal ? La fillette désignait ses genoux.
— Non.
— Comment tu t’appelles ? Moi c’est Rose.
— Alex.
— Bonjour Alex.
Elle l’embrassa sur la joue.
— T’as plus mal ? Maman me fait toujours ça, elle dit que c’est un bisou magique.
Ils avaient les mêmes mamans, lui aussi y avait droit quand il avait du chagrin. Il regarda mieux la fillette : deux couettes avec des élastiques roses, des yeux bleus…
— J’ai quatre ans, et toi ?
Elle n’attendit pas la réponse et se blottit contre son chien.
— Tu as fait connaissance avec Charlot ? Il est beau hein ? Il n’est rien que pour moi, mais je veux bien le partager avec toi. T’habites où ? Moi, ça ne fait pas longtemps que je suis arrivée ici. Mon papa, il voyage beaucoup et ma maman est triste quand il n’est pas là, alors il lui a acheté une grande maison avec des fleurs pour qu’elle le soit moins.
Alex commençait à ressentir des picotements aux genoux. Il baissa la tête et vit le sang couler. Il eut du mal à retenir ses larmes.
— Pourquoi tu pleures ?
Rose de sa petite main les essuya.
— Viens, maman va te soigner.
Pris de panique à l’idée qu’on lui pschit un truc qui pique, Alex refusa.
— Non ça va, je vais repartir.
Aussitôt, Charlot qui avait compris la demande du gamin, s’allongea pour qu’Alex puisse grimper sur son dos, Rose fit de même et passa ses mains autour de la taille de son nouveau compagnon. Le Chow-chow se mit en route, au pas. Arrivé devant la haie, Charlot s’allongea à nouveau et les enfants purent descendre. Alex fit une dernière caresse à l’animal et regarda Rose :
— Je vais passer dessous, ma maison est de l’autre côté, je viens d’emménager.
— Je peux venir avec toi ?
— Et ton chien, tu vas le laisser tout seul ?
— Non, il me suit partout.
Alex hésita, ses parents ne voulaient pas d’animal chez eux, mais peut-être qu’ils seraient trop occupés pour s’en rendre compte.
— D’accord, tu me suis.
Il passa le premier et se retrouva dans son jardin qui lui parut bien petit. Rien n’avait changé à part papa qui lui faisait de grands signes et accourait vers lui la mine sévère.
— Où étais-tu passé Alex ? Combien de fois faudra-t-il te dire de nous avertir quand tu pars dans tes excursions bizarres.
— J’étais juste de l’autre côté. Je te présente Rose et son chien, Charlot.
Les bras croisés et le regard fixé sur lui, son père l’interrogea :
— Tu recommences Alex ?
Le petit garçon se retourna et ne vit personne. Il se baissa pour montrer le trou dans la haie, Charlot n’avait peut-être pas pu passer. Rien. Il contempla ses genoux et soupira.
— Pardon, papa, je ne le ferai plus.
La tête basse, il repartit vers la maison, grimpa l’escalier et s’enferma dans sa chambre. Zébra l’attendait sagement sur son lit. Il regarda par la fenêtre. Rose lui faisait signe et Charlot aboyait joyeusement en sautant autour d’elle. Il entendit son père crier :
— J’espère que ce chien ne va pas faire ce bruit toute la journée !
Charlot se tut aussitôt et Rose envoya un baiser du bout des doigts à Alex.
J’aime faire parler les objets alors j’ai imaginé ce que peuvent se raconter les couteaux et les fourchettes dans un tiroir. Pour corser un peu le travail d’écriture, j’ai lancé le jukebox qui m’a dressé quelques titres et je les ai insérés dans l’histoire.
Voici la playlist : Ne me quitte pas (Jacques Brel) – La recette (Slimane) – Ce soir (Amir) – Ps Je t’aime (Christophe Willem) – Sans moi (La Zarra) – Elle danse encore (Shym) – C’est bon (Emma Peters) – Coup de vieux (Bigflo et Oli). – On a pris le temps (grands corps malade) – Message personnel (Françoise Hardy) – Laisse aller (Claudio Capéo) – Encore et encore (Francis Cabrel) – C’est ma vie (Adamo).
Voici l’histoire 👇
– Je m’ennuie, soupire P’titedent
– Elle danse encore, répond en baillant L’Éplucheur, tu n’es pas près de sortir de ton tiroir, Laisse aller.
Il en avait assez d’éplucher encore et encore. Parfois les légumes étaient moches et flétris alors il s’échinait pour rien. Elle suivait pourtant la recette, mais elle n’était vraiment pas douée et souvent parce qu’elle était très occupée, elle oubliait ses carottes et patates dans un coin.
– On n’est pas bien tous les deux murmura L’Éplucheur en se rapprochant de P’titedent. Le tiroir est bien rangé et…
– Pas si bien que ça, rit P’tite dent, qu’est-ce que tu fais dans ma rangée ? Tu ne devrais pas être avec tes potes ?
– Elle s’est encore trompée et puis je ne les aime pas trop les autres, trop pointus parfois ils me piquent quant à CoupePain avec ses dents de requin, il fait le malin.
– Tu as pris Un coup de vieux l’ami, clama Opinel du fin fond de l’armoire, tu radotes. Un jour Elle va te mettre à la poubelle. Avec un peu de chance, tu seras recyclé.
– Parle pour toi, regarde où elle t’a fourré, rugit L’Éplucheur.
– Je suis avec le Laguiole tandis que toi, allez avoue, t’es où ? Nulle part. En fait, tu n’as pas ta place ici. Je me demande où elle t’a dégoté d’ailleurs, Elle qui est fan de couteaux. Tu ne ressembles à rien, tu es tout petit et racorni.
L’Éplucheur se regarda. Effectivement, il n’avait aucun poinçon qui attestait sa notoriété. P’titedent se rapprocha.
– Ne les écoute pas, ils font les malins parce qu’ils sont jaloux.
– N’empêche, tu pars souvent Sans moi et à chaque fois, je crie dans ma tête Ne me quitte pas mais tu t’en moques.
– Est-ce ma faute si Lui, préfère son Opinel ?
– Ouais, mais tu fais ta belle, d’ailleurs, tu te maries avec tous, toi ! Tandis que moi, je sers pour éplucher les carottes, les pommes de terre… Je ne suis jamais astiqué. Toi, tu brilles comme les autres.
– Et c’est reparti ronchonna Opinel. On n’est pas de la même classe que veux-tu que je te dise ! On a pris le temps de te l’expliquer quand même !
– Vous faîtes les malins, mais s’il n’était pas là, réagit p’tite dent, vous ne sortiriez pas beaucoup de votre tiroir. Il faut bien que les légumes soient déshabillés pour que vous puissiez entrer en action.
– Regarde-la protéger son amoureux, ricana Opinel, c’est un vrai message personnel que tu lui envoies là ! Comme s’il ne pouvait pas se défendre tout seul.
L’Éplucheur commençait à s’agacer. La musique s’était arrêtée. Il entendit qu’Elle s’approchait de l’armoire en chantonnant. La lumière se fit d’un coup et le tiroir fut tiré d’un coup sec, ils se cognèrent les uns contre les autres mettant ainsi la pagaille.
L’Éplucheur se retrouva collé contre P’titedent qui murmura :
— Ps Je t’aime.
Il l’entendit à peine, il fut enlevé dans les airs et se retrouva près d’une feuille de papier journal et de quelques courgettes. Saisi par une main adroite, il se mit à chantonner en épluchant : C’est bon de faire ce travail, si je n’étais pas là, qui le ferait ? Les autres couteaux ne savaient pas faire comme moi.
Les pelures des légumes tombaient régulières et L’Éplucheur se sentait fier. Bien sûr, il n’était jamais à l’honneur sur la table décorée, il n’accompagnait jamais P’titedent et il restait souvent sur l’évier, attendant qu’on le nettoie avant d’être rangé alors que les autres partaient. C’est ma vie pensa-t-il et finalement il en était fier.