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  • Jeux d’écriture – #6

    22 mars 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Ici un atelier d’écriture est proposé avec la photo ci-dessous et la citation à inclure dans le texte Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Voici ma participation :

    Lisa détestait l’anglais, mais elle aimait bien son prof. Il avait un accent qui la faisait fondre. Et ses yeux ! D’un bleu lagon à tomber ! Il était américain, elle en était sûre. Un jour il l’emmènerait avec lui, elle en était persuadée. Elle fixait par la fenêtre le mur d’en face ou les mots French Kiss s’étalaient en rouge et blanc.

    — Ferme la bouche ! Tu ressembles à une carpe.

    Mariette, sa meilleure amie lui filait un coup de coude.

    — Tu vas nous faire repérer.

    Lisa sourit. Elle ne demandait que ça de se faire repérer par Dylan. Dylan et Lisa, ça sonnait bien.

    — Je tenais à vous prévenir que la semaine prochaine, vous aurez un remplaçant.

    — Quoi ?

    Lisa se leva d’un bond à la surprise générale. Mariette la tira en arrière pour qu’elle se rassoie. Son professeur haussa les sourcils.

    — Je n’avais pas réalisé que vous étiez aussi assidue en anglais ? Je pensais même au vu de vos notes que nous n’en aviez rien à faire. Mais rassurez-vous, ajouta-t-il devant la mine renfrognée de la collégienne, mon collègue est très compétent.

    Lisa baissa la tête et ne répondit pas. La sonnerie retentit et la classe se vida rapidement. Mariette tenta d’emmener son amie, mais celle-ci lui fit signe de partir sans elle. Elle traina pour ranger ses affaires et s’approcha de son professeur.

    — Vous rentrez dans votre pays ?

    Il leva la tête et contempla la jeune fille.

    — Je prends quelques jours pour retrouver ma femme qui va accoucher.

    Devant la mine déconfite de son élève, il précisa :

    — C’est ringard je sais, mais elle me manque et comme disait le dramaturge espagnol Félix Lope De Vega, Le début de l’absence est comme la fin de la vie. Sans elle, je suis complètement à l’ouest. C’est comme ça que vous dites n’est-ce pas ?

    Il boucla son cartable et l’invita à sortir. Elle osa le retenir par la manche et débita d’une traite :

    — Moi, ce sera la fin de ma vie quand vous serez parti.

    Elle s’enfuit en courant.

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  • Jeux d’écriture – Les fées et le printemps

    10 mars 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Ici chez Marie, un nouvel atelier d’écriture avec ces mots à placer dans l’ordre : euphorie, menthe, cassette, plan, hydratation, secours, reprographie, filtration, fontaine, nuage.

    Voici donc ma participation :

    C’était l’euphorie au pays des fées. Installées dans leur jardin, leur royaume invisible pour l’homme, l’une sur une corolle de fleurs, l’autre sur une branche de tilleul, elles humaient l’odeur de menthe qui se dégageait du massif.

    Le printemps se profilait et il était l’heure de découvrir la cassette.

    La reine, Titiana, de sa baguette, l’ouvrit. Comme chaque année, chacune savait qu’elles devraient suivre le plan bien établi depuis la nuit des temps.

    Les plus curieuses Margot et Flora se penchèrent sur la feuille rose. Mélusine et Viviane pouffèrent comme d’habitude. Elles parièrent entre elles que la première chose qu’elles devraient surveiller et réguler était la bonne hydratation des graines, des fleurs, du terrain, blablabla.

    Titiana les regarda et leur intima d’un coup de baguette sur leurs ailes de se tenir à carreau.

    — Au secours, fit mine de crier Mélusine en se secouant.

    Devant l’air offusqué de Titiana et le coup de coude de Viviane, elle se tint coite et baissa la tête. Ce n’était pas le moment de la ramener, elle pourrait être mise à pied et devoir rester enfermée dans son bocal. Elle se rappelait qu’elle n’était pas à prendre avec des pincettes quand il s’agissait du règlement.

    Pour la première fois de l’histoire, une reprographie de la nature apparut.

    — Il faut bien être à la page, remarqua la reine.

    Toutes les fées battirent des ailes, joyeuses. Elles applaudirent devant ce qu’elles découvraient.

    — Vous savez bien mes amies, que la nature n’en peut plus de tous ces déchets qui se déposent partout. Même l’eau en a perdu de sa pureté cristalline. Aussi, pour la première fois, nous allons devoir procéder à sa filtration.

    Toutes soupirèrent. Elles le voyaient bien que personne ne faisait plus attention à Dame Nature. Celle-ci était d’ailleurs venue se plaindre à maintes reprises, notamment quand elle comprit que la fontaine de vie s’essoufflait. Elles avaient réussi à la remettre à peu près d’aplomb, mais elle restait fragile. Un rien pouvait la faire basculer…

    Mais les fées étaient optimistes et travailleuses, elles veilleraient comme toujours. C’était le moment de recevoir de la main de la reine toute l’énergie suffisante pour tenir toute la saison avant l’approche de l’été. Elles baissèrent la tête et un nuage de poudre de fée s’abattit sur elles. Elles s’ébrouèrent en secouant leurs ailes, éclatèrent de rire et s’envolèrent chacune pour être à leur poste.

    À très vite…
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  • Atelier écriture 2022 #4

    2 mars 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Je participe à l’atelier d’écriture de Marie ici . Que m’inspire cette image ?

    Jules contemplait ses chaussures. Il n’osait pas rentrer chez lui. Il craignait de se faire gronder. Il savait bien qu’il n’aurait pas dû racler le bout de ses pieds sur le béton, maman ne cessait de lui répéter que ça les abîmait. Elle n’allait pas lui en acheter une paire toutes les semaines.

    Mais c’était tellement chouette de faire de la trottinette. Quand elle allait vite, il adorait freiner et laisser trainer ses pieds. Oui, mais voilà, ses chaussures n’appréciaient pas du tout le sort qu’il leur réservait.

    En plus, il les aimait ses baskets rouges. Bien sûr, elles avaient perdu un peu de leur couleur éclatante, mais quand même ! Il était le seul de la classe à en posséder de cette couleur. C’était lui qui les avait repérées dans le magasin.

    Maman l’avait prévenu qu’elles ne résisteraient pas au régime qu’il leur imposerait. Elles n’étaient pas assez solides. Il avait insisté et promis sur la tête de son doudou qu’il ferait attention. Oui, mais ça, c’était il y a deux semaines.

    Aujourd’hui, il restait planté devant la route à traverser pour rentrer chez lui. Il avait peur de se faire disputer et aussi… de perdre son doudou. Ne dit-on pas qu’en promettant sur la tête de quelqu’un, qu’il lui arrivait malheur si la promesse n’était pas respectée ?

    Tête basse, il soupira.

    — Jules ?

    Surpris, il leva la tête et découvrit sa grand-mère.

    — Bonjour mon chéri. Tu m’attendais ? Je parie que tu es pressé d’aller faire du shopping avec moi comme je te l’avais promis. Dis-moi qu’est-ce qu’il te ferait plaisir ?

    À ton avis que va demander Jules ?

    À très vite…

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  • Jeux d’écriture

    25 février 2022
    Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Tu l’as bien compris, j’aime me promener au fil des blogs et je découvre l’atelier d’écriture de la bulle atmosphérique ici .

    Avec les mots vacances, soupape, discours, horloge, soupir, zone, accumuler, procession, candeur, rente et l’ajout de 5 mots ayant pour terminaison – aire, j’ai inventé une petite histoire. J’ai corsé la chose en les mettant dans l’ordre de suggestion. Voici ce que ça donne 👎

    Aglaé et Casimir partaient en vacances. Ils chargeaient avec méthode la voiture. Tout était classé comme dans Tetris. Rien ne dépassait et chacun tirait un point d’honneur à être le meilleur. Ils n’étaient pas adversaires, non, plutôt exemplaires.

    Les jumeaux, Alex et Aline, les regardaient avec admiration.

    — Papa c’est quand qu’on part ?

    Casimir pour les faire patienter, se mit au volant et tourna la clé de contact. Rien.

    Consternés, ils se regardèrent en silence. Aglaé murmura.

    — Je parie que c’est la soupape de sécurité, le garagiste t’avait prévenu. Mais tu as voulu en faire uneaffaire personnelle. Tu as décidé toi-même que tu allais réparer ça tout seul. Nous voilà bien.

    — Du coup, on sera quand même à la mer pour mon anniversaire ? demanda Aline, remplie d’espoir.

    Casimir se lança dans un discours dont il avait le secret pour se disculper. Sa femme et les enfants jetèrent un œil discrètement sur l’horloge du tableau de bord et lâchèrent en même temps un soupir de lassitude. Il parla de sa zone de confort qu’il avait voulu quitter. Il expliqua qu’il ne désirait pas accumuler les factures en allant encore chez le réparateur. En procession devant lui, femme et enfants l’écoutaient religieusement un sourire aux lèvres.

    Ils connaissaient par cœur ce discours qu’il récitait toujours avec candeur quand il était en faute. En attendant, l’heure tournait et les envies de baignade au bord de la mer s’éloignaient à vue d’œil.

    Aglaé prit le taureau par les cornes et appela leur sauveur. Malheureusement, en plein inventaire, il ne put les dépanner.

    Ils s’assirent en rond devant le véhicule. Puis Casimir se tapa le front de sa main.

    — Et si je demandais de l’aide à Tante Agathe ? Sa voiture toute neuve dort dans son garage depuis belle lurette. J’ai refusé qu’elle me verse une rente, ce serait extraordinaire qu’elle me fasse faux bond. Ils se levèrent en même temps. Les enfants reprirent du poil de la bête et Aline se projeta immédiatement dans les vagues bleues.

    À très vite…

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  • Ce petit chemin …

    12 janvier 2022
    J’ai quelque chose à vous dire, Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    Lorsque je commence une histoire, une fois les personnages trouvés, je plante le décor. Je t’explique mon petit rituel. Je mets de la musique, en général du jazz. Une bonne ambiance chaleureuse, un air de piano, de saxophone, et mon imagination s’emballe.

    C’est là que mon petit chemin apparait …

    Ceci contient une image de :

    Il peut être ainsi et me plonger dans une atmosphère bucolique. Que vais-je trouver au bout du chemin ? Ici, nous sommes à la belle saison et les fleurs s’en donnent à cœur joie. J’entends le coucou chanter dans un arbre. Peut-être qu’au fond, apparaitront un cerf et ses biches…Ecoute, j’entends le murmure d’un ruisseau.

    Peinture de paysage - Summer On The Farm par Robin Moline

    Changement de décor. Tiens un village 😊 J’imagine aussitôt la vie à l’intérieur. C’est un peu ce qui s’est passé pour Cupidonetmoi.com. J’entends le chien aboyer. Comment ça tu ne le vois pas 😄 si si regarde bien, il court dans le pré. Il y a même du linge qui sèche, il y a un peu de vent. Je sens aussi le parfum de la lessive. Le tracteur gronde dans un hangar, il ne va pas tarder à sortir. Il fait beau.

    Ceci contient une image de : Découvrez le mail Orange !

    Ici, nous sommes au cœur d’un village et la ville est plus loin. C’est faiblement éclairé, peut-être sommes-nous en fin de journée. J’imagine bien et je l’entends surtout, le brouhaha d’un marché en bout de rue. Pas toi ?

    Ceci contient une image de : la meilleure saison (Avril,Mai,Septembre,Octobre)

    Il pleut, il fait froid et le soir tombe vite. Nous sommes en hiver, les lampadaires éclairent faiblement le pont. Heureusement, parce que ça glisse, je dois faire attention où mettre les pieds. J’entends l’eau couler dessous ou alors… oui c’est plutôt ça une route. Il y a du monde qui passe dessous. Si je me penche, je verrai les phares des voitures se suivre comme un serpent qui se déroule.

    Elle est belle cette route mais un peu angoissante. J’ai l’impression que les arbres vont m’engloutir. C’est une belle entrée en matière pour une histoire fantastique 😊. Et si au bout du chemin, j’étais aspirée et disparaissais ? Dommage, cette petite route me plaisait bien. Mais peut-être que je me trompe et qu’au fur et à mesure que j’avance, les arbres s’ouvriront devant moi pour laisser apparaitre un château 😂. Comme quoi, il ne faut pas grand chose pour changer le cours d’une histoire.

    Dolomites / Italy (by Christian) | via It's a beautiful world

    Finalement, je m’assois, je regarde et j’écoute. Je me laisse imprégner par l’ambiance, les parfums et j’écris…

    Et toi, qu’est-ce qu’il y a au bout de tes chemins ? Es-tu plutôt ville ou campagne ? Mer, montagne ? T’arrive-t-il de t’arrêter sur un banc et d’écouter ? Raconte-moi en commentaires.

    Bitmoji Image
    À très vite…
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  • Histoire avec des mots proposés

    9 janvier 2021
    Jeux d’écriture

    C’est le sur le blog ici que j’ai trouvés les mots : Retrouvailles, confinement, cœur, amour, distance, correspondance, téléphone, train, baiser.

    Ecrire une histoire avec ces mots, merci fran_84

    Voici donc mon texte :

    Il en rêvait tellement de ces retrouvailles. Mais le nouveau confinement en avait décidé autrement. Ce mot, il l’entendait tous les jours. Il rythmait sa vie. Terminés les promenades, les rires, les parties de ballon. Certes, il n’était pas abandonné, il n’était pas malheureux, mais tout avait changé.

     Son cœur n’en pouvait plus de ne pas la retrouver. Il battait toujours, mais au ralenti. Ce n’était vraiment pas de chance ne plus être près de celle, dont les yeux le regardaient avec tellement d’amour.

    Sa décision était prise. Il allait s’enfuir. Il n’y connaissait rien en kms. Mais il allait se débrouiller.

    Dans la voiture, la distance parcourue pour l’éloigner d’elle lui avait semblé longue. Il s’était endormi sur la banquette arrière du véhicule et quand il s’était réveillé, il faisait nuit. Pourquoi, ne l’avait-elle pas accompagné ? Elle ne l’abandonnait jamais d’habitude. Il ne savait pas compter, mais il sentait bien que ça faisait beaucoup de jours qu’elle ne l’avait pas pris dans ses bras.

    Une porte ouverte, une minute d’inattention, à lui la poudre d’escampette. Par où aller ?

    Un mot lui revint en tête, mais il ne savait pas ce qu’il voulait dire : correspondance. Il se rappelait qu’elle courait justement à cause d’elle, elle allait la manquer qu’elle disait.

    Il leva la tête et huma l’air. Il l’avait tellement accompagnée dans ses promenades, qu’il essaya de se rappeler comment elle faisait pour se diriger. Évidemment, il n’avait pas de téléphone, il aurait bien eu du mal à s’en servir.

    Pas question non plus de prendre le train, il allait se faire rapidement repérer.

    Armé de tout son courage, il commença à courir. De temps en temps, il s’arrêtait pour respirer.

    Il avait perdu de sa superbe au bout de plusieurs jours, mais il était fier de lui, il était revenu à sa maison. Il gratta à la porte. Il avait faim, il avait soif.

    C’est la voisine qui le recueillit. Elle le caressa, le flatta, le brossa, en lui répétant qu’il devrait encore patienter, mais que bientôt sa maîtresse le serrerait dans ses bras. Elle était à l’hôpital à cause du virus. Qu’est-ce qu’il l’a entendu ce mot-là aussi, même qu’on croyait qu’il pouvait l’attraper.

    Il ne pensait alors qu’au baiser qu’elle allait lui donner quand il la retrouverait. Couché dans son panier, les yeux mi-clos, il sentait déjà son parfum et ses mains qui farfouillaient dans sa fourrure.

    Il était prévenu, elle était faible. Il ne fallait pas qu’il saute sur elle quand elle arriverait. Mais qu’est-ce qu’ils croyaient les gens, il était fou de ma maîtresse, il savait bien comment il devait faire.

    Elle était là. Il s’approchait tout doucement. Il a eu du mal à retenir sa queue qui frétillait de bonheur. Il la regarde, elle aussi. Sa main se tend vers lui, il avance sa tête. Dieu ! que c’est bon de sentir comme il lui avait manqué et que son amour pour lui n’avait pas changé.  

    La voisine lui raconte qu’il a fait tout le chemin pour la retrouver. Elle le félicite, elle ne le lâche pas, il est collé à ses jambes, le regard accroché au sien.

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  • Au jour le jour

    30 décembre 2020
    Jeux d’écriture

    Je vous offre ce bouquet d’amitié

    M imosa

    E delweiss

    R ose

    C oeur de marie

    R hododendron

    E glantier

    D ahlia 

    I ris

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  • Un cadeau pas comme les autres

    29 décembre 2020
    Jeux d’écriture

    Sur le blog de Jérome Daquin ici l’idée était d’offrir un cadeau pas comme les autres, la consigne était qu’il fallait que ce soit un humain mais pas un un animal. Il fallait écrire le mode d’emploi pour utiliser ce cadeau. Voici donc mon texte :

    Quand la sonnette tintinnabula, Jules terminait de se raser. Un coup d’œil dans le miroir de l’entrée avant d’ouvrir la porte le rassura, il n’avait plus de mousse blanche sur le visage.

    — Mais qu’est-ce que ?

    — J’ai un colis pour vous. Vous êtes bien Jules CESAREZ ?

    — Oui c’est bien moi, mais je n’ai rien commandé.

    Le transporteur n’écoutait même plus. Pressé de terminer sa tournée, il déchargeait le carton, l’amenait dans le hall à l’aide d’un chariot, lui faisait signer le bon de livraison. Jules n’avait pas encore réagi qu’il était parti.

    Heureusement qu’il était à l’endroit, parce qu’il n’était pas facile à remuer. Jules tourna autour. Les étiquettes « haut » « bas » « fragile » le rassuraient à moitié.

    Curieux, il inspecta l’adresse. C’était bien lui. Jules CESAREZ, impasse des arènes.

    Il alla chercher une paire de ciseaux dans le tiroir de son bureau et commença à enlever le papier qui enroulait le carton.

    Pas un mot, pas une carte, rien ne le renseigna sur la provenance du cadeau. Sauf un post-it jaune où « Joyeux Noël » le narguait.

    — Mais…

    Jules n’en crut pas ses yeux surtout quand il se trouva face à une deux billes noires qui le fixaient.

    — Mais…

    — Ce n’est pas le mois de mai…

    Il sursauta. Le cadeau parlait.

    — Il va falloir que tu me programmes sinon, ça va vite tourner en rond et je n’aurais pas de conversation. 

    Il arracha le carton et une femme de sa taille, de son âge, jolie, le regardait.

    Jules était veuf depuis longtemps. Ses enfants ne cessaient de lui répéter de refaire sa vie, mais il n’y parvenait pas. Clothilde lui manquait trop.

    Une notice d’explication était scotchée.

    Pourquoi faire ? Il n’avait pas envie de ce cadeau bien trop encombrant. Ce n’était pas son truc tout ça. Un engin connecté ? Il avait internet parce que ses gosses lui avaient payé et insisté lourdement. Ils allaient l’entendre.

    Il déploya quand même le papier. Il avait de la chance, il le français était en premier.

    Tout d’abord, il devait trouver la clé pour la déverrouiller. Il chercha l’endroit pour l’introduire. Elle était si petite qu’une fois à sa place, il ne la voyait plus.

    Aussitôt, les yeux de la dame battirent, comme si elle se réveillait d’un long sommeil.

    Il parcourut le deuxième paragraphe. Il devait converser avec elle de manière à ce qu’elle enregistre ce qu’il aimait. Ainsi, elle pourrait dialoguer avec lui. Mais, ce qu’il n’avait pas lu c’est qu’il devait lui donner un prénom, auquel elle répondrait à chaque fois qu’il l’appellerait ou lui parlerait. C’était normal, quand même.

    Jules se gratta la tête signe de profonde réflexion. Clothilde ? Impossible. Sa femme adorée allait se retourner dans sa tombe. Totalement immobile, l’inconnue ne bronchait pas, mais son regard semblait le suivre.

    Julia, voilà ! comme ça, il ne l’oublierait pas. Jules et Julia. Donc, il devait le dire à haute voix et voir ce qu’il se passe.

    Jules hésitait à parler à cette femme. Pourtant, il le murmura. Rien ne se produisit. Évidemment, il n’avait pas dû le dire assez fort.

    — Julia !

    Rien.

    Il reprit la notice.

    Si vous ne constatez aucune réaction, c’est que le prénom ne lui convient pas.

    Jules jeta le papier sur la table et bougonna qu’elle aille se faire voir ailleurs. Il allait tout mettre à la poubelle et voilà. Sauf que… on ne jette pas une femme aux ordures. Comment allait-il expliquer ça à ses voisins s’il était aperçu. Il regarda à nouveau son cadeau et surpris, il découvrit une larme couler. Elle avait donc un cœur. Mais comment allait-il la nommer bonté divine ! comment savoir ce qui lui plaisait.

    Comme il en avait l’habitude, il appela son épouse à l’aide.

    — Si tu voyais ce qu’il m’arrive Clothilde !

    Aussitôt, la dame s’agita. Stupéfait, il la contempla sortir de son carton, se secouer la robe, lisser ses cheveux et… lui sourire.

    Il récupéra la notice et lut le troisième paragraphe.

    — Parlez-lui comme à une personne, présentez-vous, elle enregistrera tout et saura ce qui vous fait plaisir au fur et à mesure de ce que vous lui raconterez, lui montrerez et lui apprendrez.

    Jules se prit au jeu.

    — Bonjour, je m’appelle Jules.

    Ébahi, il l’entendit lui répondre.

    — Enchantée, moi c’est Clothilde.

    Et comme s’il la recevait comme une invitée, il lui offrit un café. Il alla chercher les tasses dans le buffet, mit en route la cafetière. Clothilde le suivait, enregistrait tous ses gestes et au moment où il allait la servir, elle lui désigna son fauteuil.

    — Je vais le faire.

    Il la regarda lui verser le liquide noir puis se diriger vers le placard. Elle y trouva une petite boite de biscuits qu’elle lui rapporta aussitôt.

    Il lui saisit la main et chercha de l’autre la notice.

    Le dernier paragraphe indiquait comment l’arrêter si elle devenait trop bavarde, trop active, bref si un bug survenait dans le programme.

    Il froissa le papier.

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  • Expression bien de chez nous

    3 décembre 2020
    Expression, Jeux d’écriture

    C’est la mer à boire

    Noël du Fail

    Chez https://lilousol.wordpress.com/2020/12/03/la-quintessence-de-la-sapience-48-52-2/ je repère Vous connaissez des expressions anciennes ? Vous en connaissez des rigolotes, des savoureuses, des savantes fleurant bon notre France ?

    La première expression qui m’est venue à l’esprit 

    « Ce n’est pas la mer à boire » traduisez, ce n’est pas compliqué, ce n’est pas difficile, tu vas y arriver…

    J’ai donc fait mes recherches et j’ai appelé G.

    Il s’agit du proverbe « C’est la mer à boire » cité par Noël du Fail dans ses propos rustiques datant de 1547, qui veut dire que ce projet est irréalisable, difficile et qu’on n’en voit pas la fin.

    Donc, l’expression ce n’est pas la mer à boire est l’inverse de ce proverbe 😂 et je l’ai entendue souvent !

    Pas vous ?

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  • Lever de lune

    29 novembre 2020
    Jeux d’écriture

    J’aime les nouvelles expériences. C’est pour ça que je participe pour le plaisir à l’expérience sur Maux&Cris https://widgets.wp.com/follow/index.html#

    Il s’agit d’ assembler photo et texte de deux manières différentes :

    1. La photo est l’élément principal. Illustrez-la avec votre texte,
    2. Le texte est l’élément principal. Illustrez-le avec votre photo.

    Voilà ma participation

    La Lune se lève alors que le soleil vient de se coucher.

    J’immortalise l’instant.

    Il devait être 19 heures quand de la fenêtre de la cuisine, j’aperçus Dame Lune qui se levait doucement mais sûrement.

    Je devais immortaliser l’instant pour ne pas l’oublier. Voilée par quelques nuages, Dame Lune se frayait un chemin parmi la brume du soir et un nuage qui traînait par là.

    Les arbres moitié endormis, se demandaient « est-ce le matin ? » la lumière réapparaissant.

    Alors que le soleil s’était couché de l’autre côté, Dame Lune faisait son entrée.

    Ils avaient encore raté leur rendez-vous ces deux-là !

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