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  • Chronique de Millie – Les carnets de Cerise – Tome 1

    2 août 2023
    Lectures lues, Mes chroniques

    Bonjour toi 😉

    Millie a lu tous les tomes de Cerise. Il y en a 6.

    — Lequel as-tu préféré Millie ? lui demande MaLou.

    — Celui-là, c’est sûr !

    — Es-tu prête à répondre à mes questions ?

    — Vas-y MaLou. C’est toi qui vas écrire ? Tu vas tout mettre en forme ce que je te dis ?

    Millie est assise sur la banquette derrière MaLou qui note. Elle prend son rôle très au sérieux de chroniqueuse d’un jour.

    — Tu t’en rends compte Millie, grâce à toi peut-être des enfants vont être intéressés par ce livre. Suivant tes réponses, ils vont avoir envie de le découvrir.

    Le sourire de Millie en dit long sur ce qu’elle ressent. MaLou est fière d’elle. Elles ne se regardent pas, MaLou écrit sur son carnet et tourne le dos à Millie qui répond du tac au tac à ses questions.

    — Qui est Cerise ?

    Millie est partie dans son histoire et voilà ce qu’elle pense de sa lecture.

    — Cerise est une petite fille de 10 ans et demi, elle est en primaire. Ses meilleures amies s’appellent Line qui aime faire des photos et Erica, une hyper active qui râle souvent.

    Cerise aime bien écrire parce qu’elle est copine avec une vieille dame, romancière. Quand elle était petite, elle lui donnait des exercices comme par exemple regarder et espionner les gens pour imaginer leur vie. C’est à partir de là qu’est venue l’envie d’écrire.

    J’aime bien Cerise parce qu’elle est gentille et drôle. Elle vit avec sa maman, son papa est mort quand elle était petite. Là on ne le sait pas encore, murmure Millie avec un clin d’œil, mais dans le tome 5, sa maman ne sera plus célibataire et Cerise aura un beau-frère.

    Cerise traine souvent avec madame Desjardins. Elle la voit souvent.

    MaLou interrompt Millie.

    — Qui est cette dame ?

    — Ben la romancière. C’est elle qui a fait connaitre plein de gens à Cerise. Bon je continue.

    Message reçu !

    — Cerise a fabriqué une cabane dans la forêt avec l’aide de ses copines. Un jour, elles voient un vieux monsieur avec un perroquet qui est couvert de peinture.

    — Le perroquet ou le vieux monsieur ?

    — Le monsieur, soupire Millie.

    MaLou sourit en écrivant sur son cahier.

    — Donc, comme elles sont intriguées, elles tentent de le suivre, mais elles ne trouvent qu’une plume de l’oiseau.

    Le lendemain, elles le revoient. Il est seul, le perroquet n’est pas avec lui. Il est toujours couvert de peinture. Alors elles le suivent pour en savoir plus. Il pleut, elles ne peuvent pas continuer, surtout qu’elles tombent sur un grand mur impossible à escalader.

    Enquêtrices, elles se rendent dans un magasin de peintures et demandent au vendeur s’il connait quelqu’un qui en a acheté beaucoup.

    Il dit que oui et donne même son nom, il s’appelle Michel Langer.

    Le lendemain, Cerise retourne dans la forêt et retrouve le perroquet, elle le suit. Arrivée, devant le mur, une petite fente lui permet de pister l’oiseau.

    Elle découvre alors des peintures d’animaux sur les murs et c’est magnifique. Elle lit un grand panneau où est écrit OSCAR et sur un rocher est allongé un lion.

    Elle grimpe dessus et aperçoit le vieux monsieur. Il est en train de peindre des ours polaires avec de la nourriture. Elle croit comprendre qu’il leur fabrique une vie. Cerise trouve ça très beau. Comme il fait une trace sur le mur, il s’énerve et jette de la peinture sur le mur. Cerise qui n’a pas sa langue dans sa poche demande pourquoi il fait ça. Il ne lui répond pas et continue à s’agacer contre le lion qu’il veut effacer à son tour. Elle l’en empêche. L’homme lui demande ce qu’elle fait là puis il lui raconte sa vie.

    Cet homme travaillait dans un zoo qui a fermé. Alors, pour le faire revivre, il peint les animaux sur les murs et la véritable vedette était Oscar le lion. Il voulait le peindre dans son enclos.

    Cerise raconte tout ça à ses amies elles décident qu’il faut réouvrir le zoo qui n’accueillera que des animaux peints. Elles demandent de l’aide aux enfants du quartier pour nettoyer le zoo.

    Le monsieur invente une nouvelle vie au tigre qui a un bébé. 

    Un jour, Madame Desjardins vient avec la maman de Cerise qui venait au zoo du temps où il y avait de vrais animaux. Elle n’est pas contente et a de la peine de le découvrir en peinture. Pourtant, elle appelle les parents pour qu’ils aident à faire revivre le zoo toujours en peinture.

    Madame Desjardins écrit alors un roman sur l’histoire du zoo qui s’appellera le zoo pétrifié. Ils ouvrent alors le zoo et un article dans le journal parait pour lui faire de la publicité.

    Morale de Millie : Il faut toujours aider les autres, c’est ce que fait Cerise. Et toujours aller au bout de ses rêves, comme Michel le vieux monsieur.

    Voilà, c’est pour ça que j’aime le tome 1, MaLou, parce qu’il n’est pas triste. Je conseille de le lire parce que ça parle d’animaux et que si un zoo comme ça existait, je ne sais pas si ça existe quelque part, ce serait magique.

    Ah oui et tu rajoutes MaLou que j’ai 10 ans et demie comme Cerise.

    À très vite…

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  • Les enfants et nous

    26 juillet 2023
    Jour des enfants

    Bonjour toi 😉

    Il y a des jours… 😂où on n’est pas synchro avec eux 😂

    Toi tu avais décidé de lire un livre au calme 😉 c’est raté.

    Il faut travailler 😨 du moins tu essaies 😉.

    Finalement, c’est mieux d’aller faire les courses. Ah oui ?

    Tu lui achètes une glace sur la plage et ça tourne à la catastrophe, il y a du vent les cheveux s’y collent, il fait chaud la glace fond 😂.

    Mais pourquoi même dans le bain, il s’y déchainent et mettent de l’eau partout ? Du coup, pourquoi ne pas faire des bulles avec eux ?

    Il vaut mieux en rire quand ils décident de se maquiller

    Beaucoup moins quand ils font la cuisine 😂

    Restez calme les parents, ils vous coiffent ! Même toi papa, ce ne serait pas drôle sinon 😂. Essaie même les chaussures de maman 😉.

    Comment ne pas craquer ?

    Bon mercredi 😉

    À très vite…
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  • MaLou et Millie dessinent, écrivent, bavardent.

    19 juillet 2023
    Jour des enfants

    Bonjour toi 😉

    MaLou a repris du service, je crois te l’avoir dit. Millie est ravie, elle trouve son bonheur dans les livres, les carnets, les cahiers et les dessins de MaLou.

    — Tu sais MaLou, je veux bien dessiner tes illustrations sur ton cahier de poésie.

    Millie regarde l’écran avec les poèmes de MaLou.

    — Celui-là, je veux bien le faire. Je vais m’entrainer sur une feuille et quand je serai prête, je le ferai pour de vrai sur ton beau cahier.

    Celui-là c’est le poème de l’épouvantail ici avec cette illustration.

    — Est-ce que ça plait MaLou ?

    MaLou ne sait pas quoi dire, tellement ce dessin lui plait.

    — Magnifique ma poulette 😊et j’ai vu que tu l’as signé.

    — Oui, comme toi tu l’as fait en dessous de te ta poésie.

    MaLou n’est pas satisfaite de son titre.

    — Je ne suis pas douée en calligraphie.

    — Tu sais MaLou, il faut t’entrainer. Moi, je trouve que c’est joli. Ton L est un peu… mais ça va quand même !

    Elle est gentille Millie, mais MaLou n’est pas convaincue et est déçue du résultat.

    — Tu en as une autre de poésie ? Je peux choisir ? Tu sais, il faut que j’arrive à la dessiner.

    Elles s’installent toutes deux face à l’écran et à nouveau les textes défilent. Millie montre celui-là.

    — Ce n’est pas grave si je ne fais pas celle avec le parapluie, je n’y arrive pas bien. Millie s’applique sur sa feuille avant de se lancer en vrai sur le cahier de poésie où Malou vient de recopier Un jour devant une pâtisserie ici .

    — On parle du parapluie rouge dans une strophe, remarque MaLou.

    Millie se gratte la tête.

    — Bon d’accord, je vais essayer.

    Après quelques tentatives, elle se lance.

    — Il te plait ? Tu me dis la vérité, je recommence s’il le faut.

    MaLou sourit et montre la dame au chapeau.

    — C’est rigolo, on dirait que celle-ci est dans la vitrine.

    — Ça ne va pas alors ?

    — C’est très bien ma chérie, tu mets ta signature et je prends tout en photo pour mon blog demain, c’est le jour des enfants, c’est parfait.

    Et voilà…

    À très vite…
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  • Cafouillis et Embrouillamini

    12 juillet 2023
    Héloïse et Stefano

    Bonjour toi 😉

    — T’es qui toi ? Une nouvelle amie de maman.

    Une jeune femme rousse a débarqué chez Héloïse et Stefano. Ils jouaient dans leur cabane quand ils l’ont aperçue dans le jardin.

    C’est Héloïse qui s’est penchée pour l’interpeller.

    La rouquine ne sait pas du tout où elle atterrit.

    — Je cherche Archibald, c’est mon ami. C’est le boulanger du village, tu ne l’aurais pas vu ?

    Stefano rejoint son amie et tous deux se regardent sans comprendre. Ils descendent alors de leur perchoir et fixent l’inconnue.

    — Le boulanger ne s’appelle pas Archibald, répond enfin Stefano. C’est un copain de mon père, c’est Toine.

    — Archi ne m’avait pas prévenue qu’il y aurait de la concurrence. C’est étrange.

    — C’est quoi la concurrence ? l’interroge Héloïse qui tourne autour de la jeune femme. Tu en as de beaux cheveux roux. C’est de la vraie couleur ?

    L’inconnue ne répond pas, très perturbée par le paysage qui l’entoure qui ne ressemble en rien à son jardin habituel.

    — Tu as mal quelque part ? Tu veux boire un verre de citronnade, maman en fait de la très bonne. Tu t’appelles comment ?

    — Marie-Sophie, répond machinalement la rouquine à la petite fille.

    — Tu es nouvelle dans le quartier ?

    Stefano pousse du coude l’incorrigible bavarde et murmure à son oreille que la dame ne semble pas en forme, qu’il faudrait peut-être l’emmener voir Charlie.

    La voici d’ailleurs qui surprise de voir les gamins parler à une inconnue dans le jardin vient aux nouvelles, le sourire aux lèvres.

    — Je peux vous aider ? Vous cherchez quelque chose ?

    — Elle cherche Archibald le boulanger, répond rapidement Héloïse.

    Charlie ne comprend pas. Marie-Sophie cherche des yeux quelque chose. Charlie s’approche d’elle et lui demande doucement.

    — Qui est Archibald ?

    — Mon meilleur ami, il tient la boulangerie. Peut-être ne venez vous pas vous fournir chez nous ? Vous habitez loin du village ? Vous connaissez sans doute Saverio ? Il habite ici depuis longtemps.

    — Qui est Saverio ?

    Marie-Sophie se retourne et se trouve face à Joe. Etrange, il ressemble un peu à Archi mais ce n’est pas lui. Son ami ne porte jamais de chapeau.

    — Je me présente, Joe, je vis ici depuis des années. Vous cherchez quelqu’un ? Je peux sans doute vous renseigner ?

    Marie-Sophie respire de plus en plus vite.

    — Rassurez-moi, je suis bien au pays basque ?

    Elle comprend immédiatement qu’elle a dit une sottise en voyant les yeux exorbités des enfants et la petite qui a du mal à se retenir de rire. Elle l’entend même glisser à l’oreille du garçon que la dame est tombée sur la tête.

    Charlie et Joe s’interrogent et d’un commun accord entraine Marie-Sophie chez eux.

    — Venez boire quelque chose et racontez-moi ce qui vous arrive.

    — Je t’avais bien dit que tu devais boire de la citronnade, c’est le remède à tout, murmura Héloïse en glissant sa main dans celle de Marie-Sophie.

    — Je crois que je ne suis pas dans cette histoire.

    Surprise, Charlie demanda :

    — Vous voulez dire que vous vous êtes échappée d’un livre ?

    — Plutôt un cahier ?

    — Trop bien, rit Héloïse en s’installant sur les genoux de Marie-Sophie. C’était quoi ton histoire ? Je parie qu’il y a un boulanger et…

    Stop !

    Marie-Sophie ne sut jamais ce qu’allait dire la gamine, elle se retrouva projetée dans son cahier.

    — Maman ? C’est toi qui as fait ça ?

    Héloïse interroge Charlie en plissant les yeux.

     — Elle en a de la chance la dame de pouvoir voyager comme ça d’histoire en histoire.

    — Elle ne semblait pourtant pas à l’aise et…

    Stop !

    Le cahier d’Héloïse et Stefano se referma sur eux d’un geste rageur.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (juillet 2023).

    Non mais, qui commande ici ?
    À très vite …
    On aura tout vu, les personnages qui font leur vie tout seul !
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  • Les enfants et les vacances

    5 juillet 2023
    Jour des enfants

    Bonjour toi 😉

    C’est mercredi, jour des enfants et bientôt, ils seront en vacances pour deux mois 😉😁

    Bon mercredi 💖

    À très vite…
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  • Chaussure à son pied

    28 juin 2023
    Héloïse et Stefano

    Bonjour toi 😉

    Je me suis régalée à écrire cette petite histoire. Trouver une expression et faire parler Héloïse et Stefano. C’est d’une logique imparable, je trouve😅. Je t’avais dit que j’avais l’humeur joyeuse quand arrivait l’été ? 😉🤪.

    Héloïse et Stefano sont dans leur cabane et ils bavardent à qui mieux mieux.

    — Tu sais ce que ça veut dire trouver chaussure à son pied ? Parce que ma copine, elle doit aller s’acheter des chaussures et sa mère lui a dit ça. Seulement, une autre a dit que c’était pas ça que ça voulait dire. Tu le sais toi ?

    Stefano leva les yeux au ciel. Encore une de ces questions qui allait lui prendre la tête, mais pas cette fois-ci parce qu’il avait entendu le voisin Mathurin dire la même chose à son père quand Charlie avait débarqué chez eux.

    — Je crois que ça veut dire trouver quelqu’un qui te va bien. Par exemple mon père avec ta mère.

    Héloïse ouvrit de grands yeux et demanda :

    — T’es sûr ? Parce que des chaussures quand même, il faut les essayer. Comment tu veux que papa Joe ait essayé ma mère, ça se peut pas.

    Stefano aurait bien une idée mais il n’osa pas se lancer dans une explication dont il n’était pas certain de s’en sortir. C’était sans compter sur la curiosité de la gamine qui descendit à toute allure l’échelle de la cabane pour courir vers Charlie qui accrochait le linge sur l’étendoir de la terrasse.

    — Dis maman, tu l’as essayé papa Joe pour savoir si ça t’allait ?

    Ébahie, Charlie en laissa tomber son panier d’épingles. Héloïse dansant un pied sur l’autre, les mains dans le dos, attendait la réponse.

    — Alors ? Parce que trouver chaussure à son pied ça veut dire ça, c’est Stefano qui l’a dit. Comme tu me dis toujours d’essayer les chaussures avant de les acheter, c’est pareil ?

    Le regard de Charlie passa au-dessus de la tête d’Héloïse et croisa celui de Joe. Elle comprit à son sourire malicieux qu’il avait entendu la conversation. Il leva les mains en l’air lui signifiant qu’il la laissait gérer la situation.

    — Ça devait aller puisque tu es restée avec papa Joe, finalement tu devais être la bonne taille, affirma Héloïse.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2023).

    À très vite…
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  • Stefano va à la pêche

    21 juin 2023
    Héloïse et Stefano

    Bonjour toi 😉

    Il parait que c’est l’été aujourd’hui 😊🌞.

    Alors bonjour Monsieur l’été, même si chez nous, il fait gris et que le ciel est rempli de nuages, reste des orages de cette nuit.

    Il parait aussi que c’est la fête de la musique 🎶🎶, espérons qu’elle pourra avoir lieu si un orage, encore lui, ne s’en mêle pas.

    Mais restons focus sur notre journée des enfants. C’est Stefano qui a la parole aujourd’hui. Je te laisse avec lui.

    Joe et Stefano avait décidé de passer la journée entre hommes et à la pêche. Charlie avait dissuadé Héloïse de les accompagner.

    — De toute façon, tu n’arrêteras pas de parler et tu feras peur aux poissons, avait martelé Stefano.

    Vexée, elle avait tapé du pied, boudé, imploré sa mère qu’elle fasse changer d’avis papa Joe, mais rien n’y fit. Les hommes souhaitaient passer la journée entre eux.

    — Nous serons entre filles ici, la câlina Charlie. Si tu veux, tu pourras te servir de ma machine à coudre et même de mes crayons de couleur.

    Héloïse haussa les épaules et fit contre mauvaise fortune bon cœur en regardant avec envie partir les deux garçons.

    Il y avait longtemps que Stefano n’était pas allé pêcher avec son père, aussi il voulait en profiter à fond. Il adorait passer du temps avec lui, et surtout, il voulait lui parler de son souhait le plus cher.

    Joe connaissait bien le coin des pêcheurs, il était tôt, il savait qu’il n’y aurait personne. Il installa ses cannes, déplia les deux tabourets, approcha la glacière avec le saucisson et le pain acheté en passant devant la boulangerie, et invita son fils à s’assoir près de lui.

    Il faisait frais et beau. Tous deux avaient un bob sur la tête en prévision du soleil. Ils restaient immobiles et muets. La nature s’éveillait et quelques oiseaux se désaltéraient devant eux. La brume se levait et des gouttelettes de rosée s’accrochaient aux hautes herbes qui se balançaient doucement au gré du vent.

    Des poissons sautaient loin d’eux. Joe murmura :

    — C’est ici qu’il faut venir les gars.

    — Tu crois qu’ils savent qu’on veut les prendre ?

    — Mais non !

    — Tu as promis qu’on les remettrait à l’eau, hein, papa ?

    — Promis fils ! C’est juste pour passer un bon moment avec toi. La pêche c’est reposant, n’est-ce pas ?

    — Tu en as de la chance papa de mener la vie que tu as, moi, je veux faire pareil que toi quand je serai grand.

    Joe sourit à son fils.

    — Je travaille dur tous les jours tu sais, sinon, il ne rentre pas d’argent et tu ne pourrais pas avoir ce que tu veux.

    — Oui, mais ton travail, je l’aime bien. Moi aussi, je veux avoir des animaux, un tracteur, et faire des céréales, tout comme toi.

    — Pas de problème mon garçon, tu pourras te diriger pour l’école d’agriculture quand tu seras plus grand. Tu as encore le temps d’y réfléchir, tu sais, ajouta Joe en lui ébouriffant les cheveux.

    — Justement, c’est de ça que je voulais te parler. Je ne veux plus aller à l’école, ça ne sert à rien puisque de toute façon, un jour on sera mort. À quoi ça sert d’apprendre des trucs si on ne peut pas s’en servir.

    Stupéfait, Joe regarda son fils et en oublia  le bouchon rouge de sa canne à pêche qui s’enfonçait dans l’eau. Stefano le rappela à l’ordre en hurlant :

    — Papa, vite un poisson !

    Le cri affola la bête qui se démena tellement que l’hameçon se décrocha et le bouchon reprit sa place.

    — Ben voilà, il est parti, c’est malin ! râla Stefano.

    — De toute façon, tu ne devais pas le garder alors…

    — Oui, mais je voulais voir comment il était.

    —  Il ne fallait pas crier si fort.

    — Je ne pouvais pas savoir que c’était un poisson surhumain.

    — Ne noie pas le poisson justement, rit son père. Qu’est-ce que c’est cette idée d’arrêter l’école ? Tu sais bien qu’elle est obligatoire jusqu’à 16 ans alors tu as le temps de voir venir. De plus, tu as tort de ne pas vouloir t’instruire. Tu es tellement curieux que si tu n’avais pas appris à lire tu ne pourrais pas découvrir ton encyclopédie. Pour la satisfaire ta curiosité, il faut bien la nourrir.

    Stefano regarda son père qui avait toujours réponse à tout. Il n’avait pas prévu ça, c’est vrai que s’il ne savait pas lire ni écrire, il serait bien embêté pour déchiffrer ne serait-ce que les panneaux pour rentrer à pied ou aller payer tout seul le pain à la boulangerie.

    Joe ajouta :

    — J’espère bien que tu ne vas pas mourir tout de suite, en grandissant, tu auras de plus en plus envie de découvrir des choses. De plus, tu as des copains non ? Tu n’aimes pas jouer avec eux dans la cour de récréation ? Discuter avec eux ? Apprendre avec eux ?

    — Toi aussi tu m’apprends des trucs. La maîtresse ne sait pas tout.

    — Effectivement, mais c’est un ensemble Stefano. Il y a des enfants qui aimeraient bien être à ta place et qui ne peuvent pas aller à l’école pour apprendre à lire.

    — Ouais je sais, bougonna Stefano. N’empêche, ils ont bien de la chance eux, ils ne sont pas obligés de se lever tôt tous les jours et de rester assis à écouter.

    . — Dis-moi bonhomme, à quelle heure t’es-tu réveillé pour venir avec moi ? Tu n’as pas râlé, il me semble.

    À ce moment-là, le bouchon s’enfonça. Cette fois, Joe prit les choses en main et il leva sa canne. Un petit poisson gigotait au bout de la ligne.

    — Relâche le papa, je suis sûr qu’il a mal.

    Sans discuter, il décrocha l’hameçon et rejeta l’animal dans l’eau.

    — C’est vrai que des enfants aimeraient aller à l’école et qu’ils ne peuvent pas ? C’est triste quand même.

    — Que ferais-tu de tes journées ? Quand tu es en vacances, ça va parce que ce n’est pas habituel, mais rappelle-toi bien qu’à la fin du mois d’août, tu commences à tourner en rond, tes copains te manquent. Tu aimes bien aussi le foot non ?

    — Pourquoi t’as tout le temps raison ?

    Joe éclata de rire.

    — Charlie n’a pas le même avis que toi, tu sais.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2023) 

    À très vite…
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  • La pomme d’Héloïse

    14 juin 2023
    Héloïse et Stefano

    Bonjour toi 😉

    Comme c’est le jour des enfants, je retrouve avec plaisir Héloïse qui a une version de Blanche-Neige a te raconter.

    Alors que Stefano bricolait avec son père, Héloïse était restée dans la cuisine avec sa maman. Les deux coudes sur la table, elle fixait une belle pomme rouge qui la narguait dans le compotier.

    — Elle ressemble à la pomme de Blanche-Neige, murmura la petite fille.

    Charlie qui préparait un gâteau demanda :

    — Tu as faim ?

    — Pas du tout, répondit Héloïse. Tu crois que la pomme était d’accord pour empoisonner Blanche-Neige ?

    — Je ne pense pas qu’elle ait eu son mot à dire. Donne-la-moi, je vais la couper en morceaux et la glisser dans ma pâte.

    — Mais non, tu vas lui faire mal.

    Charlie sourit.

    — Tu ne dis pas la même chose quand tu croques dedans à pleines dents.

    Héloïse souffla.

    — Oui, mais là, c’est pas pareil. Dis maman, imagine que la pomme dans le conte, ait refusé d’être empoisonnée, qu’est-ce qui ce serait passé ? La princesse ne se serait pas endormie et la sorcière n’aurait pas été contente.

    — Certainement qu’elle aurait été en colère, peut-être que le sort de Blanche-Neige aurait été pire.

    — Pire comment ? Elle aurait été morte vraiment ? Les nains auraient été très malheureux alors !

    — Et le prince aussi, ajouta Charlie en faisant un clin d’œil à sa fille.

    — Tu sais quoi, je vais écrire une histoire où la pomme raconte ce qui s’est vraiment passé. En fait, la sorcière voulait tuer Blanche-Neige, mais elle n’a pas réussi. Stefano m’a lu une version où un morceau de pomme était resté coincé dans sa bouche. Je suis sûre que la pomme l’avait fait exprès.

    — Quelle serait donc ta version, je t’écoute ma puce.

    Héloïse se sentit remplie de fierté, surtout quand Charlie abandonna son gâteau et vint s’assoir près d’elle.

    — Alors voilà : quand la méchante sorcière commença sa recette pour fabriquer sa pomme, elle était dans une cave froide et laide. Elle mit à chauffer des potions dans un grand chaudron. Seulement, lorsque la pomme prit sa forme, elle devint aussi vivante, parce que la sorcière s’était trompée dans ses mélanges. Tu sais, elle était un peu vieille et elle n’y voyait plus très bien quand elle lisait son gros livre de magie.

    Charlie sourit et encouragea sa petite fille à continuer. Elle était toujours ébahie et stupéfaite par l’imagination d’Héloïse.

    — La pomme se trouvait bien jolie, toute rouge et brillante, mais elle ne se sentait pas bien. Elle avait mal au ventre, tu sais un peu comme moi quand j’ai mangé trop de bonbons, elle comprit que sa peau n’était pas normale et qu’à l’intérieur d’elle, il y avait quelque chose de méchant. Bien sûr, elle n’avait pas d’yeux, mais sa peau brillait tellement fort parce que la sorcière la frottait pour qu’elle soit belle, que son reflet s’imprima sur sa peau. Elle aperçut les gros yeux de la vieille femme et elle eut tellement peur qu’elle décida de lui faire une farce pour la punir. C’était une pomme chipie !

    Charlie eut du mal à garder son sérieux, mais elle respecta Héloïse et la laissa continuer sans l’interrompre.

    — Tu te souviens que la sorcière avait mis plusieurs pommes dans un panier. Celle qui devait être empoisonnée était au-dessus. Sauf qu’elle échangea sa place avec une autre et quand Blanche-Neige la choisit et qu’elle l’approcha de sa bouche, elle lut sur la peau de faire semblant de mourir. Comme Blanche-Neige était très intelligente, elle joua la comédie sans poser de questions. C’est pour ça qu’elle met sa main à son front et qu’elle dit qu’elle ne se sent pas bien. Quand la sorcière est partie, Blanche-Neige se relève et ramasse la pomme tombée au sol. Elle la remercie. C’est alors que la pomme se change en prince charmant.

    Charlie applaudit, mais elle fut vite remise à sa place, l’histoire n’était pas finie.

    — Attends, et la méchante alors ? Figure-toi qu’elle aussi avait faim et comme elle avait un panier rempli de pommes, elle choisit évidemment celle qui était empoisonnée. Elle mourut dans d’atroces souffrances.

    Charlie éclata de rire.

    — Tu en as du vocabulaire dis-donc ! Atroces souffrances, rien que ça !

    — Mathurin le dit tout le temps quand il parle de sa belle-mère qui a d’atroces souffrances dans ses jambes. Comme elle se plaint tout le temps qu’il dit, elle doit avoir sacrément mal !

    Charlie se leva pour terminer son gâteau, cachant un sourire. Effectivement, la belle-mère du voisin était réputée pour être hypocondriaque et elle répétait à tout va que personne ne comprenait ses atroces souffrances, Héloïse avait bien compris le terme et l’avait placé exactement où il fallait dans son histoire.

    — Du coup, on prend quelle pomme pour la couper dans ton gâteau ? demanda Héloïse, la moche toute ridée là ?

    Elles rirent toutes les deux, complices.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2023)

    À très vite…
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  • Stefano et Héloïse partent en week-end

    7 juin 2023
    Héloïse et Stefano

    Bonjour toi 😉

    Héloïse et Stefano ne tenaient pas en place. Papa Joe était parti chercher le camping-car. Ils avaient vu les photos sur le catalogue, ils avaient compris qu’ils allaient dormir tous ensemble dans le camion comme l’appelait Héloïse.

    Charlie avait eu beau répéter à sa fille que ça ne lui ressemblait pas du tout, Héloïse n’en démordait pas, c’était plus grand qu’une voiture, donc c’était un camion.

    Grande première, ils partaient deux jours à la mer. Stefano avait préparé ses affaires, le minimum, un seau et une pelle rouge. Il connaissait la mer pour y être déjà allé avec sa maman.

    Héloïse n’avait quant à elle jamais vu ni mer ni océan, ce qui expliquait son enthousiasme débordant.

    Quand elle aperçut Papa Joe qui franchissait le portail, elle se mit à danser de joie. Qu’il était beau, ce camion blanc et jaune. Elle s’approcha une fois que Joe eut éteint le moteur.

    Effectivement, ça ne ressemblait pas à un camion, c’était plus petit.

    — Tu veux visiter ?

    Elle grimpa la marche et découvrit l’intérieur. C’était comme une maison de poupée, mais plus grande.

    — Tu vas réussir à passer ta tête ?

    Héloïse s’inquiétait. Joe était grand, quand il serait dans ce qui ressemblait au salon, il prendrait toute la place.

    Charlie et Stefano vinrent les rejoindre. Quand ils se trouvèrent tous les quatre dans l’habitacle, Héloïse battit des mains.

    — C’est trop génial, on est tout serré les uns contre les autres. Et toi tu vas conduire là, et nous, on sera assis là ?

    Elle montrait les sièges arrière. Elle n’en revenait pas. Stefano était tout aussi ébloui. Il n’en avait jamais vu de si près.

    Charlie commença à amener la vaisselle qu’elle rangea dans les tiroirs et les placards.

    — Il y a même la télé !

    Stefano ouvrit de grands yeux. C’était trop génial.

    — On pourra regarder pendant que tu conduis ?

    — Non, vous serez attachés comme dans la voiture. Pas question que je sois distrait par vos cris et vos rires devant un dessin animé. Nous ferons comme d’habitude, vous jouerez avec Charlie à trouver des mots et puis, découvrir le paysage, c’est bien aussi, d’autant plus que nous n’avons pas mille kilomètres à faire.

    — Ouais, mais toi tu joues et tu gagnes tout le temps, grogna Stefano.

    Charlie ayant tout préparé ainsi que les sacs de voyage, Joe n’eut qu’à tout charger à l’arrière. Le terre-neuve sauta lui aussi dans le camping-car et les enfants éclatèrent de rire. Il prenait toute la place.

    La maison était fermée, Mathurin, le voisin passerait voir si tout allait bien. Ils ne partaient que deux jours quand même !

    Dès que l’immensité bleue apparut, Héloïse ne dit plus un mot. Alors qu’elle n’avait cessé de chanter et de poser tout un tas de questions sans attendre les réponses, elle se tut d’un coup. Joe se gara sur un parking d’où on pouvait voir la plage et les vagues. Héloïse regardait sans pouvoir détacher ses yeux de ce qu’elle découvrait. Stefano descendit et respira à pleins poumons l’air iodé. Il se rappelait et son cœur battait la chamade. Au contraire de la petite fille, il gardait pour lui tout ce bonheur. Héloïse était différente, il fallait qu’elle extériorise ce qu’elle ressentait.

    Alors que Charlie lui tendait la main pour qu’elle rejoigne, Héloïse fronça les sourcils. Il y avait quelque chose qui clochait. Elle regarda mieux.

    — Dis… pourquoi la mer, elle monte et elle descend ?

    Stefano répondit fier de son savoir :

    — C’est à cause de la lune, elle attire l’eau vers elle.

    Héloïse se tourna vers lui et l’apostropha :

    — Alors là, n’importe quoi ! Elle est où la lune ? Et comment elle ferait, hein, pour attirer l’eau, elle n’a pas de bras.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (juin 2023).

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  • Héloïse et le petit chaperon rouge

    17 Mai 2023
    Héloïse et Stefano

    Bonjour toi 😉

    Rödluvan (little red riding hood), illustration by Sofia Gregersen Cardell

    Le plaisir d’Héloïse était lorsqu’on lui racontait une histoire, c’était de tout changer et d’inventer autre chose.

    Elle connaissait par cœur celle du Petit Chaperon rouge, mais Héloïse avait beaucoup d’imagination. Voici ce qu’elle lu à Stefano.

    Il était une fois une petite fille qui aimait bien s’habiller en rouge. Sa maman lui avait cousu un manteau et un bonnet de cette couleur. Comme elle avait fait de la confiture, elle lui proposa d’en porter à sa grand-mère.

    — Tu ne parleras pas à des inconnus, dit maman. Et passe à la boulangerie prendre une baguette, ça fera plaisir à Mamie.

    Le petit chaperon rouge fit ce que sa maman lui dit. Mais, le pain frais lui faisait tellement envie que pendant le chemin, elle en grignota le crouton, puis un autre bout. Elle pensa qu’avec de la confiture ce serait encore meilleur, elle s’assit sur le bord du trottoir et ouvrit le pot. C’est alors que des petits oiseaux se groupèrent autour d’elle pour manger les miettes.

    — Bon appétit petite fille, dit un monsieur qui s’arrêta devant elle.

    Elle ne répondit pas parce que sa maman lui avait défendu de parler à des inconnus.

    — Tu veux bien me faire goûter ta confiture ? C’est quel parfum ?

    Le petit chaperon rouge tendit le bout de pain qu’elle allait mettre à la bouche. Stupéfaite, elle regarda l’homme se transformer en loup.

    — Ah ben ça alors ! qu’est-ce qu’elle était bonne ta confiture, mais que vais-je devenir en loup moi !

    — Tu es gentil ou méchant ? demanda-t-elle.

    — Je n’en sais rien. Normalement, je suis gentil, mais là, mystère !

    — Viens avec moi dans le bois, je vais te montrer la maison de ma grand-mère, tu verras bien si tu as envie de la manger ou pas.

    — Je crois avoir lu cette histoire et ça finit mal, je ne veux pas perdre ma peau.

    — C’est mon histoire, tu ne peux pas connaitre la fin, c’est moi qui décide.

    — Tu sais, les animaux comme moi, les hommes ne les aiment pas trop. Et ta grand-mère va avoir peur de moi.

    Le petit chaperon rouge enleva le foulard de la même couleur qu’elle avait autour du cou et entoura celui du loup.

    — Avec ça, tu es comme un chien apprivoisé. Viens avec moi.

    C’est alors qu’un garçon s’approcha d’eux.

    — Tu n’aurais pas vu mon grand-père ? Il devait m’attendre ici pendant que j’achetais du pain. C’est la première fois que je fais les courses tout seul.

    Le petit chaperon rouge se gratta la tête. Elle ne savait pas trop comment elle allait se sortir de ce guêpier.

    — C’est moi ton grand-père, murmura le loup.

    Le gamin se mit à pleurer et ses larmes faisaient de grosses billes qui coulaient sur la patte de l’animal. Il redevint alors normal.

    Le petit chaperon rouge se leva puis essuya les miettes qui collaient à ses lèvres et elle se rendit compte qu’elle avait mangé tout le pain et la confiture.

    Stefano éclata de rire :

    — Sacrée gourmande, ça ne m’étonne pas de toi. Mais ça n’a plus rien à voir avec l’histoire.

    — C’est grave ? Moi, j’aime pas trop quand les loups sont méchants et dévorent les mamies, et puis ils ont dit à la télé qu’il fallait tout changer les mots dans les livres. Alors voilà, c’est fait !

    © Isabelle-Marie d’Angèle (mai 2023)

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