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  • Le calendrier de Juliette -Fin

    12 décembre 2023
    Défis-Challenges, Noël

    Bonjour toi 😉🎄

    Il y a quelque jours, j’ai publié les 8 premiers jours du calendrier de Juliette comme participation à l’agenda ironique de décembre ici . Je ne pouvais pas rester sur le 8 décembre quand même ! Voici donc la suite et fin de cette histoire.

    Juliette sursauta, son grand-père lui touchait l’épaule. Les yeux embrumés, elle se rappela son rêve, il lui racontait ses Noëls à lui.

    — Ce n’était pas un rêve Juliette…

    Elle se redressa tout à fait.

    — On continue alors. Je crois que tu t’étais arrêté au 8 décembre.

    Elle s’assit en tailleur sur le tapis et écouta Grand-Pa qui replongea dans ses souvenirs.

    — 9 décembre : Costume. C’était ma mère qui me l’avait confectionné. Qu’est-ce que j’étais fier, un costume rien que pour moi. Il était gris, et je crois même que mon père m’avait appris à faire un nœud de cravate.

    — 10 décembre : Cire.

    — C’est quoi ? l’interrompit Juliette.

    Grand-Pa sourit.

    — Figure-toi que les derniers jours d’école, nous devions faire briller nos bureaux dans la classe. Ils étaient en bois pas comme toi aujourd’hui, et il fallait les entretenir. Avec un chiffon, nous mettions ce produit, souvent de la cire d’abeille et…

    — Je sais, je sais, l’interrompit à nouveau Juliette. C’est vrai que ça sent bon, Maman en met sur les meubles du salon et après ça brille.

    — 11 décembre : Parfum.

    — Encore ? souffla Juliette.

    — Celui-là ce n’est pas pareil. Mon père avait offert un flacon à maman. Elle n’en mettait pas souvent pour l’économiser et le sortait pour les grandes occasions et Noël en était une. Quand elle venait m’embrasser, je le sentais et ce parfum-là, je ne l’ai jamais oublié.

    — Grand-Ma aussi sent bon, c’est le même ?

    Grand-Pa caressa les cheveux de sa petite-fille.

    — Non, mais il est tout aussi agréable. Je peux continuer, si tu m’interromps chaque minute, jamais je n’arriverai au bout.

    Juliette fit le geste de fermer sa bouche.

    — 12 décembre — Neige. Je n’ai eu droit qu’à un seul Noël blanc. Elle ne tombe pas souvent par ici, mais je me rappelle comme si c’était hier du bonhomme de neige que j’avais fabriqué avec les voisins et de belles parties de boules de neige. Tes arrières-grands-parents avaient même participé et ils n’étaient pas les derniers à balancer des boules.

    Juliette s’écria :

     — Sérieux ? Quand même, ils ne devaient pas être très jeunes pour jouer à ça.

    Grand-Pa éclata de rire.

    — Ils ont été jeunes aussi et n’ont pas toujours été des arrière-grands-parents.

    La mimique de Juliette le renseigna aussitôt, elle n’y croyait pas du tout.

    — 13 décembre — Chant. Mon préféré, Douce Nuit.

    — Ah bon ? Pas Petit Papa Noël ?

    Il éluda la question et continua.

    — 14 décembre — Crèche. Ma mère y ajoutait chaque année un nouveau santon. Au fur et à mesure des années, la crèche prenait de plus en plus de place et s’étalait dans le salon. Nous faisions les marchés de Noël et nous trouvions toujours des personnages ou animaux qui manquaient.

    Il attendit que Juliette fasse une réflexion, mais elle ne pipa mot. Pourtant, elle aurait pu lui rappeler qu’il l’avait déjà dit.

    — Je sais ce que tu penses, mais ce n’est pas de la même crèche dont je te parle.

    — Ouais ! accepté !

    — 15 décembre — Pâté. Maman cuisinait à l’avance des terrines pour le réveillon et ça embaumait dans toute la maison. Ta grand-mère fait la même chose d’ailleurs.

    Juliette fit oui de la tête.

    — 16 décembre — Émile.

    Grand-Pa se tut. Juliette attendit qu’il reprenne la parole. Il semblait triste tout à coup. Il sortit un grand mouchoir à carreaux de sa poche, Juliette se demandait toujours pourquoi il était si grand, il n’avait pourtant pas un si gros nez, il aurait bien pu convenir à celui de Pinocchio. Elle n’osa pas l’interroger.

    — Émile était un garçon qui a passé quelques semaines chez nous avec sa famille. C’était pendant la guerre et mes parents les logeaient à la maison. Nous sommes devenus les meilleurs amis du monde. Un jour, il est reparti.

    Grand-Pa soupira et reprit avec le sourire.

    — 17 décembre — Machine à remonter le temps.

    Juliette se leva d’un coup et le bombarda de questions :

    — Comme dans Retour vers le futur ? Elle fonctionnait ? Tu as réussi à aller dans une autre époque ? C’était bien ? Raconte.

    — Alors, non je n’ai pas réussi à aller dans une autre époque, juste dans l’atelier de mon père.

    Déçue, Juliette se laissa tomber sur le tapis.

    — Pfft, t’es pas drôle, à quoi ça sert alors ?

    — Figure-toi que mon père était forgeron et j’aimais beaucoup bricoler dans son atelier. Je devais bien avoir 12 – 13 ans, j’étais curieux et je regardais ton arrière-grand-père avec envie. J’ai fait un plan de cette machine, j’ai récupéré des pièces et quand je rentrais de l’école, aussitôt je le retrouvais dans son atelier. Peu à peu, elle a pris forme. Mon père me regardait faire, me prêtait ses outils et j’ai aussi appris à souder. Mais… j’avais oublié une chose importante et il me l’a fait remarquer quand j’ai eu terminé. C’est bien beau de faire un plan, mais il faut toujours vérifier quelque chose… Comment sortir ma machine par le grand portail si elle ne peut pas passer ? Je n’avais rien mesuré et évidemment elle était bien trop large. Je compris alors les sourires goguenards des ouvriers qui travaillaient avec mon père. Celui-ci leur avait fait promettre de ne rien me dire, je devais comprendre tout seul. Ma machine a dû être démontée pour pouvoir sortir, mais j’étais tellement dégouté et vexé que je ne voulais plus parler à mon père.

    — 18 décembre — Cirque ; Il y avait souvent un cirque de Noël qui s’installait sur la place. Mon père adorait la musique de la parade et de le voir si heureux me met encore aujourd’hui les larmes aux yeux quand j’entends cette musique.

    — 19 décembre — Fiançailles. Là, on fait un grand saut dans le temps. C’est à Noël que je me suis fiancé avec ta grand-mère. Je me souviens encore du dessert, 2 colombes. J’étrennais un nouveau costume et ta grand-mère était habillée en couleur prune. C’est toujours ce qu’elle me dit, pas de violet chez elle.

    — 20 décembre — Champagne. J’en ai bu pour la première fois, j’étais majeur, c’est-à-dire 21 ans. Pas d’alcool avant, mon père ne rigolait pas avec ça. D’ailleurs, je ne suis toujours pas un grand consommateur.

    — Et tu aimes ? demanda Juliette.

    — Bien sûr, mais pas souvent.

    — 21 décembre — Marrons.

    — Comme la dinde aux marrons ?

    — Exactement.

    — Je peux dire moi aussi ? 22 décembre — Bûche. Celle de Grand-Ma, au chocolat, elle est trop trop bonne.

    Juliette continua sur sa lancée.

    — 23 décembre — Père Noël. Je sais que je suis grande et que… bon… peut-être qu’il existe… peut-être pas… En plus, il y a des fois où il te ressemble beaucoup !

    — 24 décembre — Réveillon.

    Ils le dirent en même temps et Juliette se jeta dans les bras de son grand-père.

     © Isabelle-Marie d’Angèle (décembre 2023).

    À très vite…
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  • Agenda Ironique – Décembre

    8 décembre 2023
    Défis-Challenges, Noël

    Bonjour toi 😉🎄

    C’est chez La Licorne que ça se passe ce mois-ci.

    Voici donc ma participation.

    Le calendrier de Juliette

    Juliette du haut de son mètre 40 fixait son grand-père.

    Pourquoi tu dis que la mémoire est comme le dessus d’une cheminée, pleine de bibelots qu’il sied de ne pas casser, mais qu’on ne voit plus ?  Elle est trop belle et trop compliquée ta phrase, elle ne veut rien dire.

    Grand-Pa sourit. Il aimait sortir ces citations devant sa petite-fille.

    Alors qu’une clarté vespérale envahissait peu à peu la pièce, la gamine demanda

    — Et si on jouait ? On pourrait faire un calendrier de l’avent avec des mots qui commencent par des objets de Noël qui te rappellent un souvenir. 24 mots à trouver, on devrait s’en sortir, surtout toi Grand-Pa, et ça fera travailler ta mémoire, et de surenchérir, en plus tu aimes les mots bizarres, alors ça sera du gâteau.

    Grand-Pa se lança :

    — 1erdécembre – Orange.

    Juliette regarda son grand-père, attendrie. Il semblait se rappeler un beau souvenir, car un sourire fleurissait sur ses lèvres, mais elle pensa aussitôt qu’il ne s’était pas foulé. Orange, facile comme mot !

    — C’était le cadeau que je recevais toujours à Noël. Toi, tu es gâtée avec des jouets ou des livres, moi c’était magique, cette orange. Elle était choisie parce qu’elle était la plus belle. Elle avait un goût sucré, tu ne peux même pas imaginer.

    — 2 décembre — Guipure.

    — C’est quoi ? demanda Juliette, curieuse.

    Grand-Pa se leva et alla fouiller dans sa bibliothèque. Il sortit un album photos qu’il feuilleta.

    — Voici ta grand-mère, elle était une dentellière renommée. Regarde un peu, c’est ça la guipure, une dentelle très ajourée.

    — C’est elle qui faisait ça ? C’est magnifique. Tu crois qu’elle pourrait m’apprendre ?

    Grand-Pa ne répondit pas et se replongea dans ses souvenirs.

    — 3 décembre — Sapin. J’allais le couper avec ton arrière-grand-père dans la forêt. Quand nous le ramenions et l’installions dans la pièce, le parfum qu’il dégageait, je ne l’ai jamais oublié.

    — 4 décembre — Bougies. Elles illuminaient la table décorée avec soin par ta grand-mère.

    — 5 décembre — Crèche. Nous allions à la messe de minuit à pied. Il faisait froid, mais nous retrouvions en route les voisins qui s’y rendaient également. C’était l’occasion de bavarder et de donner des nouvelles de la famille.

    — 6 décembre — Houx. Nous allions en ramasser un grand panier et nous en faisions des bouquets que nous placions autour des appliques murales.

    — 7 décembre — Dinde. Elle était énorme et elle cuisait à la cheminée, accrochée à une ficelle. Je la surveillais tout comme ma mère qui l’arrosait régulièrement. Il n’était pas question qu’elle brûle.

    — 8 décembre — Buissonnière. Le dernier jour avant les vacances de Noël, le maître disait que nous pouvions faire ce que nous voulions. J’avais donc décidé de ne pas me rendre à l’école et de faire l’école buissonnière, mais de nos jours, je ne te conseille pas de…

    Il s’interrompit. Juliette, les coudes sur la table, s’était endormie. Sa dernière pensée était que son grand-père était un véritable péroreur quand il s’y mettait. Elle aussi connaissait de jolis mots, c’était lui qui lui avait appris. D’habitude, c’était elle, la péroreuse, elle avait cherché dans le dictionnaire ce que ça voulait dire, ça pouvait certainement se mettre aussi au masculin. Il n’y avait pas que les filles qui bavardaient.

    Dans son sommeil, elle murmura que c’était rudement long d’attendre Noël tout comme Grand-Pa qui n’en était qu’au 8 décembre.

    © Isabelle-Marie d’Angèle (décembre 2023).

    N’hésite pas à aller te balader chez La Licorne, tu trouveras toutes les participations de l’agenda et tu verras qu’on attend Noël de toutes les façons.

    À très vite…
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  • Agenda ironique – Novembre

    28 novembre 2023
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    L’agenda ironique se tenait chez Carnets paresseux ici. J’avoue que j’ai peut-être passé la date 😁mais je ne trouvais pas l’inspiration. Elle m’est venue ce matin. J’ai aussitôt couché sur le papier ce qui suit 👇. Il était question d’horoscope et de ces quelques mots à glisser ici et là : cheval, parapluie, souquenille, pingouin, tubéreuse et Vierzon.

    Adélaïde arriva à la gare de Vierzon, 
    Non sans réprimer un frisson. 
    Quelle malchance ! Il pleuvait ! 
    Elle descendit sur le quai.
    
    Elle sortit son journal, 
    Elle ne s’en tirait pas si mal,
    Pour trouver l’adresse indiquée 
    De cette madame Irma renommée. 
    
    Elle ouvrit son parapluie
    Et maudit cette Sophie. 
    Elle n’aurait pas dû lui parler
    De cet homme qu’elle aimait. 
    
    Va donc voir cette Irma, 
    Elle te rassurera. 
    Mais pourquoi Vierzon ? 
    J’avais haussé le ton. 
    Pourquoi aller si loin
    Habillée comme un pingouin ?
    
    Parce qu’il faut que je vous dise,
    Mon Dieu quelle sottise ! 
    Je devais pour la rencontrer
    Drôlement m’accoutrer !
    
    Frac noir et chemise blanche
    Habillée comme pour un dimanche
    Était de mise pour cette voyante
    Que j’espérais accueillante. 
    
    Me voilà devant sa porte.
    Elle créchait, rue Aigue-Morte. 
    Pas besoin de frapper, 
    Elle m’avait vue arriver. 
    
    Entrez donc, gente demoiselle !
    M’accueillit-elle en robe à bretelles. 
    Où est donc votre cheval ? 
    Serait-il en cavale ? 
    
    Abasourdie, je ne comprenais rien,
    Un parfum de tubéreuse sur ses mains
    M’enivra au plus haut point !
    C’était écrit, là, dans le coin !
    D’un doigt accusateur, 
    Elle montrait l’horodateur. 
    
    Que venait-il faire ici ? 
    Alors que je fermais mon parapluie,
    À l’intérieur, ça portait malheur
    Inquiète, je regardai l’heure. 
    Avais-je fait tout ce chemin
    Pour rien ? 
    Mais non, m’assena-t-elle, 
    Je m’assis face à elle. 
    
    Vous êtes un beau pingouin,
    Pour vous un bon point. 
    Mais vous n’avez pas de cheval
    Là c’est un peu bancal. 
    
    J’étais venue… tentais-je
    Ne m’interrompez pas, sacrilège !
    Elle sortit sa boule de cristal
    Je faillis me sentir mal.
    
    Je me vis en souquenille
    En vieille fille. 
    Voilà ce qui vous attend
    Vous perdrez tout votre argent
    Si vous vivez avec cet homme
    Je vois plutôt un Guillaume.
    
    Ne cherchez pas si loin
    Le bonheur est à portée de main. 
    Demain ? Je le verrai demain ? 
    Si je suis ici, c’est malin !
    
    Je dois rentrer chez moi,
    Devant moi, elle croisa les doigts. 
    Vous n’avez pas compris,
    Elle me sourit. 
    
    Et le soleil apparut. 
    Je me sentis mis à nue. 
    
    Fermez les yeux, 
    Je vis d’un coup tout en bleu. 
    Moi et cet homme merveilleux. 
    Pas beaucoup d’argent, 
    Est-ce si important ? 
    Une vie normale
    Sur mes épaules un châle,
    Un feu de cheminée
    Comme je l’aimais. 
    Une vie emplie de hauts de bas
    Des enfants serrés dans mes bras.
    Cela suffit à mon bonheur
    J’ouvrais les yeux, c’était l’heure
    De rentrer chez moi
    Pour te trouver, toi ! 
    
    © Isabelle -Marie d’Angèle (novembre 2023)
    
    
    
    À très vite…
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  • Samedi Dessine

    21 octobre 2023
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    Je te partage aujourd’hui les quelques dessins dont je suis fière 😁. Je demande toute ton indulgence, si tu es illustratrice, peintre (si si j’en connais 😉)ou très habile de tes mains 😁.

    J’ai classé dans la catégorie défis-Challenges parce que pour moi c’est un sacré défi de dessiner, je pars de loin 😊.

    Ici, je m’en tire assez bien 😁

    Ci-dessous, le bisou est plus facile à faire qu’à dessiner 😂.

    Celle-là, je l’aime bien 💖👇

    Pas mal non plus non ? Je ne dois pas avoir le bon matériel pour les cheveux 😁.

    Bon samedi et dis-moi ce que tu en penses, je prends les commentaires, les critiques et les félicitations aussi 😂.

    À très vite…
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  • BIC pour l’Agenda Ironique

    8 septembre 2023
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    Me revoilà avec le nouveau sujet de l’Agenda Ironique qui se passe chez Sabri Na . En bref, Sabri Na nous propose et ce jusqu’au 26 septembre de parler d’un souvenir d’école réel, inventé, fictif, douloureux, absurde, drôle… Tout est écrit chez Sabrin NA et c’est là aussi que tous les textes seront partagés.

    Voici donc ma participation :

    Je m’appelle BIC. Je sais que tu penses que je suis un stylo. Oui, mais pas n’importe lequel et surtout pas comme celui qui est jaune avec un capuchon bleu. Moi je suis beau, rouge et brillant avec une plume (j’aurais pu m’appeler Geronimo, mais BIC c’est plus court). Je ne tombe jamais en panne, pas comme les autres qui d’un coup coupe le rythme de l’écriture et se retrouve direct à la poubelle après d’infructueux essais pour le faire redémarrer, en le grattant sous le pied, en soufflant sur la mine, en gribouillant de plus en plus fort sur le papier quitte à tout déchirer, bref ! Non, moi elle me recharge dès qu’elle sent que je vais être à sec, d’une belle encre turquoise que tous m’envient.

    Elle m’a eu en cadeau parce qu’elle avait réussi son BEPC, traduis Bic En Pleine Course. Elle m’aime et je ne la quitte jamais, même si j’avoisine les crayons qu’elle utilise parfois. Je fais ami-ami avec eux, mais j’avoue faire le rapporteur quand l’un deux, bave. Quelle horreur !

    Les années passent et j’en ai assisté à des cours de toutes sortes. J’en ai écrit des lignes et des mots que même elle ne comprenait pas toujours. Je me souviens du mot HELP que j’avais écrit alors que c’était LP, elle m’a tellement raturé que j’en ai fait une tâche. Quelle vexation ! J’entendais déjà les crayons qui blablataient sur mon dos. De colère, j’ai fait en sorte que le tube de colle se renverse sur eux. Malin ! Il fallait les voir tous agglutinés les uns contre les autres, j’en ris encore. Elle beaucoup moins !

    Je me souviens d’un jour où j’ai eu la CROUS de ma vie. Je tressautais dans son sac, elle courait tellement vite parce que la grille allait fermer. Le pion lui avait fait remarquer que la prochaine fois elle resterait dans la rue. C’était l’année de son Bonbon Tout Sucré. Elle avait la fâcheuse habitude de me glisser derrière son oreille comme un vulgaire crayon à papier. Je craignais de mettre de l’encre partout, mais elle s’en moquait. Elle me reprenait, parfois me mordillait le bouchon, j’adorais ça !

    Et le jour où tout content, j’ai écrit ZEP, j’espérais rencontrer l’auteur de Titeuf. Ah tu parles, il s’agissait d’une Zone Éducation Prioritaire, j’en suis restée comme deux ronds de flan. Non, mais je te jure, ça ne se fait pas des trucs pareils ! Quelle idée, il devrait râler pour usurpation d’identité.

    Aujourd’hui, je suis vieux. Je trône sur son bureau et c’est encore moi qui signe tous les papiers. J’ai malheureusement dû changer la couleur de mon encre, et passer au noir, c’est plus administratif, parait-il !

    Elle m’appelle toujours BIC, diminutif de Bichou. Un petit nouveau est venu me rejoindre, il s’appelle PILOT et fait du roller, il n’a pas de plume, il ne se recharge pas mais change tout le temps, je n’arrive pas à savoir si c’est lui ou un autre. Aucune personnalité le gonze !

    À très vite…
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  • Agenda ironique – Août

    11 août 2023
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    Les consignes sont ici chez Gibulène. il est question de cigales qui papotent dans un camping. Les mots à caser : calinotade, patito, cabinets, et fada.

    Voici donc ma participation et n’hésite pas à aller lire les autres textes toujours chez Gibulène.

    Les cigales du pin

    La scène se passe en Provence où le tournage d’un documentaire dans un camping commence.

    — Action !

    — L’homme de Cro-Magnon racontait des préhistoires à ses enfants.

    Crii crii cri

    — Coupez ! Quel est ce bruit ? Impossible de tourner.

    Le réalisateur était furax. Même avec le casque sur les oreilles, il n’entendait que ça. Il invectiva l’acteur.

    — Vous m’aviez promis qu’il n’y aurait pas de bazar ici, que c’était un coin tranquille et blabla bla.

    Crii Crii Crii

    — C’est la Provence, peu chère.

    — Peu chère peu chère, vu le prix du sandwich pour le déjeuner et vous croyez que ça ne coûte rien ce temps perdu ?

    Un peu plus loin sur un banc, deux vieux appuyés sur leur canne contemplaient la scène et commentaient.

    — Quel fada ce Parisien, il n’a pas reconnu le bruit des cigales.

    Celles-ci cachées dans le grand pin qui ombrageait l’endroit riaient sous cape et plus elles riaient, plus elles cymbalaient.

    — Qu’est-ce qu’il a cru le grand réalisateur venu de la capitale, que nous allions arrêter de chanter parce qu’il tournait dans le Camping Paradis ?

    — Regarde-le… il appelle le maire pour nous faire taire.

    Elles éclatèrent de rire. Le temps n’était pas venu où le maire ferait taire les cigales. Personne ne s’y était frotté, par contre leurs ailes l’une contre l’autre s’en donnaient à cœur joie.

    Crii crii crii.

    L’un des papy appela l’acteur en faisant de grands signes avec sa canne ce qui eut le don de mettre encore plus en colère le réalisateur.

    — Mais où allez-vous ? J’ai un reportage à tourner, moi !

    — Dis-lui à ton parisien que c’est les cigales qui chantent. Dans son cabinet de la capitale, personne ne lui avait dit ? Il faut tout leur apprendre à ces parigots, remarqua le vieux monsieur.

    Crii crii crii

    — J’ai bien essayé de lui faire entendre raison, mais il n’a rien compris.

    — Calinotade, affirma le papy, les Parisiens savent tout à ce qu’ils disent.

    — Et toi tu es du pays mon gars ?

    — Pour sûr qu’il l’est, répondit une des cigales du haut de son arbre, c’est le patito de la Nelly, celle qui élève des chèvres. Elle nous aime, elle !

    Crii Crii Crii

    — Dès qu’elle ouvre ses volets, elle tend l’oreille pour savoir si elle nous entend.

    Le réalisateur remettait son casque et lança son sempiternel Action et il hurla en levant la tête vers le grand pin

    — C’est valable pour vous aussi. Taisez-vous, juste le temps de ma prise. Après, vous pourrez chanter tout l’été. D’ailleurs, je ne sais pas si vous rappelez, mais la cigale ayant chanté tout l’été se trouva fort dépourvue quand l’hiver fut venu. Alors, hein, réfléchissez si vous ne voulez pas qu’il vous arrive encore des misères. Les fourmis ne sont pas prêteuses.

    — Ah il ne va pas nous remettre ça sur le tapis, fanfaronna l’une des cigales.

    — Quand même il a raison, remarqua l’autre, ce fut compliqué pour nous. Rappelle-toi.

    Un dernier Crii Crii Crii et ce fut tout.

    Les deux vieux sur leur banc se levèrent d’un bond oubliant leurs cannes et chancelant parce qu’ils n’avaient plus l’habitude d’être sans elles, ils haussèrent les yeux vers le pin.

    — Ah non, vous n’allez pas vous taire. La Provence sans vous, ce n’est plus la Provence. Vous n’allez pas écouter un Parisien qui n’y connait rien ? Allez chantez maintenant.

    Les deux cigales se concertèrent.

    — Il faudrait savoir on ne nous disait pas de danser ?

    — Ouais, mais tu sais les vieux, ils radotent parfois, il ne faut pas leur en vouloir…

    À très vite…
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  • Agenda Ironique – De l’autre côté du miroir

    8 juin 2023
    Défis-Challenges, Jeux d’écriture

    Bonjour toi 😉

    C’est chez Toutlopera que ça se passe ou de l’autre côté du miroir avec quelques contraintes : une pincée de coriandre et de poudre de perlimpinpin. Ah oui, si je pouvais ajouter un oxymore ce serait sympa 😉.

    Voici donc mon texte pour cet agenda ironique du mois de juin.

    Un miroir facétieux

    Il était une fois
    Ça s’effritait sur les doigts
    Une pincée de coriandre. 
    Elle aimait bien Alexandre
    Miss Coriandre !
    
    Alexandre, lui, aimait le miroir
    Il le regardait tous les soirs.
    Flatté d’être ainsi admiré
    Celui-ci décida de s’illuminer.
    
    Ah non, s’exclama Coriandre
    J’imagine déjà l’esclandre !
    Ce vieux fou va proposer
    À Alexandre de le traverser.
    
    Cela s’était déjà produit
    Ça avait mal fini.
    Miroir cassé, 
    Alexandre blessé.
    
    Coriandre prit les devants
    Pas question que l’enfant
    Pleure toute la nuit
    Elle aurait mal pour lui. 
    
    Coriandre appela Perlimpinpin
    Son copain malin.
    Avec sa poudre il aidera le miroir
    Il n’y verra que du feu ce lascar,
    Il croira enfin
    Qu’il est assez malin
    Pour faire aller de l’autre côté
    Le gamin les doigts dans le nez.
    
    Alexandre s’approcha tout près
    Du miroir à le toucher. 
    Qui était ce petit géant
    Qui souriait de toutes ces dents ? 
    La bouche collée 
    Sur le miroir glacé
    Il se sentit aspiré
    De l’autre côté. 
    
    Coriandre cria ô scandale
    Parti sans ses sandales
    Ce chenapan allait se faire mal.
    Il y a plus grave
    Pensa le copain Perlimpinpin
    Il aura beau être brave
    Et appeler jusqu’à demain
    Sans ma poudre magique
    Il ne pourra pas c’est logique,
    Retraverser le miroir
    Prépare ton mouchoir. 
    
    Miss Coriandre affolée
    Se mit à gesticuler.
    Calme-toi poudre piquante
    tu es vraiment énervante !
    L’apostropha le miroir
    Star d’un soir, 
    Tu me crois si abruti
    Que je n’ai rien compris ?
    Ton protégé pourra retraverser
    Grâce à mon cadre illuminé. 
    Collez-vous à moi
    En un claquement de doigts
    Vous le rejoindrez
    Votre protégé. 
    
    Aussitôt dit aussitôt fait
    Les deux poudres collées
    S’effritèrent à jamais
    Personne ne sut alors de l’autre côté 
    Du miroir ce qu’il y avait. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle (Juin 2023)
    

    Pour découvrir les autres textes, va donc faire un tour ici.

    À très vite…
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    20 commentaires sur Agenda Ironique – De l’autre côté du miroir
  • Agenda ironique de Juin

    2 juin 2023
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    C’est chez Toulopera que ça se passe avec ces consignes :

    Puisque vous avez eu l’aimable inconscience de me confier l’Agenda Ironique de Juin 2023, voici ce que je vous propose. Le thème principal sera « ce qui se passe de l’autre côté du miroir ».

    Comme contraintes supplémentaires, histoire de mettre un peu de sel dans votre récit, je vous demande de le saupoudrer d’un peu de coriandre et d’une pincée de poudre de perlimpinpin. Et puis, si vous pouviez placer un petit oxymore, ça me ferait plaisir tant j’adore cette figure de style.

    Il n’y a pas d’autre contrainte, sinon celle de nous surprendre et de nous faire sourire. Votre texte pourra être un poème, une nouvelle, une recette de cuisine, une uchronie steam-punk… Ce que vous aurez envie d’écrire, en bref.

    On se donne jusqu’au 28 juin pour récolter nos textes, et nous donner les moyens de mettre 20/20 à tout le monde.

    Ya plus qu’à 😂

    À très vite…
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    4 commentaires sur Agenda ironique de Juin
  • Logorallye – Rencontre inattendue

    30 Mai 2023
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    Connais-tu le logorallye ? Il s’agit avec des mots imposés d’écrire une histoire. C’est souvent le cas dans l’agenda ironique. Ici, je te partage un texte écrit avec les mots imposés en gras dans le texte. J’aime beaucoup faire cet exercice. Et toi ?

    Elle est bien bonne celle-là !

    Alors que je devais passer une journée sereine à lézarder sur la plage face à l’océan, ne voilà-t-il pas qu’un homme triste à souhait avec une mine de six pieds de long venait s’asseoir près de moi.

    — Je ne vous dérange pas ?

    Polie, je rétorquais que la plage était à tout le monde.

    — Vous pouvez rester comme ça à regarder les vagues ? Moi je ne pourrais pas.

    — Je ne vous le demande pas !

    — Il me rend dépressif !

    L’envie me démange de le planter là, mais un gamin tout excité arrive avec son seau, sa pelle et son râteau. Il s’installe face à nous et commence à creuser. Évidemment, mon voisin ne peut pas s’empêcher de l’asticoter :

    — Tu es tout seul ? Tu ne peux pas aller plus loin, tu me déranges. En plus, tu me balances plein de sable sur les jambes.

    Je faillis lui répondre que c’était lui aussi qui s’était installé à côté de moi, mais comme je n’avais pas envie de m’enguirlander avec lui, je me tus. C’était une superbe journée ensoleillée, je souhaitais en profiter. Je me demandais si je n’allais pas changer de place quand le gamin rétorqua :

    — Je ne suis pas tout seul. Mes amis vont arriver.

    Je souris in petto. Il ne va pas apprécier le stressé d’à côté, surtout qu’une troupe de garçons et filles déboulaient en riant et en se bousculant. Comme au ralenti, je vis alors mon voisin se lever et leur faire signe qu’il fallait partir plus loin. C’est qu’il grognait le bougre. À croire que l’océan lui appartenait et qu’il ne voulait absolument pas le partager.

    — Pourquoi on ne peut pas se mettre là ? t’as réservé ? C’est écrit ton nom ?

    Hou la, ça va se gâter. Moi qui rêvais d’une matinée tranquille pour oublier que ma voiture avait joué à la capricieuse en ne voulant pas démarrer, c’était raté. Elle m’avait filé le bourdon cette coquine rien qu’à penser aux réparations à venir. Elle n’est plus toute jeune ma titine. Du coup, pour évacuer mon humeur morose, j’avais emprunté la route de la plage à pied. J’étais heureuse de pouvoir profiter de cette journée en solitaire face à l’immensité du grand bleu. En passant devant la boulangerie, j’avais salué la propriétaire. Elle est amusante, Josette, elle désire toujours parler d’jeunes. J’ai beau lui dire que notre langue est chantante et belle à souhait, elle n’arrête pas de faire des phrases bizarres. Tiens aujourd’hui encore, elle m’a balancé un « çavaplutôtpasmal » au lieu de me dire ça va bien.

    Mais revenons au malotru d’à côté qui ne semble pas vouloir lâcher sa place.

    — Mais comment elle me parle la gamine ! Vous en pensez quoi vous ?

    C’est à moi qu’il s’adresse là ? Je m’amuse de sa tête renfrognée et réponds sachant que je vais l’agacer davantage.

    — Comme ci comme ça.

    — Ce n’est pas une réponse, répondez à la question.

    Je ne peux m’empêcher d’éclater de rire.

    — Allons calmez-vous ! Vous avez des enfants ?

    Je ne l’imaginais pas me répondre de cette façon enthousiaste. Ce n’était plus le même homme, je n’en revenais pas.

    — Oui, j’en ai 3. Une fille et deux garçons.

    — Alors vous devriez comprendre que ces gosses ont envie de faire des châteaux de sable.

    — Oui, mais pas devant moi. Regardez j’ai amené avec moi tout mon matériel. Comment voulez-vous que je peigne maintenant s’ils sont toujours face à moi à bouger dans tous les sens.

    Je n’avais pas remarqué qu’il était arrivé avec tout son attirail.

    — Vous disiez tout à l’heure que vous étiez dépressif devant l’océan et vous allez passer votre temps à le peindre ? Je ne comprends pas.

    — C’est une commande et ma cliente est impatiente. J’avoue ne jamais l’avoir fait auparavant.

    — Quel dommage !

    — Bref, ce n’est pas tout ça, je dois m’installer et ces gamins m’embarrassent la vue et l’esprit.

    — Zen mon bon monsieur ! Il fait beau, le soleil brille, tout va bien. Non ?

    Il maugréa dans sa barbe. Enfin, façon de parler, parce qu’il n’en avait pas.

    Je le regardais poser son chevalet. J’avais envie de rire. Il n’allait pas rester longtemps. C’était la marée montante et les rouleaux se rapprochaient à vue d’œil. Les enfants qui avaient construit de beaux châteaux n’en avaient cure. Au contraire, ils espéraient bien que l’eau petit à petit allait s’engouffrer dans leurs remparts. Leur bonne humeur me ravissait le cœur et me donnait l’enviederienfaire de la journée.

    Tout en surveillant l’océan qui grignotait peu à peu la plage, je jetais des coups d’œil discrets au peintre installé à côté de moi. Complètement habité par son art, il ne faisait plus attention à ce qui l’entourait. Quand une vague plus coquine que les autres recouvrit les châteaux des gamins, déclenchant leurs éclats de rire, mon voisin s’écria, horrifié.

    — Vais-je devoir déménager ?

    — Vous devriez même vous hâter.

    Je me levais d’un bond pour éviter que ma serviette ne soit trempée. L’inconnu lui, n’eut pas cette chance. Palettes, pinceaux et toile posés près de lui furent balayés en un rien de temps. Les enfants qu’il avait tant invectivés plus tôt vinrent aussitôt l’aider à ramasser son matériel. Heureusement, le chevalet avait résisté. Curieuse, je jetais un coup d’œil. Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir un paysage bucolique au lieu d’une immensité bleue.

    — Oui je sais, je n’ai pas peint ce qu’elle voulait.

    — Mais pourquoi ? En tout cas, vous avez un don c’est indéniable. Ce paysage ne ressemble en rien à ce que vous avez devant vous. Vous avez tout imaginé.

    — J’ai l’habitude.

    — Quel talent vraiment.

    Je regardais autour de lui et constatais que ses affaires récupérées par les enfants s’étaient éparpillées. Je les rassemblais près de lui et remerciais les gamins qui recommencèrent à creuser avec patience.

    Stupéfaite, je contemplais l’homme qui continuait à peindre, mais quelque chose clochait. Son chevalet avait bougé, il n’était plus face à l’océan, mais cela ne semblait pas le déranger.

    J’installais donc ma serviette plus loin.

    — Vous ne parlez plus ? Seriez-vous déprimée à force de le regarder ? Je vous avais prévenue.

    Je ne comprenais pas à qui il s’adressait, il ne me regardait pas. Il devait vraiment être habité par sa création.

    Il reprit, lâchant sa toile des yeux et se penchant vers l’endroit où j’étais assise auparavant.

    — Je vous trouve bien calme.

    Alors je compris. Cet homme était aveugle. Ses lunettes noires m’avaient leurrée. Il ne semblait pas vouloir que je m’en aperçoive. Je m’approchais de lui.

    — Je vous regardais peindre.

    Il tourna aussitôt la tête vers moi, surpris.

    — Vous m’avez fait peur. Vous avez une jolie voix, je m’en rends compte à présent. Avec le chahut des enfants, je ne vous avais pas entendue. Musicale à souhait, elle fait plaisir à écouter.

    Heureusement qu’il ne me voyait pas rougir. Je sentais mes joues devenir brulantes. J’avais oublié que ses autres sens étaient exacerbés, il éclata de rire.

    — Ne rougissez pas.

    — C’est le soleil, j’y suis très sensible.

    — Si vous le dites.

    Je le regardais faire. Son travail était splendide. Rien à voir avec une marine, mais ce paysage était… je m’approchais plus près et constatais avec surprise que peu à peu le ciel bleu se mêlait à ce qui paraissait être… mais oui la mer… Je restais fascinée.

    — Vous peignez aussi ?

    — Pas du tout, j’ai deux mains gauches pour le dessin.

    — La peinture n’est pas du dessin.

    — Quand même ça y ressemble un peu. Je n’ai guère d’imagination pour ce genre de travail.

    — Je suis certain que vous en avez pour d’autres.

    Il continuait à me parler alors que son pinceau virevoltait sur sa toile.

    — Fermez la bouche.

    Comment diable avait-il pu se rendre compte que je l’avais gardée ouverte tout en contemplant l’œuvre qui prenait forme.

    Tout à coup, il stoppa son travail et appela les enfants qui bavardaient plus loin toujours affairés à leurs châteaux.

    — J’entends le marchand de glaces. Tenez, je vous donne un billet, allez vous faire plaisir.

    Surpris par sa générosité, ils ne comprirent pas tout de suite.

    — Je suis certain qu’il y a une petite gourmande parmi vous, me serais-je trompé ?

    Les garçons se tournèrent vers une blondinette qui se pourléchait déjà les babines.

    — Je te sens motivée pas vrai ? Allez filez, c’est moi qui régale !

    Les enfants ne se firent pas prier et détalèrent.

    — Vous aviez l’air d’un ours mal léché tout à l’heure, et maintenant vous leur offrez des glaces ?

    Pensive, je le regardais. Il rangeait ses affaires. S’il ne voyait rien, il était extrêmement doué. Je ne parvenais pas à imaginer vivre sans contempler le soleil. Rien que les jours de pluie où il faisait sombre, je perdais le moral alors…

    — Ce n’est pas vous tout à l’heure qui me disiez d’être zen ! Je ne suis pas malheureux. Je suis malvoyant depuis ma naissance. Ce n’est pas un accident. Je ne connais donc pas toutes ces choses dont vous n’arriveriez pas à vous passer. Les parfums, les ambiances, les sons me chantent une belle musique dans la tête.

    — Comment avez-vous su que je m’étais rendu compte de votre handicap ?

    — Lorsque vous vous êtes approchée de moi. Je n’étais pas tourné du bon côté.

    — Je suis désolée.

    — Ne le soyez pas. C’est ma vie. Je suis heureux et pas nostalgique du tout. De quoi pourrais-je l’être d’ailleurs ?

    Il avait remballé ses affaires. Les enfants revenaient avec leur glace. Ils le remercièrent chaleureusement.

    — Alors ces parfums ?

    Sans se tromper, il désigna le chocolat, la fraise, l’abricot et la vanille. Il salua tout ce petit monde et se tournant vers moi il dit :

    — Méfiez-vous de ne pas vous faire bousculer par une vague.

    Je n’eus pas le temps de ranger ma serviette, je perdis l’équilibre et me retrouvais trempée des pieds à la tête. Il éclata de rire tout comme les enfants, ravis de voir que leurs châteaux tenaient encore debout, eux !

    © Isabelle-Marie d’Angèle

    À très vite…
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  • Jeux des questions

    4 Mai 2023
    Défis-Challenges

    Bonjour toi 😉

    C’est chez Marlabis ici que j’ai trouvé ces questions. Va y faire un tour, tu y trouveras tout un tas de choses sympathiques.

    Je me lance 😂

    1-Pour quelles raisons tu réponds à mes questions ?

    En voilà une question qu’elle est bonne. Je me le demande encore 😉, j’en avais envie tout simplement.

    2- Vous écoutez quoi en ce moment ?

    Juste à l’instant, c’est Jenifer : les choses simples.

    3- C’est quoi le dernier truc que tu as mangé ?

    Un carré de chocolat avec mon café.

    4- Comment vas-tu en vérité ?

    Bien je pense. J’ai parfois le moral en berne mais je m’évertue pour qu’il ne le reste pas longtemps. Je sais que le cerveau aime les choses négatives alors je lui en propose des positives.

    5- Une femme : Plutôt pantalon ou jupe ?

    Les deux mon général 😂. Le pantalon l’hiver et la jupe l’été.

    Un Homme, plutôt kilt ou bermuda ? Pour les hommes, le kilt ? bof ! Le bermuda oui mais pas à fleurs 😁. Après, un homme en costume m’a toujours fait rêver avec la chemise ouverte pas de cravate. (Dans mes histoires, les hommes sont souvent ainsi 😂).

    6- Pourquoi les chats passent-ils leur temps à sortir ou rentrer ?

    Je pose la même question pour les toutous. Je ne sais pas, ils ont certainement des trucs à faire. Peut-être que nous aussi, sans nous en rendre compte nous faisons pareil, on se lève, on se rassoit, on se relève pour aller chercher un truc. Fais attention, je suis certaine qu’ils nous imitent.

    7- Quelle est ta lecture du moment ? Tout l’monde peut y répondre à sa guise.

    Sans regrets de Françoise Bourdin. C’est son tout dernier puisqu’elle nous a quittés. Le titre m’interpelle du coup.

    8- Notez le 1er mot qui vous vient à l’esprit quand on vous dit : maison, terre, pluie.

    Parfum. La nature qui vient de recevoir une belle averse sent divinement bon.

    9- Quand vous êtes-vous senti pour la 1ère fois dans la peau d’un adulte ?

    Que je n’aime pas cette question. Je n’ai pourtant pas le syndrome de Peter Pan, mais je ne sais pas si je suis vraiment une adulte alors que j’ai 3 grands enfants. Peut-être que j’ai eu l’impression de le devenir quand je me suis mariée, j’avais 18 ans. Après la vie se charge de te rappeler à l’ordre. Je crois que le pire est arrivé quand j’ai perdu mes parents à neuf mois d’intervalle. Là oui, j’ai compris que la vie me jouait un drôle de tour.  

    10 -Quelle est la meilleure chose qui vous soit arrivée hier ?

    Attends, qu’est- ce que j’ai fait hier ? Ah oui, c’était une journée pourrie, il n’arrivait que des trucs pas rigolos. Il doit bien y avoir un truc pourtant qui soit chouette… Ben oui, le sourire de mon homme bien sûr.

    Voilà, j’ai répondu à toutes les questions. Si tu as envie de faire de même, n’hésite pas et va chez ici

    À très vite..
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