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  • Avril poésie

    7 avril 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😏 je partage avec toi, une poésie écrite main levée.

    Chez Ma ici le sujet de la semaine était Ne te découvre pas d’un fil. Je me suis amusée à prendre en photos mes bobines de fil et j’ai bafouillé une poésie.

    Quel joyeux drille
    Ce mois d’avril. 
    Il annonce le printemps
    Même si on claque des dents.
    
    Ne te découvre pas d’un fil, 
    C’est l’adage d’avril. 
    Il a bien raison
    Restons près du tison. 
    
    Pourtant, les oiseaux chantent
    Regarde pointer la menthe,
    Et les boutons de Pivoine
    Font la joie d’Antoine. 
    
    C’est le mois d’Avril, 
    On danse le quadrille. 
    Il annonce l’été
    Finies les contrariétés. 
    
    Pour illustrer mon image,
    Pas besoin de maquillage.
    Ces bobines de fil
    Représentent bien Avril. 
    
    Ne te découvre pas,
    Tu vas attraper froid.
    N’oublie pas qu’en Avril
    En fraîcheur, il est habile. 
    
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle – avril 2022
    
    
    À très vite…
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  • Jeudi Poésie

    31 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Je partage avec toi un poème de Félix Arvers (1806-1850) poète et dramaturge français. Un poème écrit comme une histoire.

    Ce qui peut arriver à tout le monde – Félix Arvers (Mes heures perdues -1833)

    I
    
    J'ai toujours voulu voir du pays, et la vie
    Que mène un voyageur m'a toujours fait envie.
    Je me suis dit cent fois qu'un demi-siècle entier
    Dans le même logis, dans le même quartier ;
    Que dix ans de travail, dix ans de patience
    A lire les docteurs et creuser leur science,
    Ne valent pas six mois par voie et par chemin,
    Six mois de vie errante, un bâton à la main.
    — Eh bien ! me voici prêt, ma valise est remplie ;
    Où vais-je ! — En Italie. — Ah, fi donc ! l'Italie !
    Voyage de badauds, de beaux fils à gants blancs.
    Qui vont là par ennui, par ton, comme à Coblentz,
    En poste, au grand galop, traversant Rome entière,
    Et regardent ton ciel, Naples, par la portière.
    — Mais ce que je veux, moi, voir avant de mourir,
    Où je veux à souhait rêver, chanter, courir.
    C'est l'Espagne, ô mon cœur ! c'est l'hôtesse des Maures,
    Avec ses orangers et ses frais sycomores,
    Ses fleuves, ses rochers à pic, et ses sentiers
    Où s'entendent, la nuit, les chants des muletiers ;
    L'Espagne d'autrefois, seul débris qui surnage
    Du colosse englouti qui fut le moyen âge ;
    L'Espagne et ses couvents, et ses vieilles cités
    Toutes ceintes de murs que l'âge a respectés ;
    Madrid. Léon, Burgos, Grenade et cette ville
    Si belle, qu'il n'en est qu'une au monde. Séville !
    La ville des amants, la ville des jaloux,
    Fière du beau printemps de son ciel andalou,
    Qui, sous ses longs arceaux de blanches colonnades,
    S'endort comme une vierge, au bruit des sérénades.
    Jusqu'à tant que pour moi le jour se soit levé
    Où je pourrai te voir et baiser ton pavé,
    Séville ! c'est au sein de cette autre patrie
    Que je veux, mes amis, mettre, ma rêverie ;
    C'est là que j'enverrai mon âme et chercherai
    De doux récits d'amour que je vous redirai.
    
    II
    
    A Séville autrefois (pour la date il n'importe),
    Près du Guadalquivir, la chronique rapporte
    Qu'une dame vivait, qui passait saintement
    Ses jours dans la prière et le recueillement :
    Ses charmes avaient su captiver la tendresse
    De l'alcade, et c'était, comme on dit, sa maîtresse ;
    Ce qui n'empêchait pas que son nom fût cité
    Comme un exemple à tous d'austère piété.
    Car elle méditait souvent les évangiles,
    Jeûnait exactement quatre-temps et vigiles.
    Communiait à Pâque, et croyait fermement
    Que c'est péché mortel d'avoir plus d'un amant
    A la fois. Ainsi donc, en personne discrète.
    Elle vivait au fond d'une obscure retraite,
    Toute seule et n'ayant de gens dans sa maison
    Qu'une duègne au-delà de l'arrière-saison,
    Qu'on disait avoir eu, quand elle était jolie.
    Ses erreurs de jeunesse, et ses jours de folie.
    Voyant venir les ans, et les amans partir,
    En femme raisonnable elle avait cru sentir
    Qu'en son âme, un beau jour, était soudain venue
    Une vocation jusqu'alors inconnue ;
    Au monde, qui fuyait, elle avait dit adieu,
    Et pour ses vieux péchés s'était vouée à Dieu.
    
    Une fois, au milieu d'une de ces soirées
    Que prodigue le ciel à ces douces contrées,
    Le bras nonchalamment jeté sur son chevet,
    Paquita (c'est le nom de la dame) rêvait :
    Son œil s'était voilé, silencieux et triste ;
    Et tout près d'elle, au pied du lit, sa camériste
    Disait dévotement, un rosaire à la main,
    Ses prières du soir dans le rite romain.
    Voici que dans la rue, au pied de la fenêtre,
    Un bruit se fit entendre ; elle crut reconnaître
    Un pas d'homme, prêta l'oreille ; en ce moment
    Une voix s'éleva qui chantait doucement :
    
    « Merveille de l'Andalousie.
    Étoile qu'un ange a choisie
    Entre celles du firmament,
    Ne me fuis pas ainsi ; demeure,
    Si tu ne veux pas que je meure
    De désespoir, en te nommant !
    
    J'ai visité les Asturies,
    Aguilar aux plaines fleuries,
    Tordesillas aux vieux manoirs :
    J'ai parcouru les deux Castilles.
    Et j'ai bien vu sous les mantilles
    De grands yeux et des sourcils noirs :
    
    Mais, ô lumière de ma vie,
    Dans Barcelone ou Ségovie,
    Dans Gérone au ciel embaumé,
    Dans la Navarre ou la Galice,
    Je n'ai rien vu qui ne pâlisse
    Devant les yeux qui m’ont charmé ! »
    
    Quand la nuit est bien noire, et que toute la terre,
    Comme de son manteau, se voile de mystère,
    Vous est-il arrivé parfois, tout en rêvant,
    D'ouïr des sons lointains apportés par le vent ?
    Comme alors la musique est plus douce ! Il vous semble
    Que le ciel a des voix qui se parlent ensemble,
    Et que ce sont les saints qui commencent en chœur
    Des chants qu'une autre voix achève dans le cœur.
    — A ces sons imprévus, tout émue et saisie,
    La dame osa lever un coin de jalousie
    Avec précaution, et juste pour pouvoir
    Découvrir qui c'était, mais sans se laisser voir.
    En ce moment la lune éclatante et sereine
    Parut au front des cieux comme une souveraine ;
    A ses pâles rayons un regard avait lui,
    Elle le reconnut, et dit : « C'est encor lui ! »
    C'était don Gabriel, que par toute la ville
    On disait le plus beau cavalier de Séville ;
    Bien fait, de belle taille et de bonne façon ;
    Intrépide écuyer et ferme sur l'arçon,
    Guidant son andalou avec grâce et souplesse,
    Et de plus gentilhomme et de haute noblesse ;
    Ce que sachant très bien, et comme, en s'en allant,
    Son bonhomme de père avait eu le talent
    De lui laisser comptant ce qu'il faut de richesses
    Pour payer la vertu de plus de cent duchesses,
    Il allait tête haute, en homme intelligent
    Du prix de la noblesse unie avec l'argent.
    Mais quand le temps d'aimer, car enfin, quoi qu'on dit,
    Il faut tous en passer par cette maladie,
    Qui plus tôt, qui plus tard ; quand ce temps fut venu,
    Et qu'un trouble arriva jusqu'alors inconnu,
    Soudain il devint sombre : au fond de sa pensée
    Une image de femme un jour était passée ;
    Il la cherchait partout. Seul, il venait s'asseoir
    Sous les arbres touffus d'Alameda, le soir.
    A cette heure d'amour où la terre embrasée
    Voit son sein rafraîchir sous des pleurs de rosée.
    Un jour qu'il était là, triste, allant sans savoir
    Où se portaient ses pas, et regardant sans voir,
    Une femme passa : vision imprévue.
    Qu'il reconnut soudain sans l'avoir jamais vue !
    C'était la Paquita : c'était elle ! elle avait
    Ces yeux qu'il lui voyait, la nuit, quand il rêvait.
    Le souris, la démarche et la taille inclinée
    De l'apparition qu'il avait devinée.
    Il est de ces moments qui décident des jours
    D'un homme ! Depuis lors il la suivait toujours,
    Partout, et c'était lui dont la voix douce et tendre
    Avait trouvé les chants qu'elle venait d'entendre.
    
    III
    
    Comment don Gabriel se fit aimer, comment
    Il entra dans ce cœur tout plein d'un autre amant,
    Je n'en parlerai pas, lecteur, ne sachant guère,
    Depuis qu'on fait l'amour, de chose plus vulgaire ;
    Donc, je vous en fais grâce, et dirai seulement,
    Pour vous faire arriver plus vite au dénouement.
    Que la dame à son tour. — car il n'est pas possible
    Que femme à tant d'amour garde une âme insensible,
    — Après avoir en vain rappelé sa vertu.
    Avoir prié longtemps, et longtemps combattu.
    N'y pouvant plus tenir, sans doute, et dominée
    Par ce pouvoir secret qu'on nomme destinée,
    Ne se contraignit plus, et cessa d'écouter
    Un reste de remords qui voulait l'arrêter :
    Si bien qu'un beau matin, au détour d'une allée,
    Gabriel vit venir une duègne voilée,
    D'un air mystérieux l'aborder en chemin,
    Regarder autour d'elle, et lui prendre la main
    En disant : « Une sage et discrète personne,
    Que l'on ne peut nommer ici, mais qu'on soupçonne
    Vous être bien connue et vous toucher de près,
    Mon noble cavalier, me charge tout exprès
    De vous faire savoir que toute la soirée
    Elle reste au logis, et serait honorée
    De pouvoir vous apprendre, elle-même, combien
    A votre seigneurie elle voudrait de bien. »
    
    Banquiers, agents de change, épiciers et notaires,
    Percepteurs, contrôleurs, sous-chefs de ministères
    Boutiquiers, électeurs, vous tous, grands et petits.
    Dans les soins d'ici-bas lourdement abrutis,
    N'est-il pas vrai pourtant que, dans cette matière,
    Où s'agite en tous sens votre existence entière.
    Vous n'avez pu flétrir votre âme, et la fermer
    Si bien, qu'il n'y demeure un souvenir d'aimer ?
    Oh ! qui ne s'est, au moins une fois dans sa vie,
    D'une extase d'amour senti l'âme ravie !
    Quel cœur, si desséché qu'il soit, et si glacé,
    Vers un monde nouveau ne s'est point élancé ?
    Quel homme n'a pas vu s'élever dans les nues
    Des chœurs mystérieux de vierges demi-nues ;
    Et lorsqu'il a senti tressaillir une main,
    Et qu'une voix aimée a dit tout bas : « Demain »,
    Oh ! qui n'a pas connu cette fièvre brûlante,
    Ces imprécations à l'aiguille trop lente,
    Et cette impatience à ne pouvoir tenir
    En place, et comme un jour a de mal à finir !
    — Hélas ! pourquoi faut-il que le ciel nous envie
    Ces instants de bonheur, si rares dans la vie,
    Et qu'une heure d'amour, trop prompte à s'effacer,
    Soit si longue à venir, et si courte à passer !
    
    Après un jour, après un siècle entier d'attente,
    Gabriel, l'œil en feu, la gorge haletante,
    Arrive ; on l'attendait. Il la vit, — et pensa
    Mourir dans le baiser dont elle l'embrassa.
    
    IV
    
    La nature parfois a d'étranges mystères !
    
    V
    
    Derrière le satin des rideaux solitaires
    Que s'est-il donc passé d'inouï ? Je ne sais :
    On entend des soupirs péniblement poussés.
    Et soudain Paquita s'écriant : « Honte et rage !
    Sainte mère de Dieu ! c'est ainsi qu'on m'outrage !
    Quoi ! ces yeux, cette bouche et cette gorge-là,
    N'ont de ce beau seigneur obtenu que cela !
    Il vient dire qu'il m'aime ! et quand je m'abandonne
    Aux serments qu'il me fait, grand Dieu ! que je me donne,
    Que je risque pour lui mon âme, et je la mets
    En passe d'être un jour damnée à tout jamais,
    'Voilà ma récompense ! Ah ! pour que tu réveilles
    Ce corps tout épuisé de luxure et de veilles,
    Ma pauvre Paquita, tu n'es pas belle assez !
    Car, ne m'abusez pas, maintenant je le sais.
    Sorti d'un autre lit, vous venez dans le nôtre
    Porter des bras meurtris sous les baisers d'une autre :
    Elle doit s'estimer heureuse, Dieu merci.
    De vous avoir pu mettre en l'état que voici.
    Celle-là ! car sans doute elle est belle, et je pense
    Qu'elle est femme à valoir qu'on se mette en dépense !
    Je voudrais la connaître, et lui demanderais
    De m'enseigner un peu ses merveilleux secrets.
    Au moins, vous n'avez pas si peu d'intelligence
    De croire que ceci restera sans vengeance.
    Mon illustre seigneur ! Ah ! l'aimable roué !
    Vous apprendrez à qui vous vous êtes joué !
    Çà, vite en bas du lit, qu'on s'habille, et qu'on sorte !
    Certes, j'espère bien vous traiter de la sorte
    Que vous me connaissiez, et de quel châtiment
    La Paquita punit l'outrage d'un amant ! »
    
    Elle parlait ainsi lorsque, tout effarée,
    La suivante accourut : « A la porte d'entrée,
    L'alcade et trois amis, qu'il amenait souper,
    Dit-elle, sont en bas qui viennent de frapper !
    — Bien ! dit la Paquita ; c'est le ciel qui l'envoie !
    — Ah ! señora ! pour vous, gardez que l'on me voie !
    — Au contraire, dit l'autre. Allez ouvrir ! merci.
    Mon Dieu ; je t'appelais, Vengeance ; te voici ! »
    Et sitôt que la duègne en bas fut descendue,
    La dame de crier : « A moi ! je suis perdue !
    Au viol ! je me meurs ! au secours ! au secours !
    Au meurtre ! à l'assassin ! Ah ! mon seigneur, accours ! »
    Tout en disant cela, furieuse, éperdue,
    Au cou de Gabriel elle s'était pendue.
    Le serrait avec rage, et semblait repousser
    Ses deux bras qu'elle avait contraints à l'embrasser ;
    Et lui, troublé, la tête encor tout étourdie,
    Se prêtait à ce jeu d'horrible comédie,
    Sans deviner, hélas ! que, pour son châtiment,
    C'était faire un prétexte et servir d'instrument !
    
    L'alcade cependant, à ces cris de détresse,
    Accourt en toute hâte auprès de sa maîtresse :
    « Seigneur ! c'est le bon Dieu qui vous amène ici ;
    Vengez-vous, vengez-moi ! Cet homme que voici,
    Pour me déshonorer, ce soir, dans ma demeure...
    — Femme, n'achevez pas, dit l'alcade ; qu'il meure !
    — Qu'il meure ; reprit-elle. — Oui ; mais je ne veux pas
    Lui taire de ma main un si noble trépas ;
    Çà, messieurs, qu'on l'emmène, et que chacun pâlisse
    En sachant à la fois le crime et le supplice ! »
    Gabriel, cependant, s'étant un peu remis.
    Tenta de résister ; mais pour quatre ennemis,
    Hélas ! il était seul, et sa valeur trompée
    Demanda vainement secours à son épée ;
    Elle s'était brisée en sa main : il fallut
    Se rendre, et se soumettre à tout ce qu'on voulut.
    
    Devant la haute cour on instruisit l'affaire ;
    Le procès alla vite, et quoi que pussent faire
    Ses amis, ses parents et leur vaste crédit.
    Qu'au promoteur fiscal don Gabriel eût dit :
    « C'est un horrible piège où l'on veut me surprendre.
    Un crime ! je suis noble, et je dois vous apprendre,
    Seigneur, qu'on n'a jamais trouvé dans ma maison
    De rouille sur l'épée ou de tache au blason !
    Seigneur, c'est cette femme elle-même, j'en jure
    Par ce Christ qui m'entend et punit le parjure.
    Qui m'avait introduit dans son appartement ;
    Et comment voulez-vous qu'à pareille heure ?... — Il ment !
    Disait la Paquita ; d'ailleurs la chose est claire.
    J'ai mes témoins : il faut une peine exemplaire.
    Car je vous l'ai promis, et qu'un juste trépas
    Me venge d'un affront que vous n'ignorez pas ! »
    
    VI
    
    Or, s'il faut maintenant, lecteur, qu'on vous apprenne —
    La fin de tout ceci, par la cour souveraine
    Il fut jugé coupable à l'unanimité ;
    Et comme il était noble, il fut décapité.
    
    
    
    À très vite…
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    1 commentaire sur Jeudi Poésie
  • Jeudi poésie

    24 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Théophile Gautier sait trouver les mots pour saluer le printemps. Je te laisse en sa compagnie, il en parle bien mieux que moi.

    Premier sourire de Printemps

    Tandis qu’à leurs œuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.
    
    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    II repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons-d’or.
    
    Dans le verger et dans la vigne,
    II s’en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l’amandier.
    
    La nature au lit se repose ;
    Lui, descend au jardin désert
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.
    
    Tout en composant des solfèges
    Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
    II sème aux prés les perce-neige
    Et les violettes au bois.
    
    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l’oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d’argent du muguet.
    
    Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
    II met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.
    
    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d’avril tournant la tête,
    II dit : « Printemps, tu peux venir ! »
    
    
    
    
    

    J’aime le printemps, c’est le renouveau. La nature s’éveille et tout recommence. Et toi, quelle est ta saison préférée ?

    À très vite…
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  • Jeudi poésie

    10 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Cette photo est la mienne. Elle m’a inspiré le poème qui suit.

    En promenade

    En promenade, la fillette
    Toute guillerette
    Abandonne ses grands-parents,
    Assis sur un banc. 
    
    Ils contemplent le fleuve
    Où quelques oiseaux s’abreuvent. 
    
    Elle les laisse tranquille
    Et telle une anguille
    Part à la cueillette
    Parmi l’herbe et les fleurettes. 
    
    Accroupie dans la prairie, 
    De ses petites mains aguerries 
    Elle amasse herbe et sable
    Et façonne, imperturbable. 
    
    Fière de son travail, 
    Bombant le poitrail
    Elle montre son œuvre
    Ils applaudissent tant qu’ils peuvent. 
    
    Sur le banc, l’œuvre abandonnée, 
    Un brin, inachevée,
    Reste, par le vent, caressée. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle (Mars 2022).
    
    À très vite…

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  • Jeudi Poésie – Charles Guérin (1873-1907)

    3 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Je te retrouve avec le jeudi poésie. J’ai choisi un poème de saison.

    Grive musicienne
    Fauvette
    Un oiseau, Fauvette ou Grive

    Mars. Un oiseau, fauvette ou grive, je ne sais,
    Chante amoureusement dans les feuilles nouvelles,
    Et, transi de rosée encore, sèche ses ailes
    Au soleil dans le jeune azur et le vent frais.
    
    Les rosiers déterrés poussent des bourgeons roses.
    L'orme a verdi, l'air est rayé de moucherons,
    Et le vaste jardin sonore où nous errons
    Nous salue au sortir de ses métamorphoses.
    
    Là, dans l'ombre, pendue à d'invisibles fils,
    Une goutte d'eau ronde et limpide étincelle
    Et cette perle, o bien-aimée, a pour jumelle
    Une larme qui point et brille entre vos cils.
    
    Vous pleurez, contre moi tendrement inclinée,
    Paie, vaincue enfin par la sûre douceur
    Que la nature emploie à vous fondre le cœur,
    Et tout entière offerte à votre destinée.
    
    Vous pleurez, sans vouloir m'entendre, infiniment,
    De vous sentir si faible en face de vous-même,
    Et, pauvre être docile à l'homme qui vous aime,
    Le baiser qui nous lie accroît votre tourment.
    
    De ma bouche pourtant la vôtre se détache ;
    Votre regard troublé me fuit, et, non moins prompt,
    Rougissant d'une honte heureuse, votre front
    Se creuse un nid obscur dans mon sein et s'y cache.
    
    Vous restez là, confuse, à vous plaindre tout bas
    Alors, ô gémissante et craintive colombe,
    J'attire votre tête ardente qui retombe,
    Et je l'étreins avec orgueil entre mes bras.
    
    Et vous levez les yeux sur moi puis, pour me plaire,
    Votre visage, encore malgré vous convulsif,
    D'un arrière-sourire incertain et pensif
    Et pareil aux premiers soleils de l'an, s'éclaire.
    
    Charles Guérin (1873-1907)
    
    
    
    
    
    À très vite…

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    2 commentaires sur Jeudi Poésie – Charles Guérin (1873-1907)
  • Jeudi Poésie, Mes Haïkus

    24 février 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Un jour, je me suis essayé à écrire des Haïkus. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un petit poème japonais qui se décline en 3 vers et comporte 17 syllabes. Il évoque un sentiment particulier, il est souvent inspiré de la nature ou d’une saison.

    Je partage ici ceux que j’avais imaginé pour le printemps

    Abeilles mutines			
    encerclent les fleurs pour leur		
    miel au goût sucré
    
    
    
    Deux arbres serrés		
    étroitement enlacés 
    fruits et fleurs mêlés
    

    Comme je suis gourmande, j’avais aussi écrit des haïkus sur la gourmandise

    Chocolat léché
    sur la glace vanillée
    plaisir assuré
    
    
    Crêpe au chocolat
    avec de la chantilly
    cuillère à la main
    
    
    
    

    Ici, c’est une autre gourmandise 😉

    Un cœur aguiché
    par des seins mutins dressés
    alléché il est 
    
    
    Epaule voilée
    par vent coquin dénudée
    épaule à croquer 
    

    Et toi ? Connais-tu les haïkus ? En écris-tu ?

    À très vite…
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    2 commentaires sur Jeudi Poésie, Mes Haïkus
  • Jeudi poésie

    17 février 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Je crois que je te l’ai déjà dit, j’aime beaucoup les sentiers, les chemins et les routes. Ils peuvent t’emmener n’importe où. Voilà pourquoi je te propose aujourd’hui un poème de Théophile Gautier, le Sentier.

    Il est un sentier creux dans la vallée étroite,
    Qui ne sait trop s'il marche à gauche ou bien à droite.
    — C'est plaisir d'y passer, lorsque Mai sur ses bords,
    Comme un jeune prodigue, égrène ses trésors ;
    L'aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
    Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes.
    La pâle violette, en son réduit obscur,
    Timide, essaie au jour son doux regard d'azur,
    Et le gai bouton d'or, lumineuse parcelle,
    Pique le gazon vert de sa jaune étincelle.
    Le muguet, tout joyeux, agite ses grelots,
    Et les sureaux sont blancs de bouquets frais éclos ;
    Les fossés ont des fleurs à remplir vingt corbeilles,
    À rendre riche en miel tout un peuple d'abeilles.
    Sous la haie embaumée un mince filet d'eau
    Jase et fait frissonner le verdoyant rideau
    Du cresson. — Ce sentier, tel qu'il est, moi je l'aime
    Plus que tous les sentiers où se trouvent de même
    Une source, une haie et des fleurs ; car c'est lui,
    Qui, lorsque au ciel laiteux la lune pâle a lui,
    À la brèche du mur, rendez-vous solitaire
    Où l'amour s'embellit des charmes du mystère,
    Sous les grands châtaigniers aux bercements plaintifs,
    Sans les tromper jamais, conduit mes pas furtifs.
    
    Théophile Gautier
    
    
    
    
    

    J’aime beaucoup l’idée du sentier qui ne sait pas trop s’il marche à gauche ou à droite.

    En lisant ce poème, sens-tu les parfums qui se dégagent de ce chemin ? Entends-tu le bruissement de l’eau ?

    As-tu aimé ce poème ?

    riding a ladybug
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  • Plage abandonnée

    10 février 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Lorsque j’ai choisi cette illustration pour partager avec toi le jeudi poésie, je me suis posé la question : aurais-je envie de vacances ? 😂. Certains répondront que je suis toujours en vacances, puisque je suis à la maison. Faux ! Les vacances c’est le changement d’air, d’endroit, un rythme différent, rencontrer de nouvelles personnes…

    Bref, que t’inspire cette image ? 😊

    C’est vrai qu’immédiatement la chanson de Brigitte Bardot La madrague m’est venu spontanément avec ces premiers mots Sur la plage abandonnée, coquillages et crustacés…

    Abandonnons l’idée et laissons voguer l’imagination…

    On pourrait l’appeler,
    La cabane de pêcheurs
    Peut-être à cause du filet ? 
    Que faites-vous alors du cœur ? 
    
    Accroché à la porte, 
    Vous ne l’avez pas vu, 
    Mais qu’importe, 
    Derrière mon talus,
    
    Je suis plantée.
    D’un côté le transat
    De l’autre la bouée
    Je l’avoue décor spartiate. 
    
    Battue par le vent,
    Dorée par le soleil
    Par tous les temps,
    Je m’émerveille.
    
    
    

    Et toi que t’inspire cette image ? Ne joue pas au timide, glisse-moi quelques mots en commentaires.

    Bitmoji Image
    À très vite…
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  • Jeudi Poésie : Je n’ai pas la clé

    3 février 2022
    Billet d’humeur, Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Déjà jeudi et le jeudi c’est poésie 💖. Que t’inspire cette image ?

    Regarder et observer en silence,
    Pas de bruit, rien ne bruit. 
    Seuls les arbres et les fleurs dansent.
    Je souris. 
    
    Je colle mon œil davantage
    Par le trou de la serrure sans âge.
    J’aperçois une barrière,
    J’y vais sans un regard en arrière. 
    
    Mais la porte résiste,
    Je n’ai pas la clé.
    Faudrait-il qu’elle existe
    Pour que je puisse entrer. 
    
    Mon regard balaie
    Ce qui me semble être un jardin.
    Il s’envole par-dessus la haie,
    J’ai rêvé que c’était le matin. 
    
    Rêver est toujours permis,
    Pas de panneaux interdit.
    Je ferme les yeux,
    Le ciel est bleu.
    
    Je sens les parfums m’entourer,
    Quelqu’un prend ma main, 
    Je reviendrai demain,
    J’aurai retrouvé la clé.
    
     
    

    Isabelle-Marie d’Angèle

    Et toi ? Qu’en penses-tu ?

    waving doorway
    À très vite…
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  • Octobre sourires et chocolats

    1 octobre 2021
    Billet d’humeur, Mois, Poème – Poésie

    1er octobre ! Quelle chance, il tombe un vendredi et c’est donc la journée du sourire !

    Mais ce n’est pas tout ! C’est aussi la journée mondiale du chocolat !

    Alors entre sourires et chocolats, quelle belle journée !

    Mais je n’oublie pas que c’est le mois d’octobre qui commence. Bienvenue à toi avec tes citrouilles d’Halloween et tes couleurs flamboyantes.

    Extrait d’un poème d’Auguste Lacaussade : Les soleils d’Octobre

    L’herbe que la pluie a mouillée

    Se traîne frileuse et souillée ;

    On n’entend plus de joyeux bruits

    Sortir des gazons et des mousses ;

    Les châtaigniers aux branches rousses

    Laissent au vent tomber leurs fruits.

    Auguste Lacaussade

    À très vite …

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