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  • Je dis Poésie

    12 Mai 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Pour célébrer ce mois de mai, je partage ces Haïkus de ma composition.

    Cerisiers en fleurs
    Seul un banc abandonné
    Parfum entêtant
    
    
    Beauté d'un jardin
    Un portail de bois ouvert
    Au loin la maison
    
    
    Brouette fleurie
    Parfums et couleurs mêlés
    Je suis apaisée
    
    La glycine en fleurs
    Marguerites en bouquets
    Fleurs rouges Amour
    
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle - Mai 2022
    
    
    À très vite…
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  • Je dis Poésie – Mai

    5 Mai 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉.

    Une fois de plus, j’ai griffonné quelques vers pour saluer le mois de Mai qui pour une fois sous ma plume s’est rebiffé 😉.

    Salut, joli mois de Mai
    Alors, on fait ce qu’il te plait ? 
    Ah non, ça ne va pas recommencer
    Avec ce En mai, fais ce qu’il te plait !
    J’en ai assez !
    
    Mai se rebiffe !
    C’est comme une gifle.
    Est-ce lui qui renifle ? 
    Sûr que c’est pas le merle qui siffle
    Mai est agressif.
    
    Il a décidé
    De faire ce qu’il lui plait. 
    Ah ça ne va pas recommencer
    Cesser de, les choses me dicter,
    Vous me faites pleurer. 
    
    Assez de ce soleil
    Qui vous fait une couleur de miel. 
    Regardez les abeilles
    Mai ou pas Mai traditionnel
    Elles restent opérationnelles. 
    
    Mais, joli mois de mai
    Je te connais,
    Tu ne peux pas abandonner
    Après toi, arrive l’été
    Et les beaux jours tu promets. 
    
    Ne fais pas ta mauvaise tête
    Même si ton cœur n’est pas à la fête
    Mène l’enquête
    Pas de tempête,
    Mai, tu es la vedette. 
    
    Pars à la conquête
    Mets ta Jacquette
    Fais des claquettes
    Et des courbettes
    Bonjour Mai Starlette. 
    
    Ça y est, tu as gagné
    Je suis à tes pieds
    Foi de Mai,
    Ne viens pas grogner
    Ni frissonner.
    
    Je fais ce que je peux
    Pas toujours ce que je veux
    Pour t’en mettre plein les yeux
    Avec un ciel pas toujours bleu
    Essaie de rester joyeux. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle (Mai 2022)
    
    
    
    
    
    À très vite…
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  • Je dis Poésie

    28 avril 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    J’aime beaucoup Alphonse de Lamartine (1790 – 1869), je partage aujourd’hui Le moulin au printemps .

    Le chaume et la mousse
    Verdissent les toits
    La colombe y glousse,
    L’hirondelle y boit.
    
    Le bras d’un platane
    Et le lierre épais
    Couvrent la cabane
    D’une ombre de paix.
    
    La rosée en pluie
    Brille à tout rameau
    Le rayon essuie
    La poussière d’eau .
    
    Le vent qui secoue
    Les vergers flottants,
    Fait de notre joue
    Neiger le printemps.
    
    Sous la feuille morte,
    Le brun rossignol
    Niche vers la porte,
    Au niveau du sol.
    
    L’enfant qui se penche
    Voit dans le jasmin
    Ses œufs sur la branche
    Et retient sa main.
    
    
    

    Et toi aimes-tu ce poète ?

    À très vite…
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  • Je dis Poésie

    21 avril 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😏

    C’est le jour de la poésie, clin d’œil à toutes les Odette dont c’était la fête… hier 😉.

    Aujourd’hui, c’est sa fête 
    À Odette.
    J’enfile ma salopette
    Branche mes oreillettes
    C’est la fête
    Chez Odette. 
    
    Nous partons en goguette
    Jouer aux coquettes
    Avec ma jolie Casquette,
    Vissée sur la tête, 
    Je souhaite à Odette
    Une belle fête. 
    
    C’est parti pour la guinguette
    Retrouvons les copinettes
    Pierrette et Mariette
    Et poussons la chansonnette
    C’est la fête
    Saperlipopette !
    
    Ne fais pas la tête
    C’est ta fête Odette,
    Oublie ce pickpocket
    Dans sa fourgonnette
    Cet homme malhonnête
    Qui te rend tristounette. 
    
    Un jour, à ta maisonnette
    Il viendra, foi de Paulette
    T’apporter des gaufrettes
    Et des savonnettes
    Pour ta fête 
    Ma belle Odette. 
    
    Oublie cette historiette
    Ce n’est pas ta fête 
    C’était hier Odette
    J’avoue, c’est bête 
    Si j’avais mis mes lunettes
    Saperlipopette !
    
    Anselme, bonne Fête
    C’est toi le pickpocket ?
    L’ami d’Odette
    Dont c’était hier la fête
    Au fait, aimes-tu les coquillettes ? 
    Elle adore ça Odette !
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle 
    
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  • Jeudi Poésie

    14 avril 2022
    C’est à cause de la clé, Poème – Poésie

    Bonjour toi 😏

    Je te partage un poème qui parle de mon nouveau roman qui sera publié le 27 avril. J’ai jeté ces mots sur le papier et voilà ce que ça donne 😊.

    Pendant quarante-cinq jours
    J’ai écrit, relu et corrigé
    Une romance encore et toujours
    Terminée et bientôt publiée.
    
    Au départ, un titre 
    C’est à cause de la clé.
    Je suis mon propre arbitre,
    J’ai préféré en changer. 
    
    Bientôt, je vous le dévoilerai
    Ainsi que la couverture,
    Et vous l’admirerez,
    Elle est simple sans fioritures. 
    
    Le résumé a changé,
    Mais l’histoire est la même, 
    Elle est retravaillée
    Vous retrouverez Cléo et Arsène.
    
    Au fil des chapitres, 
    Se dévoilent des secrets
    C’est de la dynamite !
    Ils doivent exploser. 
    
    Retenez le vingt-sept avril,
    Date à laquelle
    Même en espadrille,
    Arrive la bonne nouvelle.
    
    
    Ce nouveau roman
    Version numérique, il paraîtra.
    Ce sera alors le moment 
    De lui tendre les bras.
    
    Viendra la version papier
    C’est ça l’autoédition
    Seule à tout gérer
    Avec mes crayons. 
    
    Le plaisir d’écrire 
    Ne me quitte pas. 
    Ça vous fait sourire ? 
    Une nouvelle histoire déjà ? 
    
    Vous la connaissez celle-là,
    Je vous l’ai partagée.
    Elle n’en est qu’à ses premiers pas
    Mais elle m’a happée et me plait. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle-Avril 2022.
    
    
    
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  • Avril poésie

    7 avril 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😏 je partage avec toi, une poésie écrite main levée.

    Chez Ma ici le sujet de la semaine était Ne te découvre pas d’un fil. Je me suis amusée à prendre en photos mes bobines de fil et j’ai bafouillé une poésie.

    Quel joyeux drille
    Ce mois d’avril. 
    Il annonce le printemps
    Même si on claque des dents.
    
    Ne te découvre pas d’un fil, 
    C’est l’adage d’avril. 
    Il a bien raison
    Restons près du tison. 
    
    Pourtant, les oiseaux chantent
    Regarde pointer la menthe,
    Et les boutons de Pivoine
    Font la joie d’Antoine. 
    
    C’est le mois d’Avril, 
    On danse le quadrille. 
    Il annonce l’été
    Finies les contrariétés. 
    
    Pour illustrer mon image,
    Pas besoin de maquillage.
    Ces bobines de fil
    Représentent bien Avril. 
    
    Ne te découvre pas,
    Tu vas attraper froid.
    N’oublie pas qu’en Avril
    En fraîcheur, il est habile. 
    
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle – avril 2022
    
    
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  • Jeudi Poésie

    31 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Je partage avec toi un poème de Félix Arvers (1806-1850) poète et dramaturge français. Un poème écrit comme une histoire.

    Ce qui peut arriver à tout le monde – Félix Arvers (Mes heures perdues -1833)

    I
    
    J'ai toujours voulu voir du pays, et la vie
    Que mène un voyageur m'a toujours fait envie.
    Je me suis dit cent fois qu'un demi-siècle entier
    Dans le même logis, dans le même quartier ;
    Que dix ans de travail, dix ans de patience
    A lire les docteurs et creuser leur science,
    Ne valent pas six mois par voie et par chemin,
    Six mois de vie errante, un bâton à la main.
    — Eh bien ! me voici prêt, ma valise est remplie ;
    Où vais-je ! — En Italie. — Ah, fi donc ! l'Italie !
    Voyage de badauds, de beaux fils à gants blancs.
    Qui vont là par ennui, par ton, comme à Coblentz,
    En poste, au grand galop, traversant Rome entière,
    Et regardent ton ciel, Naples, par la portière.
    — Mais ce que je veux, moi, voir avant de mourir,
    Où je veux à souhait rêver, chanter, courir.
    C'est l'Espagne, ô mon cœur ! c'est l'hôtesse des Maures,
    Avec ses orangers et ses frais sycomores,
    Ses fleuves, ses rochers à pic, et ses sentiers
    Où s'entendent, la nuit, les chants des muletiers ;
    L'Espagne d'autrefois, seul débris qui surnage
    Du colosse englouti qui fut le moyen âge ;
    L'Espagne et ses couvents, et ses vieilles cités
    Toutes ceintes de murs que l'âge a respectés ;
    Madrid. Léon, Burgos, Grenade et cette ville
    Si belle, qu'il n'en est qu'une au monde. Séville !
    La ville des amants, la ville des jaloux,
    Fière du beau printemps de son ciel andalou,
    Qui, sous ses longs arceaux de blanches colonnades,
    S'endort comme une vierge, au bruit des sérénades.
    Jusqu'à tant que pour moi le jour se soit levé
    Où je pourrai te voir et baiser ton pavé,
    Séville ! c'est au sein de cette autre patrie
    Que je veux, mes amis, mettre, ma rêverie ;
    C'est là que j'enverrai mon âme et chercherai
    De doux récits d'amour que je vous redirai.
    
    II
    
    A Séville autrefois (pour la date il n'importe),
    Près du Guadalquivir, la chronique rapporte
    Qu'une dame vivait, qui passait saintement
    Ses jours dans la prière et le recueillement :
    Ses charmes avaient su captiver la tendresse
    De l'alcade, et c'était, comme on dit, sa maîtresse ;
    Ce qui n'empêchait pas que son nom fût cité
    Comme un exemple à tous d'austère piété.
    Car elle méditait souvent les évangiles,
    Jeûnait exactement quatre-temps et vigiles.
    Communiait à Pâque, et croyait fermement
    Que c'est péché mortel d'avoir plus d'un amant
    A la fois. Ainsi donc, en personne discrète.
    Elle vivait au fond d'une obscure retraite,
    Toute seule et n'ayant de gens dans sa maison
    Qu'une duègne au-delà de l'arrière-saison,
    Qu'on disait avoir eu, quand elle était jolie.
    Ses erreurs de jeunesse, et ses jours de folie.
    Voyant venir les ans, et les amans partir,
    En femme raisonnable elle avait cru sentir
    Qu'en son âme, un beau jour, était soudain venue
    Une vocation jusqu'alors inconnue ;
    Au monde, qui fuyait, elle avait dit adieu,
    Et pour ses vieux péchés s'était vouée à Dieu.
    
    Une fois, au milieu d'une de ces soirées
    Que prodigue le ciel à ces douces contrées,
    Le bras nonchalamment jeté sur son chevet,
    Paquita (c'est le nom de la dame) rêvait :
    Son œil s'était voilé, silencieux et triste ;
    Et tout près d'elle, au pied du lit, sa camériste
    Disait dévotement, un rosaire à la main,
    Ses prières du soir dans le rite romain.
    Voici que dans la rue, au pied de la fenêtre,
    Un bruit se fit entendre ; elle crut reconnaître
    Un pas d'homme, prêta l'oreille ; en ce moment
    Une voix s'éleva qui chantait doucement :
    
    « Merveille de l'Andalousie.
    Étoile qu'un ange a choisie
    Entre celles du firmament,
    Ne me fuis pas ainsi ; demeure,
    Si tu ne veux pas que je meure
    De désespoir, en te nommant !
    
    J'ai visité les Asturies,
    Aguilar aux plaines fleuries,
    Tordesillas aux vieux manoirs :
    J'ai parcouru les deux Castilles.
    Et j'ai bien vu sous les mantilles
    De grands yeux et des sourcils noirs :
    
    Mais, ô lumière de ma vie,
    Dans Barcelone ou Ségovie,
    Dans Gérone au ciel embaumé,
    Dans la Navarre ou la Galice,
    Je n'ai rien vu qui ne pâlisse
    Devant les yeux qui m’ont charmé ! »
    
    Quand la nuit est bien noire, et que toute la terre,
    Comme de son manteau, se voile de mystère,
    Vous est-il arrivé parfois, tout en rêvant,
    D'ouïr des sons lointains apportés par le vent ?
    Comme alors la musique est plus douce ! Il vous semble
    Que le ciel a des voix qui se parlent ensemble,
    Et que ce sont les saints qui commencent en chœur
    Des chants qu'une autre voix achève dans le cœur.
    — A ces sons imprévus, tout émue et saisie,
    La dame osa lever un coin de jalousie
    Avec précaution, et juste pour pouvoir
    Découvrir qui c'était, mais sans se laisser voir.
    En ce moment la lune éclatante et sereine
    Parut au front des cieux comme une souveraine ;
    A ses pâles rayons un regard avait lui,
    Elle le reconnut, et dit : « C'est encor lui ! »
    C'était don Gabriel, que par toute la ville
    On disait le plus beau cavalier de Séville ;
    Bien fait, de belle taille et de bonne façon ;
    Intrépide écuyer et ferme sur l'arçon,
    Guidant son andalou avec grâce et souplesse,
    Et de plus gentilhomme et de haute noblesse ;
    Ce que sachant très bien, et comme, en s'en allant,
    Son bonhomme de père avait eu le talent
    De lui laisser comptant ce qu'il faut de richesses
    Pour payer la vertu de plus de cent duchesses,
    Il allait tête haute, en homme intelligent
    Du prix de la noblesse unie avec l'argent.
    Mais quand le temps d'aimer, car enfin, quoi qu'on dit,
    Il faut tous en passer par cette maladie,
    Qui plus tôt, qui plus tard ; quand ce temps fut venu,
    Et qu'un trouble arriva jusqu'alors inconnu,
    Soudain il devint sombre : au fond de sa pensée
    Une image de femme un jour était passée ;
    Il la cherchait partout. Seul, il venait s'asseoir
    Sous les arbres touffus d'Alameda, le soir.
    A cette heure d'amour où la terre embrasée
    Voit son sein rafraîchir sous des pleurs de rosée.
    Un jour qu'il était là, triste, allant sans savoir
    Où se portaient ses pas, et regardant sans voir,
    Une femme passa : vision imprévue.
    Qu'il reconnut soudain sans l'avoir jamais vue !
    C'était la Paquita : c'était elle ! elle avait
    Ces yeux qu'il lui voyait, la nuit, quand il rêvait.
    Le souris, la démarche et la taille inclinée
    De l'apparition qu'il avait devinée.
    Il est de ces moments qui décident des jours
    D'un homme ! Depuis lors il la suivait toujours,
    Partout, et c'était lui dont la voix douce et tendre
    Avait trouvé les chants qu'elle venait d'entendre.
    
    III
    
    Comment don Gabriel se fit aimer, comment
    Il entra dans ce cœur tout plein d'un autre amant,
    Je n'en parlerai pas, lecteur, ne sachant guère,
    Depuis qu'on fait l'amour, de chose plus vulgaire ;
    Donc, je vous en fais grâce, et dirai seulement,
    Pour vous faire arriver plus vite au dénouement.
    Que la dame à son tour. — car il n'est pas possible
    Que femme à tant d'amour garde une âme insensible,
    — Après avoir en vain rappelé sa vertu.
    Avoir prié longtemps, et longtemps combattu.
    N'y pouvant plus tenir, sans doute, et dominée
    Par ce pouvoir secret qu'on nomme destinée,
    Ne se contraignit plus, et cessa d'écouter
    Un reste de remords qui voulait l'arrêter :
    Si bien qu'un beau matin, au détour d'une allée,
    Gabriel vit venir une duègne voilée,
    D'un air mystérieux l'aborder en chemin,
    Regarder autour d'elle, et lui prendre la main
    En disant : « Une sage et discrète personne,
    Que l'on ne peut nommer ici, mais qu'on soupçonne
    Vous être bien connue et vous toucher de près,
    Mon noble cavalier, me charge tout exprès
    De vous faire savoir que toute la soirée
    Elle reste au logis, et serait honorée
    De pouvoir vous apprendre, elle-même, combien
    A votre seigneurie elle voudrait de bien. »
    
    Banquiers, agents de change, épiciers et notaires,
    Percepteurs, contrôleurs, sous-chefs de ministères
    Boutiquiers, électeurs, vous tous, grands et petits.
    Dans les soins d'ici-bas lourdement abrutis,
    N'est-il pas vrai pourtant que, dans cette matière,
    Où s'agite en tous sens votre existence entière.
    Vous n'avez pu flétrir votre âme, et la fermer
    Si bien, qu'il n'y demeure un souvenir d'aimer ?
    Oh ! qui ne s'est, au moins une fois dans sa vie,
    D'une extase d'amour senti l'âme ravie !
    Quel cœur, si desséché qu'il soit, et si glacé,
    Vers un monde nouveau ne s'est point élancé ?
    Quel homme n'a pas vu s'élever dans les nues
    Des chœurs mystérieux de vierges demi-nues ;
    Et lorsqu'il a senti tressaillir une main,
    Et qu'une voix aimée a dit tout bas : « Demain »,
    Oh ! qui n'a pas connu cette fièvre brûlante,
    Ces imprécations à l'aiguille trop lente,
    Et cette impatience à ne pouvoir tenir
    En place, et comme un jour a de mal à finir !
    — Hélas ! pourquoi faut-il que le ciel nous envie
    Ces instants de bonheur, si rares dans la vie,
    Et qu'une heure d'amour, trop prompte à s'effacer,
    Soit si longue à venir, et si courte à passer !
    
    Après un jour, après un siècle entier d'attente,
    Gabriel, l'œil en feu, la gorge haletante,
    Arrive ; on l'attendait. Il la vit, — et pensa
    Mourir dans le baiser dont elle l'embrassa.
    
    IV
    
    La nature parfois a d'étranges mystères !
    
    V
    
    Derrière le satin des rideaux solitaires
    Que s'est-il donc passé d'inouï ? Je ne sais :
    On entend des soupirs péniblement poussés.
    Et soudain Paquita s'écriant : « Honte et rage !
    Sainte mère de Dieu ! c'est ainsi qu'on m'outrage !
    Quoi ! ces yeux, cette bouche et cette gorge-là,
    N'ont de ce beau seigneur obtenu que cela !
    Il vient dire qu'il m'aime ! et quand je m'abandonne
    Aux serments qu'il me fait, grand Dieu ! que je me donne,
    Que je risque pour lui mon âme, et je la mets
    En passe d'être un jour damnée à tout jamais,
    'Voilà ma récompense ! Ah ! pour que tu réveilles
    Ce corps tout épuisé de luxure et de veilles,
    Ma pauvre Paquita, tu n'es pas belle assez !
    Car, ne m'abusez pas, maintenant je le sais.
    Sorti d'un autre lit, vous venez dans le nôtre
    Porter des bras meurtris sous les baisers d'une autre :
    Elle doit s'estimer heureuse, Dieu merci.
    De vous avoir pu mettre en l'état que voici.
    Celle-là ! car sans doute elle est belle, et je pense
    Qu'elle est femme à valoir qu'on se mette en dépense !
    Je voudrais la connaître, et lui demanderais
    De m'enseigner un peu ses merveilleux secrets.
    Au moins, vous n'avez pas si peu d'intelligence
    De croire que ceci restera sans vengeance.
    Mon illustre seigneur ! Ah ! l'aimable roué !
    Vous apprendrez à qui vous vous êtes joué !
    Çà, vite en bas du lit, qu'on s'habille, et qu'on sorte !
    Certes, j'espère bien vous traiter de la sorte
    Que vous me connaissiez, et de quel châtiment
    La Paquita punit l'outrage d'un amant ! »
    
    Elle parlait ainsi lorsque, tout effarée,
    La suivante accourut : « A la porte d'entrée,
    L'alcade et trois amis, qu'il amenait souper,
    Dit-elle, sont en bas qui viennent de frapper !
    — Bien ! dit la Paquita ; c'est le ciel qui l'envoie !
    — Ah ! señora ! pour vous, gardez que l'on me voie !
    — Au contraire, dit l'autre. Allez ouvrir ! merci.
    Mon Dieu ; je t'appelais, Vengeance ; te voici ! »
    Et sitôt que la duègne en bas fut descendue,
    La dame de crier : « A moi ! je suis perdue !
    Au viol ! je me meurs ! au secours ! au secours !
    Au meurtre ! à l'assassin ! Ah ! mon seigneur, accours ! »
    Tout en disant cela, furieuse, éperdue,
    Au cou de Gabriel elle s'était pendue.
    Le serrait avec rage, et semblait repousser
    Ses deux bras qu'elle avait contraints à l'embrasser ;
    Et lui, troublé, la tête encor tout étourdie,
    Se prêtait à ce jeu d'horrible comédie,
    Sans deviner, hélas ! que, pour son châtiment,
    C'était faire un prétexte et servir d'instrument !
    
    L'alcade cependant, à ces cris de détresse,
    Accourt en toute hâte auprès de sa maîtresse :
    « Seigneur ! c'est le bon Dieu qui vous amène ici ;
    Vengez-vous, vengez-moi ! Cet homme que voici,
    Pour me déshonorer, ce soir, dans ma demeure...
    — Femme, n'achevez pas, dit l'alcade ; qu'il meure !
    — Qu'il meure ; reprit-elle. — Oui ; mais je ne veux pas
    Lui taire de ma main un si noble trépas ;
    Çà, messieurs, qu'on l'emmène, et que chacun pâlisse
    En sachant à la fois le crime et le supplice ! »
    Gabriel, cependant, s'étant un peu remis.
    Tenta de résister ; mais pour quatre ennemis,
    Hélas ! il était seul, et sa valeur trompée
    Demanda vainement secours à son épée ;
    Elle s'était brisée en sa main : il fallut
    Se rendre, et se soumettre à tout ce qu'on voulut.
    
    Devant la haute cour on instruisit l'affaire ;
    Le procès alla vite, et quoi que pussent faire
    Ses amis, ses parents et leur vaste crédit.
    Qu'au promoteur fiscal don Gabriel eût dit :
    « C'est un horrible piège où l'on veut me surprendre.
    Un crime ! je suis noble, et je dois vous apprendre,
    Seigneur, qu'on n'a jamais trouvé dans ma maison
    De rouille sur l'épée ou de tache au blason !
    Seigneur, c'est cette femme elle-même, j'en jure
    Par ce Christ qui m'entend et punit le parjure.
    Qui m'avait introduit dans son appartement ;
    Et comment voulez-vous qu'à pareille heure ?... — Il ment !
    Disait la Paquita ; d'ailleurs la chose est claire.
    J'ai mes témoins : il faut une peine exemplaire.
    Car je vous l'ai promis, et qu'un juste trépas
    Me venge d'un affront que vous n'ignorez pas ! »
    
    VI
    
    Or, s'il faut maintenant, lecteur, qu'on vous apprenne —
    La fin de tout ceci, par la cour souveraine
    Il fut jugé coupable à l'unanimité ;
    Et comme il était noble, il fut décapité.
    
    
    
    À très vite…
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    1 commentaire sur Jeudi Poésie
  • Jeudi poésie

    24 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Théophile Gautier sait trouver les mots pour saluer le printemps. Je te laisse en sa compagnie, il en parle bien mieux que moi.

    Premier sourire de Printemps

    Tandis qu’à leurs œuvres perverses
    Les hommes courent haletants,
    Mars qui rit, malgré les averses,
    Prépare en secret le printemps.
    
    Pour les petites pâquerettes,
    Sournoisement lorsque tout dort,
    II repasse des collerettes
    Et cisèle des boutons-d’or.
    
    Dans le verger et dans la vigne,
    II s’en va, furtif perruquier,
    Avec une houppe de cygne,
    Poudrer à frimas l’amandier.
    
    La nature au lit se repose ;
    Lui, descend au jardin désert
    Et lace les boutons de rose
    Dans leur corset de velours vert.
    
    Tout en composant des solfèges
    Qu’aux merles il siffle à mi-voix,
    II sème aux prés les perce-neige
    Et les violettes au bois.
    
    Sur le cresson de la fontaine
    Où le cerf boit, l’oreille au guet,
    De sa main cachée il égrène
    Les grelots d’argent du muguet.
    
    Sous l’herbe, pour que tu la cueilles,
    II met la fraise au teint vermeil,
    Et te tresse un chapeau de feuilles
    Pour te garantir du soleil.
    
    Puis, lorsque sa besogne est faite,
    Et que son règne va finir,
    Au seuil d’avril tournant la tête,
    II dit : « Printemps, tu peux venir ! »
    
    
    
    
    

    J’aime le printemps, c’est le renouveau. La nature s’éveille et tout recommence. Et toi, quelle est ta saison préférée ?

    À très vite…
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    11 commentaires sur Jeudi poésie
  • Jeudi poésie

    10 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Cette photo est la mienne. Elle m’a inspiré le poème qui suit.

    En promenade

    En promenade, la fillette
    Toute guillerette
    Abandonne ses grands-parents,
    Assis sur un banc. 
    
    Ils contemplent le fleuve
    Où quelques oiseaux s’abreuvent. 
    
    Elle les laisse tranquille
    Et telle une anguille
    Part à la cueillette
    Parmi l’herbe et les fleurettes. 
    
    Accroupie dans la prairie, 
    De ses petites mains aguerries 
    Elle amasse herbe et sable
    Et façonne, imperturbable. 
    
    Fière de son travail, 
    Bombant le poitrail
    Elle montre son œuvre
    Ils applaudissent tant qu’ils peuvent. 
    
    Sur le banc, l’œuvre abandonnée, 
    Un brin, inachevée,
    Reste, par le vent, caressée. 
    
    © Isabelle-Marie d’Angèle (Mars 2022).
    
    À très vite…

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    2 commentaires sur Jeudi poésie
  • Jeudi Poésie – Charles Guérin (1873-1907)

    3 mars 2022
    Poème – Poésie

    Bonjour toi 😉

    Je te retrouve avec le jeudi poésie. J’ai choisi un poème de saison.

    Grive musicienne
    Fauvette
    Un oiseau, Fauvette ou Grive

    Mars. Un oiseau, fauvette ou grive, je ne sais,
    Chante amoureusement dans les feuilles nouvelles,
    Et, transi de rosée encore, sèche ses ailes
    Au soleil dans le jeune azur et le vent frais.
    
    Les rosiers déterrés poussent des bourgeons roses.
    L'orme a verdi, l'air est rayé de moucherons,
    Et le vaste jardin sonore où nous errons
    Nous salue au sortir de ses métamorphoses.
    
    Là, dans l'ombre, pendue à d'invisibles fils,
    Une goutte d'eau ronde et limpide étincelle
    Et cette perle, o bien-aimée, a pour jumelle
    Une larme qui point et brille entre vos cils.
    
    Vous pleurez, contre moi tendrement inclinée,
    Paie, vaincue enfin par la sûre douceur
    Que la nature emploie à vous fondre le cœur,
    Et tout entière offerte à votre destinée.
    
    Vous pleurez, sans vouloir m'entendre, infiniment,
    De vous sentir si faible en face de vous-même,
    Et, pauvre être docile à l'homme qui vous aime,
    Le baiser qui nous lie accroît votre tourment.
    
    De ma bouche pourtant la vôtre se détache ;
    Votre regard troublé me fuit, et, non moins prompt,
    Rougissant d'une honte heureuse, votre front
    Se creuse un nid obscur dans mon sein et s'y cache.
    
    Vous restez là, confuse, à vous plaindre tout bas
    Alors, ô gémissante et craintive colombe,
    J'attire votre tête ardente qui retombe,
    Et je l'étreins avec orgueil entre mes bras.
    
    Et vous levez les yeux sur moi puis, pour me plaire,
    Votre visage, encore malgré vous convulsif,
    D'un arrière-sourire incertain et pensif
    Et pareil aux premiers soleils de l'an, s'éclaire.
    
    Charles Guérin (1873-1907)
    
    
    
    
    
    À très vite…

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    2 commentaires sur Jeudi Poésie – Charles Guérin (1873-1907)
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